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« Les enfants et le petit-déjeuner, un véritable casse-tête »

Sur TF1, le 2 septembre, la rédaction proposait un sujet de 2 minutes sur le petit déjeuner des jeunes français (à revoir ici), dans l’optique de mettre en avant le caractère fondamental de celui-ci et de comment préparer un petit déjeuner complet à l’aide des conseils d’une nutritionniste.

Le plus surprenant dans ce reportage, c’est le passage avec la diététicienne-nutritionniste dans un supermarché qui doit confectionner « un panier complet » pour le petit déjeuner.

Attention, la séquence ne dure que quelques secondes, mais on peut voir le panier de la diététicienne (en illustration de cet article) et entendre les commentaires associés.

Ce passage vaut son pesant de cacahuètes et nous renseigne encore un peu plus sur les connaissances nutritionnelles de la profession.

Donc, selon la diététicienne-nutritionniste, elle propose un panier « équilibré » avec « un produit laitier, un produit céréalier et un fruit ».

Mais de quoi on parle précisément ?

Ce jus d’orange qui ressemblait à une orange

C’est surement le pire élément de ce reportage, le jus de fruit qui correspondrait à un fruit pour la diététicienne-nutritionniste.

Aucun doute là-dessus, j’ai regardé 5 fois la scène, la professionnelle de la santé pointe ce qui ressemble manifestement à un jus d’orange et le définit comme un fruit. Un fruit.

Mais est-ce vraiment le cas ?

Il est selon moi dangereux de faire cette simpliste comparaison surtout lorsque l’on parle de jus de fruit industriel, et non de jus de fruit fait maison.

Pour le jus de fruit maison, Anthony Berthou nous rappelle très justement qu’il est dépourvu des essentielles fibres qui permettent de réguler la vitesse d’assimilation des glucides, et que l’importante mastication disparaît (notamment pour le contrôle de la satiété).

Mais alors, quand on parle d’un jus de fruit industriel, en plus des fibres manquantes et de l’absence manifeste de mastication, on s’expose à d’autres ingrédients, d’autres additifs en fonction du produit choisi.

J’ai recherché sur la base de données Open Food Fact un jus d’orange qui ressemblerait à celui proposé dans l’émission. J’ai trouvé un jus, dont un seul verre apporterait 4 carrés de sucre blanc (2 verres, 8 morceaux). Et qui écope d’un « C » selon le nouveau code nutritionnel

Heureusement pour la diététicienne, il existe une offre intéressante de jus de fruit « naturel », sans conservateurs et qui respecte un tant soit peu la physiologie humaine.

Mais quand même. Comment est-ce possible de recommander un jus de fruit en lieu et place d’un vrai fruit ?

Est-ce que la diététicienne a volontairement simplifié son message, en se faisant par exemple la remarque que les fruits ne seraient pas accessibles à tous ?

Ou pire, pense-t-elle réellement qu’un jus d’orange équivaut à une orange ?

Je ne sais pas si la diététicienne contactée pour l’émission représente une majorité dans le milieu, mais lors de la « grande messe » de TF1, dire pareilles âneries posent des questions.

Du pain blanc et des pétales de riz

2ème point, sur les produits céréaliers, et 2ème horreur.

Pour un petit déjeuner équilibré, la diététicienne nous invite à prendre un « produit céréalier » représenté dans son panier par :

  1. Une baguette de pain blanc
  2. Des pétales de riz et de blé au chocolat au lait

Grace à l’emballage, j’ai pu retrouver le produit à base de pétale de riz et de blé, toujours sur Open Food Facts, estampillé d’un « E » rouge, la pire note du code nutritionnel.

C’est donc un produit trop salé, trop sucré, avec de nombreux additifs, et un index glycémique probablement très élevé qui ne remplira absolument PAS son objectif de tenir au corps durant la matinée.

Pour le pain blanc, c’est évidemment pareil. Bien que fait à 100% de glucides complexes, il possède un index glycémique élevé, beaucoup de sel, peu de vitamine et de minéraux. Bref, des quasi-calories vides.

Le petit déjeuner salé aux oubliettes ?

Il est choquant au final d’observer que la diététicienne n’a jamais proposé d’aliments « salés » pour le petit déjeuner.

Pourquoi ne pas avoir mentionné les banals… œufs ! Ils représentent une source incroyable pour de nombreuses vitamines et oligo-élements, de cholestérol et d’acides aminés qui participerons le matin à l’éveil et à la bonne forme.

Mais pourquoi pas également du poisson gras pour les enfants les moins difficiles, avec des tomates, des poivrons, et peut-être des oignons.

Le beurre représente aussi un élément très intéressant pour le petit déjeuner, en remplacement d’une confiture industriel, surtout si celui-ci est clarifié !

101 idées de vrais petits déjeuners

On peut également interpeller la diététicienne sur l’ensemble des produits oubliés et pourtant extrêmement intéressants pour participer au petit déjeuner.

Les amandes, les noix, les fruits secs, des flocons d’avoine naturels, du pain complet au levain, et même de la salade !

Au final et pour essayer de conclure, ce genre d’épisode malheureux, mais banal, dans l’histoire de la nutrition médiatique, nous démontre une fois de plus que la télé, c’est mieux quand elle est éteinte. Et que les professionnels ne sont pas toujours les meilleures personnes pour donner les conseils les plus judicieux.

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29 commentaires
  1. Bonjour,

    Je ne comprends pas que certaines personnes s’insurgent contre Jérémy, qui au final, nous poussent à réfléchir sur ce reportage, que l’on peut qualifier en tout point de vue comme mauvais.

    Tout d’abord, il n’a pas critiqué TF1 dans son ensemble; ça aurait pu être M6, France 2, France 3, TV 5 monde, on s’en fiche. ici c’est le média en général qui est critiqué, car il n’a pas fait son job, c’est à dire informer utilement les consommateurs.

    Il n’a pas critiqué le métier de nutritionniste ou diéteticienne mais cette diététicienne en particulier, qui proposent des produits qui certes seront appréciés par les enfants mais qui finalement, sur le long terme, sont des produits de très mauvaise qualité nutritionnelles et qui n’aideront en rien l’enfant dans sa croissance.

    Il n’est pas extrémiste, il propose des alternatives très simples (en quoi est-ce difficile d’acheter une orange plutôt qu’un jus d’orange ou du pain complet plutôt que du pain blanc?).

    En fait, je dirais que dans l’histoire, le méchant ce n’est ni Jérémy, ni la diéteticienne mais plutôt le média (ici TF1, mais encore une fois, ça aurait pu être n’importe quelle chaîne ou journal, ou radio), qui a cherché à faire le plus simple possible pour que ça parle aux plus de français possible. Et finalement, le reportage est mauvais, très mauvais.

    Sincèrement, j’en viens même à me demander s’il s’agit d’une véritable diéteticienne. Est-ce qu’une vraie diéteticienne, qui connait son métier, aurait vraiment dit qu’un jus de fruit correspond à un fruit et que le pain blanc est idéal? C’est la question à se poser. Est-ce qu’elle a peut-être été obligé de prendre des produits qui sont alléchants, qui font envie aux enfants (hé oui, la galette de riz avec le chocolat aura de toute façon plus de succès que celle sans chocolat…)?

    et finalement après avoir bien réfléchis à tout cela, la question :
    “mais pourquoi aurait-on fait une chose pareille?”

    Une seule réponse : l’argent. c’est triste hein?

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