France Inter pris en flagrant délit de propagande laitière

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L’alimentation chez France Inter… Quelle galère !

Mercredi dernier, Mathieu Vidard de la célèbre émission de France Inter « la tête au carré » animait un sujet sur l’alimentation nommé « Avoir la peur au ventre ».

C’est une lectrice du blog qui m’a alerté de cette émission, et des propos choquants des invités, notamment sur l’agroalimentaire, les additifs, les régimes sans lait et sans gluten et bien d’autres.

L’appel au secours était tellement fort, que j’ai décidé d’écouter cette fameuse émission (que je connais d’ailleurs pour d’autres excellents sujets), qui je vous le rappelle, est diffusée sur la 3ème radio la plus écoutée de France (ce n’est donc pas rien !)

J’ai donc ouvert un traitement de texte, commencé à prendre des notes et j’ai été contraint de constater que certains propos défendus par les invités étaient des plus étranges, pour rester dans le politiquement correct.

Je vais donc vous présenter tous les éléments majeurs défendus lors de cette émission radiophonique, qui avait pour but de discuter de l’impact des scandales alimentaires, des avancées technologiques ou législatives de l’agroalimentaire sur nos choix alimentaires, avec en toile de fond, une définition de l’orthorexie (probablement ma nouvelle maladie adorée !)

Vous allez également découvrir qui sont les deux invités de cette émission, mais je peux d’ores et déjà vous dire qu’il y avait un professeur de psychologie interculturelle et un professeur émérite de nutrition et de médecine interne. Pas mal.

Des rumeurs et des légendes

Rentrons dans le vif du sujet, avec un développement point par point des principales attaques, arguments des invités et des idées les plus saugrenues.

Des produits laitiers dangereux ? Une simple rumeur…

C’est incontestablement le sujet principal de l’émission, par forcément celui choisit au départ par Mathieu Vidard je pense, mais qui aura monopolisé beaucoup de temps et qui aura soulevé le plus de question et de propos… surprenants.

Très rapidement dans l’émission, le professeur émérite de nutrition, M. Jean-louis Schlienger (JLS, un acronyme à retenir), nous parle de la problématique des produits laitiers et de l’exclusion de ceux-ci dont « on ne sait pas très bien pourquoi » nous dit le médecin.

JLS qualifie l’exclusion des produits laitiers comme une démarche qui « va très loin » et qu’il existe « une espèce de rumeur parce que le lait est mauvais ». Rien que ça, une rumeur, pas plus ?

Notre médecin tente par la suite de retracer l’origine de ce mouvement anti-lait ou de cette « rumeur ». Il pense ainsi que M. Seignalet, un grand médecin français décédé aujourd’hui, est le premier à avoir conseillé  l’arrêt du lait, pour une maladie très particulière, la polyarthrite rhumatoïde.

M. Schlienger condamne ironiquement les conseils du Dr Seignalet en assénant un :

On sait bien que si c’était aussi simple que cela ça se saurait !

La suite n’est pas encourageante du tout, et frôle parfois la méprise à l’égard des confrères de M. Schlienger. Ainsi, JLS nous annonce que la suite de la propagation de cette rumeur anti-lait a été assuré par des « vecteurs », qui nous rappelle étrangement ces pestes que sont les moustiques suceurs de sang, qui sont « curieusement des médecins surtout homéopathes, des naturopathes, on les appelle comme ça je crois, des enseignants, des journaliste scientifiques… »

Notre professeur assène une seconde fois le terme « rumeur », comme si certains avaient encore des doutes, et nous explique très simplement le crédo des anti-laits :

Mangez, buvez, vivez sans lait, ne buvez pas de lait et bien vous irez bien.

Pour conclure cette partie sur les produits laitiers, M. Schlienger enfonce le clou, avec tout son crédit médical, en qualifiant « d’évidemment abscons » le régime sans lait, au moins sur le plan médical.

Malheureusement pour toutes les personnes qui ne consomment pas ou plus de lait de vache industriel (avec tout le bonheur physiologique que cela apporte, mais cela est détaillé dans un autre paragraphe), le professeur Schlienger est persuadé que vous allez « forcément moins bien » puisque vous vous « interdisez] de vivre bien ».

Vous l’avez compris, selon l’invité de l’émission « scientifique » la Tête au carré, pour vivre bien il faut boire du lait.

Affolant, rageant, incroyable, correct… Rayez les mentions inutiles !

Si vous êtes déjà un peu remonté, attendez la suite sur le régime sans gluten et sur l’industrie agroalimentaire, qui serait « très responsable » à l’égard de notre santé. Je sens que la moutarde monte…

L’allergie au gluten ? Une légende

Le régime sans gluten en prend aussi pour son grade avec M. Schlienger. Ainsi, notre professeur de nutrition nous parle du régime sans gluten, à savourer.

Aujourd’hui il y a le régime sans gluten qui est à la mode, on se demande pourquoi.

L’animateur de l’émission enchaîne rapidement sur la question de nombreuses personnes qui y seraient allergiques…

Mais le professeur s’emporte d’un « pas du tout ! C’est une légende ! ». La seule maladie concernée par le gluten serait la maladie cœliaque, « une espèce d’allergie au gluten » qui est « rare et limitée » selon notre médecin.

Le deuxième professionnel entre dans la danse à ce moment-là, M. Denoux, et déclare « qu’un grand nombre d’individus se déclarent cœliaques pour des raisons identitaires. »

J’espère que vous êtes toujours en vie vous qui lisez cet article. Moi je survis comme je peux ! (merci chère tisane et nutella maison !)

Je m’arrête là pour le régime sans gluten, et je vous propose de découvrir la dernière partie de l’émission avec les perles ponctuelles sur l’industrie agroalimentaire, l’agriculture biologique et l’alimentation de manière générale.

« On a jamais aussi bien mangé qu’aujourd’hui »

Voici l’une des nombreuses citations de M. Schlienger, qui je vous l’accorde doivent être remises dans leur contexte.

JLS nous indique qu’aujourd’hui nous n’avons jamais aussi bien mangé, malgré les épidémies d’obésités, de surpoids, de diabètes, de cancers et de maladies cardiovasculaires (ou de civilisation), par rapport à nos aïeux qui mangeaient « extrêmement mal », les « aliments étaient corrompu », « l’eau était pollué » (mais est-elle si propre que cela aujourd’hui ?), etc.

En réalité, M. Schlienger attribue cette amélioration de notre état de santé grâce aux progrès de la médecine moderne, mais également grâce à notre « maitrise bactériologique » et une « traçabilité remarquable », des pathogènes probablement.

Sur ce dernier point, M. Schlienger invoque le scandale des farines animales et de la crise de la vache folle qui a grandement amélioré notre législation et le traçage des aliments, des produits, etc.

Notre invité spécialiste de nutrition ose l’improbable comparaison entre notre modèle alimentaire actuel, qui serait excellent pour nous, basé sur l’échange international des denrées alimentaires, les cultures hors-saisons, l’utilisation des pesticides  avec le modèle plus ancien où l’on mangeait « local » mais où l’on « ne savait absolument pas ce qu’il se passait ».

(Petite parenthèse…comme si nous savons aujourd’hui ce qu’il se passe dans les grandes usines de production de je ne sais quoi ! Ou dans les abattoirs, les élevages industriels intensifs ? Je ferme cette parenthèse)

Oui, selon M. Schlienger, les potagers familiaux, les fermes traditionnelles, les productions locales et de saison (je m’avance sur ce point, il n’en parle pas spécialement dans l’émission) serait mystérieuses, et probablement moins sûres pour notre santé. Amen.

Le médecin conclue cette partie en ces termes, du caviar :

L’aliment [d’aujourd’hui] n’a jamais été aussi naturel qu’on le prétend.

Sur l’industrie agroalimentaire, M. Schlienger nous assure que les industriels « ne vont pas proposer des choses qui vont être contraire à la santé délibérément » ou qui seraient « toxiques ».

Il renchérit sur le fait que les industriels de l’agroalimentaire sont « quand même très responsables » et seraient « conscients que ce qu’ils vont proposer ne ser[aient] pas dangereux pour la santé ». Selon M. Schlienger, ce serait plutôt « l’usage et la mauvaise information que l’on a de ces aliments » qui seraient dangereux pour notre santé, l’industriel, lui, ne pensant qu’à notre santé !

D’autres citations pourraient bien vous surprendre, notamment celle qui parle du mouvement « bio » ou d’un « retour vers le naturel », vers « des aliments forcément sains » nous dit le médecin, « une vision des choses un peu naïve ».

Pour terminer, je partage avec vous les petits passages sur les orthorexiques, dont les remarques péjoratives et critiquables des médecins sont à savourer, sans modération.

« 15 min après la cueillette d’un fruit, je ne le mange plus ! »

C’est l’essence de la remarque de l’un des invités qui ironise sur les comportements orthorexiques et notamment sur le fait de ne plus vouloir manger de fruits ou de légumes 15 minutes après les avoir cueillis !

Une autre remarque, extrêmement amusante, met en avant la différence qui existe entre une personne « qui porte une attention à son alimentation » et une autre (jugée comme orthorexique) « qui mange les graines qui tombent de l’arbre ». Quelle poésie.

Je m’arrête là pour la description générale des propos tenus lors de cette émission, « avoir la peur au ventre », de France Inter. Et je vous propose maintenant à vous, les lecteurs, mais également à vous, messieurs les professeurs de nutrition et de psychologie interculturelle, de découvrir une partie de la réalité scientifique autour des produits laitiers, mais également de redécouvrir le code de déontologie des médecins quand ils prennent la parole en public !

Ils se sont marchés sur la tête (au carré) ?

Peut-on réellement parler de « rumeur » à propos de la défiance croissante des français –mais aussi des autres populations occidentales – sur la consommation de produits laitiers ?

M. Schlienger cite M. Seignalet, et à juste titre, mais ignore sciemment (et j’en suis plus que persuadé) M. Thierry Souccar, journaliste scientifique qui a jeté un pavé dans la mare avec ses ouvrages sur l’alimentation et la santé.

Je ne pourrais que vous conseiller de vous faire votre propre avis sur les travaux de M. Seignalet, dans son ouvrage (que j’ai lu intégralement pour ma part) « L’alimentation ou la 3ème médecine ».

Il est clair que l’amour ne doit pas être de mise entre les deux hommes, mais il convient de rappeler quelques réalités historiques et scientifiques pour les lecteurs sceptiques et pour M. Schlienger.

Tout d’abord, rappelons la réalité des chiffres à propos de la lactase, l’enzyme indispensable à la digestion du lactose présent dans le lait, qui disparait – généralement – à l’âge adulte, on parle alors de sevrage.

Une publication parue en août dernier dans le plus prestigieux journal au monde (Nature) nous indiquait que 70% de la population mondiale ne pouvait physiologiquement pas boire de lait à cause d’une absence de lactase.

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 (source: Nature 500, 20–22 (doi:10.1038/500020a)

Ces chiffres sont impressionnants mais ne reflètent pas la situation en France métropolitaine où des disparités existent entre le sud et le nord. Ainsi, 9 adultes sur 10 seraient capables de digérer le lait dans la partie la plus septentrionale du Pays, alors qu’un français sur 2 ne le pourrait pas dans la partie la plus méridionale.

Cette réalité historique nous vient de nos ancêtres scandinaves qui ont très tôt commencé à boire du lait d’animaux, et ont bénéficié ainsi – et accrochez-vous bien – de l’inactivation du processus de sevrage qui empêche la synthèse de lactase.

Autrement dit, le phénomène de sevrage n’existe plus et les phénomènes d’intolérances au lactose n’apparaissent pas. Vous avez de la chance (et de la lactase).

Malheureusement, la problématique des produits laitiers ne s’arrêtent pas à la seule intolérance au lactose, dont le dépistage devrait être systématique ceci étant dit, mais englobe des phénomènes de santé plus grave, comme l’ostéoporose, l’obésité, le diabète, etc.

Pourquoi le lait est mauvais ?

Je nomme le titre de cette partie ainsi en réponse aux ironiques ou sarcastiques remarques du professeur Schlienger sur les rumeurs autour des produits laitiers.

Premier point à évacuer très rapidement, le lait maternel est l’aliment idéal par nature et par bon sens pour tous les bébés humains de la planète. Ce point relativement évident me permet d’embrayer sur le phénomène de sevrage, qui ne devrait laisser aucun doute aux personnes intolérantes : la consommation de lait à l’âge adulte est compliquée, douloureuse et doit être bien souvent stoppée.

Pour ce seul et unique point, on ne peut pas affirmer « qu’il faut boire du lait pour bien vivre » car le simple fait de boire du lait pour 4 français sur 10 les incommode, les dérange et les empêche de « vivre bien » leur expérience culinaire, leur vie tout simplement.

C’est bien pour tous les autres que le problème est plus complexe, ces personnes qui ne souffrent pas directement et immédiatement de la consommation de produits laitiers, mais qui bombardent, sans le savoir, leur organisme d’un produit aux multiples facettes.

Aujourd’hui, le lait de vache n’a plus vraiment quelque chose à voir avec son aïeul fabriqué dans une ferme traditionnel, où les vaches n’étaient pas inséminées artificiellement pour produire toute l’année.

Le lait d’aujourd’hui, à défaut de provenir d’une zone d’élevage responsable et éthique, est produit industriellement dans des centres de « pompages » ou des hangars, dans lesquels les vaches laitières (sélectionnées pour ce travail, génétiquement je parle) subissent la folle aventure humaine.

Les vaches sont inséminées artificiellement pour donner du lait toute l’année, et se voient retirer leur progéniture rapidement pour un passage ultérieur chez le boucher… fin de l’histoire.

Si le côté éthique n’est vraisemblablement pas le point fort de l’une des industries la plus puissante de France, le côté « nutrition – santé » ne l’est pas vraiment non plus. Pourquoi ?

Le lait de vache est devenu un produit si courant de notre régime alimentaire qu’il inonde les rayons « produits laitiers » avec des kilomètres d’étals de laits pasteurisés, upérisés (UHT) et homogénéisés.

L’ensemble de ces procédés industriels vise UNIQUEMENT à produire une denrée « propre » à la consommation (c’est-à-dire sans pathogènes), qui se conserve le plus longtemps possible et qui plait à tout le monde, au moins pour le goût.

Le problème est bien là. Taty, qui a écrit le très recommandable ouvrage « Qui a peur du grand méchant lait ? », énumère très clairement l’impact négatif de ces procédés sur la qualité nutritionnelle du lait.

Un lait pasteurisé et upérisé est infiniment plus pauvre que son homologue cru, avec une perte catastrophique en différentes vitamines (A, B, C et D), mais également en enzymes (comme des lipases) qui le rendent plus digeste… un comble !

En fait, je vous résume brièvement mon article sur les bienfaits du lait cru et sur les ravages des méthodes de production industrielle sur la qualité du lait d’aujourd’hui. C’est ainsi que nous n’oublierons pas l’excellente alimentation *ironie* donnée aux vaches laitières qui dégradent encore un peu plus la qualité du lait proposé dans les grandes surfaces.

Là, nous sommes dans le bon sens, dans la théorie et l’intuitif. Sauf qu’il existe « quelques » indices scientifiques, des publications internationales, qui tendent à montrer des impacts négatifs d’une forte consommation des produits laitiers industriels.

La science condamne-t-elle les produits laitiers ?

Il faudrait être fou pour répondre oui, mais l’inverse est également vrai. La science dans ce domaine doit se comprendre comme une longue marche vers la vérité, où chaque article représente un coup de pinceau qui dépeint plus précisément la réalité observée.

Attention au diabète de type 1

Des preuves s’accumulent pour démontrer qu’une consommation précoce de lait de vache chez les jeunes enfants à risque peut augmenter les risques d’une réaction auto-immune, le diabète de type 1.

Ainsi, c’est l’insuline bovine présente dans le lait qui est mise en cause de par sa forte proximité structurelle avec l’insuline humaine (elle diffère de seulement 3 acides aminés).

Pour bien comprendre le processus sous-jacent, le système immunitaire d’un jeune enfant à risque peut attaquer les antigènes de l’insuline bovine et par la suite se retourner contre sa propre insuline à cause de la ressemblance structurelle. Il en découle une attaque contre son propre organisme, et le déclenchement d’un diabète de type de 1 (1, 2).

Trop de problème avec 3 ou 4 produits laitiers par jour

Le problème est bien là. Les recommandations actuelles du Programme Nationale Nutrition Santé (PNNS) de consommer 3 à 4 produits laitiers par jour, soutenu par un collège d’experts majoritairement en conflit d’intérêt avec l’industrie laitière, apportent plus de problèmes que de solutions, notamment pour la santé osseuse.

Le lait consommé en excès, à travers ces nombreux constituants problématiques (insuline bovine, IGF-1, caséine, hormones sexuelles ou pesticides), peut conduire à différentes maladies, telles que le cancer de la prostate chez l’homme, le cancer des ovaires chez la femme ou encore la maladie de parkinson (3 – 9).

Plus grave encore, la raison principale invoquée par le gouvernement pour nous faire consommer toujours plus de produits laitiers n’est pas supportée scientifiquement

Le fameux « 3 à 4 produits laitiers par jour » […] « parce qu’ils nous apportent notamment du calcium » […] « essentiel à la construction du tissu osseux et à son entretien ! » n’est pas criant de vérité sur la scène scientifique internationale et indépendante.

Toute une série de preuves scientifiques tendent à démontrer que les plus fortes consommations de produits laitiers, comparées aux plus faibles, ne protègent pas contre les fractures osseuses (10 – 17).

Aussi incroyable que cela puisse paraître, et comme le rappelle très bien Lanutrition.fr dans un récent article qui dénonce la proximité de l’industrie laitière dans notre système éducatif depuis près de 30 ans, le calcium (affublé de toutes les vertus pour les os, et surtout celui des produits laitiers) se retrouve dans une très large gamme de produits autre que les produits laitiers :

  • Les légumes verts foncés (crucifères) ;
  • Les légumineuses ;
  • Les oléagineux ;
  • Certains poissons ;
  • Les eaux calciques.

Avec des taux d’assimilations (ou biodisponibilité) très souvent supérieurs à celui des produits laitiers .

Par exemple, le calcium laitier n’est biodisponible qu’à hauteur de 30% tandis que celui des choux est biodisponible à hauteur de 60%, soit deux fois plus.

La course frénétique au calcium issue des produits laitiers apparaît donc comme une erreur nutritionnelle, « une idée saugrenue qui doit être abandonnée » selon Lanutrition.fr, précurseur en matière d’information médicale alternative pour le grand public.

L’industrie agroalimentaire est-elle responsable ?

Au-delà du débat sur les produits laitiers et du régime sans gluten pour lesquels on pourrait longuement discuter, et avancer, bloc contre bloc, des arguments scientifiques, on peut difficilement croire que les industriels pensent avant tout au bien-être des consommateurs.

J’ai l’impression que M. Schlienger fait de trop confiance à l’industrie agroalimentaire qui, en l’absence de règlementation et de contrôle, s’adonnerait aux pires pratiques pour servir le seul et unique objectif de la recherche de profit. Il ne faut pas l’oublier, arrêtons d’être dupes.

Alors certes, nous avons un meilleur contrôle bactériologique de nos denrées d’un côté, mais de l’autre nous arrosons de plus en plus de produits phytosanitaires (pour ne pas dire pesticides) nos cultures, nos légumes, nos fruits et notre environnement.

Cette discussion rejoint les débats précédents soulevés sur le blog, avec l’orthorexie, la lemorexie, et l’indéniable méfiance croissante – et justifiée – des consommateurs à l’égard de l’industrie agroalimentaire (mais également pharmaceutique).

Je trouve personnellement choquant d’entendre de la voix d’un professeur émérite de nutrition que les aliments proposés aujourd’hui n’ont jamais été aussi naturels. Nous sommes à l’aube d’un brevetage abusif du vivant par les semenciers internationaux (comme Monsanto), nous subissons une offre croissante de produits génétiquement modifiés et nos denrées alimentaires subissent de plus en plus de traitements phytosanitaires, et des procédés de sélections abusifs qui écartent (comprendre « gaspillent ») des aliments injustement.

Alors non, même s’il faut mesurer avec attention la part des choses, les aliments d’aujourd’hui n’ont jamais été autant transformés, manipulés, confectionnés, chouchoutés, traités, transportés pour satisfaire une demande irrationnelle de produits standardisés, beaux, identiques, homogènes, uniformes et sans goût accessoirement.

On pourrait même croire que M. Schlienger décourage le comportement de s’approvisionner chez des petits producteurs proches de chez soi, alors que des produits internationaux, contrôlés, mais qui poussent à 10 000 kms de là et hors saison, sont accessibles dans les grandes surfaces !

Faut-il écouter son corps ?

Oui selon le professeur de Psychologie Interculturelle.

« Si je mange trop je suis boulimique, si je ne mange pas assez je suis anorexique, si je mange trop bien je suis orthorexique (et si je mange trop mal je suis lemorexique) »

En réponse à cela, M. Denoux nous dit « qu’il faut écouter son corps ». J’aimerais être 100% d’accord avec M. Denoux. Mais.

Le problème avec notre société moderne, et je parle bien entendu pour les occidentaux ou les français, c’est que nous sommes en permanence soumis aux stimuli de notre environnement qui nous poussent incontestablement à consommer de manière impulsive, les produits les plus addictifs qui existent.

Si je devais écouter mon corps aujourd’hui, en rentrant chez moi du travail, eh bien je m’arrêterais à la boulangerie pour un croissant et une baguette offerte sur le trottoir ; je ferais un crochet au supermarché pour prendre des sodas, des bonbons ou bien la dernière barre chocolatée vue à la télé…

Les professionnels de l’agroalimentaire, du marketing, de la vente, des neurosciences, du neuro-marketing, mais également les spécialistes du goût et des addictions, travaillent de concert et d’arrache-pied pour nous faire consommer plus, peu importe les conséquences pour notre santé. De toute façon, ce n’est pas de leur faute ! C’est la vôtre *ironie* !

Et si on parlait déontologie et conflit d’intérêt ?

Comment ne pas terminer un article sur une petite partie d’enquête et de législation à propos de nos invités, mais plus particulièrement sur M. Schlienger.

Malheureusement, nous n’avons pas eu le plaisir d’entendre M. Vidard poser la question des conflits d’intérêts à nos deux invités, mais surtout pour M. Schlienger qui tient des propos catégoriques, avec peu de modération sur le régime sans lait ou sans gluten.

Pourtant, j’imagine que les auditeurs de l’émission auraient apprécié entendre les quelques relations qu’entretient – ou a entretenues – M. Schlienger avec l’industrie laitière. Vous en êtes encore surpris ?

Ainsi nous apprenons que M. Schlienger a participé à la rédaction d’un communiqué de presse de l’industrie laitière, « l’Institut Fromage et Santé », qui est une émanation directe du CNIEL (Centre National Interprofessionnel de l’Economie Laitière) et de 3 industriels du secteur (dont Lactalis, le 2ème plus gros industriel de France).

Dans ce communiqué de presse, nous ne sommes pas surpris de lire que sur la base de deux études scientifiques, M. Schlienger conseille indirectement de doubler sa consommation de camembert (et pas n’importe lequel, celui d’une grande marque !) sans que cela n’altère le profil lipidique des consommateurs !

Bien entendu, cela ne dérange absolument pas notre professeur émérite de nutrition de commenter deux études scientifiques conduites par l’industriel en personne, et d’en faire ressortir des sortes de recommandations encourageant d’une certaine manière à la consommation. C’est n’est pas SERIEUX.

Notre professeur n’en est pas à sa première collaboration avec l’industrie laitière puisqu’en 2005 il a participé aux Entretiens de Bichat (un colloque de médecins largement sponsorisé par l’industrie pharmaceutique et agroalimentaire) sous l’invitation de … Lactalis (pris en flagrant délit dans « Lait, mensonge et propagande » !)

Tout cela pour dire quoi au final ? Et bien je suis triste de voir que le débat médico-scientifique public (notamment à la radio) n’est pas de bonne qualité, qu’il propage des idées à sens unique SANS débat contradictoire où les invités apparaissent comme très mal choisis (ou très bien selon comme on se place) et très mal renseignés.

Je suis triste d’entendre des médecins, aux CV certes impressionnants, ne pas mentionner leur lien avec des industriels de l’agroalimentaire.

Je suis triste d’entendre des médecins classer toutes les publications scientifiques sérieuses et indépendantes, les ouvrages de référence mais également les avis des experts indépendants et internationaux en santé publique comme de simples « rumeurs ».

C’est triste, c’est grave, mais c’est la réalité. Bienvenu sur Terre.


Notes et références

  1. Vaarala O. et al. Removal of Bovine Insulin From Cow’s Milk Formula and Early Initiation of Beta-Cell Autoimmunity in the FINDIA Pilot Study. Arch Pediatr Adolesc Med. 2012 Mar 5.
  2. Finnish TRIGR Study Group. Dietary intervention in infancy and later signs of beta-cell autoimmunity. N Engl J Med. 2010 Nov 11;363(20):1900-8.
  3. Snowdon, D. A., PHILLIPS, R. L., & Choi, W. (1984). Diet, obesity, and risk of fatal prostate cancer. American journal of epidemiology, 120(2), 244-250.
  4. Hirayama, T. (1979). Epidemiology of prostate cancer with special reference to the role of diet. National Cancer Institute Monograph, (53), 149-155.
  5. Qin, L. Q., Xu, J. Y., Wang, P. Y., Kaneko, T., Hoshi, K., & Sato, A. (2004). Milk consumption is a risk factor for prostate cancer: meta-analysis of case-control studies. Nutrition and cancer, 48(1), 22-27.
  6. Garner, M. J., Birkett, N. J., Johnson, K. C., Shatenstein, B., Ghadirian, P., & Krewski, D. (2003). Dietary risk factors for testicular carcinoma. International journal of cancer, 106(6), 934-941.
  7. Park, M., Ross, G. W., Petrovitch, H., White, L. R., Masaki, K. H., Nelson, J. S., … & Abbott, R. D. (2005). Consumption of milk and calcium in midlife and the future risk of Parkinson disease. Neurology, 64(6), 1047-1051.
  8. Chen, H., O’Reilly, E., McCullough, M. L., Rodriguez, C., Schwarzschild, M. A., Calle, E. E., … & Ascherio, A. (2007). Consumption of dairy products and risk of Parkinson’s disease. American journal of epidemiology, 165(9), 998-1006.
  9. Chen, H., Zhang, S. M., Hernán, M. A., Willett, W. C., & Ascherio, A. (2002). Diet and Parkinson’s disease: a potential role of dairy products in men. Annals of neurology, 52(6), 793-801.
  10. Grant AM, Avenell A, Campbell MK, McDonald AM, MacLennan GS, McPherson GC, Anderson FH, Cooper C, Francis RM, Donaldson C, Gillespie WJ, Robinson CM, Torgerson DJ, Wallace WA; RECORD Trial Group. Oral vitamin D3 and calcium for secondary prevention of low-trauma fractures in elderly people (Randomised Evaluation of Calcium Or vitamin D, RECORD): a randomised placebo-controlled trial. Lancet. 2005 May 7-13;365(9471):1621-8.
  11. Feskanich D, Willett WC, Stampfer MJ, Colditz GA. Milk, dietary calcium, and bone fractures in women: a 12-year prospective study. Am J Public Health 1997;87:992–7.
  12. Nieves JW, Barrett-Connor E, Siris ES, Zion M, Barlas S, Chen YT. Calcium and vitamin D intake influence bone mass, but not short-term fracture risk, in Caucasian postmenopausal women from the National Osteoporosis Risk Assessment (NORA) study. Osteoporos Int. 2008 May;19(5):673-9. Epub 2007 Nov 13.
  13. Cumming RG, Cummings SR, Nevitt MC, Scott J, Ensrud KE, Vogt TM, Fox K. Calcium intake and fracture risk: results from the study of osteoporotic fractures. Am J Epidemiol. 1997 May 15;145(10):926-34.
  14. Kanis JA et al. The use of calcium in the management of osteoporosis. Bone 1999;24:279–90.
  15. Weinsier RL, Krumdieck CL. Dairy foods and bone health: examination of the evidence. Am J Clin Nutr. 2000 Sep;72(3):681-9.
  16. Kanis JA et al. A meta-analysis of milk intake and fracture risk : low utility for case-finding. Osteoporosis Int 2005;16(7):799-804.
  17. Bischoff-Ferrari HA et al. Calcium intake and hip fracture risk in men and women: a meta-analysis of prospective cohort studies and randomized controlled trials. Am J Clin Nutr. 2007 Dec;86(6):1780-90.

42 Commentaires

  1. Sylvain

    Bonjour Jérémy,

    Le message « il faut écouter son corps » est celui à retenir :

    Or, c’est parce que j’écoute mon corps que je ne mange plus de gluten ni de produits laitiers.

    Si j’écoutais les messages publicitaires et autres « experts » vendus à la cause d’entreprises agro-alimentaires, je serais loin d’être en si bonne santé !

    Excellent article, merci.

    A bientôt,
    Sylvain

  2. Olivier Ramirez

    J’appellerai ça se faire schlinger à la gueule avec des propos aussi pitoyables et démagos de la part de ce grand professeur. À la seconde où tu entends ses propos tu sens la pourriture qu’il y a derrière.

  3. Amélie

    Merci pour ta réactivité, tu es sacrément efficace !!
    Je suis toujours aussi ébahie que cette émission pourtant souvent très intéressante (et du coup très populaire et écoutée) se soit mise à ce niveau ! Incroyable ce manque d’objectivité, et surtout la non parité entre les deux points de vue !
    Cela dit l’écoute de l’émission m’avait tellement mise hors de moi que j’étais prête à aller poster un commentaire sur la page de l’émission, et je me suis ravisée en constatant qu’il y avait déjà 3 pages de commentaires indignés pour les mêmes raisons ! C’est rassurant de voir que ça n’a pas touché tous les auditeurs.

    « Il faut écouter son corps. », oui, c’est ce que je dis toujours à une différence prêt : « Il faut écouter son corps, et pas sa tête ! »

    Encore merci, je transmet à mon entourage.

  4. Dominique

    Et que dire d’Europe 1 qui a fait plusieurs émissions dont celle médicale du dimanche « Pourquoi Docteur » en direct du stand des produits laitiers au salon de l’Agriculture (en rappelant régulièrement qu’ils étaient en direct de ce stand ) ?

  5. Valère

    Hello,
    Actuellement, l’industrie laitière et ses sbires sont en pleine offensive. J’en veux pour preuve un publi-rédactionnel intitulé « Syndrome métabolique :
    la prévention doit passer par l’alimentation communiqué  » qui vient d’être publié dans le quotidien du médecin. Je vous livre le lien vers cette petite pépite, rédigée comme il se doit avec le « soutien institutionnel » du CERIN

    http://www.lequotidiendumedecin.fr/publi-redactionnel-syndrome-metabolique-la-prevention-doit-passer-par-lalimentation

    Ciao

    1. Jérémy Anso (Auteur de l'article)

      Merci Valère ! Je t’avoue que ce sera probablement le prochain article ! Merci pour cette perle ! Et bravo le quotidien du médecin ! A bientôt

    2. Bebop, a Lu

      It’s a gaz gaz gaz … Cerin (Jumpin’Jack flash)

      Franchement , pensez de plus à ces pauvres veaux qui n’ont plus de mère à têter, que l’on nourrit à coups de tourteaux de soja transgéniques -plus de limite-, et qui pour ceux qui seraient futurs taureaux que l’on castre sans trop précaution pour finir , ben oui boeuf bien sûr!

      Et de prendre le lait pour le materniser, pour éviter que les femmes n’aient à allaiter, pour qu’elles ailles travailler, que l’on confie les enfants dans des crèches… que les enfants ne sont pas vraiement éduqués avec la passion de parents, que cela augmente la délinquance, et que le chômage augmente aussi…

      Et oui, cela semble catastrophique, un effet papillon.
      Mais non simplement résultat d’une société contre nature et basée sur … la croissance.

      Mais la croissance de quoi au juste ???
      Du bonheur. Certainement pas.
      Juste du profit.

      L’aile ou la cuisse ?

      Lu (Lou en français)

  6. LaurentA

    Notre fils de huit ans a eu l’autre jour de l’école une visite avec une infirmière qui a contrôlé son carnet de santé et ses habitudes d’hygiène et d’alimentation. Le conseil qu’on lui a donné… prendre un produit laitier le matin ! Il nous l’a dit avec un sourire car il sait bien que ce n’est pas bon. C’est à nous parents de faire notre part pour que nos enfants ne soit pas dupe lorsqu’ils sont confronter à de tels messages.

    1. Helene

      Bravo, c’est super qu’il ait deja l’esprit critique a son age!

  7. Eliane

    L’agro-alimentaire est à l’honneur sur nos radios en ce moment….

    Le 28 février, c’était sur RMC entre 13 et 14 heures (Carrément Brunet)…
    Emission sur les OGM……………….. Bio-technologies….. sans danger pour la santé !!!!!!!!!
    Au contraire……….. les céréales les plus sûres de l’agriculture……..

    Mieux vaut entendre cela que d’être sourd mais quand même !

    Tu pourrais peut-être faire un article sur cette émission et le diffuser……… car c’est vraiment une honte tous ces médias achetés par ces empoisonneurs/menteurs/tueurs…..

    Merci pour ton blog

  8. Djamil

    Dans le même genre, Science et Vie vient de consacrer un dossier à la une sur « les nouveaux interdits alimentaires » dans lequel on apprend entres autres que le gluten n’est dangereux que pour très peu de personnes, les nitrates ne sont pas si mauvais… Pour le lait, ils se sont focalisés sur les facteurs de croissance pour lesquels il y a des « craintes infondées et des vertus sous-estimées »…

    1. Eliane

      Exact !
      Je viens juste de lire cet article sur Science et Vie qui m’a proprement choquée……… Ils disent même que les nitrates seraient bons pour la santé !!!!!!

      En même temps, il ne faut guère s’étonner des partis pris par les médias…. ils appartiennent aux grands groupes mondiaux….. à qui appartient les industries agro-alimentaires, chimiques et pharmaceutiques……………………………………

  9. Mooska

    Merci d’élever le niveau, dommage qu’il soit pas d’une meilleure qualité sur les radios que beaucoup écoutent…
    Ton article, lui au moins, est sérieux. Et c’est bien fait.

  10. Léa

    Vraiment décevant de la part de France Inter dont j’adore pourtant écouter certaines émissions… Je vais me faire violence pour aller écouter cette émission, je sens que ça va pas être une partie de plaisir :-/
    Mais sinon c’est vraiment un excellant article que tu nous as sorti là, pertinent, hyper complet et tout et tout… Rien à redire ! … sauf éventuellement pour ce qui est d’écouter son corps : je suis totalement d’accord avec Amélie, il faut écouter son corps et faire abstraction de tous nos conditionnements psychologiques ! Les réponses de notre corps (mais aussi l’expérience des autres) me semblent finalement être ce qu’il y a de plus fiable, au milieu de toute cette masse d’information contradictoire et plus ou moins crédible et honnête !

  11. Jérémy Anso (Auteur de l'article)

    @ Léa et Amélie:

    Peut-être que je me suis mal exprimé mais, personnellement, je pense que globalement nous ne sommes pas assez à l’écoute de notre corps et des messages, parfois de détresse, qu’il peut nous envoyer quand on mange mal, quand on fait peu d’activité physique ou quand on dégrade activement sa santé (avec la cigarette particulièrement). Je pense en fait qu’il est ultra important d’être à l’écoute de son corps, mais des VRAIS signaux internes non-influencés par l’environnement.

    C’est bien là où je voulais être prudent, aujourd’hui, je pense qu’il faut être conscient que nos émotions, nos processus physiologiques et hormonaux sont fortement influencé par cet environnement « diabétogène », cancérogène, « malbouffiesque ».

    Ecouter son corps, sans un travail en amont est selon moi plus dangereux que bénéfique car cela pourrait être amener à succomber à des désirs physiologiques internes (et donc du corps) mais générés par le marketing, les industriels de l’agroalimentaire.

    Ce long commentaire pour dire que oui, il faut être à l’écoute de son corps tout en sachant faire la part des choses entre ce qui nous influence négativement et positivement. Car c’est bien en étant particulièrement à l’écoute de son corps, et sensible à ces messages d’alertes (ou ces messages positifs), que l’on peut écarter des aliments non tolérés, en choisir d’autres, etc, et améliorer ainsi progressivement son état de santé ! Voilà ma pensée un peu plus développée !

    Merci à vous deux pour vos commentaires très sympathiques : ) A bientôt !

  12. DONGUY Gilles

    Merci pour cette info, les médias officiels ne ratent pas une occasion de nous bourrer le crâne avec ces niaiseries laitières et autres Gluteneries pilotés par l’agrobusiness!

    Et que penser de ce petit déjeuner idéal selon la propagande officielle : yaourt ou fromage + lait + plus d’orange + mueslis…? Explosif!
    Comme je dis souvent, à la rigueur trois produits laitiers oui…(Pays aux 400 fromages oblige!) mais par semaine! (pour le plaisir, et encore…)

    Bien cordialement à tous.

    1. Jérémy Anso (Auteur de l'article)

      En voici un excellent conseil ! Merci à toi !

  13. JB

    Comme toujours, très efficace !

    La réaction des medias est toujours le dénigrement et de faire passer les non buveurs de lait pour des illuminés… c’est pas gagné.

    Bravo Jérémy pour ta prise de parole rafraichissante.

  14. Alain

    Regardez la vidéo du Professeur Émérite de la Faculté de Médecine Strasbourg Jean-Louis Schlienger :

    Les habitudes alimentaires alsaciennes sous le gril !
    http://www.youtube.com/watch?v=gxU61M69EfM

    4’09 » « ce qui pose problème c’est plutôt l’excès de produits gras d’origine animale et éventuellement l’insuffisance de consommation de fruits et peut être de poisson »

    Vous noterez que quand il prononce « l’excès de produits gras d’origine animale » il détourne son regard de la caméra.

    L’industrie laitière a produit plus de 728 milliards de litres de lait en 2010,
    soit 28,4 milliards de kg de graisse dont 14,2 milliards de kg de graisses saturées.
    (Le lait contient 39gr/litre de graisse dont la moitié est composée d’acides gras saturés dont les acides palmitique, myristique et laurique)
    Est-ce que la graisse du lait n’est pas de la graisse animale ?

    De plus « l’élevage industriel nécessite de très grandes quantités de nourriture et donc de grandes étendues de terres cultivables. Par exemple la FAO rapporte dans son rapport « Livestock’s long shadow » que l’élevage consomme à lui seul 30 % de la surface de terre de la planète.
    Environ 1/3 des céréales sont utilisées pour nourrir les animaux. »
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Impact_environnemental_de_la_production_de_viande

    0’55’ « on mange si peu de lé de légume ou de fruit »
    Le « lé » concerne le CERIN qui est le département santé de l’interprofession des produits laitiers.
    Les fruits et légumes concernent l’Interfel, l’Interprofession de la filière des Fruits et Légumes Frais qui représente les métiers de l’ensemble de la filière fruits et légumes frais

    Mais rien n’empêche de manger à tous les râteliers.

  15. Christine S.G.

    oh la la !!!! j’ai écouté l’émission, quel scandale et quelle mauvaise foi !!!!!!!
    Une rumeur ? Le docteur Seignalet a fait tellement de bien ! Il n’y a qu’à lire les témoignages qui sont sur le site « l’alimentation ou la troisième médecine » !
    Moi-même, guérie de la polyarthrite rhumatoïde après avoir suivi son régime 2 ans 1/2
    Merci Jérémy, continue, tu fais du bon travail, je te félicite. Je me régale à lire tous tes articles et les commentaires.

    1. Jérémy Anso (Auteur de l'article)

      Bravo Christine pour ta maladie ! Tu es la preuve de l’efficacité de ces régimes et des expériences de ces grands messieurs. Merci beaucoup pour ton message et au plaisir de te lire !

  16. Clément

    Très bon article Jérémy !

    « Il renchérit sur le fait que les industriels de l’agroalimentaire sont « quand même très responsables » et seraient « conscients que ce qu’ils vont proposer ne ser[aient] pas dangereux pour la santé ». Selon M. Schlienger, ce serait plutôt « l’usage et la mauvaise information que l’on a de ces aliments » qui seraient dangereux pour notre santé, l’industriel, lui, ne pensant qu’à notre santé ! »

    Comment peux-ton dire et soutenir à 100% de telles conneries alors qu’actuellement on est en train de voir les industriels infester encore un petit peu plus notre société corrompue :
    http://www.lanutrition.fr/bien-dans-son-assiette/aliments/sucre-et-produits-sucres/sucre/l-industrie-du-sucre-va-dire-aux-eleves-ce-qu-il-faut-manger.html
    http://www.lanutrition.fr/les-news/lindustrie-laitiere-comme-celle-du-sucre-dit-aux-eleves-ce-quil-faut-manger-et-boire.html

    C’est vraiment nous prendre pour des ignares et des moutons ! Aberrant !!

  17. Antoine

    Le pire c’est qu’il est probablement sincère ce professeur… Ca va prendre des années avant de de voir un renversement de tendance dans la société.

  18. MONTANERA

    ancienne infirmière, devenue naturopathe, je ne peux que souscrire à ton article et te dire que je partage ta vision et mesure tous les jours les dégâts faits par la malbouffe , la pub et la désinformation.
    je suis particulièrement hérissée par les Dc Michel COHEN et CYMES en tous genres qui sévissent sur les médias et discrédite notre démarche d’éveil de conscience.
    .bravo Jérémy

    1. Jérémy Anso (Auteur de l'article)

      Merci à toi Marie France, je suis tout autant que toi très énervé par l’attitude de certains médecins et des propos qu’ils peuvent tenir devant le public ! Inadmissible !

  19. Yann. B

    Excellente contre-attaque, je relaye et j’en profite pour vous invitez tous :

    https://www.facebook.com/groups/hackingnutrition/

    :=)

  20. Ghislaine PIERQUET

    Merci infiniment pour ce travail et cette patience à réagir à des propos réellement indécents ! Tout comme l’holocauste n’existe pas pour certains, des preuves indéniables peuvent être niées sans vergogne sur une radio réputée pour son sérieux. Heureusement, certain veille… :) Merci à vous :).

    1. Jérémy Anso (Auteur de l'article)

      Un grand merci à toi Ghislaine ! A bientôt

  21. Sandrine de Tina

    Encore bravo pour cet excellent article, Jérémy !
    Pour soutenir ton travail, je pense que chacun d’entre nous devrait poster un commentaire pour montrer notre indignation et ceci à chaque fois que nécessaire. Plus nous serons nombreux à manifester notre désaccord, plus nous ferons avancer les choses.
    Choisissons la voie de la rébellion pacifique…mais active, comme tu nous le montres si bien !

    1. Jérémy Anso (Auteur de l'article)

      Merci beaucoup Sandrine, merci pour ton engagement ! A bientôt !

  22. Alain

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE _ Résultats de l’année 2013

    Commentaire du Président de DANONE

    « Malgré de forts vents contraires qui ont pesé sur notre activité, 2013 a été marquée par une croissance solide et des avancées déterminantes pour la construction de l’avenir de Danone »

    Le vent a tourné, mais tu ne souffles pas encore assez fort Jérémy !

    Produits Laitiers Frais
    « Toujours en décroissance, l’Europe maintient les tendances observées au trimestre précédent.
    L’Espagne confirme une nette amélioration, l’Allemagne et l’Italie restent des marchés difficiles pour le pôle. »

    Trois produits laitiers par jour ce n’est pas suffisant. Il faut demander à des sommités comme le Professeur Jean Louis SCHLIENGER de faire mieux.
    « La rumeur anti-lait a été assurée par des « vecteurs », ces pestes que sont les moustiques suceurs de sang »

    Nutrition Infantile
    « Le pôle Nutrition Infantile continue à être significativement impacté par les conséquences de la fausse alerte déclenchée par Fonterra en août 2013. Au quatrième trimestre, cet événement se traduit par une perte de chiffre d’affaires estimée à 200 millions d’euros et par une croissance négative des volumes (-5,9%) et des ventes du pôle (-6,9%). »

    Fausse alerte ? « Des produits laitiers dangereux ? Une simple rumeur… »

    Danone forcé de rappeler du lait infantile en Chine
    http://www.lesechos.fr/06/08/2013/LesEchos/21494-082-ECH_danone-force-de-rappeler-du-lait-infantile-en-chine.htm

  23. Pingback: France Inter pris en flagrant délit de propagande laitière | Recettes naturelles de santé

  24. VIDARD

    Bonjour à vous,

    Suite à ce post, je vais rédiger un article sur la question des conflits d’intérêt des scientifiques dans les médias. J’ai eu Monsieur Schlinger au téléphone aujourd’hui pour avoir des réponses claires à ce sujet. Je vous livre mon texte bientôt sur le blog de la tête au carré qui va être créé la semaine prochaine.
    A bientôt donc

    Mathieu Vidard

    1. Jérémy Anso (Auteur de l'article)

      Bonjour M. Vidard,

      Merci d’avoir pris le temps de prendre contact avec M. Schlienger pour lui parler de ces quelques « liens » avec l’industrie laitière. Au-delà de cette question des conflits d’intérêts, qui n’est pas prouvés pour M. Schlienger (nous ne savons pas s’il a reçu ou non des avantages de la part du lobby du lait), il y a une profonde question sur la qualité du débat qui devrait être contradictoire par nature.

      Alors j’en conviens bien qu’il est difficile de faire une émission équitable pour les deux parties et que vous avez de nombreuses contraintes pour réaliser vos émissions, mais les lecteurs comme moi-même ont bien ressenti que les intervenants étaient très orientés et peu modérés. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il aurait fallu inviter un Thierry Souccar ou un Henry Joyeux mais tout de même. Peut-être aurait-il fallu choisir une personne plus modérée. A voir.

      En tout cas merci pour votre réponse et de votre prochaine clarification, même si, comme je le rappelle, M. SChlienger ne devrait déclarer aucun conflit d’intérêt. Sauf si nous ignorons certains faits.

      A bientôt.

  25. monique

    bonjour
    j’ai écouté cette émission et j’ai été tellement atterrée que j’ai immédiatement écrit à mathieu vidard pour lui dire que son émission est un scandale:des invités suffisants et arrogants,tous du même avis …une horreur! s’il en fait une autre comme celle-la ,je ne l’écoute plus
    il a fait jusqu’à présent des émissions intéressantes
    la vogue de la nouvelle maladie à la mode:l’orthorexie semble l’avoir conquis et il n’a pas réagi quand une spécialiste a traité de malade les extrémistes qui osent regarder ce qu’ils ont dans leur assiette:
    mangez de tout ,c’est le nouveau credo
    bon appetit

  26. Monique de Plum

    Je suis bien contente que le Monsieur de France inter soit fair play et intelligent car quand on voit le style des journalistes on peut se poser beaucoup de questions sur leur niveau parfois, pas pour tous bien entendu, la télé étant le summum certains pourraient se remettre en question; en fait le vrai problème du confit d’intérêt c’est « l’achat » des têtes pensantes et ça je ne pourrai jamais l’admettre jamais le comprendre car le seul critère de valeur c’est la valeur humaine la valeur de la « monnaie » n’a aucun sens aucune utilité elle n’est que diversion que stratège qu’hypocrisie comment les humains scientifiques et tant d’autres d’ailleurs peuvent ils se laisser influencer et je serai toujours en extase devant la faune et la flore si belles si « intelligentes » si équilibrées mais peut on refaire les animaux humains!!!!!!!!!!!!!

  27. vanessa

    Tiens je suis tombée aujourd’hui sur le dernier Science et Vie mais je vois en lisant les posts précédents que je ne suis pas la première. De la part de science et vie je savais un peu à quoi m’attendre mais je l’ai quand même feuilleté juste pour voir… Je n’ai pas été déçue. J’ai failli l’acheter pour te l’offrir Jérémy mais 1- j’ai eu peur que tu fasse une indigestion après l’émission de France Inter et 2- ça me faisait vraiment trop chier de leur filer du pognon !
    Mais en tout cas quelque part ça m’a fait plaisir…Si si ça m’a fait plaisir car ça sent la grosse campagne de com. Coup sur coup France Inter et Science et Vie… on dirait que nos amis les industries laitières, céréalières et pharmaceutiques ont besoin de se redorer le blason non ? Ben faut dire, des gens qui font leur diagnostique sans aller chez le medecin, qui arrêtent de consommer du lait et des céréales, qui finissent en bonne santé et donc consomment moins de médicaments et qui en plus en parlent autour d’eux et en convainquent d’autres, ça va finir par faire un trou dans leurs budget. Quand j’imagine tout le fric que doit leur coûter toute cette propagande je me dis que finalement, tous ces petits combats quotidiens contre les géants finissent par porter leurs fruits. Tu fait partie des guerriers Jérémy. Keep on going !

    1. Jérémy Anso (Auteur de l'article)

      Et bientôt c’est France 2 qui remet le couvert avec un « complément d’enquête » sur les orthorexiques. J’ai déjà préparé mon nouvel article pour tacler encore une fois le reportage, quand bien même j’avais prévenu les journalistes que je le ferais ! Mais penses-tu, le scoop avant tout et la réalité, on verra plus tard !

      Merci Vanessa pour ton petit mot ! A bientôt !

  28. PJ Roche

    Dans la continuité de cette émission de radio, l’émission Complément d’enquêtes sur France 2 s’attaque ce jeudi au même sujet.

    le pitch d’un des reportages :

    « Traumatisée par les scandales, une nouvelle race de consommateurs a fait son apparition : ils calculent l’équilibre de leurs repas au gramme près, redoutent les allergies, certains ne vont plus dîner chez des amis de peur de s’empoisonner. Ils sont à l’origine du succès des produits « sans » : sans sucre, sans OGM, sans lactose, sans huile de palme, et aujourd’hui sans gluten. Mais au-delà des vrais allergiques, qui en a vraiment besoin ? Quelles carences peut générer cette forme d’automédication ? »

    http://www.france2.fr/emissions/complement-d-enquete/diffusions/13-03-2014_218707

    On risque de ne pas être déçu…

  29. Romain de PaléoFit

    Salut Jérémy,
    Moi qui aimait bien la tête au carré, c’est domage d’entendre cela car la majorité des émissions proposées sont intéressantes, j’en ai même entendu une sur les modèles préhistoriques il y à quelques mois et c’était débordant de vérité, bef, pas mal de paradoxes !
    Romain

  30. Claire
  31. Audrey RD

    Bonjour et bravo pour tout ce que vous faites, votre site est l’un des rares que j’ai vus à être aussi documenté, précis et bien écrit!

    Après avoir lu tous les articles concernant les laitages, j’ai enfin compris la raison de tous les problèmes de santé qui me bouffaient la vie et ai décidé d’arrêter les laitages. Et depuis je me porte très bien!

    Choquée par les derniers articles sur la propagande laitière, je me permets de vous communiquer un cas qu’une amie psychologue a pu observer récemment, et qui ressemble fort à ce qu’a subi mon jeune frère étant jeune (totalement intolérant au laitage et allaité jusqu’à 1 an et demi)…

    « Présentation de cas: Marin, 9 ans (nous changeons son nom pour préserver son anonymat)

    Marin est né le 2 juillet 1996 après un accouchement difficile. Les tests post natals n’ont rien décelé d’anormal. Marin a souri au bout d’un mois et demi et ri vers l’âge de trois mois mais il apparaît de plus en plus hypotonique.
    Marin pleure très fréquemment la nuit, deux heures environ après le repas. Le pédiatre le met alors sous Prépulsid. Il souffre également de constipation chronique que l’on dit dû à son manque d’activité. A sept mois, Marin s’éveille normalement mais présente une déficience dans sa motricité axiale.

    A onze mois, il est toujours incapable de se tenir assis mais il commence à parler et se met debout dans son lit. Le pédiatre lui fait passer des examens (un électroencéphalogramme). La mère de Marin signale qu’il est malade et a près de 40° de fièvre. Le soir même, il convulse et est transporté en urgence à l’hôpital (sûrement du aux effets des examens). Après deux injections de Valium, une à son arrivée et une lorsque la fièvre est remontée au petit matin ; on lui donne pour son petit déjeuner un biberon de lait, le lait non digéré provoque une cyanose dans l’heure qui suit et s’ensuit d’autres examens : IRM, scanner, ponction lombaire…
    Aucun résultat n’en ressort et les médecins assurent que la cyanose n’a pas engendré de séquelles au cerveau. Un deuxième électroencéphalogramme présentera un tracé normal. Ne trouvant rien, l’hôpital diagnostiquera une épilepsie et le mettra sous neuroleptiques à haute dose. Parallèlement, les médecins conseilleront de faire le ROR pour éviter tout risque de convulsions supplémentaires.
    Les acquisitions de Marin s’arrêtent deux mois plus tard avec la mise en place du neuroleptique et du vaccin. Il ne parle plus, a des gestes stéréotypés et des absences.

    A dix huit mois, Marin fait un prolapsus. Apres une consultation chez un gastro-entérologue, et suite à des examens, il diagnostique un reflux pathologique. Celui-ci ne pouvant être endiguer par une voie médicamenteuse, Marin est dans l’obligation d’être opéré (il a 2 ans et 5 mois). Il fera une éventration et subira une deuxième intervention trois jours plus tard. Peu de temps après les neuroleptiques sont arrêtés. Cet épisode hospitalier s’accompagne d’un repli et d’une régression provisoire des acquis.

    Les parents consulteront d’imminents neuro-pédiatres à Paris qui ne savent pas dire de quoi souffre Marin. A la recherche d’une solution, les parents de Marin se tournent vers un institut qui s’occupe de former les parents d’enfants lésés cérébraux à la rééducation par le biais de la sur-stimulation aux États-Unis. Grâce à cette sur-stimulation, soutenue par de nombreux bénévoles, Marin parvient à marcher, lire et fait de nombreuses nouvelles acquisitions. Il est également pris en charge par une orthophoniste et un kinésithérapeute.

    Après deux ans et demi de méthode Doman, et ne semblant plus tirer parti de la méthode américaine, les parents se tourneront vers la méthode Tomatis (sur-stimulation auditive).
    Après la rencontre d’un docteur, qui a étudié aux États Unis l’influence de la biochimie sur les troubles du comportement, Marin subit des analyses qui décèlera de nombreux désordres biochimiques accompagnés d’intolérances alimentaires sévères au lait, au gluten… et le problème le plus notable étant que Marin est empoisonné au mercure.

    Suite à ces résultats, les parents mirent en place un régime draconien dès le mois de novembre 2002. Marin change alors de vitesse d’acquisition.
    A la lumière de ces nouveaux examens et en analysant l’historique de Marin : il souffrait d’une intolérance manifeste au lait de vache.
    Son absorption a engendré des dommages importants au niveau de son intestin, se traduisant également par un reflux pathologique, lui-même occasionnant des bronchiolites à répétition traitées sous antibiotiques. Ces médicaments ont considérablement altéré à leur tour la paroi intestinale la rendant complètement perméable. Marin était empoisonné par de nombreuses toxines. De plus, dans ce contexte, il a été vacciné de tout ce qui était possible et il n’a pas pu éliminer le mercure de ces vaccins. »

    Bref après tout ça et à force d’être incompris, l’enfant est malheureusement devenu autiste… Exemple dramatique d’intolérance au lait de vache et d’erreur de diagnostic!

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