Conseils en Nutrition: le Pire vient-il des Professionnels ?

jeremy-anso-dieteticien-index-glycemique

 (Ne m’en veut pas House, je t’aime quand même !)

J’ai l’habitude d’écrire régulièrement les critiques des articles en nutrition et en santé humaine quand je maîtrise le sujet, et quand les erreurs sont innommables [1, 2 et 3].

Tout récemment, j’ai publié une critique sur les bienfaits supposés d’un bon petit déjeuner avec du lait et des céréales. Ma critique s’adressait principalement à l’auteur du papier, Emma, une diététicienne professionnelle.

Heureusement pour moi, et malheureusement pour les diététiciens, mon article intitulé « les 9 bêtises d’une diététicienne sur le petit déjeuner » a très bien fonctionné. Tellement même, qu’il a remué une petite sphère française de diététicien.

Comment ai-je découvert ce groupe ? J’ai noté dans mes visites un flux nouveau de visiteurs venant d’un lien, le fameux forum de diététiciens.

Le forum en question est composé (selon leur règle) de diététiciens diplômés, et c’est avant tout par curiosité que je me suis inscrit pour découvrir de quoi il en retournait (même si honnêtement, je savais que la critique serait rude.)

J’ai donc découvert dans la catégorie « Actualités et culture en diététique » un post intitulé « encore un gourou de la nutrition ».

Les réactions déjà émises par les diététiciens et diététiciennes n’étaient pas méchantes, peut-être un peu taquines mais soit, on est bien dans un forum de diététiciens après tout ?

J’ai hésité un temps à laisser couler ce post et attendre sagement que les visiteurs (tous des diététiciens forcément) viennent réagir sur mon blog. Mais finalement, j’ai décidé de réagir pour créer un débat et qui sait, augmenter d’autant plus le trafic !

Je vous passe les détails de cette échange avec les membres du forum qui m’a valu la suppression de mon compte seulement 12h après sa création !

J’ai malgré tout appris beaucoup de chose sur le métier de diététicien, je me suis également renseigné et c’est pour cela que je vous propose un article qui définit clairement ce métier (et celui de nutritionniste), et j’énonce également les principales reproches des diététiciens faites aux non professionnels comme moi.

Les reproches faites aux gourous de la nutrition

De tous les arguments émis lors de mon échange sur le forum de diététicien il y en a un qui sort du lot : le contact avec les patients, inexistant chez nous.

Les gourous de la nutrition n’affrontent pas des patients

Force est de constater que c’est terriblement vrai. J’ai appris que les diététiciens affrontent au quotidien des jeunes ou des seniors, des handicapés, des diabétiques, des vieux têtus ou encore des jeunes insouciants.

Ajoutez à cela les différentes personnalités des patients, les conditions difficiles d’une consultation à l’hôpital, et l’état fragilisé d’une personne malade (obésité, diabète, problèmes cardiovasculaires) pour obtenir une recette explosive !

Le défi est donc de taille, et ce commentaire d’une diététicienne illustre la difficulté du travail :

« Savoir expliquer? Oui, sauf que les patients en face n’en ont rien à faire de nos explications scientifiques. Eux, ils veulent manger comme avant et son diabète, il n’en veut pas. Et il ne veut pas nous voir non plus. De l’autre le côté l’équipe soignante nous demande des résultats. Alors, on fait ce que l’on peut avec ce que l’on a. »

Et moi, j’affronte qui ? Des patients ? Des internautes ? Des commentaires, des pixels ? Il est clair que la diffusion de l’information sur le web n’engage aucun affrontement humain réel, et aucun contact direct.

Mais est-ce pour autant plus facile et plus simple, pour nous les non professionnels ?

Pas si sûr. Si le message que l’on souhaite faire passer n’est pas clair, précis, ou correct alors aucun internaute ne lira notre article, et il sera oublié dans les méandres sans fin de la toile (et dieu sait qu’il y en a).

Pire encore, n’importe quel internaute peut à tout moment faire une recherche en parallèle afin de vérifier ce qu’il est en train de lire sur mon blog (ou un autre). Peut-on en faire autant chez le médecin, ou chez le diététicien qui émet un conseil en nutrition ? Je ne pense pas.

Personnellement, même si je ne suis pas diététicien, je suis quotidiennement en confrontation avec des « patients », mes amis, à propos de la nutrition et de la santé. La seule différence entre un professionnel et moi ? Je n’ai pas de salaire (bon d’accord, il y en a d’autres !).

Finalement, je dirais que le diététicien au contact des patients peut se faire attaquer sur des points aussi éloignés de la nutrition que l’apparence (noir ou blanc), les croyances (musulman, catholique, etc.), la gestion du stress (énervement, agacement), le timbre de la voix ou encore le sexe.

Si on pousse la réflexion, un diététicien peut mettre un échec une consultation par la mauvaise utilisation (inconsciente) de la communication non verbale de son corps.

Sur le net, l’information peut être totalement anonyme, et n’engage que les propos de l’auteur.

Dans cette situation, le lecteur est libre de lire l’information, de la vérifier, de l’accepter et au final, de l’appliquer. Attention, je ne dis pas que les diététiciens devraient tous commencer un blog pour améliorer les relations avec leurs patients, mais il y a des avantages comme des inconvénients.

Le deuxième reproche qui nous est adressé concerne le partage de l’information en nutrition, qui est une pratique complexe et délicate (en théorie)

Les gourous de la nutrition partagent une information incompréhensible

La nutrition c’est compliqué, c’est un fait. Pourtant rien n’est plus simple à faire que de manger ! C’est pour cette raison que le corps médical est pourvu de diététiciens afin de nous aider à mieux choisir nos aliments, satisfaire nos besoins en minéraux, en vitamines et au final, a aller mieux.

Etant donné que les blogueurs ne sont pas directement confrontés aux individus, la qualité de l’information peut être négligée, bâclée, ou alors trop poussée (voir le point précédent).

Il est vrai qu’il nous est techniquement impossible de savoir si nos visiteurs comprennent nos articles, et surtout si l’information les intéresses.

C’est pour cela que les commentaires, les partages sur les réseaux sociaux, la valorisation des articles par Google sont autant de preuves qui indiquent un article clair, agréable, et que l’information passe… mais sert-elle à quelque chose ?

Encore une fois, à travers les retours des internautes, et mes constatations personnelles dans mon entourage, je peux confirmer que certains articles informent parfaitement bien les internautes et participent à leur épanouissement personnel.

Aux yeux des diététiciens, l’information correcte peut être modifiée ou ignorée pour s’adapter à l’interlocuteur, au risque de transmettre une information erronée et potentiellement dangereuse.

Pour illustrer ces propos, nous allons débattre sur la notion d’index glycémique versus sucre lent et sucre rapide.

Sucre simple = sucre rapide ?

Ce débat illustre parfaitement la notion d’information complexe (l’index glycémique) mais correcte, avec une information plus simple (les sucres lents et rapides) mais incorrecte.

L’essence du débat est là : les sucre complexes peuvent être à tord classer comme sucre lent car l’organisme prend du temps pour les dégrader et les assimiler. A l’inverse, les sucres rapides sont immédiatement assimilés par l’organisme, et ils peuvent entraîner une forte élévation de la glycémie (ce qui est dangereux pour les diabétiques).

La notion d’index glycémique (IG) s’éloigne de la dichotomie « sucre rapide et lent » mais utilise la mesure réel de la glycémie après avoir ingéré les sucres. Avec cette notion, on se rend compte que certains produits, comme le pain blanc, bourré de sucre complexe donc lents, possède pourtant un IG très élevé d’environ 80 (sur 100). Ce qui est dangereux quotidiennement pour un diabétique.

Sur le forum, on peut retrouver des commentaires en faveur d’une information plus simple et compréhensible, même si elle n’est pas forcément correcte :

« Elle [la notion de sucre rapide et lent] permet cependant de mieux faire comprendre le devenir des glucides et leur impact sur la glycémie dans l’organisme à des personnes néophytes car notre profession nous amène à informer toutes les populations du très jeune enfant aux personnes âgées ou lors de stages de formation continue comme entre autre, des aides à domicile. »

Plus sérieux encore, car dans le milieu diabétique pour qui le contrôle de la glycémie est vital :

« Personnellement, j’ai été bénévole pour l’association des diabétiques, et la notion d’IG était difficile pour certaines personnes »

Rendez-vous bien compte de la délicatesse du discours. Même si la notion d’IG est plus complexe à comprendre et plus difficile à transmettre, oseriez-vous, en tant que non professionnel, induire en erreur des diabétiques à propos de cette notion qui est pourtant à l’origine même de leur maladie ?

Franchement, tout le monde à déjà du redoubler d’effort pour comprendre une notion inconnu et complexe, comme les fonctions affines, les intégrales, ou encore les cycles biogéochimique terrestres, et cela n’engageait pas notre santé.

Mais lorsqu’il s’agit de personne malade, des diabétiques en l’occurrence, ne faut-il pas redoubler d’effort pour faire comprendre cette notion d’IG, qui est ma foi, pas si complexe que ça ?

 Je vais donc vous poser le dilemme suivant :

Vous avez sous votre responsabilité un diabétique, un senior qui plus est. Durant toute son enfance, il a été nourris avec sa baguette de pain et il ne pourrait jamais s’en passer, crise de nerf oblige.

Pourtant, notre patient virtuel est bien diabétique (diabète sucré, de type 2) et en suivant la règle, simple, des sucres complexes = sucres lents = bon pour lui, il ne comprendra pas pourquoi le pain blanc pourtant composé à plus de 96% de sucres complexes lui sera interdit.

Malgré le fait que le pain blanc soit composé presque exclusivement de glucides complexes, l’IG de celui-ci est énorme (80 en moyenne pour rappel) et peu dangereusement augmenter sa glycémie.

Quelle notion lui expliqueriez-vous ?

Voilà pourquoi je ne suis pas d’accord avec ce type d’affirmation, extraite de ma discussion sur le forum des diététiciens :

« […] l’exercice d’information en masse n’est pas facile. Comme tous messages destinés au grand public, il doit être court et percutant. Et pour le coup paraître contradictoire, voire obsolète au vue des données scientifiques. »

« Nous, diet, nous les connaissons ces données scientifiques mais notre devoir n’est pas de faire de nos patients des nutritionnistes d’où les discours simplistes. C’est la 1er règle de la communication: s’adapter à notre interlocuteur même si ça demande quleques sacrfices comme laisser de côté les données scientifiques. »

« […] je travaille avec des patients pour qui la notion d’index glycémique est d’un niveau intellectuel bien trop élaboré pour eux. Alors, je reprends aussi cette obsolète classification des sucres en précisant les modifications apportées par la cuisson et l’accompagnement. […] »

Faut-il pour autant enseigner l’IG aux enfants ?

Non, pas obligatoirement. J’imagine que pour les enfants, il suffit simplement de leur présenter les aliments « bons » et « moins bon » pour la santé, et de corriger les éventuels dérives (bonbons, sucreries, excès de pain).

Par contre, des jeunes enfants peuvent montrer des signes précoces d’obésités et de problème de santé. Dans cette situation là, pourquoi ne pas tenter de parler de l’IG.

Pour être complet et alourdir encore plus ce billet, je me dois de parler d’un dernier reproche fait aux non professionnels (comme moi) par les diététiciens. C’est à propos de la compétence, de la formation et des diplômes.


Note: je détaille absolument toute cette histoire d’index glycémique, de sucre lent et de sucre rapide dans mon guide gratuit en téléchargement libre après inscription (gratuite évidemment).

Les gourous de la nutrition n’ont aucun diplôme

Oui, au risque d’en surprendre beaucoup, je n’ai personnellement aucun diplôme en diététique, en nutrition, en biologie de la digestion, en biologie vitaminique et maladie humaine. Rien.

Pourtant, je tiens un blog de santé où je parle beaucoup de nutrition et où je remets beaucoup de notions en question.

Je fonde ma connaissance sur la lecture de nombreux ouvrages papiers, des articles scientifiques, des articles sur les blogs, des conseils de médecins et tellement d’autres.

Toute cette connaissance n’est bien sûr pas officielle, n’ayant aucun diplôme en la matière.

Et voici, par exemple, la remarque d’un membre du forum à propos de mon background scolaire:

 » Non, apparemment Jérémy est doctorant en écologie. Et il se permet de parler de ce dont il ne connait pas « 

D’accord, mais les diététiciens, c’est quoi leur niveau de formation au juste ?

Tout un chacun peut devenir diététicien après obtention de son baccalauréat, moyennant 2 années d’études voire une 3ème dans certains cas.

Il existe donc en France des BTS spécialisés qui forme les futurs diététiciens. A priori, il est également possible de devenir diététicien grâce à un diplôme universitaire en génie biologique avec l’option diététique.

Un post-lycéen fraîchement diplômé, et d’à peine 17 ans peut donc en 2 ans devenir diététicien avant l’âge de 20 ans et rééquilibrer les régimes alimentaires des patients en mauvaise situation.

Notre tout jeune diététicien pourra donc travailler pour lui en libéral, où plutôt dans les collectivités comme les hôpitaux, les cantines scolaires, les dispensaires ou autres s’il le désire.

Si je vous raconte tout ça, c’est avant tout pour désacraliser le vieux diététicien qui possède une expérience unique en nutrition et qui promulgue les conseils les plus avisés, mais qui ne représente pas la totalité de ce corps médical (paramédicale ?), avec des plus jeunes, sans expérience, moins matures, et avec probablement moins d’assurance.

Malheureusement, je ne sais pas réellement de quoi est faite la formation en BTS diététicien, même si j’imagine que toute les notions de base (et c’est important) en nutrition doivent être enseignées. Je pense à la glycémie, l’interaction des aliments, la digestion, les intolérances, les glucides, les lipides, les apports caloriques, les besoins en minéraux et vitamines, que sais-je encore.

Le terme « nutritionniste » à travers les âges

On trouve bien souvent sur internet le terme « diététicien », ou « nutritionniste », ou « diététicien nutritionniste » et même « médecin nutritionniste ».

Mais ça veut dire quoi ? Qui fait quoi dans cette histoire ?

D’après l’article wikipédia sur les diététiciens, qui m’a été soufflé dans un commentaire, le terme de nutritionniste n’est pas contrôlé légalement. N’importe qui peut s’attribuer le titre de nutritionniste.

Autrement dit, un nutritionniste peut n’avoir aucun diplôme en nutrition, diététique ou alimentation. Vous apprendrez toutes les subtilités de ce terme sur l’article de wikipédia, mais pour l’heure, un médecin nutritionniste aurait suivi une formation supplémentaire en alimentation, alors qu’un diététicien nutritionniste utilise simplement ce terme pour… l’utiliser.

(PS: ce paragraphe a été modifié le 31/01/13)

La recherche scientifique chez les diététiciens

Un diététicien m’a dit ceci sur le forum spécialisé en diététique :

« Jeremy n’a qu’à bien se tenir car la nutrition et sa pratique sont bien plus compliqués que la lecture de quelques articles scientifiques épars… »

Ou encore cela :

« […] Il ne suffit pas seulement d’un bagage scientifique pour aborder la nutrition […] »

Je suis parfaitement d’accord avec ces propos, lire des articles scientifiques seuls ne sert techniquement à rien et n’apporte rien, sauf si cela sert un but plus élevé afin de délivrer l’information la plus juste possible.

Je prendrais l’exemple d’Emma, la diététicienne qui fustige quiconque de sauter le petit déjeuner au risque de tomber dans les pommes dans la matinée, de dévorer les pires snacks sucrés, de devenir obèse et au final de mourir d’un arrêt cardiaque (j’exagère à peine).

Comment peut-elle en être aussi sûre ? Facile ! Elle l’a lu dans un article scientifique où les chercheurs se sont rendu compte que les personnes qui ne prenaient pas de petit déjeuner étaient plus gros, avaient les pires comportements alimentaires et avaient plus de risques de faire un accident cardiovasculaire.

Est-ce qu’Emma s’est posé la question de la pertinence de ses conclusions ? Est-ce qu’Emma s’est posé la question de l’influence des sponsors dans ces études ?

Oui ou non, peu importe. La recherche scientifique est un outil majeur et fondamentale pour faire accepter une vérité ou un médicament, il est donc essentiel de savoir décrypter une étude, la critiquer et en trouver d’autres afin de se forger une nouvelle opinion, la bonne cette fois-ci.

Je finirais sur une note positive, le « débat » que j’ai pu avoir sur le forum des diététiciens m’a tout de même apporté beaucoup. J’ai effectivement mieux compris la réalité du travail au quotidien des professionnels de la santé. Dans cet article, je ne cherche pas querelle, je parle comme toujours des sujets qui me tiennent à coeur, et j’expose des faits.

Si vous avez des questions ou des remarques, posez-les maintenant ou jamais.

Jérémy.


Notes.

[1] Un Médecin conseille de manger une Baguette de Pain par jour: du Bon sens ou du Suicide ?

[2] 9 Bêtises d’une Diététicienne sur le Petit-Déjeuner

[3] Un exemple de petit déjeuner tonique ou énergétique à éviter. Encore une fois Doctissimo se fait remarquer avec un très mauvais article sur le petit déjeuner. Il propose un petit déjeuner dit tonique mais qui vous clouera plutôt au lit. Vous y découvrirez les nombreux conflits d’intérêts également.

110 Commentaires

  1. Coachnutrisport

    Tu fais du bon boulo et il faut continuer. Face à des arguments scientifiques récents, les professionnels de santé d’un autre temps deviennent de moins en moins crédible.

    Les gens commencent à rouvrir leurs yeux… à se documenter à tester de nouveaux mode de consommation et se sentent mieux en générale.

  2. Pingback: Jérémy Anso | Pearltrees

  3. Sébastien TONTO

    Bonjour,

    Très bon article culotté et justifié! Je ne peux que te suivre dans cette croisade. Je suis professionnel du sport (coach sportif) et il m’arrive de me confronter à beaucoup de personnes dans la sphère santé et bien être complètement perdus sur le terrain diététique.
    Il y a tout à faire en France, une véritable catastrophe. J’essaye d’apporter modestement ma petite pierre à l’édifice. Grâce au libre échange de l’informations, merci internet, j’ai l’impression que ces dernières années ça commence à bouger tout doucement! Une certaine prise de conscience est en marche.

    Bonne continuation à ton blog, je reviendrais m’abreuver de tes écrits.
    Sportivement,
    Sébastien.

  4. Supercooking

    Bonjour,
    Excellent site ! Les gens se reveillent de plus en plus, je le constate sur le net. Pourtant, dans mon entourage, ce n’est pas le cas; malgré que tous constate l’amélioration impressionnante de ma forme et de ma santé avec une alimentation contraire aux conseils nutritionnels officiels, je passe encore pour une urluberlue bouffeuse de salades et ramasseuse de mauvaises herbes…qui, horreur, donne les mêmes idées absurdes à ces enfants ! Donc, beaucoup de boulot encore en perspective, car je n’arrive pas à faire passer le message autour de moi, uniquement sur mon blog de cuisine « saine » et pas chère. Mais, bon, je ne suis qu’une mère de famille avec 1 an d’université en Anglais, donc pas prise au sérieux face à des membres de ma famille en filière scientifique…

  5. Magda

    Bonjour,

    Je ne suis pas diététicienne et pourtant je connais tous les termes abordés et à fond; je sais ce qu’est le Index glycémique, ce qu’es la charge glycémique, comment ça se calcule etc.

    Donc si moi, je puis m’y connaître assez, n’importe qui peut en faire autant….

    Sachant qu’un médecin nutritionniste n’a suivi que 20-25 heures de cours en nutrition, alors que moi, ça fait 15 ans que je m’y intéresse.

    Quand à l’espérance de vie de nos ancêtres,, elle était biaisée par l’énorme mortalité infantile, dans une fratrie de 10 enfants parfois seulement 1-2 ont survécu jusqu’à l’âge d’adulte. (ma GM et son petit frère, 2 d’une fratrie de 11 enfants au 19ème siècle).

    Les ossements des hommes préhistoriques de 75 et de 80 ans ont été trouvé….

    L’internet est – souvent – une source de désinformation. Les livres c’est beaucoup mieux, en fait.

  6. Thyimage

    Bonjour,
    Je ne pourrais pas tout commenter, car 1- je n’ai pas pu lire tous les commentaires et 2- je manque de temps ! ;-)
    Toutefois, je ne suis pas d’accord avec certains commentaires, comme suit : « peu de diététiciens sont efficaces, ils ne savent pas remettre en cause leurs connaissances selon les évolutions scientifiques… »
    C’est comme dans toute population, chez des diététiciens, il y a de tout ! Et chez les « amateurs éclairés » aussi. Donc presque autant d’avis que de personnes !!!
    Et, Jérémy, cela fait de nombreux mois que j’observe tes publications, pas toutes, mais en partie, car elles me concernant souvent, et je peux y voir, selon mes convictions personnelles et professionnelles, du 100% d’accord avec toi mais aussi parfois moins… Mais tu as le mérite d’essayer de creuser, fouiller, comparer…
    Comme tu peux t’en douter, je suis une professionnelle de l’alimentation et je voudrais te dire que je sais remettre en question les enseignements que j’ai reçus en fonction des découvertes et de l’actualité scientifique.
    Pour ce qui est de faire croire que la nutrition est trop compliquée à comprendre (selon certains et certaines, à voir sur les articles et commentaires), je dis oui et non : le diplôme et les enseignements pour devenir diététiciens sont plutôt complets et compliqués, mais cela n’empêche pas, face à un patient (ou client, selon les situations !!) de faire comprendre les notions sans les prendre pour des imbéciles, simplement en essayant au mieux de transmettre l’information mais surtout et aussi d’en recevoir un feed-back, c’est essentiel !
    Je trouve que beaucoup de commentaires sont un peu durs envers ma profession, mais je pense que c’est une profession tout de même efficace même si « non remboursée par la sécu » et que le problème de l’obésité doit être pris en charge non pas par un diététicien seul mais par une équipe pluridisciplinaire qui pourra soigner de concert le mal à la racine, avec un taux de récidive moindre.
    Mais cela dit, je ne me vexe pas pour autant de ces propos, je les pèse et les analyse : je m’en enrichis.
    Merci Jérémy pour ton travail qui a le mérite de soulever des problèmes mais si je ne suis pas toujours d’accord avec toi, je pense que tu seras d’accord avec ma conclusion : l’important pour un diététicien, c’est d’informer, de s’assurer de la compréhension de son message, mais aussi d’accompagner la personne et de conseiller d’autres professionnels (activité physique, psychologie, etc…) pour une réussite accrue… Et d’accord avec vous, ne pas rester dans son jargon et sa tour d’ivoire et ne pas prendre les patients pour des imbéciles. Alors promets moi d’être moins dur avec les diététiciens ! ;-)
    Et pour finir, je suis allergique… au mot « régime », bien trop galvaudé à mes yeux de nos jours !

    1. Thyimage

      Et j’oubliais : je suis tout à fait favorable à une éducation à l’alimentation auprès des enfants !! C’est d’ailleurs mon travail au quotidien : pas tous les jours facile, mais tellement enrichissant ! ;-)

  7. Magda

    I faudrait commencer par éduquer les mamans, en fait. A quoi ça sert d’éduquer des enfants si leur mère n’achète que de la malbouffe (et si, ça existe)

    1. Thyimage

      Je te rassure Magda, ma mission comprend également des interventions auprès des parents ! ;-) et je connais bien le terrain, il y a du boulot, je sais, je sais !!!

  8. NCamille

    En voulant faire des recherches pour mes cours, je suis tombée sur votre article. Je suis étudiante en diététique (2nd année) et j’ai fait une prépa spécialisé de 1an car j’avais arrêté les études pendant 2ans. Votre article m’a beaucoup plus, déjà car les commentaires des diététiciens sont exactement celui de mes anciens professeurs sur la difficulté à expliquer ainsi que la motivation du patient. Comme vous le disiez vous ne savez pas ce que l’on étudie. Eh bien nous avons deux ans pour apprendre le corps humain entier (système nerveux/endrocrinologie/circulation sanguine et système cardiovasculaire/le sang/la fécondation/l’ADN/les mutations…) ainsi que toutes les pathologies liées de près comme de loin à la nutrition. Nous avons de la biochimie pour nous permettre de savoir ce que chaque élément (macro/micro/oligo) devient au niveau de son catabolisme (dégradation) et son anabolisme (création). Nous avons de la technique culinaire, de l’éco gestion, du droit, les cours de régimes pour les différentes pathologie, les différentes populations et leurs besoins, ainsi que l’apprentissage de tous les nutriments/vit/minéraux des aliments (de manière générale). Rajoutons un peu de sociologie et beaucoup d’hygiène, 5 stages (2 en resto collective, 2 en hôpitaux et 1 au choix). Donc nous savons relativement ce que nous faisons. C’est pour cela qu’à l’égard d’un médecin nutritionniste nous avons le même savoir.
    Mais je suis tout de même d’accord avec votre article comme avec certains commentaires cités précédemment. Combatte l’obésité comme les maladies liés à la mauvaise alimentation est inutile si la psychologie ne fait pas une grosse partie de notre programme. Malheureusement 2ans ne suffisent pas, et beaucoup de diététiciens accèdes au diplôme par leurs connaissances (souvent du par coeur) mais seront mauvais pas leur manque de psychologie/empathie… De plus je ne pense pas qu’il soit difficile de faire comprendre la nutrition au gens. Quand j’en parle autour de moi j’emploie des images, des contextes simples. Je m’inspire du dessein animée « Il était une fois la vie », je joue, en fait pour moi c’est un womenshow pour faire comprendre l’intérêt. Pour moi si on comprends simplement les effets sur notre corps on est déjà plus conscient. Je finirais par dire que l’alimentation c’est comme pour la cigarette, c’est souvent une addiction, seule la motivation compte et le 1er rôle d’une diététicienne ne devrait pas être de calculer des rations, mais d’abord d’apprendre à connaître le patient pour savoir quel rapport il a avec la nourriture, et l’aider, l’aider à surmonter l’épreuve de faire face à notre société qui nous placarde de produits bourrées perturbateur métaboliques, « trop » gras, « trop » sucré et de l’autre qui nous demande d’être l’image d’un corps sain. La psychologie et l’humour (et les IG pas les glucides lents/simple) avant tout !

  9. Dmytro

    Jérémy tu m’as fait bcp rire avec l’index glycemique. Tu dis que le pain blanc est mauvais pour diabétique de type 2, mais tu oublies que l’index glycemique du repas est différent de celui d’un aliment isolé. En effet l’index glycemique d’un repas dépend des index glycemiques des différents aliments consommés tout en sachant que les fibres et les lipides augmentent le temps de vidange gastrique donc diminuent l IG.
    Donc je prend 300 d épinard cuits, 100 g de viande maigre quelconque, 100 g de pain blanc (je précise car oui IG du pain complet est plus bas), pour entrée 50g de salade verte + yaourt nature
    OSES ME DIRE QUE L IG DE CE REPAS VAUT 80 %
    car il doit être faible.
    Donc le pain blanc n’est pas mauvais pour le diabète de type 2.
    Ah oui même pour le ptit dej il y a en plus du pain blanc, la margarine, le fruit aqueux non sucré (banane et raisin exclus), lait écrémé ou yaourt nature. Pareil IG n’est pas de 80 %
    MDR équilibre alimentaire ce résume pas à un seul aliment.

  10. Dmytro

    Il serait plus correct de dire que le pain blanc pourrait perturber la glycémie tout comme le saccharose par des prises isolées.
    En plus le régime diabétique (type 2) est souvent contrôlé en énergie (quantité de féculents limitée) et en glucides simples (saccharose 0g/j remplacé par des édulcorants)
    Il est conseillé d’associer les legumes avec des féculents pour le régime diabétique afin de diminuer l IG du repas.
    Après tout ce que je viens de dire, je vois absolument pas comment le pain blanc pourrait nuire un diabétique de type 2 qui respecte son régime.

  11. Sarah

    Bonjour Jérémy,

    Je suis diététicienne. Fraîchement diplômée (2015). J’exerce au domicile de personnes tout en poursuivant mes études à l’université (licence en biologie cellulaire moléculaire et physiologie).

    J’ai lu ton article en essayant de ne pas avoir d’à priori. Je pense qu’il est tout aussi possible d’être amateur éclairé en nutrition qu’il l’est d’être amateur éclairé en médecine.

    Certaines de tes critiques sont fondées. En effet, certaines diététiciennes préfèrent simplifier quitte à dire des énormités scientifiques sous le prétexte que les patients ne sont pas aptes à comprendre. Beaucoup de médecins le font également. Je ne suis pas d’accord avec ça. C’est autant les patients qui n’arrivent pas à comprendre que les professionnels qui n’arrivent pas à expliquer.

    Le comportement alimentaire est avant tout neuro-psychologique comme le montre nombre de théories (glucostatique, lipostatique, hédoniste …). C’est là que le bas blesse dans le BTS : aucune formation en psychologie. Ce n’est pas faute de réclamer une modification du programme (qui est le même depuis 1989 …).

    Je trouve cependant dommage que tu mettes toutes les diététiciennes dans le même panier. La plupart aide beaucoup leur patient et moi même, mes patient me remercie, autant pour les conseils que je leur donne que pour l’écoute que je leur apporte. Certes, certaines sont restée très scolaire et ne jure que par la ration qu’elles ont établie, d’autres considèrent que ce qu’elles ont appris en BTS suffit et ne se renseigne pas sur les nouvelles découvertes et avancées scientifiques, certaines n’ont pas la passion nécessaire au métier et se contente de répéter des conseils appris par cœur. Mais la plupart sont passionnées, la plupart font passer le patient avant la ration, la plupart sont à l’écoute de leur patient et la plupart arrive à leur expliquer ce qu’ils doivent comprendre.

    Je suis pour les blogs, quels qu’ils soient. Le danger est de mal se faire comprendre des internautes et de ne pas le savoir. Les commentaires et forum sont très utiles pour ça. Mais ils ne remplaceront jamais une consultation avec un patient, en face à face : j’apprends plus de mes patients en les observant qu’en les écoutant. Un vrai professionnel de santé, quel qu’il soit, peut amener le patient à se confier sincèrement et ainsi, après plusieurs séances comprendre la globalité du problème. Ce qui n’est pas possible via le net car les patients modifient toujours un peu leur histoire, enjolivent, omettent (parfois volontairement) certains détails pourtant cruciaux dans l’établissement d’un diagnostic. Et il n’y a que en étant face à la personne que l’on peut se rendre compte de se genre de chose.
    De plus, la « nutrition sur blog » s’adresse à un très large public. Alors que les conseils nutritionnels doivent être adaptés à chacun. C’est comme si un médecin prescrivait le même médicament à tous le monde sous prétexte que ça fonctionne pour la majorité.

    Je trouve dommage de stigmatiser tout un corps de métier juste parce que certains sont mauvais. Et les plus médiatisés sont loin d’être les meilleurs. Rien ne t’empêche de donner des conseils nutritionnels. Mais pourquoi t’en prendre aussi violemment au métier de diététicien ? Si ce n’est pour faire le buzz ?

    Cordialement,

    Sarah

Les commentaires sont fermes.