Est-ce que la publicité nous rend malade ?

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Résumé de l’article:

  • L’alimentation est le domaine de la pub le plus important,
  • Les publicités affichent majoritairement les produits les plus rentables, les plus chers et les plus dangereux pour la santé,
  • La parfumerie et l’automobile suivent de près le marché de la nourriture.

C’est la pub !

La publicité, le marketing, ou la promotion d’un produit fait partie intégrante de nos sociétés modernes. N’importe quelle société doit faire appel au marketing et aux stratégies de communication pour vendre son produit.

Nous sommes donc depuis notre tendre enfance (je ne pense pas pour nos parents) littéralement bombardé de messages publicitaires. A la télé, les spots publicitaires inondent les chaînes (privées et publiques), mais dans les rues également. Les affiches publicitaires sont omniprésentes et captent la plupart de nos regards.

Que vous soyez piétons, automobilistes, cyclistes, et même pilotes (publicités aériennes), il est impossible d’échapper aux battages médiatiques.

Ces publicités ont au moins le mérite de ne pas se cacher, tout le monde les voit, et tout le monde sait qu’elles sont bien là, quelque part.

On peut légitimement se poser des questions à propos de la publicité.

  • Est-ce que les messages publicitaires nous poussent à consommer certains produits ?
  • Est-ce que les produits les plus utilisés par les annonceurs sont les plus dangereux ?
  • Au final, la pub n’est-elle pas tout simplement dangereuse pour notre santé ?

Les pubs télévisuelles

L’omniprésence de la télévision dans nos sociétés modernes place cette dernière comme l’arme fatale des publicitaires, et des stratèges en marketing.

Le débat est tellement fort, que les chaînes publiques françaises n’autorisent plus les publicités au-delà d’une certaine heure (celle de grande écoute). Outre les coupures parfois très ennuyeuses des pubs, et le volume sonore toujours trop fort, de quoi parle majoritairement les pubs ?

L’alimentation est de loin le n°1, avec plus d’un milliard d’euros de dépenses (2004). Nous retrouvons également les produits de beauté (750 millions d’euros) et l’automobile (1). Voici les 3 sujets qui dominent la sphère publicitaire télévisuelle. Il y a bien sûr d’autres thèmes abordés, notamment l’édition, les offres de voyages, les nouvelles technologies, etc.

(1) Syndicat National de la Publicité Télévisée / 2005.

L’alimentation

Dans le domaine de l’alimentation, il n’est pas très difficile de remarquer les sujets les plus redondants : produits laitiers, céréales du petit déjeuner, plats-prêts-à-manger, soda ou boissons gazeuses, conserves, barres chocolatés, et bien d’autres.

  • L’industrie laitière en France investit près d’un tiers de son budget aux annonces publicitaires. Nous connaissons tous les dangers de l’abus des produits laitiers, notamment 3 à 4 par jour. La consommation excessive de produits laitiers est aujourd’hui très débattu, et plus les produits laitiers sont malmenés, plus la publicité monte d’intensité (2, 3).
  • A propos des céréales, cette industrie est intimement liée à l’industrie laitière. Les céréales vendues dans les fameuses boîtes colorées, remplies de gadget, ne sont pas sans dangers.

Elles sont dangereuses à cause de l’index glycémique trop élevé des céréales. Ces céréales associées avec du lait (la majorité des cas ?) sont de vraies bombes hormonales pour l’organisme.

Des pics d’insuline très forts désensibilisent nos cellules à cette hormone. Les résultats ? Un risque de déclencher un diabète de type 2 et de prendre beaucoup de poids, à cause du stockage du sucre sous forme de graisse (entres autres).

  • La très forte présence des boissons sucrées et / ou gazeuses se passe de commentaire. Ces boissons sont soit très riche en sucre, dangereux pour le fonctionnement et l’intégrité hormonal, ou bien riche en aspartame, un cancérigène (très) probable pour l’organisme.
  • Finalement, les plats préparés sont largement sollicité par les publicitaires qui arguent un gain de temps pour choisir et cuire nos repas. Ces plats sont des menus bien souvent décrits comme équilibrés, bon et peu cher.

Pourtant, les plats-prêts-à-manger sont les produits probablement les plus transformés par l’industrie agroalimentaire.

Précuits, remplis d’additifs, de conservateurs, de colorants, de sucres dangereux (sucre de maïs), et d’huile plus qu’indésirable (huile de palme): ces produits sont plus que jamais à éviter.

On se rend bien compte que les produits sollicités le plus souvent par les annonceurs sont les plus transformés, les plus rentables et les plus dangereux pour notre santé. Les grands lobbies qui commercialisent ces produits savent qu’il faut une campagne publicitaire énorme, et continue pour instaurer une « nouvelle réalité ».

(2) Les dangers d’une surconsommation de produits laitiers, Dur à Avaler.

(3) Les produits laitiers ne font pas maigrir, Dur à Avaler.

Les produits de beauté

Aussi tendance qu’inutile. Nous voulons aujourd’hui absolument se débarrasser de tout ce qui fait notre nature même. L’odeur, la couleur, ou encore la texture doivent respecter des dogmes sociétales artificiels. En particulier nos odeurs marginales, celle d’aisselles puantes qui reflètent aujourd’hui une mauvaise hygiène, un faible revenue, de la médiocrité voire même de la mendicité.

Rien n’est plus faux.

Et pourtant, ce commerce est aujourd’hui extrêmement florissant. Mais c’est un autre débat.

L’automobile

Les voitures, les camions, les porches sont dorénavant délicates à éviter, leur utilisation est devenu vitale. Nous avons besoin d’une voiture pour aller au travail, pour partir en vacance, pour se déplacer faire les courses, pour se promener et même pour endormir les enfants capricieux (même si ce n’est pas la majorité !).

Le permis de conduire et les voitures sont devenu tellement importants dans notre société, qu’il est d’usage de préciser que l’on possède le permis dans notre C.V. Une voiture est souvent essentielle pour obtenir un poste.

Pourtant, ces voitures sont de véritables gouffres économiques pour nos compte en banque. Vous devrez très probablement faire un crédit pour acheter votre véhicule. Je ne vous parle même pas d’un éventuel accident, ou changement de programme dans votre plan de vie, un licenciement ou autres.

A l’heure actuelle, nous devons affreusement limiter l’utilisation et les achats de véhicule. Les enjeux économiques et climatiques deviennent des préoccupations majeures pour la planète entière.

Les publicités automobiles affichent des véhicules toujours plus performant, plus rapide, plus spacieux, plus ergonomique, et plus cher.

Mais est-ce que vous vivez dans votre voiture ? Probablement non.

La publicité automobile démontrent la puissance des industries mécaniques, la manipulation massive des populations occidentalisées ou non, et au final, la dangerosité d’un produit ultra populaire.

C’est le moyen de transport le plus dangereux au monde.

Pub = danger mortel ?

  • Au final, pourquoi ne voit-on jamais de publicité pour un superbe brocoli encore croquant ?
  • Pourquoi ne voit-on jamais de publicité pour la pratique d’une activité sportive, comme le basket ou l’athlétisme ?

En général, les produits bons pour la santé ne sont pas populaires dans nos petits écrans. La grande majorité des produits alimentaires très valorisant pour la santé ne bénéficient d’aucune couverture médiatique, puisque non rentable pour les industriels.

Est-il possible d’imaginer une publicité pour plus de simplicité, et de santé ? Jamais !

Ne vous y trompez pas, il vaut mieux partir du principe que la publicité est là pour nous faire accepter, acheter et aimer des produits mauvais, et bien souvent inutiles.

Merci de votre lecture et de vos partages !

7 Commentaires

  1. Mikael@wikoaching- autocoaching et auto défense

    En gros : Si c’est dans une pub, ce n’est pas bon. Tu n’as pas entièrement tort, il faut bien le reconnaître. Le souci c’est qu’aucun média n’est indépendant de la publicité d’ où l’omni présence des pubs. Certains magazines papier sont à 90% de la pub (la plupart des articles étant eux même sponsorisé). Ce sont rarement des magazines intéressants, c’est vrai. à la télé c’est pareil seules les émissions niaises (type secret story) ont du succès. La publicité qu’on y passe est donc une publicité pour les niais et les incultes (je suis méchant ou réaliste?) . Dans les émissions un tant soit peu culturel ont aura plutôt des pubs pour des montes escaliers ou des conventions obsèque (déjà plus utile qu’un paquet de céréales).

    Tout ça pour dire que les pubs sont ce qu’elles sont parceque les consommateurs sont ce qu’ils sont. Changez la pub n’y feta rien (cf le faible impact du mangerbouger pour l’instant).

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  2. Cecile

    La pub = le cancer de la planete.

    Parce qu’en plus de promouvoir des produits nocifs dont on peut se passer, la pub ca coute cher et ca pollue. C’est du spam impose. Pire, je pense meme que c’est de la propagande pour « le style de vie ideale que vous devriez mener si vous ne voulez pas etre un loser » (cf la famille Ricoree…).

    D’apres ton article, j’ai l’impression qu’en fait la pub est la pour nous donner envie d’acheter des trucs vers lesquels on ne se tournerait pas « naturellement ». Je pense que quelquepart dans notre cerveau il y a un message bien ancre qui dit poivron+saumon >> cereales+sucre+lait. La pub essaie de brouiller ce message la. Resultat : 50% des « occidentaux » sont trop gros et ont plein de problemes de sante qui en decoulent.
    Apres, nos gouvernements peuvent faire de l’obesite une « grande cause nationale », tant qu’on n’interdira pas la pub (et qu’on ne forcera pas l’etiquettage des produits avec « manger ce truc tue » comme on fait pour les cigarettes), ca ne servira a rien.

    Je deteste la pub… ;-)

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  3. Jérémy

    @Cécile: je pense que la publicité est un outil très puissant qui peut servir des causes justes ou très mauvaises. Le problème est que la publicité et le marketing coûte cher aujourd’hui, et tout le monde ne peut pas se faire de la pub, même si son produit est bon pour la santé.

    Je ne voudrais pas supprimer la publicité car elle pourrait être véritablement un puissant outils pour faire changer les mentalités ou « influencer » positivement les auditeurs ! Ceci dit, tu as parfaitement raison, pub = cancer aujourd’hui !

    @Mikael: je ne l’avais pas mis dans l’article mais j’ai des infos à propos des messages du gouvernement « Manger 5 fruits et légumes par jours » par exemple. Une école de commerce en France a montré que les personnes qui voient le plus ce message « Manger 5 fruits… » sont celle qui mangent le plus mal. Ils n’ont pas poussé l’étude super loin, mais en gros, ces personnes pensent être « protégé » par le message et se disent « Ok, je vais manger très mal mais si je mange les 5 fruits et machin par jour, j’irais mieux et je serais en bonne santé ! »

    En gros, c’est tout l’effet inverse ! Et c’est du pain béni pour les vendeurs de cochonneries, car le gouvernement fait de la pub sans même le savoir ! (ou pas !)

    Je pense que même les personnes les plus cultivés et les plus intelligente se font avoir par les pubs… et c’est bien normal. Un très célèbre éthologiste, spécialiste des addictions et des achats complusifs peut se faire lui-même avoir par les pubs… sans même s’en rendre compte !

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  4. Foux

    Le pamphlet antipublicitaire que tu fais est amusant, mais ne te trompes-tu pas de cible ?

    Évidemment, la publicité pousse à la surconsommation (elle en est même l’un des rouages essentiels pour éviter un chômage de masse) et oui elle vend principalement des produits transformés qui dégage une marge suffisante pour la rémunérée.

    Reste que la pub n’est qu’un outil d’information parmi d’autres qui se contente de défendre la cause (ou le produit) qui l’emploie. Il existe d’ailleurs aussi des pubs pro lobby bio, minimaliste, sanitaire, etc… Majoritairement très loin de la désinformation (pub mensongère intentionnel), elle se contente de venter les mérites d’un produit que la science lui donne.
    S’il y a de la pub laitière, c’est qu’ils ont de l’argent et que les scientifiques ne parlent pas assez de ses effets néfastes.

    Exemple : Si la pub doit vendre un yaourt et que les scientifiques lui disent que c’est bon pour le transit intestinal, alors elle mettra le paquet sur ce détail « sanitaire » pour le différencier des autres produits. Elle n’est pas responsable de l’information « fausse » (ou simplement exagéré). Le coupable c’est le producteur et le scientifique censé jouer les alarmes et censeurs.

    Condamner massivement la publicité, c’est donc aussi ridicule que de condamner la presse ou le facteur. Il ne faut pas en vouloir au messager, mais à l’auteur du message.

    TON blog est un outil de communication (une PUB) qui milite pour l’inverse des dérives fustigé dans cet article. Doit-on arrêter de le lire ?

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  5. Foux

    C’est avec des arguments comme ceux-ci qu’on met les femmes sous un tchador pour ne pas qu’elles réveillent le désir de l’homme.

    On peut condamner le désir ou pester contre les tentateurs, mais au fond, le seul responsable reste l’individu libre de consommer et le scientifique/politique qui met en circulation les choses nocives.

    D’ailleurs, a mon avis, la possibilité de se détruite (surtout par plaisir) devrait constituer une liberté fondamentale… mais c’est un autre débat qui dévierait autour de la légalisation du suicide. Un beau hors sujet donc.

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  6. Jérémy

    @ Foux:

    Je suis totalement d’accord avec toi en fait. Si tu lis bien la première phrase de mon commentaire où je répond à cécile. J’insiste bien que la publicité est pour moi essentielle pour faire passer les « bons » messages (mais tout cela est relatif).

    Supprimer la publicité est impossible, je le conçois très bien. Je pense qu’il faut plutôt utiliser la Pub à notre compte pour faire valoir des idées. Et je m’en rends bien compte dans ce blog, car oui tu as raisons, j’attache beaucoup d’importance à la forme, au côté « pub » pour que le message passe mieux.

    Après, aujourd’hui je condamne l’utilisation massive de la pub pour des produits plus ou moins dangereux pour la santé, ou bien inutile. C’est bien ça la teneur de mon message.

    Finalement je pense que chacun dispose de cette « liberté » de manger, et faire ce qu’il veut (sauf les cas des pays sous développés et tous les autres en guerre, par exemple). Sauf qu’aujourd’hui on franchit un point « limite » où la situation sanitaire n’a jamais été aussi mauvaise. La notion de plaisir alimentaire qui passe par les plus mauvais produits est en somme quelque chose de tout à fait subjectif, construit par la société, forcé par les publicités (certaines) et qui peuvent être changé, bien entendu !

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  7. Cécile

    Sauf que les boîtes qui ont les moyens de faire de la pub à outrance sont également celles qui ont les moyens de payer des études scientifiques qui vont dans le bon sens…

    Moi aussi je pense que la pub est un outil très puissant, comme tout bon outil de propagande. Le problème c’est effectivement le message. Et le fait que c’est un peu David contre Goliath.

    Mais je ne suis pas d’accord avec Foux ! La pub n’est pas un outil d’information, puisque l’objectif c’est de vendre. C’est un outil d’information complètement biaisé et incomplet. Donc en tant que consommateur c’est à nous de ne pas nous laisser piéger !
    Heureusement avec Internet ça devient plus facile de vérifier ce qui se dit dans les pubs, mais n’oublions pas qu’il y a 50 ans, dans la pub on te vendait le tabac comme un produit complètement inoffensif. On voit où on en est aujourd’hui.
    Quant à la comparaison avec le tchador, fallait oser…

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