Il y a des raisons objectives de se poser de questions et de se méfier de la communication et du travail scientifique de l’équipe marseillaise de Didier Raoult. En voici les principales raisons.

Capture d’écran d’une vidéo YouTube de l’IHU de Marseille avec Didier Raoult.

Avertissement !

Cet article n’est pas une diatribe contre Didier Raoult, certainement pas. J’ai récemment pu voir sur les réseaux sociaux des personnes s’offusquer de voir autant d’articles « anti-raoult » voir le jour, hurlant qu’il n’est pas le seul dans cette affaire.

Pourtant, j’aimerais rappeler que c’est bien le Pr Raoult qui a lancé les premières communications fracassantes sur la chloroquine. C’est lui qui s’est attiré l’attention d’une bonne partie de la planète, des scientifiques, des journalistes et des citoyens avec ces études sur ce sujet.

Il est donc normal qu’une bonne partie des articles et des enquêtes se portent sur lui, son institut et son travail, toujours dans le respect de l’enquête et de la personne, avec bien sûr des analyses qui doivent apporter un réel bénéfice pour se forger un avis.

Rappelez-vous donc qu’il n’a aucune animosité envers Didier Raoult ou qui que soit. On présente ici des faits, juste des faits.

L’intuition, le traitement, le miracle ?

On ne présente plus Didier Raoult, directeur de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Marseille, qui a lancé depuis son fief une bombe médicale sur le devant de la scène.

Ses prises de position filmées sur le coronavirus lui ont permis de se tailler une réputation internationale… auprès du grand public et de la presse. Car si Didier Raoult est un chercheur reconnu dans son domaine – la virologie et l’infectiologie – il était méconnu du grand public.

Depuis les premières études préliminaires sur les traitements possibles contre le nouveau coronavirus SARS-Cov2 (lire ici les mensonges du net sur ce virus), Didier Raoult a eu très rapidement la ferme intuition que nous avions déjà le remède.

La chloroquine, mais surtout l’hydroxychloroquine (HCQ) en association avec l’azithromycine (AZI) serait le traitement miracle, efficace, avec des effets secondaires maîtrisés depuis fort longtemps et qui permettrait de réduire la mortalité due au Covid-19.

Une parole d’expert qui repose sur des travaux préliminaires, et ses propres recherches menées au sein de l’IHU. Des recherches qui ont reçu les applaudissements du grand public, voyant en Didier Raoult un homme courageux et lucide face à la crise, mais aussi les foudres de la communauté scientifique et médicale, voyant en lui un prophète peu vigilant et un chercheur… bien maladroit.

Le débat a malheureusement dépassé la sphère scientifique. Car les études de Raoult sur l’HCQ (et l’AZI) sont truffées d’approximations, de bizarreries et de conflits d’intérêts qui invitent à se méfier.

Mais les critiques méthodologiques, qui sont pourtant nécessaires en biomédicales pour trier le bon grain de l’ivraie, restent inaudibles. Elles seraient émises par des « méthodologistes » qui n’ont pas les pieds sur terre, des académiciens qui ne mesurent pas l’urgence.

Les critiques scientifiques apparaissent aux yeux du grand public comme des attaques dirigées contre Raoult et sa volonté de sauver des vies. Autrement dit, les critiques scientifiques seraient dirigées contre les malades, ou parfois contre le système lui-même.

Car en période de crise il serait bien difficile d’expliquer des notions importantes, et parfois complexes, de la conduite d’une recherche scientifique… comme la randomisation. Un mot barbare qui permet de créer deux groupes d’individus comparables dès le départ de manière aléatoire. En l’absence de randomisation, on prend le risque de créer des groupes avec des différences dès le départ.

Par exemple, si vous testez un médicament contre la toux, mais que dès le départ vous avez 3 fois plus de fumeurs dans un groupe que dans l’autre, alors on comprendra que le résultat final sera difficile à interpréter. Est-ce l’effet du médicament contre la toux ou la sélection des patients ?

En fait, ce n’est pas si complexe ni difficile que ça a expliquer. Il faut juste prendre (un peu) de temps pour le faire. Se priver de randomisation, c’est se priver d’un garde fou critique dans l’évaluation de nouvelles thérapies.

Je ne vous propose pas dans cet article de revisiter les critiques scientifiques qui ont déjà été faites (sur celles de Raoult et de nombreuses autres équipes internationales), mais de revenir sur d’autres faits, qui dérangent ou méritent des éclaircissements.

Il y a des raisons objectives de se poser de questions et de se méfier de la communication et du travail scientifique de l’équipe marseillaise de Didier Raoult. En voici les principales raisons.

Avertissement !

Cet article n’est pas une diatribe contre Didier Raoult, certainement pas. J’ai récemment pu voir sur les réseaux sociaux des personnes s’offusquer de voir autant d’articles « anti-raoult » voir le jour, hurlant qu’il n’est pas le seul dans cette affaire . . .

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20 commentaires
  1. Il faut préciser que le Prof. Raoul a toujours mis l’accent sur le fait qu’il obtient de bons résultats quand le traitement est mis en route AU DEBUT de la maladie. Or, il semble que les essais faits par d’autres équipes proposent l’hydrochloroquine à des malades au stade déjà très avancé de la maladie. De ce fait les résultats ne peuvent être comparées. Ceci est important de le préciser.

    1. Oui Richard tu as raison. C’est un gros point de friction sur lequel j’ai du mal à me positionner. C’est bien évidemment un reproche que l’on peut faire à tous les essais cliniques qui ne suivent pas le protocole de Raoult. Mais je me pose la question : pourquoi devraient-ils tous suivre son protocole ? Celui de Raoult est parti de son intuition, de ses connaissances et il observe ce qu’il observe (ce n’est pas très glorieux d’un point de vue scientifique) alors je pense que d’autres équipes peuvent avoir leurs propres idées, leur propre protocole qui sera nécessairement différent. Il est clair qu’il y a quelque chose avec la charge virale, mais là aussi ce n’est pas complètement clair ni élucidé, surtout au niveau de la tempête de cytokines.

      Donc oui les résultats ne seront de toute manière pas comparable. C’est pour cette raison que Raoult a quelque part déjà la guerre d’opinion. Car en cas d’échec des nouvelles études, il pourra dire que son protocole à lui n’a pas été suivi, et en cas de succès, il pourra s’attribuer le mérite de la primauté. C’est plus une guerre d’égo qu’une volonté de vouloir produire de la bonne science. C’est dommageable pour tout le monde.

  2. j’en pense que tu as raison sur bien des points en particulier sur l’argument
    “Primo, ce dernier avance depuis le départ que cette pandémie ne se remarquera même pas dans les statistiques nationales de mortalité – ce qui sera probablement vrai.
    Secundo, malgré ce constat, l’institut parle d’urgence pour sauver des vies afin de justifier les faiblesses scientifiques de ces études.” il serait bien difficile à Raoult de se defendre sur cette contradiction.

    ceci etant dit comment lui repprocher de faire de la com comme un bourrin
    tu vois comme moi qu’en face les tenants du confinement, de la repression qui avec , de la privation de libertés , du tracking annoncé sont mille fois plus forts et plus nombreux
    c’est un tsunami de pensée unique, la quintescence du politiquement correct qui definit ce qu’on peut dire ou penser et prétend que tout ce qui va dans une autre direction est “mal” (pour faire simple)

    face à ce deferlement un peu de mauvaise foi et de tapage n’est il pas necessaire ? poser la question est y repondre

    je pense qu’il n’aura pas raison (ou pas totalement) les solutions qui fonctionnent serons peut etre dans l’azythromicine seule ou avec des apports en zinc ou meme avec des plantes comme l’artemisia (essai en cours à Madagascar choisi par le gouvernement )
    bref peu importe mais le Pr Raoult, meme si il y a de l’ego, des conflits, meme si il ne risque plus grand chose pour sa carriere à 68 ans aura eu le merite de faire bouger les choses et les idées

    je vois bien que tu es embété car tu defends les methodes validées par la science et donc ceux qui les appliquent strictement en te doutant bien que ceux qui te lisent viennent ici chercher autre chose que la sainte parole ! et du coup tu nous demandes notre avis :)

    bien à toi
    merci de ton travail

  3. Je suis assez déçu de cet article, à charge contre l’équipe Raoult contrairement à ce que tu dis en intro.
    La communication de l’IHU est loin d’être incroyable comme tu le prétends. Je me suis abonné à la chaîne YouTube IHU Marseille Méditerranée début mars je crois (ou fin février, je sais plus), il avait genre moins de 5 000 abonnés, donc c’était clairement pas une grosse chaîne. Raoult n’avait pas de micro, le son était dégueu, la vidéo pas très bien montée. Donc le budget comm était clairement proche de zéro. Puis les gens sont arrivés en masse car les vidéos commençaient à être très partagées et maintenant ils sont à 126 000 abonnés. Ils ont commencé à faire des vidéos plus propres aussi (mais encore très artisanales quand même).
    Même si je suis d’accord avec toi sur le fait que les papiers de son équipe sont pas super approfondis et pas randomisés, ce qui est très dommage, on comprend tout à fait que compte tenu de l’urgence présentée par les médias et le gouvernement, il puisse utiliser l’excuse de l’urgence pour faire à la va-vite ses papiers et ses études, plus observationnelles (en partant du principe qu’il faut traiter efficacement les gens – ils compare avec ses voisins qui suivent les approches autres – plutôt que de leur donner des traitements inutiles voire dangereux).
    D’autant qu’il a vu les résultats de son traitement (déjà utilisés avant lui en Chine, donc il n’a rien inventé et il le dit clairement) sont très positifs sur les personnes qu’il a traitées.
    Enfin, c’est exagéré de parler de Raoult comme roulant pour Sanofi dans la mesure où l’hydroxychloroquine coûte 3 fois rien et n’apportera pas autant de bénéfices à Sanofi que de potentiels nouveaux médicaments ou vaccins qu’ils pourraient vendre bien plus cher. Sanofi est même très emmerdé par cette situation et officiellement contre son propre Plaquénil comme traitement du Covid-19 https://www.sanofi.fr/Actualites/actualites-produits/epidemie-covid-19-point-sur-la-mise-a-disposition-de-plaquenil
    Ca a de quoi surprendre, non ?
    Personnellement, je trouve que les propos de Raoult dans ses vidéos sont pleins de bon sens, bon sens que je ne vois pas dans les médias mainstream, hystériques et toujours à poser des questions à des “experts” pour le coup avec des conflits d’intérêts énormes qui devraient les interdire d’antenne.
    Pour moi, si ton article soulève quelques points intéressants, tu n’arrives pas à sortir de ta vision ultra-méthodiste mais au final peu intéressée par les résultats concrets (non ou mal prouvés selon ta vision). C’est dommage.

    1. Salut Jérémie et merci de ce commentaire qui va me permettre d’éclaircir de nombreux points.

      1) Je n’ai jamais dit que la communication du Pr Raoult était incroyable. Essayons de ne pas faire dire ce que les autres intervenants n’ont pas dit, ce sera plus raisonnable pour le débat d’idées :)

      En revanche, tu dis que le Pr. “Raoult n’avait pas de micro, le son était dégueu, la vidéo pas très bien montée” mais pourtant les vidéos étaient déjà depuis décembre de bonne qualité avant que la chaîne ne devienne célèbre pour les prises de positions de Didier Raoult. Il n’y a pas grand choses d’autres à dire sur ce point, ce n’est surement pas le plus intéressant. C’est juste un constat, ma foi banal.

      2) Tu dis “Même si je suis d’accord avec toi sur le fait que les papiers de son équipe sont pas super approfondis et pas randomisés, ce qui est très dommage, on comprend tout à fait que compte tenu de l’urgence présentée par les médias et le gouvernement, il puisse utiliser l’excuse de l’urgence pour faire à la va-vite ses papiers et ses études, plus observationnelles”

      C’est justement là le coeur du problème, et je me demande si tu as réellement lu l’article où si tu acceptes les faits présentés. Les problèmes méthodologiques des études de Raoult sont graves. Et si tu as bien suivi, ils ne sont pas lié à un problème de temps ni d’urgence. C’est bien là le soucis. L’urgence n’est pas une excuse dans cette situation, bien au contraire ! Dans une situation comme celle-ci, on se doit de faire le travail le plus rigoureux possible pour donner à ses collègues les meilleurs preuves scientifiques afin de traiter le plus rapidement des patients. Raoult a participé à créer une cacophonie scientifique en avançant des arguments contradictoires :

      Contradictoire car il dit que ce virus est banal, pas grave du tout et qu’on ne verra pas du tout de changement statistique sur la mortalité générale du Pays, et en même temps, il dit que c’est très grave et qu’il faut aller vite car il y a urgence et que des milliers de gens en meurent.

      Est-ce que tu saisis le petit problème dans cette logique ?

      3) Je n’ai jamais dit que Raoult “roulait” pour Sanofi. Encore une fois, tu interprètes bien maladroitement mes propos. Je précise simplement que son institut aussi a reçu des fonds de Sanofi, et qu’en toute transparence (ce que l’on cherche tous n’est-ce pas ?) cela aurait du être mentionné.

      Je trouve donc un peu culotté de dire ce que tu as écrit quand dans mon article je dis ceci : “Rien non plus sur les limites majeures de ces travaux ni les lointains financements de l’institut par Sanofi.”

      Surtout que l’on parle quand même de 150 000 € reçu par Sanofi en 2015. C’est quand même une somme rondelette non ?

      4) Tu dis ceci “Pour moi, si ton article soulève quelques points intéressants, tu n’arrives pas à sortir de ta vision ultra-méthodiste mais au final peu intéressée par les résultats concrets (non ou mal prouvés selon ta vision). C’est dommage.”

      Déjà, c’est une grosse erreur que de penser que je suis un “ultra-méthodiste”. Mais je peux le comprendre puisque tu défends aussi une méthode naturelle de purge du foie extrêmement controversée puisqu’il n’y a aucun travail scientifique sérieux ni indépendants qui valident le procédé. Pour Didier Raoult, c’est presque pareil.

      Tu parles de résultats concrets, mais par rapport à quoi ? Cela ne veut rien dire. C’est pour cette raison justement qu’on fait des essais cliniques randomisés avec un minimum de rigueur. Sinon, bien l’homéopathie fonctionne aussi car il y a “des résultats concrets” ! Oui, la grippe, le rhume, les otites ou d’autres maladies bénignes se résolvent spontanément. Donc, c’est quoi qui fonctionne ?

      D’une certaine manière, je pense que tu peux difficilement critiquer cette approche scientifique rigoureuse puisqu’elle te met en porte-à-faux avec la cure du foie et d’autres choses que tu promeus. De ton côté des témoignages, subjectifs et incontrôlable, suffisent à prouver l’efficacité d’une méthode (cf cure du foie) alors que de mon côté, je demande le minimum du minimum : de bonne étude. Je n’ai pas vraiment de lien d’intérêt et même si j’ai de la sympathie pour l’homme (Raoult), je conserve mon esprit critique même face à quelqu’un “plein de bon sens”. Je te rappelle qu’Irène Grosjean aussi est pleine de bon sens, mais cela n’est absolument pas une garantie de qualité ni de sérieux.

      Au final, c’est bien moi qui suis déçu de voir que malgré les faits et les contradictions évidentes dans l’argumentaire de Didier Raoult et son équipe, on puisse persister pour défendre l’indéfendable. Par exemple, des médecins français d’un autre département ont étayé leur protocole de soin avec de l’azithromycine et du zinc, en précisant bien qu’ils n’avaient aucune idée de si c’était efficace ou pas mais que de leur côté “on dirait que ça marche”. Ils sont resté très prudent, très pro, des médecins quoi. J’apprécie autrement plus cette démarche prudente qui sort des sentiers battus, qui essayent mais qui restent conscient de leur faiblesse (absence d’études scientifiques sérieuses). C’est gravé dans leur code de déontologie des médecins.

      5) Tu dis aussi ceci “D’autant qu’il a vu les résultats de son traitement sont très positifs sur les personnes qu’il a traitées.”

      Est-ce que tu as lu les études de Raoult ? Je n’en ai pas l’impression. Si tu fais preuve d’une certaine rigueur scientifique, tu ne peux pas dire ça. Pour rappel, dans le groupe hydroxychloroquine et azithromocycine, il y a eu 1 décès et 3 ou 4 abandons, rien de le groupe témoin. Qu’est-ce qu’on doit en penser ? Pas grand chose. C’est bien là le problème.

  4. Votre analyse est décevante et j’en viens à regretter de m’être abonné à votre publication.

    Déjà, pourriez-vous faire l’effort de publier dans un français correct, les correcteurs d’orthographe et de grammaire sont conseillés dans votre cas, ou bien faites-vous relire et corriger par quelqu’un qui maîtrise un tant soit peu la langue française. Question de respect pour vos lecteurs francophones.

    Quant au fond, les défauts que vous attribuez à Raoult se retrouvent dans à peu près tous les organismes de recherche : course à la publication, méthodologies biaisées, statistiques trafiquées, conflits d’intérêt, copinages et guerres d’egos, corruption financière et morale, primauté donnée à l’argent, à la carrière et aux honneurs plutôt qu’à la rigueur scientifique et encore moins à la médecine et à la volonté de soigner.
    Il semble que l’IHU de Marseille soit cependant moins affecté par ces maladies que beaucoup d’autres institutions ou organismes, par exemple l’OMS ou l’INSERM, sans parler des procédés mafieux de nombreuses sociétés privées pour lesquelles seul compte le cours en bourse.
    Vous auriez pu mettre Raoult en perspective dans le contexte globalement pourri de la recherche pharmaceutique et médicale, parler par exemple des dernières “études” et du cours en bourse de Gilead, études par rapport auxquelles celles de l’IHU de Marseille sont des joyaux de méthodologie, ou de l’essai clinique Discovery pipeauté avant d’avoir débuté de telle sorte qu’il ne puisse conclure à rien d’autre qu’à la totale inefficacité de l’hydroxychloroquine, ou de Mme Karine Lacombe, impliquée dans cet essai, bien qu’ayant touché espèces sonnantes de Gilead dont le Remdesivir fait partie des molécules testées, ou de la composition du Conseil “scientifique” censé éclairer le gouvernement,…
    En bref, un minimum de “rigueur méthodologique” aurait dû vous conduire spontanément à mettre en perspective et en contexte, à juger à charge et à décharge et à ne pas faire dans la caricature.

    Les insuffisances méthodologiques de Raoult sont mises en avant à tort. Son action avec l’hydroxychloroquine et l’azithromycine ne relève pas de la recherche mais de la médecine : on a des malades en danger, des remèdes qui semblent marcher et rien à mettre en face, et ces remèdes sont parmi les mieux connus quant à leurs effets secondaires, leurs contre-indications, et leurs incompatibilités avec d’autres médicaments, le devoir de tout médecin est donc de les utiliser avec toutes les précautions requises, certes, mais sans attendre.
    Randomisation en double aveugle, groupe témoin, méthodologie, Evidence Based Medicine,.. .: merci pour ceux qui reçoivent le placebo alors qu’ils sont atteints d’une maladie potentiellement mortelle et qu’on a un remède peut-être pas parfait mais qui a au moins une chance de les sauver, et dites-moi ce que vous choisiriez si le cas se présentait pour vous, ce que je ne vous souhaite pas.

    1. Bonjour Gérard,

      Je comprend ô combien votre réaction. Ce n’est pas toujours facile de lire des articles qui ne vont pas dans notre sens et qui ne confortent pas nos idées, que l’on pense (à tord ou à raison) être la bonne. Mais je tiens à vous rassurer et vous encourager. Justement, ce genre d’abonnement semble être fait pour vous, car il risque de vous apporter une vision différente de celle que vous défendez et cela est une excellente chose pour développer son esprit critique. Et je suis sûr qu’il y a bien d’autres sujets où nous tomberons d’accord. On verra bien.

      Je vais uniquement m’attarder sur les parties qui concernent le fond de l’article, le plus intéressant. Car vous développez tout un commentaire qui manque terriblement de sources, de preuves et de fondement scientifique.

      On peut par exemple se demander à quoi sert le 3ème paragraphe, et je vous cite :

      “Quant au fond, les défauts que vous attribuez à Raoult se retrouvent dans à peu près tous les organismes de recherche : course à la publication, méthodologies biaisées, statistiques trafiquées, conflits d’intérêt, copinages et guerres d’egos, corruption financière et morale, primauté donnée à l’argent, à la carrière et aux honneurs plutôt qu’à la rigueur scientifique et encore moins à la médecine et à la volonté de soigner.”

      L’objet de l’article est ici l’équipe de Raoult et le travail de son équipe, pas celle du voisin. C’est lui qui a lancé le premier la grande course à la chloroquine pour traiter le Covid-19 et pas le docteur Dupont de l’équipe concurrente. Il est tout à fait normal que l’attention se porte sur ce chercheur, son équipe et son travail. C’est le sophisme de la fausse piste, courant dans ce domaine, où l’on tenter d’attirer l’attention ailleurs ou pire de la légitimer par la généralisation.

      Je m’explique. Ce n’est pas parque d’autres organismes de recherches opèrent les mêmes pratiques dégradantes que l’équipe de Raoult que cela est justifiable ou excusable. J’espère que vous comprenez cette logique. Et encore, il existe de nombreux organismes de recherches et d’équipes qui ne tordent pas la méthodologie dans tous les sens, et qui conservent une certaine éthique de chercheur. Donc cet argument sert un peu à noyer le poisson, et ce n’est pas du tout une méthode saine pour argumenter. C’est même relativement gênant car avec votre méthode, on peut excuser n’importe quel comportement déviant car “mais d’autres le font ausssi !”

      Ce n’est ni sérieux ni responsable.

      Concernant le 4ème paragraphe :

      “Il semble que l’IHU de Marseille soit cependant moins affecté par ces maladies que beaucoup d’autres institutions ou organismes, par exemple l’OMS ou l’INSERM, sans parler des procédés mafieux de nombreuses sociétés privées pour lesquelles seul compte le cours en bourse.”

      Ah bon ? Quelles sources pouvaient fournir pour soutenir vos propos au-delà de supposition. Avec des “il me semble” on peut tout dire et tout faire croire. Pour l’équipe de Raoult, il y a des rapports académiques d’inspections qui officialisent et objectivent les critiques scientifiques. Des rapports qui montrent les manquements à la rigueur scientifique et au respect de nombre de ces techniciens ou ingénieurs.

      Pour le 5ème paragraphe, vous dites :

      “Vous auriez pu mettre Raoult en perspective dans le contexte globalement pourri de la recherche pharmaceutique et médicale, parler par exemple des dernières “études” et du cours en bourse de Gilead, études par rapport auxquelles celles de l’IHU de Marseille sont des joyaux de méthodologie, ou de l’essai clinique Discovery pipeauté avant d’avoir débuté de telle sorte qu’il ne puisse conclure à rien d’autre qu’à la totale inefficacité de l’hydroxychloroquine, ou de Mme Karine Lacombe, impliquée dans cet essai, bien qu’ayant touché espèces sonnantes de Gilead dont le Remdesivir fait partie des molécules testées, ou de la composition du Conseil “scientifique” censé éclairer le gouvernement,…
      En bref, un minimum de “rigueur méthodologique” aurait dû vous conduire spontanément à mettre en perspective et en contexte, à juger à charge et à décharge et à ne pas faire dans la caricature.”

      Là encore, on retrouve ici une sorte de volonté de sauver absolument le travail de l’équipe de Didier Raoult en affirmant (et de manière fausse) que d’autres font aussi du très mauvais travail et même du travail moins bon que lui. C’est quand même fort de vouloir à ce point-là défendre des études qui présentent autant de problèmes et des doutes de méconduites scientifiques.

      Le problème, c’est que vous ignorez aussi manifestement que les laboratoires pharmaceutiques produisent en général de meilleure qualité que les équipes de recherches indépendantes. Je parle de qualité méthodologique. Les grandes firmes pharmaceutiques ont les moyens de recruter beaucoup de participants, de se payer des statisticiens et des médecins de renoms, etc.. Cela ne veut pas dire que l’étude sera forcément valide est correcte. On peut parfaitement biaiser les résultats d’une étude “méthodologiquement très bonne” avec des artifices statistiques, des groupes de participants tronquées, des sous-groupes, des fraudes sous-jacentes, de manipulations de données, etc, etc.

      Il n’empêche que dans le contexte du Covid-19, de nombreuses études sur différentes molécules concurrentes ont été publiée (remdesevir, Lopinavir, etc…) avec des qualités très variables. Autant, Gilead a produit lui aussi de mauvaises études, et j’y reviendrais sur le blog bien sûr, autant d’autres équipes ont produits des travaux d’une qualité irréprochable – même en période de crise comme quoi c’est faisable – sur différente molécule et comme j’en parle dans mon premier article sur le scandale de la chloroquine.

      Un article dans lequel je reviens sur les conflits d’intérêts de nombreuses personnes, dont les personnalités bien sûr des deux conseils scientifiques du Président de la République et aussi sur le cas de Karine Lacombe (mais manifestement vous avez raté cet article ou peut-être oublié ces lignes trop vite).

      Pour le coup de la bourse, franchement Gérard, je ne vois absolument pas l’intérêt. Vous savez pourquoi ? Car j’ai pu faire des recherches, et devinez quoi, tous les laboratoires qui ont des enjeux avec le Covid-19 ont explosé en bourse, Sanofi et Gilead compris. Donc ici, la pertinence est ici limitée si ce n’est faire planer l’ombre de Big Pharma et une éventuelle théorie du complot… que l’on retrouve dans votre commentaire avec l’essai clinique Discovery.

      Vous savez, nous ne savons pas vraiment pourquoi Discovery ou Solidarity (l’essai de l’OMS) ont choisi de ne pas suivre le protocole de Raoult. Et pourquoi est-ce qu’ils le devraient ? On peut aussi se poser la question dans ce sens-là. La caricature se trouve peut-être dans ce commentaire qui essaye de faire miroiter des impacts obscurs de conflits d’intérêts (alors que l’IHU de Raoult à reçu 150 000 € de la part Sanofi en 2015, ce qui est un conflit d’intérêt majeur) et d’avancer que tout le monde fait de toute façon de la mauvaise recherche… Non c’est faux.

      Le même jour de la publication de la première étude de Raoult, une équipe chinoise publiait une étude solide sur l’inefficacité du lopinavir en complément avec un autre médicament. Une étude suffisamment forte pour permettre à tous les médecins d’être sûr d’exclure cette thérapeutique. On peut dire que cette équipe a fait un super travail, ce qui n’est pas le cas de l’équipe de Raoult, qui je vous le rappelle, c’est enfoncé encore plus avec les deux études suivantes, encore pire que la première.

      Au final, votre réaction me semble être plus liée à une idéologie forte plutôt qu’a une analyse factuelle des évidences scientifiques. La médecine fonctionne avec une balance bénéfice/risque. Si vous estimez que ce médicament n’a pas montré la preuve de son efficacité, mais qu’il possède des effets secondaires (même s’ils sont maitrisés, ils doivent être forcément compensé par des effets positifs) parfois graves, parfois moins, alors où est l’intérêt de le prescrire ? Je ne suis pas dans la tête des médecins qui prennent leur décision en âme et conscience par rapport à ce qu’ils croient être bon. Mais de nombreux médecins n’ont absolument pas été convaincu par l’efficacité du duo recommandé par Didier Raoult.

      Votre dernier commentaire suit parfaitement la contradiction de Raoult. A la fois il parle d’une “grippette” qui ne changera rien aux satistiques nationale de mort, et en même il parle d’urgence pour sauver des milliers de vies. Vous utilisez le même argumentaire. Dire que le Covid-19 est “potentiellement mortel”, c’est faire preuve d’alarmisme sans discernement. La létalité du virus est lié à de nombreux paramètres et facteurs qui permettent d’affiner le risque en fonction de chacun, de son âge, de son poids, de ses comorbidités.

      Je suis personnellement dans la catégorie des personnes sans risque majeur, donc je n’ai besoin d’aucun traitement, du moins je l’espère. En revanche, j’ai de la famille qui ont des risques très fort d’avoir de grave complication à cause de l’infection et potentiellement d’en mourir. Vous savez ce que je ferais ? Je dirais tout simplement la vérité, après, pour le traitement, je ne suis pas médecin alors je n’ai pas grand chose à dire.

      Je dirais donc que nous avons à ce jour aucun médicament qui a montré son efficacité pour soigner de cette maladie et prévenir les décès. On a des indices malheureusement imprécis et peu fiables sur le mélange d’hydroxychloroquine et d’azithromycine… alors maintenant que tu sais tout cela, tu as le choix (et encore pas forcément car tout le monde est loin d’être éligible). Ensuite, en fonction des services, des médecins, j’imagine que les prises en charge sont différentes.

      Alors quand vous dites ceci “on a un remède peut-être pas parfait mais qui a au moins une chance de les sauver” mais cette chance n’a pour le moment jamais été mise en évidence de manière rigoureuse. Rien ne permet de le dire. C’est là le problème cher Gérard. Le devoir des médecins n’est pas d’utiliser leur patient comme des cobayes, le devoir des médecins est d’essayer d’apporter ce qu’il pense être le mieux pour eux, avec les connaissances actuelles. Et actuellement, le mélange de Didier Raoult est loin de faire l’unanimité chez eux.

      Les toutes récentes études ne vont pas dans le sens d’une efficacité. Bien sûr, aucune étude ne suis à la lettre le protocole de Raoult. Mais nous avons eu rapidement des signaux comme quoi l’azithromycine seul pouvait être efficace. Par exemple, une équipe française a fait une petite étude intéressanteune équipe française a fait une petite étude intéressante. Ils ont regardé la fréquence des formes graves de Covid-19 chez des malades atteints de lupus. Pourquoi les lupus ? Car les patients sont traités à vie à l’hydrocychloroquine en permanence, ce qui rejoins une partie d’une protocole de Raoult sur une prise précoce du traitement. Malheureusement cette étude montre une forte proportion de personnes atteintes de formes graves et de détresse respiratoire, renforçant l’idée qu’on s’est peut-être fourvoyé, et que la prudence (qui n’a pas été le modèle de choix de Didier Raoult) est plus que mise. Encore une fois, on verra bien quand il y aura d’autres études.

      Pour terminer, je remarque que le fond de l’article a été magistralement occulté. Les dérives dans les calculs et les bricolages de l’IHU, ni sur la fausse urgence pour conduire des études scientifiques rigoureuses, ni sur l’histoire de l’expertise.

      J’espère vous avoir répondu du mieux possible.

      1. Cette gueguerre pro et anti Raoult a quelque chose de surréaliste.
        Ce qu’on peut constater c’est qu’il y a un dénigrement généralisé des autorités scientifiques, de l’ordre des médecins (organisation mafieuse), médiatique sur un traitement assez basique qui n’a rien de révolutionnaire. Force est de constater que l’accent est mis sur la chloroquine et rarement sur l’association de l’azithromycine et qu’en plus il est rarement précisé que le traitement doit être pris au début de la maladie et pas en réa. D’ailleurs Raoult le dit lui même que le virus n’est plus présent lorsqu’il est trop tard et que la chloroquine n’a donc plus d’effet.
        Combien de prescriptions hasardeuses sont données pour les personnes souffrantes de pneumonies ?
        Cela ne fait pas débat médicalement parlant. Le covid est un nouveau Coronavirus qui sème la panique chez les politiques, les médias et sème du coup la confusion chez les médecins qui ne peuvent plus pratiquer la médecine en leur âme et conscience ce qui est regrettable.
        La recherche lucrative d’un vaccin subventionnée par Bill Gates pourrait être une des raisons ?

      2. Merci d’avoir pris le temps de faire cette longue réponse avec laquelle -vous ne serez pas surpris- je suis en désaccord comme je l’étais à propos de votre article original.
        Je serais éventuellement plus ouvert à vos arguments si vous vouliez bien préciser les points suivants :
        – financement de Sanofi pour 150 000€ en 2015 : motif et destination de ce financement ?
        – y a t’il eu d’autres financements de Sanofi depuis et pour quel montant total ?
        – le Pr Raoult a évoqué ce financement lui-même dans une de ses interviews, pourquoi ne reproduisez-vous pas ses propos ?
        – sous-entendez-vous que le Pr Raoult a fait la promotion de l’HCQ du fait de ce financement de Sanofi ?
        – si c’est le cas, ça signifierait que le Pr Raoult est un menteur qui joue avec la vie des malades par intérêt financier, personnel ou pour son organisme, l’IHU, allégation gravissime qui demanderait à être argumentée de la façon la plus précise possible et pas par sous-entendus.
        – si ce n’est pas le cas, pour quelles raisons le Pr Raoult – qui est de l’avis général y compris de ses détracteurs l’un des meilleurs spécialistes mondiaux des infections virales- et son équipe qui n’est pas non plus composée de débutants, proposeraient un protocole douteux ou inapproprié, au risque de se décrédibiliser ?
        – …

        Pour le reste, il serait trop long pour moi de parler en détail du pourrissement général du complexe pharmaco-médical. Je vous renvoie pour cela au blog de Jean-Dominique Michel, anthropologue de la santé, suisse, qui me semble avoir le regard le plus intelligent sur ce qu’il appelle la “dramaturgie collective hallucinée” autour du C19, par exemple voir :
        http://jdmichel.blog.tdg.ch/archive/2020/04/22/hydroxychloroquine-stop-mensonges-306012.html

        bien à vous

      3. Bonjour Gérard,

        Je remarque avec amusement que vous partagez avec une certaine bienveillance l’article de Jean-Dominique Michel malgré les problèmes de français mais le respect semble être à géométrie variable ou plutôt en fonction de l’adéquation à vos idées. C’est dommage. Passons.

        Votre commentaire est parfait. Je remarque une étrange mauvaise foi concernant les conflits d’intérêts. Je m’explique.

        D’un côté, vous avancez sans la moindre source, le moindre montant, la moindre date des rémunérations et des avantages, ni les motifs et les destinations de l’argent reçu par Karine Lacombe dans votre premier commentaire, mais de l’autres côté, quand on rapporte un fait (150 000 € reçu de l’IHU de Marseille par Sanofi), là, c’est les sous-entendus – que vous êtes bien seul à faire – de tous les tons. Vous demandez toutes les justifications et explications du monde. Ce n’est pas sérieux, ni rigoureux comme méthode. Cela montre un certain parti pris idéologique plutôt que fondé sur la raison et l’analyse.

        Vous n’êtes pas sans savoir que l’IHU de Marseille a bénéficié d’une loi très protectrice en matière juridique puisque c’est une fondation privée. Tous les nouveaux instituts ou pôles de recherche ne peuvent prétendre à ça, car c’est opaque. Justement, tellement opaque que l’on ignore le pourquoi du comment de cette somme d’argent si ce n’est que c’était pour trouver bien évidemment de nouvelles solutions thérapeutiques.

        L’institut Mérieux a de son coté donné près de 700 000 € à l’IHU de Raoult, et il apparait, au côté de Sanofi, dans les sponsors et partenaires officiels, voir ici : https://www.mediterranee-infection.com/linstitut/partenaire/

        C’est pour cette raison que Didier Raoult n’apparaît pas dans la base Transparence Santé du Gouvernement, car les fonds des laboratoires passent par la fondation privée. C’est un modèle d’opacité en science que personne ne souhaite. Même pas vous.

        Je n’ai fait aucun sous-entendu de mon côté. Je vois que vous montez sur vos grands chevaux pour défendre l’intégrité du professeur Raoult, mais je ne cherche pas à l’attaquer, j’ai rappelé un fait méconnu de beaucoup. On présente ici seulement des faits. Qu’il soit le meilleur ou le plus mauvais spécialiste au monde de la virologie importe peu. Cela importe même pas du tout. On parle de science.

        D’ailleurs, j’aimerais beaucoup que vous m’envoyiez le lien de l’interview où Didier Raoult mentionne ce financement. Non pas que je ne le crois pas qu’il ai dit, mais n’aurait-il pas du le faire plus tôt, par exemple avant l’enquête de Médiapart sur ce sujet ? (car c’est bien ce que l’on attend de tout spécialiste qui s’exprime, en plus de la prudence, qu’il n’a pas eu).

        Je vous retourne donc vos questions pour Karine Lacombe :

        – Financement de Gilead de quel montant ? quel motif ? Quel destination ? Quel date
        – Y-a-t’il eu d’autres financements de Gilead depuis et pour quel montant total ?
        – Sous-entendez-vous que Karine Lacombe a fait la promotion du Remdesevir du fait de ce financement de Gilead ?

        Je pense qu’il serait fort appréciable dans ce débat que vous fassiez preuve de la même rigueur que vous demandez à vos interlocuteurs.

        Concernant l’article de Jean-Dominique Michel (JDM), il est fort intéressant, mais pioche ci et là les références qui lui font plaisir et qui soutiennent son propos. Notamment dans la discussion sur les biais des RCT. Personne n’a jamais dit que les RCT n’avait aucun biais, c’est impossible. Aucune étude n’est parfaite. D’ailleurs c’est marrant de voir que JDM attaque quelque part les RCT alors que Raoult en a fait un en premier. Pourquoi l’avoir fait et surtout, si mal ?

        JMD rate l’information principale. Il parle d’un essai “prometteur” quant à celui du professeur Raoult, alors que ce mot n’a pas du tout sa place pour définir son essai. Un essai prometteur est de bonne qualité, mais avec un petit nombre de participants ou bien avec des erreurs méthodologiques pas trop lourdes et importantes. Là, on dépasse toutes les normes de qualité en science médicale.

        Je note aussi le parfait paradoxe dans le discours de JMD et Raoult concernant les comparaisons avec le Covid-19 et la grippe. Les deux seraient identique, on en ferait tout un foin pour pas grand chose, mais pourtant, les deux parlent d’urgence et du côté non éthique d’avoir un groupe témoin pour une maladie… qu’ils jugent eux-même comme étant une bonne grippe.

        JMD se garde bien de donner des références pour cette phrase :

        “Et il y a de nombreux précédents dans la recherche de maladies, infectieuses ou non, pour lesquelles on a pour ces mêmes raisons éthiques évidemment renoncé aux essais randomisés.”

        Car il a raison, mais encore une fois, de quelle maladie on parle ? Par exemple Ebola. Oui, la recherche clinique s’est accordé pour dire que pour ce virus il n’était pas éthique de faire un groupe témoin. Vous savez pourquoi ? Car le virus tue entre 40 et 80% de ses hôtes. Voilà pourquoi. Quand nous avons des maladies rares et extrêmement grave, il n’est pas éthique fort heureusement de faire des groupes témoins, mais quand on a une maladie avec une mortalité proche de 0.5%, on fait quoi ?

        Je n’aime pas trop le double discours de ces deux hommes à ce sujet, montrer l’urgence et les morts d’un côté pour soutenir la mauvaise recherche, et de montrer de l’autre côté la banalité de l’épidémie.

        J’ai écrit un livre très critique sur le monde agro-alimentaire et pharmaceutique “Santé, mensonge et (toujours) propagande” aux Editions Thierry Souccar. J’y dénonce les liens d’intérêts des médecins, des chercheurs et l’emprise de Big Pharma et de Big Food sur notre système de régulation et d’évaluation. Mon petit doigt me dit que vous seriez terriblement d’accord avec ce que je dénonce. Pourtant, nos avis diffère ici. C’est tout à fait normal de ne pas être d’accord. Mais essayons, tant que possible, d’avoir la même rigueur d’analyse d’un côté comme de l’autre.

        Je remarque aussi que vous n’avez répondu à aucune de mes questions pour soutenir vos affirmations. C’est bien dommage, mais vous avez toujours la possibilité de le faire.

    1. Est-ce qu’un article plus complet sur ce compteur serait bienvenue ?

      J’en parle dans l’article, c’est la dernière partie avec le compteur et tous les doutes et mystère qui planent au-dessus.

      Pour rappel, ce n’est pas de la science.

  5. Je suis d’accord avec vous sur un point : JD Michel a un français presque aussi irritant que le vôtre. Peut-être a-t-il une circonstance atténuante, il est Suisse…

    Pour tout le reste, n’inversez pas les rôles : c’est vous qui êtes le blogueur, je ne suis qu’un simple abonné à votre blog que je consulte parmi une dizaine d’autres. Vous faites un article mettant en question le Pr Raoult, je vous dis ce que j’en pense. Je n’ai ni le temps ni les moyens d’investiguer plus à fond ni de vous apporter les détails que vous me demandez, ce n’est pas mon rôle, c’est le vôtre. Ceci étant, pour les financements de K. Lacombe, vous devez pouvoir en trouver le détail très facilement sur google en première page sur son nom autant qu’il m’en souvienne.
    Vous apportez des précisions utiles sur le statut de l’IHU qui effectivement peut poser question.
    Pour conclure cette discussion stérile, je vais vous énerver, mais en 2 mots votre article sur Raoult n’est pas convaincant. Je ne suis pas amoureux du Pr Raoult et s’il s’avère qu’il n’est pas clean ou fair, ça ne me fera ni chaud ni froid. Mais pour le moment, sachant ce que je sais, entendant ce que l’on entend, et ayant lu ce que vous avez écrit, je considère que ses analyses du pb C19 semblent être les plus pertinentes et ses actions les plus appropriées. je me trompe peut-être, mais vous ne m’avez pas convaincu.

    1. Vous ne m’énervez pas du tout Gérard, peut-être de la déception quand je lis que vous n’avez pas le temps d’apporter des détails et de sourcer vos affirmations et du manque de partialité dans l’analyse. Un bon conseil : renseignez-vous peut-être avant sur l’ensemble de ces détails avec des sources -clés pour nos débats prochains. Ce sera plus éclairant pour tout le monde, et cela crédibilisera votre argumentaire.

      De mon côté, j’apporte les sources de ce que je raconte, et je connais bien les détails des liens d’intérêts de Karine Lacombe, j’ai étudié le tout sur les bases officielles et en parle dans mon article sur le scandale de la chloroquine à lire ici.

      Votre dernier paragraphe est confus doublé d’être énigmatique.

      Vous dites :

      “Mais pour le moment, sachant ce que je sais, entendant ce que l’on entend, et ayant lu ce que vous avez écrit, je considère que ses analyses du pb C19 semblent être les plus pertinentes et ses actions les plus appropriées. je me trompe peut-être, mais vous ne m’avez pas convaincu.”

      Je suis moi-même profondément en accord avec certaines analyses du professeur Raoult. La nécessité de tester massivement la population, d’isoler les cas positifs et d’éviter tant que possible le recours au confinement qui est bien une méthode “moyen-âgeuse” (de ses propres termes, mais qui reste la moins mauvaise décision quand on a rien d’autre…)

      Pour le cas de la science médicale à propos de l’évaluation des médicaments, et notamment de l’association hydroxychloroquine et azithromycine, c’est là où je ne suis pas d’accord bien évidemment avec le professeur Raoult car il n’apporte pas les preuves suffisantes pour soutenir son propos. Ces études sont de mauvaises qualités, nichées de conflits d’intérêts avec peut-être une rétractation pour la première et une enquête de l’ANSM pour la seconde pour suspicion d’essai clinique sauvage… Ce n’est pas très glorieux pour ce grand virologue. J’espère pourtant que ce traitement fonctionne, comme beaucoup d’autres, mais les réponses viendront d’autres études menées plus rigoureusement (car l’IHU n’a décidemment pas envie de publier une étude correcte)

      Vous dites que vous vous fichez si Raoult n’était pas “clean”, mais c’est déjà le cas malheureusement. Il y a notamment une sorte de double discours, une contradiction avec ce qu’il présente et ce qu’il fait.

      Je ne sais pas si vous avez lu ces trois études publiées successivement, l’avez-vous fait ? Elles sont pourtant riches d’enseignement.

      A vous lire,

      1. Merci de votre réponse.
        Je viens de regarder l’interview de Raoult sur BFM TV, et ça me conforte dans mon opinion initiale.

        S’il est vrai que 57% des médecins dans le monde prescrivent l’HCQ et l’azithromycine ce n’est sans doute pas par incompétence professionnelle ou par je ne sais quelle fascination hypnotique qu’exercerait sur eux le gourou Raoult.
        Ceci étant, ce n’est pas parce que 99% des cardiologues prescrivent des statines qu’ils ont raison. Mais là ils ont “l’excuse” d’être pour la plupart abusés par des essais cliniques et des méta-analyses trafiquées, ce qui n’est pas le cas pour HCQ+Az..

        Dès que j’aurai un peu de temps je lirai vos autres articles que vous m’avez signalés.

        Bien à vous.

      2. En science médicale, quand on en vient à utiliser des sondages pour légitimer un médicament ou une pratique clinique, c’est que l’on a aucun argument solide. C’est dommage de fonder une opinion su des sondages, d’une part limitée par le nombre de sondé et la méthodologie, et d’autre part car cela n’a rien à voir avec la réalité scientifique.J’ai récemment écrit un article ce sujet.

        Et au passage, êtes-vous pour les sondages d’opinions politiques ? D’autre part, point de vue sondage sur HCQ et AZ, on remarque tout et son contraire : l’Italie et l’Espagne seraient de gros utilisateur de ce protocole, alors que la mortalité du Covud-19… Tandis que l’Allemagne ne l’utilise que très peu et je vous laisse juger de la mortalité dans ce pays… Bref, on peut faire tout et rien à dire des sondages.

        Vous le dites vous même avec l’exemple des statines, c’est assez édifiant et je me rends compte qu’au final vous avez déjà votre avis et votre opinion sur la question (Raoult & co) et qu’aucune autre évidence ou analyse ne pourrait vous faire changer d’avis. Vous en êtes à légitimer des procéder que vous disqualifiez dans d’autres domaines ou votre opinion diffère. Ce n’est pas la meilleure façon de faire pour se forger un avis éclairée et le plus objectif possible… mais je comprends, la remise en question est autrement plus délicate et implique une nécessaire ouverture à toutes les évidences.

        Ce qui est le plus amusant, c’est que l’on peut faire les mêmes critiques pour les essais cliniques et méta-analyses sur les statines et les études de Didier Raoult. Franchement, lisez les études de Didier Raoult, sauf si n’avez pas les compétences pour déceler les erreurs majeures et les biais méthodologiques (avec une belle dose de conflits d’intérêts), fiez-vous à des personnes de confiance et les plus objectives possibles.

        Ce n’est pas possible de fermer les yeux sur les nombreux problèmes et limitations des études de Raoult.

        Encore une fois, les avez-vous lu en détail ces études ? Si oui, quelles limites méthodologiques avez-vous trouvé ? Il faut être critique et méthodique pour tous les camps, et surtout éviter le biais de confirmation dans lequel vous plongez vigoureusement : )

  6. Bonjour, je vais vraiment vous énerver et je m’en excuse :

    https://tinyurl.com/y8rchzxe

    j’en conviens, c’est du très grossier, mais au fond ça résume assez bien le problème et mon questionnement par rapport à votre article : pourquoi s’en prendre à Raoult, qui certes n’est pas parfait, alors que tant d’autres mériteraient 10 fois plus vos critiques. L’arbre et la forêt, la paille et la poutre…
    je pense simplement que vous vous êtes trompé de cible dans cette sombre affaire C19 et qu’en chargeant Raoult vous n’avez pas abordé les vrais problèmes.

    Bien à vous.

    1. Gérard,

      Ce serait mal me connaître. J’adore les vidéos de Marcel que je suis. Même s’il n’est pas parfait (qui l’est ?), il met le doigt où ça fait mal et tape dans le mile régulièrement. Il faut quand même garder un certain recul devant autant d’informations projetée à la figure, sans source.

      Vous êtes je pense victime du sophisme de la double faute, qui essaye de légitimer le médiocre d’ici en soulignant le pire ailleurs. Cela ne marche pas comme ça.

      Pourtant avec cette vidéo, vous avez la preuve plutôt magnifique que tout le monde est à sa place et fait son travail : j’ai écrit un article sur les raisons d’une méfiance à propos de Didier Raoult et de sa communication, étayée par des sources et des analyses objectives, et de son côté, Marcel D. démolie les médecins-VRP de Big Pharma qui passe leur temps en plateau Télé.

      Où est le problème ? Vous voyez, c’est comme si j’allais commenter à longueur de temps les vidéos de Marcel D. lui disant “Mais pourquoi ne faites-vous pas une vidéo sur les erreurs méthodologiques graves de Raoult ? Sur les financement opaque des laboratoires pharmaceutiques ? Sur les études biaisées et les blâmes de l’académie à son encontre ?”

      Il m’enverrait bouler, et il aurait raison. Qui sommes-nous pour décider des articles que quelqu’un doit faire et des enquêtes qu’il doit mener ? Des commentaires comme le votre, j’en reçois beaucoup par mail, me demandant de traiter cet important sujet, ce scandale incroyable, ceci et cela, à n’en plus finir. C’est normal, tout le monde pense que son sujet est le plus important.

      Là où vous vous trompez Gérard, c’est que je n’ai aucune cible. Vous dites cela car vous avez été personnellement touché par cet article à cause de la sympathie que vous éprouvez pour le personnage.

      Je vous rappelle quand même que j’ai récemment publiée une enquête sur l’autre traitement en lisse, le Tocilizumab de Roche. J’ai une enquête très fouillée qui va sortir sur le Remdesivir et le scandale autour de ce médicament, avec liens d’intérêts, autorisation honteuse et marketing sans preuve scientifique suffisante. Soyez patient cher ami. Mais aussi, essayons de rester humble, ni vous, ni moi, ne pouvons avoir la prétention de dire à l’autre que “moi je sais quels sont les vrais problèmes”.

      Je vous invite à naviguer sur mon site que vous venez de découvrir avec le Covid-19 et Didier Raoult. Je vous invite à lire les dizaines d’articles que j’ai écrit pour dénoncer ce que Marcel D. peut dire dans ses vidéos. J’ai même écrit un article sur les médecins des plateaux TV, exactement comme dans la vidéo de cet homme. Tapez “Gang de Docteur Jérémy Anso” sur Google et vous aurez mon article. Je vous mâche le travail, il est ici.

      Je crois que vous ne réalisez pas que j’ai plus de 400 articles et enquêtes, des livres publiés, et des centaines de sujets aussi graves les uns que les autres. Tout est important, et rien ne l’est. Car à vous écouter, on ne devrait parler de rien de tout ça, mais en permanence que du réchauffement climatique et l’extinction de l’humanité puisque c’est le plus important. Mais j’imagine que vous savez que ce n’est pas vraiment comme cela que ça marche.

      Il faut lâcher prise (je parle du “il y a plus grave ailleurs”) sur ce sujet Gérard.

      A vous lire,

  7. Je vais effectivement “lâcher prise” puisque vous ne savez ou ne voulez rien entendre.
    Auparavant, je réitère une dernière fois mon appréciation : vous avez choisi de mettre en cause Raoult, avec des arguments dont certains sont recevables. Dans cette comédie dramatique du C19, vous auriez pu choisir d’autres acteurs beaucoup plus critiquables que Raoult -ils sont légion- ou au moins faire un panoramique de la scène qui aurait permis de situer et d’évaluer les torts et les raisons de chacun par rapport aux autres. Vous n’avez choisi que la cible Raoult et vous vous êtes fourvoyé.
    Contrairement à vos affirmations, je n’ai pas de sympathie particulière pour Raoult, je vous indiquais seulement que vous vous trompiez de priorité.
    C’est mon dernier message sur ce sujet et comme vous me l’enjoignez de manière assez cocasse, je “lâche prise”. Ce qui ne m’empêchera pas de consulter vos autres articles et de revenir vers vous le cas échéant.

    Bien à vous

    1. Mais je suis d’accord avec vous sur le fond. L’article aurait pu englober tous les autres protagonistes, les faiblesses de chacun, faire un panoramique comme vous dites. J’en suis bien conscient et je reçois bien vos remarques. J’essayerais d’en tenir compte, mais, encore une fois, vous n’êtes pas à ma place. J’écris déjà des articles un peu trop long. Je n’écris pas des mini-ouvrages pour chacun des sujets avec une introduction de 45 lignes et une ouvertures sur tous les tenants et les aboutissants. C’est impossible à faire. Je peux comprendre votre déception face à la non exhaustivité dudit article, mais c’est une réalité et une contrainte journalistique. Je dois publier régulièrement des articles d’analyses pour vous, les abonnés. Des synthèses seront publiées avec l’ensemble des éléments quand chaque partie sera analysée.

      D’ailleurs, on n’a pas fini de parler du scandale de l’essai de l’AP-HP sur le médicament de Roche. Au final, peut-être que Raoult a fait de la mauvaise science, mais tout le monde fait du mauvais travail. C’est déconcertant. Raoult sera peut-être le moins pire ! A voir avec les actualités.

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