Des parents inquiets mesurent eux-mêmes la saturation en oxygène de leur enfant après une journée masquée à l’école. Les résultats semblent catastrophiques. Faisons le point sur un sujet d’importance pour lever les doutes et les incompréhensions.

Source : Visual Hunt

Les enfants privés d’oxygène

Depuis l’avènement de cette pandémie de Covid-19, le port du masque ne cesse de faire polémique dans les régions du monde où son usage était limité aux professions médicales. Étrangement, le port du masque ne pose aucun problème dans les régions ayant déjà été confrontées à de sérieuses et graves épidémies, principalement en Indomalaisie.

Si le masque était désiré quand il était absent, il est rapidement devenu suspect et accusé de nombreux maux quand il est devenu abondant et obligatoire. La coercition n’aidant pas à instaurer la confiance, de nombreuses rumeurs ont circulé et circulent toujours sur les effets du masque sur la santé.

Au-delà des questions scientifiques légitimes sur l’efficacité du port du masque, et notamment les résultats perturbants de la fameuse étude Danoise, il y a la question de la désaturation en oxygène.

Le masque est accusé gêner la respiration au point où il serait impossible d’obtenir suffisamment d’air et de réduire significativement l’oxygénation du corps. Or, la désaturation en oxygène n’est pas quelque chose d’anodin ni de drôle, c’est sérieux et potentiellement grave.

Justement, ces derniers temps on observe de nombreux témoignages de parents qui ont acheté des oxymètres – des petits appareils que l’on pince au bout des doigts pour mesurer la saturation en oxygène – et mesurent matin et soir la saturation de leurs enfants.

Ces observations seraient accablantes. Si la saturation est bonne au réveil avant d’être masqué à l’école -entre 96 et 98 %, elle tombe à moins de 85 % le soir après l’école… et le masque.

Moins de 85 %… Autant vous dire qu’avec une saturation aussi basse, votre enfant ne vous attendra pas sagement devant la grille de l’école, mais sera probablement hospitalisé d’urgence.

Car la saturation est déjà jugée préoccupante en dessous de 95 %, elle est critique en dessous de 90 %, alors à moins de 85 %…

Pourquoi le port du masque fait-il autant polémique ?

La controverse scientifique et sociale sur le port du masque est un événement marquant de cette pandémie de Covid-19. Voici une analyse des principales raisons qui peuvent être à l’origine de cette défiance en France.

Le problème des mesures sauvages

Mesurer sa saturation d’oxygène n’est pas une mauvaise chose en soi, surtout si l’on est à risque de faire des formes de graves de Covid-19, mais la mesure se heurte à toutes sortent de problème.

La fiabilité de la mesure va dépendre de nombreux paramètres, dont la qualité du matériel (professionnel versus bas de gamme chez AliExpress), le positionnement de la sonde, la luminosité ambiante, la température corporelle, la couleur de la peau, les mouvements de la main, etc.

Autrement dit, si vous mesurez le soir, les mains gelées de votre enfant tout excité de pouvoir rentrer à la maison avec un oxymètre de seconde zone, vous cumulez toutes les erreurs qui baissent artificiellement la saturation en oxygène.

On doit répéter les mesures, faire attention à tous les paramètres pour avoir les résultats les plus fiables, et c’est la raison pour laquelle les professionnels de santé sont les plus à même d’utiliser des oxymètres.

La peur, mère de toutes les rumeurs

C’est le retour de plusieurs parents sur ma page Facebook avec des commentaires alarmistes qui m’ont mis la puce à l’oreille.

On leur a dit d’acheter un oxymètre. On leur a dit que le masque n’était pas naturel et dangereux. On leur a dit de faire les mesures eux-même. On leur a dit qu’on était en train d’asphyxier leurs enfants.

Photo d’archive de deux jeunes écoliers se préparant pour aller à l’école pendant l’épidémie de grippe espagnole en 1918. Source : VisualHunt

Je me rends compte qu’ils ont oublié le plus important : leur dire la vérité. Proposer des explications rationnelles, des résultats d’études contrôlées avec du matériel de professionnel pour améliorer leurs niveaux de connaissances, et lever les craintes.

Car les effets du masque sur la saturation en oxygène n’ont pas commencé à être étudiés avec la pandémie de Covid-19.

Nous avons déjà pléthore d’études sur l’évolution de cette saturation en condition réelle d’utilisation, en hôpital, avec des rythmes de travail parfois élevés et même en cumulant plusieurs masques : un FFP2 et un masque chirurgical.

On a une étude particulièrement intéressante qui s’est intéressée à l’effet sur la saturation en oxygène (et beaucoup d’autres paramètres) chez 10 professionnels de santé (3 hommes et 7 femmes) d’un masque FFP2, réputé gênant pour la respiration, doublée d’un masque chirurgical.

On se place donc dans des conditions plutôt extrêmes et pourtant, les mesures montrent dans tous les cas, même malgré un effort plus important au travail, une saturation en oxygène qui ne descend jamais en dessous de 98 %.

Si les masques entraînaient des désaturations importantes en oxygène conduisant à des hospitalisations, nous l’aurions remarqué chez les professionnels de santé qui portent le masque pendant longues heures, régulièrement depuis de nombreuses années.

Il n’en est rien. Toutes les études contrôlées montrent une saturation constante en oxygène chez les porteurs d’un ou deux masques.

Lisez l’article dédié et complet sur ce sujet : 

Mal de crâne, évanouissement, mort : les masques sont-ils dangereux ?

Adulés en période de manque, les masques sont désormais accusés de détériorer la santé des porteurs depuis qu’ils sont devenus disponibles. Maux de tête, perte de repère, évanouissement ou même décès… Les masques sont-ils dangereux pour la santé ? Enquête.

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