L’argument d’autorité est une rhétorique fallacieuse rarement justifiée qui détourne le débat sur les sources et les faits. Mais l’autorité est présente dans tous les domaines et aspects de nos sociétés, ce qui rend la situation encore plus délicate.

Rarement nécessaire et souvent inutile

L’argument d’autorité pollue énormément les débats et échanges d’idée sur la toile, les réseaux sociaux et dans des articles de presse.

Utiliser son statut, qui impose une autorité dans un domaine, pour convaincre et faire valoir ses arguments fait partie des sophismes les plus communs et les mieux connus.

Cette rhétorique fallacieuse se heurte toutefois à un problème de taille : elle est parfois justifiée, d’autres fois non

Elle nécessite donc d’évaluer en détail l’origine de cette autorité, sa valeur et la confiance qu’on peut lui apporter. Nous verrons des exemples précis avec :

  • La collaboration Cochrane
  • L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
  • La Haute Autorité de Santé
  • Sur des sujets d’actualités récents, comme l’hydroxychloroquine, la vaccination…

Dans le domaine médical par exemple, un médecin fait naturellement autorité sur nous. Quand on va consulter pour un problème de santé, le niveau d’étude, les connaissances et l’expertise du professionnel de santé s’imposent naturellement à nous.

C’est normal, c’est son métier. Cela n’empêche pas qu’un médecin puisse se tromper, faire des erreurs ou avoir un jugement biaisé par des liens d’intérêts moraux ou financiers.

Cette autorité est patente dans tous les domaines de notre vie, en permanence. Dans son analyse très intéressante de l’argument d’autorité, Thierry Herman en parle comme un « sophisme inévitable ».

La plupart des choses que nous acceptons au quotidien se fondent sur l’autorité, reprenant inévitablement l’exemple du mécanicien dont l’expertise sur la réparation de notre véhicule est implicitement et explicitement acceptée.

Ce n’est pas vraiment un hasard si la plus haute autorité de santé en France s’appelle ainsi. La HAS fait autorité dans le domaine de la santé, émettant les recommandations qui guideront la pratique clinique de tous les praticiens en France.

Mais la HAS non plus n’est pas infaillible.

On se souviendra notamment du cas de l’évaluation des traitements de la maladie d’Alzheimer, où l’indépendance des groupes d’experts n’avait pu être assurée, aboutissant à des recommandations incohérentes avec le niveau de preuve à notre disposition.

Ce point nous fera nécessairement se questionner sur la fiabilité des autorités, avec l’introduction d’un scepticisme sain pour en vérifier la qualité.

Les dérives de l’argument d’autorité

Faire appel à l’autorité pour imposer une idée ou faire accepter une idée controversée, sans essayer de convaincre son auditoire avec des faits établis, est une dérive qui empoisonne la construction d’un dialogue.

L'argument d'autorité est une rhétorique fallacieuse rarement justifiée qui détourne le débat sur les sources et les faits. Mais l'autorité est présente dans tous les domaines et aspects de nos sociétés, ce qui rend la situation encore plus délicate.

Rarement nécessaire et souvent inutile
L’argument d’autorité pollue énormément les débats et échanges d’idée sur la toile, les réseaux sociaux et dans des articles de presse.

Utiliser son statut, qui impose une autorité dans un domaine, pour convaincre et faire . . .

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