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C’est officiel et c’est pour bientôt

Le Gouvernement vient de faire une annonce discrète sur son site officiel, les insectes devraient intégrer progressivement les préparations alimentaires des milieux scolaires afin de lutter contre la raréfaction des ressources (en eau notamment), le réchauffement climatique et l’augmentation rapide de la population (française et mondiale).

Toujours selon le Gouvernement, des centres d’élevages professionnels d’insectes seront construits dans la plupart des départements, ceci afin de « faire face à une demande de plus en plus croissante en protéines de haute qualité et viable sur le plan écologique ».

Même si les espèces animales utilisées ne sont pas encore officiellement connues, il semblerait que le choix sur porte un groupe d’insectes particuliers, la faune de grillons.

Mise en garde !

Bien entendu, cette annonce est fictive ! Je tiens à rassurer les parents qui commençaient à s’insurger contre le Gouvernement et son idée de faire manger des bêbêtes à leurs enfants.

Pourtant, l’idée de manger des insectes à la place de nos traditionnels morceaux de bœufs ou de poulets commencent à se frayer un chemin dans les esprits. Nous raisonnons de plus en plus en terme de développement durable, de respect de l’environnement et de gestion plus efficace de nos surfaces cultivées ou pour l’élevage. L’élevage et la consommation d’insectes apparait donc de plus en plus probable.

Pour illustrer ce point, le Huffington Post nous apprend tout récemment que des étudiants très ingénieux ont réussi à établir une chaîne de production de pain à base de sauterelles, afin de soutenir les pays sous-alimentés. Manger de l’insecte, c’est du sérieux et du concret donc !

Des grillons contre la faim

Je me sens particulièrement concerné par cette filière de l’insecte comestible car je travaille avec eux, les grillons, au quotidien. Bien que mon travail n’ait aucun rapport avec le côté alimentaire de ces bestioles, j’avais préparé en 2012 un projet alimentaire à l’échelle planétaire.

Pour mieux comprendre de quoi je parle, une association d’entreprises (Entreprises pour l’environnement, EPE) réalise tous les ans un concours afin de couronner les projets les plus innovants sur des problématiques de développement durable.

Le sujet du concours de l’année 2012 était celui-ci :

En 2050, qu’aurez-vous fait pour la planète ? Vous aurez 60 ans, nous serons près de 10 milliards sur Terre. Au rythme actuel, nous aurions besoin de trois planètes. Heureusement, vous aurez agi ! Quelle innovation ou évolution aurez-vous apportée dans votre métier ou votre secteur (énergie, habitat, mobilité, agriculture, santé, finance…), dès les dix prochaines années, pour maîtriser les risques associés à cette croissance ?

Pour répondre à cette question, j’avais imaginé un plan d’élevage à l’échelle planétaire d’une espèce de grillon endémique de la Nouvelle-Calédonie, aux dimensions impressionnantes (jusqu’à 3 cm de long).

Dans mon idée, nous aurions sélectionné les spécimens les plus gros et/ou ceux qui se reproduisent le plus afin d’augmenter la production de grillons. Sans rentrer dans les détails, des usines d’élevages auraient dû être bâties sur les 5 continents afin de fournir rapidement et localement les matières premières.

Mais pourquoi les insectes, et plus particulièrement les grillons, sont-ils si intéressant pour nous ?

Grillons versus Bœufs

Les insectes, comparés aux autres bêtes d’élevage, sont les champions en apport de protéines. 100 g de grillons apportent au moins 60 g de protéines (jusqu’à 77 g) alors que 100 g de bœuf apportent en moyenne 25 g de protéines (pratiquement 3 fois plus) (1, 2)

Le plus intéressant avec les grillons (et les autres insectes) est la capacité de ces derniers à transformer leur alimentation en protéines, matières grasses, minéraux, etc. D’après le site « mangeons des insectes », 10 kg de nourriture nous permettent d’avoir 1 kg de bœuf, mais 9 kg de d’insecte ! (un site que j’ai découvert avec la lecture de l’article de Sylvain)

Bien entendu, les avantages d’une production en masse de grillons comparés aux méthodes intensives avec les bovins sont énormes. Le réchauffement climatique est bien souvent mis en avant avec l’élevage d’insectes, notamment avec les très faibles rejets de gaz à effet de serre de la part des insectes.

Au-delà des grillons, ce sont entre 900 et 1400 espèces d’insectes qui seraient comestibles sur la planète. Manger des insectes est indéniablement une pratique ancestrale, très appréciée de certains pays d’Amérique du sud, mais peu convaincante dans nos pays occidentaux assez rigides.

Des sucettes aux scorpions

Pourtant, certains sites spécialisés dans l’entomophagie ne manquent pas d’idées pour nous faire manger des bestioles. On notera tous particulièrement les sucettes au scorpion du site « insectes Comestibles » ou encore les barres de céréales à la farine de grillons.

D’autres proposent même des recettes, telles que ces amuse-bouche aux insectes et au concombre !

En conclusion, notre génération et les suivantes ne devraient plus voir d’un si mauvais œil la consommation progressive d’insectes, car ceux-ci cumulent de nombreux avantages pour relever les terribles défis qui s’annoncent prochainement. Il faudra forcément que nous remettions en cause nos méthodes de production actuelles extrêmement énergivores et très peu respectueuses de notre environnement.

Pour mon expérience personnelle d’entomophagie se limite à quelques cigales, mais jamais de grillons ni de sauterelles. C’est un comble pour moi qui travaille depuis 2 ans avec eux ! Alors c’est promis, je vais très bientôt goûter aux grillons calédoniens (et les faire goûter à mon équipe, surtout Hervé !) et je vous en dirai des nouvelles !

Et vous, c’est quoi vos insectes préférés ?


Notes et références

  1. Verkerk, M. C., Tramper, J., Van Trijp, J. C. M., & Martens, D. E. (2007). Insect cells for human food. Biotechnology advances, 25(2), 198-202.
  2. DeFoliart, G. R. (1992). Insects as human food: Gene DeFoliart discusses some nutritional and economic aspects. Crop Protection, 11(5), 395-399.

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12 commentaires
  1. T’en fais pas, Romain, si ce sont des grillons d’élevage africains, comme ceux qu’on élève pour les zoos, ils ne survivront pas au froid européen!
    Un ami en élevait pour le zoo du coin, il a fait des croisement avec des grillons locaux… Les voisins ont râlé car ça faisait quand même trop de bruit!
    Il est vrai que dans ce zoo, il y en a toujours qui échappent à l’attention pourtant vigilante des singes, et filent partout.
    Je crois bien que maintenant, ils les “refroidissent” pour ne plus avoir de problèmes.

    Si tu tends l’oreille, tu entendras leur doux chant entre les rails du métro parisien.
    Je ne sais pas de quoi ils se nourrissent, mais en tout cas, ils semblent s’y plaire.

    En été, mon chien apprécie beaucoup les hannetons et les sauterelles, qu’elle croque en grande quantité. C’est amusant de la voir sauter en tous sens.
    Mais uniquement en montagne.

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