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Oui, ce sont les résultats de la toute dernière étude publiée dans le sérieux Journal of American Medecine Association (JAMA) par une équipe de scientifiques américains (PDF)

Pourtant, ce qui est étrange, c’est que les médias, les grands journaux ou les sites spécialisés n’ont pas relayés exactement la même information que moi. En fait, ils ont même dit l’inverse !

  • Le Huffington Post titrait le 7 juin « Longévité : les végétariens vivent-ils plus longtemps ? »
  • Le 5 juin, Europe 1 s’enquillait d’un article choc « Les végétariens vivent plus vieux que les carnivores ».
  • L’Atlantico ou encore Slate publiait des titres du même acabit « Les végétariens vivent plus longtemps que les carnivores ».

Comment est-ce possible ?

Tous ces médias ne relaient qu’une seule information, toujours la même, et toujours colportée par les mêmes chiffres sensationnels.

Les végétariens, hommes et femmes confondus, auraient 12% de risques de mortalité en moins (toutes causes confondues) que les mangeurs de viande.

C’est bien le résultat majeur de cette fameuse étude étalée sur une durée de 6 ans avec plus de 73.000 participants.

J’en reviens donc à mon titre, mesdames, cela ne servirait strictement à rien de commencer un régime végétarien selon les résultats de cette étude, qui a l’air d’être plus que sérieuse.

Il faut se pencher quelque instant sur cette étude scientifique pour en cerner toutes les subtilités et mieux comprendre le choix de mon titre, et surtout pourquoi je persiste (oui, il faut lire l’article jusqu’au bout mesdames).

Les végétariens sur un piédestal !

L’étude a été conduite par 8 scientifiques sur une cohorte de plus de 73.000 religieux, des adventistes du 7ème jour exactement. L’objectif de l’étude était « d’évaluer l’association entre les différents végétarismes et la mortalité ».

Pour répondre à cette problématique, les chercheurs ont donc suivi un échantillon titanesque d’individus pendant 70 mois en relevant pour chaque individu :

  • Son régime alimentaire
  • La cause de sa mort

Ainsi que des dizaines d’autres facteurs comme le tour de taille, l’âge, le sexe, la profession, l’activité physique, le tabagisme, etc (la liste complète des facteurs est disponible dans l’étude).

La 1ère remarque qu’il est impératif d’intégrer pour mieux comprendre la portée de cette étude, c’est une étude épidémiologique.

Une étude épidémiologique de plus

Les chercheurs l’annoncent pourtant dès le début de l’étude, il tenter d’évaluer une « association » entre une variable X (le régime alimentaire) et Y (les causes de mortalité) afin de répondre à l’éternelle question :

  • Faut-il devenir végétarien pour sauver sa santé  ?

Les résultats de cette publication scientifique, et notamment les 12% de risques de mortalité en moins pour les végétariens, ne sont en réalité absolument pas prouvé. C’est impossible, ce n’est qu’une hypothèse, une théorie écrite sur 8 pages d’un coin de table, rien de plus.

Les chercheurs peuvent simplement dire qu’ils observent une association entre un régime alimentaire particulier, le végétarisme (et encore, on va voir par la suite que les chercheurs ne se sont pas trop foulés pour définir ce terme), et le taux de mortalité. Ils ne peuvent en aucun cas faire un lien de causalité entre les variables qu’ils ont choisi.

A la lumière de ces résultats, il convient d’en tirer des conclusions (ce qu’ils ont fait) afin d’établir des hypothèses de travail pour les vérifier dans des études bien spécifiques (des études cliniques, randomisées en double aveugle, par exemple).

D’ailleurs, les auteurs de l’étude indiquent eux même que leurs résultats doivent être « considérés avec prudence par les personnes en charge de programme diététique »

Je vous propose maintenant une analyse détaillée de cette étude, les méthodes utilisées par les auteurs seront détaillées ainsi que les principaux résultats avec comme toujours une enquête de bureau sur les conflits d’intérêts existants.

L’analyse détaillée de l’étude : des leçons de lecture critique

Les végétariens mangent de la viande, selon les auteurs

Tous les médias scandent en cœur (et en boucle) « Les végétariens vivent plus longtemps… »

Les végétariens. Mais c’est quoi être végétarien ?

Une personne qui ne mange plus de poisson ni de viande se définit comme étant végétarien. Cette personne peut alors manger des œufs, des produits laitiers, des légumes et des fruits. D’ailleurs, un lacto-ovo végétarien est en réalité un synonyme du végétarien de base. Les préfixe « ovo » et « lacto » signifie qu’il peut manger soit des œufs, soit des produits laitiers.

On peut également être un pesco-végétarien, où le poisson est toléré. On peut aussi adhérer au mouvement végétalien (ou vegan en anglais) où ni les œufs ni les produits laitiers sont tolérés (ainsi que tous les produits qui résultent de l’exploitation animale)

Maintenant que vous êtes bien informés, revenons sur notre étude qui fait le buzz et sur les 5 catégories de régimes alimentaires choisis par nos scientifiques. Les voici :

  1. Les végétaliens
  2. Les lacto-ovo-végétariens (autrement dit, les végétariens de base)
  3. Les pesco-végétarien
  4. Les semi-végétariens (tiens des nouveaux !)
  5. Les non-végétariens (les omnivores, les carnivores ou les deux !)

Les auteurs de l’étude ont créé une catégorie intermédiaire entre les végétariens et les omnivores : les semi-végétariens.

Selon les auteurs, tous les participants de l’étude qui mangent au maximum 4 fois par mois du poisson ou de la viande avec au moins une fois par mois de la viande, rentrent dans cette catégorie.

Pour être classé comme étant « non-végétarien », il faut manger au minimum 4 fois par mois de la viande ou du poisson avec au moins une fois par mois de la viande. Jusque-là, c’est pas trop mal (sauf pour notre catégorie chimérique).

Le plus intéressant concerne les végétariens, les vrais, ceux qui sont définis comme n’ingérant aucune viande ni aucun poisson et parfois aucun produit laitier ni œuf pour les végétaliens. Pourtant, les auteurs ne le voient pas de cette oreille, car les végétaliens peuvent manger de la viande, du poisson, des œufs et des produits laitiers au maximum une fois par mois.

On constate la même chose pour les lacto-ovo-végétarien, qui ont le droit de s’empiffrer un bon steak et une bonne papillote au moins une fois par mois, car faut pas déconner quand même, les auteurs sont tolérants mais pas neuneu !

Pour être un pesco-végétarien dans notre étude, il faut manger au moins une fois par mois du poisson et vous avez également le droit de craquer pour une bonne grillade une fois par mois (dieu est pardon n’est-ce pas ?).

C’est tellement compliqué cette histoire de maximum de marlin aux herbes et de minimum de bœuf au poivre que je vous résume le tout dans le tableau suivant :

vegetarien-vegetalien-pesco-ovo-lacto

Donc maintenant vous comprenez la même chose que moi :

Ce sont bien les lacto-ovo végétariens de l’étude qui jouissent d’une baisse de 12% du risque de mort. Faux ! Vous vous trompez comme la majorité des journalistes et des internautes !

Les auteurs de l’étude ont en fait regroupé les 4 catégories « végétarienne » sous le terme générique de « végétarien », tout simplement. Donc, les 12% concernent aussi bien les pesco que les végétaliens, que les semi-végétariens ou que les vrais végétariens (lacto-ovo).

Revenons sur un autre point de la méthode.

Des critères d’exclusions très particuliers

Au départ, ce sont plus de 96.000 personnes qui ont été sélectionnées et qui ont du remplir un formulaire composé de nombreuses questions pour déterminer, entre autres, le régime alimentaire.

Toutefois, plus de 23.000 participants ont été exclus de l’étude car n’ayant pas respectés quelques règles établies. Le fait d’oublier de mentionner son âge, sa date de naissance ou son ethnie dans le formulaire entraînait une radiation immédiate. Si la personne n’a pas au moins 25 ans, sa candidature est rejetée. Les apports caloriques sont également surveillés, en-deçà de 500 calories ou au-dessus de 4500 calories est c’est l’éviction assurée.

Les non-résidents américains ne sont également pas les bienvenus, ainsi que les passés médicaux chargés de maladies et autres termes que seul le Dr House maîtrise.

Finalement, vous pouvez être exclu de l’étude si vous oubliez de répondre à plus de 69 questions sur votre régime alimentaire. Autrement dit, vous avez le droit de rater 5 questions, par erreur, ou 35, ou 55 ou encore 69 !

N’est-ce pas étonnant ? Ou plutôt, est-ce bien sérieux ?

Pourquoi 69 questions, et pas 10 ? Les auteurs indiquent que pratiquement 5.000 personnes (5%) n’ont pas réussi ce critère de sélection. Sachant que le formulaire sur l’alimentation contient environ 200 items, vous avez le droit de ne pas remplir 1/3 du questionnaire !

Il n’y a aucun problème.

Justement, ce questionnaire, je peux en dire deux mots ?

Le questionnaire qui nécessite un disque dur de 200 tera octets !

Je vous l’ai dit, pour déterminer dans laquelle des 5 catégories les candidats font partie, ils doivent remplir un questionnaire de 52 pages (PDF) avec plus de 200 questions sur le régime alimentaire (dont n’oubliez pas, seulement 131 champs ou items doivent être remplis).

Les adventistes du 7ème jour de Californie doivent déterminer leur régime alimentaire moyen de l’année précédente. D’une année entière.

  • Oui. Vous devez vous rappeler ce que vous avez mangé il y a 6 mois quand vous étiez invité chez des amis pour faire une partie de Xbox-Pizza.
  • Oui. Vous devez vous rappeler de votre repas en date d’il y a 9 mois au restaurant Green House, et surtout de la sauce commandée avec votre salade végétarienne.
  • Oui. Vous devez aussi vous rappeler de votre petit déjeuner d’il y a 12 mois, pris sur le coin d’une table avec des restes du frigo… Merde, c’était un yaourt ou un bol de céréales ? Merde, j’en sais rien… C’était un yaourt ouais, j’aime bien le yaourt.

1 an. Ce questionnaire fait appel à des compétences cognitives impressionnantes alors que la plupart des personnes vivant sur Terre (parce que sur Krypton, j’en ai aucune idée) ne sont pas capables de se souvenir d’un repas pris il y a 1 semaine (alors celui d’il y a 34 semaines n’en parlons pas).

Se souvenir d’un repas pris il y a 3 mois est une chose, mais vous souvenez-vous aussi de la taille de la portion ? Et là, tout devient TRES compliqué.

Après un effort titanesque de plus de 3 heures, dans lequel vous avez consulté tous vos historiques MSN (oui, MSN existait encore à l’époque), vous avez appelé 23 de vos amis et envoyé 23 mails Facebook, vous vous souvenez enfin de bien avoir mangé des lentilles avec des oignons et des carottes, accompagnés d’un verre de jus de fruit.

Oui mais, j’avais faim ? Je ne me souviens plus, et je me suis resservi ou pas ? J’aurais peut-être gaspillé en fait… Merde ! Je coche quelle ration ?! (sachant que le questionnaire propose généralement 7 choix)

C’est le Bronx, et c’est bien normal.

Vous avez maintenant très bien compris où je veux en venir :

Les questionnaires utilisés dans les études d’épidémiologie qui avance des hypothèses lourdes de conséquences sur nos habitudes alimentaires se révèlent peu fiables, et même moins que cela si l’on prend en compte le protocole très particulier des auteurs de l’étude en question.

Pour rappel :

  • Les candidats peuvent « rater » jusqu’à 69 questions ;
  • Les candidats doivent se souvenir de tous leurs repas sur une année entière ;
  • Les catégories ainsi créées autorisent les végétaliens et les végétariens de craquer au moins une fois par mois pour un bon steak ou un Mc Do.

Remarquez que nous n’avons pas encore parlé des résultats, alors que ceux-ci prennent déjà du plomb dans l’aile à cause des faiblesses méthodologiques. Justement, parlons-en de ces résultats

Mortalité réduite de 12% chez les végétariens ?

Le tableau 1 de l’étude résume les principaux résultats acquis avec l’analyse des données des questionnaires et des actes de décès.

Il en ressort un tableau de 5 colonnes pour les différentes causes de mortalités (maladies ischémiques, cardio-vasculaires, cancers ou autres définit plus tard) avec la 1ère colonne désignant les causes de mortalité tout confondu.

Le tableau est ensuite divisé en 3 « lignes principales » :

  • Tous les participants (hommes et femmes confondus)
  • Les hommes uniquement
  • Les femmes uniquement

vegetarien-vegetalien-omnivore-carnivore-viande

J’ai colorié en jaune les résultats significatifs de l’étude, qui atteste bien d’une différence statistique entre les végétariens et les non-végétariens. Il n’y a que 4 champs en jaune, tout le reste n’est donc pas significatif et ne montre aucune différence entre un végétarien, un végétalien ou un pesco-végétarien avec un carnivore.

Les lignes « Non-végétariens » indiquent toutes « 1 », car c’est la référence, c’est le risque témoin. Les auteurs ont calculé un risque pour les non-végétariens, qu’ils calibrent ensuite à 1, pour ensuite les comparer avec les végétariens.

De ce fait, et il faut bien comprendre le principe : si la cellule indique 0.6 (1-0.6 = 0.4) : les végétariens ont dont (0.4*100) 40% de risques de mourir en moins d’une maladie X que les non-végétariens.

Si le chiffre est supérieur à 1, alors ce sont les végétariens qui ont des risques de mort plus important ! C’est par exemple le cas de la colonne « Cancers », dans la catégorie « Hommes », où les végétariens ont 2% (1.02) de risques en plus par rapport aux non-végétariens. Bien entendu, la différence est très faible et le résultat n’est pas significatif statistiquement.

Tout est clair ? Oui ? Vous avez donc compris d’où vient le fameux 12% de risques de morts en moins. C’est le fameux 0.88 de la première colonne, et première ligne. Ce chiffre étant significatif, il est repris par tous les médias.

Vous savez de facto que l’on ne peut même pas savoir à qui profite ces chiffres étant donné que le terme végétarien des auteurs intègre les 4 catégories vue précédemment (et qui sont en plus critiquable).

Le plus intéressant est à venir. Vous avez remarquez la dernière ligne ? Celle des femmes ? N’est-elle pas coloriée en jaune ? Absolument pas, rien.

Selon cette étude, les femmes végétariennes (lacto-ovo), végétaliennes, pesco-végétariennes ou semi-végétariennes n’auraient aucun bénéfice pour leur santé par rapport aux omnivores, aux carnivores et ce, peu importe leur consommation et la qualité de la viande rouge !

Du côté des hommes, un régime végétarien (tout type confondu) apporte 18% (0.82) de risques en moins comparé à un omnivore lambda.

Dans le détail, c’est quoi la différence entre risques relatifs et risques réels ?

18 % de risques de mourir en moins. Franchement, ça veut dire quoi ? Cela veut-il dire que 18 omnivores sur 100 meurent en plus tous les ans ? Non, sur 6 ans ? En réalité, nous avons tous 0.95% de risques de mourir toutes causes confondues. Ce chiffre est officiel, et surement proche de la réalité des occidentaux ou des citoyens des pays développés.

Donc, les « végétariens » auraient seulement 0.78% de risques de mourir toutes causes confondues au lieu des 0,95% des omnivores. Les 18%, une fois qu’ils sont intégrés aux risques réels, perdent franchement de leur côté « sensationnel ». Voici l’opération mathématique pour les anti-matheux : 0.95 – (0.95*0.18) = 0.779.

Des végétariens, mais quels végétariens ?

Heureusement pour nous et pour tous les « végétariens » qui se demandent quel végétarisme est le plus protecteur, les auteurs publient un tableau (n°4) qui compile tous les résultats pour les 5 catégories.

Ce tableau se lit exactement de la même manière que le premier, j’ai également conservé le code couleur (en orange, les résultats significatifs, le reste c’est peau de balle).

vegetarien-vegetalien-pesco-carnivore-viande

  1. Le premier résultat, flagrant ou pas, se situe chez nos amis semi-végétariens qui ne bénéficient d’aucune cellule orange ! Autrement dit, ce régime est comparable à celui d’un omnivore, ou d’un carnivore, peu importe.
  2. Deuxième résultat intéressant, et qui confirme largement mon titre, les végétaliennes, les vraies végétariennes (lacto-ovo) et les pesco-végétariennes (avec une exception notable sur les maladies ischémiques) ne bénéficient pas d’un taux de mortalité plus avantageux comparé aux « omnis ».
  3. Troisième résultat très intéressant, les lacto-ovo-végétariens (les végétariens de base, les hommes, j’insiste) ne bénéficient pas de protection toutes causes de mort, ni pour les maladies ischémique, ni pour les cancers et ni pour les autres catégories. Mais ils bénéficient tout de même d’un risque réduit de 23% pour toutes les maladies cardio-vasculaires.

Les autres (*) catégories concernent les maladies infectieuses, neurologiques, respiratoires, rénales et endocriniennes.

De la même manière qu’avec nos 12%, un homme a 30% de chance de mourir d’une maladie cardio-vasculaire, sauf si vous êtes lacto-végétarien, alors votre risque sera de 23%. Vous gagnez 7 points de vie supplémentaires !

Je vous laisse le soin de commenter les autres résultats pour les différentes catégories et je terminerais sur une dernière analyse.

On revient donc sur notre premier tableau qui nous indique que tous les végétariens confondus ont 12% de risque de mort en moins que les « omnis ». Si vous regardez la ligne correspondante, le seul trait significatif est « autres maladies ».

On se dirige donc sur la table « autres maladies » et on remarque que seule les maladies rénales et endocriniennes apportent une protection significative de 52% et 39%, respectivement.

Selon les chiffres officielles et les données de l’article, les maladies endocriniennes ne concernent en fait que le diabète de type 2, dont le risque de mort est de 1,73%.

39% de risques en moins signifient que votre risque passe de 1.73 à 1.06%. Pas mal.

Pour les maladies rénales, le risque le plus proche (néphropathie) tourne autour de 1.19% de risques de mort. Or, tous les végétariens auraient une 52% de risques en moins, ce qui le réduit à 0.56% (au lieu de 1.19).

Un mot sur les conflits d’intérêts

L’article ne serait évidemment pas complet si je ne parlais pas des conflits d’intérêts potentiels, mais récurrents, entre les auteurs et les sociétés végétariennes. Dans un précédent article où j’ai analysé 13 études portant sur le végétarisme, 10 présentaient un ou plusieurs conflits d’intérêts avec les auteurs.

Dans cette étude, le Dr Orlich (premier auteur) déclare avoir été payé à deux reprises par l’église des adventistes du 7ème jour pour avoir réalisé deux conférences sur les perspectives des études épidémiologiques, et sur les bienfaits du style de vie dans la prévention des maladies chroniques.

Finalement, Gary Fraser, le dernier auteur de l’étude, est également le directeur de l’AHS pour Adventist Health Study. Autrement dit, il dirige la campagne de sélection des adventistes du 7ème jour, et il est également auteur scientifique sur cette population cible de religieux. Les deux casquettes ne semblent pas déranger les médias, mais nous, un peu…

Conclusion

Cette étude épidémiologique est malheureusement du même bois que la plupart des autres études épidémiologiques que j’ai pu lire et analyser sur ce sujet, très sensible.

Les points à retenir :

  • Les méthodes d’acquisitions des données, par formulaire, biaisent fortement les résultats obtenus. 1er doute.
  • Dans cette étude, les conditions d’acceptations des formulaires paraissent étranges, avec la possibilité d’ignorer 1/3 des questions sur les habitudes alimentaire. 2ème doute.
  • Les catégories générées par les auteurs autorisent les végétariens (au sens large) a consommer de la viande ou du poisson au maximum une fois par mois. 3ème doute.
  • Il n’y a aucune sous-catégorie chez les non-végétariens pour dissocier les gros mangeurs de viande, des petits mangeurs, ainsi que des mangeurs de viande de qualité versus de moins bonne qualité (élevage intensif et/ou viandes transformées). 4ème doute.
  • Les résultats de l’étude n’ont aucune légitimité pour établir des liens de cause à effet, mais uniquement des associations, générant des hypothèses. 5ème doute.

Finalement, les chiffres annoncés dans l’étude puis repris dans la presse ne traduise pas la réalité observé dans l’étude, pour les hommes et pour les femmes indépendamment.

En effet, les résultats indiquent clairement qu’il n’y aurait aucune différence entre un régime omnivore et un régime végétalien, lacto-ovo végétarien, pesco-végétarien (sauf une exception) et semi-végétarien chez les femmes.

Chez les hommes, les résultats indiquent également qu’il n’y aurait aucune différence entre le régime semi-végétarien, et lacto-ovo végétarien (avec une exception).

Pour conclure, il sort tout de même de cette étude que ce sont les hommes végétaliens qui auraient le plus a gagner de suivre un tel régime, avec des bénéfices au niveau des cardiopathies ischémiques et des maladies cardio-vasculaires.

PS: bien entendu, chères lectrices végétariennes, cela ne sert pas à rien de devenir végétarienne. Je suis bien évidemment conscient que le régime végétarien est un régime santé, mais observez bien ce que l’on peut faire dire à une étude scientifique. 

Si cet article vous a plu, découvrez, avec plus de détails, comment évaluer correctement la qualité des sources scientifiques.

Mais également 5 raisons de se méfier de la science et des résultats scientifiques (et 5 raisons de lui faire confiance... pour équilibrer la balance !)


Références

 1. Orlich Mj, S.P.S.J. and et al., Vegetarian dietary patterns and mortality in adventist health Study 2. JAMA Internal Medicine, 2013: p. 1-8.

 

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135 commentaires
  1. Vegan depuis 11 ans je n’en suis pas peu fier.

    l’imbécile qui pond des articles sur l’inutilité du mode de vie végétarien/végétalien ferait bien mieux d’en faire lui même l’expérience.

    Je suis devenu vegan par choix pour les animaux, parce que je les aime.

    1. C’est quand même un peu plus complexe, non ? La réalité, la nature est cruelle, dure, entre deux moments de pooshooterie (qui existent, oui).

      Faut-il aller jusqu’à manger des produits issus de la permaculture vegan ?
      Histoire que les animaux soient exclus une bonne fois pour toute de la chaîne alimentaire/écosystème, éviter que les animaux servent de nourriture aux autres animaux/végétation/terre/bactérie/what else ?
      Et écarter les animaux des écosystèmes, c’est pas un peu nier leur qualité d’être terrestre, et donc ne pas les aimer ?

      Attention à ne pas s’auto-décerner trop rapidement un prix de méritant et de vrai aimant les animaux. L’agriculture conventionnelle, même bio, dès qu’il y a des machines, tue des animaux par millions. – principalement des rongeurs -. A moins de faire sa propre cueillette… Il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas pour paraphraser un économiste polémique.

  2. Bonjour, après avoir parcouru ton texte ( que je trouve très ben expliqué) et les commentaires qui suivent… je voudrais savoir ce que tu penses de cette dernière études….

    Nutrition and Health – The Association between Eating
    Behavior and Various Health Parameters: A Matched
    Sample Study
    Nathalie T. Burkert, Johanna Muckenhuber, Franziska Großschadl, Eva Rasky, Wolfgang Freidl
    Institute of Social Medicine and Epidemiology, Medical University Graz, Graz, Austria
    fev 2014.

    il y a un résumé en francais ici
    http://www.contrepoints.org/2014/04/04/161599-etre-vegetarien-mauvais-pour-la-sante.

    je précise que je ne suis pas un régime alimentaire précis mais bien une alimentation équilibrée et qui respect mes intestins irritables ( pas trop aliments complets sinon c’est la guerre avec mes intestins lol )

  3. Bonjour,
    Je voudrais d’abord vous conseille de se méfier des offres sur le net ainsi que les annonces. Depuis plus de 90% de ces annonces sont frauduleuses. Aujourd’hui, il ya de plus en plus les escroqueries. Je voulais emprunter de l’argent, après que vous ayez une annonce tous les jours je reçois plus de 25 messages rien à escrocs qui demandent de l’argent disent les coûts de la paperasserie. Et supprimée après mais un jour tombé sur une personne nommée leonido Vérone, croit aussi qu’il était parti d’escrocs net, mais à ma grande surprise, c’est différent, il m’a fait un prêt de 40.000 euros avec un grand pourcentage de 2% remboursable sur le nombre de fois que vous voulez. Il a confirmé et il est venu à la recherche d’un contact de prêt par e-mail. Voici votre email:

    armellassantos@gmail.com

    NB: je vous informe et vous jure que je n’ai eu qu’a payer les frais d’enregistrement et de contrat pour rentrer en possession de mes fonds.

  4. Salut Jérémy,
    Très bon article, en effet ca doit prendre un temps fou à faire! et un temps fou pour répondre lire tous les commentaires qu’il soulève! Que penser du régime seignalet ou bien des études qui analysent que l’on trouve dans les produits animaux qui impactent la santé plutôt qu’une étude sur un lien entre mort et viande?
    petit commentaire annexe : les remarques sexistes sont-elles nécessaires? on aime le ton léger de tes articles mais du sexisme on en voit déjà à la pelle partout tout le temps, on s’en passerait volontiers dans nos articles scientifiques préférés! :)

  5. Il va sans dire que la fiabilité des informations que l’on peut trouver, tant dans les livres, les études et internet, peut laisser à désirer. Cependant, si je ne m’abuse, bien que cet étude ne prouve pas que le végétalisme est meilleur pour la santé (Meilleur que quoi? A-t-il vraiment besoin d’être “meilleur”?), elle ne tend pas à prouver que c’est malsain ou qu’un régime omnivore serait à favoriser. De plus, le véritable but de cette étude n’est pas de faire la promotion ou de mettre en garde contre le végétarisme, mais bien de trouver une corrélation entre l’alimentation et la mortalité. D’ailleurs, d’affirmer que d’être végétarien ne sert à rien est absolument faux, car plusieurs aspects, tels que l’éthique, la morale et l’environnement n’ont pas été pris en cause, et le fait d’affirmer quelque chose de faux ou plutôt ” pas totalement vrai” n’est-il pas contradictoire au but de cet article qui est de démystifier le vrai du faux d’une étude? Ce commentaire n’a pas pour but de critiquer ton article, car somme toute, c’est un excellent travail. Cependant, il serait judicieux d’aborder un point de vue plus ouvert, car un arguments est souvent meilleur si il tient en compte les contre-arguments et admets ses propres faiblesse.

    Quoi qu’il en soit, tout est dans la manière de dire les choses et je suis sincèrement surprise de remarquer qu’aucun commentaire ne fais part de l’éventuelle possibilité qu’il n’y ait qu’une seule bonne réponse ou aucune bonne réponse. Les compromis n’existent-ils dont plus? D’ailleurs, l’éternel débat entre végétariens et omnivore n’a pas lieu d’être conflictuel et de rejeter complètement la vision d’autrui. Une plus grande ouverture d’esprit et un respect mutuelle aurait tôt fait d’amener la discussion à un autre niveau.

  6. Bon, vous aurez au moins eu le mérite de me faire rire avec votre article, ce qui, par les temps qui courent, est déjà une bonne chose.

  7. Bonsoir, j’avoue que je n’ai pas entièrement lu cet article, ni ses commentaires, mais je vais quand même répondre à cet article. Pour commencer je suis végétarienne et je compte bien devenir végane quand j’aurai quitter le domicile familial. Si je suis végétarienne, c’est seulement pour des raison étiques, je suis tout simplement contre toutes ses souffrances qu’on inflige aux animaux. Pour moi un végétarien ne mange pas de viande ni de poisson (dans aucun cas), si il est devenu végétarien c’est pour le bien-être des animaux, il ne veut en aucun cas causer des souffrances à un animal. Lorsqu’on est conscient de ce qui est fait aux animaux, on ne peut pas revenir en arrière, lorsqu’on est végétarien ou autre, on est peut pas se dire “tien à partir d’aujourd’hui je vais faire du mal aux animaux”. De ce que je viens de lire, tu as seulement exposé les raisons de santé. L’ostéoporose est une des conséquence d’un trop grand apport de protéines, dû à la consommation de viande. Les produits d’origine animales favorisent les cancers, l’obésité et autre…

    1. Salut Végé,

      Alors je suis navré de te dire qu’il est tout à fait mal venu de venir commenter, ou apporter ton expérience en précisant que “tu n’as pas lu tout l’article”. N’est-ce pas pourtant la première chose à faire pour venir commenter et critiquer ? Et si les informations à la fin de l’article rejoignaient ton point de vue ? Comment peux-tu le savoir ? Je trouve ça extrêmement dommage. Cela est d’autant plus vrai que je n’aborde pas du tout la dimension “bien être animal” dans cet article, mais comme tu l’as remarqué la dimension “santé”.

      Alors pour tenter d’élever le débat. J’espère que tu es conscient que le végétarisme n’est pas la réponse ultime pour lutter contre la maltraitance animale. J’espère que tu es conscient que la production d’oeuf est majoritairement très dégradante pour la qualité de vie des animaux. Dois-je parler de la production de lait, dont tu ne parles pas, mais que je supposes que tu consommes ? La séparation de la mère et de son petit à la naissance, les conditions effroyables de détention des laitières, l’abattage des veaux, etc.

      Je te comprend donc si ton optique est un respect total, alors oui, devenir Vegan est bien une solution.

      En revanche, pour ce qui est de l’ostéoporose, la réponse n’est pas aussi catégorique et la consommation de protéines (animales je suppose) n’est pas le seul facteur à prendre compte. La consommation de produits laitiers, le sport, les apports en vitamines D mais aussi en magnesium sont des facteurs importants dans la gestion de l’ostéoporose.

      Pour ce qui est de ta remarque finale sur les cancers et l’obésite, je ne saurais accuser les produits d’origines animales seule. Les causes génétiques, mais aussi la dégradation de la qualité de notre alimentation, avec les produits transformés sont tous des potentiels facteur de cancer. Que l’on parle de viande ou de légumes, si les méthodes de production sont affreuses, avec des pesticides et autres, des modifications génétiques à gogo ou autre, alors tout peut être néfaste.

      Une consommation raisonnée et raisonnable de produits animaux de bonne qualité sont au contraire associée avec une bonne santé générale.

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