Les plus grands mensonges sur les produits laitiers (2/2)

Partie 2 / 2 – Suite et fin

  1.  Les produits laitiers ne font pas maigrir.
  2. 75 % de la population mondiale ne digère plus le lactose.
  3. Un bon fromage quotidien ne vous fera pas de mal non plus !
  4. Une alimentation équilibrée divise par deux les besoins journaliers en calcium.

produits-laitiers-danger-calcium-mensonges

Il faut prendre le maximum de produits laitiers à l’adolescence pour augmenter son capital osseux !

Cette affirmation repose uniquement sur la théorie du « pic de masse osseuse » qui se base sur plusieurs postulats:

  1. De 0 à 30 ans, notre masse osseuse augmente avec nos apports en calcium (c’est notre fameux capital osseux).
  2. De 30 à 50 ans, la masse osseuse est sur un plateau.
  3. Au delà de 50 ans, nous perdrions irrémédiablement 1% de notre capital osseux tous les ans.
  4. Les femmes sont plus fragiles, car après la ménopause les hormones sexuelles sont dans des concentrations pus faibles et elles n’assurent plus leur rôle protecteur dans la calcification.

On comprend mieux maintenant pourquoi il faut consommer un maximum de laitages  pendant  l’enfance et l’adolescence pour que son capital osseux soit le plus haut possible, ce qui limitera les fractures une fois adulte… Et vieux !

Vous pourrez trouver sur la toile bon nombre de sites qui proposent des schémas tel que celui-ci, issu de l’Institut de la Qualité des Aliments :

Pour appuyer cette théorie, une étude sur plus de 3000 femmes permet aux défenseurs des produits laitiers d’affirmer que l’exclusion des produits laitiers durant l’enfance entraine des risques accrus d’ostéoporose et de fractures, notamment du col du fémur chez la femme ménopausée (1).

A l’inverse, deux études portant respectivement sur plus de 77000 et  76000 femmes rapportent que les femmes qui ont consommé le plus de lait durant l’enfance n’ont significativement pas moins de fractures que les femmes ayant consommé le moins de lait (2, 3).

(1) Kalkwarf HJ, Khoury JC, Lanphear BP. Milk intake during childhood and adolescence, adult bone density, and osteoporotic fractures in US women. Am J Clin Nutr 2003;77:257–65.
(2) Feskanich D, Willett WC, Stampfer MJ, Colditz GA. Milk, dietary calcium, and bone fractures in women: a 12-year prospective study. Am J Public Health 1997;87:992–7.
(3) Nieves JW, Barrett-Connor E, Siris ES, Zion M, Barlas S, Chen YT. Calcium and vitamin D intake influence bone mass, but not short-term fracture risk, in Caucasian postmenopausal women from the National Osteoporosis Risk Assessment (NORA) study. Osteoporos Int. 2008 May;19(5):673-9. Epub 2007 Nov 13. 

En conclusion

Il est impossible d’affirmer que la consommation précoce et forte de lait de vache dans l’enfance apporte une quelconque protection contre les fractures à l’âge adulte. La théorie du pic de masse osseuse n’a JAMAIS été validée scientifiquement, elle ne repose sur rien de concret.

Des produits laitiers pour faire de vieux os ?

Enoncé dans l’introduction : il faut consommer entre 3 et 4 produits laitiers par jours à l’âge adulte pour limiter une perte osseuse irrémédiable et ainsi éviter les fractures et les risques d’ostéoporose. Ces recommandations sont, étrangement, en complète contradiction avec les taux records d’ostéoporoses et de fractures du col du fémur que l’on observe chez les populations qui consomment énormément de produits laitiers.

En 2002, l’Organisation Mondiale de la Santé a publiquement reconnu le « Paradoxe du Calcium ». Les pays qui consomment le plus de produits laitiers sont les plus touchés par les maladies liées à l’os, et inversement pour les pays qui en consomment le moins. Six grandes méta-analyses ont toutes confirmé (sauf une) que le calcium laitier ne donne pas des os plus solides à l’âge adulte (4 – 8).

La seule étude qui a trouvé des bénéfices à la consommation de calcium laitier a été signée par un chercheur américain travaillant pour l’industrie laitière américaine (9).

(4) Cumming RG, Cummings SR, Nevitt MC, Scott J, Ensrud KE, Vogt TM, Fox K. Calcium intake and fracture risk: results from the study of osteoporotic fractures. Am J Epidemiol. 1997 May 15;145(10):926-34.
(5) Kanis JA et al. The use of calcium in the management of osteoporosis. Bone 1999;24:279–90.
(6) Weinsier RL, Krumdieck CL. Dairy foods and bone health: examination of the evidence. Am J Clin Nutr. 2000 Sep;72(3):681-9.
(7) Kanis JA et al. A meta-analysis of milk intake and fracture risk : low utility for case-finding. Osteoporosis Int 2005;16(7):799-804.
(8) Bischoff-Ferrari HA et al. Calcium intake and hip fracture risk in men and women: a meta-analysis of prospective cohort studies and randomized controlled trials. Am J Clin Nutr. 2007 Dec;86(6):1780-90.
(9) Weaver CM, Heaney RP.Dairy consumption and bone health. Am J Clin Nutr. 2001 Mar;73(3):660-1

Les produits laitiers font maigrir et protègent contre des cancers.

La consommation de calcium laitier est associée à une réduction du risque de surcharge pondérale. Ce résultat se base sur une seule étude d’un chercheur américain qui a reçu le financement de l’industrie laitière (10).

A l’inverse, ce sont plus de 40 études indépendantes qui n’ont trouvé aucune relation entre la consommation de lait ou de laitages et la perte de poids (11 – 14). La consommation de laitage protège contre le cancer du côlon. Il est vrai que le lait protège probablement des cancers colorectaux mais les laitages et les fromages peuvent au contraire favoriser ce type de cancer.

Egalement, la consommation de laitages pourrait prévenir les risques de cancer du sein. Mais des méta-analyses indépendantes réfutent toute corrélation positive entre la consommation de laitages et l’acquisition d’une protection contre le cancer du sein.

(10) Zemel MB, Miller SL. Dietary calcium and dairy modulation of adiposity and obesity risk. Nutr Rev 2004;62:125–31.
(11) Barr S et al. Increased dairy product or calcium intake : Is body weight or composition affected in humans ? J Nutr 2003;133:245S-248S.
(12) Trowman R, Dumville JC, Hahn S, Torgerson DJ. : A systematic review of the effects of calcium supplementation on body weight. Br J Nutr. 2006 Jun;95(6):1033-8.
(13) Huang TT, McCrory MA. Dairy intake, obesity, and metabolic health in children and adolescents: knowledge and gaps. Nutr Rev. 2005 Mar;63(3):71-80.
(14) Lanou AJ, Barnard ND. Dairy and weight loss hypothesis: an evaluation of the clinical trials. Nutr Rev. 2008 May;66(5):272-9. Review.

Apparition du lait dans l’alimentation humaine

 

On consomme du lait de vache depuis 10.000 ans !

  • Qu’y-a-t ’il à répondre contre cet argument… de poids ?

Il est vrai que les 1ères consommations de lait de vache sont apparues dans l’Histoire de l’humanité il y a 10.000 ans, pendant le néolithique. A cette époque, les hommes se sédentarisent, découvrent l’agriculture et l’élevage. C’est à cette époque également que sont relevées par les études d’archéologie et de paléoanthropologie les premières maladies liées à l’os : l’ostéoporose, l’ostéomalacie ou encore le rachitisme.

Mais bien avant le début de cette ère « laitière », depuis environ 7 millions d’années (le paléolithique archaïque), les hommes ne consommaient pas de lait ou de laitages. Que valent 10.000 années de consommation de produits laitiers contre 7.000.000 d’années sans ? Imaginez que l’on rapporte ces échelles historiques sur une seule année soit 365 jours.

Cela voudrait dire que l’homme a bu son premier verre de lait (si j’ose dire) le 31 décembre en début d’après-midi ! Avant l’ère laitière, la santé osseuse était admise comme étant parfaite, sans aucune maladie que nous connaissons à notre époque. Les nourrissons étaient uniquement nourris avec le lait maternel, évidemment.

Aujourd’hui, 75% de la population mondiale ne tolère pas le lactose après le sevrage, héritage évolutif de presque 7 millions d’années. Il est admis que la consommation des produits lactés contribue fortement à ingérer des graisses saturées et « trans » dangereuses ainsi que de fortes quantités de sucre chez l’enfant responsables de diabète (15, 16) et d’obésité.

Les produits laitiers sont suspectés de favoriser l’acné chez l’adolescent, ils sont associés a un risque accru de cancer agressif de la prostate et dans une moindre mesure, de cancer du poumon (beurre), de cancer colorectal (graisses d’origine animale), de maladie de Parkinson et de lymphome non-hodgkinien.

Contrairement à ce que pourrait laisser croire les illustrations des articles, il ne s’agit pas de faire ici le procès  des produits laitiers.  Il n’est pas envisageable d’écarter définitivement tous ces produits de l’alimentation moderne, car l’organisme a besoin de calcium pour maintenir sa structure osseuse. Toutefois, les apports journaliers recommandés peuvent être réduis à zéro dans le cas d’une alimentation équilibrée et intelligente : eaux minérales riche en calcium, oléagineux (amandes, noix, etc.), réduction des protéines animales et du sel, légumineuses, etc.

Dans le cas des régimes alimentaires moins « paléolithiques » et plus « occidentaux », il est recommandé de ne prendre qu’un seul voire deux produits laitiers par jour au maximum, de préférence un bon fromage.

(15) Vaarala O. et al. Removal of Bovine Insulin From Cow’s Milk Formula and Early Initiation of Beta-Cell Autoimmunity in the FINDIA Pilot Study. Arch Pediatr Adolesc Med. 2012 Mar 5.
(16) Finnish TRIGR Study Group. Dietary intervention in infancy and later signs of beta-cell autoimmunity. N Engl J Med. 2010 Nov 11;363(20):1900-8.

PS:  Le prochain article sur les produits laitiers s’intitulera « Convaincre en moins de 10 minutes sur les dangers du lait« . Les arguments les plus percutants et les plus parlants, même pour votre papa qui ne connait rien à la science !

Consommez-vous des produits laitiers régulièrement ? Avez-vous envie d’arrêter après avoir lu cet article ? Oseriez-vous ne pas donner de lait de vache à votre enfant (ou futur enfant) ? 

Un grand merci à Isa pour la réalisation des illustrations ! C’est le début d’une longue collaboration ! ;)

33 Commentaires

  1. CARLEN Rémy

    Bonjour Jérémy,

    J’apporte ma modeste contribution à votre site. J’ai 59 ans et j’ai souffert de colopathie fonctionnelle vers l’age de 40 ans. La médecine n’étant pas en mesure de solutionner cette maladie en changea l’appellation une dizaine d’années plut tard par syndrome du colon irritable.
    Après de multiples essais alimentaires, j’ai testé l’éviction totale de tous les produits laitiers et après 6 mois hypersensibilité de mes intestins a diminué et le nombre de mes passages aux WC par jour ont été divisé par 4. A présent la couleur et la fréquence de mes selles sont redevenues normales. En conclusion, les produits laitiers ne sont pas uniquement dangereux pour les problèmes osseux. Je consommais quotidiennement du fromage ( environ 100 gr et 2/3 yogourts.
    J’ai changé également durant cette période la qualité du pain consommé à savoir du pain exclusivement fabriqué au levain sans aucun additif chimique.
    J’espère que mon témoignage pourra aider un nombre croissant de personnes souffrant du colon irritable.

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  2. sam

    Bonjour!

    Je viens de tomber par hasard sur votre blog et les articles sur le lait. Je tente depuis plusieurs années de diminuer ma consommation de produits laitiers et boit très occasionnellement du lait très chocolaté.
    Mais depuis ma première grossesse mon intestin est malade quelques minutes après.
    J’ai allaité mes deux filles exclusivement jusqu’à 8 mois pour la première et 12 mois pour la deuxième. Elles n’ont jamais bu de lait maternisé au lait de vache (sja pour la 1er et riz pour la 2e) ni de lait de vache. En revanche, je leur donne du fromage et du yaourt (je ne sais pas comment substituer tout cela).
    Je passe pour une folle à l’école et à la crèche car je ne veux pas qu’elle boivent de lait, ni ne mangent de bonbons, ou de chocolat… mais avec le papa nous tenons le coup. Nous sommes contaminés mais nous voulons le meilleurs pour nos filles quitte à passer pour des extra terrestre!!

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  4. Florence

    Quand j’étais nourrisson, on m’a découvert une forte intolérance aux lactoses (je n’étais apparement pas capable de garder un seul biberon), on m’a donc mise sous un régime de lait de soja jusqu’à environ mes 3 ans, ou on m’a remise au lait de vache.
    Je ne sais pas si du coup je peux considérer avoir été nourrie aux laits végétaux, toujours est il que petite ou pas, je ne me suis jamais cassée un seul os.
    J’ai ensuite toute mon enfance jusqu’à il y a peu consommé des laitages, près d’un demi litre de lait par jour, des yaourts et du fromage a pratiquement tout les repas…
    Cela fait des années que j’ai de gros problèmes de digestion et des nausées en permanence, mon médecin, pourtant au courant de mes ennuis étant petite n’a jamais suggérer de retirer les laitages de mon alimentations, comme si ce n’étais pas concevable. Je ne savais pas de quoi mes différents problèmes de santé pouvait venir, d’après mon médecin de famille ca a toujours été « dans ma tête », « a cause du stress », etc. Il y a donc un an, je suis allé voir un autre médecin qui lui m’a proposé de commencer un régime sans caséine (et sans gluten) et depuis, mes nausées se sont très largement calmées et la plupart de mes symptômes se sont apaisé eux aussi. Je ne dirais pas que tout va mieux, mais je n’ai plus la nausée dès le petit déjeuner et c’est déjà pas mal.
    Je n’ai donc pas consommé de produit laitier animal depuis un an, et je suis persuadée que ce n’est pas plus mal. Je pense d’ailleurs que lorsque j’aurais un enfant, il sera comme moi nourrie au lait de soja.

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  5. Antoine

    « Avant l’ère laitière, la santé osseuse était admise comme étant parfaite, sans aucune maladie que nous connaissons à notre époque »
    => sur quel mythe vous basez vous pour faire de tels postulats ? Vous disposez peut-être de résultats d’études faites à l’ère préhistorique par des scientifiques non financès par l’industrie laitière de l’époque que vous a rapporté Marty Mc Fly avec sa De Lorean ? :-)
    Bon, un peu d’humour pour dire que, même si vous diffusez beaucoup d’informations intéressantes sur les méfaits du lait (industriel), il ne faut pas non plus imaginer que tout allait bien avant le lait, y compris d’un point de vue osseux : on n’en sait rien. Dire que « la santé osseuse était admise comme étant parfaite » est une phrase basée sur aucun élément sérieux, dans le seul but d’aller dans le sens de votre argumentation, qui de ce fait malheureusement en perd sa crédibilité. C’est dommage, car ça fait douter du reste de la démonstration.
    Par ailleurs, les hommes de l’époque mourrait peut-être moins de cancer car il n’avait pas le temps d’en développer avec leur espérance de vie qui atteignait au mieux 30 ans.

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