L’homéopathie est-elle réellement inutile et inefficace ?

L’homéopathie déchaîne les passions. Elle vient récemment d’essuyer une nouvelle attaque en règle de la médecine conventionnelle, qui demande le déremboursement des pilules sucrées, dont la prescription pourrait être dangereuse. Pourtant, si l’homéopathie ne bénéficie pas d’étude sérieuse franchement favorable, certains éléments méritants considération (étude EPI 3). On revient également sur l’effet de l’homéopathie chez nos amis les bêtes. Aussi, un exemple éclairant sur le cancer du sein.

L’image de l’homéopathie, et plus généralement celle d’une grande partie des médecines alternatives, vient d’être sévèrement écornée par une tribune signée par 124 professionnels de santé. Des professionnels de santé qui souhaitent avertir la population sur les « promesses fantaisistes et l’efficacité non prouvée » de certaines médecines, l’homéopathie étant largement prise pour cible.

Les 124 sont allés encore plus loin qu’une simple tribune. Un nouveau site internet, « fake médecine », vient de voir le jour pour dénoncer ces pratiques médicales qui seraient sans fondement scientifique, preuve à l’appui. Plus de 1300 professionnels de santé, principalement des médecins, ont déjà rejoint la communauté anti « fake médecine », qu’on peut retrouver sur Twitter sous le #fakemed.

Ces professionnels de santé ont des mots durs à l’égard de ces médecines alternatives (acupuncture, mésothérapie, biokinergie, etc.) qu’ils qualifient de dangereuses pour trois raisons principales :

  1. une surmédicalisation pour des situations « inutiles » qui pourrait se régler sans traitement.
  2. des pratiques alternatives qui s’appuient sur la défiance grandissante des Français vis-à-vis de la médecine conventionnelle, citant le cas des vaccins
  3. une utilisation en première intention qui pourrait mettre la santé des patients en danger en retardant le diagnostic et le traitement pour des pathologies lourdes, citant le cas du cancer.

Le mouvement pointe du doigt l’incohérence entre le code de déontologie de l’ordre des médecins et la tolérance de ces médecines alternatives, qui seraient pour les signataires « coûteuses pour les finances publiques », puisque « ces traitements sont pris en charge par l’assurance maladie largement déficitaire », estiment-ils.

Une tribune qui n’a pas laissé le principal syndicat des médecins homéopathes en France indifférent. Dans un communiqué de presse daté du 27 mars 2018, le syndicat entend réagir à cette « attaque » qui n’aura jamais été aussi « insultante » selon leur propre mot. Une « réplique juridique » serait d’ailleurs en cours de validation. On en reparlera très bientôt.

Extrait du site « Fake Médecine ».

L’homéopathie : le symbole des « fake médecine » ?

L’homéopathie est la discipline la plus pointée du doigt, et pour de nombreuses raisons. Tout d’abord, nous avons une littérature très riche sur elle, avec une vaste majorité des études qui démontrent l’inefficacité des traitements contre un placebo (on y reviendra). Autrement dit, les comprimés homéopathiques qui ne contiennent pas de principe actif n’ont pas d’efficacité propre. Le fameux « effet placebo » est constamment mis en avant (on y reviendra aussi).

D’autre part, l’homéopathie retient l’attention de la communauté scientifique et de la population puisqu’elle bénéficie d’une bonne image, sans effet secondaire notable (forcément), et avec de nombreux témoignages positifs de rémission grâce aux fameuses pilules sucrées. Des témoignages qui viennent aussi … de médecins. Certains médecins homéopathes me confirment l’efficacité des traitements homéopathiques chez leurs patients.

Quand on creuse un peu sur ce sujet, on se rend compte que la vaste majorité des rémissions observées grâce à l’homéopathie concernent des affections bénignes qui auraient vraisemblablement disparu d’elle-même.

Pourtant, en faveur de l’homéopathie d’autres arguments intéressants ont été avancés, comme la fameuse étude EPI 3, qui vante l’intérêt de l’homéopathie dans la prise en charge des pathologies les plus courantes dans les cabinets de généralistes, avec la réduction de prise médicamenteuse dont les effets secondaires sont notables.

L’effet placebo est également remis en cause. Pour de nombreuses personnes, les comprimés homéopathiques seraient efficaces chez les nouveau-nés et les animaux, qui ne pourraient pas être touchés par le fameux effet placebo. Pour d’autres, les études fréquemment citées pour dénoncer l’inefficacité de l’homéopathie ne peuvent pas démontrer d’effet positif, par nature.

On va revenir là-dessus, dans le calme et sans tirer à boulets rouges sur des médecines qui pourraient avoir un intérêt, mais qu’il ne faudrait pas ériger en saints.

Capture d’écran du site Egora qui mentionne les points positifs de l’étude EPI 3.

L’efficacité de l’homéopathie démontrée ?

Je l’avoue, je l’ai découverte bien tardivement après des échanges avec un professionnel de santé. Mais l’homéopathie a bénéficié d’une vaste étude (dite de cohorte) en France pour comparer l’effet de trois consultations différentes :

  • une classique avec un généraliste non homéopathe qui ne prescrit pas d’homéopathie
  • une mixte avec un généraliste non homéopathe qui prescrit de temps en temps de l’homéopathie
  • une chez un médecin homéopathe certifié qui prescrit beaucoup d’homéopathie

Baptisée EPI 3, l’étude a été financée par le laboratoire Boiron à hauteur de 6 millions d’euros, qui commercialise de très nombreux produits homéopathiques et notamment le célèbre oscillococcinum (déjà évalué sur mon blog).

L’étude est régulièrement reprise par les défenseurs de l’homéopathie et notamment par le Syndicat National des Médecins Homéopathes Français (SNMHF), qui y voit la preuve de son efficacité dans son plus communiqué de presse du 6 octobre 2017.

On va jeter un oeil aux résultats de cette fameuse étude.

Elle s’est concentrée sur les quatre grandes affections les plus courantes dans un cabinet de médecine générale :

  • Les troubles du sommeil (1)
  • Les troubles de l’anxiété et de la dépression (2)
  • Les infections respiratoires supérieures (3)
  • Les troubles musculo-squelettiques (4)

Plus de 8 500 personnes ont été suivies pendant 7 ans aboutissant sur 11 publications dans des journaux internationaux avec comité de lecture. Un beau travail. Quatre publications relatent donc l’effet de la consultation sur l’évolution des différentes maladies étudiées, et sur la prise de médicaments conventionnels.

L’objectif est donc double : montrer que les consultations homéopathiques ne changent en rien l’évolution de la maladie (donc exit la perte de chance des patients) et qu’elles permettent d’alléger le traitement médicamenteux conventionnel, source d’effets indésirables et de résistances générales aux antibiotiques.

Mais alors que montrent ces résultats ? Dans l’ensemble, et sans entrer dans les détails (ce qu’on va quand même faire après), les personnes suivies par un médecin homéopathe ont eu la même évolution de leurs affections, avec une prise moindre de médicaments conventionnels, allant de 46 jusqu’à 75% d’utilisation en moins, comparé à une consultation classique. Finalement, l’étude EPI 3 estime qu’un patient suivi par un médecin homéopathe coûte 35 % de moins à la sécurité sociale (5) sans dégrader leur état de santé.

Est-ce que ces résultats sont la preuve irréfutable de l’efficacité de l’homéopathie ? Probablement pas. L’analyse fine de cette étude révèle les petits détails qui nous amènent nécessairement à prendre plus de recul sur ces résultats, a priori très favorables à l’homéopathie.

EPI 3 n’est pas une preuve de l’efficacité des traitements homéopathiques

C’est peut-être difficile à entendre, mais c’est la réalité de cette étude de cohorte. Elle s’est intéressé à l’effet du « type » du médecin généraliste, grosso modo, un médecin généraliste lambda versus un médecin généraliste certifié homéopathe. Cette étude ne mesure pas l’effet de l’homéopathie, puisque cette dernière dépasse rarement les 70 % de prescription chez le médecin homéopathe (elle est de 0 à 1 % chez le médecin conventionnel et entre 7 et 9 % chez le médecin dit mixte), sans avoir la moindre idée du suivi et de la nature des prescriptions homéopathiques.

Les auteurs de ces études prennent d’ailleurs la peine de le rappeler dans un paragraphe dédié, juste au cas où. Voici l’intégralité de ce paragraphe :

« Les résultats de notre étude ne peuvent être interprétés comme une preuve d’efficacité comparée entre les soins conventionnels et homéopathiques puisqu’ils résultent de l’observation de patients qui étaient libres de choisir l’un ou l’autre type de prise en charge. Des efforts ont été faits pour contrôler les différences entre les groupes au départ, mais des facteurs de confusions ne peuvent pas être exclus. »

EPI 3 : peu d’indications sur la nature des médicaments potentiellement dangereux

On l’a dit, le principal résultat de cette étude est l’allègement médicamenteux pour un même résultat. C’est chouette, puisqu’on parle notamment d’anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) et d’antidépresseur qui ont une efficacité discutable et des effets secondaires parfois graves.

D’ailleurs, l’association médicale et indépendante Prescrire qui publie régulièrement sa liste noire des médicaments n’est pas tendre avec certains AINS et antidépresseurs. Selon son classement 2017, sept AINS (célécoxib, étoricoxib, parécoxib, acéclofénac, diclofénac, kétoprofène en gel et le piroxicam par voie générale) et sept antidépresseurs (agomélatine, duloxmétine, citalopram, escitalopram, milnacipran, venlafaxine et la tianeptine) sont à proscrire.

Mais problème, dans l’étude EPI 3 nous n’avons pas la moindre idée de la prévalence de ces médicaments par rapport à d’autres qui auraient une meilleure balance bénéfice / risque. En termes de santé publique, les résultats sont donc difficilement extrapolables. Dommage.

EPI 3 : peu de participants, différents selon les groupes et faible puissance statistique

8 500 personnes ont été incluses dans l’étude… au départ. Il fallait ensuite trier les participants dans les différents groupes et modalités et noter inlassablement les désistements, car il y en a eu beaucoup. Au final, on retrouve très peu de personnes dans les groupes à comparer. L’illustration suivante vous donne une idée de la taille des groupes.

220 participants en moyenne par groupe, avec l’exemple frappant de l’étude sur les troubles du sommeil qui ne compte que 346 participants, dont 84 dans le groupe « conventionnel » et 143 dans le groupe « homéopathie ».

Cette faiblesse est reconnue par les auteurs puisqu’elle fragilise les analyses statistiques et la comparaison entre les groupes, créant des écarts-types énormes entre les modalités, et rendant les conclusions moins solides.

Globalement, les groupes n’étaient pas vraiment identiques (6). Les généralistes homéopathes recevaient davantage de femmes avec un niveau d’éducation plus élevée et une hygiène de vie plus saine (moins de fumeurs ou de personnes en surpoids par exemple). Cette patientèle participe davantage à ses propres soins et voit d’un bon oeil les médecines alternatives ou complémentaires, d’où la consultation chez un médecin homéopathe.

L’effet de la consultation « homéopathique »

Les participants suivis par un médecin homéopathe n’ont pas eu de « perte de chance » par rapport aux autres, ou autrement dit, ils ont bénéficié du même niveau de rémission pour les affections étudiées. Ils ont pourtant eu moins recours aux médicaments conventionnels. Comment expliquer ces résultats ?

D’abord l’inefficacité relative de certains traitements, notamment dans le cas des troubles anxio-dépressif. Ensuite, la seule prise en charge du médecin homéopathe pourrait être responsable des résultats observés (7), comme l’écrivent les auteurs de ces études.

« Les médecins représentés par le groupe « homéopathie » pratiquaient un type distinct de prise en charge, et l’interaction patiente-médecin en elle-même peut expliquer les résultats observés. »

La durée de consultation généralement plus longue, plus chère, mais aussi l’attention accrue du praticien homéopathe sont des facteurs qui peuvent favoriser l’évolution d’une maladie ! C’est assez dengue, mais rien que le fait de consulter un médecin homéopathe serait une partie du traitement !

Avec deux exceptions notables, l’une potentiellement négative et l’autre positive.

  • La première concerne les infections respiratoires supérieures, type bronchites, rhinopharyngites ou des symptômes grippaux. Si le groupe « homéopathie » avait une rémission identique que les autres groupes, avec pourtant 57 % d’utilisation d’antibiotique en moins, ils avaient aussi un risque accru – statistiquement non significatif – d’avoir une infection associée de l’ordre de 70 %, et pouvant aller jusqu’à 220 %.

Est-ce la conséquence d’une plus faible utilisation d’antibiotique ? Les auteurs estiment à juste titre que ça pourrait être un « hasard » statistique (manque de puissance) ou bien le résultat d’un manque de protection contre ces infections. Un point à surveiller.

  • La seconde concerne les troubles anxio-dépressifs où les patients suivis par un médecin homéopathe ont une meilleure amélioration clinique comparée aux autres. Un résultat au bord de la significativité statistique (1,7 [1.00 – 2.87]) pour ceux qui s’intéressent aux chiffres. Là aussi, on aimerait avoir des confirmations sur ce sujet.

Vraiment 35 % d’économie pour la sécurité sociale ?

Le syndicat des médecins homéopathes défend la pratique puisque celle-ci pourrait permettre d’économiser 35 % grâce notamment à la plus faible prescription de médicament. Un chiffre extrait d’une publication qui date de 2015, sur les données de l’étude pharmaco-épidémiologique EPI 3 (8).

Sauf que cette étude, à la différence des 10 autres sur ce même sujet (EPI 3), a été conduite et rédigée par trois employés du laboratoire Boiron, le commanditaire et financeur de l’étude à hauteur de 6 millions d’euros. Un domaine peut-être trop technique ou trop sensible puisque l’étude invite les autorités de santé, implicitement, de ne pas dérembourser trop vite les traitements homéopathiques.

Si l’étude est correcte, n’oublions pas qu’elle se base sur les données EPI 3, avec de grosses limitations sur la taille des groupes, l’effet des consultations homéopathiques et l’absence d’un suivi précis des prescriptions. Bref, il manque encore plein de choses !

EPI 3 : quoi conclure ?

L’étude reste de puissance statistique modérée à faible et doit être répliquée avec plus de participants et un meilleur contrôle des facteurs confondants. Les prochaines études devraient idéalement être indépendantes de laboratoire pharmaceutique, même si ces derniers indiquent ne participer en rien aux études en question. C’est une question de principe.

L’étude démontre formellement que les médecins homéopathes prescrivent moins de médicaments conventionnels, pour des résultats thérapeutiques quasi identiques. Cette étude démontre que bon nombre d’affections courantes peuvent se traiter sans surcharge médicamenteuse, surtout en présence de traitements avec des balances bénéfices/risques défavorables.

Cette étude ne démontre pas l’efficacité de l’homéopathie. Les auteurs de ces études retranscrivent plutôt fidèlement la littérature scientifique sur ce sujet : les traitements homéopathiques n’ont pas démontré un intérêt supérieur à celui d’un placebo.

Cette étude démontre plutôt que les consultations faites par un médecin homéopathe peuvent avoir des effets positifs, dits contextuels, supérieurs aux consultations classiques. C’est important de le rappeler. De son côté, le mouvement #fakemed estime que cette étude ne vaut pas grand chose. La méthodologie ne serait « pas bonne », les groupes non comparables, et d’après la réponse que j’ai pu avoir, l’un des journaux scientifiques choisi (Plos One) ne serait pas gage de qualité (mon avis est différent).

Mais l’homéopathie peut-elle se résumer au simple effet placebo ?

La (bonne) science derrière l’homéopathie… est négative

Certains me diront que la science ne peut pas mesurer l’efficacité réelle de l’homéopathie. Trop différente, trop subtile, trop complexe. Le modèle classique d’essai randomisé contre placebo ne serait pas juste. Pourtant c’est bien l’un des rares modèles scientifiques qui nous permettent d’obtenir les réponses les plus fiables sur l’efficacité et les risques d’un traitement.

Pour simplifier, la très grande majorité des autorités de santé ou société savante en dehors de l’homéopathie pondent des rapports extrêmement défavorables contre cette dernière. Aucune efficacité n’aurait été démontrée.

Le syndicat des médecins homéopathes monte bien entendu au créneau et dénonce une sélection « parcellaire des travaux scientifiques réalisés en homéopathie », allant même jusqu’à une sélection « secrète » des études, qui serait « suspectes » en plus d’être « illicite » selon le syndicat.

Le syndicat dénonce notamment l’exclusion d’une analyse globale de littérature (méta-analyse) favorable à l’homéopathie publiée en 1997 par Linde et ses collègues. Une étude qui concluerait que « l’homéopathie est significativement plus efficace que le placebo » (9), alors qu’une autre étude plus récente aurait une conclusion diamétralement opposée (10).

Mais factuellement, le syndicat se trompe et tous ses lecteurs avec. La lecture attentive de la publication de Linde ne présente absolument pas l’homéopathie comme « significativement plus efficace que le placebo ». Les auteurs écrivent très précisément ceci, et vous allez voir que c’est franchement bizarrement tourné :

« Les résultats de notre méta-analyse ne sont pas compatibles avec l’hypothèse que les effets cliniques de l’homéopathie sont entièrement dus à l’effet placebo. »

Et rappelant :

« Toutefois, nous avons trouvé des preuves insuffisantes venant de ces études que l’homéopathie est clairement efficace pour chaque condition clinique ».

Autrement dit, les auteurs précisent que les études montrent un effet au-delà de celui du simple placebo, mais que les preuves seraient insuffisantes pour chaque affection étudiée. La cause de ces déclarations contradictoires ? Des études principalement de faibles qualités, non indépendantes (financées par les laboratoires) et qui empêchent les auteurs d’être formel sur la portée des résultats.

Ils précisent d’ailleurs dans la discussion que ces résultats, a priori positifs pour l’homéopathie, pourraient être la conséquence de tous les biais des études. Lisez donc l’avis des auteurs :

« Aucune série d’études n’a complètement rempli les critères prédéfinis de reproductibilité, qui requiert au moins trois répliques indépendantes (de différents investigateurs) sur la même condition clinique, avec le même modèle homéopathique, remède, attendu de l’étude et dans une population identique. »

Finalement, les auteurs estiment eux-mêmes que leur étude « n’a pas d’implication majeure dans la pratique clinique car ils n’ont trouvé que peu de preuves de l’efficacité de la moindre approche homéopathique sur la moindre condition clinique. »

Entre la lecture plus attentive de la fameuse méta-analyse de 1997 et ce qu’en pense le syndicat des médecins homéopathes… il y a deux mondes.

Mais bref, la méta-analyse plus récente apparaît plus solide. Elle est dans la même veine que celle de 1997, et la cite fréquemment d’ailleurs, avec une conclusion défavorable à l’homéopathie qui dit grosso modo ceci :

Les études les plus petites et de plus faibles qualités ont tendance à montrer les effets les plus favorables, que ce soit pour la médecine conventionnelle qu’homéopathique. Mais l’étude de Shang publiée en 2005 est loin de jeter le discrédit sur l’homéopathie, bien au contraire. Les auteurs précisent ceci :

« Les praticiens de l’homéopathie peuvent former des alliances puissantes avec leurs patients, parce que les patients et les soignants partagent souvent de fortes convictions sur l’efficacité du traitement et d’autres convictions culturelles, qui pourraient être à la fois stimulant et réparateur. »

Mais, mais, mais… Je vois déjà les lecteurs avisés me parler d’une méta-analyse plus récente qui démontre un effet positif de l’homéopathie, au-delà de l’effet placebo ! Oui, elle existe. Elle a été publiée en 2014, et elle est systématiquement ignorée des rapports de nos autorités de santé. Pourquoi ?

La méta-analyse de la discorde, pro-homéopathie !

En bref, l’étude a été publiée dans une revue de haut vol, Systematic Reviews, avec comité de lecture, et s’est penchée sur tous les essais cliniques randomisés (RCT) (parfois en double aveugle) qui ont mesuré l’effet d’un traitement homéopathique individualisé contre un placebo (11). Individualisé, retenez bien ce mot, il est important pour la suite.

L’étude démontre que les traitements homéopathiques avaient une efficacité entre 1,5 et 2 fois supérieure aux placebos. Selon l’Institut de Recherche en Homéopathie basé à Londres, cette étude représente la preuve la plus formelle, récente et solide que l’homéopathie est bien plus qu’un simple effet placebo.

Sauf qu’encore une fois, quand on se penche dans les entrailles de cette étude, d’énormes surprises se cachent dans le choix des études, la stratégie d’analyse, la qualité des résultats et… l’indépendance des auteurs.

Donc, pour tous les défenseurs de la fameuse étude « Mathie 2014 », voici ce que vous devez absolument savoir.

  • Primo, les auteurs ont fait une sélection très étrange des RCTs. Sur les 32 RCTs répertoriés, 20 sont avec un haut risque de biais, et 12 sont « incertains ». La logique voudrait qu’on écarte les 20 RCTs de très mauvaise qualité. Mais non. Pour réaliser leur première analyse, qui donne une efficacité 1,5 fois supérieure pour les traitements homéopathiques, seulement 10 études avec un haut risque de biais sont écartés, les 10 autres sont conservées sans justification, ainsi que les 12 RCTs jugés « incertains » (soit 22 études). Ces résultats basés sur des données aussi mauvaises sont difficilement interprétables… Pour obtenir les résultats de leur 2ème analyse, qui donne une efficacité 2 fois supérieure pour l’homéopathie, les auteurs ont cette fois sélectionné trois études jugées comme étant les plus fiables. Là encore, sans la moindre justification ils ont écarté 3 autres études pourtant d’aussi bonne qualité. C’est un peu compliqué, mais l’illustration suivante vous fera mieux comprendre.

  • Secondo, les trois études jugées comme les plus fiables (ils utilisent le mot reliable en anglais) dans cette méta-analyse sont loin d’être parfaites. On est obligé d’y revenir en détail.

1. La première étude (Jacobs, 1994) a été réalisée dans le but de mesurer l’effet d’un traitement homéopathique chez 81 enfants touchés par une diarrhée (12). Je n’arrive malheureusement pas à trouver cette étude, mais elle semble positive. Sauf qu’une méta-analyse sur ce même sujet, par les mêmes auteurs, nous rapporte que les enfants traités par homéopathie avaient en moyenne une diarrhée qui durait… 16h de moins que les autres (13). Voilà tout pour les bénéfices. Et franchement, quand on regarde les principaux résultats sous forme de graphique avec les écarts-types extraits de l’étude, on a du mal à croire qu’il y ait la moindre différence entre le groupe témoin et homéopathie. Mais bon.

2. La seconde étude (toujours de Jacobs, 2001) portait cette fois sur le traitement de l’otite aiguë chez 75 enfants (14). Là aussi, je n’ai pas l’étude en question, mais les résultats ne semblent pas extraordinaires. Les auteurs avancent que leur résultat « suggère un effet positif du traitement homéopathique ». Difficile d’en savoir plus, si ce n’est l’avis d’un professeur de médecine, Paolo Bellavite, qui estime que les données de Jacobs sur les otites « ne sont pas assez convaincantes pour faire des recommandations ». Le professeur ne peut pas être taxé d’anti-homéopathie, puisqu’il la défend allègrement !

3. La troisième étude (Bell, 2004) a porté sur 53 patients atteints de fibromyalgie, et elle vaut son pesant de cacahuètes (15). Seulement 53 personnes, qui ont évalué elles-mêmes l’efficacité des traitements selon des échelles subjectives, 9 au total. Sur les 9 échelles, seulement 4 attestent d’une amélioration grâce aux traitements homéopathiques, et quelles améliorations ! Une amélioration de 1,9 sur une échelle de 0 à 18 concernant le nombre de points douloureux. Une amélioration de 22,6 sur une échelle 0 à 180 pour la douleur. Une amélioration de 2,1 sur une échelle de 7 à 35 pour évaluer sa maladie. Finalement, une amélioration de 1,5  sur une échelle de 3 à 15, pour la qualité de vie globale. Franchement rien d’exceptionnel, rien qui ne paraisse cliniquement signifiant. En tout cas, regardez les graphes suivants pour en faire une meilleure idée. Ils sont extrait du tableau 2 de l’étude de Bell (2004).

  • Tertio, il faut le rappeler, mais l’étude a été commanditée et financée par l’une des plus grandes associations d’homéopathie britannique (BHA), dont trois auteurs de l’étude sont salariés ou associés avec elle. Un conflit d’intérêts notoire, écrit noir sur blanc sur ce papier.

Donc. Sur la base de trois études faites en 1994, 2001, 2004, chez 81 enfants atteints de diarrhées, 75 enfants atteints d’otites et chez 53 adultes atteints de fibromyalgie, les auteurs de cette étude estiment que les traitements homéopathiques dans leur ensemble sont plus efficaces qu’un placebo. 2 fois plus efficace. Ça fait 200 personnes. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, je suis à des années-lumière d’être convaincu par ce genre de preuve.

D’autant plus que la première et la seconde étude réalisées par Jacobs ont été vivement critiquées par la communauté scientifique. Problèmes en tout genre, et des études payées par un géant de l’homéopathie… j’ai nommé Boiron !

Finalement, vous ne devez pas oublier que ces études ont mesuré l’effet d’un traitement homéopathique individualisé. Je l’avais dit, c’est important de le rappeler puisque c’est le type de suivi le plus favorable à la discipline. On traite l’individu dans son ensemble, on réajuste le traitement, bref, tout devient moins comparable et moins fiable d’un point de vue scientifique.

Tiens, justement. La même équipe de recherche a réalisé le même travail, mais avec une rigueur un peu plus scientifique, c’est à dire en comparant l’efficacité d’un seul et unique traitement pour une seule et unique maladie (16). La base quoi. On parle de traitement homéopathique non individualisé. Sauf que les trois essais les plus fiables, jugés de rang A avec un risque faible de biais, ne donnent plus davantage à l’homéopathie. L’histoire est loin d’être aussi simple.

Quoi qu’il en soit, il est clair que la science apporte de plus en plus de réponses claires sur les mécanismes de l’homéopathie et les interactions entre le patient et son médecin, mais qu’on ignore encore beaucoup de choses. Les soins homéopathiques ne semblent pas représenter une « perte de chance » pour les patients, mais il faut essayer de rester le plus objectif possible et d’éviter certains travers. Le pire de tous serait de se détourner d’un traitement efficace pour une maladie très grave comme le cancer.

Justement, on va le comprendre dans le prochain exemple !

Cancer du sein et douleurs articulaires : un rôle de l’homéopathie ?

Si on se réfère aux résultats publiés par une équipe française sur ce sujet, deux traitements homéopathiques (Ruta graveolens 5CH et Rhus toxicodendron 9CH) auraient démontré leur efficacité pour réduire les douleurs et la rigidité des articulations chez des femmes traitées pour un cancer du sein à récepteurs hormonaux positifs (17).

Mais pas manque de temps ou d’autres choses, il arrive qu’on survole des études sans prendre le temps de les lire. Pourtant. Si on prend la peine de lire cette étude, on se rend compte de plusieurs choses :

  • L’étude n’a comparé que deux groupes de 20 femmes chacun, c’est très peu
  • Les groupes n’ont pas été randomisés, c’est dommage car les groupes deviennent difficilement comparables
  • L’étude n’a pas contrôlé des facteurs confondants importants : sport, tabagisme, historique de chimiothérapie
  • Les femmes du groupe « homéo » ont bénéficié d’une consultation homéopathique, les autres non, ce qui pourrait expliquer les résultats positifs
  • Pas de double aveugle

Bref, des limitations qu’il faut bien sûr prendre en compte pour mesurer pleinement la portée d’un traitement, quel qu’il soit. Si les résultats de l’étude de Karp et ses collègues sont encourageants, ils doivent être répliqués dans un essai plus robuste et plus fiable.

Mais le débat peut ensuite s’exporter chez l’animal…

L’homéopathie fonctionne-t-elle chez nos animaux ?

J’ai reçu de nombreux témoignages de propriétaires d’animaux de compagnie ou d’autres bêtes (chèvres, etc.) qui faisaient état de la rémission d’une affection bénigne ou d’allergies après avoir donné des granules d’homéopathies. Comme les animaux ne seraient pas touchés par l’effet placebo car ne pouvant savoir qu’ils se font traiter, la preuve serait donc là.

Pourtant, l’effet placebo a été démontré chez plusieurs modèles animaux, le rat (18) ou encore le chien (19). Pour le cas du rat, l’effet placebo a été interprété comme un réflexe pavlovien.

Pour le cas du chien, les scientifiques se sont rendu compte depuis longtemps que le fait de donner un traitement (un vrai ou un placebo) n’améliore pas forcément l’état de santé l’animal, mais en tout cas, le propriétaire et même le vétérinaire seront convaincus du contraire ! On parle de l’effet placebo du soignant, un effet qui trompe même les professionnels de la santé animale notamment dans le traitement de l’ostéo-arthrite (20).

Récemment, une étude de très faible qualité méthodologique a voulu vérifier si plusieurs traitements homéopathiques pouvaient soigner une dermatite atopique chez le chien (21). L’étude n’était ni randomisée, ni contre placebo, ni en aveugle, et ne permet pas de conclure à l’efficacité du traitement. On attend mieux.

On a en réalité peu d’étude sur l’effet de l’homéopathie chez les animaux, mais les résultats positifs rapportés par les propriétaires se basent sur des affections bénignes spontanément résolutives. La science avance que nos comportements changent quand on soigne nos animaux, et qu’on espère (fort heureusement) qu’ils iront mieux. Rien que le fait de caresser ou manipuler son chien change des variables biologiques (2223) ! C’est pour dire.

Les médicaments tuent, ne l’oublions pas

La question de l’efficacité de l’homéopathie n’est pas prête de s’arrêter, surtout dans notre contexte actuel. Un contexte où l’on ne peut nier que le mésusage de certains médicaments cause des morts, et pas qu’un peu. 10 000 personnes meurent tous les ans France à cause de cette mauvaise utilisation, selon le collectif « bon usage du médicament », dans leur dernier communiqué de presse. Entre 4 500 et 7 000 décès pourraient être évités.

On peut rajouter à cela l’antibiorésistance, ou la résistance de certains pathogènes a de nombreux antibiotiques qui posent de sérieuses questions de santé publique. C’est un sujet d’importance, très bien relevé dans l’étude française EPI 3, qu’il faut garder en mémoire.

Le combat de certains professionnels de santé contre les médecines alternatives, et notamment contre l’homéopathie, pourrait paraître superflu dans un monde médical dominé par la médecine conventionnelle, froide, et parfois dangereuse.

Car dans bien des situations, la médecine conventionnelle ne se remet pas en question. Une étude de mauvaise qualité, sur des a priori et des spéculations, peut suffire à banaliser un acte médical qui, sur la base d’études sérieuses et de bonne qualité, s’avère en réalité inutile et dangereux, mais qui ne feront rien changer à la pratique.

On peut s’alarmer que certains professionnels de santé usent et abusent de technique peu scientifique pour faire prospérer un commerce, mais cet état de fait ne doit en aucune façon nous faire oublier que la médecine conventionnelle fait de terribles erreurs. Des erreurs fatales pour des milliers de personnes..

Vous avez autre chose à ajouter ?


Références

1. Grimaldi-Bensouda, L., Abenhaim, L., Massol, J., Guillemot, D., Avouac, B., Duru, G., … & Begaud, B. (2015). Utilization of psychotropic drugs by patients consulting for sleeping disorders in homeopathic and conventional primary care settings: the EPI3 cohort study. Homeopathy, 104(3), 170-175.

2. Grimaldi-Bensouda, L., Abenhaim, L., Massol, J., Guillemot, D., Avouac, B., Duru, G., … & Begaud, B. (2016). Homeopathic medical practice for anxiety and depression in primary care: the EPI3 cohort study. BMC complementary and alternative medicine, 16(1), 125.

3. Grimaldi-Bensouda, L., Bégaud, B., Rossignol, M., Avouac, B., Lert, F., Rouillon, F., … & Abenhaim, L. (2014). Management of upper respiratory tract infections by different medical practices, including homeopathy, and consumption of antibiotics in primary care: the EPI3 cohort study in France 2007–2008. PLoS One, 9(3), e89990.

4. Rossignol, M., Begaud, B., Engel, P., Avouac, B., Lert, F., Rouillon, F., … & Guillemot, D. (2012). Impact of physician preferences for homeopathic or conventional medicines on patients with musculoskeletal disorders: results from the EPI3‐MSD cohort. pharmacoepidemiology and drug safety, 21(10), 1093-1101.

5. Colas, A., Danno, K., Tabar, C., Ehreth, J., & Duru, G. (2015). Economic impact of homeopathic practice in general medicine in France. Health economics review, 5(1), 18.

6. Lert, F., Grimaldi-Bensouda, L., Rouillon, F., Massol, J., Guillemot, D., Avouac, B., … & Begaud, B. (2014). Characteristics of patients consulting their regular primary care physician according to their prescribing preferences for homeopathy and complementary medicine. Homeopathy, 103(1), 51-57.

7. Brien, S., Lachance, L., Prescott, P., McDermott, C., & Lewith, G. (2010). Homeopathy has clinical benefits in rheumatoid arthritis patients that are attributable to the consultation process but not the homeopathic remedy: a randomized controlled clinical trial. Rheumatology, 50(6), 1070-1082.

8. Colas, A., Danno, K., Tabar, C., Ehreth, J., & Duru, G. (2015). Economic impact of homeopathic practice in general medicine in France. Health economics review, 5(1), 18.

9. Linde, K., Clausius, N., Ramirez, G., Melchart, D., Eitel, F., Hedges, L. V., & Jonas, W. B. (1997). Are the clinical effects of homoeopathy placebo effects? A meta-analysis of placebo-controlled trials. The Lancet, 350(9081), 834-843.

10. Shang, A., Huwiler-Müntener, K., Nartey, L., Jüni, P., Dörig, S., Sterne, J. A., … & Egger, M. (2005). Are the clinical effects of homoeopathy placebo effects? Comparative study of placebo-controlled trials of homoeopathy and allopathy. The Lancet, 366(9487), 726-732.

11. Mathie, R. T., Lloyd, S. M., Legg, L. A., Clausen, J., Moss, S., Davidson, J. R., & Ford, I. (2014). Randomised placebo-controlled trials of individualised homeopathic treatment: systematic review and meta-analysis. Systematic Reviews, 3(1), 142.

12. Jacobs, J., Gloyd, S. S., Gale, J. L., Jiménez, L. M., & Crothers, D. (1994). Treatment of acute childhood diarrhea with homeopathic medicine: a randomized clinical trial in Nicaragua. Pediatrics, 93(5), 719-725.

13. Jacobs, J., Jonas, W. B., Jimenez-Perez, M., & Crothers, D. (2003). Homeopathy for childhood diarrhea: combined results and metaanalysis from three randomized, controlled clinical trials. The Pediatric infectious disease journal, 22(3), 229-234.

14. Jacobs, J., Springer, D. A., & Crothers, D. (2001). Homeopathic treatment of acute otitis media in children: a preliminary randomized placebo-controlled trial. The Pediatric infectious disease journal, 20(2), 177-183.

15. Bell, I. R., Lewis, D. A., Brooks, A. J., Schwartz, G. E., Lewis, S. E., Walsh, B. T., & Baldwin, C. M. (2004). Improved clinical status in fibromyalgia patients treated with individualized homeopathic remedies versus placebo. Rheumatology, 43(5), 577-582.

16. Mathie, R. T., Ramparsad, N., Legg, L. A., Clausen, J., Moss, S., Davidson, J. R., … & McConnachie, A. (2017). Randomised, double-blind, placebo-controlled trials of non-individualised homeopathic treatment: systematic review and meta-analysis. Systematic reviews, 6(1), 63.

17. Karp, J. C., Sanchez, C., Guilbert, P., Mina, W., Demonceaux, A., & Curé, H. (2016). Treatment with Ruta graveolens 5CH and Rhus toxicodendron 9CH may reduce joint pain and stiffness linked to aromatase inhibitors in women with early breast cancer: results of a pilot observational study. Homeopathy, 105(4), 299-308.

18. Herrnstein, R. J. (1962). Placebo effect in the rat. Science, 138(3541), 677-678.

19. Munana, K. R., Zhang, D., & Patterson, E. E. (2010). Placebo effect in canine epilepsy trials. Journal of veterinary internal medicine, 24(1), 166-170.

20. Conzemius, M. G., & Evans, R. B. (2012). Caregiver placebo effect for dogs with lameness from osteoarthritis. Journal of the American Veterinary Medical Association, 241(10), 1314-1319.

21. Hill et al. (2009). Pilot study of the effect of homeopathy on pruritus associated with atopic dermatitis in dogs. The Veterinary record.

22. Gantt, W. H., Newton, J. E., Royer, F. L., & Stephens, J. H. (1966). Effect of person. Conditional reflex: a Pavlovian journal of research & therapy, 1(1), 18-35.

23. Newton, J. E., & Ehrlich, W. (1993). Coronary blood flow in dogs: effect of person. Integrative physiological and behavioral science, 28(3), 280-286.

11 Commentaires

  1. JOSEPH

    Bonjour,
    concernant l’homéopathie il est regrettable qu’il existe une fissure avec ce qui est appelé la thérapeutique classique. Les médecins dits allopathes c’est à dire utilisant la thérapeutique des contraires ont de tous temps utilisé la thérapeutique par les semblables sans s’en rendre compte. Ils continuent actuellement en guérissant la leucémie promyélocytaire par une dilution de 4 CH du trioxyde d’arsenic.
    Lire l’article que j’ai écrit sur mon site et qui répond à la lettre des fameux 127 contestataires qui devraient se remettre à travailler la pharmacologie.

    http://jesuismalade.org/wp-admin/post.php?post=2032&action=edit

  2. Patou55

    Bonjour Jérémy,
    En ce qui me concerne j’utilise de moins en moins les médicaments conventionnels en dehors de mon diabète. Là je n’ai pas assez de connaissance pour faire appel à d’autres thérapies. Par contre j’utilise l’homéopathie quand j’ai des crampes musculaires et c’est très efficace. Ma fille a dû subir des extractions dentaires et grâce à l’homéopathie elle n’a pas eu un seul « bleu » sur le visage alors que le chirurgien lui disait qu’elle serait « défigurée » pendant quelques jours. Croyez moi pas d’effet placebo ici. D’ailleurs l’effet placebo on le retrouve avec une simple consultation médicale, et je ne suis pas la seule à l’avoir constaté; je m’explique. Quelques fois on ne se sent pas bien, on a mal par ci par là avec de vrais symptômes. En sortant du cabinet on se sent mieux tout d’un coup. Et on s’en rend compte quelques heures après. C’est pas de l’effet placebo ça ? Aujourd’hui j’utilise l’aromathérapie et la phytothérapie et je n’ai plus de bronchite ou d’angine ou autres à l’inverse de la population qui se bourre de médicaments et qui met plusieurs semaines à se remettre des virus de l’hiver. Pour moi toutes ces polémiques ne sont que des histoires d’argent. Le pire serait de ne plus être libre de choisir la façon dont on veut se soigner, d’ailleurs cela commence déjà avec la vaccination obligatoire.

  3. Catherine

    Bonjour Jeremy. Je suis fille de médecin homéopathe et ce n’est pas la première fois que j’entends parler de la soi disant inefficacité de l’homéopathie, et ce depuis mon enfance. Mon père a été le premier médecin homéopathe à s’installer dans ma ville de naissance et il a subi le mépris et la calomnie des médecins allopathes qui ont été jusqu’à le traiter de charlatan. C’était il y a de cela plus de 40 ans.. Je n’ai jamais été vaccinée car mon père s’y opposait, et je compte sur les doigts de mes deux mains, les fois où j’ai été malade. Mère de famille, je me suis aussi opposée à toutes vaccinations sur mon fils, et cela a été un vrai parcours du combattant pour les rentrées à l’école, au collège et au lycée, pour les simples sorties scolaires ou les inscriptions aux clubs de sports. Mon fils n’a jamais eu de maladies infantiles, rien, nada, et le peu qu’il a été malade, il a été traité à l’homéopathie. Toutes ces études sont souvent financées par les lobbys pharmaceutiques ou ont un intérêt évident. Un traitement homéopathique ne co^te pas grand chose à la sécurité sociale, ni au patient, il n’en va pas de même pour l’allopathie. J’ai travaillé comme visiteuse médicale pour le laboratoire Servier, et je peux témoigner des études bidons cautionnées par des Cliniciens grassement rémunérés pour faire la promotion de certains médicaments. J’ai moi même présenté des études qui concernaient Isoméride, tristement célèbre pour avoir provoqué des hypertensions artérielles pulmonaires et des décés chez des femmes ayant pris ce médicament pour maigrir. Je sais le poids de ces « études » auprès des médecins qui rassurés par les cautions de grands noms, ont prescrit à tour de bras, un poison pour leurs patientes. Il faut vivre de l’intérieur d’un laboratoire pharmaceutique pour se rendre compte du cynisme des labos, prêts à tout pour « vendre des boites ». Et ensuite avoir le culot de se défausser sur les médecins. Plutôt que de condamner l’homéopathie, ces études et leurs cliniciens devraient avoir le courage de faire des études qui démontrent la haute toxicité de la médecine allopathique. J’ai soigné mes chats pour des cystites et des calculs, (merci les cereales dans les croquettes) et un coryza avec un traitement homéopathique, une de mes chattes avait des ulcères que j’ai aussi traité à l’Homeopathie. On est loin de l’effet Placebo qui existe aussi en allopathie. L’homeopathie, ça marche.

  4. SIMAR Solange

    Bonsoir Jeremy,
    Le seul problème qui existe avec l’homéopathie, c’est qu’on fait tout pour qu’elle ne fonctionne plus : on interdit des centaines de souches pour ne laisser en vente que les plus courantes et cerise sur le gâteau : pour être sûr qu’elle ne fonctionnera plus, on chauffe les souches pour soi-disant éviter les maladies (comme on irradie tout et n’importe quoi contre les bactéries). Le problème est que les souches homéopathiques ne supportent pas la chaleur. Ils sont donc trouvé LA solution pour que tout le monde en viennent à leur conclusion : ça ne marche pas !
    Mais moi, je peux vous dire que ça marche ! J’ai eu un bouvier bernois qui avait une méningite. Il ne pouvait plus s’assoir ni se coucher. Il restait debout en permanence tellement bouger lui faisait mal. On l’a soigné par allophathie. Il a été sous cortisone pendant des mois à dose de cheval. Oui, ça a été mieux après des semaines de souffrance. Puis un jour, ça a recommencé. Je suis alors retourné voir mon ancien vétérinaire homéopathe. Il l’a vu tous les jours : on essayait un autre remède chaque jour et puis, au bout de 4 ou 5 jours, BINGO ! En même pas UNE SEULE JOURNEE, il n’avait pratiquement plus mal ! (il m’a dit que l’allopathie était incapable d’aller chercher l’inflammation au plus profond des vertèbres, alors que l’homéopathie le peut) Quand je pense que certains disent que l’homéopathie ne fonctionne que pour des petits bobos – et qu’il faut longtemps pour obtenir des résultats – alors que leur faut-il ???? J’habite en Belgique et j’ai entendu dire que certains français achetaient leurs produits homéo en Belgique parce qu’ils fonctionnaient mieux. Le problème est que la firme belge UNDA a été rachetée par BOIRON (française) alors on n’est plus sûr de rien …

  5. Docteurneurone

    Bonjour les commentaires…. 😩 bref je suis une des signataires de La Tribune, votre article est super! Très bonne analyse. Merci.

  6. Riusma

    Je trouve dans l’ensemble l’article très bien que ce soit sur le fond ou la forme, bravo ! :) (je suis un peu plus réservé sur la toute dernière partie qui manque un peu le point par une « fausse dichotomie » : le fait que les médicaments de la médecine scientifique peuvent être mal évalués et tuer ne justifie pas pour autant que l’homéopathie soit remboursée et considérée comme une médecine… on peut très bien vouloir une médecine scientifique plus exigeante avec elle-même et le remboursement par la Sécurité sociale uniquement des pratiques ayant démontré des effets spécifiques, les deux à la fois).

    Deux remarques que j’espère constructives :

    * Un angle d’analyse des publications qui me semble oublié est celui des dilutions des souches homéopathiques utilisées comparé à l’efficacité spécifique éventuellement rapportée dans les études (je peux me tromper mais je n’ai pas l’impression que les publications qui tendent à montrer un éventuel faible effet spécifique sont celles qui mettent en jeu les dilutions les plus fortes, contrairement à ce qu’on pourrait attendre des principes de l’homéopathie, et en gardant à l’esprit qu’à de faibles dilutions il n’y a rien d’inconcevable à la présence de principes actifs et donc à observer des effets spécifiques).

    * Concernant l’étude portant sur les douleurs articulaires liées au cancer du sein (« Cancer du sein et douleurs articulaires » me semble un peu inadapté comme titre) il faut aussi noter que l’étude porte sur le ressenti des sujets (autoévaluation) sur deux paramètres très susceptibles d’être fortement influencés par les effets contextuels : la douleur (l’effet placebo semble jouer très fortement sur ce paramètre dans la littérature scientifique) et la rigidité ressentie (je crois me souvenir qu’il y a des vidéos intéressantes à ce sujet de Florent Martin de l’Observatoire de Zététique sur YouTube sur les spectacles d’illusionnistes et d’hypnotiseurs).

    Les quatre premiers commentaires me semblent illustrer toute la difficulté de la thématique de l’homéopathie malgré un article que je trouve bien documenté, modéré et pondéré… ;)

  7. JOSEPH

    Les médecins ont soigné les maladies en utilisant le principe de similitude depuis fort longtemps. La syphilis était guéri par le mercure à condition qu’il soit assez dilué (atténué). C’était le cas des pilules du Sieur Augustin Belloste dont les résultats remarquables consignés dans son « Traité du mercure » font foi. Le mercure dont l’intoxication provoque des symptômes semblables à la syphilis la guérit et avec le Hg il ne guérissait pas que la syphilis bien entendu. Actuellement les mêmes médecins qui critiquent l’homéopathie guérissent la leucémie promyélocytaire avec une dilution de trioxyde d’arsenic en 4 CH justement parce que l’intoxication par l’arsenic produit une leucémie semblable. Le Vidal signalant au médicament Trisenox: mode d’action non encore élucidé. C’est rigolo ne trouvez-vous pas? Arsenicum album est un des plus grands médicaments homéopathiques avec mercurius solubilis et Phosphorus. En fait ce n’est que de la pharmacologie et un raisonnement qui touche l’Hormesis ou loi d’Ardnt-Schultz.
    Dr Alain JOSEPH

  8. Toofik

    Merci pour cette synthèse.
    L’effet placebo soigne, médecines conventionnelle et « alternatives » ont du mal à l’admettre. Les médicaments tuent, les patients clients de l’homéopathie en sont bien conscients, la médecine occidentale conventionnelle a bien du mal à l’admettre et à se remettre en cause. Tant qu’on ne travaillera pas sur ce point, il y aura toujours de la place pour des pratiques surfant sur l’effet placebo, probablement renforçé par le partage de croyance soignant/soigné.

    Notons aussi que le substrat scientifique explicatif de l’homéopathie est d’un vide intersidéral.

  9. Yamina

    Je ne suis pas très calée en biologie, médecine ou autre mais je sais lire et je m’en réjouis à chaque lecture de votre blog.

    Je viens de m’apercevoir que mon médecin me prescrit de l’escitalopram depuis 5 ans et que ce médicament est fortement déconseillé car nocif.
    J’ai fait un avc, suis suivie pour diabète, enfin bref un truc à avaler dangereux.
    Merci pour cette info.
    Je suis allée voir le site « fake medecine. Ils protègent leurs intérêts en créant ce genre de site. D’autant plus qu’avec le terme « fake » ils vont s’attirer de nombreux curieux avides de savoirs plus ou moins surs.

    J’aurais aimé vous connaître plus tôt, pour éviter de donner des croquettes dangereuses à mon amour de chat.

    Bravo Jeremy, un travail d’utilité publique qui doit vous demander des heures et des heures de recherches et de mise en page

  10. Jérémy Descoux

    Rappellons que la médecine avant de « tuer » soigne avant tout.

    Le fond de l’article est très pertinent.
    Mais vous comparez dans l’article l’homéopathie qui n’apporte rien dans toute son oeuvre et falsifie ses études à la part de iatrogénie heureusement minime qui masque les succes de la médecine moderne.

    Bien sur que nous devons minimiser ces chiffres et nous y travaillons chaque jour… Mais le tableau objectif c’est qu’on a d’un coté une medecine efficace qui peut avoir des dommages collatéraux et de l’autre une escroquerie intellectuelle qui s’en repaît

    Je suis un des signataires de la tribune et je vous remercie pour cette analyse

  11. JOSEPH

    Monsieur Jérémy Descoux qui êtes-vous pour tenir des propos diffamatoires concernant les études faites en homéopathie? Vous n’en avez jamais lu et vous ne connaissez rien à l’homéopathie si ce n’est la connaissance du vulgum pecus. Par ailleurs pourquoi êtes-vous de ceux qui voulaient à tout prix opposer ces deux façons de soigner si proches si on se réfère à l’histoire de la médecine que vous ne connaissez pas non plus. En fait vous émettez une opinion sur un a priori à partir de lectures superficielles si lectures il y a eu. Je m’interromps car je viens de voir que vous êtes cardiologue et je viens de vous écouter. Les médecins homéopathes seraient des médecins à conseils mystiques et empêcheraient les patients de se soigner correctement etc. etc. Je ne change rien à ce que je viens d’écrire et votre discours confirme ma première impression. Je suis vice-président de l’Institut Homéopathique Scientifique dont le Président est le pharmacien chercheur et enseignant le Dr Albert-Claude Quemoun ex PDG des laboratoires LSH-Rocal et vos propos sont pour le moins surprenant. Si vous quittiez un tant soi peu vos protocoles et vos études qui certes sont une nécessité mais ne suffisent pas à décider de l’esprit scientifique vous ouvririez un peu votre intellect. C’est comme si vous disiez aux indiens d’Amérique du sud qu’ils ne peuvent pas avoir sauvé des fièvres la comtesse de Cinchon (femme du vice-roi du Pérou) en lui administrant une potion à base d’écorces de quinquina parce qu’aucune étude n’a été faite sur cette écorce (ce qui était le cas à l’époque). Prenez un peu le temps d’étudier l’histoire de la médecine et vous serez étonné d’apprendre par exemple que la syphilis était guéri par le mercure dilué (à dose convenable telle que celles des pilules du Sieur Belloste) justement parce que l’intoxication par le mercure donne des symptômes identiques aux symptômes de la syphilis etc. et c’est ainsi que les hématologues au XXIe siècle guérissent la leucémie promyelocytaire avec le trioxyde d’arsenic (l’arsenicum album des médecins homéopathes) en 4 CH c’est à dire en 10 puissance -8 (une goutte d’eau dans une piscine!) Je vous renvoie à mon article sur mon blog en bas de page; réfléchissez davantage. Je n’irai pas plus loin car je suis aussi acupuncteur (vous expliquerez votre pensée aux chinois) et ai un diplôme d’ostéopathie de l’hôtel Dieu. Vous n’avez pas parlé de cette dernière discipline utilisée depuis la nuit des temps et toujours pas officiellement enseignée. Ne parlons pas de la puissante action de l’aromathérapie à laquelle vous ne croyez pas non plus, je suppose, cher confrère.
    Je vous signale que je n’ai rien contre l’allopathie, que j’ai été médecin de campagne, et que je connais les limites et indications des thérapeutiques que je pratique. Vous manquez d’ouverture et donc de connaissances imbu par l’enseignement que vous avez eu et que les laboratoires vous inculquent. Sachez en prendre ce qui est bon et soyez conscient de leur discours qui vous font croire que ils savent tout et que donc vous savez tout. Vos succès et la technique n’occultent pas les connaissances empiriques accumulées pendant des siècles par les humains qui nous ont précédés.
    Bien confraternellement

    http://jesuismalade.org/homeopathie-agnes-buzyn-cardiologie-cancerologie/

Les commentaires sont fermes.