(c) Giorgio Trovato

Se rafraîchir l’entrejambe avec des poches glacées pour soigner à peu près tous les soucis de santé ? C’est la promesse aussi miraculeuse que controversée de France Guillain. Voici l’enquête la plus complète sur les bains dérivatifs.

Sommaire de l’enquête

1. Se refroidir l’entrejambe pour retrouver la santé ?

2. Se rafraîchir, comme tous les mammifères ?

2.a Bain dérivatif ou… toilette ?

2.b Contradiction dans l’argument ancestral

3. Fascia et graisses brunes : clé de voûte de la méthode

4. Bain dérivatif et science : le néant

4.a La science aux oubliettes ?

4.b Du froid aux graisses brunes : pourquoi ça coince ?

4.c Les méchantes graisses blanches

4.d Quiproquo avec les recettes « Miam »

4.e Les vessies de glace à la rescousse

5. L’efficacité avérée… par des témoignages

5.a Perte de cheveux et chimiothérapie : le grand bazar

5.b Adieu cheveux grisonnants !

5.c L’évacuation magique des déchets

6. Des théories farfelues

7. Derrière la méthode, le business

8. Bains dérivatifs : pourquoi ça marche

9. Jamais assez longtemps, ou jamais assez bien

Se refroidir l’entrejambe pour retrouver la santé ?

L’idée peut faire sourire.

Elle est saugrenue.

Mais en rafraîchissant une zone bien précise de notre corps, le périnée, nous aurions tous la possibilité d’activer des cascades biochimiques bénéfiques capables de soigner à peu près tous les problèmes de santé.

Capture d’écran d’un passage radio de France Guillain sur Beur FM, publié le 14 juillet 2022.

Des pépins allant de la simple insomnie aux boutons d’acné, en passant par les plus handicapants problèmes d’arthrose et même en s’occupant de maladies neurodégénératives graves comme Alzheimer ou Parkinson.

Incroyable, non ?

Les bains dérivatifs, comme on les appelle, pourraient même aller plus loin.

Vous faire retrouver l’être aimé ? Non, n’exagérons pas, mais vous pourrez de nouveau admirer avec délectation votre crinière flambant neuve, complètement dégrisée !

On pourrait inverser la calvitie et faire disparaître les cheveux blancs !

Oui, c’est bien ce qu’affirme France Guillain, écrivaine, navigatrice et ingénieure, qui a publié deux ouvrages de référence sur ce sujet :

  • La méthode France Guillain, notamment à base de bains rafraîchissants dans l’entrejambe (éditions du Rocher, 2015)
  • Le bain dérivatif, exclusivement centré sur cette méthode (éditions du Rocher, 2018)

Au centre de cette méthode, l’inflammation.

C’est l’ennemi public n°1 décrit par France Guillain, à l’origine de tous nos petits et gros maux.

Des règles douloureuses aux cancers.

Mais par chance, le bain dérivatif est un moyen :

  • simple
  • peu coûteux
  • et sans danger…

Pour mettre cette inflammation silencieuse au tapis (j’en parle ici de mon côté)!

Une inflammation vicieuse contrecarrée par un pilier des bains dérivatifs… Les graisses brunes. Des graisses que l’on verra dans le détail tant elles sont plébiscitées par France Guillain, et moi-même !

Une méthode millénaire utilisée dans le monde entier depuis la nuit des temps.

Des « bains » qui ne font que mimer ce que nous devrions faire dans la nature : s’aérer sans gêne nos bijoux de famille que l’on cache sous d’épaisses couches de vêtements.

La pudeur nous ferait-elle autant de mal ?

Au-delà du principe simplissime et des promesses alléchantes, tout ceci est-il bien sérieux ?

Au-delà des centaines de témoignages positifs pour apaiser des douleurs diverses et variées, et même soigner des problèmes réputés incurables (calvitie, acouphène), qu’avons-nous de concret, de mesurable et d’objectif ?

Car vous ne trouverez pas le moindre article critique sur les bains dérivatifs.

Tout le monde répète benoîtement les mêmes mantras, sans remettre les fondements en question. Sans interroger la littérature scientifique non plus.

Cette enquête est aujourd’hui la plus complète en français sur ce sujet. Elle se fonde sur les deux ouvrages de référence écrits et publiés par France Guillain, mais aussi par une expérimentation personnelle de la méthode (publication à venir).

Je vous propose de découvrir ou redécouvrir la méthode, sous un angle nouveau, plus sceptique et pragmatique.

On va naviguer à notre manière dans l’océan du doute et de la recherche scientifique où s’entremêlent de nombreux témoignages positifs et négatifs aux débat d’experts.

J’ai eu la chance d’avoir quelques éclaircissements sur des points précis de la part France Guillain.

Plongez dans le grand bain, made in Dur à Avaler !

Irène Grosjean, bains dérivatifs et santé

Les bains dérivatifs ont été mis sur le devant de la scène avec une récente interview d’Irène Grosjean, naturopathe surnommée la “Papesse du cru”. Si vous souhaitez en découvrir plus sur ce personnage, lisez l’enquête de Dur à Avaler.

Se rafraîchir, comme tous les mammifères ?

Le principe fondateur des bains dérivatifs repose sur une exposition froide de la zone comprise entre le sexe et l’anus. Dit moins crument : de l’entrejambe.

Cette méthode est loin d’être nouvelle. France Guillain le reconnaît sans peine.

Louis Kuhne est pour ainsi dire le précurseur de la méthode, l’appelant bain de siège à friction. France Guillain a donc adapté la découverte de ce naturopathe pour l’épurer.

La friction se révèle être une pratique « puissante » et ne conviendrait pas « aux organismes affaiblis » selon la navigatrice.

Cette fameuse friction servirait à mimer l’action de nos cuisses et de notre entrejambe qui se frottent quand on se déplace. Autrement dit : le sport ou l’activité physique suffit à reproduire ce geste naturel, et soi-disant bienfaiteur.

Si France Guillain en parle, elle recommande un « bain dérivatif de la manière la plus douce en appliquant un froid doux et sans frictions dans l’entrejambe ».

Il suffit de placer une bouteille d’eau congelée convenablement enveloppée pour rafraîchir, aussi longtemps que possible la zone stratégique, selon France Guillain.

Mais à une méthode vieille comme le monde s’ajoute la modernité ! Car France Guillain commercialise des poches spécifiquement conçues pour refroidir en toute sécurité et praticité nos entrejambes.

Capture d’écran du site internet de France Guillain, “baindérivatif.fr”, où l’on peut voir les poches 36.6° brevetées.

Elles s’appellent les poches « 36.6° » pour nous rappeler la température que notre corps devrait avoir pour être dans les meilleurs conditions de travail, sans inflammation. Ces poches ressemblent fortement à des serviettes hygiéniques que l’on dépose au fond des sous-vêtements.

Mais revenons à nos moutons ! Les mammifères se rafraîchissent-ils l’entrejambe ?

Se rafraîchir l’entrejambe avec des poches glacées pour soigner à peu près tous les soucis de santé ? C’est la promesse aussi miraculeuse que controversée de France Guillain. Voici l’enquête la plus complète sur les bains dérivatifs.

Sommaire de l'enquête

1. Se refroidir l’entrejambe pour retrouver la santé ?

2. Se rafraîchir, comme tous les mammifères ?

2.a Bain dérivatif ou… toilette ?

2.b Contradiction dans l’argument ancestral

3. Fascia et graisses . . .

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5 commentaires
  1. Ce dossier est excellent ! Il confirme toutes les observations et lectures (bien moins nombreuses) que nous avions faites à ce sujet, y compris les témoignages d’adeptes de naturopathie qui ont pratiqué les “bains dérivatifs”.

    Dans sa version la plus ancienne (de Kuhne, peut-être, je n’ai plus le livre sous la main) on appliquait l’eau froide quelques secondes puis on faisait une pause de quelques secondes, le temps de retremper le gant dans l’eau glacée. C’était, selon l’explication, cette alternance de froid et de chaud qui agissait comme une “pompe” (des toxines). L’application était sur la partie la plus sensible des organes sexuels, et non le périnée. Cette sensation était effectivement agréable, même si les cheveux continuaient à blanchir… Mais au minimum l’effet (placebo) était celui de prendre soin de soi et remobiliser son “énergie”. En général, quand on se lance dans cette pratique, c’est qu’on a un peu de temps et une forte intention d’améliorer son style de vie : nutrition, sommeil, exercice, etc. Donc, effectivement, de nombreux facteurs de confusion.

    Sur trois décennies je n’ai entendu aucun témoignage direct de guérison ni de perte de poids avec les “bains dérivatifs”. Je constate dans cet article que France Guillain s’est empressée d’ajouter toutes les hypothèses qui flottaient dans l’air : graisse brune, fascias etc. pour justifier une pratique qu’elle avait modifiée afin de rendre possible le commerce de poches spéciales et autres gadgets — parce que les gants de toilette ce n’est pas très rentable !

    Pour ce qui est du chaud/froid, il me paraît évident qu’aucun essai clinique ne pourrait conclure en raison même de la diversité des effets selon les individus, le lieu et temps d’application, etc. Je rappelle souvent l’essai de Davis Zeevi et collègues (https://leti.lt/py31) que j’ai commenté sur ma page “Nutrition : qui écouter ?” (https://leti.lt/swms) : l’extrême variété des réactions aux aliments en termes d’élévation du taux de glycémie. Dans nos pratiques de soin manuel, il apparaît clairement que certains endroits de l’organisme sont momentanément en demande de chaud ou de froid, et que satisfaire cette demande apporte le même réconfort que manger quand on a faim. C’est on ne peut plus simple : écouter les besoins qui se manifestent vis à vis des sensations de froid ou de chaud, et vérifier que leur satisfaction induit une amélioration de l’état. Pas besoin de théorie, d’essai clinique ni d’affirmations gouroutisantes pour cela, ce n’est pas de la thérapie mais du soin “domestique”, comme prendre un bain…

    On m’avait parlé au début du siècle de cette théorie d’un renversement brusque de l’axe de la terre qui aurait été causé par le passage ou la chute d’un objet céleste. J’avais lu à ce sujet le bouquin d’un ingénieur hollandais, qui balançait des équations. Selon sa théorie c’était 180° et non 90°. Mais dans les deux cas on peut se demander comment un choc causerait une rotation d’exactement 90° ou 180°, et non d’un angle quelconque ? J’aimerais voir l’expérience sur une maquette (ou un modèle math) !

  2. hello Jérémy !

    On m’en avait parlé en bien… mais je n’ai jamais pris le temps de m’informer ni d’essayer…
    Je crois, après lecture de ton article, que j’ai bien fait de ne pas perdre mon temps avec ça !!

    toujours un plaisir de te lire.

    Gaëlle

    1. Bonjour Gaëlle,

      Merci du retour ! Après libre à toi de tester ou pas. Au moins, tu as une vision différente et peut-être (surement) plus pragmatique que ce qu’on trouve habituellement sur la toile !

      au plaisir.

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