Le Ministère de la santé soumet un projet de loi contre le végétarisme

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 Vous l’avez deviné, cet article était bel et bien un petit poisson. Il n’empêche que le système de repas dans les cantines n’est pas idéal et ne permet pas à toutes les sensibilités alimentaires de s’exprimer. Au passage, je remercie mon pote Damien Casoni, infographiste, qui a réalisé pour moi cette illustration de circonstance !

Incroyable mais vrai

Le ministère de la santé vient de soumettre un projet de loi, qui je cite, vise à « limiter les dérives concernant les habitudes alimentaires de la population française », en insistant tout particulièrement sur les « apports essentiels en produits animaux » pour une alimentation « la plus équilibrée possible ».

Ce projet de loi, qui doit être soumis pour une première lecture par l’Assemblée nationale, a déjà fait bondir les sites et médias alternatifs sur la santé, qui voient dans ce texte (dont j’ai pu me procurer une copie officielle) un « attentat contre les régimes alternatifs type végétarien » pourtant réputés bons pour la santé.

Selon certains sites alternatifs de la toile, ce projet de loi serait le résultat d’un « lobbying intense de la part des éleveurs et de l’agroalimentaire », tandis que d’autres pointent du doigt les bases scientifiques avancées par le ministère, qui ne seraient « ni d’actualités, ni indépendantes ».

Une loi contre les végétariens ?

La question est bien là, est-ce que cette loi ne représenterait-elle pas une muselière contre le végétarisme ou le végétalisme afin de favoriser la consommation de produits animaux ?

Selon l’article 1er de ce projet de loi, les menus végétariens (végétaliens également) ne seront plus servis dans les cantines.

Plusieurs dispositions pratiques permettraient aux directeurs des écoles, des collèges et des lycées de contrôler ainsi les menus, comme on a pu le voir d’ailleurs avec les menus sans porc dans l’actualité.

Le ministère avance des données scientifiques, soutenues par l’analyse des experts de l’ANSES en nutrition humaine, comme quoi les régimes sans viande pourraient entraîner des carences dans le développement « cérébrale » chez l’enfant.

Plusieurs synthèses scientifiques citées dans ce projet de loi indiqueraient que les enfants végétariens seraient plus petits, avec des capacités cognitives plus faibles que les enfants qui eux, peuvent manger des viandes, et plus généralement des produits animaux.

L’article second de ce projet de loi est à proprement parler révoltant. Selon lui, les sandwicheries aux alentours des établissements publics ne « devront plus proposer de menus végétariens ou végétaliens », risquant une peine « d’emprisonnement de 3 ans et 45.000 €  d’amende ».

Les restaurateurs réagissent immédiatement et violemment à l’annonce de cette proposition de loi, et des sanctions encourues. Un groupement de restaurateurs végétariens et végétaliens vient d’ailleurs de se créer (les Restaurateurs Végés contre la Loi Viande, RVLV) à Paris, et aurait déjà plus d’une centaine d’adhérents.

Ils qualifient d’ors et déjà cette loi, comme la « loi Viande ».

Sur quelle science se base cette loi ?

Le ministère de la santé nous indique que ce projet de loi se base sur « les résultats des études récentes dans le domaine de l’alimentation et de la santé », et justifie les dispositions sévères sur l base d’une analyse « objective, indépendante et sérieuse » d’un groupe de travail réuni pour l’occasion, émanant de l’ANSES.

Malheureusement, les experts en charge de rédiger ce rapport ne sont pas des modèles d’indépendance dès lors que l’on s’attarde sur les déclarations publiques d’intérêts (DPI) comme j’aime terriblement le faire.

Ainsi sur les 12 experts nommés pour appuyer les décisions du ministère de la santé, 7 ont des liens notoires de consultants, conférenciers ou membres de conseil d’administration de société agroalimentaire, tirant des bénéfices de la vente de produits alimentaires.

Aïe.

Une loi totalitaire… à combattre !

Le projet de loi pondu par le ministère de la santé représente clairement une atteinte à la liberté des français, quand aux choix alimentaires qu’ils peuvent faire.

Il est d’autant plus navrant, et choquant, que de voir de telles dispositions contre des diètes ou des habitudes alimentaires qui sont jugées, analysées et décrites scientifiquement comme excellente pour la santé, et bien souvent à tous les stades de la vie.

Ce projet de loi ne devrait même pas être examiné en première lecture par l’Assemblée nationale, et devrait être battu en brèche le plus rapidement possible, par les experts indépendants en nutrition, les intellectuels et les élus sensibles à la question de l’alimentation, mais surtout des libertés.

C’est pour cette raison que je lance à travers cet article une pétition nationale pour lutter activement contre la « loi Viande » qui menace directement la santé de la population française, à travers des articles qui favorisent la consommation de produits animaux, qui en excès, représentent à la fois des dangers pour la santé publique mais également pour la planète, avec toutes les conséquences que l’on sait.

Je vous invite urgemment à partager cet article sur vos réseaux afin de faire entendre cette voix, et de signer cette pétition, qui sera envoyée sur le bureau du ministre de la santé, du Président de la république et du directeur de l’ANSES.

Réagissons vite ! Signez la pétition !

53 Commentaires

  1. Dany

    Au bord de la signature
    En plein fou-rire
    mais, . . . est-ce si incroyable ?
    Bzzzzzz
    Dany

  2. leclown

    Vous êtes lourd avec vos blagues vaseuses du 1er avril sérieux.
    C’est pas parce-que pleins de sites le fait qu’il faut le faire. C’est juste pas drôle et n’a aucun intérêt.
    Vous devriez au moins supprimez ces « news » dégueu de votre site après le 1er avril passé.

    1. Jérémy Anso (Post author)

      Merde, pour le coup, il est pas drôle du tout le clown… :)

  3. Maguelonne

    Re-bonjour Jérémy,

    Je vois que ton poisson d’avril fait encore parler… et que les commentateurs s’agitent!

    J’y ai repensé, et cette fois-ci positivement.

    Ton poisson d’avril montre que les mentalités ont changé et que si le décret de 2011 devait passer aujourd’hui, il y aurait peut-être plus de réactions…. pourquoi ne pas compléter ton article rigolo par le contenu du VRAI décret… (Le lien vers le texte du décret (les annexes sont très précises) : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000024614763&dateTexte=&categorieLien=id) et de la VRAIE pétition? car il est effectivement impossible pour une collectivité de servir des repas végétariens ou végétaliens dans les cantines scolaires, municipales, ou d’hôpitaux…

    En revanche, ce n’est pas une loi comme dans ton récit de science-fiction, mais un décret (et c’est le quotidien des parents dont les enfants sont végétariens ou des végétariens qui ont le malheur de se retrouver à l’hôpital…).

    La pétition : http://www.vegetarisme.fr/association/actions/petition/
    Un recours a été déposé devant le Conseil d’Etat par plusieurs associations (AVF, Société végane, etc.)…

    Continue de nous informer (et aussi de faire des poissons d’avril!)
    ;)

  4. loli

    Dans le mille jeremy! Mdr

  5. Claudine

    Bonjour

    je lis juste aujourd’hui la réponse que Dominique m’a faite il y a qq jours….

    vous dites:

    « Ma vie a un pan de tristesse en partie parce que la magie de la vie a fait de mes parents des malades , et les circonstances me demandent plutôt de ne pas fuir mais de les accompagner . Même si ma vie est un enfer , je savoure ma chance d’être passionné par plein de trucs , trop , qui m’emplissent de joie .  »

    quand j’ai donné mon avis à propos de votre manque d’humour, Dominique, je ne savais pas pour vos parents et tous vos soucis…
    je souhaite que votre vie s’adoucisse…sincèrement

  6. Maya Kayz

    Le projet de loi est modifié
    Le végétarisme sera une obligation!
    Le projet de loi est passé et le menu végé sera obligatoire de 1septembre 2018.
    Yes

Les commentaires sont fermes.