Crèmes solaires: attention danger !

Une équation enfantine

Les études épidémiologiques ont montré que l’abus de soleil était associé à des taux élevés de cancer de la peau. Ensuite, des expériences en laboratoire ont prouvé que les rayons solaires à forte dose pouvaient faire muter l’ADN, et donc générer des cancers.

A partir de ce constat, nous avons une cause (le soleil), une conséquence (le cancer de la peau) et un remède (les crèmes solaires).

La solution de l’équation est simple : les crèmes solaires protègent la peau contre les rayons ultraviolets du soleil, et donc des proliférations cancéreuses.

Nous nous sommes déjà tous badigeonnés les épaules, le dos, le visage, ou les cuisses de crème solaire durant nos périples à la plage, en mer ou à la montagne. L’usage des crèmes solaires est banal, important et même très recommandé (surtout dans les pays tropicaux). Les publicités pour les crèmes solaires sont nombreuses, aucune crème n’est identique à une autre, même si le principe de fonctionnement reste obscur…

Le but des crèmes solaires

Au final qui sait comment fonctionnent les crèmes solaires ? Bon, n’importe qui pourra me répondre :

les crèmes solaires empêchent les UV de brûler la peau

Et je répondrais oui, mais… Vous devez savoir que la grande majorité des crèmes solaires empêche les UVB d’entrer en contact avec notre peau. Des expériences en laboratoire ont montré que les UVB ont une action mutagène sur nos cellules, et donc potentiellement cancérigène.

C’est donc tout logiquement que les crèmes solaires protectrices limitent l’exposition de notre peau aux UVB.

Sauf que les rayons solaires sont également composés d’UVA, qui sont également mutagènes et cancérigènes ! La majorité des crèmes solaires vendues sur le marché omettent purement et simplement de protéger les usagers d’une gamme de rayons ultraviolets (UVA) cancérigènes pour nos cellules.

La protection des crèmes solaires n’est donc pas totale, mais orientée sur un type de rayonnement étudié en laboratoire.

Mais ce n’est pas tout, les crème solaires anti-UVB rendent le bronzage et la synthèse de vitamine D impossible…

Des crèmes solaires contre-nature

Le corps humain est magistralement bien adapté face à l’exposition aux rayons solaires. Ces mêmes rayons solaires cancérigènes (UVB) entrainent le brunissement de la peau, par sécrétion de mélanine.

Autrement dit, on bronze !

Le bronzage est une réaction naturelle et normale de la peau qui permet de la protéger efficacement contre les rayons ultraviolets mutagènes.

Les crèmes solaires bloquent par définition les seuls rayons solaires capables de nous apporter cette protection naturelle.

Plus grave encore, les UVB sont essentiels à notre organisme pour synthétiser une vitamine fondamentale, la vitamine D. C’est le comble de l’ironie dans cette affaire de crème solaire, car les crèmes solaires bloquent les rayons solaires qui permettent la synthèse de cette vitamine.

Le manque de vitamine D est une grave carence qui touche la plupart des pays occidentaux. Surtout les pays qui manquent d’exposition au soleil (les pays scandinaves, par exemple). Cette vitamine D est reconnue comme étant un anti-cancer naturel, produite…par les rayons solaires.

Pour résumer, les crèmes solaires ne protègent pas intégralement des dangers de l’abus des rayons solaires sur la peau. Mais en plus, elles limitent le bronzage naturel et protecteur de la peau et empêchent la synthèse d’une « super vitamine », hautement bénéfique pour la santé.

Toutes les caractéristiques sont réunis pour faire une polémique grave.

  • Remarque: comment obtenir sa « dose  » quotidienne de vitamine D ?

D’après mes recherches, une exposition du visage et des paumes de la main pendant 10 minutes suffisent à synthétiser la bonne quantité de vitamine D pour la journée !

L’efficacité des crèmes remise en cause

Très récemment, une information a fait le buzz sur le web et dans tous les journaux locaux. L’indice de protection affiché sur la plupart des crèmes solaires est surrestimé par rapport à ce qui est réellement constaté en laboratoire (1).

Cela veut dire que les crèmes solaires vendues par les fabriquants sont moins « puissantes » ou moins protectrices qu’on voudrait nous faire croire.

L’accusation est gravissime, car d’une part, le consommateur est trompé, et c’est bien lui qui va courir le plus grand risque lors de ses prochaines expositions. D’autre part, le fait de mettre de la crème solaire peut rallonger les périodes d’exposition, car l’utilisateur pense être protégé contre les effets nocifs du soleil. Or, si votre crème solaire vous protège deux fois moins contre les rayons solaires, et que vous vous exposez deux fois plus…l’addition peut se payer très cher.

Egalement démontré par cette étude, les crèmes solaires contiendraient des produits chimiques capablent de retarder l’apparition des rougeurs pour mimer un indice de protection plus élevé. Nous sommes en plein dans les dérives de notre société de consommation.

Le fait que certaines crèmes solaires soient de mauvaise qualité ou contrefaites ne me dérange pas outre mesure, mais qu’elles soient dangereuses pour la santé à cause de produits chimiques suffirait à me révolter…

Crèmes solaires : une recette explosive

Comment pourrais-je disqualifier davantage les crèmes solaires ? Des études scientifiques ont démontré que les composés chimiques présents dans les crèmes solaires se retrouvent dans le sang des usagers (2)

On retrouve ces molécules dans le lait maternel, et même dans les fœtus des femmes enceintes. Ces produits chimiques entraineraient des perturbations des concentrations hormonales du lait maternel, et de ce fait des désordres physiologiques chez le nouveau-né.

Quand l’environnement marin boit la tasse

Les êtres humains ne sont pas les seuls à payer l’addition de l’utilisation massive des crèmes solaires…les coraux également !

Des études récentes (3) ont mis en évidence le blanchissement des coraux à cause des ingrédients chimiques présents dans les crèmes solaires qui se retrouvent à la mer, tous les jours de beau temps ! Une infection virale des coraux, à cause des composés chimiques des crèmes solaires, serait à l’origine de leur destruction. Ces coraux forment des habitats d’une richesse spécifique extraordinaire dans le milieu marin. La destruction des coraux entraine la disparition d’une large gamme d’espèces qui peuple ces milieux très particuliers, mais surtout extrêmement fragiles.

Les alternatives aux crèmes solaires

Comment se protéger alors ?

Les conseils que je vais vous donner frôlent le bon sens :

1. Evitez de vous exposer trop longtemps
2. Evitez de vous exposer aux heures les plus chaudes
3. Protégez-vous avec des tee-shirts anti-UV
4. Mettez des casquettes ou chapeaux régulièrement


Note et références

(1) Couteau, C., Chauvet, C., Paparis, E. & Coiffard, L. Influence of certain ingredients on the SPF determined in vivo. Archives of Dermatological Research, 1-5.
 (2) Calafat AM, Wong LY, Ye X, Reidy JA, Needham LL. Concentrations of the sunscreen agent benzophenone-3 in residents of the United States: National Health and Nutrition Examination Survey 2003-2004. Environ Health Perspect. 2008. 116(7):893-897
 (3) Pusceddu, A., Greci, L., Astolfi, P., Damiani, E., Giovannelli, D., Corinaldesi, C., Bongiorni, L. & Danovaro, R. 2008. Sunscreens Cause Coral Bleaching by Promoting Viral Infections. Environmental Health Perspectives.

 

8 Comments

  1. Cécile

    Comment tu recommandes d’aborder le « problème » ? Habituer ta peau en l’exposant toujours un peu plus chaque jour ? Garder des vêtements ?
    Est-ce que tu en sais plus sur la synthèse de la vitamine D ? J’avais lu quelque part que c’était surtout les rayonnements de milieu de journée qui étaient plus efficaces pour ça, mais je ne m’en souviens plus bien !

  2. Jérémy Anso

    Cécile,

    Il faut je pense faire des expositions courtes et répétées dans le temps. Le reste du temps, il faudrait porter des vêtements anti-UV de type lycra.

    Pour la synthèse de la vitamine D, je ne suis pas vraiment sûr mais cela semble logique que oui, les heures les plus chaudes = rayons incidents les plus direct entrainent une plus forte synthèse de vitamine D.

    Ceci dit, il vaudrait mieux s’exposer en dehors des heures les plus chaudes entre 11h et 13h , le zennit quoi !

  3. Cuisinevgr

    « Autrement dit, on bronze ! »

    Je voudrais quand même apporter une nuance : tout le monde ne bronze pas ;)

    Par contre effectivement des expositions courtes et des vêtements couvrant, ou tout simplement rester à l’ombre sont de meilleurs solutions.
    Personnellement je ne vais plus non plus à la plage, ou rarement et ça ne me manque pas : ne plus me balader le long des côtes, oui, mais cuire au soleil … bof bof

  4. Manon

    Salut Jérémy,

    Justement, j’ai testé cet été le bronzage sans crème solaire.

    Je voudrais juste apporter un petit témoignage de cette expérience très simple mais que beaucoup de gens n’osent pas faire en croyant que c’est mauvais pour leur santé et celle de leurs enfants… Je n’ai pas une imagination débordante, se protéger du soleil aux heures chaudes, c’est ce qu’on faisait avant que l’industrie cosmétique arrive à nous habituer à l’idée de « protéger notre peau des rayonnements nocifs », il faut juste penser à rester sur la même logique quand on ne sent pas qu’on est en train de cramer (en Bretagne, petit vent, petits nuages sympas par exemple).

    J’adore passer des heures au soleil, j’adore la plage, j’adore bronzer, mais l’idée de m’enduire de substances fabriquées à base de pétrole, bourrées de perturbateurs endocriniens me plaisait moyen. J’avais essayé l’année dernière les crèmes bios, mais c’est tout blanc tout collant, sauf pour les crèmes qui contiennent des nanoparticules d’oxyde de zinc ou de dioxyde de titane (nanoparticules dont l’impact sur l’organisme et l’environnement n’ont pas été testés, et non soumises à un étiquetage obligatoire, mais c’est une autre histoire).

    Je me suis donc adonnée à mes longs bains de soleil aux heures de la journée où les UV sont les moins violents, que le temps soit nuageux ou pas (les petits nuages d’été filtrent très peu les UV, les bretons sont au courant). J’ai soumis mes neveux de 2 ans aux mêmes restrictions d’horaires pour leurs jeux de pleins air, pas de crème solaire non plus du coup, mais chemise et casquette.

    Mai-juin-juillet : pas de soleil entre 11h30 et 16h30 (voire 11h-17 h pour la plage ou quand ça tape)
    Fin juillet – aout : pas de soleil entre 12h et 16h
    Septembre : pas de soleil entre 13h et 15h
    Ces heures correspondent surtout à l’éloignement du solstice de juin, pas seulement à l’évolution de mon bronzage.

    Les moments où je restais un peu au soleil aux heures chaudes, je voyais très vite le petit coup de soleil se pointer sur la gorge ou les cuisses, et je me remettais à couvert sans tarder.

    Réussite totale : zéro coup de soleil – alors que j’ai la peau assez blanche et sensible – et super bronzage, même les week-end nuageux. Pas de rides ni de peau de crocodile à la fin de l’été comme les autres années. (Bon, j’ai un peu aidé la nature avec des huiles végétales sur le visage beaucoup et sur le corps de temps en temps).

    Je pense que les crèmes solaires puissantes restent utiles dans les cas où on ne peut pas faire autrement : sur un bateau, en randonnée ou pour les travaux en plein air. Mais uniquement sur le visage, car le corps supporte mieux une chemise blanche en plein soleil que la cuisson aux UV (les agriculteurs sont au courant).

    Mais je suis convaincue que le tapage sur la protection solaire à base de crème, notamment pour les enfants est une vaste arnaque. La demi-protection qu’elle offre ne fait qu’aggraver les risques pour la peau comme tu l’expliques si bien dans ce post. Je l’ai compris à la fin de l’été, j’ai eu une sorte de flash à la Bernadette Soubirou :
    Mais c’est bien sûr ! Tous les étés que je passais à m’enduire de crème solaire, je me brûlais la peau aux UVA !

    A bientôt Jérémy,
    ton blog est utile, continue !

    1. Jérémy (Post author)

      Merci de tes encouragements Manon ! ; )

      Ton expérience est instructive, intéressante et un exemple pour toutes les personnes qui s’exposent longuement aux heures les plus chaudes de la journée.

      Je te félicite, et j’espère que ton commentaire donnera de bonne idée à d’autres lecteurs !

      A très bientôt !

  5. Michel

    Je crois que cet article mérite qu’on s’y attarde :
    http://location-guadeloupe-deshaies.net/fichiers/bon_usage_du_soleil.pdf

  6. Laura

    Je tiens à rajouter quelque chose à ton article, déjà excellent.
    Je suis diplômée UV. C’est une formation de 6h, qu’on suis lors d’études d’esthétique pour pouvoir griller des clients dans des cabines à UV extrêmement néfaste (en grande partie du pourquoi du comment je ne suis pas esthéticienne).

    Il y a quelque chose que beaucoup de personne ignore, et je constate que personne n’en parle. Une fois appliquer sur la peau, que la crème solaire contiennent ou non l’indice marquer sur la bouteille d’ailleurs, nous n’avons pas la protection promise. Si on applique un indice 50, nous aurons, au mieux, un indice 20. Cela est du tout simplement à la façon dont une crème solaire est testé en laboratoire. Il suffit de regarder d’ailleurs sur la bouteille, c’est marquer noir sur blanc.

    Pour tester une crème solaire, on applique une couche de 1 cm de crème sur un morceau de verre avant de passer au rayon X. Jamais, nous n’aurons sur la peau, 1 cm de crème solaire. Jamais. De un, pour couvrir tout notre corps à cette épaisseur là il nous faudrait plusieurs tubes par application, et ensuite on fais pénétrer la crème, ce qui limite aussi grandement les effets.

    Après je ne suis pas tout à fait d’accords avec toi sur la non-utilisation de la crème solaire. Elle est nécessaire lors d’une exposition prolonger. Mais uniquement dans ce cas là. Parce que de nos jours, on s’expose comme des gros abrutis, 5 semaines par an au bords d’une plage, 8 heures par jour en plein soleil, à faire le steak. Et sa, ce n’est vraiment pas bon ! On est pas du bacon.

    En ce moment, il y a une sorte de « folie » de la crème solaire, avec des femmes qui se tartine tous les matins une indice 50 avant de partir travailler pour « limiter le vieillissement prématurée de la peau » je trouve sa débile. Pour les mêmes raisons que toi. La peau à besoin de se faire un bronzage naturel et protecteur, on a besoin de vitamine D et puis même, c’est la nature, c’est comme sa. C’est peut-être bête ce que je dis, mais… il fait beau, le soleil cogne, la peau bronze… Pourquoi limiter la nature ? Enfin bref je m’égare.

    Voilà j’approuve sinon ton article. J’approuve ton blog. Il est vraiment super.
    Tes articles sont très intéressants, continue comme sa.
    J’ai fait un peu de pub auprès de mon entourage, je ne te ramènerai pas un raz de marrer de nouvelle inscription mais bon…. :)

    Laura

  7. Marion Ap

    Bonjour,

    Cet article est ancien, mais qu’importe il me fallait réagir, ayant une peau très claire avec une mélanine de très mauvaise qualité.
    Je suis parfaitement d’accord, la mode de la crème à 50 même en hiver pour aller au travail est totalement stupide. J’ai une peau extrèmement sensible au soleil, ma dermatologue me rabache que j’ai des tâches brunes à 25 ans et que c’est très mauvais etc. mais qu’importe : j’ai décidé de ne pas être une paranoïaque anti-soleil, et si je sors en juillet pendant 10min pour aller chercher le déjeuner à 13h, je vais pas me prendre instantanément un mélanome sur le pif, donc tout va bien.
    En revanche : pour les peaux très sensibles, et SURTOUT les personnes ayant des maladies de peau (type vitiligo, pour laquelle le soleil est FATAL), la crème solaire est absolument nécessaire, même hors des heures chaudes, mêmes aux mi-saison, si l’exposition est prolongée (oui oui, je suis capable de prendre un coup de soleil en normandie au mois de novembre…).
    Car oui le corps humain « normalement constitué » a des protections naturelles contre le soleil et peut en tirer tous les bénéfices, mais comme pour tout il y a des exceptions. Des gens pour qui ce fonctionnement « normal » est altéré.
    Donc attention à ne pas véhiculer des messages qui pourraient être mal compris, et inciter des gens vulnérables à prendre les mauvaises décisions (dans le principe ce n’est pas votre faute, mais tout le monde n’a pas votre niveau de conscience et de prise de recul, il faut donc veiller à être plus pondéré !)

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