Artémisia : la plante dérangeante qui guérit le paludisme

Artémisia, une plante magique qui a délivré la Chine du paludisme sans générer la moindre résistance. Cette plante est aujourd’hui sacrifiée sur l’autel de la rentabilité pharmaceutique pour en extraire un seul composé, alors qu’elle est naturellement plus efficace et moins toxique que n’importe quel médicament en vente contre le paludisme. Ce scandale condamne tous les jours de centaines de milliers de personnes dans le monde.

Près de 500 000 morts par an dans le monde

La malaria ou le paludisme a touché en 2016 près de 216 millions de personnes selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). L’Afrique est le continent le plus sévèrement touché avec 90 % des cas de paludisme.

C’est un moustique de la famille des anophèles qui transmet la maladie, un parasite (principalement Plasmodium falsciparum en Afrique) qui entraînera au bout d’une dizaine de jours de la fièvre, des maux de tête, des nausées, pouvant aller jusqu’à une détresse respiratoire, des atteintes cérébrales et la mort.

La malaria tue. Elle a été responsable de plus de 445 000 décès en 2016, dont l’immense majorité toujours en Afrique. Depuis 2010, ce sont plus de 3 millions d’Africains qui en sont morts. Les adultes peuvent développer une certaine immunité à force d’entrer en contact avec le parasite pendant des années, mais les enfants n’ont pas cette possibilité; ce sont les principales victimes du paludisme.

15 pays d’Afrique subsaharienne sont les plus durement touchés par la malaria et concentrent rien qu’à eux plus de 80% des cas et des décès dans le monde. Un drame vécu au quotidien par tous les habitants du Nigéria, de la République Démocratique du Congo (RDC), du Ghana, du Mali ou encore du Burkina Faso.

Pour les aider à affronter le moustique et le parasite, l’OMS et d’autres organisations internationales déploient des moyens considérables autour de trois piliers :

  • la distribution de moustiquaire imprégné
  • l’épandage d’antimoustique (corporel ou pour de vastes étendues)
  • la distribution de médicaments antipaludéens

On pourrait rajouter le développement d’un vaccin, mais les promesses qu’il apporte sont plus que discutables, et les risques sont bien présents.

En fait, pour l’OMS et de nombreux acteurs publics ou privés de la santé, c’est bien le manque d’accès aux traitements antipaludéens qui pose problème.

Sauf que ces traitements entrent en concurrence avec l’utilisation traditionnelle et brute de la plante Artemisia annua – à l’origine même des traitements antipaludéens – qui serait capable de traiter et de guérir le paludisme à moindre coût. Cette plante serait plus efficace que les traitements actuellement disponibles, sans le moindre effet secondaire, mais ça ne plaît pas du tout à l’industrie pharmaceutique et à toutes les entités qui font de la malaria un véritable business.

La valse des médicaments

Avec près de la moitié de la population mondiale exposée au paludisme, le nombre de clients potentiels pour l’industrie pharmaceutique est colossal. Le nombre d’antipaludéens en vente reflète ce marché florissant : plus d’une trentaine de médicaments sont commercialisés ou l’ont été.

Aujourd’hui, ce sont les fameux ACT (Artemisinin-based Combinaison Therapy), des polythérapies médicamenteuses qui associent deux molécules dérivées de l’artémisinine (artesunate, artemether, dihydroartemisinin, etc.), extraite de la plante Artemisia annua, qui sont à la base de la lutte contre le paludisme et l’émergence des résistances aux monothérapies.

Car l’histoire de la lutte contre le paludisme est parsemée d’échecs à cause de la résistance du parasite aux médicaments existants… les uns après les autres.

La quinine est le symbole du succès de l’industrie pharmaceutique contre le paludisme… mais aussi de son échec. Cet alcaloïde issu des quinquinas d’Amérique du Sud, les « arbres des fièvres » dit-on, a permis de lutter efficacement contre la maladie, avec des effets secondaires parfois redoutables, du moins pendant un moment. Aujourd’hui les résistances des souches de malaria sont telles que l’OMS ne recommande l’utilisation de la quinine que dans certains cas de malaria sévères ou chez la femme enceinte avec toutefois la priorité donnée aux dérivées d’artémisinine.

La chloroquine ou nivaquine développée par Sanofi, qui était jusqu’à récemment l’arme de référence contre le paludisme, plus efficace et mieux tolérée que la quinine, est aujourd’hui mise sur le banc de touche à cause des nombreuses résistances observées, notamment au Cambdoge.

Même chose pour la méfloquine, commercialisé par Roche avec le Lariam, et le Fansidar dont l’efficacité décroît progressivement à cause des résistances naissantes et grandissantes, sans parler des graves risques neuropsychiatriques du Lariam popularisé par Stromae.

Quelle est la cause de ces échecs successifs ? C’est l’utilisation répétée d’une seule molécule contre le paludisme qui a créé à terme de nouvelles souches résistantes de Plasmodium. Le phénomène est bien connu, il est dramatique et préoccupant, surtout pour les populations touchées par le paludisme qui en souffre directement.

Elles en souffrent puisqu’il est désormais recommandé de suivre aujourd’hui des polythérapies, ou des combinaisons d’au moins deux différentes molécules, des ACT, pour lutter efficacement contre la malaria et éviter l’émergence de résistance. Les ACT contiennent des dérivés de l’artémisinine, une molécule elle-même isolée de la plante Artemisia annua, originaire d’Asie du Sud-Est.

On doit cette découverte à plusieurs scientifiques chinois, surtout Youyou Tu qui réalisa l’extraction de l’artémisinine à froid entre 1967 et 1971. La découverte de cette molécule n’est donc pas récente, mais cette grande dame à reçue pour ce travail le prix Nobel de médecine en 2015.

Sauf que ces traitements sont 5 fois plus chers que les précédents, parfois plus toxiques, et ne permettent pas aux habitants des pays les plus pauvres et les plus nécessiteux de se payer le traitement salvateur.

Comme les ennuis n’arrivent jamais seuls, les pays d’Afrique sont également frappés par un commerce illégal de médicaments antipaludéens, au point qu’un médicament sur deux pourrait être contrefait. Des médicaments sous-dosés, totalement ou moins efficaces ou bien plus dangereux que les originaux sont mis en vente dans les pharmacies du continent. C’est la double peine pour les malheureux qui réussissent à avoir l’argent nécessaire pour se protéger.

Le remède qui pousse dans les savanes africaines

Il n’y aurait pas de scandale si les Africains n’avaient pas à leur disposition un remède naturel, qualifié d’extrêmement efficace contre le paludisme par ces défenseurs, et qui permettrait même d’en guérir sans entraîner la moindre résistance. Une simple infusion ou un thé aussi efficace que les meilleures polythérapies et sans effet secondaire, qui dit mieux ?

Un miracle qui répond au doux nom d’Artémisia, oui, celle-là même à l’origine de l’ensemble des dérivés d’artémisinine utilisés dans les ACT. En réalité, deux espèces sont connues pour avoir des propriétés antipaludéennes : Artémisa annua, qui contient de l’artémisinine et Artémisia afra, qui n’en contient pas et que l’on retrouve surtout sur le continent africain. La première est annuelle, la seconde est vivace.

On commence à dessiner les contours de ce scandale qui a été récemment mis sous le feu des projecteurs avec le documentaire « Malaria Business » de Bernard Crutzen. Un 52 minutes où l’on peut voir par exemple Stromae nous raconter comment il a été au bord du suicide, nécessitant l’annulation de plusieurs concerts, avec comme catalyseur, le tristement célèbre Lariam de Roche, un ACT aujourd’hui largement décrié.

L’Agence nationale du médicament s’est penchée sur le cas du Lariam dans sa dernière édition des recommandations sanitaires aux voyageurs, qui précise que le Lariam doit être utilisé uniquement en dernière intention, à cause des effets indésirables neuropsychiatriques potentiellement graves. Parmi ces troubles, on retrouve une banale anxiété, mais aussi de la paranoïa, des psychoses, des hallucinations, des confusions mentales et plus graves avec des idées suicidaires et des cas de suicides.

Aujourd’hui, les deux espèces d’Artémisia se heurtent au manque de reconnaissance scientifique par les instances internationales comme l’OMS et de nombreuses sociétés savantes. Il est interdit de vendre cette plante sur le sol français ou belge dans les circuits officiels.

De son côté, l’Institut de Médecine Tropical basé à Anvers qui édite des recommandations aux voyageurs en zone tropicale, déconseille fortement son utilisation à cause d’une efficacité « insignifiante, voire même absente »1. Un comble pour les défenseurs de cette plante qui serait encore plus efficace que les meilleurs traitements actuels.

Dans une note de trois pages produite par l’OMS en juin 2012, l’instance internationale met en garde contre l’utilisation d’Artemisia annua, surtout sous forme de thé, pour se protéger du paludisme. Selon elle, il n’y a pas de preuves scientifiques qui permettent de conclure à son efficacité ni à son innocuité et rien ne dit que son utilisation n’entraînera pas une résistance internationale aux dérivées de l’artémisinine.

Mais l’OMS oublie bien vite l’histoire de cette plante riche d’enseignements. Artemisia annua a été utilisée pendant 2 000 ans en Chine pour éradiquer le paludisme. Une mission parfaitement réussie grâce à cette plante, sans apporter le moindre signe de résistance. L’OMS le sait très bien, mais reste figée dans une position incompatible avec la situation que vivent les populations d’Afrique Subsaharienne. Elle s’oppose idéologiquement à toutes les initiatives qui ne concernent pas un médicament ou un vaccin.

Semis d’Artemisia annua

20 molécules actives contre le paludisme

Artemisia annua souffre d’une approche réductionniste qui veut absolument isoler une molécule, la doser, la synthétiser et la commercialiser alors que c’est la plante entière qui lui confère ses propriétés hors du commun.

Des propriétés qui ont été bien exploitées par les Vietcongs lors de la guerre du Vietnam et qui leur auraient permis de prendre le dessus sur les troupes américaines grâce aux tonnes d’Artemisia annua venu de Chine pour lutter contre les ravages de la malaria.

Car la plante posséderait, en plus de l’artémisinine, au moins une dizaine voire une vingtaine d’autres molécules actives qui agissent en synergie contre le parasite responsable du paludisme. Artemisia annua en contient tellement qu’aucune résistance n’est virtuellement possible. La Chine l’a montré il y a bien longtemps.

Ce qui est encore plus fort, et qui montre les travers de l’approche médicale actuelle, c’est l’effet antipaludique, a priori, extrêmement puissant de sa cousine africaine Artemisia afra, sans même contenir d’artémisinine.

Si je dis « a priori », c’est bien car l’OMS, des fondations privées, et des sociétés savantes n’ont absolument rien fait pour aider à développer la recherche biomédicale sur ces plantes, et leur apporter toute la crédibilité scientifique qu’elles méritent.

Artémisia : au coeur d’une guerre scientifique

Le nerf de la guerre, c’est apporter la preuve que nos deux espèces d’Artémisia, annua et afra, sont efficaces pour guérir, mais également prévenir le paludisme, à moindre coût et sans générer de résistance. Ce précieux sésame permettrait peut-être à l’OMS de lever son blocage institutionnel qu’elle impose à cette plante.

Pour le docteur en orthodontie Lucile Cornet-Vernet, c’est la bataille de sa vie. Elle veut faire reconnaître l’efficacité de la plante et généraliser son utilisation par le biais de grandes études cliniques. Elle est à l’origine de l’association la « Maison de l’Artémisia » qui a pour but d’organiser un réseau de culture et de distribution labélisé d’Artémisia et de « prouver l’efficacité médicale des Artemisia annua et afra ». Elle mène un combat titanesque pour lever des fonds privés afin de financer les travaux scientifiques.

Le Dr Cornet-Vernet vient récemment de publier un ouvrage « Artemisia : Une plante pour éradiquer le paludisme » (éd. Actes Sud) où elle raconte cet incroyable combat. Un combat qui a pris naissance complètement par hasard grâce à des amis du docteur Cornet-Vernet, Alexandre et Sonia Poussin, deux trekkeurs qui ont relaté leur traversée de l’Afrique dans un bouquin (Africa Trek, éd. Pocket). Mais dans leur ouvrage, Alexandre raconte comment il s’est remis en seulement 48h de sa seconde crise de paludisme avec une tisane d’Artemisia. Magique. La tisane l’aurait complètement guéri selon lui, puisque cela fait 15 ans qu’il n’ a pas fait de rechute. Il n’en faudra pas plus pour Lucile Cornet-Vernet pour se jeter dans cet incroyable scandale.

Depuis plusieurs années, une sorte de coalition internationale (européenne, américaine et africaine) s’est formée autour de la Maison de l’Artémisia pour obtenir cette reconnaissance, et faire sauter les verrous institutionnels. Une reconnaissance qui permettrait à des millions de personnes de se soigner à moindre coût, efficacement, mais qui représente une perte sèche pour les laboratoires qui commercialisent les ACT.

Une reconnaissance, qui, je suis forcé de le reconnaître, ne bénéficie aujourd’hui de pas grand-chose.

Artemisia annua ne bénéficie que de deux essais cliniques randomisés et contrôlés (RCT) concernant son efficacité contre le paludisme sans complication, le plus répandu. Deux RCT qui concluent la même chose : Artemisia annua ne peut pas être recommandé dans le traitement de la malaria à cause d’une efficacité modeste et d’une recrudescence – l’échec de la thérapie – de la maladie trop importante.

L’avis négatif de 2012 de l’OMS se base sur ces deux études pour justifier le fait d’écarter la plante de l’arsenal thérapeutique. Pourtant, ces études sont loin d’être exceptionnelles, et comportent des limites méthodologiques sérieuses.

La plus ancienne, publiée en 20042, n’a été conduite que sur 115 personnes réparties en 3 groupes : 39 dans le premier qui devaient prendre 5g d’herbe sèche d’Artemisia annua tous les jours pendant 7 jours; 33 dans le second qui devaient faire la même chose que le premier, mais avec 9g de plante sèche; et finalement 43 personnes dans le groupe traité à la quinine (1500 mg/jour).

Au bout de 35 jours d’expérience, il restera moins de 100 participants. Une étude qui précise explicitement qu’aucun génotypage des souches parasitaires n’a été fait, ce qui ne permet pas de distinguer le véritable échec thérapeutique d’une réinfection dans une zone fortement impaludée. Les auteurs ont donc classé toutes les recrudescences comme des échecs thérapeutiques. Ce n’est pas très « fair play ».

La discussion de l’article est pour le moins lacunaire. Elle évite de parler des biais, de la faiblesse de l’échantillonnage et des éventuels problèmes de randomisation ou du contrôle des tisanes d’Artémisia. Ne cherchez pas de test statistique, l’étude n’en produit aucun. Plus suspect, aucune déclaration de liens d’intérêts des auteurs.

C’est la même chose dans le second RCT. Publiée 4 ans plus tard, cette nouvelle étude conclut à la même chose que la précédente, avec des problèmes encore plus flagrants et inexpliqués3. Seulement 19 participants enrôlés dans cet essai clinique. Ils ont mis en place les mêmes groupes que l’étude précédente, avec 4 personnes dans le premier; 6 dans le second; et 9 dans celui traité avec la combinaison Sulfadoxine/pyrimethamine.

Alors que l’efficacité est la même dans les trois groupes, les auteurs de cette étude définissent la plante Artemisia annua comme une « monothérapie » qui ne peut pas être recommandée dans le traitement de la malaria sans complication. Avec seulement 10 personnes traitées par l’Artémisia. On se demande comment cette étude a pu être publiée. Là encore, la déclaration des liens d’intérêts est manquante. J’ai fait une demande aux auteurs.

Si on regarde du côté du journal qui a accepté l’étude, Tropical Doctor, il est classé 12 800ème sur 30 000 journaux en termes d’impact. Autrement dit, ce n’est pas le journal du siècle, pourtant cette preuve est prise pour argent comptant par l’OMS.

Deux poids, deux mesures

On se rend compte d’une chose dans cette guerre de la preuve scientifique : on dirait qu’il est bien plus facile de publier des études cliniques négatives sur l’Artemisia, bien que de qualité très moyenne, que le contraire ! J’en prends pour preuve le combat acharné du Dr Cornet-Vernet pour réussir à faire publier la preuve irréfutable de la supériorité des Artemisia (annua et afra) sur les ACT, et la malaria, menée il y a plus de 3 ans en RDC.

Cette étude clinique répond à toutes les exigences de l’OMS, avec les contraintes de randomisations, de double aveugle, de la prévention des conflits d’intérêts en plus d’avoir été conduite sur 1 000 personnes. L’échantillon est colossal, sans commune mesure avec nos 19 participants de 2008. L’objectif de cet essai clinique a bien sûr été de comparer l’efficacité d’une tisane d’Artemisia annua et afra contre un ACT connu sur le paludisme sans complication.

Les résultats de cet essai sèmeraient la panique dans la communauté scientifique selon Lucile Cornet-Vernet. Et pour cause. Les résultats préliminaires sont incroyables. Les deux espèces d’Artemisia auraient eu une efficacité de 99,5 % contre seulement 79,5 % pour l’ACT (artesunate-amodiaquine) sur le Plasmodium falsciparum. Les infusions de plante auraient même permis de faire disparaître les parasites de l’organisme, autrement dit une guérison, alors qu’on en retrouve toujours avec l’ACT, même si les symptômes disparaissent.

Mais ces résultats tardent à être publiés. Le Dr Cornet-Vernet me confiait qu’ils avaient déjà énormément de mal pour réunir les fonds colossaux nécessaires pour réaliser ce genre d’étude, mais qu’en plus, ils avaient un mal de chien à les faire accepter par les reviewers – des scientifiques qui évaluent bénévolement le travail de leurs collègues – qui en demandent toujours plus et qui retardent inlassablement la publication définitive des travaux. Et de fait, la reconnaissance des deux plantes.

Les examinateurs demandent des analyses supplémentaires, des génotypages, et toutes sortes d’autres choses qui rajoutent des frais supplémentaires à la charge de la coalition pro-Artemisia. La bataille scientifique se joue ici en arrière-plan, dans les couloirs des rédactions scientifiques qui ont tout pouvoir de décision.

Cette étude a été popularisée dans le documentaire « Malaria Business » et a fait l’effet d’une bombe à cause des pressions subies par les deux médecins-investigateurs en RDC. L’investigateur principal de l’étude, Michel Idumbo, a été démis de ses fonctions d’après son témoignage dans le documentaire de Bernard Crutzen. Des pressions, mais aussi des suspicions d’empoisonnement pour l’un d’entre eux et l’interdiction de communiquer leurs résultats qui représentent pourtant une avancée historique.

À demi-mot, ces médecins font part des menaces qu’ils auraient reçues des dépôts pharmaceutiques africains à cause d’un chiffre d’affaires des ACT en baisse . Le profit semble être au-dessus de la santé publique.

Quoi qu’il en soit, si ces résultats devaient être bientôt publiés – ils sont actuellement en révision – d’autres ont déjà apporté une caution scientifique internationale à la plante Artemisia, qu’il est urgent de connaître.

Quand Artémisia guérit des condamnés

Une équipe américaine est particulièrement investie dans la reconnaissance scientifique de l’Artemisia annua, avec les travaux de Pamela Weathers du Worcester Polytechnic Institute (WPI) aux USA. Cette équipe a déjà démontré par le passé sur des rongeurs infectés par des souches de Plasmodium l’efficacité d’un simple comprimé de feuilles séchées d’Artemisia annua4. Une efficacité supérieure à la molécule pure d’artémisinine.

Plus récemment, cette équipe du WPI a aussi montré l’intérêt de la plante entière et séchée pour lutter contre des formes de malaria entièrement résistantes à l’artémisinine. Un succès scientifique qui ne fait que renforcer les incroyables capacités de cette plante, utilisée dans son ensemble5. Ils se sont même aperçus que les résistances apparaissaient 3 fois moins vite avec la plante entière plutôt qu’avec l’artémisinine pure dans un protocole expérimental bien précis.

Mais le succès de cette équipe a été retentissant quand ils ont sauvé – et il n’y a pas d’autre mot – un groupe de 18 personnes d’une mort probable à cause d’un paludisme devenu incurable. De 14 mois jusqu’à 60 ans, toutes ces personnes avaient épuisé l’arsenal thérapeutique à notre disposition : l’artésunate en gélules y compris celui en intraveineuse, qui n’est rien d’autre que le traitement de la dernière chance. Mais c’était sans compter les comprimés de Pamela Weathers d’Artemisia annua, qui en seulement 8 jours, ont remis sur pieds nos 18 condamnés6.

Parmi eux, il y a ce petit garçon de 5 ans qui ne réagissait plus au dernier ACT pour traiter son paludisme. Il a été transféré à l’hôpital avec de la fièvre, une anémie, des infections respiratoires, des convulsions, pour finir dans le coma. Quand tous les traitements de la dernière chance ont échoué, Artemisia annua a été utilisée. Il n’aura fallu que 5 jours de traitement à base de feuilles séchées pour que le jeune garçon se remette de cette terrible épreuve, et reprenne ses activités normales dès le 6ème jour ! Des résultats gravés dans le marbre de la science, et un puissant message d’espoir disait Pamela Weathers dans les colonnes du Monde récemment. Elle a plus que raison.

Un remède contre la bilharziose

En plus du paludisme, une infusion d’Artémisia serait encore plus efficace que le traitement de référence (praziquantel) contre une autre infection parasitaire, la bilharziose (schistosomiase). Une étude paraîtra bientôt dans le journal Phytomedecine7 démontrant l’intérêt thérapeutique des deux Artemisia dans le traitement de cette maladie.

La bilharziose est la seconde endémie planétaire après le paludisme qui touche près de 180 millions de personnes et en tuerait 200 000 selon l’OMS. Les problèmes de santé arrivent à cause des oeufs pondus par la femelle parasite et comprennent douleurs abdominales, diarrhées, du sang dans les selles et les urines. Mais aussi couramment des fibroses de la vessie et de l’urètre, et des lésions rénales dans les cas avancés. Chez l’enfant, la bilharziose peut causer une anémie, un retard de croissance, et une diminution des capacités d’apprentissage, réversible, heureusement, avec un traitement pris à temps.

À la manoeuvre derrière cet essai clinique randomisé en double aveugle avec plus 700 patients, l’équipe internationale pour démontrer l’efficacité des Artémisia, avec le docteur Lucile Cornet-Vernet, Jérôme Munyangi de la Faculté de Médecine de l’université du Congo, Christian Perronne de la Faculté de Médecine de Paris IDF Ouest ou encore Pamela Weathers du Worcester Polytechnic Institute aux USA (et bien d’autres).

Les infusions de nos deux espèces d’Artémisia ont permis d’éliminer aussi efficacement, même plus rapidement, les oeufs du parasite que l’on retrouve en abondance dans les selles que le praziquantel, le traitement de référence. En l’espace de 7 jours, la quantité d’oeufs était déjà proche de zéro dans les groupes traités à l’Artemisia et près de 18 fois plus élevés dans le groupe traité au praziquantel. Il faudra attendre le 28ème jour de traitement avec le praziquantel pour faire disparaître les oeufs, alors qu’en 14 jours seulement cet objectif était atteint avec l’infusion d’Artemisia.

En plus d’être encore plus efficace que le praziquantel, il n’y a eu aucun effet secondaire dans les groupes traités avec les infusions d’Artémisia. On observe l’inverse avec le traitement de référence qui a entraîné des vomissements (26,5%), des douleurs abdominales (18,5%) et des maux de tête (15,5%).

On se demande encore comment certains peuvent considérer la plante comme dangereuse, voire inefficace.

Malaria : entre business et conflits d’intérêts

Le développement de la reconnaissance scientifique de l’Artémisia en tant que traitement efficace, non toxique et qui lutte contre le phénomène de résistance, va directement à l’encontre des intérêts économiques des firmes pharmaceutiques.

Pas une seule firme n’irait investir son argent dans une plante qu’il est impossible de breveter, qui peut pousser n’importe où (mais il faut quand même bien s’y prendre) et qui ne coûte pratiquement rien.

De l’autre côté, mener de grandes études sur la plante pour prouver ses effets demande énormément d’argent. De l’argent que l’OMS refuse d’investir puisque son intérêt thérapeutique n’est pas démontré dans de grandes études. Vous voyez où je veux en venir ? A cause de l’indifférence générale des acteurs principaux de la santé, un cercle vicieux s’installe.

C’est exactement ce qu’aurait dit un proche de Bill Gates approché par la Maison de l’Artémisia pour obtenir des fonds de sa fondation Bill & Melinda Gates fortement engagée dans la lutte contre le paludisme. Mais problème, une fin de non-recevoir a été envoyée à l’association avec un message glaçant :

« M. Gates ne croit pas dans le pouvoir des plantes ».

Une phrase révoltante à plus d’un titre, mais révélatrice des stratégies médico-économiques de la fondation qui mise exclusivement sur le développement de médicaments ou de vaccins. La fondation Bill & Melinda Gates aurait injecté 280 millions de dollars en 2016 dans les comptes de l’OMS pour la lutte contre le paludisme. Presque une dizaine de ses collaborateurs interviennent dans les rédactions de recommandations de l’OMS. Son emprise est bien présente.

Elle investit également son argent dans de nombreux laboratoires pharmaceutiques : 64 millions de dollars pour Sanofi afin de créer un système de synthèse ou semi-synthèse de l’artemisinine (en collaboration avec le laboratoire Amyris); 300 millions de dollars pour GlaxoSmithKline (GSK) pour le développement d’un vaccin contre le paludisme, décevant et non dénué de risque pour la santé avec un sur-risque de méningites.

La fondation du milliardaire américain a même rétribué d’un montant de 3 millions de dollars le chercheur Marc Coosemans pour des travaux sur les répulsifs antimoustiques. Ce chercheur travaille pour l’Institut de Médecine Tropical qui s’était justement positionné contre la plante, la jugeant inefficace. Un institut qui compte dans son conseil d’administration Patricia Lanssiers, une ancienne consultante pour Sandoz, Novartis et Eli Lilly, deux laboratoires directement impliqués dans le business du paludisme. Mme Lanssiers apparaît comme une véritable VRP de l’industrie pharmaceutique puisqu’elle a été vice-présidente de Pharma.be ,un lobby pharmaceutique qui représente plus de 130 laboratoires en Europe. On peut également compter sur la présence d’Ajit Shetty dans ce conseil d’administration, l’ancien directeur du laboratoire Janssen pendant 6 ans.

On pourrait presque considérer que l’OMS freine des deux pieds concernant l’utilisation de l’Artémisia par les populations locales qui en ont le plus besoin. Les raisons sont peut-être défendables, comme le manque d’évidences scientifiques (que l’OMS ne veut pas subventionner) ou le risque très hypothétique de développement de résistance (alors que tout montre le contraire).

Bientôt la fin ?

Le scandale du business du paludisme est en train d’éclater au niveau international. La volonté du docteur Lucile Cornet-Vernet, de son association et de toutes les personnalités scientifiques, médicales et professionnelles qui travaillent sur ce sujet va faire pencher la balance en faveur de l’Artémisia. J’en suis persuadé.

Nous assisterons bientôt à la publication officielle de nombreuses études internationales et de qualité sur les propriétés extraordinaires des deux espèces à notre disposition. Si on attend avec impatience la publication de l’étude menée il y a 3 ans en République Démocratique du Congo, une autre pourrait aussi sortir d’ici 2 ans. L’équipe de Pamela Weather est en train de terminer la collecte de donnée d’un large essai clinique menée en RDC sur 600 participants pour tester l’efficacité d’un comprimé d’Artemisia annua contre un célèbre ACT, le Coartem (artemether et lumefantrine). Un essai clinique qui coûte entre 500 000 et 1 000 000 $ selon Pamela Weathers. Des sommes colossales.

En attendant, la Maison de l’Artémisia tente de développer les cultures locales d’Artemisia annua mais également d’approvisionner en graines les villages africains de l’espèce africaine, Artemisia afra, qui est une plante vivace et qui serait mieux adaptée au climat africain.

En écrivant cet article, je me rends compte que j’ai été confronté à l’utilisation de ces antipaludéens par le passé. Pendant un stage scientifique dans les forêts guyanaises, j’avais un traitement antipaludéen à base de Malarone. J’ai fait très vite le rapprochement entre mes nausées, maux de ventre et vertiges avec le médicament qui m’empêchait d’aller travailler sur le terrain. Arrêter le traitement était ma seule option à l’époque.

Artémisia, retenez bien ce nom, vous risquez d’en entendre parler. Si vous souhaitez vous impliquer dans cette grande mission, n’hésitez pas à soutenir la Maison de l’Artémisia qui centralise les actions.


Références

1. Institut de Médecine Tropical. Prévention du paludisme pendant un long séjour en zone tropicale. 27.09.2018

2. Mueller, M. S., Runyambo, N., Wagner, I., Borrmann, S., Dietz, K., & Heide, L. (2004). Randomized controlled trial of a traditional preparation of Artemisia annua L.(Annual Wormwood) in the treatment of malaria. Transactions of the Royal Society of Tropical Medicine and Hygiene, 98(5), 318-321.

3. Blanke, C. H., Naisabha, G. B., Balema, M. B., Mbaruku, G. M., Heide, L., & Müller, M. S. (2008). Herba Artemisiae annuae tea preparation compared to sulfadoxine-pyrimethamine in the treatment of uncomplicated falciparum malaria in adults: a randomized double-blind clinical trial. Tropical doctor, 38(2), 113-116.

4. Elfawal, M. A., Towler, M. J., Reich, N. G., Golenbock, D., Weathers, P. J., & Rich, S. M. (2012). Dried whole plant Artemisia annua as an antimalarial therapy. PLoS One, 7(12), e52746.

5. Elfawal, M. A., Towler, M. J., Reich, N. G., Weathers, P. J., & Rich, S. M. (2015). Dried whole-plant Artemisia annua slows evolution of malaria drug resistance and overcomes resistance to artemisinin. Proceedings of the National Academy of Sciences, 112(3), 821-826.

6. Daddy, N. B., Kalisya, L. M., Bagire, P. G., Watt, R. L., Towler, M. J., & Weathers, P. J. (2017). Artemisia annua dried leaf tablets treated malaria resistant to ACT and iv artesunate. Phytomedicine, 32, 37-40.

7. Munyangi, J et al. (2018) Effect of Artemisia annua and Artemisia afra tea infusions on schistosomiasis in a large clinical trial. Phytomedecine. Manuscrit accepté pour publication.

19 Commentaires

  1. BETTENDROFFER Alain

    Bravo pour cette étude . Encore une fois Bigpharma prouve qu’on a rien à foutre de la santé des gens . Il faut faire du fric . Avec l’aval de toutes les instances politiques bien sûr , OMS , Ministères de la Santé etc… . Braves gens réveillez vous et réagissez .

    Reply
    1. Jérémy Anso (Post author)

      Merci Alain !

      Reply
  2. Vincent RELIQUET

    Merci pour cet excellent boulot, mais tu as oublié Tu…

    Je veux dire Tu Youyou, chercheure chinoise qui a près de 85 ans a été distinguée du Nobel de Médecine en 2015 pour ses travaux d’une vie sur les capacités thérapeutiques définitivement insurpassables d’artemisiana annua.

    Le problème avec Madame Tu c’est que depuis son Nobel plus personne ne l’a vu vivante, claquemurée quelque part en Chine. Je voulais en réaliser un article pour l’aimsib mais tu m’as coupé l’herbe sous le pied Jérémy, tu dégaines trop vite…

    Reply
    1. Jérémy Anso (Post author)

      Merci Vincent ! Je ne sais pas pour la prix Nobel.. C’est la mode de parler d’Artemisia en fait j’ai l’impression !

      Reply
  3. Clémentine SCHOTTE

    L’artemisia annua a aussi déjà aidé bon nombres de personnes atteintes du cancer… Mais chut, c’est interdit… ;) :(

    Reply
    1. Jérémy Anso (Post author)

      Vous avez des références, des articles, des sources ? Merci !

      Reply
      1. Clémentine Schotte

        Bonjour… Désolée pour la réponse tardive, je viens seulement de voir votre message… 😉

        https://youtu.be/olU1U9ZhYOU
        Association Cancer et Métabolisme, interview de Gilles de La Brière

        http://www.cancer-et-metabolisme.fr

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  4. diebolt Pascale

    Bonjour, voici une vidéo qui va totalement dans votre sens !
    https://www.youtube.com/watch?reload=9&v=YFiPRfD60QA
    Bien cordialement

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  5. Krato_orion

    Bonjour, j’ai apprécié cet article sur artemisia dont j’avais qq notions.
    L’utilisation d’une plante à moindre coût pour faire bénéficier aux malades démunis est enthousiasmante, mais j’ai trouvé votre argumentaire un peu trop partial (et oui il faut bien des commentaires contradictoires).
    Déjà j’ai noté plusieurs arguments fallacieux comme l’appel à la tradition ou l’appel à l’exotisme (l’utilisation d’un remède par un peuple exotique depuis des milliers d’années n’a pas de valeur de preuve en médecine mais peut faire office « d’usage traditionnel »). Ensuite citer un ou deux sujets qui ont ingéré la plante puis ont guéri correspond à une étude de cas (appel à l’émotion du lecteur aussi), de très faible niveaux de preuve, si c’est publié bien-sur. Il faut tjrs se méfier avec les termes « plante magique » ou « miraculeuse », svt éloignés de la réalité après coup.
    L’artemisia n’est pas recommandée car reposant sur un faible niveaux de preuve (les essais cliniques que vous citez), jusqu’à preuve du contraire et les sociétés savantes/autorités sanitaires réviseront leurs reco lorsque de nouveaux essais convainquants seront publiés.
    L’implication néfaste des laboratoires pharmaceutiques pourrait être taxée de procès d’intention alors que le déploiement de leurs stratégies thérapeutiques (moustiquaire incluses) à grandement diminué l’incidence du paludisme (mais oui ça brasse des millions…). Ces grands groupes sont loin d’être des idiots et trouveront de toute façon un moyen de rentabiliser la vente d’artemisia (d’autant plus qu’il faudra la purifier pour en préparer des extraits standardisés, on fait pas sa sauce dans son jardin; des formes intraveineuses devront être développées aussi).
    Vous citez très justement le coût financier d’un essai clinique bien mené, ainsi que les longues/coûteuses démarches de relectures/reviewing mais qui sont tout à fait classiques de la recherche scientifique et même salutaires à l’établissement de protocoles robustes et non truqués.
    Vous parlez de l’essai en RDC avec emphase alors qu’il n’a pas encore passé le peer reviewing et n’est donc pas publié dans une RCL ! Par ailleurs parler de « preuve irréfutable » en recherche médicale est très maladroit (cf Karl Popper).
    J’espère sincèrement que l’essai clinique du Dr Cornet-Vernet aboutira, et que l’OMS retrouvera un regain d’intérêt dans l’artemisia.

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    1. Jérémy Anso (Post author)

      Salut Katro_orion, j’apprécie le commentaire qui soulève de bonnes questions. Il est vrai que l’article mélange des évidences scientifiques publiées dans des JCL ou RCL (journaux ou revues à comité de lecture pour les non initiés) avec des arguments plus historiques comme la fameuse éradication du paludisme réalisée il y a 2 000 ans. Cet argument là n’est pas une preuve scientifique, c’est une piste historique qui a minima montre que toutes les instances internationales auraient dû s’intéresser à cette plante depuis bien longtemps, dans son ensemble. Je suis un fervent défenseur de l’Evidence Based Medicine (EBM) mais parfois, l’histoire est riche d’enseignements pour comprendre un tableau plus vaste et mesurer l’ampleur d’un problème international : car ici on parle de milliers de personnes qui souffrent et meurent d’une maladie qu’ils pourraient soigner à moindre coût.

      Je me permet de réagir sur les quelques exemples de personnes soignées par la plante qui correspondent à des études de cas. Vous avez raison, c’est un appel à l’émotion bien entendu mais, comme je l’ai écrit, qui a été « gravé dans le marbre de la science », une manière pour moi de dire que ces résultats ont été publié dans un JCL. C’est la référence n°6 publiée dans le journal Phytomedecine, un bon journal. Donc l’appel à l’émotion est ici une réalité scientifique, qui est selon moi justifié. Ce n’est pas seulement un récit historique ou une histoire de comptoir.

      Concernant l’impact des laboratoires pharmaceutiques, on pourrait effectivement les taxer d’un procès d’intention et que ce serait quelque part mériter. Mais factuellement, c’est surtout la fondation Bill & Melinda Gates et les aides internationales publiques qui sont responsables des dons de moustiquaires par exemple. Pour l’incidence de la maladie, justement, on pourrait parler d’une absence de stratégie thérapeutique puisque toutes les précédentes molécules ont montré une résistance à cause d’une monothérapie et d’une mauvaise utilisation des combinaisons : c’est malheureusement toute la difficulté de la situation africaine avec une population trop pauvre pour acquérir les médicaments ACT et qui est soumises à un commerce illicite de faux médicaments. Le challenge est total, d’où l’indignation face à deux plantes qui ont démontré, au moins historiquement, leur efficacité.

      L’essai clinique mené il y a quelques années en RDC a bien passé les étapes du peer-reviewing. Il est en révision, c’est à dire qu’il a été accepté pour publication par le journal, j’ignore lequel aujourd’hui mais probablement chez Phytomedecine. Pour avoir publié quelques papiers personnellement, je sais comment ça fonctionne, les auteurs sont donc la phase de correction ou « révision » comme je le dis dans l’article, avant la publication officielle dans le journal (ça signifie qu’il y a eu avant une « minor » ou « major » revision). J’espère que c’est plus complet désormais.

      Pour la « preuve irréfutable », je ne suis moi non plus pas trop partisan du terme et je me rends compte que j’ai légèrement changé le sens de ma phrase après mes corrections. J’avais écrit au départ « une preuve qu’ils estiment comme irréfutable » en référence aux témoignages dans les documentaires et la presse. Je suis d’accord qu’il faut prendre avec précaution le poids d’une preuve scientifique que je dézingue moi aussi facilement de mon côté en fonction des sujets.

      Finalement, oui, l’artémisia n’est pas recommandé car reposant sur un faible niveau de preuve. Des preuves de mauvaise qualité selon moi, mais c’est un point que j’ai pris l’habitude d’observer durant mes analyses de la littérature scientifique : souvent, il est facile de créer une nouvelle pratique/ou en attaquer une avec des preuves faiblardes, en revanche, il est beaucoup plus difficile de changer une pratique/la défendre même si les preuves sont de meilleurs qualité. J’en prend pour exemple le cas des stents dans le traitement de l’angor stable (un autre sujet passionnant).

      Nous aurons dans un court à moyen terme au moins deux publications internationales réalisé sur 1000 et 600 par personnes par des instituts internationaux notamment qui pourront apporter un crédit scientifique indispensable à la plante. J’espère, comme vous, que ces études suffiront à faire bouger les lignes car on ne peut pas décemment se baser sur un RCT mené sur 19 personnes pour discréditer une plante (ou n’importe quoi d’autre). Au plaisir

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      1. Kratos_orion

        Merci et d’accord pour votre réponse. Ah je serais intéressé d’en savoir davantage sur les doutes que vous soulevez sur l’indication de stenting dans l’angor stable (angor stable sévère résistant au traitement médical bien conduit, et d’autres situations sévères).

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        1. Vincent RELIQUET

          C’est pas nouveau, c’est l’étude ORBITA. En clair un coronarien stable ne gagne rien à se faire stenter, le milieu cardiologique a prestement glissé ces résultats sous la moquette car cela remettait drastiquement en question les habitudes (et les rentrées financières…)

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  6. GUEHO

    Bonjour Jérémy. Effectivement il y avait bien longtemps que je n’avais eu de vos nouvelles. C’est donc avec plaisir que que je suis allé regardé de quoi il retournait. Cet article est très intéressant et édifiant sur le fonctionnement et la mainmise de Bigpharma sur notre santé. Je me permets d’en faire le relai et partager votre article sur Facebook, ma page : Fafou Du Sud –  » Secrets du monde économique et politique  » où je traite de sujets divers sur la géopolitique, la géoéconomie et la santé, qui sont des sujets très ( trop ) souvent interconnectés. – Il faut à tout prix que toutes ces magouilles financières et ces manipulations de l’information au détriment de notre santé, de notre liberté et de notre avenir se sachent. Il est grand temps de changer ce monde où seul le profit fait la loi. Merci encore pour cet excellent article et au plaisir de vous lire sur d’autres sujets. Cordialement.

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    1. Jérémy Anso (Post author)

      Bonjour Gueho, merci de ce commentaire et des informations que vous donnez ! On va lire ça avec intérêt !

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  7. Horama

    Et bien moi j y crois à cette plante les labos n existent pas depuis très longtemps on voit sur le site de l association qu’ elle est réellement efficace alors je vais en prendre pour me rendre au camnodge

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  8. DUMAY

    j’ai beaucoup apprécié cet article très professionnel et complet; Nul n’est besoin de milliers de preuves et de morts pour comprendre que la nature est là , comme nous, qui sommes issus de la nature ;aucun médicament ,le plus médiatisé possible, le plus reconnu par les scientifiques et les plus grands laboratoires, aucun médicament ne guérit!!! il fait disparaître les symptômes, mais tant que la cause du problème n’est pas résolue, la maladie est toujours quelque part cachée au fond de nos entrailles, surgissant un jour où l’autre, même sous d’autres formes;Je crois plus à la raison du commun des mortels, qu’à toutes ces « soi disant »têtes pensantes qui ne font que mépriser la vie pour le pouvoir et l’argent; (entre nous qui ne servira pas à grand chose puisque ils ne sont pas éternels eux non plus )

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  9. Vincent RELIQUET

    Il me fait rire Krato_orion avec sa prudence de mauvais aloi et le « procès d’intention » que Jérémy intenterait à Big Pharma en suspectant ces firmes de tout faire pour étouffer l’utilisation de l’armoise.

    Les vietnamiens ont gagné la guerre contre les américains parce qu’ils ont stoppé la malaria dans leurs rangs en important des quantités astronomiques d’armoise de chez leurs voisins chinois, des villages entiers dans toutes les zones d’endémie sont auto-traités par leurs propres tisanes et les résultats sont si bluffants que les firmes poussent les pharmaciens locaux à détruire leurs champs pour ré-imposer leurs anti-amariles chimiques, toxiques et peu efficaces…

    Non Big Pharma ne trouvera jamais le moyen de faire mieux que la plante car l’Annua possèdent plusieurs dizaines de molécules anti-amariles actives en même temps ce qui explique que le Plasmodium n’a jamais réussi à développer de résistance contre ses effets thérapeutiques.

    Il faut évidemment se lamenter de ce que la toxicité au long cours de cette plante soit hélas peu ou pas étudiée, seul vrai frein pour en recommander l’utilisation en traitement préventif…

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    1. Kratos_orion

      Je préfère la prudence, sinon on accuse aisément de ne pas l’être (scandale qui explose à la figure).
      Argument intéressant pour la guerre du Vietnam, cependant le contexte est très différent en temps de guerre où l’utilisation de la plante réputée devient un pari tactique.
      Antiamariles chimiques, bah oui comme les plantes et nous-mêmes, toxiques oui si mésusage mais aussi car tout médicament à des effets secondaires indésirables, inefficaces non puisque démontrés dans des essais cliniques.

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  10. janine benoit

    Je vends de l’artemisia depuis longtemps.
    Je me suis fait taper sur les doigts car au final de mes conférences ( à Paris lors des salons de médecines naturelles ) je montrais la photo et je parlais de Mme Youyou .
    Merci pour votre article qui apporte le l’eau à mon moulin avec vos références.

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