Artemisia : l’infusion efficace pour traiter et éradiquer le paludisme

Rappel des faits

J’écrivais en octobre un article complet sur le scandale du traitement du paludisme, une maladie qui tue près de 500 000 personnes par an dans le monde, et dans lequel deux plantes de la famille des Artemisia sont rigoureusement mises de côté alors qu’elles ont un potentiel hors du commun.

Artemisia annua, la variété asiatique, et afra, celle d’Afrique, auraient suffisamment de molécules actives contre le paludisme pour permettre son éradication à moindre coût dans les zones fortement impaludées, où les conditions d’hygiène son déplorables, et où les médicaments sont quasi impossible d’accès ou contrefaits.

En réalité, vous avez découvert que la variété asiatique, Artemisia annua, est à l’origine de pratiquement tous les traitements contre le paludisme avec la fameuse artémisinine, l’une des molécules actives contre le paludisme.

Mais l’OMS refuse de populariser cette plante, les laboratoires y voient une concurrence déloyale, mais surtout on manque d’étude qui permettrait d’attester de l’efficacité des plantes, selon les standards internationaux.

Enfin, on manquait d’étude. Car aujourd’hui est un grand jour pour la science contre le paludisme avec la publication de l’étude dont je vous parlais il y a peu et qui avance une efficacité plus importante et plus marquée des infusions de plantes qu’un traitement antipaludéen de référence1.

La preuve de l’efficacité d’Artemisia

Le traitement et l’éradication du paludisme en utilisant des infusions de plantes qui auraient démontré leur efficacité en Chine ou pendant la guerre du Viêt-nam… Ce n’était qu’une vaste supposition, une théorie séduisante défendue par nombre de personnes, et notamment Lucile Cornet-Vernet, fondatrice de la Maison de l’Artémisia et auteure du livre éponyme.

Mais aujourd’hui, cette théorie dispose d’un essai clinique randomisé de haute qualité qui atteste de l’efficacité d’Artemisia annua, qui contient de l’artémisinine (le principe actif des combinaisons thérapeutiques, ACT), mais aussi de sa cousine africaine, Artemisia afra, qui elle n’en contient pas (lire ici en PDF).

Au total, 479 patients atteints d’un paludisme non sévère ont été traités avec les deux plantes : 229 ont pris l’infusion d’Artemisia annua, et 250 celle venant d’Afrique. 478 autres malades ont eux été traités avec un antipaludéen classique : un mélange d’artésunate et d’amodiaquine (ASAQ) produit par Sanofi-Aventis.

Les résultats sont spectaculaires et à la hauteur de ce qui avait été dit dans le documentaire de Bernard Crutzen dans Malaria Business :

  • les deux plantes ont une efficacité supérieure à la combinaison thérapeutique (ASAQ);
  • Afra et Annua ont entraîné des effets indésirables dans 5% des cas (uniquement des nausées et des vomissements), contre 43% pour l’ACT utilisé (des douleurs abdominales, diarrhées, hypoglycémies, insomnies, vertige, prurit, toux grasses, etc.);
  • les deux plantes entraînent une disparition complète des gamétocytes, contrairement à l’ASAQ, ce qui empêche la propagation de la maladie (et pourrait permettre son éradication);
  • les deux variétés sont aussi efficaces, chez l’homme comme chez la femme.

Cette étude apporte un sérieux crédit au combat que mène la Maison de l’Artemisia sur ce sujet, car les chiffres parlent d’eux même.

Il n’aura fallu que deux jours pour que les variétés d’Artemisia viennent à bout de la charge parasitaire, contre parfois 14 jours pour le traitement à base d’artésunate et d’amodiaquine.

Pourtant, il y avait entre 3 et 1000 fois moins d’artémisinines dans les infusions. L’une des principales critiques avancées par l’OMS et certaines sociétés savantes contre l’utilisation de ces plantes.

Ces résultats soutiennent l’hypothèse selon laquelle la Chine a pu éradiquer le paludisme sur son territoire à l’aide d’infusion d’Artemisia annua. Ces résultats risquent de remuer la sphère politico-médicale de l’OMS, de la Fondation Bill et Melinda Gates, qui ne croit pas aux pouvoirs des plantes, et des laboratoires.

Bien sûr les auteurs restent prudents, et malgré des résultats “excitant”, nous disent-ils, il faudrait de nouvelles études pour affiner la posologie, notamment chez les enfants et les femmes enceintes.

Cette étude est tout de même la première de cette envergure qui démontre l’intérêt des infusions d’Artemisia annua et afra pour le traitement et l’éradication du paludisme.

Une autre étude, cette fois-ci menée sur les comprimés de feuilles séchées est en cours d’analyse et devrait, sans grande surprise, confirmer l’intérêt thérapeutique de ces plantes.

Le paludisme n’a qu’a bien se tenir !


Référence

1. Jerome Munyangi , Lucile Cornet-Vernet , Michel Idumbo , Chen Lu , Pierre Lutgen , Christian Perronne , Nadege Ngombe , Jacques Bianga , Bavon Mupenda , Paul Lalukala , Guy Mergeai , Dieudonne Mumba , Melissa Towler , Pamela Weathers , Artemisia annua and Artemisia afra tea infusions vs. artesunate-amodiaquine (ASAQ) in treating Plasmodium falciparum malaria in a large scale, double blind, randomized clinical trial, Phytomedicine (2018)

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