viandes-gras-paleolithique-proteines-glucides

 « Le régime Paléo fait des ravages en France »

Imaginez une personne lambda qui regarde une émission de télévision, ou pire le journal télévisé, dans laquelle on parle de l’alimentation paléolithique. La description de ce régime sera bien entendue plus ou moins fausse, compte tenu le sérieux et l’habileté que l’on connait des journalistes.

Cette même personne ira peut-être faire une recherche sur Google pour vérifier ce qu’il a entendu (de négatif, on présume) et pourra taper par exemple :

« Le régime paléo est-il dangereux ? »

Malheureusement, avec une telle recherche, notre bonhomme avide d’informations de qualité trouvera un article étonnant au titre provocateur, comme je les aime.

« Pourquoi le régime Paléo est-il une idiotie ? » De Crudivégan, une blogueuse de la sphère crudivore. Loin de moi l’idée d’attaquer cette alimentation particulière, aux allures intéressantes dont il faudrait que je m’épanche d’un article, mais on va plutôt discuter des arguments de Crudivégan sur l’idiotie du régime paléo.

Les arguments de Crudivegan

Donc, Après lecture et relecture de l’article en question, j’ai bien envie de discuter autour de 5 arguments contre l’alimentation paléolithique. Je n’ai pas pris en compte les attaques de l’auteure contre les « promoteurs du régime Paléo » qui seraient tous « gros » (vidéos satiriques à l’appui) comparés à ceux des régimes végétariens et végétaliens, qui sont tous fins et sveltes.

On va tenter d’élever le niveau.

Voici les 5 arguments :

  1. L’Homme partage 99% de son patrimoine génétique avec celui des grands singes, or, ces grands singes sont frugivores (la conclusion étant que l’Homme doit être frugivore).
  2. L’Homme n’a mangé de la viande qu’avec la création des premiers outils
  3. Une alimentation riche en sucre est la meilleure pour le corps humain
  4. Une alimentation riche en matière grasse a été démontré scientifiquement comme dangereuse pour la santé
  5. Une alimentation riche en viande est responsable de nombreuses maladies et cancers

Des arguments discutables…

Dans l’ordre ou dans le désordre, essayons d’y voir plus clair !

1. L’étrange relation alimentaire Homme-Grands singes

Selon l’article, il est sous-entendu que du fait de notre proximité génétique avec les grands singes, nous devrions manger comme eux, c’est-à-dire un régime à base de végétaux et de fruits, sans viande ni poisson.

Malheureusement, cette infime différence génétique entraîne des différences physiologiques, comportementales et anatomiques majeures entre le genre humain et celui de nos cousins les singes.

Les singes, contrairement à nous, disposent d’un arsenal physiologique idéalement adapté à la consommation massive de feuilles et de fruits. Les intestins y sont bien développés afin de tirer toute l’énergie de la digestion de ses végétaux.

De notre côté, nous ne pouvons pas véritablement dire que nous sommes fait du même bois. L’Homme apparait plutôt disposé à manger de tout, principalement des végétaux sous forme de légumes, de racines, de tubercules, de légumineuses avec une part (à modérer) sous forme de protéines animales (telles que du poisson, de la viande rouge, noire, des fruits de mer, des œufs, des insectes, etc.)

Et cela contrairement aux arguments d’anatomie comparée pro-végé que le blog rejette en grande partie.

Argumenter en faveur d’un régime unique de fruits et de légumes uniquement sur la base d’une proximité génétique avec les grands singes est au mieux amusant, au pire une idiotie. Coïncidence ? Je ne pense pas.

2. Des outils indispensables pour chasser ?

Pour ce 2ème argument, les Hommes d’antan auraient seulement commencé à chasser avec l’apparition (ou plutôt la création) des premiers outils, comme des lances, des arcs, etc.

Cet argument est largement répandu dans la sphère végétarienne ou végétalienne afin de prouver le caractère tardif d’une consommation active (par la chasse) de viande par les Hommes préhistoriques.

Sauf qu’historiquement, l’invention des outils n’a pas été une condition sine qua none pour commencer activement à traquer le gibier.

Bien avant les premiers outils, les Hommes étaient capables de traquer des bêtes sauvages en tendant des pièges, et en abattant leur proie avec des jets de pierres et des pieux affûtés. Or ces outils de bois ou appartenant à l’environnement sans modifications particulières ne font pas partie des « outils » au sens strict du terme.

Depuis 2 à 4 millions d’années, l’Homme chassait donc des bêtes sauvages avec des « outils » rudimentaires.

Se nourrir de la chasse est une pratique historique très ancienne, qui selon moi, a toujours fait partie de notre Histoire (mais dépend bien évidemment du lieu de vie, des périodes et des pratiques culturelles, on est d’accord.)

3. Alimentation riche en sucre : La meilleure ?

L’alimentation crudivore, avec beaucoup de fruits et de légumes, implique l’absorption d’une quantité élevée en faveur des glucides, et en défaveur des protéines et des lipides. Parfois, de temps en temps ou régulièrement, ces alimentations impliquent également d’absorber des jus de fruits et de légumes, avec là aussi son lot de glucides à gogo.

Du coup, on comprend bien pourquoi un régime riche en sucre est défini comme étant le meilleur sur ce blog, car c’est bien cela que l’on retrouve en majorité. Pas de problème de cohérence. Et pourtant.

J’oppose à ce 3ème argument un premier constat physiologique qui démontre selon moi combien notre organisme est fait pour vivre dans un environnement plutôt pauvre en glucides.

Nous n’avons qu’une seule arme physiologique pour dégrader les glucides exogènes qui viennent de notre alimentation. Le pancréas est le seul organe en charge de cette tâche, avec les relargages permanent d’insuline et de glucagon pour équilibrer notre glycémie, au quotidien. La présence d’amylase dans la salive participe à cette dégradation métabolique.

En revanche, le corps humain possède 4 voies métaboliques différentes pour créer du sucre à partir d’autre chose que du sucre.

C’est sous le terme barbare de néoglucogenèse que nous devinons aisément que nous sommes plus ou moins faits pour gérer des situations où l’environnement est pauvre en glucides.

Justement, la base du raisonnement paléolithique est que ce mode d’alimentation serait le plus adapté à notre physiologie, à notre génétique, car nous l’avons suivi pendant des millions d’années.

Cependant, je ne me risquerais pas à qualifier comme dangereuse une alimentation riche en glucides qui proviennent principalement d’aliments frais et bons pour la santé, à savoir les fruits (et les légumes à moindre mesure).

Pour continuer cette discussion, je dirais que nos amis les Inuits vivent très bien, du moins ceux qui ont conservé un mode de vie traditionnel, avec des bilans lipidiques qui feraient rêver certains américains alors qu’ils n’ingèrent aucun fruit ni légume. D’autres, dans des plaines d’Afrique ou des montagnes Suisses, s’épanouissent pleinement avec une alimentation de type chasseur-cueilleur, riche en matières grasses, en végétaux à index glycémique bas et avec son lot de produits animaux.

Alors que dire ? Il est probable, et c’est une litote, qu’une alimentation riche en sucre ne soit pas excellente pour la santé, avec les produits raffinés mis à notre disposition aujourd’hui. Il est également plus que probable, une autre litote, qu’une alimentation paléolithique pauvre en sucre (low carb) et riche en gras (high fat) soit bonne pour la santé [1-6].

Quoi qu’il en soit, l’argumentaire utilisé dans l’article de Crudivégan, justifiant un régime riche en sucre sur la base que nous avons « [d]es milliards de cellules qui fonctionnent au glucose » n’est pas recevable. Car trop, c’est trop.

4. Alimentation riche en gras (et pauvre en sucre) : La pire ?

C’est là que je réalise que deux mondes à l’exact opposé s’affrontent. L’article stipule, sous une forme interrogative, qu’une alimentation riche en gras et pauvre en sucre aurait déjà démontré sa nuisance sur la santé humaine.

Alors d’une part, les preuves scientifiques démontrent tout à fait l’inverse, avec les moult bienfaits d’une alimentation paléo sur la santé (= high fat & low carb). Et d’autre part, les épidémies d’obésité, de diabète, de maladies cardiovasculaires, inflammatoires et compagnie se complaisent principalement sous une alimentation pauvre en graisse (bouh le gras, vive l’allégé !) et riche en sucre.

Mark Sisson s’épandait d’un article sur ce sujet il y a quelque temps, et nous apprenait que la source la plus riche en vitamine E était l’huile de palmier rouge ; le jaune d’œuf fait partie des meilleurs sources de choline, un micronutriment utilisé dans les fonctions hépatiques ; l’une des sources la plus riche en vitamine K2 est le beurre (de vache nourris à l’herbe) ; etc. ; etc.

Le célèbre blogueur paléo nous apprend également que deux méta-analyses publiées en 2010 et en 2011 innocentaient les graisses saturées dans le risque de maladie cardiovasculaire. La même étude que je citais dans mon article sur le beurre ghee d’ailleurs [7,8].

Je ne saurais citer cette méta-analyse de 2011 sur plus de 530.000 personnes qui a démontré le rôle très puissant et bénéfique d’un régime méditerranéen sur la santé. Certes cette alimentation n’est pas paléo, et autorise les produits laitiers et les céréales, mais fait la part belle aux végétaux, aux gras, aux produits animaux et aux oléagineux [9].

Pour conclure cette partie, on commence aujourd’hui à se rendre compte de la terrible erreur, du grossier procès qui a été fait aux matières grasses, simplement à cause de leur balance énergétique, 2 fois supérieure aux glucides et aux protéines. Aujourd’hui on paye le prix de cette fameuse « lipophobie ».

5. Alimentation riche en viandes = Cancers et maladies ?

Dernier point pour lequel j’ai un avis tranché, qui dépend de tellement de facteurs. Accuser la viande, d’une manière tranchée, sans prendre aucune précaution et sans tenir compte d’un maximum de biais… ce n’est pas très correct, on va dire.

Je suis d’accord sur le fait qu’une alimentation riche en produits carnées de mauvaises qualités (combinez l’élevage intensif, avec les antibiotiques, les pesticides et les viandes transformées) nuise à la santé humaine, par de multiples voies que je détaille régulièrement (ou là).

Ceci étant dit, le « paléovore » ultime recherche une viande de qualité. Une viande issue d’un élevage artisanal ou extensif, dans lequel la nourriture donnée sera principalement de l’herbe (et bio par-dessus tout). Ces viandes seront par conséquent riches en oméga-3, acides gras essentiel anti-inflammatoire, par exemple.

Ce même paléovore devrait également manger des abats, incroyablement riches en nutriments. Le foie de veau par exemple fera exploser vos apports en vitamine A, B2, B3, B5, B6, B12, en folate mais également en phosphore, en zinc ou en cuivre.

Les études citées plus haut sur le régime paléolithique prouvent quelque part qu’une alimentation carnée intelligente (high fat & low carb), avec des produits de qualité, et une part importante de végétaux à index glycémique bas (avec pleins d’autres trucs) permettent de maintenir un excellent état de santé.

Conclusion = Attention aux raccourcis…

Pour conclure parce qu’il faut conclure, attaquer le régime paléolithique avec si peu d’argumentaires solides n’apparaît pas très sérieux. Je ne suis pas un défenseur invétéré de l’alimentation paléolithique, qui participe d’une certaine manière au maintien d’élevages atroces pour des millions d’animaux, même si je pense et j’espère que la plupart des « paléovores » choisissent avec attention leur produit.

Mais je défends tout de même ce régime sur la base des preuves scientifiques actuelles.

Bien que le corps ait besoin de glucides pour survivre, et notamment notre gros cerveau gourmand, nous sommes capables de synthétiser jusqu’à 150 g de glucides par jour sans apport de glucides, tout en sachant que des apports moyens compris entre 100 et 150 g par jour sont corrects. On a vite fait le compte.

Il est indéniable que les fruits et les légumes doivent être présents, et en grande quantité, dans une alimentation saine. Ai-je besoin de le rappeler ? Ouais. Et qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit, j’ai fait une « juice party » il y a peu pour la première fois, et je dois dire que ça déchire pas mal. Alors pourquoi pas. Des articles suivront.


Notes et références

  1. Frassetto, L. A., M. Schloetter, M. Mietus-Synder, R. C. Morris, Jr., and A. Sebastian. 2009. Metabolic and physiologic improvements from consuming a paleolithic, hunter-gatherer type diet. Eur J Clin Nutr 63:947-955.
  2. Jönsson, T., B. Ahrén, G. Pacini, F. Sundler, N. Wierup, S. Steen, T. Sjöberg, M. Ugander, J. Frostegård, L. Göransson, and S. Lindeberg. 2006. A Paleolithic diet confers higher insulin sensitivity, lower C-reactive protein and lower blood pressure than a cereal-based diet in domestic pigs. Nutrition & Metabolism 3:39.
  3. Jönsson, T., Y. Granfeldt, B. Ahrén, U.-C. Branell, G. Pålsson, A. Hansson, M. Söderström, and S. Lindeberg. 2009. Beneficial effects of a Paleolithic diet on cardiovascular risk factors in type 2 diabetes: a randomized cross-over pilot study. Cardiovascular Diabetology 8:35.
  4. Jönsson, T., Y. Granfeldt, C. Erlanson-Albertsson, B. Ahrén, and S. Lindeberg. 2010. A paleolithic diet is more satiating per calorie than a mediterranean-like diet in individuals with ischemic heart disease. Nutrition & Metabolism 7:85.
  5. Kuipers, R. S., M. F. Luxwolda, D. A. Janneke Dijck-Brouwer, S. B. Eaton, M. A. Crawford, L. Cordain, and F. A. J. Muskiet. 2010. Estimated macronutrient and fatty acid intakes from an East African Paleolithic diet. British Journal of Nutrition 104:1666-1687.
  6. Lindeberg, S., T. Jönsson, Y. Granfeldt, E. Borgstrand, J. Soffman, K. Sjöström, and B. Ahrén. 2007. A Palaeolithic diet improves glucose tolerance more than a Mediterranean-like diet in individuals with ischaemic heart disease. Diabetologia 50:1795-1807.
  7. Siri-Tarino, P. W., Sun, Q., Hu, F. B., & Krauss, R. M. (2010). Meta-analysis of prospective cohort studies evaluating the association of saturated fat with cardiovascular disease. The American journal of clinical nutrition, 91(3), 535-546.
  8. Kuipers, R. S., de Graaf, D. J., Luxwolda, M. F., Muskiet, M. H., Dijck-Brouwer, D. A., & Muskiet, F. A. (2011). Saturated fat, carbohydrates and cardiovascular disease. The Netherlands journal of medicine, 69(9), 372-378.
  9. Kastorini, C. M., Milionis, H. J., Esposito, K., Giugliano, D., Goudevenos, J. A., & Panagiotakos, D. B. (2011). The effect of mediterranean diet on metabolic syndrome and its componentsa meta-analysis of 50 studies and 534,906 individuals. Journal of the American College of Cardiology, 57(11), 1299-1313.

Inscrivez-vous à la newsletter

Rejoignez une communauté de 10.000 abonnés ! Vous recevrez toutes le enquêtes et infos en exclusivité avec un guide offert sur le sucre... Alors arrêtons de chipoter !

83 commentaires
  1. Bravo une fois de plus pour cet excellent article ! Loin de tout esprit sectaire, il n’y a que la science qui puisse nous guider sur ce sujet brûlant. Et aussi notre instinct ! Le végétalisme est souvent présenté comme la seule alternative à la malbouffe industrielle. Le modèle paléo est intéressant, mais à la condition expresse de ne manger que des produits fermiers. Tout à fait d’accord avec votre synthèse. Et je suis médecin – avec les mêmes références que vous. Continuez avec votre liberté de pensée !

    1. Salut Xav !

      Merci pour ton message ! Je suis ravi d’apprendre que le message que je souhaite faire passer est bien compris (en tout cas par toi), et loin de moi l’idée d’attaquer gratuitement tel ou tel régime, mais plutôt de choisir ce qui peut nous convenir le mieux à la fois sur le plan évolutif et historique, mais aussi scientifique et empirique avec l’expérience de milliers de personnes !

      A bientôt.

  2. «l’étrange relation alimentaire Homme-Grands singes» ?

    Le macaque nous ressemble beaucoup. Son ADN est similaire à 93,5% à celui des humains. C’est ce que les scientifiques prévoyaient pour ce proche cousin séparé de l’humain il y a 25 millions d’années.
    En comparaison, les humains et les chimpanzés partagent 98% de leur ADN. Leurs espèces ont divergé plus récemment, il y a 6 millions d’années.
    99% des 3 milliards de paires de bases formant notre double hélice d’ADN sont identiques à celles du chimpanzé…

    L’ADN des gorilles est de 98 % à 99 % identique à celui de l’homme. Ils sont les êtres vivants les plus proches de l’homme après le Bonobo et le Chimpanzé.

    Avec une telle similitude à l’homme, l’alimentation des gorilles et des chimpanzés ne peut être que similaire à celle des hommes primitifs.
    Les gorilles sont loin d’être des gringalets.
    Mais que mangent nos cousins les chimpanzés et les gorilles ? Ils ne mangent de toute façon que ce qu’ils trouvent dans leur environnement.

    Le gorille : “avec de telles canines, on l’imagine carnivore ! Le gorille est pourtant un authentique (non, pas entièrement) végétarien : feuilles, tiges, racines, fruits et QUELQUES INSECTES (vivants) constituent l’essentiel de son repas.”

    Les chimpanzés “Les chimpanzés sont essentiellement végétariens. Ils mangent des graines, des fruits, des fleurs et des feuilles. Ils mangent peu de viande, mais quand ils en mangent, ils mangent des petits animaux et DES INSECTES (vivants).”

    Le régime alimentaire naturel du macaque est constitué de bourgeons, de graines, de racines, de fruits et de beaucoup d’INSECTES (qui sont très riches en protéines et acides gras polyinsaturés).

    Ni le gorille, ni le chimpanzé, ni le macaque ne sont strictement végétariens pour une raison simple est que ni l’organisme des primates, ni l’organisme humain ne sont capables de synthétiser les acides gras polyinsaturés indispensables précurseurs de toute la famille des acides gras oméga 3 et oméga 6.
    Ces acides gras polyinsaturés indispensables à l’organisme humain sont présent dans le lait maternel mais pas dans le lait de vache car l’organisme de la plupart des animaux est capable de les synthétiser.

    Les acides gras polyinsaturés indispensables à l’homme comme aux gorilles et aux chimpanzés sont présents dans les larves et les insectes vivants.
    Ces acides gras polysinsaturés sont très fragiles. Ils ne résistent ni à la chaleur (la cuisson), ni au contact de l’air où ils sont immédiatement oxydés.

    LES ACIDES GRAS POLYINSATURES

    « Les principaux représentants des acides gras polyinsaturés (n-6) sont l’acide linoléique 18:2 (n-6) et son dérivé l’acide arachidonique 20:4 (n-6). On sait depuis plus de 60 ans qu’ils sont indispensables à l’homme  : celui-ci doit les trouver dans son alimentation car il ne peut pas faire leur synthèse. Une carence en polyinsaturés (n-6) entraîne un ralentissement de la croissance et du développement, une altération de l’intégrité de la peau et des reins, des problèmes de reproduction, etc.
    ….
    Mais l’avancée fondamentale de ces dernières années est la mise en évidence du rôle des (n-3) dans la biogénèse des membranes, en particulier au niveau du système nerveux et de la rétine. Ce rôle est particulièrement critique au moment où le foetus construit son cerveau. Ce rôle essentiel des (n-3) ne peut être assumé par les (n-6).
    On estime aujourd’hui que l’acide linoléique doit représenter 3 à 5% de l’apport calorique, et l’acide linolénique 0,5 à 1%. (soit pour un apport calorique de 2000 kcal/j, 7 à 11 grammes d’acide linoléique et 1 à 2 grammes d’ acide linolénique).

    FRAGILITE DES ACIDES GRAS INSATURES

    Les doubles liaisons confèrent aux acides gras insaturés leurs propriétés intéressantes, mais sont aussi un point de fragilité de ces molécules. Cette fragilité augmente considérablement avec le nombre de doubles liaisons. Au cours des traitements technologiques et culinaires (raffinage, friture…), ces acides gras peuvent subir plusieurs sortes d’altérations : oxydation, polymérisation, cyclisation, isomérisation… Ces transformations ont deux conséquences : d’abord, elles entraînent une diminution notable en composés essentiels ou intéressants pour l’organisme, ensuite, elles conduisent à la formation de composés nouveaux… »
    http://www.institutdanone.org/objectif-nutrition/les-acides-gras-insatures/dossier-les-acides-gras-insatures/

    Les composés nouveaux formés sont les acides gras insaturés trans dont la plupart des effets indésirables sont bien connus.
    «Les effets nocifs des graisses insaturées trans sont mieux établis que pour presque toutes les autres substances alimentaires » !!!
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Acide_gras_insatur%C3%A9.

    La source d’origine artificielle d’acide gras trans se trouve en grande quantité dans les produits industriels : pain /sandwich (4 g à 21 g d’acides gras trans sur 100 g de graisses), viennoiseries (24 % à 35 %), biscottes, craquelins (0,1 % à 17 %), pâte à pizza / pâte feuilletée (16 % à 61 %), gâteaux (12 % à 36 %) et dans les fritures : beignets, nuggets, frites, …

    Il est INTERDIT de nourrir les animaux dans les zoos.

    1. attention avec le % de génome en commun, une nouvelle branche de la génétique consiste à étudier l’influence de facteurs internes ou externes sur l’expression de nos gènes (ce qu’on appelle l’épigénétique). ce sont ces facteurs qui déterminent quels chapitres de notre encyclopédie vont être lus, et c’est cette lecture différentielle qui fait qu’à partir d’un ADN presque identique on obtienne des espèces avec des caractères plutot différents.
      Car à partir de là, on a aussi 60% d’ADN en commun avec la drosophile (petit moucheron des fruits) lol !
      Le % d’ADN en commun nous renseigne juste sur qui est plus proche parent de qui, donc pouvoir déterminer des liens de parenté plus ou moins étroits donc l’existence d’ancêtres communs récents ou anciens.

      Il ne fat pas oublier non plus que dans cet ADN, seule une infime partie est codante, le reste, encore plutot ignoré, est appelé “ADN poubelle” (jusqu’à ce que quelqu’un découvre un jour probablement une utilité insoupçonnée). Et dans cet ADN codant, nos gènes, il y a encore un épissage qui permet à partir d’un même gène découpé de plusieurs façons, d’obtenir parfois plusieurs 10aines de protéines aux fonctions différentes, en fonction de l’emplacement de la cellule dans le corps ou de la période de la vie…
      De quoi donner le vertige !
      On comprend alors que partager de l’ADN avec d’autres êtres vivants, n’est pas suffisant pour comprendre la complexité de la physiologie de caque espèce et aussi de chaque individu au sein d’une espèce…

      Pour les acides gras polyinsaturés, il a été démontré qu’ils devaient être associés à de bonnes sources de saturés pour être métabolisés dans le corps, donc éviter la mode des compléments ou poduits enrichis artificiellement (jambon, margarine) et continuer à trouver des aliments complets avec de bonnes associations (et jeter toutes les huiles raffinées très riche en omégas 6).

  3. L’homme préhistorique a certainement mangé de tout, parmi ce qu’il pouvait trouver pour survivre, très variable et très varié suivant les endroits et les saisons, surtout fruits, racines, insectes, poissons et viande rarement, car essayez de vous nourrir en chassant avec juste un pieu ou une lance. Depuis plus de 400 mille ans, voire plus du million d’années, il a été capable de disposer du feu et donc de cuire, ce qui a permis de faire grandir le cerveau des hommes.
    Nous n’avons jamais eu autant de quoi nous nourrir, aussi facilement qu’actuellement, et donc nous sommes faits pour stocker l’excès de nourriture pour survivre aux périodes de famines futures, ce qui nous a permis de survivre, mais qui nous fait grossir de trop, surtout ceux dont les ancêtres avaient beaucoup de peine à trouver leur nourriture. Regardez les arborigénes d’Australie, maigres avant contact avec l’ homme blanc et devenus obèses depuis, car très inadaptés à notre nourriture.
    La nutrition a tort de tout réduire au quantitatif, au bilan de chaque élément, en oubliant trop les synergies essentielles des aliments variés. Notre capacité à survivre nous permet de vivre avec toute sortes de nourriture, mais en vivant plus ou moins bien.
    Donc nous ne sommes pas adaptés pour manger beaucoup trop de viande, ni trop de céréales, que nous ne mangions que très peu, il y a plus de10000ans.
    Lisez le livre l’enquête Campbell par T C Campbell dans j’ai lu, bien être (10674), basée sur 40 ans de recherches, qui montre que nos maladies de la prospérité (cancer, infractus, AVC, diabète, etc.. ) sont dues à notre consommation de trop de protéines d’origine animale (viande, lait ), et il suffit de réduire fortement pour les éviter et vivre bien plus longtemps. La preuve indiscutable est visible partout, même parmi nos voisins, souvent trop bons vivants.

    1. @ Dereco:

      Je suis plutôt d’accord avec ton commentaire. L’excès de produits animaux, mais de mauvaise qualité et avec un mode de vie déplorable (alcool, tabagisme et sédentarité), n’est pas bon pour la santé. En revanche, pour nos amis les hommes préhistoriques, il faut les imaginer en tant que tribu, en tant que groupe capable de tendre des pièges, avec de nombreuses personnes. Peut-être qu’un pieu n’est pas grand chose, mais multiplie ce pieu par 10, plus des pierres projetées, des pièges et là tu changes la donne. C’est bien les capacités de socialité, de réflexion et de stratégie qui ont permis aux hommes de chasser bien avant les outils.

      Pour Campbell je suis plutôt d’accord, bien qu’une célèbre blogueuse anglo-saxonne ait fortement critiquée son étude. Voir Denise Minger danss SOS raw food.

      1. oui l’étude Campbell a des failles qui ont été démontées par plusieurs pairs depuis, donc ne pas tout prendre au pied de la lettre.

        Une chose est sure, c’est que nos ancêtres ne chassaient pas forcément pour trouver leur protéines, ils suivaient plutot les grands prédateurs et finissaient les restes, particulièrement la moelle des os, grâce à l’utilisation d’outils.

      2. Tu n’es pas la première personne à présenter cet argument mais je suis sceptique, j’ai des études paléo-anthropologiques sur les carcasses retrouvées avec des lances plantées, sur l’extinction de la mégafaune australienne par la chasse (cette mégafaune qui n’avait rien à voir avec nos animaux miniatures). Et tout montre que l’homme est un excellent chasseur et prédateur et n’a pas besoin d’être un charognard, même si il fait ça très bien aussi, ça me rappelle une vidéo de trois africains volant le butin de 2 lions en les faisant fuir (je n’exclus pas que ça puisse être un autre félin).

    2. Il y a quelque chose qu’on semble oublier pour la chasse. Si une antilope est plus rapide qu’un homme elle est beaucoup moins endurante, ça a été prouvé plusieurs fois, un marathonien a coursé une antilope, sans trop se presser, au bout de quelques temps l’antilope n’en pouvait plus et s’est laissée attraper sans aucune résistance. On dit souvent que l’homme préhistorique était meilleur que nous à la course, en force et en résistance, il est donc assez probable que la chasse n’était pas un gros problème, c’était une chasse à l’usure. (Mais assez d’accord, l’homme mangeait alors peu de viande et ne savait pas toujours la conserver efficacement -il y avait bien le fumage et dessèchement mais le résultat est aléatoire, surtout dans les pays chaud )

  4. j’ai lu ton article hier,
    et aujourd’hui, j’entend ça : http://www.franceinter.fr/video-nora-hamzawi-regime-paleo

    C’est désespérant, cette façon qu’on les journalistes/humoristes/média, de généraliser a tout va.
    ” pas de riz, pas d’alcool, pas de poulet …”
    Alors que le paléo convaincu mange du riz … complet,
    et du poulet : rarement mais de qualité.

    Bref, la dame, elle m’a agacée.
    Et pourtant, je ne mange pas paléo.

  5. Je peux lire de tres bons commentaires de toutes parts et chacun amene son idée sa vision son experience c’est tres plaisant. J’aimerais ajouter a tout cela un aspect qui n’a pas été évoqué (sauf erreur de ma part). Le crudivorisme et l’exces de végétaux n’est pas tres bon non plus a la santé. Certains ont fais de brefs rappels physiologique concernant la digestion dans l’intestin humain ou bovin par exemple. En effet l’homme n’a pas un tube digestif suffisament performant pour venir a bout de trop de fibres et d’anti-nutriments. Les végétaux en exces notament le cru favorise l’inflammation de la muqueuse intestinale a cause des facteurs anti-nutritionnels tel les lectines phytates ou encore inhibiteurs de trypsine et j’en passe. Si ce genre d’alimentation est maintenue trop longtemps on assiste alors comme l’a fais remarquer une blogueuse plus haut a des physiques de végétalien maigre faible carencés et fragiles. Un probleme de mal-absorbtion peu s’installer et engendrer des problemes de santés parfois assez lourds. Loin de moi l’idée de cracher sur ces styles de vie mais c’est vrai que ce sont des gens qui ont un besoin farouche de prouver la supériorité de leur mode d’alimentation. On entend aussi souvent “les betes ont une ame c’est trop cruel”. Mais les végétaux aussi ont une ame il n’y a qu’a observé un tournesol suivre le soleil tout au long de la journée. C’est bel et bien vivant.
    Etant étudiant je n’ai pas les moyens de manger de la viande tous les jours. Donc comme l’a écris Jérémy j’alterne jours végé et jours carnivore. Je me sens bien comme ca c’est un bon compromis je trouve. Je dis que si un mode d’alimentation nous convient nous rend heureux et nous permet de nous épanouir alors c’est parfait. Mais cela ne conviendra peut etre pas au voisin. Il faut savoir faire la part des choses et se remémorer qu’on n’a pas tous les memes métabolismes ni les memes caracteristiques physiologiques. Et gardons nous surtout de critiquer sans le moindre argument de valeur.
    Bonne soirée a tout le monde

  6. Pour la maman de Jérémy l’article est super bien car il me permets de réaliser qu’il est bien “en vie” -c’est pour rigoler- mais toutefois avec moins de verve que d’habitude
    l’article est gentillet -deviendrait on gentil à Paris àa m’étonnerait beaucoup!!-

    alors j’ai décidé une chose on est libre normalement donc on mange ce que l’on veut on suit son instinct par exemple : aujourd’ hui jeûne ainsi plus de soucis pour la journée demain par contre repas végétarien je reçois mon amie qui en autre est maitre Fen SHUi (nous en avons un réel besoin!) et je vais lui préparer de bons petits plats! après demain nous aurons surement n’importe quoi car avec les petits on mange de tout
    et néanmoins comme nous mangeons sainement cad gras lsucre mac do etc… on ne connait pas nous sommes loin d’être en surcharge d’ailleurs comme je vais encore me faire opérer ma chir. espérait un peu plus de graisse aie aie je vais avoir mal c’est la vie c’est ainsi

    quand à la Calédonie elle est morose depuis une semaine pluie vent pas de soleil temps frais
    combien nous sommes habitués à notre vie sereine chaude paléo et autre

    quand au tabac et je pense toujours à mon cher époux qui fume fume fume mon dernier cadeau la vaporette mais ce n’est pas la cigarette donc pour les vrais enragés des clops cad nos drogués! il va falloir inventer autre chose car ni la cigarette electronique et ni la fameuse vaporette ne peuvent rivaliser avec Winfield ou Malboro mon désespoir

    enfin bon repas à tout le monde avec un grand bonjour de Caledonie

    Monique de Plum

  7. MarcD a mis l’accent sur un point extrêmement important: l’endurance de l’homme.

    Je me suis mis à la course à pied il y a un peu plus d’un an et je peux vous dire que courir de grandes distances est très faciles. Là où au départ je stressais à l’idée de faire 15km, je me lance maintenant dans un trail de montagne de 60km dans quelques jours.

    Ceci est dû à notre système de sudation. Nous pouvons courir de très longues distances sans nous arrêter comme les animaux le font pour haleter. Ainsi, il semblerait que la chasse préhistorique s’articulait autour de plusieurs chasseurs coursant un gibier sur de longues distances. Le reportage “Born to run” met d’ailleurs en scène l’un ou le dernier peuple au monde à pratiquer cette chasse. De mémoire, il s’agit d’une antilope. Elle est obligé de s’arrêter car son corps est trop chaud. Elle doit donc évacuer cette chaleur par la gueule. Les chasseurs n’ont ainsi plus qu’à la “cueillir”.

    Croire que l’homme est végétarien par nature semble minimaliste. Il a certainement du manger de petites quantités de viandes, ceci du à la rareté.

  8. Pourquoi mais pourquoi tout le monde dit que le quinoa est une cereale , alors que c est une PLANTE??????!!!!!

Commentaires désactivés.

En postant un avis, vous acceptez les CGU du site Dur à Avaler. Si votre avis ne respecte pas ces règles, il pourra être refusé sans explication. Les commentaires avec des liens hypertextes sont sujets à modération à priori. Merci d'émettre vos avis et opinions dans le respect et la courtoisie. La partie commentaire sera automatiquement fermé 30 jours après publication de l'article.