L’aloe vera est une plante de référence en santé naturelle. Elle est plébiscitée dans la lutte contre la diabète. Est-ce que cette plante est capable d’aider un diabétique ? Voici les réponses de la science.

Crédit : VisualHunt.

L’imposant Aloe vera

En santé naturelle, l’Aloe vera est un mastodonte incontournable. Une plante réputée pour ses nombreuses vertus sur la santé, aussi bien en application externe qu’en interne. Je jure beaucoup par elle pour tous les coups de soleil léger de la peau. Pour le reste, je demande à voir.

Justement, l’aloe vera est plébiscité en santé naturelle pour son effet hypoglycémiant naturel et donc sur le diabète, caractérisé par une glycémie à jeun trop élevée.

Le diabète de type 2 est aujourd’hui épidémique. Je ne vous apprends rien, les chiffres montrent une flambée des cas de diabète dans nos pays développés. Les causes sont multiples, avec les pires combinaisons : manque d’activité physique et bien trop de sédentarité, une alimentation qui se dégrade avec trop de malbouffe et de grignotage intempestif.

On ne parle pas ici du diabète de type 1 qui correspond bien à une incapacité du pancréas de synthétiser de l’insuline à cause d’une maladie auto-immune

Selon les sites spécialisés en santé naturelle, 30 g de gel d’aloe vera par jour seront suffisants pour réduire significativement votre taux de sucre dans le sucre, en moins un peu moins de deux mois.

C’est rapide et efficace. En plus scientifiquement prouvé.

Sauf qu’il faut se méfier un peu du “scientifiquement prouvé” que l’on retrouve à toutes les sauces sur la toile. Il faut au moins revenir à la source de ces résultats franchement positifs : nos fameuses études scientifiques.

Mais comment l’aloe vera peut-il bien fonctionner ? Plusieurs pistes sont évoquées par la recherche scientifique.

Elle peut en particulier :

  • réduire l’absorption du glucose dans les intestins
  • réduire la production de glucose
  • stimuler le catabolisme du glucose
  • ou encore améliorer la capacité de stocker et utiliser le glucose

Les mécanismes d’actions ne sont pas totalement élucidés, mais ressemblent pour la plupart à ceux du médicament de référence dans le traitement du diabète, la metformine.

Ce médicament que l’on donne bien souvent après avoir échoué à changer favorablement la situation malgré un travail sur l’hygiène de vie (l’activité physique et l’alimentation) réduit la production de glucose par le foie et retarde son absorption dans l’intestin.

Les effets secondaires ? Plutôt mineur avec tout de même des alertes sur certains lots à cause d’impureté notamment des nitrosamines.

Alors est-ce que l’alternative naturelle peut tenir ses promesses d’efficacité et de sécurité ?

Aloe vera et diabète : les études scientifiques sur le diabète

Elles existent, mais ne sont pas nombreuses. Huit essais cliniques randomisés ont été menés chez des diabétiques et des prédiabétiques avec comme paramètres mesurés :

  1. la glycémie à jeun
  2. l’hémoglobine glyquée HbA1C, un marqueur a long terme du diabète sur une période d’environ deux à trois mois

Ces études ont récemment été analysées par une équipe thaïlandaise, et si cette équipe parle de résultats prometteurs, les données présentées invitent aussi à la prudence.

Car si on prend pour argent comptant les résultats de cette méta-analyse, l’aloe vera semble être d’une bonne aide dans la lutte contre le diabète, avec une baisse de la glycémie à jeun chez des patients prédiabétiques et une amélioration de nos deux paramètres chez des diabétiques.

Mais voilà, il y a toujours des problèmes avec les méta-analyses, et notamment ce qu’on va mettre dedans, nos fameux essais cliniques à l’origine de la grosse tambouille mathématique. Pour faire simple, retenez simple qu’une bonne recette de cuisine avec des ingrédients pourris et moisis ne donnera pas un bon plat, bien au contraire !

Si on écarte les études les plus douteuses méthodologiquement, les bénéfices s’estompent chez les diabétiques traités avec l’aloe vera. Il n’y a plus d’effet positif sur la glycémie à jeun, tandis que l’effet positif reste significatif sur l’hémoglobine glyquée (à long terme donc), mais la magnitude de l’effet diminue d’autant.

Chez les prédiabétiques, si on ne tient pas compte des études douteuses, les effets positifs sur la glycémie à jeun ne bougent pas, renforçant l’idée d’un effet positif probable de l’aloe vera sur le profil glucidique des participants.

Un autre problème d’importance est à prendre en compte dans l’analyse des résultats : ce sont les instructions données aux participants de faire aussi attention à leur alimentation et à leur activité physique.

Il y a donc à travers ces études plusieurs facteurs qui entrent en jeu : la consommation d’aloe vera d’une part, la pratique d’une activité sportive et l’amélioration de son alimentation d’autre part, et cela rend d’autant plus compliquée l’évaluation de l’effet isolé de l’aloe vera.

Quoi qu’il en soit, on retrouve dans nos essais cliniques sur l’aloe vera des biais méthodologiques important :

  • Une mauvaise randomisation. C’est important pour comparer des groupes identiques, car si dès le départ on introduit une différence (avec par exemple plus d’obèses dans un groupe) cela va jouer sur la différence. Or, malgré que les essais soient randomisés, certains groupes ne l’étaient pas vraiment.
  • Pas ou peu d’aveugles. Dans l’idéal bien sûr les participants ne doivent pas savoir ce qu’ils prennent et les investigateurs ce qu’ils donnent. Cette configuration implique bien sûr un groupe contrôle avec placebo. C’est réalisable avec de l’aloe vera en supplément, mais on l’observe rarement.
  • Pas assez de participants. Si la méta-analyse porte sur près de 400 personnes, les essais cliniques isolés ont été menés sur trop peu de participants, ce qui fragilise les analyses statistiques et notamment la puissance pour détecter ou non un effet.
  • Pas assez longue durée d’évaluation. Les études ont toutes été réalisées sur une période de deux à trois mois. C’est suffisant pour mesurer un effet sur les deux marqueurs de référence, mais c’est insuffisant par rapport aux traitements standards (6 mois en général). Un suivi plus long permettra d’avoir une meilleure vision de l’effet de l’aloe vera.

Pour résumer, les études les moins fiables obtiennent les résultats les plus positifs et marqués, et vice versa, avec tout de même une tendance

Quels sont les risques de consommer de l’aloe vera ?

Les études d’efficacité de l’aloe vera n’ont pas toujours été les plus sérieuses pour mesurer les effets secondaires de la consommation d’aloe vera. Mais globalement, les essais sont plutôt rassurants, et les participants tolèrent plutôt bien les suppléments.

Toutefois, une mauvaise préparation de la plante peut entraîner des effets secondaires plus ou moins graves. De la diarrhée et des vomissements sont les plus connus et fréquentes à cause des anthraquinones de la plante que l’on retrouve dans le jus jaunâtre.

Sur les périodes d’observations de 2 à 3 mois, on a remarqué les effets secondaires suivants : perte de potassium (très probablement liés aux diarrhée et vomissement), des crampes et faiblesses musculaires, des douleurs abdominales, des hypoglycémies et des cas d’hépatites.

Mais les études s’illustrent par les protocoles et le matériel utilisés extrêmement différents. Un coup ce sont des plantes fraîches, ou des tablettes, de la poudre ou bien du gel avec des composés différents qui intègrent la préparation et pourraient être responsables de certains effets secondaires.

Autrement dit, il est impératif de s’approvisionner en produits de qualité si on souhaite en faire une cure.

L’aloe vera pour purifier votre chambre ? Dans un autre registre, une enquête exclusive est disponible aux membres pour découvrir la réalité derrière la filtration de l’air de nombreux polluants, notamment grâce à l’aloe vera.

Diabète et aloe vera : un duo gagnant ?

Je vais vous sortir la même rengaine que l’on peut souvent lire à la fin de ce genre d’étude scientifique synthétique : nous avons besoin d’étude plus fiable, sérieuse et indépendante sur la question.

C’est toujours la même histoire, mais c’est l’indicateur d’un manque de connaissance objective et de qualité pour prendre les décisions les plus justes et bonnes pour sa santé.

Concernant l’aloe vera et le diabète, les évidences scientifiques manquent de fiabilité, mais rapportent un effet positif sur deux marqueurs de référence dans le diabète : la glycémie à jeun et l’hémoglobine glyquée.

Dans tous les cas, mettre l’accent sur l’alimentation et l’activité sportive doit être une priorité dans la lutte contre le diabète. Vous ne devriez pas prendre de décision sans en avoir parlé avec votre médecin de confiance, et surtout ne pas arrêter votre traitement en cours.

Dans cette bataille contre le diabète, n’oubliez pas que la perte de poids si vous en avez trop pourra être salvateur. Aussi important, la perte de graisses viscérales (lutte contre la maladie du foie gras) qui participent au développement et au maintenant de la résistance à l’insuline.

Le jeûne intermittent, avec en particulier une prise de petit-déjeuner et l’absence d’un repas le soir, est une stratégie scientifiquement efficace pour rétablir un profil métabolique sain, sans même perdre de poids.

Aussi, vous devriez revoir vos habitudes alimentaires et vous tenir au maximum à trois repas jours en évitant soigneusement tout grignotage. S’en tenir à cette routine est déjà une stratégie payante pour inverser son diabète.

Alors avec ou sans aloe vera, faites surtout attention de vous procurer du matériel de qualité et d’avoir une palette de stratégie à mettre en place pour faire taire cette maladie, si prise à temps.

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