Le Web-Santé a le vent en poupe !

  •  La charte HONcode est un bon gage de qualité sur les informations de santé
  • Mais elle ne permet pas de contrôler « le contenu »  des sites web
  • Il faut tout de même se méfier des abus malgré la présence du sceau rouge et bleu

La santé sur le net: une grande famille !

La toile regorge de sites et de blogs traitant des problématiques de santé. Les régimes alimentaires sont comparés, les aliments les plus dangereux versus les plus bénéfiques sont présentés, et parfois des recettes équilibrées sont expliquées.

Les recherches en santé explosent en France. Environ 3 millions d’internautes [en France] (1) recherchent le simple mot « santé » tous les mois sur le web, soit l’équivalent de la population française en deux ans !

Ces plateformes de santé sont nombreuses et par exemple, la moindre recherche en santé vous conduira sur le fameux site de Doctissimo. Il suffit de regarder l’équipe de ce site ou plutôt l’infanterie médicale et éditoriale ! 35 médecins, 5 diététiciens et plus d’une centaine de rédacteurs travaillent sur les articles de ce site… Une véritable armée. Pour la contrôler ? Un comité de plus de 15 personnes associant médecins et rédacteurs scientifiques.

Doctissimo n’est pas le seul dans l’affaire : e-santé, topsanté, santemagazine, sante-az.aufeminin, mangerbouger ou encore sante-planete tapissent la grande sphère des conseils en santé.

Mais sont-ils tous fiables ?

On peut légitimement se poser la question. D’autant plus que j’ai déjà dénoncé à plusieurs reprises les mauvais articles du site Doctissimo (produits laitiers et poids ; biodisponibilité du calcium).

Mais est-ce que les conseils, les fiches de santé, les programmes minceur sont établis en toute bonne foi ? Est-ce qu’une équipe de médecins, par exemple celle de Doctissimo, « suffit » pour accréditer les propos d’un site entier ?

Dans la plupart des cas, le site ou le blog en question est tenu par une équipe de spécialistes de la santé. Pour vérifier la qualité d’un site, il suffit de lire quelques articles polémiques pour observer l’engagement des auteurs.

Mais si vous n’y connaissez justement rien ? Il existe une charte, la HONcode, qui garantit le respect de certaines règles en matière de santé.

La certification HON code

Vous n’avez peut-être jamais remarqué ce logo (seulement 2 personnes sur 5 y font attention), mais environs 800 sites l’affichent.

HON code pour Healt On Net code est une certification délivrée par une Organisation Non Gouvernementale (ONG) sous le même nom dirigée par Mme Célia Boyer.

Mais qu’est-ce que c’est ? La charte HON code veut indiquer à tous les internautes qu’un site web qui émet des conseils de santé respecte les 8 principes de base de la charte.

Les principes du HON code

Au nombre de 8, je vous les résume rapidement:

1. L’autorité : toutes les informations médicales ou de santé doivent être attribuées à un auteur. Ces références, diplômes, titres doivent être visibles par tous. En l’occurrence si vous êtes médecin, vous devez spécifier votre faculté de formation, etc.

2. La complémentarité : en d’autres termes, il ne faut surtout pas remplacer le médecin mais plutôt encourager les relations directes entre patients et médecins.

3. La confidentialité : la vie privée des internautes doit impérativement être préservée.

4. Attribution et datation des informations fournies : l’ensemble des informations doivent être datées (articles scientifiques, pages web, etc.) et les sources disponibles aisément.

5. Objectivité : l’ensemble des critiques, remarques, et avis sur des produits et autres doivent être prouvés par des articles scientifiques, des ouvrages.

6. Professionnalisme : principe de vulgarisation, l’information doit être la plus facilement disponible et accessible. L’auteur des conseils doit être joignable par un formulaire de contact, une adresse mail, postale, etc.

7. Transparence du financement : tout financement, quel qu’il soit, doit être clairement indiqué pour les visiteurs du site web

8. Honnêteté : dans la publicité et la politique éditoriale : s’il y a une source de revenu via la publicité, le site doit clairement le signaler à tous les internautes.

La réalité de la charte

Il est plutôt aisé d’être certifié par le HONcode. Les points à respecter ne sont pas impossibles et la majorité des plateformes pourraient, en changeant quelques points, être certifiées… du jour au lendemain.

Petit bon en arrière… 1er paragraphe. J’ai cité dans ce paragraphe un certain nombre de sites, mais loin d’être choisis au hasard. Ce sont les sites de santé les mieux en vue par Google (2 premières pages) et donc les plus fréquentés.

Pourtant, aucun de ces sites n’affiche la certification HONcode. Ils n’ont peut-être jamais fait de demande de certification, ou bien certains points de la charte ne sont pas respectés.

Quoi qu’il en soit, cette charte est le gage d’une qualité certaine. Elle serait plutôt un indicateur de qualité…

Les limites de la charte

Pour bien comprendre les limites de la charte, il faut comprendre les points de celle-ci. Grossièrement, tous les points sauf le n°5 (Objectivité) sont faciles d’accès, classiques et ne présentent aucune difficulté majeure.

Par contre, le point n°5 exige que toutes les allégations de santé soient supportées par des études ou des ouvrages scientifiques (principalement publiés dans des journaux à comité de lecture). Il est relativement facile de trouver un article qui a traité d’un sujet particulier, de s’y référer et d’être certifié par le HONcode. C’est là où le bât blesse.

La certification HONcode ne fait pas -et ne peut pas- faire le tri entre les bons et les mauvais articles. C’est le défaut majeur de la charte. Celle-ci permet donc à des sites très populaires d’afficher des conclusions totalement erronées, supportées par les pires études.

A titre d’exemple, un site très bien côté, avec plus d’1 million de visites par mois [en France], « passeportsante.net », propose comme tous les sites de santé des analyses des produits de la consommation, le détail de certaines maladies, etc.

Je ne prendrais que l’exemple du lait, que je maîtrise bien, pour vous montrer les dérives scientifiques malgré une charte HONcode.

Passeportsanté propose un article très complet sur lait où tous les points sont abordés. Il s’appuie sur plus de 49 articles scientifiques et 19 sites web.

Parmis ces 19 sites, 9 représentent des associations et des organismes de l’industrie laitière. A propos des 49 références, 18 références sont soit inaccessibles, soit le financement n’est pas affiché. On élimine donc ces 18 références. Sur les 31 restantes, 17 sont directement financées ou supportées par l’industrie laitière. Au total, un tiers des références sont plus ou moins en étroite relation avec l’industrie laitière.

La charte HONcode, pour ces sites, n’est rien d’autre qu’une vitrine, un apparat. A tel point que certains sites de santé refusent d’afficher la charte HONcode mais affichent plutôt un logo « contre la charte HONcode ».

Mon engagement

Il est clair que cette charte ne certifie pas l’exactitude des résultats énoncés. Il faudrait, pour que la charte soit un réel gage de qualité, que les membres du HONcode analysent tous les articles utilisés par les auteurs. Autant dire que c’est mission impossible, tellement la tâche est colossale.
Pourtant, j’ai fait ma demande de certification. Dans un délai de 3 à 6 mois j’aurais une réponse de l’ONG. Peu importe la réponse, ce blog s’inscrit déjà dans le respect de cette charte et même plus… Je sélectionne les meilleures études et dénonce les plus mauvaise. Mais le plus important, j’essaie de vous apporter une réflexion personnelle pour que vous puissiez critiquer vous-même un résultat scientifique.

Références

(1)  Selon AdGoogleWords, Mai 2011 France.

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