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Dur à Avaler est un blog d'information sur la santé, la nutrition, l'univers du médicament et les conflits d'intérêts. Le blog est entièrement sans publicité pour faciliter la lecture des articles. Les articles sont le résultat d'une recherche scientifique minutieuse pour apporter des conseils et lancer des débats constructifs. Les article sont rédigés par Jérémy Anso, docteur en biologie et des auteurs invités pour des sujets particuliers. Le blog n'a pas vocation à remplacer le lien entre un patient et son professionnel de santé, mais bien de le renforcer par la confiance, la lecture critique des évidences scientifiques et le rendre plus transparent.

Bien dormir est souvent une composante du bien-être oublié ou un peu trop négligé… et pourtant. Dormir suffisamment, avec un sommeil de qualité sont des conditions indispensables pour être en bonne santé physique et mentale. Aujourd’hui, notre sommeil n’aura jamais été autant menacé : de plus en plus court et de moins en moins réparateur.

Pour être en bonne santé, il faut manger le plus sainement possible et faire du sport régulièrement. Deux piliers connus de la plupart d’entre nous pour préserver sa santé ou la retrouver. Mais bien trop souvent, on oublie le troisième pilier fondateur de notre santé : le sommeil.

Dormir est vital. Nous avons besoin de sommeil pour se reposer, être en forme pour accomplir les nombreuses tâches du quotidien et pour remplir de nombreuses fonctions biologiques : le renforcement de la mémoire et des souvenirs, les rêves, le repos musculaire, le respect des rythmes biologiques, la croissance, etc.

Sauf qu’aujourd’hui nous le savons tous, le temps nous manque. Trop occupé à travailler, trop occupé à se déplacer en voiture ou dans les transports en commun pour partir et rentrer chez soi, trop occupé à s’occuper de sa famille ou de sa maison… Au final, nous dormons de moins en moins longtemps, et de moins en moins bien.

Moins de 7h par nuit en 2017

Le dernier baromètre santé publié par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH)1 2 sur le sommeil des Français révèle que la situation n’est pas bonne. Si les insomnies chroniques semblent être moins fréquentes en 2017 (13,9%) qu’en 2010 (16,1%), les petits dormeurs augmentent.

Ces petits dormeurs n’atteignent pas les 7h minimales de sommeil recommandé par les agences de santé, et certains ont, selon les termes du BEH, des dettes de sommeil importantes et parfois sévères (plus d’une heure de sommeil en moins par rapport à son idéal réparateur).

En moyenne, les Français dormiraient 6 heures et 42 minutes en semaine contre 7 heures et 26 minutes en week-end (selon une étude faite sur plus de 12 600 participants). De plus en plus de Français sont donc en dettes de sommeil, presque 30%, et 19% avec une dette sévère (au-delà de 2h de sommeil manquant). 17% des Français sont en situation de restriction du sommeil dans la semaine, dont 14% en état de restriction sévère.

Les résultats apparaissent alarmistes tant nous savons que le manque de sommeil ou la perturbation des rythmes circadiens affectent l’état de santé, aussi bien au niveau métabolique que mental.

Et si la méditation pouvait améliorer la qualité de votre sommeil ? Découvrez les études scientifiques qui explorent le lien entre la pratique et la qualité de sommeil. La méditation peut être une des méthodes pour mieux vous reposer la nuit.

Trop de bruit, d’écrans, de transports…

Les spécialistes français et internationaux s’accordent sur les causes principales et supposées de ce trouble généralisé de la qualité et de la quantité de notre sommeil.

L’un des plus connus et étudiés, et qui touche principalement les professionnels de santé, les policiers, l’armée, les pompiers, les livreurs ou les conducteurs est le travail de nuit. La science nous a permis d’accumuler beaucoup d’évidences de l’impact négatif du travail de nuit sur la santé, avec une augmentation du risque cardiovasculaire, de l’obésité, du diabète, des accidents ou encore des problèmes pendant la grossesse. En 1990, 3,3 millions des travailleurs en France étaient concerné contre plus de 4,3 millions en 2013.

Comme il a été dit en introduction, les transports sont aussi une cause de cette dégradation de notre sommeil. Nous devons nous déplacer pour aller au travail, souvent loin, en empiétant sur les heures de sommeil. La gestion désastreuse de cette situation fait que nous perdons des heures inestimables dans les embouteillages, rajoutant bien sûr à l’état de stress général de la population.

Le développement très inquiétant des appareils connectés comme les smartphones et les tablettes sont également dans le viseur des spécialistes du sommeil. Nous sommes connectés en permanence, avec un impact significatif, et négatif, de ces écrans sur la qualité de notre sommeil (en plus des problèmes de la lumière bleue sur la vision).

Bien sûr, la majorité des habitants de la surface de la Terre peuple des villes et des mégalopoles qui ne dorment jamais et où les bruits et les lumières viennent irrémédiablement dégrader notre sommeil. Le trafic, les évènements en tout genre, les activités nocturnes citadines, les éclairages en tout genre participent à la dégradation progressive et continue de la qualité de notre sommeil.

Plus que jamais notre sommeil n’aura été menacé. C’est bien souvent l’une des clés pour améliorer significativement son état de santé.

Faire la “Grasse Mat” pour être en forme ? Dans la problématique du manque de sommeil en semaine à cause du travail, des transports, ou des voisins, nous avons tous (du moins beaucoup) le réflexe de dormir plus longtemps le week-end. Mais est-ce une bonne idée ? Les grasses matinées sont-elles bonnes ou mauvaises pour la santé ? Réponse ici.


Références

1. Léger D, Zeghnoun A, Faraut B, Richard JB. Le temps de sommeil, la dette de sommeil, la restriction de sommeil et l’insomnie chronique des 18-75 ans : résultats du Baromètre de Santé publique France2017. Bull Epidémiol Hebd. 2019; (8-9):149-60. http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2019/8-9/2019_8-9_1.html

2. Léger D & Bourdillon F. Éditorial. Le déclin du temps de sommeil en France n’est pas une fatalité. Bull Epidémiol Hebd. 2019; (8-9):146-8. http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2019/ 8-9/2019_8-9_0.html

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