Le Lobby du Lait fait dire n’importe quoi au plus grand quotidien médical français

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MàJ (03/2014): l’article publié sur le site internet du Quotidien du médecin n’est plus consultable !

Un sommaire à lire pour les fainéants uniquement

Vous êtes pressés ? Les quelques 6 000 mots de cet article (mais ô combien intéressant ;) ) vous semblent trop long à lire ? Vous n’avez pas le temps, et bla bla bla ?!

J’ai pensé à vous, les fainéant(e)s derrière vos écrans ! Pour vous résumer la situation et les points clés de l’article, cliquez sur les liens suivant pour découvrir directement :

Chers fainéants, chères fainéantes, ne me remerciez pas !

Bonne lecture et bon courage. Et j’en profite pour remercier chaleureusement ma relectrice exceptionnelle (mais d’autres contrats suivront ; ), qui m’évitera de me faire descendre sur mes fautes d’orthographe ! Un mot pour ma maman, qui avec toute l’attention du monde, a également lu et relu mon article ! Merci à vous deux ! ; )

« Syndrome métabolique : la prévention doit passer par l’alimentation »

Voici le titre du récent communiqué du Quotidien du médecin, la plus grande revue médicale en France, qui serait adressée à 1 médecin sur 3, et serait lu sur la toile par plus de 100 000 lecteurs par semaine ! Rien de moins !

Ce « publi-rédactionnel », comme la rédaction du quotidien le nomme, propose de vous faire découvrir ce qu’est le syndrome métabolique (lire le communiqué), comment le dépister, quels sont les risques pour votre santé, et comment l’alimentation peut vous aider à le combattre.

Ce communiqué, rédigé avec le « soutien institutionnel du CERIN », propose deux interviews de spécialistes dans le domaine, messieurs Jean-Michel Lecerf, chef du service nutrition à l’Institut Pasteur de Lille, et Frédéric Fumeron, épidémiologiste et généticien, maître de conférences à l’Université de Paris Diderot.

Dans ces interviews, les deux protagonistes veulent nous faire passer le message de l’importance de l’alimentation dans la gestion du syndrome métabolique (SM), et en particuliers de la consommation de produits laitiers.

Ah bon ? Des produits laitiers ? Oui, selon nos deux éminents spécialistes ainsi que la rédaction du Quotidien du médecin, qui voient dans la consommation de produits laitiers une action positive sur l’incidence de l’hypertension artérielle, de la dyslipidémie, du diabète de type 2 (DT2) et donc sur le SM.

Le médecin et le scientifique consultés énoncent plusieurs hypothèses sur les mécanismes bénéfiques des produits laitiers, et ils sont nombreux !

Ainsi, nous apprenons que les « protéines laitières ont un effet incrétine » ; que le « calcium diminue la pression artérielle et l’inflammation » ; que certains lipides ont « un effet anti-inflammatoire, hypolipémiant et insulino-sensibilisateur » ; et que « la vitamine D aurait aussi un effet positif. ».

Un effet incrétine ? La vitamine D aurait aussi un effet positif, oui mais sur quoi ? Voilà la description des mécanismes d’action par « le leader de la presse médicale française » ?

L’article en lui-même est de prime abord incroyablement flou, mais si l’on se penche un peu sur l’ensemble des données énoncées, et que l’on fouine un peu sur les partenaires de notre célèbre quotidien et de nos spécialistes, et bien on recrache son yaourt sur la moquette !

Oui, vous m’avez bien lu. Vous allez découvrir comment le plus grand quotidien médical français, qui touche plus d’un médecin sur trois, a pu faire la promotion aveugle, abusive et absurde de la consommation de produits laitiers, sur des bases scientifiques affreuses et quasiment malhonnêtes, avec des invités qui sont cul et chemise avec le lobby du lait, et par-dessus tout, à propos d’un syndrome qui est tout simplement inutile (le syndrome métabolique pour rappel).

Un scandale vous avez dit ? Sans nul doute !

Des preuves vous en voulez ? Sans nul doute !

Et heureusement que je suis en forme aujourd’hui pour tacler sévèrement le Quotidien du médecin (QdM), les interviewés également et vous apporter un peu de vérité dans ce monde de désinformation généralisée.

Notre Quotidien du médecin : un modèle d’indépendance ?

Loin de moi l’idée d’accuser toutes les associations médicales françaises, ou les médias spécialisés en santé de manière systématique et catégorique, mais l’histoire n’est pas en leur faveur du tout.

Comme je l’avais fait par le passé, en épinglant les liens des plus grandes associations médicales françaises dans des domaines majeurs de la santé (diabète, hypertension, cholestérol, etc.) avec les plus grandes sociétés pharmaceutiques et agroalimentaires de la planète, le QdM n’y échappe pas.

Sur sa page dédié aux « conflits d’intérêts », l’ensemble des médecins rédacteurs des numéros du quotidien déclarent leur lien avec des sociétés lucratives. Ainsi, sur les 71 médecins déclarés sur cette page, 40 ne déclarent aucun conflit d’intérêt, 1 seul ne donne aucune information, et les 30 autres déclarent des liens avec les plus grandes sociétés pharmaceutiques de la planète.

4 rédacteurs, et médecins sur 10 du QdM sont donc en situation de conflits d’intérêts et traduisent l’indéniable, et ô combien glaciale, présence de nos sociétés commerciales préférées, telles que Pfizer, Merck, Lilly, Sanofi, AstraZeneca, Novartis, et une bonne dizaine d’autres, que l’on retrouve dans les articles et les commentaires du quotidien.

Ouch, premier tacle.

Pour mon deuxième tacle, j’ai eu la curiosité de cliquer sur l’application « spéciale médecin » pour découvrir les nouveaux congrès médicaux directement sur le net ou sur son smartphone. Et quelle surprise nous avons de découvrir que la société pharmaceutique Daiichi-Sankyo a apporté son « soutien institutionnel » au quotidien.

Cette société pharmaceutique commercialise bien entendu des médicaments pour lutter contre le mauvais cholestérol, mais également contre l’hypertension artérielle.

Je suis d’autant plus choqué, que le QdM définit ces informations professionnelles comme « objectives » et « indépendantes ». Vous en êtes toujours aussi sûr ?

Les rédacteurs qualifient aussi leurs informations de « rigoureuses » et ça, c’est le prochain tacle, car en matière de rigueur, un doctorant peut mieux faire (et je sais de quoi je parle !)

Deux spécialistes pas choisis au hasard du tout !

Après le quotidien, passons sur nos interviewés pour la rédaction de cette article, qui apparaissent dans deux courtes vidéos, avec des jolis montages et animations. Un régal pour les yeux, mais pas pour les oreilles.

Et oui, j’ai noté avec minutie et patience (une sale habitude je vous l’accorde) les propos de ces deux messieurs, et c’est avec plaisir que je les partage avec vous !

1ère interview : Jean-Michel Lecerf.

Dans cette interview, le docteur Lecerf nous parle de l’alimentation qui aurait un rôle direct sur le syndrome métabolique (SM), et notamment « l’American Way of Life » caractérisé par une alimentation « trop riche en calories, en sucres et en graisses » mais également – et écoutez bien – « déficitaire en fruits et légumes et en produits laitiers ».

Bravo à notre médecin qui a réussi à placer les produits laitiers (lait, fromage et yaourt) dans la catégorie des aliments trop peu consommés, car il est vrai, trois par jour au minimum, ce n’est surement pas assez !

Ensuite, et avec un air tout à fait surpris, M. Lecerf nous indique qu’à travers « des études épidémiologiques, on a pu découvrir que la consommation de produits laitiers était associé à une diminution du risque du syndrome métabolique ».

Toujours selon notre docteur, nous aurions « déjà des éléments forts qui montrent qu’introduire des produits laitiers diminue un certain nombre de paramètres liés au SM », et que cette consommation améliore « la pression artérielle, le profil lipidique, mais également le métabolisme glucidique ».

Nous sommes tous très curieux de savoir pourquoi ces produits laitiers sont si exceptionnels… Et bien le docteur nous annonce que « le calcium joue un rôle très important dans la perte de poids », et que les lipides du lait sont « très particuliers » et pourraient agir « sur certaines composantes du SM ». C’est exactement le même type de discours, très approximatif (voire dogmatique), qui est utilisé pour les ferments lactiques.

Pour terminer, le chef de nutrition de l’Institut Pasteur à Lille nous recommande de « réduire les aliments sources de fructoses » mais qu’il ne faut pas « supprimer les fruits pour autant qui ont leur place mais en petite quantité ».

Finalement, et c’est la cerise sur le gâteau, notre médecin interviewé nous parle d’équilibre alimentaire et des produits laitiers :

Trois par jour c’est en général ce qui est recommandé en les variant.

Des produits laitiers, et beaucoup si possible, on aura compris !

M. Lecerf, un personnage proche de l’industrie ?

Je vais finir par lasser l’ensemble de mes lecteurs à force de ne plus vous surprendre… Mais oui, le docteur Lecerf n’est pas exempt de relations avec la puissante industrie laitière de notre pays.

Ainsi, nous apprenons en premier lieu avec les enquêtes de Lanutrition.fr, que M. Lecerf a participé en 2010 à un colloque organisé par l’industrie laitière (le CERIN) sur le thème du lait et de la santé, « rumeurs, vérités et actualités scientifiques ».

En 2008 paraissait le numéro 110 du « Cholé-doc » du CERIN écrit par monsieur, et je vous le donne en mille, Jean-Michel Lecerf où les matières grasses laitières sont exposées sous leur plus beau pis !

Mais M. Lecerf ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Il est toujours autant impliqué avec le CERIN, cet organisme créé de toute pièce par le lobby laitier pour faire une propagande organisée et sérieuse de la consommation de produits laitiers, en participant en 2009 à un symposium organisé par le CERIN sur le lait et les rumeurs qui l’attaquent.

Dans le résumé de sa conférence, nous pouvons y lire que si les français supprimaient les produits laitiers de leur alimentation, cela « déséquilibrerait profondément leur nutrition. »

Bien entendu, M. Lecerf nous affirme que tous les torts qui accablent les produits laitiers « ne reposent sur aucun fondement scientifique ».

Pour terminer, en 2011 lors d’un énième symposium (un colloque) organisé par le CERIN sur les bienfaits des produits laitiers, M. Lecerf se proposait de faire la synthèse et d’émettre les conclusions de ce superbe colloque !

Avant de revenir sur le « fondement scientifique » de cet article, passons à notre deuxième invité, M. Fumeron, épidémiologiste et généticien.

2ème interview : Frédéric Fumeron.

J’aurais bien envie de vous repasser ces 5 minutes passionnantes, mais en réalité, M. Fumeron nous raconte les mêmes choses que M. Lecerf.

Les produits laitiers seraient magiques, « un grand nombre de composants susceptibles d’être bénéfiques pour le SM ». Le calcium « pourrait avoir un effet bénéfique sur le métabolisme des adipocytes, les cellules grasses, sur la pression artérielle et sur l’inflammation ».

Les protéines, la vitamine D, tout y passe, mais nous avons au moins la chance d’apprendre que M. Fumeron se base sur l’étude nommée DESIR [1], dont il est le principal auteur. C’est bien cette étude qui aurait démontré tous les liens et associations bénéfiques des produits laitiers sur le syndrome métabolique.

M. Fumeron et l’industrie, quels liens ?

Aucun ! Je suis assez impressionné de ne rien trouver sur M. Fumeron à la lumière de son interview. Peut-être ai-je mal cherché… ou bien je me moque de vous ! Vous avez marché pendant quelques secondes hein ?

Pour commencer, j’ai trouvé une bourse de 30 000 € attribuée à M. Fumeron par le grand groupe pharmaceutique Sanofi Aventis en 2007.

Probablement le plus impressionnant pour notre généticien et épidémiologiste, il a participé en 2013 au « Sommet mondiale des produits laitiers » au Japon, sponsorisé par les plus grandes sociétés laitières du Japon et de la planète !

M. Fumeron est allé à ce congrès international pour présenter les résultats de son étude DESIR, une étude qui a été intégralement financée par le CNIEL ou le lobby du lait français, et qui a généreusement payé tous les frais de déplacement de M. Fumeron ainsi que des honoraires en tant que conférencier et auteur d’analyses bibliographiques.

Si seulement on pouvait s’arrêter là, mais l’étude DESIR de M. Fumeron a également été soutenue par un consortium bien connu du monde de l’industrie : les plus grands laboratoires pharmaceutiques de la planète (Merck, Lilly, Novartis Pharma, Sanofi-Aventis; Bayer Diagnostics, Novo Nordisk, Pierre Fabre, ou Roche).

Décidément, M. Fumeron et Lecerf ont plus de points communs qu’il n’y paraît ! En effet, M. Fumeron a participé au même symposium de 2011 sur Paris, organisé par le lobby du lait, afin d’y présenter encore une fois les résultats de son étude, payée par l’organisateur ! Chapeau messieurs !

Comment dépister le syndrome métabolique ? Et puis c’est quoi ce truc ?

Maintenant que l’on a évacué la partie intéressante des relations –toujours très appréciées – entre nos intervenants, et notre quotidien avec les lobbies du lait, de l’industrie pharmaceutique et consorts… On peut attaquer le communiqué.

Tout d’abord, mettons les choses au clair: le syndrome métabolique (SM) est une notion un peu complexe, qui ne fait pas du tout l’unanimité dans le monde scientifique ET médical.

On va dire pour être très simple que c’est un terme pour traduire un mauvais état de santé (ou à risque) que l’on pourrait identifier avec des paramètres biologiques (comme l’hypertension, la glycémie, etc.)

Justement, le communiqué du Quotidien du médecin nous propose de dépister ce syndrome, selon « la définition la plus communément utilisée […] de la Fédération Internationale du Diabète (FID) »

Selon la FID, vous avez un SM si votre tour de taille est supérieur à 94 cm (pour les hommes), et si vous cumulez au moins 2 critères sur les 4 proposés dans le communiqué.

Mais là où le bât blesse, là où le tableau fournit par la FID est choquant, c’est qu’il vous déclare malade quand bien même vos résultats d’analyses sont bons !

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Je vais prendre l’exemple des triglycérides et de la glycémie. Pour ces deux variables, vous êtes tout à fait dans les clous avec un taux de 1,5 et 1 g/L de sang, respectivement, et pourtant !

Selon la FID, si vous avez le malheur d’avoir ces résultats d’analyses là, et d’avoir un tour de taille supérieur à 94 cm, vous serez accablé du syndrome métabolique ! Je n’imagine pas la suite, des médicaments peut-être, des antidiabétiques, des statines, et que sais-je encore !

C’est exactement la même chose pour la pression artérielle, avec une valeur annoncée par la FID comme pouvant être pathologique alors qu’elle est tout à fait normale selon les critères actuels !

Il n’y a que pour le HDL cholestérol pour lequel les valeurs annoncées s’accordent avec les valeurs usuelles.

J’en viens donc à me poser la question : Mais qui est la FID ? Pourquoi cette fédération internationale annonce-t-elle ces chiffres surprenants ?

En fait, ce n’est pas une surprise et je retombe droit dans mes bottes, car la FID n’est rien d’autre que l’AFD ou la FFD pour l’association ou la fédération française des diabétiques.

Une fédération d’association que j’avais déjà épinglée pour ses nombreux liens avec les plus grands laboratoires pharmaceutiques, qui commercialisent notamment des antidiabétiques (on boucle la boucle).

Autant être direct, cette fédération me révulse, et j’aimerais lui adresser un article entier pour la démonter de A à Z. Mais cela viendra en temps et en heure.

Pour le moment, rappelez-vous bien que cette fédération compte parmi ses partenaires la ô combien altruiste et philanthropique Fondation Coca-Cola, qui a participé à la création du tout dernier guide de l’alimentation « les bénéfices pour mon diabète » en septembre 2013.

Génial. Cette même fondation a généreusement apporté son soutien pour la création d’un guide sur l’activité physique. Les guides sont téléchargeables gratuitement, allez donc y faire un tour !

La FID, et pour vous illustrer à quel point leur stratégie de lutte contre le diabète est fortuite, ne conseille pas un régime particulier aux diabétiques mais bien le même que l’on conseille à tous les français !

Donc un régime à base de produits laitiers, avec un indice insulinémique carrément explosif pour la santé des diabétiques ; riche en féculents, avec la notion de sucre lent/sucre rapide qui est affreusement dispensée ; et une part non négligeable de desserts et bonbons… bref ! Tout est à refaire.

L’efficacité des produits laitiers est-elle démontrée ?

Oui selon nos invités et le Quotidien du médecin, sur la base de l’étude de l’un des invités, M. Fumeron, qui a été financé par le lobby du lait.

D’ailleurs, dans cette publication les auteurs attribuent les effets bénéfiques du calcium sur les cellules graisseuses sur la base des études du chercheur américain Zemel, l’un des scientifiques les plus proches de l’industrie laitière.

Les résultats de Zemel sont bien souvent aberrants, impossibles à reproduire et ce chercheur bénéficie également d’un brevet sur une méthode d’amaigrissement…à base de calcium. J’ai déjà attaqué Zemel a de très nombreuses reprises sur le blog.

Egalement à charge contre ce publi-rédactionnel, les médecins-rédacteurs ont fait la très lourde erreur d’établir une relation de causalité entre la consommation de produits laitiers et l’incidence de troubles du métabolisme qui caractérisent le SM.

Ainsi, le Quotidien du médecin affirme que l’étude DESIR a démontré que « la consommation de produits laitiers diminuait significativement l’incidence de l’HTA, de l’hyperTG, du D2 et donc du SdM ».

HTA pour l’hypertension artérielle, TG pour triglycéride, D2 pour diabète de type 2 et SdM pour le syndrome métabolique.

Malheureusement, il est impossible, faux et complètement mensonger d’inférer une relation de cause à effet pour une étude d’épidémiologie, pour laquelle l’on ne peut qu’inférer des associations, et en tirer des hypothèses. C’est une déformation abusive et plutôt malhonnête de l’information (du moins sur la base de l’étude DESIR).

J’aimerais m’arrêter là, mais il y a tellement à dire.

Le CERIN, la vitrine « scientifique » du lobby du lait, a publié sur son site l’interview de M. Fumeron avec des détails supplémentaires.

Pour appuyer l’intérêt des produits laitiers contre le SM, notre lobby du lait s’appuie notamment sur les travaux de l’équipe « Génétique Cardiovasculaire » de l’Université de Lorraine publiés en 2013.

Ils ont trouvé que chez les hommes « une consommation élevée de produits laitiers était associé à des changements positifs sur le profil du syndrome métabolique, sur 5 années d’observations » [2].

Cette étude, louée soit son sérieux, a été entièrement financée par le Centre National Interprofessionnel de l’Economie Laitière, le lobby du lait. Les auteurs ne déclarent aucun conflit d’intérêt, mais notons la généreuse présence de M. Fumeron parmi les auteurs, dont nous n’oublierons pas la proximité avec l’industrie laitière.

Et cette efficacité des produits laitiers alors ?!

Mais alors qu’en est-il vraiment ? Les produits laitiers protègent-ils contre le syndrome métabolique, le diabète de type 2, l’hypertension, ou bien l’hyperlipidémie ?

Pour répondre à cette question, on peut d’ores et déjà écarter les études financées par le lobby du lait, qui ont une probabilité plus élevée de conclure positivement, en faveur du sponsor (et donc de la consommation de lait) [Lire l’encadré pour plus d’information].

Pourquoi faut-il se méfier des études financées par des sociétés lucratives ? Vous devez maintenant avoir l’habitude que j’épluche sans arrêt les sources de financement des études scientifiques. Certains me diront que les scientifiques sont honnêtes, indépendants quoi qu’il arrive mais pourtant. Ce n’est pas moi qui l’invente, mais bien des chercheurs qui ont prouvé à de nombreuses reprises l’impact des sponsors sur les conclusions des recherches en biomédicales. Les preuves sont bien là, il faut rester vigilant, et dès que possible, écarter ou bien analyser de près les recherches sur des produits (alimentaires ou non) financées par les industriels qui les commercialisent [10-15].

En revanche, les autres études indépendantes (surtout épidémiologiques, qui établissent des associations) apportent en général les indices d’une protection des produits laitiers sur certaines maladies métaboliques.

Suis-je en train de me contredire, moi qui attaque sans cesse les produits laitiers ! Absolument pas, et je vais vous dire pourquoi avec l’exemple du diabète de type 2 (DT2).

Tout comme le recommande Lanutrition.fr, je n’exhorte pas la planète entière d’arrêter de consommer des produits laitiers. Je prône l’équilibre et la modération : 0, 1 à 2 par jour maximum, quand ils sont tolérés.

Elle est là toute la différence, et vous allez comprendre.

Une grande partie des études épidémiologiques qui démontrent une association inverse entre la consommation de produits laitiers et le DT2 (une protection donc) comparent les plus gros consommateurs avec les plus petits.

Ces études concluent donc toujours qu’une consommation « forte » ou la plus « élevée » de produits laitiers protègerait contre le DT2 sans jamais mentionner les quantités !

C’est ainsi que M. Choï, du Département de Médecine du Massachusetts, a publié en 2005 les résultats de son étude qui démontre que « les habitudes alimentaires caractérisées par la plus forte consommation de produits laitiers, plus particulièrement ceux faibles en gras, pourrait réduire le risque de DT2 chez les hommes » [3].

Cette conclusion illustre à la perfection notre problème. Si l’on regarde en détail les résultats de cette étude, on remarque que la consommation de produits laitiers riches en gras ne réduit pas le risque de DT2. Ainsi, le lait entier, les yaourts, tous les fromages et les crèmes glacées ne protègeraient pas contre le DT2, hormis le lait demi-écrémé ou faible en gras.

Déjà, on s’éloigne fortement de la conclusion des auteurs qui nous parlent de tous les produits laitiers et « plus particulièrement ceux faibles en gras », or ce sont bien les seuls et non tous les produits laitiers.

On arrive maintenant au sujet qui nous intéresse, les quantités. A propos de la protection supposée du lait écrémé ou faible en gras, on remarque que les auteurs comparent la consommation la plus faible de moins d’une portion par mois à la plus forte, d’au moins 2 portions par jour.

Vous devez désormais faire le lien. Consommer deux bons produits laitiers par jour n’est pas une mauvaise habitude alimentaire. Et encore, selon cette étude tous les autres produits laitiers n’auraient aucun effet sur le DT2.

Je peux en dire exactement la même chose pour cette étude provenant de la même équipe, publiée en 2006 sur 37 000 femmes, qui conclue que « les habitudes alimentaires qui incluent la plus forte consommation de produits laitiers faibles en gras pourraient réduire le risque de DT2 chez les femmes d’âge moyen et plus. » [4]

Malheureusement l’analyse plus fine de chaque produit laitier nous montre que seul les yaourts réduiraient le risque de DT2 (et de seulement 18% soit un risque qui passe de 8,3 à 6,8%, classiquement).

Le lait écrémé ou entier, les fromages, les crèmes glacées, et tous les autres n’apporteraient aucune protection. Et pour tout comprendre, cette protection de 18% par les yaourts ne serait apportée qu’avec une consommation d’au moins 2 yaourts par semaine (soit 1/3 de portion par jour) !

Une étude similaire, publiée en février de cette année, a démontré encore une fois la même chose.

La consommation de yaourts diminuerait de 28% le risque de DT2 (10 points de plus que l’étude précédente) pour seulement 4 yaourts par semaine ! (soit 2/3 de portion par jour) [5]. Bien entendu, les auteurs concluent toujours la même chose, « une forte consommation de machin bidule réduirait le risque de truc-muche…chez…X ».

Et c’est la même chose ici [6]…

Choisissez le régime méditerranéen

Bref, je n’ai toujours pas vraiment répondu à la question, et j’ai dû vous embrouiller un peu l’esprit… Un coup ce sont les yaourts qui sont bénéfiques, un autre coup c’est le lait écrémé…

Les études sont au moins d’accord sur un seul point : la quantité.

Rien ne sert de se gaver de 3, 4 ou 5 produits laitiers par jour pour satisfaire nos besoins en calcium, protéines, vitamine D, quand seulement 1 ou 2 grand max est idéal !

Encore mieux. Je vais vous parler d’une seule étude, tout comme le Quotidien du médecin, mais d’une toute autre envergure. Je vais vous parler d’une méta-analyse, c’est-à-dire d’une analyse de plusieurs dizaines d’études sur un même sujet (un truc robuste quoi).

Cette méta-analyse indépendante a regroupée 50 études, sur un pool de plus de 530 000 individus, et a été publié en 2011 par une équipe de l’Université Harokopio à Athènes [7]. Cette équipe a ainsi démontré qu’une diète méditerranéenne permettait d’améliorer TOUS les facteurs de risques qui composent le syndrome métabolique.

Les chercheurs qualifient leurs résultats « d’une importance considérable pour la santé publique » car ce régime alimentaire peut être « facilement adopté par tous les groupes d’une population de différentes cultures ».

Cette diète se caractérise par la consommation très régulière de fruits et de légumes, de produits céréaliers complets, d’épices et d’aromates, de l’utilisation quotidienne d’huile d’olive, de légumineuses, de noix et de graines, ainsi que de yaourts et de fromages.

Une consommation régulière (un verre par repas) de vin rouge, beaucoup de poissons, peu de poulets, d’œufs, de viande rouge et d’aliments sucrés.

Pour les produits laitiers, il est bon de savoir qu’ils sont consommés avec modération mais tous les jours, hormis ceux à base de lait de vache très minoritaires (l’accent est mis sur le lait de brebis et de chèvre).

Donc au lieu de chercher la petite bête sur combien de demi verre de lait je dois boire toutes les quatre heures, focalisez-vous sur cet « idéal » qu’est l’alimentation méditerranéenne.

Le syndrome métabolique n’est qu’une vaste blague

Pour terminer en beauté, je suis obligé de vous parler de ce syndrome en lui-même et de sa nature… très controversée.

Il existe une multitude de termes pour désigner le syndrome métabolique (SM), et un gros « débat » scientifique existe pour pointer du doigt le diagnostic inutile  de cette maladie car il n’aide en rien le patient.

Pour illustrer mes propos, Elise Lucet a réalisé une enquête dans son émission « Cash Investigation », dans laquelle elle met à mal le concept du SM, mis en avant par des médecins dans le but de vendre un médicament (dangereux qui plus est).

Dans le reportage nous apprenons de la part d’un chercheur, qui a réalisé une étude titanesque sur le SM, et en plus financée par big pharma, que le SM n’est rien d’autre qu’un regroupement de plusieurs maladies métaboliques (DT2, etc.) [8]

Le professeur Even, interrogé sur le sujet, nous parle « d’escroquerie » à propos du SM.

« Les risques des maladies ne s’ajoutent pas dit-il, ce sont les mêmes. Traiter 4 maladies au nom du SM à quelqu’un qui n’a que les prémices de l’une d’entre elle, ça n’a pas d’autre nom que de l’escroquerie. »

Peut-on faire plus clair ?

La très célèbre ADA, pour l’American Diabete Association, n’est également pas du tout convaincue de l’utilité de ce terme, et met en garde contre son utilisation abusive et les dérives médicales (potentiellement) associées dans un papier cité plus de 2000 fois [9].

De notre côté, c’est la revue médicale Prescrire, réputée pour son indépendance, qui nous parle d’une « construction artificielle inutile aux soins », et cela depuis 2006.

Pour la rédaction de Prescrire, le « diagnostic du SM ne correspond  à aucune prise en charge spécifique d’intérêt démontré en termes cliniques. »

Le dernier paragraphe de l’article paru dans l’édition de juin 2006 est révélateur. La revue conseille de ne pas prendre en compte ce syndrome, et « qu’il vaut mieux prendre en charge chaque trouble connu pour être réellement associé à une incidence accrue de troubles cardiovasculaires » et pour lequel il existe « des mesures ayant un effet prouvé sur la morbimortalité avec une balance bénéfices-risques favorable. »

Pour vous convaincre définitivement de l’arnaque du syndrome métabolique, Sanofi Aventis avait mis en vente un médicament (Rimonobant) en 2006 contre le SM. Ce médicament proposait de lutter contre l’obésité et de diminuer les risques de mortalité associée.

Malheureusement, en 2008, les agences d’autorités sanitaires retirent les autorisations de mises sur le marché. Un scandale de plus pour l’industrie pharmaceutique.

Amen.

L’ultra-résumé de l’article, pour mes lecteurs fainéants

Les longs articles font peur, je devrais faire plus court mais parfois c’est mission impossible, surtout si l’on souhaite être précis et le plus complet possible.

Alors voici les points majeurs soulevés dans cet article :

  1. Dans l’article récent sur l’importance de l’alimentation dans le traitement du SM paru dans le Quotidien du médecin, l’accent est mis à tort sur la consommation de produits laitiers, et ceci en rapport direct avec le sponsor de l’occasion, le lobby laitier (CERIN).
  2. Les études citées dans les sources, ainsi que les deux intervenants (l’un scientifique, l’autre médecin), sont notoirement liés à l’industrie laitière française et internationale. Les preuves accablent le Quotidien du médecin pour ce choix complaisant qui remet en question tous leurs conseils en rapport avec l’alimentation.
  3. Le Quotidien du médecin n’est en réalité pas un modèle en matière d’indépendance. L’analyse des conflits d’intérêts des médecins rédacteurs du quotidien révèle que plus de 40 % d’entre eux ont des liens avec l’industrie pharmaceutique.
  4. Nous n’avons pas aujourd’hui de preuve catégorique, c’est-à-dire pas de lien de cause à effet par une étude clinique, qui atteste de l’effet bénéfique des produits laitiers sur différentes maladies métaboliques.
  5. Les seules preuves existantes aujourd’hui n’annoncent que des associations, sans lien de causalité, et estiment plutôt qu’une consommation modérée d’au maximum deux produits laitiers par jour serait protecteur. Ces recommandations alimentaires concordent avec la position défendue sur le blog.
  6. Si vous souhaitez réellement améliorer l’ensemble de votre alimentation, pour améliorer une large gamme de paramètres physiologiques, commencez un régime méditerranéen.
  7. Oubliez cette histoire de syndrome métabolique qui n’est qu’une invention inutile, qui ne sert que big pharma, et qui complique indiscutablement la gestion de vrais troubles, comme le diabète, une hypercholestérolémie ou de l’obésité.

Faites comme moi, et envoyez un courrier à la rédaction du Quotidien du médecin !

Oui, l’article est choquant. Et pour éviter que ma réponse ne finisse dans les méandres froids et obscurs de la 3ème page ou plus de Google, faites part de votre mécontentement à la rédaction du Quotidien du médecin.

Cliquez ici pour accéder à la page de contact, insérez votre nom et votre adresse mail, pour l’objet insérez « Réaction à votre publi-rédactionnel sur le syndrome métabolique », choisissez « Les rédactions du Quotidien » et insérez votre texte !

Pour les plus fainéants, insérez ce petit texte tout-prêt-tout-chaud :

A l’attention de la rédaction du Quotidien du médecin,

Votre « publi-rédactionnel » intitulé « Syndrome métabolique : la prévention doit passer par l’alimentation » qui est extrêmement complaisant à l’égard des produits laitiers, et de leur –supposée – protection contre le syndrome métabolique, n’est pas acceptable tant sur le plan moral que scientifique. Nous sommes surpris d’apprendre que vous avez choisis deux intervenants qui entretiennent de nombreuses relations avec l’industrie du lait (française et internationale) ; que les publications scientifiques qui appuient vos propos sont financées par le lobby du lait ; et que votre « article » est lui-même « sponsorisé » par le CERIN, un organisme créé par ce même lobby, pour en faire la promotion.

A la lumière d’une étude épidémiologique que vous brandissez (sur 3 400 personnes et financée par le CERIN), il est impossible de tirer une relation de cause à effet entre la consommation de produits laitiers et les facteurs de risque utilisés pour définir le syndrome métabolique. Qui je vous le rappelle, n’est qu’une construction artificielle aux soins des patients, selon la revue médicale française indépendante Prescrire.

En revanche, une méta-analyse publiée en 2011, qui regroupe 50 études avec plus de 530 000 personnes, conclue que l’alimentation méditerranéenne, caractérisée entre autres par une consommation modérée de lait (principalement de brebis et de chèvre), améliore tous les bios marqueurs relatifs au syndrome métabolique.

Où est donc la vérité ? Surement pas dans votre article.

Bien cordialement, un lecteur mécontent.

Et vous alors, êtes-vous une victime du syndrome métabolique ?


Notes et références

  1. Fumeron, F., Lamri, A., Khalil, C. A., Jaziri, R., Porchay-Baldérelli, I., Lantieri, O., … & Marre, M. (2011). Dairy consumption and the incidence of hyperglycemia and the metabolic syndrome results from a French prospective study, Data from the Epidemiological Study on the Insulin Resistance Syndrome (DESIR). Diabetes Care, 34(4), 813-817.
  2. Samara, A., Herbeth, B., Ndiaye, N. C., Fumeron, F., Billod, S., Siest, G., & Visvikis-Siest, S. (2013). Dairy product consumption, calcium intakes, and metabolic syndrome–related factors over 5 years in the STANISLAS study.Nutrition, 29(3), 519-524.
  3. Choi, H. K., Willett, W. C., Stampfer, M. J., Rimm, E., & Hu, F. B. (2005). Dairy consumption and risk of type 2 diabetes mellitus in men: a prospective study. Archives of Internal Medicine, 165(9), 997-1003.
  4. Liu, S., Choi, H. K., Ford, E., Song, Y., Klevak, A., Buring, J. E., & Manson, J. E. (2006). A prospective study of dairy intake and the risk of type 2 diabetes in women. Diabetes Care, 29(7), 1579-1584.
  5. Laura M. O’Connor, Marleen A. H. Lentjes, Robert N. Luben, Kay-Tee Khaw, Nicholas J. Wareham, Nita G. Forouhi. Dietary dairy product intake and incident type 2 diabetes: a prospective study using dietary data from a 7-day food diary. Diabetologia. 2014 Feb 8. DOI: 10.1007/s00125-014-3176-1
  6. Zong, G., Sun, Q., Yu, D., Zhu, J., Sun, L., Ye, X., … & Lin, X. (2014). Dairy Consumption, Type 2 Diabetes, and Changes in Cardiometabolic Traits: A Prospective Cohort Study of Middle-Aged and Older Chinese in Beijing and Shanghai. Diabetes care, 37(1), 56-63.)
  7. Kastorini, C. M., Milionis, H. J., Esposito, K., Giugliano, D., Goudevenos, J. A., & Panagiotakos, D. B. (2011). The effect of mediterranean diet on metabolic syndrome and its componentsa meta-analysis of 50 studies and 534,906 individuals. Journal of the American College of Cardiology, 57(11), 1299-1313.
  8. Mente, A., Yusuf, S., Islam, S., McQueen, M. J., Tanomsup, S., Onen, C. L., … & Anand, S. S. (2010). Metabolic Syndrome and Risk of Acute Myocardial InfarctionA Case-Control Study of 26,903 Subjects From 52 Countries. Journal of the American College of Cardiology, 55(21), 2390-2398.
  9. Kahn, R., Buse, J., Ferrannini, E., & Stern, M. (2005). The metabolic syndrome: time for a critical appraisal Joint statement from the American Diabetes Association and the European Association for the Study of Diabetes.Diabetes care, 28(9), 2289-2304.
  10. Kjaergard, L., & Als-Nielsen, B. (2002). Association between competing interests and authors’ conclusions: epidemiological study of randomised clinical trials published in the BMJ. Bmj, 325(7358), 249.
  11. Nestle, M. (2001). Food company sponsorship of nutrition research and professional activities: a conflict of interest?. Public Health Nutrition, 4(05), 1015-1022.
  12. Lesser, L. I., Ebbeling, C. B., Goozner, M., Wypij, D., & Ludwig, D. S. (2007). Relationship between funding source and conclusion among nutrition-related scientific articles. PLoS Medicine, 4(1), e5.
  13. Bekelman, J. E., Li, Y., & Gross, C. P. (2003). Scope and impact of financial conflicts of interest in biomedical research: a systematic review. Jama, 289(4), 454-465.
  14. Djulbegovic, B., Lacevic, M., Cantor, A., Fields, K. K., Bennett, C. L., Adams, J. R., … & Lyman, G. H. (2000). The uncertainty principle and industry-sponsored research. The Lancet, 356(9230), 635-638.
  15. Als-Nielsen, B., Chen, W., Gluud, C., & Kjaergard, L. L. (2003). Association of funding and conclusions in randomized drug trials: a reflection of treatment effect or adverse events?. Jama, 290(7), 921-928.

21 Commentaires

  1. Helene

    Le concept de ‘syndrome metabolique’ est bien connu au Royaume-Uni et je l’utilise pour justifier mon regime paleo: dire simplement que j’etais a risqué pour le diabete de type 2, comme me l’avait conseille mon generaliste, ne suffisait pas, mes collegues me disaient souvent ‘oh mais moi aussi j’ai un diabete de type 2, c’est normal après un certain age, ce n’est pas une maladie!’. Donc je suis maintenant ‘a risqué pour le syndrome metabolique’ et c’est plus facile pour faire avaler mon regime paleo a mes collegues! Ca permet meme de justifier qu’on ne ‘peut’ pas boire d’alcool, beaucoup plus facile a faire accepter que ‘je ne veux pas boire d’alcool’: depuis quelques semaines on a des ‘team building’ sessions au pub le vendredi midi… Le seul hic, c’est qu’on rencontre parfois des gens qui vous affirment que c’est ‘hereditaire’ et qu’on ne peut rien faire pour l’eviter.
    L’autre jour j’ai croise une collegue au supermarche: elle avait un caddy rempli de plats cuisines (pizzas, lasagnes etc.), de sauces, de pain, de trucs a tartiner et de produits laitiers. J’avais un panier (je n’ai pas de voiture donc dois tout porter jusqu’a chez moi) rempli de legumes, y compris aubergines/courgettes/ignames qui me valent regulierement des remarques de sa part (du type ‘je ne comprends pas comment tu peux manger ca’ ou ‘tu n’as pas besoin de perdre du poids, pourquoi fais-tu un regime?’ en plus des blagues sexuelles). C’est triste de voir des jeunes femmes qui ne savent pas cuisiner du tout, et a mon avis c’est lie au mepris que les britanniques ont pour les gens qui bossent dans l’hotellerie/restauration (en majorite des immigres): du reste, on me demande souvent si j’ai appris a cuisiner en bossant dans ce secteur! Ca me rappelle un peu ma grand-mere qui etait tres fiere de ne pas savoir cuisiner: ses parents et son premier mari avaient des domestiques, et son second mari etait un chef, donc c’est lui qui preparait toute la popote, tandis qu’elle s’occupait des enfants et du reste des taches menageres!
    Lien vers le site de l’OMS, recente recommendation de limiter la quantite de sucre dans l’alimentation:
    http://www.who.int/nutrition/sugars_public_consultation/en/

    1. Cecile

      Wow! Eh bien ca alors, ca m’en bouche un coin!! Je ne savais pas qu’il y avait une telle mentalite en UK, je pensais que c’etait un truc qu’on ne voyait que aux US.
      Aux Etats-Unis il y a plein de gens qui ne savent pas cuisiner DU TOUT! Et pour qui ce n’est pas un probleme… Chez les gens eduques c’est meme un bon signe: ils n’ont pas perdu de temps a faire des taches inutiles comme la cuisine, ils se sont concentres sur leur travail et leurs etudes. Apres ils s’etonnent d’avoir des problemes d’obesite et de diabete…

  2. Guillaume

    Bonjour Jérémy,

    Merci et bravo pour ton article très complet.
    Décidément l’industrie du lait est active ces temps-ci. On se souvient que le site lanutrition.fr avait dévoilé le « partenariat » entre l’éducation national et le CNIEL pour enseigner aux élèves « les bonnes valeurs nutritionnelles », l’article est ici http://bit.ly/1inzbNS
    Cela montre encore une fois qu’il faut garder un esprit critique et ne pas croire sur parole quelqu’un avec une blouse blanche, une cravate, qui passe à la télé ou travaillant pour un nom connu comme « Institut Pasteur ».

  3. Cecile

    Bon et alors finalement on peut en manger des produits laitiers ou pas? Perso, quand j’avais commence l’alimentation paleo, j’avais arrete tous les produits laitiers. Finalement je les ai re-introduits sous leur forme fermentee: yaourt, fromage. Je n’ai jamais mange 4 ou 5 produits laitiers par jour, mais depuis quelques mois, je mange plus souvent du yaourt et du fromage (tous les jours, au petit-dejeuner). En fait je le fais parce que j’avais du mal a manger suffisamment avec une alimentation strictement paleo… Avec le fromage, c’est plus facile.

    Franchement, je suis decue par le Quotidien du Medecin, j’ai toujours estime ce journal car mon arriere-grand-mere y etait abonnee (elle etait medecin et a vecu en parfaite forme physique et mentale jusqu’a 100 ans). Mais bon, tout bien reflechi ce n’est pas une surprise enorme.
    J’avais lu un truc a ce sujet sur le site de Martin Winkler a propos de comment certains medecin prescrivent, je te cite un passage:

    « La seule revue française indépendante consacrée au médicament, La revue Prescrire, qui existe depuis 1980, devrait, en toute bonne logique, être financée par le Ministère de la Santé et envoyée à tous les médecins de France. Il n’en est rien. De fait, l’immense majorité des publications médicales françaises sont financées par l’industrie, ce qui compromet leur indépendance. Et l’ouvrage de pharmacologie « de référence » des médecins français est le dictionnaire Vidal, publié (et distribué gratuitement) par les industriels du médicament. »

    Je pense que le reste de l’article pourra t’interesser: http://martinwinckler.com/spip.php?article1076

    Keep up the good work!

    1. Alex

      Le lait, autre que celui d’une femme ne nous ai pas adapté. Que ce soit une idée de régime « Paléo » ou autre, c’est vraiment métabolique, cela n’a rien à voir avec notre fonctionnement d’humain, regarde les études là dessus, les vrais et tu verras.
      Le lait d’une vache sers à nourrir un veau ou génisse, qui va faire 100 Kg en deux semaine, d’où le développement de l’ossature avant celle du cerveau.
      C’est aussi purement physiologique et l’équilibre de la nature.

      Lait de vache -> Petits de la vache
      Lait de Femme -> Enfants de la femme
      Lait de chèvre -> Petits de la chèvre

      Etc et etc, on est quand même vraiment dérangé, nous, les humains, les seuls à allé boire du lait MATERNELLE, d’une autre espèce et en plus à l’âge adulte !

    2. Fabien

      Pour te répondre Cécile, il vaut mieux rester sur une tolérance zéro vis-à-vis des produits laitiers quand on veut garder une bonne santé au regard de l’impact de la caséine sur la perméabilité intestinale, de l’index insulinique, des problèmes de cancers liés aux IGF-1, au trop plein de calcium dont l’absorption est, au final, limitée, etc…

    3. Chris

      Inmrfoation is power and now I’m a !@#$ing dictator.

  4. Pingback: Le Lobby du Lait fait dire n’importe quoi au plus grand quotidien médical français | Dur A Avaler | Recettes naturelles de santé

  5. Hervé

    Autres lanceurs d’alerte : Nicolas Le Berre (Le lait, une sacrée vacherie) et Erwan Menthéour (Si on arrêtait de se mentir).
    Soutien total à Anso et bravo pour sa perspicacité !

  6. Maurice

    Jérémy, toujours là pour distribuer des coups de pied au cul des empoisonneurs !

    Merci, tout simplement , Merci .

  7. Riquin

    Je viens de « revoir ma copie », facon de parler sur un des criteres du SM qui fait norme au sein de la FID…. Jusqu’alors j’avais retenu pour acquis 102 cm chez un homme et non 94 cms. On arrete pas le progres. C’est un peu comme pour le taux de cholesterol, + ca va, + la norme est revue a la baisse et vive les statines (pardon, je m’egare).
    Pour en revenir a nos moutons, et le lait, cette vacherie…. ??Je ne sais plus a quel Saint me vouer sauf selui (le sein de ma maman) auquel je me suis accrochee il y a 52 ans, pour mon plus grand bonheur!!!!
    Aujourd’hui, je reduis considerablement mes apports en calcium « laitier » et me tourne vers d’autres voies vegetales, oleagineuses. Eh oui, j’ai arrete de gober ce que l’industrie laitiere veut bien nous faire croire sur le sacro saint lait et ses sources incontournables de calcium pour la bonne sante des « NoNoS ».
    Menopausee, c’est 1200 mg de calcium rendez vous compte, que je dois imgurgiter pour me premunir de l’osteoporose, autant tomber dans le pot de 1kg de suite. Mais je ne m’en laisse pas compter par le chant des sirenes des lobbies de tous poils, y compris ou a commencer par celle de l’industrie du lait. Vive l’expertise scientifique en toute independance, les faits, rien que
    les faits, la verite rien que la verite pour deloger et faire voler en poussiere, les mensonges les plus heontes, portes haut et fort par ceux qui carracolent croulant sous le poids de conflits d’interet et qui brandissent l’etendard « au nom de votre sante »….. Beurk

    1. Nat

      En plus du calcium végétal, le calcium marin est très intéressant. Notamment pour l’ostéoporose. Les algues lithothamnes sont très bonnes pour cela. Et il n’en faut pas tant que cela, si votre terrain a un bon équilibre acido-basique, grâce à une bonne alimentation (notamment sans trop d’aliments acidifiants comme les produits animaux).

  8. Coach Poids santé

    Bonjour Jérémy

    Rien à redire que du bonheur ! je me permets un détail, une goutte d’eau pour faire déborder le bol de lait

    Pour info, tu cites le Quotidien du médecin que nous recevons. Je tiens à préciser « gracieusement » sans y être abonné ! C’est la pub qui paye l’édition et le nombre de réels abonnés est probablement insignifiant :-)

    Mon dernier article, probablement pas une découverte pour toi, devrait te faire sourire
    Cordialement
    Jean Philippe

  9. Alain

    Le syndrome métabolique est le nom scientifique de la lemorexie, appelé aussi syndrome de la malbouffe.

    Le métabolisme est l’ensemble des transformations moléculaires et énergétiques qui se déroulent de manière ininterrompue qui permettent le maintient et l’évolution d’un organisme vivant (cellule, organe, organisme, nous).

    Les métabolites (les ingrédients) qui permettent ces transformations sont des composés organiques intermédiaires ou issu du métabolisme, appelés aussi substances vitalisantes ou micro nutriments ou nutriments indispensables à l’organisme, c’est à dire tout ce qui est utile pour notre organisme dans ce qu’on mange et qui nous permet de rester vivant.
    Qu’on le veuille ou non, nous faisons partie d’une chaîne alimentaire dans un écosystème et au final nous serviront à l’alimentation des vers et autres microorganismes.
    On est ce qu’on mange. You are what you eat.

    La nourriture naturelle est composée de métabolites, de composés organiques issus du métabolisme des plantes par exemple des graines qui sont vivantes puisqu’il suffit de les arroser pour qu’elles germent, et de probiotiques qui sont des microorganismes vivants comme par exemple des légumes lactofermentés ou du kombucha (du thé sucré fermenté).

    La nourriture industrielle est composée de produits morts extraits de plantes, par exemple le sucre extrait de la betterave sucrière, de produits morts extraits d’animaux, par exemple des farines animales et de produits chimiques de synthèse issus de l’industrie, un exemple parmi des milliers : le E967 (Xylitol) qui est un additif alimentaire produit industriellement à partir des déchets des papeteries (des copeaux de bois) et bien sûr tous les produits chimiques appelés « médicaments » produits en quantités industrielles (en tonnes).

    L’alimentation moderne est composée en grande partie d’aliments dénaturés, c’est à dire des aliments naturels dont les métabolites ont été tués par la chaleur.
    Les métabolites ou substances vitalisantes sont les acides gras polyinsaturés, les vitamines, les enzymes, les oligoéléments… Toutes ces substances sont détruites par la chaleur dès 45°C (60°C pour certaines vitamines) et réagissent instantanément avec l’eau et l’air.
    Ces métabolites ou substances vitalisantes sont indispensables au métabolisme, à l’alimentation humaine et sont totalement absents de l’alimentation industrielle.

    Les vaches laitières réduites à l’état d’organe producteur de lait, enfermées à vie dans des box (élevage en batterie), inséminées artificiellement pour produire du lait toute l’année, dopées avec des hormones pour produire toujours plus de lait, « soignées » avec des hormones à dose de cheval, nourries avec des farines animales,… produisent une substance appelé lait.
    Ce lait stérilisé à 140°-150°C est un aliment entièrement dénaturé, inadapté à l’alimentation humaine et INUTILE.
    Il ne peut même pas être utilisé pour l’alimentation des veaux car il ne contient plus aucune substance vitalisante ou métabolite. Il ne contient pas d’acides gras polyinsaturés parce que le veau n’en a pas besoin alors que ces acides gras polyinsaturés sont présents dans le lait maternel (non dénaturé, c’est à dire non chauffé et bu par le nourrisson au sein de sa mère).

    Le lait est un aliment inutile et n’est bon que pour la santé financière des lobbies qui produisent ce lait.

  10. Alain

    Commentaire du Président

    « Mais 2012 a aussi vu certaines de nos activités européennes être soumises à un environnement de consommation très dégradé, qui s’est traduit, en Europe (hors CEI), par une baisse de notre chiffre d’affaires de 3% et une baisse de notre résultat opérationnel de plus de 10%. C’est une équation qui n’est pas pérenne, et une situation que nous allons surmonter…
    2013 sera donc une année de transition, avec un développement soutenu de nos activités dans nos marchés de croissance, et un renforcement de nos activités en Europe. C’est une année qui visera à retrouver une croissance forte et rentable de l’ensemble de nos activités dès 2014. »

    L’industrie laitière européenne est malade. Elle fait appel au corps médical et aux médias pour se soigner.

    Une prescription pour trois produits laitiers par jour devrait lui être ordonnée, de la même manière que cette industrie laitière impose par arrêté ministériel du 30 septembre 2011 à tous les enfants de 2 à 3 ans qui mangent à la cantine de leurs école de manger du fromage et des produits laitiers.
    http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000024614763

    « Pour garantir les apports en calcium, il convient de servir :
    ― au moins 8 repas avec, en entrée ou en produit laitier, des fromages contenant au moins 150 mg de calcium par portion ;
    ― au moins 4 repas avec, en entrée ou en produit laitier, des fromages dont la teneur en calcium est comprise entre 100 mg et 150 mg par portion ;
    ― au moins 6 repas avec des produits laitiers ou des desserts lactés contenant plus de 100 mg de calcium et moins de 5 g de matières grasses par portion. »

    Et lui faire une piqûre de rappel :

    Nutrition Infantile
    « Le pôle Nutrition Infantile continue à être significativement impacté par les conséquences de la fausse alerte déclenchée par Fonterra en août 2013. Au quatrième trimestre, cet événement se traduit par une perte de chiffre d’affaires estimée à 200 millions d’euros et par une croissance négative des volumes (-5,9%) et des ventes du pôle (-6,9%). »

    Fausse alerte ? « Des produits laitiers dangereux ? Une simple rumeur… »

    Danone forcé de rappeler du lait infantile en Chine
    Les affaires sanitaires autour du lait maternel en Chine avaient pour l’instant épargné Danone. Ce n’est plus le cas depuis hier.
    Via sa filiale qui commercialise le lait maternel Dumex, il était l’un des rares vendeurs de lait en poudre épargné par la série de scandales alimentaires touchant ce produit. Le plus grave avait provoqué la mort de six bébés et la maladie de centaine de milliers d’autres en 2008.
    http://www.lesechos.fr/06/08/2013/LesEchos/21494-082-ECH_danone-force-de-rappeler-du-lait-infantile-en-chine.htm

    La santé financière de l’industrie laitière et les intérêts privés sont plus importants que la santé des milliers d’enfants des écoles maternelles françaises.

  11. Alain

    Sans le corps médical, sans ces hommes et ces femmes de tous âges qui se dévouent jour et nuit, tous les jours, le samedi, le dimanche, les jours et les nuits fériés de Noël et du Nouvel An, qui passent leur jeunesse dans les hôpitaux avec seulement 6 jours d’absence autorisée par an, qui après une garde de 27 heures (24heures + 2 à 3 heures de relève) sont coincés pendant des heures dans les transports en commun a cause d’un mouvement social (pour les 35 heures !), qui rentrent chez eux et mangent n’importe quoi parce qu’ils n’ont pas le temps de faire les courses et sont épuisés avec des cernes noirs sous les yeux, et bien je ne serais probablement plus en vie.

    « L’infirmière de Kate Middleton qui s’était suicidée après avoir été victime d’un canular téléphonique a laissé une lettre dans laquelle elle accuse les auteurs du canular, selon le journal The sunday times»
    http://www.leparisien.fr/laparisienne/actu-people/suicide-de-l-infirmiere-de-kate-middleton-la-lettre-qui-accuse-29-04-2013-2767677.php
    « In one emotional letter Jacintha Saldanha criticises senior colleagues at the King Edward VII hospital over her ­treatment after she was duped by two Aussie DJs »
    http://www.mirror.co.uk/news/uk-news/kate-middleton-prank-call-royal-1488880#ixzz2vvqYJWK3

    Bien sûr Jacintha avait déjà fait des tentatives de suicides. Rares sont les infirmières qui arrivent jusqu’à la retraite sans craquer. Si elle tiennent, c’est parce que comme Jacintha il faut payer les traites de la maison et s’occuper des enfants.
    Les médias ont ajouté la goutte d’eau qui a fait débordé le vase.

    C’est grâce aux médias et à quelques brebis galeuses que le syndrome métabolique se propage aussi largement dans le monde.

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  16. dereco

    La malbouffe industrielle humaine donne des syndromes métaboliques aux chats encore plus vite que pour les hommes et comme les hommes, les chats guérissent du diabète en stoppant la malbouffe :
    http://www.dur-a-avaler.com/chat-diabete-croquettes-hills-royal-canin-pet-food/
    Enfin pour savoir si vous avez un syndrome, c’est facile, si vous n’êtes pas capable comme moi, même à plus de 70 ans, de courir 1km en moins de 4 minutes ( 15km/h ) ou de grimper 60m ( 20 étages ) de dénivelé en moins de 3 minutes, vous avez un problème de santé à guérir, par malbouffe et insuffisance d’exercice intense !!
    Enfin demain regardez sur Arte le grand bluff du cholesterol !

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