Avec des grosses fesses, vos enfants seront plus intelligents ! Heu minute papillon.

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Courbes généreuses = Enfants intelligents ?

C’est le buzz de la semaine sur les sites pour femme, mais pas uniquement, puisque j’ai eu l’occasion de voir ces articles à la chaîne, ressassant tous la même chose…

« Selon une étude, avoir des fesses et des cuisses dodues serait plutôt une bonne chose quand on souhaite être maman. » nous raconte le site AuFéminin.com.

Les sites anglo-saxons ne se privent pas non plus, et les articles se partagent à tour de bras sur le net, créant un tsunami de copié/collé qui peut faire sourire, intriguer ou bien semer le doute.

Je n’ai pas l’habitude de traiter ce genre « d’actualité », je ne l’ai fait qu’une seule fois d’ailleurs pour une histoire de poitrine, mais parfois, c’est plutôt marrant.

Bien souvent on tombe sur des Hoax, ou des canulars, mais parfois il y a un fond de vérité intéressant avec des pistes à creuser.

Bref, selon l’article du site AuFéminin.com, les femmes qui auraient « des formes rebondies » ne devraient pas trop s’inquiéter ou complexer car cela ne « serait pas nécessairement une mauvaise chose », avant d’ajouter, « notamment quand on va avoir un bébé. »

L’idée est donc lâchée. On attend maintenant la référence à l’appui. Elle arrive.

Ainsi, nous apprenons que ces résultats viendraient d’une équipe de l’Université de Pittsburg dirigée par le professeur « Will Lassek ».

D’après ce scientifique, « les graisses contenues dans les cuisses, les hanches et les fesses seraient bénéfiques pour le développement du cerveau du bébé ». Les auteurs poursuivent que ces « cellules graisseuses […] seraient acheminées vers le cerveau du bébé pendant l’allaitement et aideraient à sa construction ».

Afin de tout comprendre, la graisse des parties basses chez la femme serait plus riche en acide gras polyinsaturé à chaîne courte que celle des parties hautes, et notamment en DHA, un oméga-3 particuliers essentiel pour le développement du cerveau du fœtus et du nourrisson.

Voilà pour le principal de cet article qui ne donne bien évidemment par la référence exacte de l’étude citée. Classique.

A la recherche de M. Lassek de Pittsburg

Il m’aura fallu moins d’une minute pour trouver notre fameux Professeur Lassek sur les moteurs de recherche scientifique, et trouver ladite étude sur les kilos des fesses et l’intelligence des bébés [1]

L’étude n’est pas récente. Elle a été publiée en 2008 dans Evolution and Human Behavior, mais le net s’en empare en 2015… Pourquoi pas.

Quoi qu’il en soit, nous avons une origine scientifique, et c’est maintenant le plus intéressant du travail :

  • Est-ce que les conclusions de l’étude ont été bien retranscrites ?
  • Avons-nous affaire à des exagérations ?
  • Et n’y a-t-il pas des informations supplémentaires qui pourraient nous intéresser ?

On va voir tout ça.

Une étude sur le rapport taille-hanche et les capacités cognitives

Voilà une notion, le rapport taille-hanche (RTH), qui est omise par nos articles à buzz et qui est pourtant à la base de tout le raisonnement de nos scientifiques américains.

Le RTH, comme son nom l’indique, c’est le rapport entre la circonférence de la taille et celui de la hanche. Typiquement, chez les femmes ce rapport se rapproche de 0,6 (les hanches plus larges que la taille), tandis qu’il se rapproche de 0,8-0,9 chez les hommes.

Avant de lire cette étude, vraiment intéressante, j’étais persuadé que le RTH chez la femme était un indicateur de fertilité.

Mais les auteurs exposent dans leur introduction que de nombreux scientifiques ont tenté de corréler le RTH avec la fertilité et l’espérance de vie, mais qu’il n’y a à ce jour pas de preuve solide pour aller dans ce sens.

En revanche, et c’est le plus surprenant, les hommes ont réellement tendance à préférer les femmes avec les RTH les plus bas, vers 0,68 très exactement (je vous vois maintenant venir avec vos mètres pour vérifier le votre), donc les apparences les plus courbés.

Nos deux chercheurs se posent donc logiquement la question :

Mais pourquoi diable les hommes préfèrent-ils les femmes avec les RTH les plus bas si cela ne procure pas un avantage quelque part ?

A travers cette question il faut comprendre que ces choix inconscients d’un caractère, ici physique, pourraient entraîner la sélection d’un caractère génétique, apportant plutôt des avantages que des désavantages à la descendance et donc à l’espèce.

Jusque-là c’est clair.

Les auteurs ont donc tenté de mettre en relation les RTH des femmes avec les capacités cognitives (CG), un terme savant pour désigner tous les processus de traitement de l’information, ou encore les fonctions exécutives, des femmes et de leurs progénitures.

Quels liens entre le RTH des femmes et leurs CG ?

C’est le graphique que je vous présente, avec notamment les bâtons rouges, les plus intéressants pour nous.

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En gros, plus le bâton est élevé, plus les fonctions cognitives sont élevées et c’est l’inverse pour les bâtons qui pointent vers le bas.

Les résultats sont clairs : à partir d’un RTH de 0,76 (il faut diviser par 100), les CG s’améliorent comparées aux RTH plus élevés, et cela se confirme pour les RTH encore plus bas à 0,72.

En revanche, ce que montre l’étude, c’est que les RTH supérieur à 0,72 n’apporterait pas de bénéfice supplémentaire dans les CG, au moins jusqu’à 0,64. Il y aurait donc une limite quand même, ou un effet seuil sur l’effet de ce fameux rapport.

Maintenant, à propos des nourrissons.

Quels liens entre le RTH des femmes et les CG de leurs enfants ?

Voici le nouveau graphique qui vous apporte des éléments de réponse.

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Selon ce graphe, plus le RTH des femmes est bas, plus les CG (capacités cognitives) des enfants sont élevés.

Malheureusement, les auteurs de l’étude ne vont pas en deca de 0,72 pour le rapport.

Dans tous les cas, les auteurs ont contrôlé les facteurs confondants comme l’âge, les revenues des foyers, l’ethnie, l’éducation, et le nombre d’accouchement par femme (vous verrez que ce point est important), et trouvent toujours une corrélation significative entre nos variables RTH et CG.

C’est quoi la conclusion ? Et les articles qui font le buzz alors ?

Premièrement, omettre de parler du fameux rapport taille-hanche (RTH), c’est omettre un point fondamental de la réflexion.

Hé bien oui, car avoir de grosses fesses, des cuisses dodues et des hanches saillantes n’impliquent pas forcément que la taille sera fine.

C’est un rapport que l’on mesure, c’est là toute la différence.

Deuxièmement, et c’est peut-être le plus intriguant, en quoi cela est rassurant pour une femme en surpoids, et qui a des problèmes avec, de se dire « mais au moins mes enfants seront intelligents » ? Franchement ?

Troisièmement, que dire des femmes dont les RTH sont flatteur mais qui ne peuvent pas allaiter ? Ce genre de buzz ne peut que générer de la frustration chez des femmes qui ne pourraient pas faire profiter de leur « bonne graisse » pour leur futur enfant. J’exagère un peu, mais quand même.

Finalement, si je tiens compte de l’échelle et des chiffres présentés par nos auteurs sur l’effet du RTH sur les CG des enfants, nous passons d’un score de 7,3 (pour les RTH les plus hauts) à 8,8 (pour les RTH les plus bas), soit une augmentation de 14%… Cela relativise quand même les résultats.

Bon, maintenant on peut passer aux petites anecdotes intrigantes (parfois effrayantes, mais sachez relativiser quand même) que nous apprends cette étude…

Les plus de l’étude du Pr. Lassek

Ainsi, ne soyez pas surpris d’apprendre que :

  • Après chaque grossesse, les réserves en graisse glutéo-fémorale (cuisses, hanches, et fesses) s’épuisent progressivement, réduisant ainsi les potentiels apports en DHA pour les autres grossesses [2] ;
  • Du coup, plus un enfant naîtra tard dans la fratrie, moins celui-ci bénéficiera des réserves de sa mère, impliquant un possible QI plus bas [3] ;
  • Les femmes qui sont enceintes alors qu’elles n’ont pas fini leur croissance entrent en compétition avec leur enfant pour le développement de l’organisme. Le développement cognitif de l’enfant est souvent détérioré [4] ;
  • La graisse de vos fesses, de vos cuisses et de vos hanches est « métaboliquement protégée » pour ne pas être utilisée avant une grossesse et un allaitement (dur) [5] ;
  • 60 à 80% des sources d’acides gras polyinsaturés à chaîne courtes (dont les fameux DHA) proviennent de vos réserves adipeuses glutéo-fémorale plutôt que de votre alimentation [6] ;
  • Les jumeaux bénéficient de moins d’apport en DHA et auraient un développement cérébral inférieur à un fœtus unique [7].

Si vous vous posez la question, oui, je suis le 4ème et le dernier de ma fratrie, je comprends mieux certaines choses… Merci Maman !

J’espère que certaines dames voulant lutter contre des fesses trop grosses ne se jetteront pas sur le premier venu pour avoir un enfant… N’oubliez pas le sport (humouuur) !

Je plaisante, tout cela doit plutôt vous faire sourire. J’espère que vous aurez pris autant de plaisir à lire cet article que moi pour l’écrire !


Références

  1. Lassek, W. D., & Gaulin, S. J. (2008). Waist-hip ratio and cognitive ability: is gluteofemoral fat a privileged store of neurodevelopmental resources?. Evolution and Human Behavior29(1), 26-34.
  2. Lassek, W. D., & Gaulin, S. J. C. (2006). Changes in body fat distribution in relation to parity in American women: A covert form of maternal depletion. American Journal of Physical Anthropology, 131, 295–302.
  3. Downey, D. B. (2001). Number of siblings and intellectual development: The resource dilution explanation. American Psychologist, 56, 497–504.
  4. Furstenberg Jr., F. F., Brooks-Gunn, J., & Morgan, S. P. (1987). Adolescent mothers and their children in later life. Family Planning Perspectives, 19, 142–151.
  5. Rebuffe-Scrive, M. (1987). Regional adipose tissue metabolism in women during and after reproductive life and in men. Recent Advances in Obesity Research, 5, 82–91.
  6. Del Prado, M., Villapando, S., Lance, A., Alfonso, E., Demmelmar, H., & Koletzko, B. (2000). Contribution of dietary and newly formed arachidonic acid to milk secretion in women in low fat diets. Advances in Experimental Medicine and Biology, 478, 407–408.
  7. Ronalds, G. A., De Stavola, B. L., & Leon, D. A. (2005). The cognitive cost of being a twin: Evidence from comparisons within families in the Aberdeen children of the 1950s cohort study. British Medical Journal, 331, 1306.

18 Commentaires

  1. Alain

    La dictature de l’industrie agroalimentaire a ses éminents disciples chargé de la propagande.
    Grâce à notre bien-aimé PDG NESTOR, avec des grosses fesses, vos enfants seront plus intelligents.
    Une étude a montré que les enfants qui prenaient des céréales au petit déjeuner et des produits laitiers étaient plus intelligents et avaient des meilleurs résultats en classe.
    « Nestlé Fitness : Faites de votre matin un grand moment !
    Attention ne zappez pas le petit-déjeuner pour vous donner de l’énergie, sinon le retour au bureau après les fêtes risque d’être compliqué…
    NOUVEAU : Découvrez la barre Fitness Crunchy Caramel.
    Des morceaux de caramel croustillants, du chocolat fondant et du BLÉ complet : qui veut goûter ?
    Hello Monsieur Yaourt !
    On dirait que vous êtes fait pour être ensemble avec Miss Fitness :)
    Vous aussi essayez le yaourt avec vos Fitness et dites nous ce que vous en pensez ! »
    ….

    Avec quoi on gave les oies et les canards pour obtenir du foie gras ?

    Avec du maïs, des céréales.

    Alors mangez tous les jours des céréales , du pain aux céréales, des pizzas, des sandwichs.
    Plusieurs études ont montré que vous aurez rapidement des grosses fesses comme déjà un tiers de la population.

    1. Jérémy Anso (Auteur de l'article)

      Franchement Alain, il est limite ce commentaire… On frise le hors sujet. S’il vous plait, commentez donc en relation avec l’étude, ce sera plus clair pour les lecteurs et les autres intervenants.

      1. Alain

        Bonjour Jérémy,

        En effet mon commentaire n’est pas forcément compréhensible.

        « Selon une étude, avoir des fesses et des cuisses dodues serait plutôt une bonne chose … » nous raconte le site AuFéminin.com.
        Je ne suis pas certain que c’est ce que souhaitent toutes les filles et les femmes.

        L’étude est certainement très sérieuse, cependant elle n’est pas destinée au grand public et elle est simplement citée. Je n’ai aucun commentaire relatif à l’étude elle-même.
        C’est l’interprétation qui est faite par le site AuFéminin.com qui est fallacieuse comme toutes les informations diffusées sous une couverture scientifique par les experts de l’industrie agroalimentaire.

        Pour éviter de traiter un sujet qui pourrait affecter le volume des vente, un seul sujet n’est JAMAIS traité : quel est quel est l’ingrédient (ou la molécule) qui fait grossir (un tiers de la population est maintenant en surpoids ou obèse).

        La réponse est pourtant simple.

  2. Alain

    @Jérémy

    « 60 à 80% des sources d’acides gras polyinsaturés à chaîne courtes (dont les fameux DHA) proviennent de vos réserves adipeuses glutéo-fémorale plutôt que de votre alimentation [6] »

    La référence [6] est relative à la contribution de l’alimentation et de l’acide arachidonique
    nouvellement formé à la sécrétion de lait chez les femmes dans les régimes alimentaires faibles en graisses (low fat diets).
    Cette étude traite d’un cas précis qu’il n’y a pas lieu de généraliser.

    Acides gras indispensables = Acides gras rigoureusement requis pour la croissance normale et les fonctions physiologiques des cellules, mais non synthétisables par l’Homme ou l’animal ou synthétisés en quantité insuffisante par rapport au besoin. Ils doivent donc être apportés par l‘alimentation.

    Les acides gras ont en général deux origines additives : l‘alimentation et la synthèse par l‘organisme.
    Dans le cas des acides gras polyinsaturés indispensables (l’acide linoléique et l’acide α-linolénique), l‘apport alimentaire est la seule source possible puisque la synthèse est impossible chez l‘animal et l‘Homme. [*]

    Ces deux acides gras polyinsaturés (l’acide linoléique et l’acide α-linolénique) sont «indispensables» car rigoureusement requis pour la croissance normale et les fonctions physiologiques des cellules, mais non synthétisables par l’Homme ou l’animal.
    L’acide linoléique et l’acide α-linolénique sont synthétisés chez les végétaux à partir de l‘acide oléique, par les désaturations ∆12 et ∆15.

    La biosynthèse des dérivés de l’acide linoléique et l’acide α-linolénique qui constituent les deux familles d‘acides gras nommées n-6 ou oméga 6 (ω6) et n-3 ou oméga 3 (ω3) s‘effectue par une suite de réactions de désaturation qui ajoutent des doubles liaisons sur le segment carboxyle, et de réactions d‘élongation qui allongent la chaîne carbonée à cette même extrémité.

    [*] Actualisation des apports nutritionnels conseillés pour les acides gras
    Anses _ rapport d’expertise collective
    Saisine n° 2006 – SA – 0359, ANC AG
    Mai 2011 _ Édition scientifique
    https://www.anses.fr/sites/default/files/documents/NUT2006sa0359Ra.pdf

    1. Jisef

      Merci Alain pour vos corrections.
      Vous m’enlevez un doute, ces propos me paraissaient aussi erroné.
      Cordialement

  3. Séverine

    Intéressant !

    Une question par rapport à ça:
    « 60 à 80% des sources d’acides gras polyinsaturés à chaîne courtes (dont les fameux DHA) proviennent de vos réserves adipeuses glutéo-fémorale plutôt que de votre alimentation [6] ».
    Pourquoi ? Est-ce parce que notre alimentation n’est pas assez riche en AG polyinsaturés à chaînes courtes ? Mon objectif est de savoir si un apport, par exemple par le biais d’huile de poisson permet de compenser ou bien si cet apport par l’alimentation sera assimilé de manière peu efficace.
    Enfin c’est juste par curiosité car je n’ai ni des grosses fesses ni un projet d’enfant supplémentaire :)

  4. Alain

    « La référence [6] est relative à la contribution de l’alimentation et de l’acide arachidonique
    nouvellement formé à la sécrétion de lait chez les femmes dans les régimes alimentaires faibles en graisses (low fat diets)»

    Pendant la grossesse la femme grossit (!)

    Pendant la grossesse l’organisme constitue une réserve de graisses autour des intestins (la graisse viscérale) stockée dans le ventre et les fesses. Une grande partie de la place dans le ventre est occupée par le fœtus et la femme a la possibilité de stocker ces graisses dans les fesses.
    Cette graisse est destinée à alimenter le fœtus pendant toute la grossesse, même si la femme ne pouvait plus s’alimenter en cas de famine.

    Le fœtus est alimenté par le sang de la mère qui contient normalement les graisses indispensables provenant de l’alimentation.
    Le sang est enrichi par les graisses indispensables stockées dans le ventre et les fesses : acides gras polyinsaturés indispensables, acide linoléique et acide α-linolénique nécessaires à la croissance rapide du fœtus.

    (On appelle graisses les lipides provenant des animaux.
    On appelle huiles les lipides provenant des végétaux.
    Les lipides ou graisses présents dans le sang sont appelés lipoprotéines (chylomicrons,VLDL, LDL, HDL, …)
    Les lipides ou graisses présents dans le lait de vache sont appelés crème,
    mais tout cela est la même chose.

    Toutes les molécules de lipides sont constituées par des acides gras et un alcool.
    L’alcool des lipides ou des graisses majoritaires dans l’organisme est le glycérol (ou glycérine) composé de trois molécules de glucose, de sucre).

    L’organisme stocke également des graisses dans les seins en quantité suffisante pour produire du lait à partir du sang pendant tout l’allaitement du nourrisson.
    Le sang contient un peu moins de 8g/l de lipides alors que le lait en contient 45g/l.

    Une femme sans poitrine ne peut pas allaiter un nourrisson, mais cela ne l’empêche pas d’avoir un enfant. Autrefois il était fait appel à des nourrices, des femmes qui avait suffisamment de lait pour alimenter deux enfants en même temps. Actuellement il est produit industriellement des laits infantiles qui permettent de nourrir correctement les nourrissons.

    La composition du lait maternel évolue au court de la croissance du nourrisson et les réserves de graisses indispensables dans la poitrine sont pratiquement épuisées au moment du sevrage du nourrisson.
    « La composition du lait maternel évolue durant la lactation, avec notamment la diminution progressive des protéines (de 15g/l à 12g/l en 6 mois), des graisses (de 49 à 43 g/l), de certains minéraux (Ca, Na, K et Zn, par contre légère augmentation du Mg), et l’augmentation de la teneur en lactose (de 65 à 75g/l). Cette évolution paraît donc adaptée au besoins progressifs de l’enfant en croissance, en particulier au développement du système nerveux central et à la maturation des défenses immunitaires. »
    « Au niveau des lipides le lait humain contient trois fois plus en moyenne (que le lait de vache) d’acides gras polyinsaturés à longue chaîne (AGPILC), dont les acides linoléique (18:2, n-6), a-linoléique (18:3, n-3) et cervonique (22:6, n-3) particulièrement importants pour le développement harmonieux du système nerveux central et de la rétine de l’enfant. »

    Après le sevrage la poitrine retrouve sa taille d’avant la grossesse qui pouvait très bien être de taille normale et pas forcément grosse.
    Idem pour les fesses si la femme s’alimente en fonction des besoins de son organisme.

    L’organisme de l’enfant produit de la lactase, l’enzyme qui permet de digérer le lactose, le sucre du lait jusqu’à l’âge de trois ans. La production de lactase s’arrête ensuite puisque l’enfant n’a plus besoin de lait. Sa croissance est moins rapide et son appareil digestif lui permet de constituer les réserves de graisses qui lui sont nécessaires.
    il est normal qu’un enfant ne digère plus le lait après l’âge de trois ans et encore moins le lait de vache qui est totalement inadapté à l’alimentation des humains.

    C’est la raison pour laquelle l’industrie laitière effectue un bourrage de crâne, une propagande mensongère médiatisée pour inciter les enfants à continuer à consommer des produits lactés après l’âge de trois ans et empêcher l’arrêt de la production de la lactase par leur organisme.

  5. Alain

    « 60 à 80% des sources d’acides gras polyinsaturés à chaîne courtes (dont les fameux DHA (1)) proviennent de vos réserves adipeuses glutéo-fémorale plutôt que de votre alimentation [6] ».
    Pourquoi ? Est-ce parce que notre alimentation n’est pas assez riche en AG polyinsaturés à chaînes courtes ? Mon objectif est de savoir si un apport, par exemple par le biais d’huile de poisson permet de compenser ou bien si cet apport par l’alimentation sera assimilé de manière peu efficace.

    @Séverine

    L’industrie agroalimentaire produits des millions de tonnes de denrées (farines de céréales, lait, fromages) totalement dépourvues des deux acides gras polyinsaturés indispensables (l’acide linoléique et l’acide α-linolénique, à 18 atomes de carbone (2)).

    Lors de la digestion, ces deux acides gras sont scindés au niveau des doubles liaisons (des insaturations) en trois acides gras plus courts et sont acheminés par le sang au foie.

    Les cellules du foie biosynthétisent tous les acides gras nécessaires aux cellules de l’organisme en allongeant les chaînes, mais ne peuvent pas les raccourcir.

    Les cellules n’utilisent que les acides gras nécessaires à leur fonctionnement (à leur métabolisme) et un excès d’acides gras saturés provenant de l’alimentation peut seulement être stocké dans les cellules adipeuses ou s’accumuler dans le sang sous la forme de lipoprotéines (3) qui ne sont plus reconnues, ni absorbées par les cellules.

    Les acides gras sont présents dans l’alimentation sous la forme de lipides.
    La notion de calories permet de calculer la quantité de macronutriments (lipides, glucides, protéines) nécessaires à l’organisme par jour, mais ignore totalement la qualité des lipides (polyinsaturés, insaturés, saturés) et les micronutriments qui n’apportent pas de calories et dont les quantités se mesurent en milligramme, millionième de gramme et plus petit encore.

    Un apport de 2100Kcal/jour correspond à :

    Glucides  : 273g (52%)
    Lipides  : 82g (35%)
    Protéines : 65g (13%)

    TOTAL : 420g d’aliment (poids de la matière sans eau)

    Pour un repas de 700Kcal :

    Glucides  : 91g (52%)
    Lipides  : 28g (35%)
    Protéines : 22g (13%)

    TOTAL : 140g d’aliment (poids de la matière sans eau)

    La quantité totale de lipides contenu dans tous les aliments du repas et nécessaire aux besoins de l’organisme est de 30 gramme.

    Les besoins physiologiques en acides gras polyinsaturés chez l’homme et la femme adultes sont de :
    – 4,4 gramme par jour d’acide linoléique (C18 :2n-6) oméga 6  (2% de l’apport énergétique)
    – 1,8 gramme par jour d’acide alpha-linolénique (C18 :3 n-3) oméga 3, (0,8 % de l’apport énergétique)

    et pour un repas :
    – 1,5 gramme d’acide linoléique (C18 :2n-6) oméga 6 
    – 0,6 gramme d’acide alpha-linolénique (C18 :3 n-3) oméga 3

    (Une cuillère à café rase d’huile = 4 gramme)

    Un apport d’acides gras polyinsaturés sous une forme naturelle sera assimilé comme tous les lipides.
    Par contre si le repas comporte plus de 30 gramme de lipides, il y aura un excès de lipides que l’organisme n’utilisera pas.
    Si le repas comporte des aliments qui contiennent de l’amidon, l’amidon sera intégralement assimilé et l’excédent d’amidon sera stocké sous la forme de triglycérides : une molécule de glycérol composée de trois molécules de glucose à laquelle sera liée trois acides gras.

    Les acides gras saturés sont toujours en excès car l’organisme biosynthétise tous les acides gras saturés dont il a besoin.

    Une addition de lipides à un excès de lipides ne compensera en aucune manière cet excès.

    Un excès de lipides saturés, tous les jours pendant des dizaines d’années abouti à un excès de lipides dans le sang mesuré par un excès de cholestérol et notamment le cholestérol des lipoprotéines LDL.
    Cet excès de lipides qui n’est plus absorbé par aucune cellule se dépose dans les parois des artères, asphyxie les cellules des artères constituées d’un tissus de cellules vivantes qui se contracte et se dilate au rythme du cœur et fini par détériorer la paroi des artères (plaque d’athérome).
    Cet excès de lipides dans le sang favorise la formation d’un caillot qui peut obstruer les artères et provoquer un infarctus ou un accident vasculaire cérébral (AVC).

    (1) L’acide docosahexaénoïque (DHA ; C22 :6 n-3) est un constituant majeur de la structure et du fonctionnement cérébral et visuel. La chaîne d’atomes de carbone du DHA comporte 22 atomes de carbones.

    (2) Les molécules d’acides gras sont constituées de chaînes d’atomes de carbone (de 4 à 36 atomes), exemple :
    CH3–CH2–CH2–CH2–CH2–CH2–CH2–COOH

    (3) Les lipoprotéines sont des vésicules (des micro gouttelettes) de lipides dans le sang, exactement comme les lipides (ou la graisse ou la crème) dans le lait.

    1. Séverine

      Je ne suis pas totalement convaincue…
      On part du principe qu’on mange trop gras. Ok.
      Mais pour autant, suivant l’huile consommée, on ne satisfait pas tous nos besoins en oméga 3.
      Et en gros vous indiquez que consommer en plus de nos repas une huile riche en oméga 3 ne servirait à rien car le corps n’assimilerait pas cet excès pourtant de bonne qualité ?…
      Beaucoup de gens constatent les effets anti-inflammatoires des oméga 3, donc la consommation complémentaire aux repas d’une huile riche en oméga 3 est bien utilisée par le corps.

      1. Alain

        Ajouter un peu d’huile de poisson sur votre fromage et sur les chips.
        Vous verrez bien si cela diminue les excès de graisses que vous mangez.

    2. Fabien

      Cher Alain, on croirait ce pavé sorti tout droit d’un cours de fac de médecine.
      Or, le mythe des acides gras saturés et des AVC a bien été battu en brèche. http://ajcn.nutrition.org/content/early/2010/01/13/ajcn.2009.27725.abstract
      C’est l’excès d’omega-6 qui est le pourvoyeur du risque cardiovasculaire.

      Par ailleurs, une cuillère à soupe d’huile rase ne pourra jamais combler les besoins en omega-3 étant donné le faible taux de conversion d’acide alpha-linolénique en EPA et DHA.

  6. Alain

    1) – Des bébés plus intelligents que les autres ?

    « Les femmes AUX COURBES GENEREUSES auraient-elles des bébés plus intelligents que les autres ? »
    « www.aufeminin.com/news-societe/les-FEMMES-PULPEUSES-auraient-elles-des-bebes-plus-intelligents-s1205113.html »

    « De nombreuses femmes souffrent de complexes à cause de leurs « petits kilos en trop » »
    C’est vrai dans presque tous les cas, mais sans aucun rapport avec le fait d’avoir des bébés plus intelligents.

    « D’après des recherches de l’équipe de Will Lassek, professeur à l’université de Pittsburg »
    Ces études et les références qui s’y rapportent ne concernent que l’étude des graisses du corps de la femme lors de la grossesse et lors de l’allaitement, ce qui n’est pas le cas de toutes les femmes.

    Quand aux bébés plus intelligents, c’est une question du site aufeminin.com à laquelle on peut répondre non ou oui, puisque le site aufeminin.com ne donne aucune réponse et que les recherches de l’équipe de Will Lassek ne traitent pas cette question.

    2) – Les graisses dans le corps de la femme pendant sa grossesse et pendant l’allaitement :

    « Concrètement, cela tendrait à expliquer pourquoi il y a autant de graisses dans le corps féminin, » …de la femme enceinte pendant sa grossesse et uniquement dans ce cas.
    Ces explications ne concernent ni les femmes aux courbes généreuses, ni les femmes pulpeuses qui ne sont pas enceintes.

    « Mais avoir des formes rebondies ne serait pas nécessairement une mauvaise chose, » pour la femme enceinte. Cela ne concerne pas les femmes aux courbes généreuses, ni les femmes pulpeuses qui ne sont pas enceintes.

    « A noter que le scientifique précise également que les mères qui allaitent perdraient environ un demi-kilo de cette graisse par mois. » (perdraient ? non perdent et c’est normal).
    Cette graisse a été stockée pour que la femme qui a un enfant puisse allaiter le nourrisson même en cas de famine.
    Le lait maternel est produit par les glandes mammaires à partir du sang de la mère enrichi en graisses indispensables à la croissance du nourrisson. Cette graisse n’a plus d’utilité après le sevrage de l’enfant et elle a été entièrement utilisée pour produire le lait nécessaire au nourrisson.

    Les graisses stockées par la femme lors de sa grossesse sont spécifiques à la croissance du fœtus et du nourrisson.
    Au niveau des lipides le lait maternel contient trois fois plus d’acides gras polyinsaturés à longue chaîne que le lait de vache (*), dont les acides linoléique (18:2, n-6), a-linoléique (18:3, n-3) et cervonique DHA (22:6, n-3) particulièrement importants pour le développement harmonieux du système nerveux central et de la rétine de l’enfant.

    Pas plus que la femme, l’enfant n’a plus besoin de cet apport de graisses après l’âge de trois ans car son appareil digestif lui permet de transformer les aliments absorbés et d’alimenter les cellules de son organisme avec tous les nutriments indispensables au métabolisme des cellules de son organisme.

    Au delà de 3 ans l’enfant n’a plus besoin de lait, beaucoup trop gras, trop salé, trop sucré et contenant trop de cholestérol pour son alimentation.
    Le lait de vache est un aliment naturellement sucré (49gr/litre), salé (9gr/litre), gras (39gr/litre) et riche en cholestérol (150mg/litre).

    (*) Chez les ruminants, les acides gras à chaîne COURTE se trouvent en grande proportion ; ils proviennent de la fermentation anaérobique de glucides, tels la cellulose, par les microorganismes présents dans le système digestif de ces animaux.

  7. Alain

    @Fabien

    1) – La biochimie et la nutrition ne sont pas traités dans les cours des facs de médecine.
    Les futurs médecins sont formés pour appliquer des traitements aux différents cas de maladies et surtout prescrire des médicaments.
    Dès le premier mois d’internat les futurs médecins peuvent délivrer des ordonnances et prescrire des médicaments.
    Dans les services de diabétologie, endocrinologie, maladies métaboliques le menu des repas des malades est élaboré par un BTS diététique (Bac+2) et les médecins et internes prescrivent des médicaments.

    2) – Votre lien :
    http://ajcn.nutrition.org/content/early/2010/01/13/ajcn.2009.27725.abstract
    «Méta-analyse des études de cohortes prospectives évaluant l’incidence des graisses saturées sur les maladies cardiovasculaires:
    Conclusions: Une méta-analyse d’études épidémiologiques prospectives a montré qu’il n’y a aucune preuve significative de conclure qu’une alimentation en grasses saturées est associée à un risque accru de maladies cardiovasculaires ou AVC. Plus de données sont nécessaires pour élucider si les risques de maladies cardiovasculaires sont susceptibles d’être influencés par les nutriments spécifiques utilisés pour remplacer les graisses saturés »

    La conclusion est qu’on ne peut pas conclure.
    Vous traduisez cela par : « le mythe des acides gras saturés et des AVC a bien été battu en brèche.»

    3) – Les acides gras saturés

    « Les acides gras saturés ne peuvent plus être considérés comme un ensemble car ils diffèrent par leur structure, leur métabolisme, leurs fonctions cellulaires et même leurs effets délétères en cas d’excès.
    Il convient désormais de distinguer le sous-groupe « acides laurique, myristique et palmitique » qui est athérogène en cas d’excès.

    Les autres acides gras saturés, en particulier les chaînes courtes et moyennes n’ont pas d’effet délétère connu… » (ou très peu étudiés car non financés par l’industrie laitière)
    AFSSA – saisine n° 2006-SA-0359 (1er mars 2010)

    4) – Ancel Keys : la mortalité coronarienne de sept pays occidentaux et du japon
    Le scientifique américain Ancel Keys a réalisé en 1956 une enquête comparant la mortalité coronarienne de sept pays occidentaux et du Japon (sous tutelle des États-Unis jusqu’en 1952)
    L’étude a eu lieu 15 ans après la fin de la seconde guerre mondiale.
    Un échantillon de personnes par pays âgées de 40 à 60 ans furent suivis pendant 10 ans afin d’optimiser les résultats sur un long terme.
    Il établi des relations entre les habitudes alimentaires et la mortalités par maladies graves et notamment cardio-vasculaires.

    Mortalité toutes causes (en pourcentage du nombre de personnes suivies)
    Finlande : 16,8%
    Etats-Unis : 11,6%
    Japon : 14,6%
    Crête : 7,6%

    Pourcentages de mortalité par maladies cardio-vasculaires par rapport à la mortalité totale :
    Finlande : 33,5%
    Etats-Unis : 44,1%
    Japon : 5,1%
    Crête : 1,4%

    Malgré les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki en août 1945, le taux de mortalité des personnes âgées de 40 à 60 ans au Japon était inférieur à celui de la Finlande.
    Par contre le taux de mortalité par maladies cardio-vasculaires était 9 fois plus élevé aux Etats-Unis qu’au Japon et 7 fois plus élevé en Finlande qu’au Japon.

    5) – L’alimentation au quotidien en Finlande :
    « Une quantité considérable de produits laitiers et plusieurs produits laitiers fermentés sont consommés »
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Cuisine_finlandaise

    6) – Le lait de vache :

    « Que d’interrogations suscitées aujourd’hui par la consommation de lait de vache au cours de l’enfance et à l’âge adulte ! Questions pertinentes face à l’opposition entre connaissances scientifiques sur l’intérêt des apports lactés pour la santé et constat des troubles et maladies liés à cette consommation. Réponses souvent insatisfaisantes, car les recherches biologiques ne progressent guère dans le domaine de l’intolérance aux produits lactés. »
    Dr Michel Massol – Professeur à l’Université de Toulouse III
    (Extrait de la Revue Aesculape n°10 jan-févr. 1998)

    7) – Les acides gras trans :

    Les acides gras trans font partie des acides gras insaturés
    Les acides gras de la famille oméga-6 (et oméga-3) qui sont des acides gras insaturés peuvent être cis ou trans.

    Conséquences cardio-vasculaires des acides gras trans :

    « Les résultats des études faites depuis 10 ans convergent et indiquent une augmentation significative du risque cardio-vasculaire en cas d’excès dans l’alimentation de graisses trans, plus encore que l’excès de graisses saturées.

    En particulier, dans une étude de 1997 menée par Hu, Stampfer et Manson sur les femmes, les résultats montrent que « pour un même apport de glucides, une augmentation de 5 % de la consommation de graisse saturée augmente le risque de 17 %, une augmentation de 5 % de la consommation de graisse « trans » augmente le risque de 93 % »

    Les conséquences cardio-vasculaires des acides gras trans sont pires que celles des acides gras saturés, mais cela ne signifie pas que l’excès de certains acides gras saturés est négligeable.

    Dans le lait de vache :
    3 à 9% des acides gras du lait sont des acides gras trans.
    26% des acides gras du lait sont des acides gras du sous-groupe « acides laurique, myristique et palmitique » qui est athérogène en cas d’excès
    63% des acides gras du lait sont des acides gras saturés.

  8. Alain

    Désolé pour mes commentaires trop secs (sans matière grasse), trop longs et qui ressemblent à des cours de fac.
    Alors si Jérémy me le permet je reprend sous une forme adoucie et peut être plus compréhensible.

    Il est n’est pas facile d’y voir clair dans toute cette propagande mensongère sur les médias et le web, dans toutes ces informations fallacieuses sous une couverture scientifique distillées par des éminents experts très compétents de l’industrie laitière et agroalimentaire.
    L’article fallacieux du site aufeminin.com n’est qu’un exemple parmi mille autres articles similaires.

    Grâce aux commentaires des intervenants de ce blog, à la possibilité d’écrire et bien sûr à Jérémy, il devient possible d’apercevoir les arbres qui sont cachés dans la forêt de l’industrie agroalimentaire.

    ———————————————————————————————————————–

    @Séverine

    « Est-ce parce que notre alimentation n’est pas assez riche en AG polyinsaturés à chaînes courtes ? »

    Il n’y a que deux acides gras polyinsaturés INDISPENSABLES qui ne peuvent provenir que de l’alimentation parce que notre organisme ne peut pas les fabriquer :
    – l’acide linoléique (C18:2 n-6) oméga 6 
    – l’acide alpha-linolénique (C18 :3 n-3) oméga 3

    Ces deux acides gras sont à chaîne longue (18 carbones).

    Ces deux AG polyinsaturés (à chaîne longue) permettent à l’organisme de fabriquer TOUS les acides gras insaturés de la famille oméga 6  et oméga 3, à chaîne courte ou longue dont il a besoin.

    L’organisme peut rabouter (allonger) les AG provenant de la digestion.
    Il peut transformer des AG insaturés en AG saturés.
    Mais l’organisme ne peut pas transformer des AG saturés en AG insaturés, ni raccourcir les AG saturés pour en faire des AG à chaîne courte.

    Il faut un apport par l’alimentation de 4,4 gramme par jour d’acide linoléique et de 1,8 gramme par jour d’acide alpha-linolénique, soit environ 2 gramme par repas (une demi cuillère à café).

    Ces acides gras polyinsaturés fabriqués par les végétaux sont très réactifs. Ils réagissent immédiatement avec l’oxygène de l’air et avec l’eau et ont une mauvaise odeur lorsqu’ils sont oxydés (huile rance).
    Les végétaux les stockent bien à l’abri de l’air et de l’eau dans des enveloppes (le germe dans les graines des céréales), des coquilles (noix), des noyaux (amandes), des pépins (raisins, courges, ..), …
    Le lait maternel contient évidemment ces deux AG polyinsaturés indispensables à la croissance du nourrisson. Ces AG polyinsaturés sont détruits si le lait est chauffé à plus de 45°C ou si le lait est stocké plusieurs heures à température ambiante en contact avec l’air. Il ranci et la graisse « tourne ».
    Le lait de vache issu directement de la traite contient trois fois moins d’AG polyinsaturés que le lait maternel, car le veau n’a pas les mêmes besoins que le nourrisson. L’organisme du veau fabrique des muscles et des os et il n’a pas besoin d’un gros cerveau.

    Comme ces AG polyinsaturés ne se conservent pas, les industriels les détruisent en stérilisant le lait trois fois à haute température (150°C), en hydrogénant les huiles végétales à très haute température pour faire des huiles hydrogénées (plus de 500°C), en enlevant le germe des grains des céréales qui est jeté ou vendu à des laboratoires pour en faire des compléments alimentaires (des oméga-3 !), etc.

    Les aliments industriels, transformés, chauffés à plus de 45°C, les fromages industriels et les produits laitiers ne contiennent AUCUN acide gras polyinsaturé INDISPENSABLE.

    On ne les trouve naturellement que dans des végétaux à maturité, cru, frais et non transformés.
    Les végétaux OGM ou transformés sont stériles. Ils ne produisent pas d’AG polyinsaturés qui les empêchent de se conserver et qui ne sont indispensables que pour la formation d’une nouvelle plante (et pour les métabolismes des cellules, pour la vie des cellules du corps humain).

    1. Séverine

      Merci Alain pour ces infos (vous faites quoi dans la vie ? Allez je tente ma chance sur Prof de bio cellulaire et animale ? ou biochimie ?).
      Bon, pour ce qui est des produits laitiers, ne vous acharnez pas, vous prêchez une convaincue, je ne peux pas consommer de produits laitiers.
      Ce qui me chiffonne par rapport à un de vos précédents posts, c’est le fait de dire/insinuer que consommer une huile riche en oméga 3 (cameline ou poissons par exemple) ne sert à rien…
      Tout simplement car un apport de matière grasse ne sera pas assimilé quand on est déjà en consommation excessive de matière grasse. Et si l’organisme assimilait en priorité la matière grasse selon ses besoins et la qualité de la matière grasse ? (je reconnais que ma phrase est mal formulée mais je pense que vous voyez où je veux en venir).

      J’ai lu récemment que les cellules cancéreuses par exemple puisaient avant tout les vitamines issues de notre apport alimentaire (vitamines naturelles) que les vitamines issues des compléments. On n’est plus dans le sujet mais c’est un peu ce qui inspire ma réflexion pour l’assimilation des AG.

  9. Kratos_orion

    @ Alain

    Et voici ce que vous répondent les lobbies européens de l’industrie laitière:
    http://www.milknutritiousbynature.eu/fileadmin/brochures/LELAIT_RichesseNutritionnelleEtNaturalite.pdf

    1. Alain

      @Kratos_orion

      Le document cité dans votre commentaire est un prospectus commercial de 48 pages, rédigé par des auteurs anonymes et validé par ces mêmes auteurs rémunérés par un organisme à but non lucratif (1).

      1) – Le lait « est naturellement riche en calcium, …, phosphore et potassium »

      Le lait contient 9 g/l de sels minéraux à l’état dissous, sous forme notamment de phosphates, de citrates et de chlorures de sodium, calcium, magnésium et potassium.

      Le lait est constitué à 88% d’eau. Du point de vue réglementaire, l’eau contenue dans le lait n’est pas potable car elle ne répond pas aux exigences de qualité des eaux destinées à la consommation humaine.

      Pour l’eau potable, la teneur maximale admissible pour le sodium est de 0,2 g/l et de 0,25 g/l pour chlore.
      Le lait contient 0,58 g/l de sodium et 1,19 g/l de chlore, trois plus de sodium et cinq fois plus de chlore que le maximum admissible pour l’eau potable.

      Les 88% d’eau contenu dans le lait sont non conformes aux normes de l’eau potable.

      « Les produits laitiers représentent un élément des recommandations nutritionnelles
      dans l’ensemble de l’Europe. Les recommandations spécifiques varient d’un pays à un autre mais, en moyenne, elles sont de 2 à 3 portions de produits laitiers par jour chez les adultes, souvent plus (3 à 4 portions environ) chez les enfants, adolescents, les femmes enceintes et les personnes très âgées. »

      Les yaourts et fromages blancs contiennent 85% d’eau.
      Les fromages et le beurre ne contiennent que 37% d’eau, mais le salage constitue une phase importante de la fabrication des fromages. Les fromages contiennent de 2% à 9% de chlorure de sodium.

      Bien que le sodium soit essentiel au bon fonctionnement de notre corps, la consommation excessive de ce sel entraîne des effets néfastes pour la santé. Elle est principalement associée à l’hypertension artérielle,

      Les recommandations de l’industrie laitière sont contraires à l’avis de l’académie Nationale de Médecine : les eaux qui ont une teneur excessive en sodium ne devrait pas être proposées comme boissons de consommation courante. Du fait d’une minéralisation mal équilibrée, une consommation exclusive et prolongée peut entraîner des troubles.

      2) – « Bien que des apports en phosphore élevés puissent être délétères pour l’os … »

      Le rapport phosphore/calcium du lait de vache est de 0,8 : le double de la valeur normale pour l’adulte qui est de 0,4 (0,3 à 0,5).

      L’absorption intestinale du phosphore (environ 65% de phosphore) n’est pas strictement contrôlée. Elle est essentiellement passive et dépend principalement des conditions alimentaires en situation normale.
      L’absorption du phosphore augmente si les apports alimentaires augmentent.
      Le phosphore n’est pas éliminé par les reins : 90% des phosphates filtrés sont réabsorbés.

      Le lait contient deux fois trop de phosphore par rapport au calcium et favorise l’hyperphosphatémie.

      L’hyperphosphatémie ne présente pas de signe clinique patent.

      Les sels de phosphate de calcium précipitent dans les tissus mous avec calcifications dans les vaisseaux (accident vasculaire cérébral ou cardiaque), dans les articulations (goutte), dans l’œil (au niveau du cristallin), au niveau du rein (néphrocalcinose), au niveau cutané, pulmonaire ou pancréatique.

      Les insuffisants rénaux sévères ont une mortalité cardio-vasculaire 10 à 1000 fois plus élevée que les personnes à reins fonctionnant normalement.
      Cette mortalité est en corrélation directe avec les «calcifications spontanées» des artères,
      La genèse de ces calcifications est étroitement liée à l’hyperphosphatémie.(2)

      3) – « Le rôle du calcium dans le développement et le maintien du capital osseux est bien établi, et l’on sait que les produits laitiers sont la principale source de calcium, »
      « Les nombreuses données scientifiques suggèrent que la consommation de lait et de produits laitiers est bénéfique pour la santé à plusieurs titres : santé osseuse, »

      Le métabolisme des os est entièrement contrôlé par le système hormonal et il n’y a aucune carence en calcium dans l’alimentation européenne.

      Presque tous les aliments contiennent du calcium.
      Les eaux minérales contiennent toutes du calcium.
      L’eau du robinet contient du calcium : la concentration du calcaire dans l’eau potable ou dureté s’exprime en «degré français». Un degré correspond à 4 mg/l de calcium.

      L’apport journalier recommandé ( AJR) en calcium est de 800 mg, soit moins d’un gramme par jour. Le lait de vache industriel ne convient pas à l’alimentation des nourrissons et est souvent mal toléré par les enfants.

      L’organisme n’absorbe que le calcium dont il a besoin et un excès de calcium dans le sang est éliminé par les reins.

      Les enfants ont des os mous et incassables.
      Les personnes âgées ont des os durs et calcifiés.

      Un apport de calcium sur un os calcifié est sans effets.

      4) – « Du fait de leur profil global en acides gras, le lait et les produits laitiers n’exercent pas les effets négatifs sur les lipides sanguins ou d’autres paramètres cardio-vasculaires
      que certains présumaient. »

      Les acides gras du lait de vache sont spécifiques à l’alimentation du veau qui a une croissance très rapide, puisqu’il multiplie son poids de naissance par dix en 6 mois. Aucun être humain n’a une croissance aussi rapide.
      La matière grasse du lait de vache industriel contient 8% d’acides gras insaturés trans qui ne sont conformes à aucun acide gras de l’organisme humain.

      L’American Heart Association (AHA) avait fait les recommandations suivantes :

      – l’apport énergétique quotidien provenant des matières grasses ne devrait pas dépasser 30 % de l’apport journalier recommandé, soit 70 g de lipides par jour, environ 25 g de lipides par repas contenus dans tous les aliments (deux cuillères à soupe).

      – ces matières grasses devraient contenir
      50 % d’acide gras monoinsaturés de type oméga-9
      25 % d’acide gras polyinsaturés de type oméga-3 et oméga-6
      25 % d’acides gras saturés;
      une partie des acides gras saturés peut être remplacée par des acides gras mono-insaturés »

      Au moins 75% des acides gras de la ration alimentaire devraient être des acides gras insaturés ou polyinsaturés.

      Un litre de lait ou 115g de fromage contiennent 39 g de matière grasse.

      La composition de la matière grasse du lait est :
      28 % d’acide gras monoinsaturés cis
      8 % d’acide gras monoinsaturés et polyinsaturés trans.
      <1 % d'acide gras polyinsaturés cis
      63 % d'acides gras saturés

      La matière grasse du lait ne contient que la moitié des acides gras insaturés recommandés et presque trois fois trop d'acides gras saturés qui sont en excès.

      Ni le lait industriel, ni les fromages pasteurisés ou stérilisés ne contiennent les acides gras polyinsaturés indispensables, l'acide linoléique (C18:2 ω-6) et l'acide alpha-linolénique (C18:3 ω-3) que l'organisme ne peut pas synthétiser.
      D'autre part les acides gras insaturés et polyinsaturés du lait sont constitués par 8 % d'acide gras monoinsaturés et polyinsaturés trans.

      La consommation d'acides gras trans est inutile et préjudiciable à la santé, contrairement à celle des autres acides gras insaturés naturels cis.
      La consommation régulière d'acides gras trans augmente notamment les risques de maladies cardio-vasculaires même à faibles doses.

      Pour ces raisons, de nombreuses organisations pour la santé recommandent de réduire le plus possible leur absorption or plus de la moitié de l'apport alimentaire d'acides gras trans provient des produits laitiers de ruminants (fromages, beurre, crème, lait).

      5) – « Cette brochure destinée aux professionnels de la nutrition et de la santé est le fruit d'une collaboration entre les nutritionnistes des organisations membres d’EMF qui ont synthétisé les données scientifiques les plus récentes sur les relations entre produits laitiers et santé. »

      Cette brochure témoigne de la propagande mensongère de l'industrie laitière.

      (1) A propos d'EMF European Milk Forum
      « EMF, European Milk Forum, créée en 2011, est la première organisation européenne sans but lucratif destinée à mettre en œuvre des campagnes de sensibilisation sur le lait et ses dérivés.»

      (2) Le problème calcium-phosphore de l’insuffisance rénale
      Andreas Bock, Abteilung Nephrologie, Kantonsspital, Aarau
      http://www.medicalforum.ch/docs/smf/2012/2021/fr/fms-01097.pdf

  10. loli

    Au féminin.connerie!!! Mdr

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