Cette contraception masculine permanente et efficace soulève de plus en plus de questions à cause d’une augmentation des cas de cancer de la prostate.

© Reproductive Health Supplies Coalition| Unsplash

La contraception est une charge qui touche principalement les femmes. Ce sont bien elles qui doivent prendre une pilule contraceptive, mettre un stérilet ou se ligaturer les trompes pour une stérilisation permanente.

Chez l’homme, l’idée d’une pilule contraceptive fait très difficilement son chemin.

En revanche, la vasectomie apparaît de plus en plus comme une alternative fiable et sans grand danger pour éviter les grossesses non désirées.

Cette dernière explose depuis plusieurs années dans certains pays du monde. Les néo-zélandais, les Canadiens et les Britanniques ont le plus recours à cette opération définitive.

500 000 Américains y ont recours tous les ans.

Les Français traînent. Il y aurait plus de 13 000 vasectomies par en depuis 2019 alors qu’un tiers des Québécois de moins de 70 ans ont déjà eu recours à cette opération.

La vasectomie, c’est tout simplement rendre le sperme stérile, en coupant l’approvisionnement en spermatozoïdes.

On va ligaturer les canaux déférents pour empêcher le passage des spermatozoïdes dans le sperme. L’opération est bien souvent décrite comme rapide, avec peu de risque pour la santé comme des infections, hématomes et des douleurs.

On parle d’une opération irréversible, quand même bien ce n’est pas vraiment le cas. Dans certaines situations on peut essayer de reconnecter les canaux ligaturés, on parle alors de vasovasostomie.

L’opération n’est pas simple, beaucoup plus risquée, avec des taux de succès qui oscillent entre 30 et 40 % tout de même.

Vasectomie et cancer de la prostate

Si l’opération est bien souvent décrite comme mineure et sans danger pour les hommes, des voix alertent sur les risques de cancer de la prostate après l’opération.

Car depuis plusieurs années maintenant, le risque accru de cancer de la prostate à la suite d’une vasectomie commence à gagner de plus en plus de crédit scientifique, suggérant un lien de causalité.

Mais ce risque est jugé tellement incertain que peu de sites en parlent quand d’autres n’hésitent pas à parler de fake news.

La fiche explicative de référence sur Passeport Santé ne mentionne tout simplement rien à ce sujet. Seuls les oedèmes, hématomes et éventuelles infections sont présentés.

Le site Contraception Masculine est catégorique : « les études menées ne montrent pas à ce jour d’association causale entre le cancer de la prostate et la vasectomie », sans pour autant donner de source.

Même rengaine chez Wikipédia.

« Aucune relation, positive ou négative, n’existerait entre la vasectomie et la survenue ou non du cancer de la prostate » nous préviennent-ils.

La source de cette affirmation ? Une étude de 2016 qui s’est intéressé au risque de cancer de la prostate avec le nombre d’éjaculation (1). L’étude s’est indirectement intéressée aux vasectomies chez les participants pour ne trouver aucun lien avec le risque de cancer de la prostate.

Cette allégation se fonde donc sur une seule étude, pas vraiment faite répondre à cette question, alors que nous en avons plus d’une centaine à disposition.

C’est un peu léger.

Le site internet de la clinique Pro M.D. au Québec, qui réalise des vasectomies, affirme que « les risques de cancer n’augmentent pas suite à une vasectomie » sans préciser celui de la prostate.

On en arrive donc aux questions fondamentales de cette enquête :

  • Est-ce que nous avons bien une association entre les vasectomies et le risque de cancer de la prostate ?
  • Cette association, si elle existe, implique-t-elle une relation de causalité ?
  • Ce risque est-il significatif ? Négligeable ? Extrêmement préoccupant ?

Cette contraception masculine permanente et efficace soulève de plus en plus de questions à cause d’une augmentation des cas de cancer de la prostate.

La contraception est une charge qui touche principalement les femmes. Ce sont bien elles qui doivent prendre une pilule contraceptive, mettre un stérilet ou se ligaturer les trompes pour une stérilisation permanente.

Chez l’homme, l’idée d’une pilule contraceptive fait très difficilement son chemin.

En revanche, la vasectomie apparaît de plus en plus comme . . .

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1 commentaire
  1. Bonjour,

    Merci Jérémy pour ce travail de fond sur ce sujet qui préoccupe je pense ceux qui ont un jour pensé à faire une vasectomie.

    Les études sont parfois contradictoires, parfois “légères” ou parfois réalisés sur des animaux (rats ou singes), néanmoins, aucune étude ne parle d’amélioration de la santé de l’homme par la vasectomie bien au contraire.

    Il y a eu un coté marketing dans la vasectomie qui a été présentée comme opération “simple et sans risque” et souvent l’absence d’étude vaut absence de risque (ce qui n’est pas vrai à mon avis).

    Comment expliquer qu’une opération considérée comme “mutilante et interdite jusqu’à 2001” en France puisse subitement passer d’opération “simple et sans risque” ? Je pense qu’il faut un minimum se poser des questions et faire des recherches sur internet. Jérémy a fait un gros travail de recherche sur les aspects liés au Cancer de la prostate mais il y a de nombreux autres effets secondaires. Pour les retrouver, il faut rechercher les termes en anglais “Post Vasectomy Pain Syndrome” ou “Sperm Granuloma” ou encore “Sperm atibodies”.
    Sur le PVPS, Wikipedia nous donne la définition “Le syndrome de la douleur post-vasectomie (PVPS) est une douleur génitale chronique et parfois débilitante qui peut se développer immédiatement ou plusieurs années après la vasectomie. Par ce que c’est un syndrome, il n’y a pas de méthode de traitement unique, donc les efforts se concentrent sur l’atténuation/soulagement de la douleur spécifique de chaque patient.” Aux USA, ils prennent l’étude la moins disante qui indique une incidence à 1 à 2% alors beaucoup d’autres études parlent de 15% voir 33% (tout est question d’échelle de douleur). Et comme vous le savez, cette zone est trés douloureuse ! On peut dire que c’est un risque à prendre mais personnellement, je suis persuadé que cela n’en vaut pas la peine.

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