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Dur à Avaler est un blog d'information sur la santé, la nutrition, l'univers du médicament et les conflits d'intérêts. Le blog est entièrement sans publicité pour faciliter la lecture des articles. Les articles sont le résultat d'une recherche scientifique minutieuse pour apporter des conseils et lancer des débats constructifs. Les article sont rédigés par Jérémy Anso, docteur en biologie et des auteurs invités pour des sujets particuliers. Le blog n'a pas vocation à remplacer le lien entre un patient et son professionnel de santé, mais bien de le renforcer par la confiance, la lecture critique des évidences scientifiques et le rendre plus transparent.

Le cholestérol est au centre d’une guerre scientifique, médicale et pharmaceutique hors norme. Si vous ne connaissez pas la controverse autour de cette molécule indispensable à l’homme. Lisez rapidement cette enquête qui mêle des intérêts privés colossaux avec des conflits d’intérêts médicaux au plus haut niveau. La science est véritablement malmenée (mis à jour le 22/03/2019).

Prologue

Vous allez découvrirez dans cet article, la vérité sur le cholestérol (à quoi ça sert), son utilisation par l’industrie pharmaceutique, la mise en place d’un médicament, et les dérives du business sur la santé.
Je vous propose le sommaire de cet article :

  1. Le cholestérol, dangereux pour l’homme ?
  2. Le mauvais cholestérol
  3. La poule aux œufs d’or
  4. L’invention d’une maladie
  5. Un commerce florissant
  6. L’efficacité des statines
  7. Des statines inutiles et dangereuses
  8. La mascarade continue
  9. Comment traiter son cholestérol ?

D’avance, bonne lecture.

Le cholestérol, dangereux pour l’homme ?

Dans notre société moderne, toutes nos variables biologiques (taux de sucre sanguin, tension artérielle, neurotransmetteur, etc.) sont scrutées par des experts et des médecins qui établissent des valeurs moyennes standards.

Au-delà, ou en deca de ces valeurs moyennes, vous êtes considérés (peut-être à torts) comme malade. Vous devriez donc prendre un traitement, qui est bien entendu disponible sur le marché.

Aujourd’hui, le cholestérol rime avec « artères bouchées », « attaque cardiaque », « accident vasculaire», ou encore avec « gras ». Le mot cholestérol est immédiatement associé négativement dans l’esprit de la population.

Pourtant, le cholestérol rime aussi avec « lipides », « fonctions essentielles », ou « intégrité cellulaire ». Le cholestérol est avant toute chose, une molécule indispensable, vitale pour le fonctionnement du corps humain. Mais pas uniquement pour l’homme. L’ensemble des vertébrés dépendent de ces lipides, et donc du cholestérol pour vivre.

Mais alors, pourquoi le cholestérol est-il autant diabolisé par les Hautes Autorités de Santé et par les spécialistes de la santé ?

Le mauvais cholestérol

Nous l’avons vu, l’organisme a besoin de cholestérol pour fonctionner correctement. Cependant, le cholestérol se décline sous différentes formes et donc, différentes fonctions.

3 formes différentes composent le cholestérol que nous connaissons aujourd’hui :

  1. VLDL (lipoprotéines de très faible densité)
  2. LDL (lipoprotéines de faible densité)
  3. HDL (lipoprotéines de haute densité)

Le HDL et LDL constituent la quasi-totalité du cholestérol présent dans le corps humain. Le VLDL est très minoritaire. Vous avez déjà entendu parler du HDL et LDL, notamment grâce aux publicités télévisées ou à votre médecin.

Techniquement, le HDL est la lipoprotéine qui associe le cholestérol avec une apoprotéine A1, et qui récupère le cholestérol inutilisé des cellules pour le ramener vers le foie. Rien de plus.

Derrière cette réalité physiologique simple, la théorie du « bon cholestérol » suppute que le HDL récupère le cholestérol qui traine dans les artères ou dans les vaisseaux. Les HDL seraient donc les « nettoyeurs » de nos artères, et préviendraient le risque d’attaque cardiovasculaire et d’athérome. Conséquences ultimes de cette théorie ? Il faudrait avoir un taux de HDL élevé pour limiter au maximum les encrassements de nos artères.

Le LDL est quant à lui, le côté obscure du cholestérol ou le fameux « mauvais » cholestérol. Les « Low Density Lipoproteins » ou les lipoprotéines de faibles densités jouent le rôle inverse des HDL. Les LDL doivent transporter le cholestérol du foie vers les cellules qui en ont besoin ou aux cellules entre-elles.

Ce cholestérol circulant serait donc le responsable des épidémies d’attaques cardiovasculaires que nous connaissons actuellement. Un excès de LDL circulant est le synonyme d’un dépôt de cholestérol quelque part dans un vaisseau, et à terme, d’augmenter tous les risques qui y sont liés (attaques cardiaques, athéromes, etc.)

En résumé, le cholestérol est un ensemble de différentes molécules qui sont toutes essentielles et vitales pour assurer le fonctionnement du corps humain. Le cholestérol sert également de précurseur pour la synthèse des hormones stéroïdiennes, de la vitamine D et c’est le principal constituant de la bile.

La poule aux œufs d’or

L’industrie pharmaceutique tient là une véritable poule aux œufs d’or. Le cholestérol comporte toutes les caractéristiques idéales pour Big Pharma (l’industrie pharmaceutique) :

  1. C’est une variable physiologique importante pour notre santé
  2. Cette variable peut être « bonne » ou « mauvaise » (arbitrairement)
  3. Elle est facilement dosable.
  4. Des traitements peuvent être mis au point pour corriger la situation

L’invention d’une maladie

Un comité d’expert décide donc des valeurs moyennes qui définissent les personnes en « bonne santé » des personnes « malades », qui doivent suivre un traitement, et prendre des médicaments précis.

Dans le cas du cholestérol, ces taux ont été établis par un comité d’expert en médecine, ou en nutrition qui sont TOUS en relation directe avec l’industrie pharmaceutique. Première conséquence logique : un grand pourcentage de la population sort des valeurs moyennes arbitraires, et pourrait se voir proposer un traitement contre le « mauvais cholestérol ».

Les médecins, les cardiologues, ou les nutritionnistes sont convaincu par l’industrie pharmaceutique (à grand coups de publicités, de pots de vins, d’études scientifiques, et de recommandations officielles) que l’excès de LDL ou de « mauvais » cholestérol doit être limité, et que le HDL (le « bon «  cholestérol) doit être augmenté, pour éviter les cas cliniques d’attaques cardiovasculaires, et les morts !

Le message passe très bien…

Un commerce florissant

Big Pharma a mis au point ce que l’on appelle des « statines ». Les statines sont des médicaments hypocholestérolémiants. Une fois ingérées, elles vont faire baisser votre taux de mauvais cholestérol et faire grimper le bon.

Le marché des statines est le plus rentable de la planète. Ces médicaments sous brevet sont les plus vendus au monde. Plus d’une centaine de million de personnes consomment, tous les jours, des statines pour faire baisser leur taux de cholestérol. 20 % des américains et 10 % des suisses prennent tous les jours leur fameuse gélule. Ces ventes génèrent des bénéfices colossaux, 30 milliards d’euros par an, près de 20 % du chiffre d’affaire des sociétés pharmaceutiques.

Big Pharma n’est pas la seule à profiter de ce filon béni. L’agroalimentaire se jette dans la brèche, et nous observons l’apparition d’une large gamme de produit riche en oméga-3. Des oméga-3 qui augmente les concentrations de HDL, donc celles du « bon » cholestérol.

L’efficacité des statines

Les statines possèdent donc le double emploi d’abaisser le mauvais cholestérol et d’augmenter le bon. Ces propriétés doivent conférer une meilleure santé cardiovasculaire, en principe.

La santé cardiovasculaire est mesurée selon 3 critères principaux (qui permettent de juger de l’efficacité des statines)

  1. Les infarctus du myocarde non fatal
  2. Les infarctus cérébraux non fatal
  3. Les décès cardiovasculaires

La science confirme l’efficacité des statines pour faire baisser le mauvais cholestérol et également diminuer les risques d’accidents cardiovasculaires.

Toutes les études qui confirment l’efficacité des statines, et je vous le donne en mille, sont financées par les plus grands groupes pharmaceutiques de la planète (1, 2).

Une étude réalisée par 16 médecins, publiée dans l’un des journaux médicaux les plus prestigieux de la planète, indique que les statines testées baissent le taux de LDL et augmentent celui de HDL (3). Les résultats observés ? Après 2 ans de traitement intensif aux statines, on observe une régression de 7 % des athéroscléroses chez les patients malades.

La suite est encore plus intéressante. L’étude a été financée par AstraZeneca, la 5ème société pharmaceutique la plus puissante au monde, qui commercialise le « crestor » et réalise plus de 15 milliards d’eruos de bénéfices tous les ans. Parmi les 16 médecins de l’étude, 5 ont des liens plus ou moins directs avec l’industrie pharmaceutique. Ces 5 médecins ont reçu des compensations financières en tant que consultants, conférenciers et membres de comités scientifiques de la part d’au moins 23 sociétés pharmaceutiques différentes.

L’un d’entre eux est même membre d’une chaire de l’Institut Canadien de la santé de recherche en athérosclérose, directement financé par Pfizer. Pfizer est la société pharmaceutique la plus puissante et la plus riche de la planète. C’est elle qui vend le plus de statines au monde.

Plus grave encore. AstraZeneca, le sponsor de l’étude, a participé à toutes les discussions sur le design de l’étude et sur les protocoles expérimentaux. AstraZeneca a réalisé le suivi de toute l’étude et a conservé toutes les données de l’étude. Les analyses statistiques ont été également réalisées par le sponsor. AstraZeneca avait le droit de suggérer des modifications de l’article avant publication.

Deux autres études attribuent aux statines des propriétés très bénéfiques pour la santé (4, 5). Notamment, une baisse du risque d’attaque cardiaque, d’ischémie et une protection anti-inflammatoire grâce aux statines. Dans tous les cas, les études sont supportées par l’industrie pharmaceutique. Mais plus étonnant encore, les auteurs de ces études détiennent les brevets d’exploitations des traitements qu’ils testent. Dans les histoires de conflit d’intérêt, c’est tout de même un comble.

Des statines inutiles et dangereuses

Aujourd’hui très controversées, les statines ne seraient pas si efficaces que cela dans la prévention des risques cardiovasculaire. Pourtant, c’est leur unique objectif.

Une étude réalisée en 2002 sur plus de 20.000 patients pendant 5 ans a permis de mettre en évidence le rôle des statines dans les risques de morts à cause du cholestérol (6). Les statines ont permis de réduire de 1.8 % le pourcentage de personnes décédées à cause d’un accident cardiovasculaire.

Concrètement, si on traite 10 millions de personnes par des statines pendant 5 ans, pour 2 € par jour (prix moyen d’un comprimé), on sauvera la vie de 50.000 personnes. Par contre, cela coûtera près de 36 milliards d’euros pour la sécurité sociale, soit 7 millions d’euros pour chaque vie sauvé.

Une autre étude réalisée pendant 5 ans sur des diabétiques de type 2 n’a montré aucun résultat significatif dans le traitement des accidents cardiovasculaires grâce aux statines (7). C’est même tout le contraire, le risque de décès par accident cardiovasculaire a augmenté de 38 % chez les femmes !

Un rapport de la célèbre Food and Drug Administration (FDA) des Etats-Unis indique que les statines sont impliquées dans un grand nombre de problèmes de santés annexes. Notamment, la perte de la mémoire, un risque accru de faire un diabète sucré (8), des dommages musculaires, ainsi qu’au foie.

Les statines perturberaient également le système endocrinien des hommes, avec une baisse des sécrétions de testostérones. Entrainant des dysfonctionnements érectiles (impuissance), et une baisse de la libido.

En 2004, une étude prouve que les statines aggravent la maladie de Parkinson chez les patients atteints de cette maladie (9)

La mascarade continue

Les statines sont, comme vous le savez, brevetées. Les brevets ne peuvent excéder 20 ans, et les industriels sont donc condamnés de voir leur produit tomber dans le domaine public.

L’industrie pharmaceutique est en train de tester ces statines chez les enfants. Oui, vous avez bien lu, chez les enfants. La règle est simple, il faut trouver une nouvelle utilisation des statines pour rallonger le brevet d’au moins 6 mois, et continuer de piller ainsi la poule aux œufs d’or.

Le cholestérol est bien entendu aussi essentiel pour l’adulte que pour l’enfant. Sauf pour les rares cas d’hypercholestérolémie familiale (détaillée plus bas), aucun enfant ne devraient faire des prises de sang et ni même recevoir des statines.

Maintenant que vous connaissez bien les rouages de l’agrobusiness. On peut très bien s’attendre à voir cela : Point de départ, des chercheurs grassement payés par l’industrie pharmaceutique réalisent des études complètement biaisées qui prouvent les bienfaits des statines chez les jeunes enfants.

Les experts des comités gouvernementaux et officiels, en relation direct avec Big Pharma, acceptent les résultats de ces études et établissent imméditamment les nouvelles grilles de sélection des « jeunes malades ». La publicité est faite auprès des médecins, des nutritionnistes, et des parents. Les messages passent en boucle dans les médias, dans les salles d’attente… Vos enfants prennent des statines (10 ans plus tard, il y a un scandale et personne n’est inquiété).

Comment traiter son cholestérol ?

Moins d’1% de la population française est atteinte d’une hypercholestérolémie familiale. Les statines ont été inventées, au départ, pour traiter cette maladie qui peut être très grave si non traitée.

Pour toutes les autres personnes qui ont trop de cholestérol, rien ne sert de prendre des statines. Le principal facteur qui permet de contrôler son cholestérol est le mode de vie. Rien d’autre.

  1. L’alimentation
  2. L’activité physique
  3. Le tabagisme
  4. L’alcool

Toutes ces composantes: une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, pas de tabagisme et un peu d’alcool, participent au maintien d’une bonne santé physiologique et donc, un cholestérol dans les normes.

 

Références

1. Baigent, C., A Keech, Pm Kearney, L Blackwell, G Buck, C Pollicino, A Kirby, T Sourjina, R Peto, R Collins & Simes, J. 2005. Efficacy and safety of cholesterol lowering treatment: prospective meta-analysis of data from 90 056 participants in 14 randomised trials of statins. The Lancet, 366, 1267-1278.

2. Baigent, C., A Keech, Pm Kearney, L Blackwell, G Buck, C Pollicino, A Kirby, T Sourjina, R Peto, R Collins & Simes, J. 2008. Efficacy of cholesterol-lowering therapy in 18 686 people with diabetes in 14 randomised trials of statins: a meta-analysis. The Lancet, 371, 117-125.

3. Nissen, S. E., Nicholls, S. J., Sipahi, I., Libby, P., Raichlen, J. S., Ballantyne, C. M., Davignon, J., Erbel, R., Fruchart, J. C., Tardif, J.-C., Schoenhagen, P., Crowe, T., Cain, V., Wolski, K., Goormastic, M., Tuzcu, E. M. & Asteroid Investigators, F. T. 2006. Effect of Very High-Intensity Statin Therapy on Regression of Coronary AtherosclerosisThe ASTEROID Trial. JAMA: The Journal of the American Medical Association, 295, 1556-1565.

4. Albert, M. A., Danielson, E., Rifai, N., Ridker, P. M. & For The, P. I. 2001. Effect of Statin Therapy on C-Reactive Protein LevelsThe Pravastatin Inflammation/CRP Evaluation (PRINCE): A Randomized Trial and Cohort Study. JAMA: The Journal of the American Medical Association, 286, 64-70.

5. Law, M. R., Wald, N. J. & Rudnicka, A. R. 2003. Quantifying effect of statins on low density lipoprotein cholesterol, ischaemic heart disease, and stroke: systematic review and meta-analysis. BMJ, 326, 1423.

6. Mrc/Bhf, H. P. S. C. G. 2002. Heart Protection Study of antioxidant vitamin supplementation in 20,536 high-risk individualsa randomized placebo-controlled trial. The Lancet, 360, 23-33.

7. Ginsberg, H. N., Elam, M. B., Lovato, L. C., Crouse, J. R., Leiter, L. A., Linz, P., Friedewald, W. T., Buse, J. B., Gerstein, H. C., Probstfield, J., Grimm, R. H., Ismail-Beigi, F., Bigger, J. T., Goff, D. C., Cushman, W. C., Simons-Morton, D. G. & Byington, R. P. 2010. Effects of combination lipid therapy in type 2 diabetes mellitus. The New England journal of medicine, 362, 1563-74.

8. Preiss, D., Seshasai, S. R. K., Welsh, P., Murphy, S. A., Ho, J. E., Waters, D. D., Demicco, D. A., Barter, P., Cannon, C. P., Sabatine, M. S., Braunwald, E., Kastelein, J. J. P., De Lemos, J. A., Blazing, M. A., Pedersen, T. R., Tikkanen, M. J., Sattar, N. & Ray, K. K. 2011. Risk of Incident Diabetes With Intensive-Dose Compared With Moderate-Dose Statin TherapyA Meta-analysis. JAMA: The Journal of the American Medical Association, 305, 2556-2564.

9. Lieberman, A., Lyons, K., Levine, J. & Myerburg, R. 2005. Statins, cholesterol, Co-enzyme Q10, and Parkinson’s disease. Parkinsonism & Related Disorders, 11, 81-84.

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38 commentaires
  1. De rien ;)
    Petite précision : les normes des laboratoires ne sont pas arbitraires ni ne déterminent si quelqu’un est malade ou non.
    Les normes (dont le vrai nom est “valeur usuelle” afin d’éviter justement de faire penser que la personne est malade si elle est en dehors) ont été déterminées ainsi : on mesure une valeur chez un grand nombre de personnes (plusieurs milliers) et on écarte 5% des valeurs (les plus extrêmes): et voilà nos limites ! Ensuite chaque laboratoire afine les valeurs en fonction de sa technique, et de sa population. Rien de raciste là dedans mais certaines ethnies sont connus pour être avantagées (ou pas, à l’invese) sur certains critères. De même les facteurs environnementaux peuvent énormément jouer. Exemple : en France les valeurs usuelles des polynucléaires éosinophiles sont plus basses qu’ici (Nouvelle Calédonie). Ces globules blancs sont spécialisés dans la lutte anti-parasite et dans les allergies. Il est facile de comprendre pourquoi la population a ici plus de ces éosinophiles (fumées allergisantes des entreprises du niquel et omniprésence de la nature et donc des parasites).
    Pour finir un point important : une personne en dehors d’une “norme” n’est pas pour autant malade ! Cela peut être le cas comme cela peut être dans sa nature, il est même parfois dangereux pour ces gens là de revenir à une valeur “normale”.

    1. @Franck Poupi: Salut!

      Encore merci pour ta relecture de l’article ! Et merci de ton commentaire. Je précise pour ceux qui ne te connaisse pas, tu travailles dans des les laboratoires d’analyses biologiques, donc cholestérol, prise de sang, valeurs “usuelles” tu connais tout cela !

      D’une part, je pense que tu as tout à fait raison et qu’il fallait bien insister sur ce point (que je n’ai pas abordé). Les valeurs moyennes ou usuelles ne définissent pas un état de santé dichotomique “malade” ou “sain”. Il y a une réalité physiologique derrière, tout le monde est différent, les valeurs sont adaptées en fonction des populations (comme tu l’as justement remarqué).

      D’autre part, ces valeurs sont tout de même utilisées pour définir un “risque” au sein d’une population. Etre au dessus des valeurs moyennes pour le cholestérol augmenterait votre risque d’accident cardiovasculaire (et encore ce n’est même pas prouvé). Les médecins pourront donc utiliser ces valeurs pour donner des médicaments si ils préfèrent cette voie médicale (plutôt que de changer le mode de vie).
      Après, pour discuter plus en détail sur les valeurs moyennes ou usuelles. Elles ne sont pas arbitraires, j’exagère un peu, mais elles sont bien estimées de manière a ce qu’un fort pourcentage de la population sorte de ces valeurs. N’oublions pas que ces valeurs sont établis pas un comité d’expert NON indépendant.

      Je pourrais très facilement faire le rapprochement avec l’industrie laitier. Tous les gouvernements disposent des mêmes études faites sur l’absorption et l’élimination du calcium par l’organisme. Tous les gouvernements disposent des mêmes résultats, et pourtant, toutes les recommandations en calcium varient en fonction de la puissance des comités d’experts (j’ai envie de dire). Certes, les populations sont différentes. Mais pour tous les pays industrialisés qui souffrent des mêmes maux (surconsommation de viande, peu de fruits et légumes, trop de sel, etc.), nous devrions trouver une espèce de consensus. Or, il n’existe pas. C’est un autre débat, mais le fond est le même.

      Merci encore poupi et n’hésite pas de participer, car tes connaissances en laboratoire sont très intéressantes !
      a bientôt

    1. Merci de ton commentaire Ceress, et bienvenue sur le blog !
      Je n’ai pas beaucoup de temps, mais j’ai très envie de continuer !
      A bientôt ;) !

  2. Hé bien quand je te lis je me dis que mon père a eu de la chance d’avoir un bon médecin qui lui a dit de traiter son cholestérol par l’alimentation ! Du coup toute la famille a été au régime : les légumes vapeur, les tartes sans pâte (ou avec de la feuille de brik), etc. Son cholestérol a baissé et s’est stabilisé et tout va bien maintenant.
    C’est fou ces conflits d’intérêts tout de même. Continue le travail, c’est un plaisir de te lire !

    1. Salut Cécile ! Merci beaucoup !

      On peut dire que ton médecin est une perle rare ! Rare sont les médecins qui cherchent une information indépendante et de qualité.
      Si ton père ne souffrait pas d’hypercholestérolémie familiale, il peut traiter son excès de cholestérol en changeant son alimentation (une partie du travail).
      Ton médecin a probablement donné le meilleur des avis.
      En tout cas je suis ravi pour ton père.

      Merci d’être passée et à bientôt Cécile ; )

      1. j’ai du mal à comprendre pourquoi il faudrait traiter un excès de cholestérol.
        Qu’il faille traiter un excès d’acide urique si on fait de la lithiase urique ou des crises de goutte, c’est assez logique quoique les médicaments aient des risques rares mais graves (allopurinol) et le régime peu d’effet.

        Mais le cholestérol n’étant pas la cause des maladies qu’on lui impute (je pense cela après avoir lu les bouquins de de Lorgeril, qui lui a analysé scientifiquement les études auxquelles on fait dire par erreur (dans la meilleure hypothèse) que le choléstérol est très méchant), je ne vois pas l’intérêt de s’intéresser au doigt (le choléstérol ou les LDL) plutôt qu’à la lune (une bonne alimentation un mode de vie protecteur et la morbimortalité).

  3. Bonjour,ton site est magnifique,je suis en chicane avec mon médecin qui veut me donner des statines vu mon âge (75 ans).Je fais 150 km de vélo par semaine,je mange méditerranéen,jamais malade,jamais de médicament,mais j’ai 75 ans alors je dois prendre des statines c’est un dogme.J,ai bien sûr refusé net mais ça ne lui a pas plu qu’un ignare comme moi le contredise.Si je ne connais rien en médecine je suis quand même assez bon en math
    Je prends une étude sur les statines:WOSCOP
    Coronary events:statines 5.3% placébo 7.5% sur 5 ans
    Différence 2.2% sur 5ans soit 0.4% par année,avec un tel résultat on ne pourra pas vendre une seule pilule.Alors les marchands de pilules ont inventé le”risque relatif”qui transforme ce 2.2% en 30%(29% exactement)Le risque relatif tel que calculé ainsi n’existe pas en statistiqe,le VRAI risque relatif donnerait 0.70,mais allez vendre des pilules avec un tel nombre!
    Dans mon cas en utilisant les données de Framingham on me trouve une probabilité de faire une crise cardiaque de 20% d’ici 10 ans.Si je n’avais pas étudié les math je me dirais:fantastique ! !j’ai 20% de faire une crise cardiaque et la statine me protège de 30%,je ne risque plus rien
    Oui mais ce n’est pas ainsi que cela se passe.Le 30% diminue ma probabilité qui est 20%
    soit 20%*30%=6% et ce sur 10 ans.Ce qui fait que la statine diminue ma probabilité de faire un crise cardiaque d’ici un an de 6%:10=0.6%.Faites votre choix!
    Pour en rajouter,je vous fais grâce du calcul,d’après Woscop,il faudrait traiter 250 personnes pendant 1 an pour éviter une crise cardiaque.

    1. Bonjour Robert,

      tout d’abord merci beaucoup pour ton commentaire sur le site ! Cela me fait rudement plaisir.
      Ensuite, ton témoignage est très intéressant. Il est rare de refuser l’avis d’un médecin, car ils ont cette aura d’honnêteté et de bienveillance.
      Tu as tout fait raison à propos de ton âge. Tu “rentres” dans un e catégorie à “risque” pour les médecins et l’industrie pharmaceutique, tu dois donc soigner ces “risques” et prendre des médicaments.
      Je te félicite pour ton alimentation méditerranéenne, elle est excellente pour la santé (j’ai beaucoup d’ouvrages scientifiques sur le sujet d’ailleurs)
      En tout cas, merci pour le partage de tes calculs mathématiques. C’est riche d’enseignement, et cela rejoins l’idée de l’article à propos de l’inutilité des statines. Le ratio risques/bénéfices est tellement élevé qu’il ne faudrait même pas se poser la question (sauf dans le cas de maladie génétique, plutôt rare)

      Si je reprends tes chiffres, en 1 an tu auras diminué de 0.6% ton risque d’attaque cardiaque mais tu auras dépensé 730 euros de médicaments (soit 90.000 fCFP) (et je ne compte le coût des consultations) et pris le risque d’occasionné des dégâts à ton foie, à tes muscles, à tes cellules neuronales et bien d’autres !

      Merci de ton commentaire robert, c’est un exemple idéal de lutte contre le système “invalidant” d’aujourd’hui.
      Bravo pour avoir dit à ton médecin, je te souhaite une bonne continuation et à bientôt !

  4. Et j’en rajoute,le 20% de risque que Framingham m’attribue est tirée d’une étude qui a débuté en 1948 et qui portait sur la population de Framingham ville de 60 000 habitants qui se trouve aux USA au nord de Boston.Comment,à partir d’une telle étude peut-on faire une extrapolation pour une population aussi différente que celle dans laquelle j’évolue et parmi cette population dans laquelle je me trouve,comment peut-on deviner où je me trouve dans la courbe de Gauss qui la caractérise?
    De plus ,quand on me dit que ma probabilité de faire une crise cardiaque d’ici 10 ans est 20%,qu’est-ce que cela signifie?Cela signifie que d’ici 10 ans,les hôpitaux,les cardiologues,les infirmières..etc.. verront arriver 20% des personnes qui ont les mêmes caractéristiques que moi…mais… pour moi,en tant qu’individu cela ne veut rien dire,car une statistique s’applique à une population mais pas à un individu.Pour moi,c’est 100% si j’ai une crise cardiaque et 0% si je n’en ai pas.Pour prendre un exemple récent,au élection Hollande a eu 52% du vote,est-ce que cela signifie que toi Jérémy tu as voté Hollande à 52%?Eh bien non,car toi ou bien tu as voté Hollande et c’est 100% ou bien tu n’as pas voté Hollande et c’est 0%.Une statistique ne s’applique pas à un individu mais ä une population.
    Autre chose,quand on réussit à transformer un risque absolu de 2.2% en risque relatif de 30%,que signifie ce 30%?Il signifie que si on connaissait à L’AVANCE 100 personnes dont on est SÛR qu’elles vont avoir une crise cardiaque et qu’on leur donne des statines,on éviterait 30 crises cardiaques,le problème c’est que personne ne connait l’avenir et que personne ne connaît avec certitude 100 personnes qui vont avoir une crise cardiaque.
    Un peu plus tard,je reparlerai du risque relatif qui ne veut rien dire.
    Quant à toi Jérémy,c’est un plaisir de voir un jeune aussi ouvert et qui pense par lui même.Il m’est arrivé,sur des forums de cholestérol d’avoir des échanges avec des étudiants en médecines qui n.étaient capables que de répéter ce que leur prof,partians des statines,leur avait enseigné.

    1. J’allais le dire Robert, vous n’êtes pas un américain.

      De plus Framingham montre un risque mineur avec le cholestérol pour les moins de 48 ans, et pas de lien pour les femmes et les hommes de 48 et plus.

      Lisez les anomalies qui font que WOSCOT ne peut être acceptée, dans le livre de de Lorgeril (Le chosestéol est innocent).

      Par contre le régime méditerranéen traditionnel ou son adaptation elle démontréé efficace avec les produits de chez nous dans l’étude de 1994 http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/7911176 c’est à dire supplémentée en ALA = acide alphalinolénique (via l’huie-le de Colza) est protectrice en prevention secondaire. Ce qui permet de dire qu’elle l’est surement aussi en primaire , sans effets secondaire. Mais attention à l’ALA qui manque dans la plupart des études sur le régime méditerranéen comme le recent papier dans le New England J Med: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23432189 Les résultats sont positifs magré tout mais ce n’est pas le RM à la lyonnaise du Lancet.

  5. Je lis les commentaires avec une grande attention, c’est très intéressant.
    Pour ma part, je suis un peu dans le cas inverse, je suis en dessous de la norme en terme de cholestérol (mais avec un très bon rapport bon/mauvais ..). Mon médecin m’a donné des conseils alimentaires (manger des graisses animales !)
    j’ai bien hâte de voir la suite de ton article.
    Finalement, ce qui ressort de ce que j’ai pu apprendre dans mes recherches en tant qu’individu passionnée de nutrition, c’est que les maladies cardiaques ont principalement comme source l’inflammation, et que l’inflammation provient d’une ” mauvaise ” alimentation (sucres raffinés, produits industriels, aliments acidifiants, ect …)

  6. (suite de mon commentaire, j’ai été interrompu :)
    … et que l’inflammation provient d’une alimentation inadéquate, du stress, du tabac, ect …

  7. Déception, déception, je pensais pouvoir être beaucoup plus véhémente sur le sujet, mais non. En réalité je suis même assez d’accord.

    Si il faut expliciter un point de vue, voici : Pour avoir fait des stages en cardiologie (deux mois et demi, ce n’est pas non plus une expérience monstrueuse, mais tout de même), j’ai vu beaucoup de patients avec des problèmes cardiaques importants, des artères quasiment bouchées par de l’athérome et autres bonheurs du genre. Ces patients cumulaient la plupart du temps des facteurs de risque cardio vasculaire bien connus (diabète, HTA, tabac, sédentarité, antécédents familiaux…) et généralement c’est vrai, les médecins avaient recourt aux statines ou autres hypocholestérolémiants pour rétablir l’équilibre.

    Bien souvent, les gens préfèrent avoir une petite pilule miracle qui règle tous leurs problèmes plutôt que d’avoir à faire l’effort de revoir leur mode de vie. Pourquoi ? Parce que c’est moins fatigant, plus simple déjà mais aussi parce que ça donne l’impression qu’on est pas vraiment en train de se détruire à coup de mauvaises habitudes et ça, ça fait peur.

    J’imagine que bien des médecins fournissent ce genre de traitement avec un raisonnement au profit du moindre mal, car croyez le ou non, assez peu de personnes sont prêtes à faire des efforts pour aller mieux (c’est bien connu : les infarctus, ça n’arrive qu’aux autres)

    Néanmoins je n’ai pas entendu parler en cours des dangers des statines, c’est vrai, mon prof a eu tendance à trouver ça très bien même car très efficace. Mais ce cours était également construit dans une logique de prévention, où il était question de prendre les gens au plus jeune âge (vers l’adolescence) pour leur parler de l’importance d’une hygiène de vie saine : consommation de graisses polyinsaturées (Longue vie aux huiles type colza ou tournesol et limitons la charcutaille), une pratique régulière de sport, le choix de ne pas fumer… J’approuve complètement. Mais il faut réaliser qu’une bonne partie des adultes bien pensants qui remplissent les centres de soin ne sont pas prêts à recevoir une telle éducation et qu’il est hors de question de les laisser en l’état.

    Je te trouve assez sévère avec les médecins, à tort ou à raison, mais il est important de réaliser qu’on est en formation en continu au cours de notre carrière et qu’on est avant tout supposés être scientifiques : “La science, c’est ce qui est réfutable”, l’esprit critique est de mise en permanence.. Le respect qu’on peut avoir pour les pontes qui nous font cours n’efface pas le fait que la médecine est en perpétuel remaniement et que les lectures assidues et critiques d’articles sérieux sont un excellent moyen d’avancer dans les connaissances.

  8. Salut Axelle,

    Ton témoignage est très intéressant étant donné que tu es en plein “dedans”. Je suis ravi que tu donnes ton avis sur le sujet.

    Je trouve très étonnant que dans tes cours, vos professeurs n’aient pas parlé des inconvénients des statines sur la santé. Est-ce que tu penses que c’est un oubli ou alors que cela est sciemment mis sous silence ? En tout cas, en tant que futur médecin, tu te forges une idée sur certains médicaments (en premier lieu) que l’on t’as dites auparavant.

    Je suis complètement d’accord avec toi sur plusieurs point. Les médecins sont en formation continu tout au long de leur carrière et que les personnes de manière générale veulent faire le moindre effort pour régler leurs problèmes. Cependant, bien que j’ai un très fort respect pour les médecins, je n’accuse pas directement les médecins qui m’apparaissent plutôt comme majoritairement manipulés et piégés par le système.

    Bien qu’il doit y avoir des médecins peu scrupuleux (et je pense que c’est une extrême minorité), la plupart des médecins doivent maintenant faire leur métier selon des recommandations officielles biaisées par des experts corrompus. Ils doivent accepter la plupart du temps, des financements privée de l’industrie pharmaceutique et même temps garder de l’objectivité dans leur travail. Et ils doivent s’intéresser personnellement aux problèmes scientifiques en lisant les critiques scientifiques. On se rend compte que la vie de médecin n’a pas l’air si simple que ça.

    L’industrie pharmaceutique le sait, les patients ont une confiance quasi religieuse envers les médecins et spécialistes. Mais les médecins ne deviennent-ils pas, et excuse moi du terme, des marionnettes très compétentes avec une aura de confiance parfaite pour les grands lobbies industriels ?

    Nous sommes tout de même arrivé à un stade où on doit (presque) remettre en cause le diagnostic d’un médecin et le traitement qu’il nous a fourni. Mais encore une fois, je n’accuse pas les médecins. Si le système était bon, et que les médicaments soignaient réellement et sans grand danger les patients, alors on se poseraient pas autant de question.

    J’ai ouïe dire que les formations de médecins (je ne sais pas dans quelle mesure exactement) de nutritionniste, de diététicien étaient largement influencés et financés par les grands groupes pharmaceutiques. C’est notamment le cas de beaucoup d’hôpitaux hospitaliers universitaires qui dépendent des financements privées pour faire leurs travaux de recherches.

    Si je me base sur mon constat, un peu alarmiste, les dirigeants des multinationales pharmaceutiques qui ont le bras très long, ont tout intérêt à ce que les médecins soient le moins informés possible des dangers des médicaments qu’ils vont prescrire. L’omission des informations capitales pour prendre une décision est, il me semble, l’un des outils majeurs pour poursuivre leur course au profit.

    Après, je suis bien conscient que certaines personnes (et je le mentionne dans l’article) ont besoin de ces médicaments (en locurrence les statines) pour vivre et que ces médicaments ont été inventé à la base pour eux. Maintenant, avec la maladie du diagnostic “tout le monde est malade de quelque chose”, les statines sont utilisés à outrance, ne règle pas les problèmes et créent des problèmes de santé public.

    C’est maintenant plutôt rare que de sortir de chez le médecin sans passer par la case pharmacie pour avoir sa dose de paracétamol, d’expectorant, de produits contre les rhumes. Je suis bien conscient que nous ne sommes plus à l’ancien temps où le médecin moins il en prescrit et mieux c’est, mais… nous avons quand même bien pris le large…

  9. Encore une fois nous voilà bien d’accord, le médecin est la cible de choix pour les industries, bien plus convaincant que la publicité !

    Rester informé en permanence, même quand on est étudiant (et donc qu’on a encore l’ouverture d’esprit de “J’ai encore plein à appreeeendre”) c’est hyper difficile, surtout parce qu’il faut apprendre à avoir un recul suffisant face aux lectures qu’on dégotte. Par exemple j’ai essayé de lire beaucoup d’articles, développé mes connaissances en stats pour être sûr de bien saisir la significativité des chiffres avancés et ouvert pas mal de bouquins écrits par divers types de scientifiques, pourtant la question demeure toujours “Est ce objectif ? Est ce que je ne suis pas encore en train de me planter en adhérant à telle ou telle doctrine ?” J’essaie donc de tout remettre en question (mêem sur ton blog, oui oui oui ;)) Et j’apprécie de connaître des revues comme “préscrire” qui sont uniquement financés par leurs lecteur (30 euros le numéro je crois, mais en 1997 ils commençaient déjà à critiquer le médiator..)

    Les statines ont été abordés dans un cours bien spécifique : le cours de biologie, pas un cours sur les traitements. A mon niveau, on apprends beaucoup de sémiologie, pas mal de bio et autres sciences fondamentales, l’an prochain je verrai en cardiologie les traitement à proprement parler et donc sans doutes (je l’espère) les effets indésirables et contestations. Le cours qui nous a été donné nous parlait surtout des effets positifs (par l’action biologique directe) de ce produit et en effet, le prof était très très convaincu par son sujet.

    L’indépendance des universités est une grande question. Encore et toujours, comme les gens qui s’interrogent en sortant du cabinet du médecin avec une ordonnance, je sors de mon cours en me disant “Mais… Etait il impartial ? Et même si il y croit vraiment et qu’il était sincère… Est il convaincu pour de bonnes raisons ou bien a t’il été manipulé pour en arriver là ? ..”
    Le constat est dramatique, j’aimerais avoir “confiance” et penser qu’il n’y a ni politique, ni lobbying, ni argent derrière tout ce qu’on peut nous déverser comme information, malheureusement ce n’est pas le cas… J’espère que ma génération de soignants, ayant eu accès à toute l’info nécessaire avec une grande facilité saura faire la part des choses et aller toujours plus avant dans l’objectivité scientifique.

    J’ai peut être l’air de vouloir arriver sur mon cheval blanc pour défendre l’honneur des médecins, mais je ne pense pas que ça soit vraiment ça, j’ai choisi cette voie pour soigner mon prochain et l’aider à aller mieux, je ne pense pas qu’on ait forcément besoin de se gaver de médicament ou de découper les chairs pour se faire, j’aspire à une pratique qui mêle les soins traditionnels à l’apprentissage d’un mode de vie salvateur, même si c’est dur. :)

  10. Bonjour

    les nouveaux médicaments sont présentés aux médecins par des représentants médicaux qui apprennent leurs textes par coeur et connaissent mal les produits qu’ils vendent. Ils sont souvent bien plus formés au marketin.

    Le service de la douleur a voulu me donner un médicament soit disant nouveau avec de très bons effets.
    Heureusement, une amie pharmacienne m’a dit que ce n’était rien d’autre qu’un ancien médicament retiré du marché pour effets secondaires trop importants, dont dangereux…le labo avait juste changé le nom!!

  11. @ Axelle:

    Je redécouvre tardivement ton commentaire. Mais j’ai trop envie de réagir ! Au risque d’insiter, j’ai vraiment l’intuition que tu fera une excellente doctoresse avec un libre-arbitre à toutes épreuves ! En tout cas, tu y travailles si j’ai bien lu ton commentaire.

    Je suis d’accord avec toi, j’aimerais vivre dans un monde de “bisounours” où tout le monde veut le bien de tout le monde. Mais bon…trêve de plaisanterie, tout le monde veut se faire des c****** en or, et sur le dos des autres (pas tout le monde heureusement!) !

    Ta démarche est salutaire, et exemplaire pour les autres étudiants en médecine ! T’informer en statistique, lire des articles et te renseigner déjà sur l’indépendance des résultats et sur les conflits d’intérêts de tes professeurs eux-même est une démarche responsable et incroyablement culottée pour une jeune futur doctoresse du 21ème siècle.

    Encore une fois, keep going et n’hésite pas de partager à nouveau ton état d’esprit du moment ! A+++ djé !

    @Laure:

    On se rends bien compte des dérives possibles du traitement des maladies ! Il faut vraiment faire attention !

    (as-tu appréciée le guide sur le miel ? :) )
    A bientôt!

  12. je suis convaincu par ton analyse et ton combat
    mais je reste une peu sur ma faim : je fais partie des 1% qui ont un cholesterol dit héréditaire : mon père, moi, mes enfants : je mange sain (bio…) pas de graisse… pas de tab

  13. bonjour
    je fais partie des 1% à cholesterol héréditaire : mon père, moi, mes enfants : je mange sain (bio…) pas de tabac, du sport, peu d’alcool et je dépasse les “normes”
    je prends des statines après grande hésitation depuis 1 ans et demi (j’ai 65 ans) et me pose des questions : continuer….
    qu’en pensestu?
    bravo pour l’article
    à bientot te lire
    eric

    1. Bonjour Eric,

      Je ne suis absolument pas médecin, alors je ne pourrais jamais me risquer à te dire quoi faire à propos des statines.
      Cependant, tu es dans la situation légitime d’utiliser des statines. Je pense que tu prends toujours un risque de prendre des statines, l’arrêt des statines doit faire l’objet d’une longue reflexion avec l’aide de spécialistes éclairés et non influencés par les lobby.

      Je te conseille vivement de poser tes questions à l’un des médecins les plus connu sur ce sujet: michel de lorgeril

      A cet adresse: http://michel.delorgeril.info/

      J’espère que tu auras les réponses à tes questions.
      Par ailleurs, il y a une question qui persiste… D’accord tu as du cholestérol (sachant que les “normes” sont toutes relatives) mais as-tu des problèmes de santé ? Du style arrêt cardiaque, AVC ou autres qui pourraient être relié aux cholestérols ? Il est tout à fait possible que tu sois “hors norme” et pourtant en parfaite santé…

      Je te souhaite bon courage et une excellente continuation,
      merci de ton message

  14. Je commente à mon tour un peu tardivement cet article tout à fait lumineux Jérémy comme le sont nombre de tes posts…. La polémique de l’hypothèse lipidique, vieille de plus de 50 ans repart à plein avec le livre du Dr Even qui fait la une du Nouvel Observateur cette semaine….
    On comprend tous que lorsque ces études improbables ont été validées par le milieu médical aux USA, la population s’est détournée des gras saturés qu’elle consommait en quantité (lait crus, beurre et crème ainsi que saindoux, lard et blanc de boeuf qui a servi a faire les frites chez Mac Do au départ) pour consommer les bonnes céréales tant vantées par les tenants de la diététique saine : du sucre et encore du sucre raffiné, générateur de tryglicérides stockés en graisse de réserveK… on soupoudre tout ça de méchantes graisses végétales esthérisée pour faire des snacks sucrés, généralisation du grignotage puis rapidement de l’addiction aux sucres : obésité, problèmes cardio vasculaire généralisés illustrent tristement ce diktat nutritionniste mis en avant comme “sain” par un corps médical acheté et désinformé par les labos. voir les articles sur le site de la fondation Weston Price…. Va t on enfin prendre conscience du danger des statines ???? Certains médecins et scientifiques “réveillés” parlent même de future pandémie de maladies neuro-cérébrales (Alzheimer et démence en tête) liée au fait que les statines bloquent l’ubiquinone ou co enzime Q10, enzyme vitale pour le fonctionnement et l’énergie cellulaire : ce blocage génère des douleurs musculaires et touche principalement la sphère cardiaque…. Sans parler des dégats causés sur le foie…. C’est un des nombreux problèmes posé par cette classe de médicaments. Par ailleurs, n’oublions pas que le cerveau est fait de 60% de graisses, que toutes nos membranes cellulaires sont aussi composées d’acides gras, que la gaine de myeline qui sert de conducteur nerveux est aussi faites de gras et que toutes nos hormones stéroides (hormones sexuelles et cortisol sont issus des acides gras). Sans cholestérol, pas d’élaboration de la vitamine D et une mauvaise synthèse des vitamines liposolubles en général…. Arretons les dégâts : en paralllèle des travaux de de Lorgeril, un biochimiste ancien salarié des labos pharmaceutiques donnent des explications lumineuses sur le fonctionnement complexe des acides gras : chercherMarcel Arricks dans google. Le problème en gros avec le cholestérol, c’est qu’il n’est que la conséquence et non la cause des problèmes : il est produit par le foie quand il y a trop d’inflammation….
    Bien à vous tous, désolée d’avoir été aussi longue !

  15. @ Claudisa:

    Merci pour ton commentaire très positif sur le blog, si mes articles sont lumineux, je dois dire que ton commentaire est incroyablement complet: il résume d’une certaine manière parfaitement bien la situation d’aujourd’hui.

    Merci pour les sources que tu mentionnes, je vais les feuilleter attentivement.
    Au plaisir de te lire prochainement.

  16. merci beaucoup à vous de nous éclairer notamment sur ces enjeux de l’industrie pharmaceutique
    mais je souhaiterai toutefois savoir à part l’activité physique, comment, quels sont les aliments à privilégier dans le cas du cholesterol merci beaucoup à vous

  17. Bonjour, je viens d’apprendre que mon mari à un taux de cholestérol plus élevé que la “normale”? Je suis au régime paléo depuis six mois, et je cuisine pour toute ma famille (qui eux ne mangent pas paléo) comment faire pour faire baisser le taux de cholestérol de mon mari. Est-ce que les conseils donnés ici sont tous bons ?

  18. Merci pour ton article et pour ton site Jérémie.
    Juste une question : Pourquoi les gens ont-ils une confiance (obéissance) quasi religieuse envers les médecins ?
    Et pourquoi respecter (et obéire à) des médecins (la très grande majorité malheureusement) qui sont incapables de penser par eux même ? Je veux bien qu’ils n’aient pas trop le temps mais quand même au delà d’une certaine dose de connerie il faut se poser la question.
    Et d’abord a t-on vraiment besoin d’eux ? Je ne parle pas du chirurgien qui va réparer le type qui s’est viandé sur la route (ou qui a fait un infarctus :)) mais pour le reste, a t-on besoin de ces médecins et de cette médecine ? Le corps humain fonctionne bien en général et a des facultés de récupération et de guérison énormes…

  19. Bonjour!

    Je me présente, je fais partie des méchants: je suis chercheur depuis 20 ans au moins, pas seulement mais aussi dans ce domaine. J’aimerais émettre plusieurs critiques, si vous le permettez:

    1) La critique est quelque chose de sain, la critique à tout vat ne l’est pas. Quand mon ordi ne fonctionne pas je ne demande pas au boucher de le réparer, je fais appel à un professionnel. Je trouve osé, allez disons-le culotté de critiquer les résultats d’une communauté internationale entière, une communauté composée de dizaines de milliers de personnes, toutes avec un bagage scientifique hors-pair. Et vous, vous arrivez avec vos gros sabots et vous jetez l’opprobre sur leur travail ? A quel titre svp ? A l’heure de l’internet tout le monde peut devenir spécialiste, il suffit de savoir lire. Le problème c’est qu’on trouve n’importe quoi sur le web et le tri, on doit pouvoir le faire en connaissance de cause. Vous avez dit connaissance ?
    2) Pouvez-vous imaginer que Big pharma puisse contrôler des milliers de chercheurs à travers le monde ? Cette idée est tellement ridicule que je n’ai même pas le cœur à rire. En tant que chercheur vous n’avez pas idée à quel point je me fous de Pfizer, Roche et consoeurs, qu’est-ce que j’en tire comme avantage ? Les chercheurs ne sont pas payés par les firmes pharmaceutiques, ils sont payés avec des crédits publiques !! Vous croyez que je touche de l’argent de big pharma pour chaque article que je publie ? Avant de dire des âneries pareilles, prenez la peine de faire les études nécessaires et de faire de la recherche, vous pourrez ensuite parler en connaissance de cause. Ce que vous dites est blessant pour moi et mes collègues.
    3) Les études cliniques sont payées par des crédits publiques, pas par big pharma. Comme nous vivons dans un monde libre, big pharma a aussi le droit de publier des articles scientifiques, mais le financement est clairement indiqué ainsi que l’affiliation des auteurs. Croyez-moi si vous le voulez, mais quand je lis un papier écrit par big pharma je m’en rends compte et j’en tiens compte pour l’analyser.
    4) La normalité dans les paramètres cliniques est un sujet difficile. Ne croyez pas que le corps médical l’ignore. Mais si on veut soigner tous les gens sur un même pied d’égalité, il faut un consensus général. Vous avez mieux ? Si on ne décide pas d’un seuil commun, c’est la foire : toute décision est arbitraire. La normalité n’est pas décidée par big pharma, elle fait l’objet de discussions intenses lors de rencontres (conférences) entre les meilleurs scientifiques de la discipline et est régulièrement remise en question. Vous avez mieux ? Que ces scientifiques soient tous à la solde de big pharma, vous tirez ça d’où ? Vous les avez rencontrés, vous leur avez parlé ou vous avez lu cela sur internet ?
    5) Le cholestérol serait nécessaire pour le bon fonctionnement du corps. Sans blague, vous croyez vraiment que les scientifiques l’ignorent ? Les statines auraient des effets secondaires, sans blague vous croyez vraiment que les scientifiques l’ignorent ? La décision de mettre un médicament sur le marché n’est pas prise à la légère. C’est un procédé extrêmement long, coûteux et complexe. Certes nous sommes tous humains c’est-à-dire imparfaits mais en gros ça ne fonctionne pas trop mal. On ne met pas sur le marché des médicaments parfaits, on regarde les avantages et les inconvénients. Si on sauve plus de personnes qu’on en rend malade (pas 49/51% hein !), alors on a tendance à vouloir l’utiliser. Ça ne veut pas dire que personne n’en souffrira, les médecins et les chercheurs en sont bien conscients mais on n’a pas encore trouvé de baguette magique pour guérir 100% des patients. Vous bien ? Vous pensez qu’en changeant leur mode de vie, vous parviendrez à guérir 100% des patients ?
    6) A propos de patients, c’est bien beau de proposer de changer de mode de vie pour être en meilleur santé. Vous avez raison ! Mais l’homme est faible et le médecin est réaliste : les patients prennent plus facilement une pilule qu’ils ne changent de mode de vie. Une anecdote : je vois un gars qui respire de l’oxygène à la bouteille chez mon médecin. Il sort du cabinet et la première chose qu’il fait : allumer une cigarette ! Allez, mettez-vous 2 secondes dans la peau du médecin, soyez courageux : que faites-vous ? Franchement ? Vous allez leur proposer d’arrêter de fumer ou vous essayez de limiter les dégâts avec des médocs ? Vous êtes certainement capables de changer votre mode de vie, c’est bien, mais tout le monde n’a pas votre force de caractère. Je devrais dire : peu ont votre force de caractère. Sinon plus personne ne fumerait.
    7) Ce qui mine la sécurité sociale, ce n’est pas big pharma ou le corps médical, ce sont les patients. Oups j’ai lâché le mot, c’est tabou, on ne peut pas montrer les gens du doigt. Et pourtant c’est la vérité. Si les gens arrêtaient de bouffer des saloperies, de fumer et commençaient à bouger leur popotin, les médecins ne devraient plus donner de médocs ou en tout cas beaucoup moins. Le diabète galopant, c’est à cause de big pharma ? C’est la faute au corps médical ? NON. C’est la faute à un mode de vie moderne qui ne pense qu’au plaisir immédiat. OUI vous avez raison, il faut changer son mode de vie. Mais on ne le fait pas et il faut bien soigner.
    8) Quand on étudie l’efficacité d’un traitement, on ne regarde pas que son efficacité biologique, on prend aussi en compte le fait que le traitement soit facilement accepté par le patient. Et c’est comme ça qu’on finit avec la pilule à prendre chaque jour au petit déjeuner ! C’est pas pour bourrer les poches de big pharma, c’est parce que si on ne le fait pas, les gens ne prennent pas leur traitement.
    9) Big pharma DOIT être riche pour continuer à sortir de nouveaux traitements. La recherche contre le cancer coûte extrêmement cher donc sans argent plus de nouveaux traitements. Le jour où vous serez atteint du cancer (ce que je ne vous souhaite pas, mais il faut être réaliste : 1/3 de la population en souffre un jour ou l’autre), vous serez content que big pharma soit si riche. Je vous le promets !
    10) Ma réponse risque de ne pas vous plaire. Elle est parfois à la limite de la courtoisie, je l’admets. Ne le prenez pas personnellement, je lutte simplement pour l’honneur de ma profession. J’espère que je n’ai pas perdu mon temps et que vous publierez ma petite prose. Sinon, je suis ouvert à toute discussion en privé.

    1. Tiens un troll… payé par la Désunion Européenne. Un larbin stipendié par les banksters et les empoisonneurs de Big Pharma. Question crédibilité triple 0 pointé !

  20. Bonjour,

    Je viens d’apprendre que l’on pouvait avoir un cholestérol trop faible…
    De quoi s’agit-il ? A quoi c’est du ? Et quels sons les effets ? Si vous (Jérémy ou d’autres..) connaissez un peu le sujet…
    Ça m’intéresse.
    Merci

    Amélie

  21. Précision : la personne concernée par ma question a un régime alimentaire tout à fait traditionnel, ni végétarien, ni paléo, mange beaucoup de fromage.. D’où mon questionnement….

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