Le sucre n’est pas si mauvais : 50 ans de manipulation par l’industrie révélée

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Une étude publiée dans le prestigieux Journal of American Medical Association vient de révéler comment l’industrie du sucre a payé des chercheurs pour faire accuser les graisses saturées et le cholestérol dans le risque de maladies cardiovasculaire, minimisant le rôle du sucre [1]. Retour sur 50 ans de manipulation, qui ont conduit à la création de produits « allégés en matière grasse » et sur la diabolisation exagérée des graisses.

Vilaine graisse et gentil su-sucre

Cette histoire, on l’avait tous sur les bouts des lèvres. Le scénario, quant à lui, n’était pas parfaitement connu. Comment l’industrie du sucre a-t-elle réussie à faire accuser le gras et le cholestérol pour laisser le champ libre au sucre ?

L’argent. L’argent bien sûr. Je le dénonce dans ces colonnes depuis des années, aux côtés de nombreux autres lanceurs d’alertes, mais les industriels dépensent des sommes astronomiques pour :

  1. Financer des recherches scientifiques qui minimiserons les risques de leurs produits, et c’est exactement ce qu’’ils ont fait dans les années 60 en versant pas loin de 50.000 $ à trois scientifiques via la Research Sugar Association ;
  2. Orienter les politiques et recommandations de santé publique, et c’est exactement ce qu’a fait l’industrie du sucre en France, étant maintenant en charge de dispenser des cours d’alimentation saine dans les écoles ;
  3. Payer des leaders d’opinions pour favoriser des produits agroalimentaires ou pharmaceutiques, dont les avis seront suivis par le plus grand nombre.

C’est donc en 1967 que la bataille contre le gras à officiellement, ou « scientifiquement », commencée, avec la publication de deux études qui conseillent de se focaliser sur le cholestérol et les matières grasses, plutôt que sur le sucre [2] [3].

Cette publication aura eu des répercutions majeures sur les politiques de santé publique. L’industrie du sucre aura notamment réussie à influencer les programmes nationaux de lutte contre les caries dentaires, en limitant les effets négatifs du sucre.

En 1976, l’autorité officielle de sécurité des aliments (Food and Drug Administration) s’est faite avoir par ces publications dans l’évaluation positive sur l’innocuité de la consommation de sucre.

Bien plus grave, ce sont aujourd’hui des décennies d’attaques contre les graisses, principalement alimenté par l’industrie du sucre, qui ont conduit à la diabolisation excessive des graisses, laissant une place de choix pour les produits riche en sucre, pauvre en graisse, avec des index glycémique élevé et qui ont aujourd’hui une part de  responsabilité important dans cette hécatombe sanitaire.

L’impact des conflits d’intérêts

Les auteurs de l’étude dénoncent bien entendu l’importance et les effets surtout délétères que peuvent avoir les conflits d’intérêts entre des scientifiques, des leaders d’opinions ou des décideurs avec les industriels sur la santé publique.

Ils indiquent ainsi que « les efforts des industriels démontrent l’importance d’avoir des synthèses de la littérature scientifique écrite par des personnes sans conflits d’intérêts, renchérissant l’importance et le besoin de les déclarer lorsqu’ils sont présents ».

Ces déclarations bien sûr ne plaisent pas aux industriels, et à toutes les personnes qui gravitent autour d’eux, et que ce soit pour l’industrie du sucre, du lait, du fromage, de la viande, de la charcuterie ou des produits pharmaceutiques.

Je dénonce régulièrement les nombreuses tentatives de l’industrie laitière, par exemple, pour nous faire croire que le lait pourrait nous faire maigrir, qu’il est la meilleure source de calcium, qu’il est indispensable pour bien grandir, et qu’il nous protège contre les fracture et c’est de loin le plus grand mensonge.

Il existe de nombreux leaders d’opinions qui bénéficient d’une couverture médiatique importante et qui partagent justement avec grand plaisir les dernières bonnes nouvelles de la science.

Systématiquement, ces leaders d’opinions, que ce soit pour valoriser les produits laitiers ou bien les statines pour lutter contre le « mauvais » cholestérol, utilisent des publications financées par l’industrie, ou bien réalisées par des chercheurs payés par elle.

Ai-je besoin de vous rappeler que le Pr Serge Hercberg, responsable de notre programme national nutrition santé (PNNS), proclamant les recommandations pour être en bonne santé justifie de liens avec l’industrie de la charcuterie et du lait.

Le rôle majeur des financeurs

Il est donc important de rappeler à la lumière de cette publication, le rôle majeur des sponsors dans la réalisation d’une étude scientifique. Les sponsors, bien souvent des industriels, qui vont vérifier la qualité de leur produit ou leur innocuité veulent des résultats positifs.

C’est indéniable. Et c’est prouvé.

Récemment Marion Nestle publiait une étude sur ce point et montrait qu’entre mars et octobre 2015, 76 études ont été financées par l’industrie [4]. Sur ces 76 études, 70 ont obtenu des résultats favorables contre seulement 6 avec des résultats défavorables aux sponsors.

En 2007, des chercheurs ont exploré cette notion de conflits d’intérêts en lien avec les sponsors et ils ont démontré que les études réalisées sur les produits financées par les sponsors avaient 8 fois plus de chances d’être positifs [5].

Alors il est important lors de la lecture d’articles scientifiques de prendre en compte le financeur ET les conflits d’intérêts des auteurs de l’étude, mais cela ne doit pas empêcher la lecture critique et intégrale de l’article.

En tout cas, si vous pensiez encore que nous vivions dans un monde de Bisounours, où les industriels pensent avant tout à notre santé, et mettent tout en jeu pour que notre santé s’améliore… Et bien il est temps de redescendre sur Terre [6].


Références

[1] Kearns CE, Schmidt LA, Glantz SA. Sugar Industry and Coronary Heart Disease Research: A Historical Analysis of Internal Industry Documents. JAMA Intern Med. Published online September 12, 2016. doi:10.1001/jamainternmed.2016.5394.

[2] McGandy, R. B., Hegsted, D. M., & Stare, F. J. (1967). Dietary fats, carbohydrates and atherosclerotic vascular disease. New England Journal of Medicine277(4), 186-192.

[3] McGandy  RB, Hegsted  DM, Stare  FJ.  Dietary fats, carbohydrates and atherosclerotic vascular disease. N Engl J Med. 1967;277(5):245-247.

[4] Nestle, M. (2016). Corporate Funding of Food and Nutrition Research: Science or Marketing?. JAMA internal medicine176(1), 13-14.

[5] Lesser, L. I., Ebbeling, C. B., Goozner, M., Wypij, D. & Ludwig, D. S. 2007. Relationship between Funding Source and Conclusion among Nutrition-Related Scientific Articles. PLoS Med, 4, e5

[6] Stuckler, D., & Nestle, M. (2012). Big food, food systems, and global health. PLoS Med, 9(6), e1001242.

15 Commentaires

  1. Sylvain

    Bonjour Jérémy,

    Finalement pas étonnant, mais néanmoins révoltant !

    Le pire étant que le mal est très largement fait. Les habitudes sont prises tant par les industriels que par les consommateurs, et cela va mettre des dizaines d’années à changer (si ça change un jour)…

    Merci pour l’article.

    Bonne journée,
    Sylvain

  2. Coach Poids Sante

    Bjr Jeremy
    Et oui malheureusement, il faudrait un lobbying trés fort des populations pour prendre le relai des lanceurs d’alertes.

    Des années de mensonges et je suis prêt à parier sur les prochains scandales sanitaires
    Les vaccins
    Les traitements de l’Alzheimer

    On s’accroche et on diffuse. On comprend pourquoi certain voudrait brider le web. C’est le petit caillou dans le système bien rodé

    Merci

  3. samuel schnaiderman.v

    los padres,en muchos casos,son los responsables del consumo de azucares refinados de sus hijos,al adquirir gaseosas,mermeladas,gelatinas,golosinas y otros productos no saludables.

  4. Magda

    Soyons quand même un peu justes. J’ai connu dans mon enfance plusieurs personnes qui ont survécu à la polio.

    Parce que, bien entendu, certains n’y survécurent pas, et moururent en général soit de l’étouffement soit de la paralysie cardiaque.

    Donc les personnes qui y ont survécu :

    L’une, dame dans sa trentaine, paraplégique, ne se déplaçant qu’avec des béquilles. Sourde et muette.

    Un jeune homme de 28ans, rescapé « boat people », ayant perdu l’usage des muscles d’une jambe.

    Une jeune femme de 35 ans, idem.

    Et je n’évoquerai pas ici les cas de tétanos, dont personne n’a survécu pour en témoigner.

    1. math78

      Ah, l’intervention que je préfère, celle de la peur.

      Et surtout, ne pas analyser :
      – La fréquence du problème dans une société qui respecte les règles hygiéniques de base.
      – L’efficacité réel du vaccin sur le problème analysée scientifiquement (un pamphlet industriel remplis de biais n’est pas une analyse scientifique digne de ce nom, c’est le remplacement du dogme religieux par un dogme (soi-disant) scientifique)
      – Les réels effets secondaires du vaccin analysée scientifiquement, et ce aussi bien à court terme (probablement très sous-estimé actuellement) qu’à long terme (quasi inexistant)

    2. Anais

      Bonjour,

      Dit sans animosité aucune, votre analyse est simpliste et dénuée de fondement scientifique. Cela s’apparente à de la croyance, je vous rassure, on en est tous là. Il est encore temps d’en sortir!
      L’analyse de Math78 est juste.
      Il faut s’interroger, douter puis s’informer et cela prend du temps.
      Ca fait un peu mal aussi quand on s’aperçoit qu’on a été à côté de la plaque pdt aussi longtemps (enfin là, je parle pour moi car j’y ai cru les yeux fermés en bon médecin qui se respecte!)
      Il ne faut pas rejeter en bloc les vaccins (bien que ça soit tentant quand on regarde les choses de près) mais il faut regarder les données maladie par maladie, vaccin par vaccin.
      Lisez Michel Georget, Bernard Guennebaud, ils ont fait le travail pour nous et je les en remercie!

      A savoir pour le tétanos: c’est une maladie exceptionnelle dans les pays « développés » et non immunisante ce qui veut dire qu’une personne ayant fait le tétanos peut refaire un tétanos. Je n’ai jamais compris comment un vaccin pouvait protéger les populations alors que l’immunité naturelle, beaucoup plus efficace n’y arrivait pas… Elle n’est pas mortelle dans tous les cas même si c’est une maladie grave. L’obésité et les accidents de la route me font franchement bien plus peur que le tétanos…
      Pour la polio, il y a des cas de polio transmise par les souches vaccinales (cf au Mali). C’est une maladie qui n’a plus lieu d’être dans les pays où les eaux sont contrôlées comme chez nous.
      Bref, vaste sujet!

  5. Mona

    le vaccin du tétanos est une aberration ! car cette maladie pour la développer , il faut une plaie trés profonde etc et présence d’excréments d’animaux car il se développe sans oxygène ,, en réponse à Magda , qui dit que personne n’en revient, je peux affirmer que le cas est véridique et date déjà de 45 ans dans ma famille le chlorure de magnésium en entra veineuse ( avec un médecin CONSCIENT ) sauve le vie si par malheur une personne le déclare , à faire dés suspicion , bref lisez les bouquins sur les vaccins , vous serez étonnés et renseignés ; futur scandale car les nourrissons n’ayant pas un système immunitaire fini avant 4 ou 5 ans reçoivent actuellement 7 toxines sans compter les autres « ingrédients « qu’il mettent SCANDALEUX !! pour le sucre , merci Jéremy de le rappeler car les désastre sont immenses et tous ces vrais médecins-chercheurs qui ont essayé de faire passer le message sur l’ alimentaton et cancer , les compléments qui soignent vraiment : Beljanski , Gerson , Hammer ….et d’autres ont eu des « accidents …. bref REVEILLEZ-VOUS enfin , nous ne sommes plus de pauvres moutons , avec le net , il y a de bons sites pour etre responsable de sa vie prenez-vous en main , soyez CONSCIENTS et CONFIANTS en vous

  6. Bertie

    le film VAXXED entièrement en Français (sous-titré ) enfin disponible : https://archive.org/details/VAXXEDDeLaDissimulationLaCatastrophe

  7. Annie

    ma mère née en 1914 a eu la polio à 11 ans et s’est retrouvée paralysée des pieds à la tête, elle ne pouvait bouger que les yeux. Elle est restée immobile un an dans son lit.
    Mais mes grands parents avaient plusieurs amis médecins dont un qui (à ma grande surprise, je ne savais que ça existait depuis si longtemps) lui a fait faire pendant des années de la rééducation et elle a progressivement presque tout récupéré. Il n’y avait que le bras gauche qu’elle ne pouvait tenir levé, et sa main gauche était très maigre et déformée et c’est tout. Elle a mis au monde cinq enfants, tout à fait normalement et a eu une vie très active.

    Pour ce qui est des vaccins a été vacciné à l’école sans même que j’en ait été avertie, à 7 ans pour le ROR et lui qui était plutôt remuant, est devenu trop tranquille, avec de nombreuses migraines et maux de ventre dont les médecins ne trouvaient pas l’origine. Puis quand il était en 5e le vaccin obligatoire pour tous les enfants de France et de Navarre -une super affaire pour Pasteur et Mérieux – a été le vaccin contre l’hépatite B ( elle se transmet par contact avec le sang ou avec les liquides biologiques d’une personne infectée, comme le VIH…pour des enfants de 12/13 ans !!)
    Il est devenu comme un zombie. Quand j’ai vu l’effet, j’ai refusé les deux rappels, que ne l’ai je fait dès le départ, mais je ne savais pas clairement ce qui se passait! Il a eu par la suite des problèmes en tous genre. Je n’ai compris en détail l’origine vaccinale de tous ses troubles que lorsqu’il a eu 16 ans, grâce à un naturopathe suisse ! trop tard malheureusement.

  8. Annie

    j’ai perdu un mot, c’est mon fils qui a été vacciné

    1. benoit

      le vaccin de l’hépatite B n’a jamais été obligatoire. A l’époque, mes 2 filles étaient en quatrième au lycée de Tournon (07) et j’ai refusé qu’on les vaccine ce qui m’a valu d’etre traitée d’assasin, en cours de biologie, par un professeur. Je regrette de ne pas avoir déposé plainte. Bis repetita, en Espagne, avec ma dernière fille; la seule a n’avoir pas été vaccinée de tout le collège…Ignorance quand tu nous tiens…

  9. Brigitte

    Merci Jérémy pour cet excellent article !

    En parlant de Bisounours… un récent reportage, vu à une heure de grande écoute et consacré aux entreprises fabriquant des bonbons, confirme tes propos : on y vantait les mérites de leurs chercheurs en matière d’innovation… de produits sucrés, acides, avec de nouveaux colorants et arômes artificiels… soit disant pour satisfaire la demande des consommateurs… Le chemin est encore long !

  10. benoit

    En visite, avec un groupe chez haribo je fus la seule à ne pas acheter de bonbons. Beaucoup s’en étonnèrent car ils pensaient faire plaisir à leur petits enfants et ils me trouvèrent pas très gentille avec les miens; pourtant pour moi c’était exactement le contraire mais difficile à faire comprendre…

  11. ANSO MONIQUE

    Toujours excellent mon fils
    bien entendu je n’aie jamais acheté de bonbons que ce soit pour mes enfants ou mes petits enfants (mais lors d’anniv. ou bien à l’école tout simplement ils ne disent pas non !)
    pour le sucre avec ma grand mère et mes parents que du miel des Cévènnes à l’époque
    quand aux vaccins ma mère (je suis malheureusement fille unique ) craignant tout pour moi et me pensant faible a toujours réussi à m’épargner la vaccination, j’ai eu la coqueluche je m’en rappelle même s’il y a plus de soixante ans car c’est très stressant je n’aie pas eu trop de soins
    la voisine du petit patelin de 4 ou 5 maisons m’avait simplement prête des livres dont je me souviens comme si c’était hier; ma mère m’ayant fait l’école dès l’âge de deux ans avec le seul livre que j’avais « le livre de pipe » je savais lire très tôt et à 3 ans ma coqueluche dans mon petit lit bleu avec des canards jaunes ; je m’en suis remise de cette maladie !!!!!!
    ensuite il y eu la polio dans le village d’à côté de 1500 habitants je devais avoir 6 ans environ je n’aie pas pu échapper au »sucre » toute la population a été vacciné le mari d’une institutrice l’avait attrapée dans la Cèze; bien entendu pas de rappel!!!! j’ai suvécu

    autre chose aussi on avait encore déménagé dans une villa neuve je devais avoir 10 ou 11 ans mon père faisait son jardin avait du fumier et puis des tas de choses plus ou moins nettes au bout du jardin il se blesse fortement à la main et on a l’habitude de dire c’est pas grave un bobo de plus ou de moins (mon père : une force de la nature ) mais le matin suivant partant au travail dès 4 heures du mat. voilà t il pas qu’il était tout enflé de partout terrible! on appelle notre médecin de famille TETANOS ma mère était affolée! mon père désirait aller au travail n’ayant jamais manqué un jour pendant près de 50 ans de boulot! il s’en est remis mais notre médeçin l’a « grondé » et lui a dit de faire attention dorénavant
    voilà de petits détails de notre vie
    et comme de bien entendu je suis fière de mon dernier né
    un Bonjour de Calédonie

  12. jibel

    Bonjour Jérémy,
    Voila , justement , une PUB de ma part concernant un bouquin de William DUFTY de 1975 tout avait rapport avec « le sucre » sugar blues ( cet ami qui vous veut du mal)
    Tout dans ce livre sont a très au niveau. Je crois qu’il est encore possible de l’avoir en se rendant chez « Guy Trédaniel éditeur » Paris V ième …….avec un peu ce chance ….. 8-)

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