Tous les ans, les autorités sanitaires recommandent aux seniors de plus de 65 ans de se faire vacciner contre la grippe, qui tue principalement dans cette tranche d’âge. Les autorités recommandent un vaccin qui démontre des niveaux d’efficacité très modeste, voir nul. Le vaccin n’aurait aucune efficacité pour éviter les cas de décès. D’autres alternatives efficaces existent, mais nos autorités sanitaires s’entêtent à recommander aveuglément, et sans esprit critique, un produit pharmaceutique pourtant controversé par les plus grandes revues scientifiques du monde.

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Plusieurs souches virales peuvent être responsables de la grippe dans le monde, que l’on appelle parfois influenza. Si dans la majorité des cas la grippe n’entraîne aucune complication grave ni décès, elle est redoutable chez les plus de 65 ans où l’on enregistre la quasi-totalité des décès.

En France, selon l’Institut Pasteur, entre 2 et 8 millions de personnes seraient touchées par la grippe tous les ans provoquant entre 1500 et 2000 morts, principalement comme je vous le disais chez les séniors.

En Nouvelle-Calédonie, les chiffres sont évidemment moins important, on observe depuis les années 2000 selon la Direction des affaires sanitaires et sociales (DASS) entre une vingtaine et plus d’une centaine de cas tous les ans (hormis l’épidémie exceptionnelle de 2009).

Mais voilà, qui dit grippe dit virus, et qui dit virus dit vaccin. Il existe depuis plusieurs décennies des vaccins pour immuniser la population à la souche virale qui circule. Ces vaccins doivent être injectés avant la période épidémique, et doivent être renouvelés tous les ans pour s’adapter à la réalité du terrain.

Si toutes les autorités sanitaires s’accordent pour vanter l’intérêt du vaccin contre la grippe, surtout chez les séniors les plus fragiles, l’analyse rigoureuse des preuves scientifiques nous indique pourtant que ce vaccin serait peu efficace chez ce groupe très vulnérable à l’infection.

On va donc revenir dans cet article sur l’intérêt de la vaccination systématique des personnes âgées. Une mesure recommandée par les autorités sanitaires françaises et calédoniennes, remboursée intégralement pour les séniors à risques, et récemment mise en avant dans un article de notre quotidien local Les Nouvelles Calédoniennes.

Mais alors qu’en est-il vraiment ? Faut-il se ruer sur le vaccin chaque année une fois passée la soixantaine ? Ce vaccin a-t-il démontré la preuve de son efficacité ? Ne peut-on pas correctement se protéger avec des mesures simples mais efficaces et éprouvées ?

L’efficacité toute relative du vaccin contre la grippe

C’est un sujet fortement débattu dans la communauté scientifique : est-ce que le vaccin contre la grippe est efficace pour limiter les cas d’infections, les complications graves et ultimement pour réduire la mortalité chez les personnes à risque ?

Depuis 40 ans, de nombreuses études ont été publié sur ce sujet, avançant chacune les intérêts, l’efficacité et les limites de la vaccination contre la grippe. Globalement, une bonne partie des études annoncent une efficacité relative du vaccin contre la grippe, ses symptômes et ses complications. L’étude la plus récente est une méta-analyse de l’ensemble des données disponibles jusqu’à présent menée par un groupement de chercheurs néerlandais, américains et britanniques [1].

Les résultats, même si ils ont été obtenu par des chercheurs quasiment tous payés par l’industrie pharmaceutique pour des jobs de consultants, de conférenciers, de salariés ( !!) ou dans la recherche scientifique, n’apportent que des taux d’efficacités faibles et parfois ridicules.

Ainsi, selon leur procédé d’analyse, le vaccin contre la grippe chez les séniors aurait une efficacité de 30% contre les complications (fatales ou non), de 40% contre les symptômes de la grippe, de 50% contre les cas d’infections.

En ce qui concerne l’effet du vaccin sur la mortalité, les auteurs ne prennent pas la peine de le préciser dans le résumé gratuit de l’article puisque les résultats qu’ils obtiennent, pourtant critique pour cette catégorie de la population, sont incroyablement faibles : entre 0 et 5% d’efficacité.

Cette synthèse et analyse globale de la littérature, financée par une société dont le président n’est autre que le dernier auteur de l’étude (un consultant indirect pour des laboratoires pharmaceutique), a été récemment critiqué par plusieurs chercheurs américains pointant du doigt les nombreuses limites de l’étude, et rajoutant que « l’étude n’apporte pas de preuve substantielle que le vaccin contre la grippe aurait au minimum une efficacité modérée chez les personnes âgées » [2].

Une inefficacité démontrée depuis 2010…

En réalité, depuis 2010 nous avons les résultats d’une méta-analyse réalisée par le très sérieux groupe Cochrane et qui nous indique que les études menées sur le vaccin sur la grippe sont de « faibles qualités » et n’apportent pas de preuve en ce qui concerne « la sûreté et l’efficacité des vaccins contre la grippe chez les séniors de plus de 65 ans. » [3]

De son côté, l’organisme publique américain de contrôle des maladies (CDC) a publié en 2013 un rapport sur l’efficacité du vaccin chez la population générale. Les résultats concernant les séniors sont éloquents puisque l’efficacité de la vaccination contre l’infection est estimée à seulement 9% [4].

Plusieurs autres études indépendantes sur ce sujet très controversées indiquent des résultats similaires : l’efficacité des vaccins contre la grippe chez les séniors n’est pas clairement démontrée, elle pourrait ne pas exister, et les études disponibles présentent aujourd’hui de trop nombreux biais d’analyse [5] [6] [7]. Même le site canadien Passeport Santé offre une vision plutôt correcte de l’efficacité discutable du vaccin chez les séniors, présentant la polémique et la faiblesse des résultats obtenu jusqu’à présent.

Alors, se vacciner ou se savonner ?

L’analyse que l’on peut faire de la littérature scientifique indique plutôt clairement que le vaccin réactualisé tous les ans contre la grippe à destination des personnes âgées ne va pas vous protéger contre cette maladie, ou bien dans de très rares cas (si vous avez de la chance).

Malheureusement, on ne base pas (normalement) des recommandations générales de santé publique sur des preuves scientifiques bancales.

Lanutrition.fr, qui réalise un travail d’investigation scientifique sérieux, partage mes conclusions et considère que la vaccination contre la grippe après 65 ans « est une affaire personnelle » rajoutant « que l’on ne peut pas s’appuyer sur des preuves formelles ».

Je rejoins donc cette position et je souhaite rappeler qu’il existe des moyens bien moins invasifs et coûteux pour les dépenses publiques que le vaccin comme :

  • Le lavage systématique des mains et régulièrement quand on est malade ou non ;
  • Désinfectez les objets ou surface régulièrement utilisés (poignées de porte, télécommandes, interrupteurs, tapis, etc.) ;
  • Remuez-vous et dormez bien, par exemple.

En ce qui concerne la situation particulière de la Nouvelle-Calédonie, nous sommes impatients d’attendre le futur vaccin « calédonien » mais ne nous y trompons pas : ce vaccin, comme les suivants si rien ne change, n’apportera vraisemblablement pas de protection chez les séniors. Et cela est notamment dû au fait que le système immunitaire ne répond pas aussi bien que les adultes ainsi qu’une baisse de la réponse immunitaire avec l’âge.

Alors faites-vous un bon thé vert, avec du miel, du citron et une bonne marche régulièrement.


Références

[1] Beyer, W. E., McElhaney, J., Smith, D. J., Monto, A. S., Nguyen-Van-Tam, J. S., & Osterhaus, A. D. (2013). Cochrane re-arranged: support for policies to vaccinate elderly people against influenza. Vaccine, 31(50), 6030-6033.
[2] Osterholm, M. T., Kelley, N. S., Belongia, E. A., Jackson, L. A., & Jackson, M. L. (2015). Reply. Vaccine, 33(1), 12.
[3] Jefferson, T., Di Pietrantonj, C., Al‐Ansary, L. A., Ferroni, E., Thorning, S., & Thomas, R. E. (2010). Vaccines for preventing influenza in the elderly. The Cochrane Library.
[4] CDC : Interim Adjusted Estimates of Seasonal Influenza Vaccine Effectiveness — United States, February 2013. Morbidity and Mortality Weekly Report (MMWR), February 22, 2013 / 62(07);119-123.
[5] Hirve, S., Lambach, P., Paget, J., Vandemaele, K., Fitzner, J., & Zhang, W. (2016). Seasonal influenza vaccine policy, use and effectiveness in the tropics and subtropics–a systematic literature review. Influenza and other respiratory viruses.
[6] Lang, P. O., Mendes, A., Socquet, J., Assir, N., Govind, S., & Aspinall, R. (2012). Effectiveness of influenza vaccine in aging and older adults: comprehensive analysis of the evidence.
[7] Thomas, R. E. (2014). Are influenza-associated morbidity and mortality estimates for those≥ 65 in statistical databases accurate, and an appropriate test of influenza vaccine effectiveness?. Vaccine, 32(51), 6884-6901.

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25 commentaires
  1. S’il est admissible de se servir de médicaments même toxiques lorsque la vie du malade est sérieusement menacée il l ‘est beaucoup moins d ‘injecter à un sujet sain des produits microbiens voir même des microbes vivants sous pretexte de lui éviter une éventuelle maladie;
    Un vaccin devrait avoir fait au moins la preuve de son innocuité car les accidents graves immédiats ou tardifs parfois mortels sont fréquents sans d ‘ailleurs aucun recours pour les familles…Nier ces accidents ou les imputer a d ‘autres causes est juste une contre vérité..
    N’oublions pas que les populations les moins évoluées dans le domaine de l ‘hygiènes sont celles qui fournissent la plus forte proportion de porteurs d ‘anticorps qu ‘il s ‘agisse de diphtérie ou de polio et ce alors qu ‘ils consomment des eaux affreuses!
    Le créateur a pensé a doter ses créatures d ‘une résistance naturellement acquise contre grand nombre d ‘infections…Les maladies aussi meurent et sont remplacées par d ‘autres on peut le constater…et c ‘est ainsi depuis des millions d ‘années..

    Pour ma part le choix est fait mon dernier vaccin remonte a il y a 23 ans , j ‘étais alors collégienne..Et pour finir, n ‘en déplaise a certains mon médecin me soutient ,selon lui si vous êtes en bonne santé ne vous faites pas vacciner,et si vous êtes malade ne vous faites surtout pas vacciner….
    Merci Jeremy j ‘adore ton blog, vraiment passionnant et bien documenté!

  2. Bonjour à tous !
    Il y a quelques années, je me faisais vacciner chaque année contre la grippe , ce qui ne m’ a pas empêchée d’ avoir une grippe carabinée .
    Depuis, je déchire le papier que je reçois de la sécu .
    J’ entends dire: -” Oui, on peut l’ avoir en étant vaccinée, mais elle sera moins forte” !!!
    Quel argument idiot!
    Par définition, on ne peut à la fois être vacciné ET pas vacciné, alors sur QUOI s’ établit la comparaison ?

  3. Bravo pour votre article. Ma mère 91 ans, moi 70 ans, tous mes enfants et petits enfants, jamais aucun vaccin et pourtant une santé de fer. Et bien sur pas de lait…………les preuves contre les vaccins existent, il suffit de s’y interesser et surtout ne pas venir dire ensuite “on ne savait pas”…

  4. C’est beau d’entendre ça ;-) Benoit

    J’ai 2 petits enfants vaccinés,et 2 non vaccinés, bientôt 4 ma belle fille et mon fils qui ont déjà un enfant non vaccinés attendent des jumeaux, ben il y a pas photos les non vaccinés? Quelle pêche! Et on voit qu’ils sont mieux réveillés, les vaccinés toujours malades et 1 autiste!
    Il serait temps que les gens se réveillent et surtout lâche prise!

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