Les dangers des films plastiques et comment faire le sien en cire d’abeille !

Les films plastiques peuvent contaminer les aliments qu’ils emballent par des produits chimiques dangereux pour la santé. Pour éviter d’utiliser en excès ces produits, il existe des alternatives et notamment des emballages en cire d’abeille. Un tuto dans cet article pour apprendre simplement à faire le sien !

Emballages plastiques : et si c’était dangereux ?

Ils sont partout et ils nous rendent bien service. Les emballages plastiques ou films plastiques souples servent à envelopper notre nourriture, des fromages, des légumes ou des fruits coupés en deux, ou bien à fermer des tupperwares, des salades de riz ou de pâtes pour le pique-nique du midi à la rivière.

Pourtant, ces films plastiques sont issus d’un savant mélange entre du PVC et des plastifiants pour le rendre souple, on parle notamment des fameux phtalates et adipates qui peuvent migrer dans notre nourriture. Les phtalates et les adipates sont donc suivis de près par l’Agence européenne de sécurité alimentaire, mais aussi l’Anses en France qui a déjà publié de nombreux rapports à la fois sur le risque d’exposition et les dangers pour la santé, avec l’établissement de valeurs toxicologiques de références (VTR).

Pour nos emballages en plastique, on parle surtout du DHEP (pour Di(2-éthylexyl) Phtalate) et du DHEA (pour Di(2-éthylexyl) Adipate), qui peuvent donc migrer dans nos aliments, en fonction de la nature de l’aliment, de la température, et de la durée de l’exposition (mais il y en a toute une flopée d’autres : DMP, DIBP, DEP, DCHP, DBP, BBP, etc.)

Autrement dit : plus l’aliment sera gras, emballé longtemps avec une température élevée (à l’extérieur ou bien carrément au micro-ondes), plus il risque d’être contaminé par des phtalates et des adipates !

Reprotoxique et peut-être cancérigène

Et ce n’est pas franchement une super idée pour la santé… Dans la saisine de l’Anses publié en mars 2015, elle nous précise que de nombreuses études scientifiques ont montré le caractère reprotoxique (arrêt de la fabrication de sperme) chez des rats, ou bien une toxicité sur le développement des souris, ou encore la « vacuolisation des cellules de Sertoli » (= problème pour la reproduction), l’augmentation du poids du foie et une toxicité générale sur les testicules de rats.

Rien de bien réjouissant. Surtout qu’en 2013, une étude signée par des chercheurs chinois nous indiquait les effets cytotoxiques du mono-(2-éthylexyl) phtalate, un métabolite du DEHP, sur des cellules embryonnaires humaines. Ils ont observé des changements dans l’expression de gènes et une chute de la capacité de prolifération des cellules.

Pour le DEHA, les mêmes doutes sur la toxicité demeurent. Des études ont ainsi montré une toxicité en seulement deux semaines d’exposition sur les ovaires de rattes. Lanutrition.fr nous rappelle que ce plastifiant aurait été suspecté d’entraîner des anomalies chez les foetus fortement exposés par leur mère, ainsi qu’un risque accru de cancers hépatiques chez les souris femelles.

Alors même si certaines études semblent indiquer que nous sommes en dessous des seuils d’expositions dangereux, l’Anses nous rappelle que « l’exposition de la population au DEHP [est] permanente au cours de la vie« , et rajoutant que « les enfants prépubères et les femmes enceintes sont plus sensibles aux effets reprotoxiques du DEHP« , alors par principe de précaution, ce serait plutôt une bonne idée que de limiter leur utilisation.

Pour s’en passer, il faut juste changer quelques habitudes et trouver des alternatives.

Les alternatives aux films plastiques

À la lumière de ces éléments, on peut trouver l’idée sympathique que de chercher des alternatives au tout plastique. S’il existe des solutions évidentes, comme s’arranger avec des boîtes en plastique solide ou encore mieux avec des contenants en verre qui ne font courir aucun risque… il existe une solution qui fait son bonhomme de chemin, celle des emballages en cire d’abeille.

Faire son propre emballage naturel avec de la cire d’abeille (et c’est super simple)

En voilà une idée qu’elle est pas mal ! Le principe est simple: on prépare un tissu de la taille qu’on veut pour le contenant que l’on veut, on fait fondre des morceaux de cire d’abeille sur lui, on laisse tout s’imbiber et hop ! On a un super emballage en cire d’abeille !

Mais comment le faire ? Voici ma méthode, testée plusieurs fois.

1ère étape: trouver tous les « ingrédients »

Ce qu’il vous faut :

  • 1 fer à repasser
  • Des morceaux de cire d’abeille
  • Du papier cuisson
  • Du tissu pour faire l’emballage

2ème étape: recouvrir le tissu entre deux morceaux de papier cuisson avec des petits morceaux de cire uniformément répartis sur le tissu

Illustration: alors pour cette étape je vous conseille de faire impérativement des morceaux octogonaux d’une surface d’environ 22 cm² pour la performance de la fonte. Sinon, faites comme moi, faites ça en sauvage, ça fonctionne aussi ! Ah bon !

3ème étape: passer le fer à repasser sur l’ensemble du tissu, pour bien faire fondre tous les morceaux. Insister bien pour répartir la cire sur tout le tissu.

Illustration: un zoom sur le tissu et le papier cuisson, on voit bien la cire fondue qui est en train de se répartir harmonieusement (ou pas) sur le tissu. N’hésitez pas à appuyer un peu fort pour bien répartir la cire !

4ème étape: retirer le premier papier cuisson et rajouter des petits morceaux de cire sur les zones qui n’ont pas été imbibées, mais attention, pas trop !

Illustration: après un premier passage du fer à repasser, que j’utilise très souvent (huhu), on peut voir qu’il y a des zones sans cire. On va donc placer des petits carrés de cire à ces endroits pour faire un joli tissu bien plein de cire !

Illustration: Voilà voilà… on rajoute des petits morceaux de cire pour combler les trous. N’en ajoutez pas trop ! Vaut mieux y aller petit par petit pour éviter d’en avoir trop et d’être embêté après…

5ème étape: faire fondre les derniers morceaux, bien répartir la cire et laisser refroidir !

Illustration: en bas à droite on peut voir un morceau de cire en train de fondre, voilà c’est super génial.

6ème étape: s’en servir ! Voilà un exemple concret avec un plat pour le four et le tissu que je viens juste de terminer, l’opération dure une quinzaine de minutes. Vous pourrez constater que le tissu « colle » vraiment bien.

Illustration: Voilà le plat qui a accueilli le crumble aux pommes de ce midi. Le tissu a très bien collé au plat. Attention, il se peut que ça laisse quelques marques de cire sur les côtés.

Illustration: les deux stars du moment !

Avantages et inconvénients

Alors voilà, l’opération est plutôt rapide à faire. Il ne faut pas beaucoup de matériel, mais quand même réussir à se procurer de la cire d’abeille. Pour purifier la cire d’abeille, il faut faire plusieurs bains dans une casserole (qui va prendre cher !), mais je ferais un tuto à l’occasion, surtout si on vous donne une vieille cire dégueulasse.

J’ai testé plusieurs tissus, et je dois dire que la qualité du rendu va dépendre du tissu mais aussi du contenant. Ça fonctionne super bien avec les plats en verre, un peu moins bien avec les bols en plastique.

Question étanchéité. On va dire que l’étanchéité n’est pas trop mal avec du verre, car ça colle bien, mais avec du plastique, on se rapproche plus de l’étanchéité du Titanic. Bref.

Attention quand vous l’utilisez immédiatement pour des plats chauds, la cire va bien se ramollir et pourrait se coller n’importe où. C’est mieux avec des plats froids, ou bien tièdes.

Si vous aussi vous avez testé la technique, ou que vous en avez une autre avec des astuces, alors partagez-les en commentaire !

2 Comments

  1. Carina

    Pour faire plus simple, on peut faire fondre au bain-marie des pepites de cire d’abeille qu’on trouve en magasin bio et enduire le tissu de cire avec un pinceau. La couche de cire sera pkus régulièrement répartie sur le tissu. Ensuite, si le tissu n’adhère pas à votre plat, bocal ou bol, il suffit de passer un elastique autour…

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  2. Franck

    Le souci c’est la qualité de la cire. A moins de prendre de la cire bio (chère car rare), la cire contient un paquet de résidus de pesticides accumulés au fil des utilisations (cf http://www.mathieua.fr/blog/2016/02/18/le-probleme-de-la-cire-gaufree/#sthash.9RHgz3dZ.dpbs)

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