Des Grillons aux menus des Cantines en 2014

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C’est officiel et c’est pour bientôt

Le Gouvernement vient de faire une annonce discrète sur son site officiel, les insectes devraient intégrer progressivement les préparations alimentaires des milieux scolaires afin de lutter contre la raréfaction des ressources (en eau notamment), le réchauffement climatique et l’augmentation rapide de la population (française et mondiale).

Toujours selon le Gouvernement, des centres d’élevages professionnels d’insectes seront construits dans la plupart des départements, ceci afin de « faire face à une demande de plus en plus croissante en protéines de haute qualité et viable sur le plan écologique ».

Même si les espèces animales utilisées ne sont pas encore officiellement connues, il semblerait que le choix sur porte un groupe d’insectes particuliers, la faune de grillons.

Mise en garde !

Bien entendu, cette annonce est fictive ! Je tiens à rassurer les parents qui commençaient à s’insurger contre le Gouvernement et son idée de faire manger des bêbêtes à leurs enfants.

Pourtant, l’idée de manger des insectes à la place de nos traditionnels morceaux de bœufs ou de poulets commencent à se frayer un chemin dans les esprits. Nous raisonnons de plus en plus en terme de développement durable, de respect de l’environnement et de gestion plus efficace de nos surfaces cultivées ou pour l’élevage. L’élevage et la consommation d’insectes apparait donc de plus en plus probable.

Pour illustrer ce point, le Huffington Post nous apprend tout récemment que des étudiants très ingénieux ont réussi à établir une chaîne de production de pain à base de sauterelles, afin de soutenir les pays sous-alimentés. Manger de l’insecte, c’est du sérieux et du concret donc !

Des grillons contre la faim

Je me sens particulièrement concerné par cette filière de l’insecte comestible car je travaille avec eux, les grillons, au quotidien. Bien que mon travail n’ait aucun rapport avec le côté alimentaire de ces bestioles, j’avais préparé en 2012 un projet alimentaire à l’échelle planétaire.

Pour mieux comprendre de quoi je parle, une association d’entreprises (Entreprises pour l’environnement, EPE) réalise tous les ans un concours afin de couronner les projets les plus innovants sur des problématiques de développement durable.

Le sujet du concours de l’année 2012 était celui-ci :

En 2050, qu’aurez-vous fait pour la planète ? Vous aurez 60 ans, nous serons près de 10 milliards sur Terre. Au rythme actuel, nous aurions besoin de trois planètes. Heureusement, vous aurez agi ! Quelle innovation ou évolution aurez-vous apportée dans votre métier ou votre secteur (énergie, habitat, mobilité, agriculture, santé, finance…), dès les dix prochaines années, pour maîtriser les risques associés à cette croissance ?

Pour répondre à cette question, j’avais imaginé un plan d’élevage à l’échelle planétaire d’une espèce de grillon endémique de la Nouvelle-Calédonie, aux dimensions impressionnantes (jusqu’à 3 cm de long).

Dans mon idée, nous aurions sélectionné les spécimens les plus gros et/ou ceux qui se reproduisent le plus afin d’augmenter la production de grillons. Sans rentrer dans les détails, des usines d’élevages auraient dû être bâties sur les 5 continents afin de fournir rapidement et localement les matières premières.

Mais pourquoi les insectes, et plus particulièrement les grillons, sont-ils si intéressant pour nous ?

Grillons versus Bœufs

Les insectes, comparés aux autres bêtes d’élevage, sont les champions en apport de protéines. 100 g de grillons apportent au moins 60 g de protéines (jusqu’à 77 g) alors que 100 g de bœuf apportent en moyenne 25 g de protéines (pratiquement 3 fois plus) (1, 2)

Le plus intéressant avec les grillons (et les autres insectes) est la capacité de ces derniers à transformer leur alimentation en protéines, matières grasses, minéraux, etc. D’après le site « mangeons des insectes », 10 kg de nourriture nous permettent d’avoir 1 kg de bœuf, mais 9 kg de d’insecte ! (un site que j’ai découvert avec la lecture de l’article de Sylvain)

Bien entendu, les avantages d’une production en masse de grillons comparés aux méthodes intensives avec les bovins sont énormes. Le réchauffement climatique est bien souvent mis en avant avec l’élevage d’insectes, notamment avec les très faibles rejets de gaz à effet de serre de la part des insectes.

Au-delà des grillons, ce sont entre 900 et 1400 espèces d’insectes qui seraient comestibles sur la planète. Manger des insectes est indéniablement une pratique ancestrale, très appréciée de certains pays d’Amérique du sud, mais peu convaincante dans nos pays occidentaux assez rigides.

Des sucettes aux scorpions

Pourtant, certains sites spécialisés dans l’entomophagie ne manquent pas d’idées pour nous faire manger des bestioles. On notera tous particulièrement les sucettes au scorpion du site « insectes Comestibles » ou encore les barres de céréales à la farine de grillons.

D’autres proposent même des recettes, telles que ces amuse-bouche aux insectes et au concombre !

En conclusion, notre génération et les suivantes ne devraient plus voir d’un si mauvais œil la consommation progressive d’insectes, car ceux-ci cumulent de nombreux avantages pour relever les terribles défis qui s’annoncent prochainement. Il faudra forcément que nous remettions en cause nos méthodes de production actuelles extrêmement énergivores et très peu respectueuses de notre environnement.

Pour mon expérience personnelle d’entomophagie se limite à quelques cigales, mais jamais de grillons ni de sauterelles. C’est un comble pour moi qui travaille depuis 2 ans avec eux ! Alors c’est promis, je vais très bientôt goûter aux grillons calédoniens (et les faire goûter à mon équipe, surtout Hervé !) et je vous en dirai des nouvelles !

Et vous, c’est quoi vos insectes préférés ?


Notes et références

  1. Verkerk, M. C., Tramper, J., Van Trijp, J. C. M., & Martens, D. E. (2007). Insect cells for human food. Biotechnology advances, 25(2), 198-202.
  2. DeFoliart, G. R. (1992). Insects as human food: Gene DeFoliart discusses some nutritional and economic aspects. Crop Protection, 11(5), 395-399.

12 Commentaires

  1. DanielleW

    Les grillons s’élèvent dans des fermes spécialisées dans l’alimentation des singes et de toutes sortes de lézards et autres bestiaux de zoo ou d’appartement.
    J’en avais acheté pour leur chant et les ai gardés dans un vivarium (les premiers que j’avais déposés dans mes jardinières sur la terrasse ont mis un jour à se retrouver dans le jardin des propriétaires). Après avoir chanté moins d’un été, ils sont morts et m’ont laissé des miniatures qui ont quand même mis un an à arriver à l’âge adulte!

    Mon truc à moi, et pas en plumes, c’est la spiruline (voui, j’avais demandé ce que vous en pensez en mode paléo).
    Vraiment écolo dans le genre protéine assimilable, et semble-t-il intéressant à mettre en œuvre pour un investissement raisonnable et des plus durable.
    Il y a fort longtemps j’avais lu l’interview d’un horticulteur qui était prêt à mettre la clé sous la porte et laisser ses serres aux banques tant les marges rétrécissent au fil des ans.
    Il a installé des bassins dans ses serres et semble avoir trouvé un nouvel élan grâce à la spiruline (c’est un produit très tonifiant, sur tous les plans -d’eau aussi- il faut croire).

    Pour en revenir aux insectes, j’ai eu l’occasion de goûter des grillons grillés, sans pattes, qu’une amie avait payé fort cher pour nous le servir comme apéritif.
    Conclusion, sec, et hyper salé.
    Je n’en garde pas un souvenir impérissable, et je me demande qui s’occupera de les préparer.
    Quand on sait que les crevettes parfois partent par camion du nord de l’Europe vers le Maroc afin d’être décortiquées, retournent dans leur pays par le même moyen pour être vendues comme crevettes « fraîches » après trois semaines… on devient sceptique!!!

    Bon voici un site trouvé sur Nénette au sujet de mon vert grillon
    http://www.spiruliniersdefrance.fr/index.html
    avec plein de liens intéressants.

    Après ce long monologue, bravo encore Jérémy pour toutes ces informations passionnantes et édifiantes.

    Danielle

    1. KOSSONOU

      Je prefaire les grillons.

  2. Attié Louis Gilbert Daniel

    Pour l’instant mon insecte préféré c’est la larve de guêpe.

  3. France19

    J’ai essayé de manger une jolie sauterelle attrapée dans un alpage, mais je n’ai pas aimé ça.
    J’ai un copain qui se régale de larves de teignes de ruches, il a essayé de m’en faire goûter, mais je n’ai pas pu (encore trop de préjugés bourgeois, et un fort dégoût à voir ces vers se tortiller)
    Sinon, j’aime beaucoup les crevettes grises vivantes et crues, et non épluchées, que je pêche quand je vais en Normandie. Mangées sur la plage juste sorties du filet, c’est un régal, bien meilleure que cuites ! Bruno Comby recommande les grillons comme les insectes les plus faciles à manger et à élever.
    http://www.liberation.fr/societe/2012/01/03/des-insectes-dans-nos-assiettes_785748
    http://www.comby.org/insect/recettfr.htm
    http://www.comby.org/insect/insectfr.pdf

  4. lili

    J’ai eu l’occasion de manger des larves de guêpes rapportées du japon. La préparation faisait que ça ne sentais que la sauce soja. Pas vraiment de gout. Je pars du principe que si ça se mange ailleurs, il n’y a pas de raison de ne pas en manger. On mange bien des escargots, des huitres, des grenouilles, des abats, du boudin…: qui paraissent hautement exotique et dégoutants à d’autres pays. Il faut juste apprendre à le préparer correctement. Je ne peux pas m’empecher de penser que l’argument de certains végétaliens comme quoi les grands singes vivent très bien sans protéines animales et qu’on devrait suivre leur exemple etc… est erroné car ils mangent des insectes qui sont des aliments très riches.

  5. ANSO Monique

    Incroyable ton article mon fils l’est pour moi !
    je ne connais pas tout de ta vie !! manger les grillons qui te sont si « chers » en biologie! et qui permettent de faire progresser la Science dans certains domaines ; et bien je préfère me nourrir exclusivement de végétaux! c’est plus « joli » pour croquer dedans Ceci dit
    je compte bien arriver jusqu’en 2048 et ‘fêter » quelques cent ans en goûtant des grillons joints à une poelée de légumes j’adore manger le poisson et les crevettes aussi crues avec du citron et même du lait de coco, alors pourquoi pas un élevage de grillons dodus à Plum………..

  6. Annie Héquet

    en nouvelle Calédonie on mange des larves « les vers de bancoule » crus je n’aime pas ,certain oui mais cuit un petit gout de noisette pas désagréable du tout ,
    comme je suis végétarienne, que le poisson contient de plus en plus de saletés qui pertube la santé , manger des insectes ne me gène pas du tout !! jamais goutée les grillons ma foi c’est peut etre bons , j’adhère complètement à ça !! et puis les animaux de ferme souffre horiblement lors du transport et de l’abatage! sutout les viandes hallal, les insectes ,c’est qd même différent
    merci pour ce com bonne journée :)

    1. Jérémy Anso (Auteur de l'article)

      Salut Annie !

      J’ai jamais goûté le ver de Bancoule ! Honte à moi mais faudrait que je monte à Farino pour tout essayer si j’ai le temps..! En tout cas, on risque de se tourner de plus en plus vers la consommation d’insectes, et en Calédonie, on possède une faune d’insectes assez riches !

      PS: peut-être que tu ne fais pas le lien, mais c’est moi Jérémy du groupe « Formation Permaculture » où nous nous sommes rencontré chez Emeline et Stéph au Mont mou ! (souvenir, et oui, la Calédonie, c’est petit !)

      Au plaisir de te revoir à la Ouenghi chez Jack et Jof (peut-être!) A bientôt.

  7. Helene

    Dommage que l’accroche soit un canular, je me rejouissais deja. Enfin, ca evitera aux petits francais les moqueries lors de sejours linguistiques.
    J’ai des parents qui ont vecu ou sejourne en Asie et en Afrique, et une tante Philippine. Ils m’ont bercee d’histoires de sucettes aux scorpions et de larves de vers a soie qu’on enfile sur des baguettes (comme pour les olives, saucisses cocktails etc.) et plonge dans une sauce sucree (notamment une espece de barbe a papa) ou salee avant de les manger. Malheureusement je n’ai pas encore pu essayer!
    Les insectes sont une bonne source de proteine, sont plus faciles a elever que les mammiferes (reproduction plus rapide, peu de temps a attendre avant de les consommer),et c’est aussi plus facile pour nous de les tuer. Je ne comprends pas pourquoi ils ne sont pas encore commercialises en Europe, au moins en magasins ‘bio’. Ca ne serait pas plus exotique que le quinoa, l’amaranthe ou le tempeh!
    J’essaye la spiruline depuis le weekend dernier et c’est pas mal du tout. Ca prend aussi moins de place dans le frigo que la viande!

  8. Romain de PaléoFit

    Salut à toi,
    J’ai recemment participé à un salon sur Toulouse et au pot de départ, on nous à servis des chocolats…. Aux grillons ! En bon-vivant Français, celà m’a rebouté je dois dire, mais pourquoi pas essayer à l’avenir ?
    Ce qui pose le plus problème, c’est que faire lorsqu’un élevage aura échappé 2 000 000 de grillons dans nos cultures ?
    Romain

  9. DanielleW

    T’en fais pas, Romain, si ce sont des grillons d’élevage africains, comme ceux qu’on élève pour les zoos, ils ne survivront pas au froid européen!
    Un ami en élevait pour le zoo du coin, il a fait des croisement avec des grillons locaux… Les voisins ont râlé car ça faisait quand même trop de bruit!
    Il est vrai que dans ce zoo, il y en a toujours qui échappent à l’attention pourtant vigilante des singes, et filent partout.
    Je crois bien que maintenant, ils les « refroidissent » pour ne plus avoir de problèmes.

    Si tu tends l’oreille, tu entendras leur doux chant entre les rails du métro parisien.
    Je ne sais pas de quoi ils se nourrissent, mais en tout cas, ils semblent s’y plaire.

    En été, mon chien apprécie beaucoup les hannetons et les sauterelles, qu’elle croque en grande quantité. C’est amusant de la voir sauter en tous sens.
    Mais uniquement en montagne.

  10. kevina

    moua gèm bi1 lait areniai bizou

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