La vaccination contre le cancer du col de l’utérus soulève toujours autant de questions. Voici les principales réponses aux questions fréquentes sur cette vaccination recommandée dans le monde entier.

le gardasil est le vaccin controversé contre les cancers du col de l'utérus

Les vaccins Gardasil (Merck) et Cervarix (GSK) censés lutter contre les infections aux papillomavirus humains (HPV) responsables du cancer du col de l’utérus n’en finissent pas de faire parler d’eux.

Entre les études dithyrambiques sur l’impact du vaccin sur les cas de cancer du col, des voix plus modérées se font entendre pour rappeler à tous les nombreuses incertitudes qui planent sur cette immunisation devenue planétaire.

Claire Rees de l’Université Queen Mary au Royaume-Uni vient de sortir avec ses collègues une analyse critique de tous les essais cliniques (phase 2 et 3) ayant évalué l’efficacité des vaccins contre les fameuses infections et lésions précancéreuses (CIN pour cervical intraepithelial neoplasia).

Les résultats sont un rappel nécessaire des nombreuses critiques scientifiques déjà émises par le passé, notamment par les journalistes d’investigation Catherine Riva (Re-Check) et Vanessa Boy-Landry, ainsi qu’un groupe de professionnels de santé indépendants (connu sous le nom de l’appel des 15).

Le sujet étant complexe, j’ai décidé d’écrire l’article sous forme de questions-réponses en reprenant les toutes dernières informations scientifiques sur ce sujet. Cette liste n’est pas exhaustive et sera mise à jour régulièrement.

Questions-réponses sur le vaccin anti-HPV

Les vaccins anti-HPV ont-ils démontré leur efficacité contre le cancer du col ?

Non. L’évolution lente de la maladie qui s’étale des dizaines d’années ne permet pas d’évaluer ce point-là. Les essais cliniques à l’origine de l’évaluation des vaccins ont été menés sur les stades précancéreux (CIN). Nous avons aujourd’hui un recul d’une dizaine d’années, voire légèrement plus pour l’Australie dont les programmes ont commencé dès 2007.

J’ai lu dans la presse que le vaccin avait permis de réduire de 100% les cas de cancer du col ? N’est-ce pas encourageant ?

C’est compliqué. Des publications et articles de presse ont fait miroiter une efficacité de 100% contre les adénocarcinomes in situ (AIS) sur la base de très peu de cas et d’intervalles de confiance souvent négatifs (= résultats non significatifs)1 2.

Pour mieux comprendre, il suffirait par exemple qu’un ou deux AIS soient détectés dans le groupe vacciné pour que le bénéfice disparaisse. On manque donc de données et de recul pour avoir un avis solide et définitif sur ce paramètre.

On peut lire sur internet que les infections HPV disparaissent spontanément dans la majorité des cas. C’est vrai ?

Oui. Les infections persistantes aux HPV qui entraîneront un cancer sont rares. Trois stades de lésions précancéreuses sont définis : CIN 1, 2 et 3. Chaque stade peut régresser vers un col sain (dans 57%, 43% et 32% des cas respectivement) ou progresser vers le stade suivant ou un cancer (dans 1%, 5% et 12% des cas respectivement).

Est-ce que les souches HPV couvertes par les vaccins pourront être remplacées par d’autres souches non couvertes (comme pour les pneumocoques) ?

C’est probable. Si plusieurs travaux ont nié en bloc la possibilité d’un remplacement des souches, nous avons aujourd’hui des indices qui montrent une substitution de souches, en particulier par certaines à haut risque oncogénique (donc susceptible d’être responsable d’un cancer du col). On ignore véritablement l’importance de ce remplacement et son impact final sur la prévalence des cas de cancer du col3 4 5.

Est-ce que les résultats des essais cliniques ont été surestimés ?

Très probablement oui. Les essais cliniques des vaccins anti-HPV se sont basés sur des fréquences de dépistages des HPV anormalement élevés, qui ne correspondent à la réalité des pratiques et des recommandations.

La conséquence est un surdiagnostic de nombreuses infections qui, dans une grande majorité des cas, se résolvent et disparaissent spontanément. L’augmentation de la fréquence des dépistages (entre 6 et 12 mois) a probablement surestimé l’efficacité des vaccins contre des infections non persistantes.

Les firmes responsables des essais cliniques ont également utilisé des sous-groupes pour mesurer l’efficacité de leurs vaccins, malgré un manque de puissance statistique, avec pour conséquence d’améliorer l’efficacité perçue.

Mais des études plus récentes ont montré une efficacité contre les stades les plus avancés des infections (CIN3+) ?

Oui. Des études observationnelles, moins puissantes et fiables que les essais cliniques montrent des réductions du risque d’avoir des lésions CIN3+.

Ces études montrent des résultats encourageants pour le vaccin, mais souffrent aussi de limites méthodologiques qui pourraient avoir surestimé les résultats. Voir les résultats du travail d’analyse des professionnels de la santé indépendants et des journalistes d’investigations.

Peut-on arrêter les frottis recommandés si on est vacciné ?

Non. Toutes les autorités de santé s’accordent pour dire que les frottis doivent être maintenus malgré la vaccination, qui ne protège pas intégralement et n’a pas encore montré de bénéfice sur les cas de cancer (voir point plus haut).

recommandation institut national du cancer contre le cancer du col de l'utérus avec le dépistage par frottis
Capture d’écran du site de l’INCa.

Pourquoi vaccine-t-on aussi les garçons ?

Les garçon sont vecteur des HPV qui pourront infecter les futurs partenaires et donc augmenter le risque d’infections persistances et de cancer du col de l’utérus. Réduire le risque chez les garçons pourrait impacter positivement l’évolution du cancer du col chez les femmes.

Là aussi, nous manquons de données pour vérifier l’impact positif de cette mesure.

Le vaccin est-il, au final, efficace contre le cancer du col de l’utérus ?

Peut-être. Nous n’aurons pas la réponse avant plusieurs années, voire plusieurs décennies. Si le vaccin réduit bien les infections de certaines souches très oncogènes, son efficacité réelle sera tempérée par :

  • la durée de protection de la vaccination en condition réelle (chose que l’on ignore pour le moment)
  • la magnitude et la dangerosité du remplacement des souches vaccinales par d’autres (mais les laboratoires pourront rajouter de nouvelles souches comme pour les pneumocoques).
  • la fréquence de réalisation des frottis, seule mesure aujourd’hui scientifiquement efficace
  • l’efficacité du vaccin sur la totalité des souches oncogéniques

Que faut-il faire ?

Se faire vacciner contre les HPV est un choix personnel qui doit être discuté de manière ouverte et loyale avec son médecin afin de discuter des risques et des bénéfices. Les doutes soulevés depuis de nombreuses années sont aujourd’hui toujours bien là et doivent alimenter une saine réflexion sur ce délicat sujet.

Dans tous les cas, la réalisation d’un frottis régulier selon les recommandations actuelles de santé est une priorité pour toutes les femmes. Cette méthode est aujourd’hui la seule efficace dans la prévention du cancer du col de l’utérus. Le dépistage par frottis est recommandé tous les trois ans à partir de 25 ans jusqu’à 65 ans.

 

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7 commentaires
  1. Bien vu Jérémy,
    Il manque un aspect absolument essentiel à ton article, c’est l’évaluation des effets secondaires post vaccinaux:
    – Surplus de cancers agressifs dans certaines sous-populations,
    – Effets indésirables graves (EIG) abominablement variés, systématiquement niés par les tenants de la vaccination par Gardasil.

    De nombreux article traitant de la question sur aimsib.org

    A bientôt et bravo pour l’ensemble de tes productions.

  2. Effectiveness of HPV vaccines Cervarix and Gardasil under question
    Analysis of the designs of Phase II and III efficacy trials for HPV vaccines suggest they overstated their effectiveness against cervical cancer, according to researchers….
    The analysis results were published in the Journal of the Royal Society of Medicine – (ci-dessous)
    https://www.europeanpharmaceuticalreview.com/news/111334/effectiveness-of-hpv-vaccines-cervarix-and-gardasil-under-question/
    24 January 2020

    Will HPV vaccination prevent cervical cancer?
    https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0141076819899308
    https://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/0141076819899308
    First Published January 21, 2020

  3. Merci !
    Ma fille a développé un Purpura Trombopénique Idiopathique (effet indésirable listé) suite à la première injection de Gardasil en Juin 2019.
    Après 7 mois de galère, de suspicion de leucémie, d’hospitalisations, cortisone à haute dose pendant plus de 3 mois, traitement médicamenteux fort pour un lupus qu’elle n’avait pas, elle est guérie mais franchement, je ne souhaite à personne les mois que l’on vient de vivre !
    J’ai fait une déclaration à la pharmacovigilance, dossier médical à l’appui, mais pas de nouvelles pour l’instant…

  4. Vous ne parlez pas de l’analyse des Docteurs Délépine (http://docteur.nicoledelepine.fr/cancer-du-col-uterin-et-gardasil-effet-paradoxal-le-vaccin-augmente-le-taux-de-cancer-chez-femmes-vaccinees/ et https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/effet-paradoxal-du-gardasil-206898) qui, sur la base des registres officiels, mettent en évidence une augmentation de l’incidence des cancers du col dans les populations vaccinées des pays qui vaccinent le plus (Australie, Norvège, Suède, UK). Dont les taux d’incidence sont supérieurs au taux français (couverture vaccinale 3 fois moindre).

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