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Dur à Avaler est un blog d'information sur la santé, la nutrition, l'univers du médicament et les conflits d'intérêts. Le blog est entièrement sans publicité pour faciliter la lecture des articles. Les articles sont le résultat d'une recherche scientifique minutieuse pour apporter des conseils et lancer des débats constructifs. Les article sont rédigés par Jérémy Anso, docteur en biologie et des auteurs invités pour des sujets particuliers. Le blog n'a pas vocation à remplacer le lien entre un patient et son professionnel de santé, mais bien de le renforcer par la confiance, la lecture critique des évidences scientifiques et le rendre plus transparent.

Bien souvent, quand on explique pourquoi on mange “paléo”, comme nos ancêtres, on se fait renvoyer dans ses 100 m avec l’argument ultime de l’espérance de vie faible, proche de 35 ans de nos ancêtres. Bien souvent, on fait le lien entre régime alimentaire sans lait ni pain, mais aussi le jeûne intermittent, avec ce paramètre. Pourtant rien n’est plus faux. Chez les chasseurs-cueilleurs de notre époque, les vieillards de 80 ans sont bien réels.

esperance-vie-paleolithique-prehistoire

Manger comme nos ancêtres : une mode débile ?

Que ce soit le célèbre régime paléolithique ou d’autres régimes particuliers, comme sans laitage, sans céréale ou encore sans gluten, les interdictions alimentaires pullulent aujourd’hui… sous prétexte qu’elles seraient meilleures pour la santé.

Oui, oui, oui, l’idée de manger comme nos ancêtres qui vivaient dans des cavernes séduit de plus en plus de monde, et souvent, les arguments frisent le bon sens : mangez des végétaux et des fruits chouchoutés dans une ferme biodynamique, des produits animaux de qualité nourris à l’herbe bio et aux graines enrichies en oméga-3, le tout saupoudré de bons tubercules élevés en plein air. À cela, on évite tous les produits industriels ultra-transformés dégueulasses.

Et vous voilà devenu un bon petit soldat des cavernes !

Même le milieu scientifique s’en même. La fameuse alimentation préhistorique qui exclue tous les produits laitiers, céréaliers et les légumineuses bénéficient aujourd’hui de plusieurs études cliniques positives chez l’homme, plus une méta-analyse, sur des paramètres métaboliques.

Pourtant il y a un “mais”. Un “mais” que j’ai eu l’occasion d’entendre à de nombreuses reprises, et j’imagine que vous aussi, au cours de repas entre amis ou pendant des discussions philosophiques sur la santé et la nutrition.

Même si je ne suis pas le régime Paléo (j’ai essayé il fut un temps), j’évite le lait transformé autant que possible et j’essaye de consommer des produits céréaliers les plus complets. Le lait et le pain sont les deux aliments qui cristallisent le plus les débats.

“- Pourquoi tu ne bois pas de lait ?

“- Ben, on n’en a pas forcément besoin pour grandir et avoir des os solides, nos ancêtres se sont très bien débrouillé sans lait, et même sans pain.

” – Foutaise ! À la préhistoire, l’espérance de vie ne dépassait pas les 30 ans ! Voilà ce que ça donne d’éviter le lait !

On peut remplacer le lait par le : pain, le jeûne intermittent, les céréales de manières générales et tout ce que vous voulez que l’on ne retrouvait pas jadis.

L’argument de l’espérance de vie très faible des hommes préhistoriques paraît ultime. Il dérange, ou arrange, selon les convictions. Moi, il m’a surtout intrigué.

Est-ce vraiment à cause du manque de lait ou de pain que nos ancêtres tombaient comme des mouches à 25 ans ?

Difficile à dire. En tout cas, selon M. Vigne, chercheur du CNRS, l’espérance de vie des hommes du paléolithique pouvait atteindre au maximum 35 ans, et peu de personnes dépassaient les 25 ans. Mais l’espérance de vie est-elle le meilleur indicateur ? La longévité, on en parle ?

L’étude des ossements

Classiquement, l’âge des individus est estimé à partir des ossements que les archéologues et paléoanthropologues peuvent trouver dans le sous-sol.

À partir de là, les méthodes de calcul avec le carbone 14, la taille de certains os, et la présence de maladie osseuse (ostéoporose) apportent des indices, et permettent d’estimer l’espérance de vie des hommes de l’époque.

Ce modèle, aujourd’hui accepté par tous (ou presque), rend fou furieux Mark Sisson, un célèbre blogueur paléo anglophone, qui défend bec et ongle les bienfaits du régime paléolithique.

Moi-même, je m’insurgeais dans mon article sur le jeûne intermittent, quand un auteur dégommait d’une ligne les hommes du paléolithique et leur espérance de vie ridicule d’à peine 25 ans.

Sur son blog, Mark Sisson dénonce dans un article les limites de ces méthodes d’estimations d’âges à partir des ossements.

Il pointe notamment du doigt les carences en vitamine D et en magnésium que nous connaissons actuellement, ainsi que notre résistance à l’effort physique moins importante que nos ancêtres.

C’est pour ces raisons que l’estimation de l’espérance de vie de nos ancêtres par l’étude des ossements n’est pas l’idéale, et présente des contraintes évidentes.

Une autre méthode existe pour tenter de répondre à cette question d’espérance de vie.

L’étude des populations indigènes contemporaine

L’une des voies royales pour répondre à ces questions demeure l’étude des populations contemporaines qui ont toujours un mode de vie ancestrale. On parle d’une alimentation traditionnelle, sans produit transformé, farine ou coca, mais aussi une vie sans médecine, chirurgie, ou antibiotique.

Ces peuplades qui demeurent aujourd’hui bien rares nous apportent des éléments de réponses intéressant sur la question de l’espérance de vie, la longévité et le rôle qu’aurait pu avoir le manque de lait ou de pain sur la santé.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que l’espérance de vie n’est pas le meilleur indicateur pour répondre à cette question. Plus précisément, l’espérance de vie à la naissance. Pourquoi ? Car elle prend en compte la mortalité infantile notamment, extrêmement élevée dans ces régions du globe, et ça peut se comprendre.

Par voie de conséquence, en prenant cet unique paramètre en compte, le raisonnement devient circulaire et prend des allures de syllogismes : nos ancêtres avaient une espérance de vie de 40 ans, ils ne mangeaient pas de pain et ne buvaient pas de lait… je vous laisse finir.

Pourtant, rien n’est plus faux si on regarde l’espérance de vie à un âge donné, par exemple à 40 ou 45 ans, après les ravages de la mortalité infantile, ou bien si on se concentre sur la longévité. Et là, les mythes s’effondrent.

Ces chasseurs-cueilleurs vieillards

En 2007, deux scientifiques, Michael Gurven et Hillard Kaplan, sont allés vérifier l’ensemble de ces paramètres dans des tribus isolées de la planète1. Ils ont suivi plusieurs groupes :

Des chasseurs-horticulteurs sans contact avec villes ou villages; des chasseurs-cueilleurs qui avaient des contacts avec des villes et accès à certains soins médicaux; et finalement, des chasseurs-cueilleurs sans le moindre contact avec d’autres cultures, sans accès aux médicaments et à la médecine moderne. C’est bien ce dernier groupe qui nous intéresse.

Les premiers résultats sont sans appel : l’espérance de vie à la naissance, qui comprend donc la mortalité infantile, est basse, entre 21 et 37 ans parmi nos peuplades (Hadza, Ache, Kiwi, !Kung).

Cette espérance de vie s’explique par un taux de mortalité de 0 à 15 ans de 43%, et plus globalement, de 64% entre 0 et 45 ans. Mais ces données racontent la moitié de l’histoire.

Si on prend l’espérance de vie à partir de 45 ans, et non plus à la naissance, elle est de 21 ans pour nos chasseurs-cueilleurs. Autrement dit, les individus qui passent outre la forte mortalité infantile et du début de la vie adulte ont une espérance de vie de 21 ans en moyenne.

Ce second point fissure déjà l’idée reçue selon laquelle nos ancêtres n’atteignaient jamais 50, voire 60 ans. Certes les conditions de vie étaient rudes et la mortalité élevée, mais les “seniors” existaient bel et bien. Des vieillards même.

Si on regarde l’âge modal de la mort de ces individus, l’un des meilleurs critères pour estimer la durée de vie adulte la plus commune, les résultats sont effarants. L’âge modal de la mort de nos 4 peuplades de chasseurs-cueilleurs oscille entre 68 et 76 ans !

La palme revient à population de Tsimane, des chasseurs-horticulteurs, sans accès à la médecine et sans contact avec d’autres sociétés, avec un âge modal de décès de 78 ans. Le graphique suivant extrait de la publication de Michael Gurven et Hillard Kaplan nous montre que certains individus atteignaient l’âge de 85, voire 90 ans.

Nous sommes à des années-lumière du mythe du sauvage qui décède subitement à l’âge de 40 ans. Même si ces vieillards sont loin d’être les plus nombreux, ils indiquent bien l’espérance de vie à la naissance est loin d’être le meilleur indicateur, et encore moins l’argument, pour discuter nutrition et santé.

Si on se fie aux travaux de Staffan Lindeberg conduit sur les Kitavas de Papouasie Nouvelle-Guinée, qui vivent encore de manière purement traditionnelle (au moins à l’époque), l’espérance de vie à la naissance est faible, sans surprise, proche de 45 ans2.

Mais de la même manière si on regarde l’âge des vieillards, on tombe parfois sur des individus âgés de 96 ans. Sur les 247 Kitavas choisis au hasard, 15 avaient plus de 75 ans. C’est dire l’importance de l’âge modal de décès.

Le faux-argument

Utiliser l’espérance de vie à la naissance de nos ancêtres préhistoriques pour discréditer le régime paléolithique semble donc bien fallacieux.

Même si on ignore avec précision les classes d’âges de nos ancêtres, les études contemporaines sur des populations qui vivent dans des conditions extrêmes, sans soin médical, et avec une alimentation traditionnelle, nous montrent que les vieillards existent et qu’ils sont loin d’être marginaux.

Si jamais vous entendez encore ce genre d’argument quand vous discutez de l’éviction des produits laitiers ou céréaliers, vous savez maintenant à quoi vous en tenir. Non, ce n’est sûrement pas l’éviction de ces aliments les responsables, mais bien les conditions de vie extrêmes, difficiles, sans médicaments, médecine, et soins en tout genre.

PS : article entièrement mis à jour (octobre 2018)! Les commentaires datent de la version précédente.


Références

1. Gurven, Michael & Kaplan, Hillard (2007). Longevity Among Hunter- Gatherers: A Cross-Cultural Examination. Population and Development Review. 33; 321-365.

2. Lindeberg, S., Berntorp, E., Nilsson-Ehle, P., Terént, A., & Vessby, B. (1997). Age relations of cardiovascular risk factors in a traditional Melanesian society: the Kitava Study. The American journal of clinical nutrition, 66(4), 845-852.

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43 commentaires
  1. Très bien, un bon mythe démonté !
    Je me suis toujours demandé pourquoi certains chercheurs voulaient à tout prix démontrer la supériorité des civilisations de l’agriculture (pléonasme, je sais). Parce que si on démontre que l’espérance de vie et la santé de nos ancêtres étaient bien meilleure que la notre (et sans les maladies qui vont avec), y a une grande partie de l’édifice qui s’effondre.
    Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage dit-on…
    Après il y a a bien sûr d’autres types de mort plus fréquentes (blessures => infection ?), mais dans quelle mesure ?

    1. Ouais enfin ! Je supportais de moins en moins le faux argument de la faible espérance de vie des hommes du paléo.

      Pour les types de morts, les auteurs affirment que les plus présentent étaient les maladies respiratoires, ils parlent ensuite des maladies gastrointestinales avec les diarrhées par exemple.

  2. Oui, les chasseurs cueilleurs déculturés, compte tenu du contexte de vie moins hygiénique et moins confortable, ont probablement plus de risques de mourir d’infections, de blessures,… Et on peut aussi s’interroger sur le niveau de qualité des soins médicaux reçus dans ces régions moins développées.

  3. Ton étude est bien ficelée !
    Le problème c’est qu’il faut savoir quoi faire avec les statistiques et démêler le tout !
    Oui, ils avaient un taux de mortalité bien plus élevé que nous, mais que serait-il de nous si nous n’avions pas la médecine, la technologie, et des contrées sans bêtes sauvages ?
    Je pense que c’est ça, la vraie question !!
    Merci pour ton article !
    A bientôt

    1. L’article répond en partie à ta question. Ces tribus de chasseurs-cueilleurs contemporaines sont justement les cas de vie primitive et traditionnel sans médecine, technologie et bête sauvage.

      Et la réponse est proche de 70 ans d’espérance de vie !

  4. Salut Jérémy,

    tes idées et les études sur lesquelles tu t’appuies sont très intéressantes et font avancer le débat.

    Je pense qu’il y a beaucoup d’autres facteurs à prendre en compte auxquels nous ne pensons pas forcément. Par exemple la pollution qu’elle soit chimique ou par les ondes. Mais aussi et surtout la qualité de la nourriture que nous mangeons.

    Il y a tellement de choses différentes à prendre en considération que ce débat ne se terminera certainement jamais.

    Geoffrey

  5. Bonjour,

    J’ai envie de croire au paléo. Donc je cherche à me renseigner. Et je tombe sur votre blog. Votre fort n’a pas l’air d’etre les maths. En particulier d’apres les données que vous donnez il faut noter que :
    les chasseurs-cueilleurs « moderne » qui s’approchent au plus près des conditions de vie et d’alimentation de nos ancêtres du paléolithique, et qui ne bénéficient d’aucune médecine moderne jouissent d’une espérance de vie d’environ 17 ans.
    Et non 66 comme vous avez l’air de le croire. Les nombres il ne faut pas que les additioner :)

    Je vous mets en lien une image de l’explication des calculs. Et je tiens l’excel et des explications plus approfondies à votre disposition si vous en avez besoin.

    Merci pour le blog.

    Joel

    1. Serait-il possible de supprimer totalement le post de Joel, complètement délirant, arrogant, et faisant perdre du temps au lecteur, alors qu’il ne mérite pas 5s de notre temps ? Ce serait aimable.

    1. Il y a un gros souci dans vos calculs: vous avez considéré que les 36,48% qui dépassaient les 45 ans mourraient en fait à 21 ans !

    2. Si on reprend votre hypothèse « optimiste », ça nous donne une espérance de vie de presque 40 ans.

  6. Bonjour,
    je fais des études en naturopathie où la nutrition a une place importante, mais je me méfie des idées reçues et des dogmes propres à chaque école, alors, j’essaie de faire ma propre synthèse, et je souhaite à ce titre te remercier de publier autant de choses fouillées, complètes et pimentées comme une cerise sur le gâteau ! ;-)
    Ma remarque : tu critiques le manque d’impartialité pour les “associations officielles” et recommandations “officielles” de toutes sortes (lait, pet food…), mais l’étude de Green Scape liée n’est-elle pas du même ordre ??
    Je sais que la difficulté de toute étude réside dans le financement, l’origine, et le moyen de diffusion… Alors pourquoi en croire l’une plus que l’autre ?(même si là pour le coup, je fais appel à mon intuition et mon bon sens …)
    J’ai lu Souccar et je sais que tout réside dans l’origine des chiffres auxquels on peut tout faire dire…et c’est tres dur d’aller chercher et vérifier toutes les sources, même si ça vaut le coup….
    Merci encore.

  7. Les calculs sur l’espérence de vie sont mathématiquement faux, c’est la longévité qui est de l’ordre de 50-60 ans à l’époque paléolithique.

    longévité = age de décès “par vieillesse”
    espérence de vie = age à laquelle la moitié des gens sont mort (dont mort violente, maladie …)

    Paléolithique: espérence de vie 25-30 ans, longévité 50-60 ans (chasseur-cueilleurs)
    Néolithique: espérence de vie 20-25 ans, longévité 60-80 ans (1er agriculteurs)
    Antiquité, Moyen-age: espérence de vie 30 ans, longévité 60-80 ans (société agricole)
    1800-1900: espérence de vie 45 ans, longévité 70-90 ans (révolution industrielle)
    1950: espérence de vie 65 ans, longévité 90 ans (révolution médicale)
    aujourd’hui: espérence de vie 80 ans, longévité 90-100 ans

    1. Voici Klément une définition de l’espérance de vie plutôt officielle:

      “L’espérance de vie à la naissance (ou à l’âge 0) représente la durée de vie moyenne – autrement dit l’âge moyen au décès – d’une génération fictive soumise aux conditions de mortalité de l’année. Elle caractérise la mortalité indépendamment de la structure par âge.”

      Elle ne correspond pas tout à fait à ce que tu nous dis !

      D’ailleurs, la longévité moyenne est égale à l’espérance de vie ! Toi, tu nous parles de longévité potentielle je pense.

      1. La réflexion de Klement est tout à fait juste. Il me semble que cet article a été écrit par quelqu’un ne connaissant que très légèrement les termes employés et dont les notions de statistiques sont basses. Avant de faire un article avec un titre alléchant, il est essentiel de posséder les fondements de ce dont on veut parler.

      2. Quand bien même mes notions de statistiques sont basses, ou mes connaissances sur les termes employés également, l’objectif de l’article est de battre en brèche l’idée selon laquelle nos ancêtres étaient des personnes fragiles qui ne vivaient pas plus vieux que 25 ou 30 ans.

        L’idée principale de cet article est de montrer qu’au-delà d’une espérance de vie très faible, indiquant principalement un taux de mortalité infantile très élevé, les survivants pouvaient vraisemblablement atteindre des âges très avancés.

        Malgré tous les défauts de cet article, il est la le point CENTRAL de cet article.

        Après on peut débattre sur les termes, mais c’est secondaire.

      3. J’ajouterai également que l’article fait une comparaison qui n’a pas de sens:
        Comparer l’esperance de vie à 45 ans du paleo (64 ans), avec des espérances de vie à la naissance pour l’époque moderne . Ca ne veut rien dire du tout cette comparaison ! Il faut comparer les esperances de vie à la naissance entre elles, les esperances de vie à 25ans entre elles et celles à 45 entre elles, sinon c’est grossièrement manipulateur.

  8. Bonjour,
    avant toute chose, je tiens à préciser que je ne défend pas notre manière de vivre actuel, et que je ne t’attaque pas personnellement, si mes mots le font, alors c’est que je me suis mal exprimé.
    j’ai lu les commentaires, et deux choses assez liée on déjà été relevée,cependant je n’ai pas vu de réponse de ta part sur ces sujets.

    habituellement tu décortiques de A à Z les études dont tu parles, et comme le disait aurélie pour celle-ci tu prend les résultats brut, sans nous parler de la manière dont ils ont été obtenu.
    ne penses-tu pas qu’il y a là une certaine partialité?

    deuxième point, que soulèvent joel et klement (bien que les calculs de joel ne prennent pas en compte les 36% de chasseurs-cueilleur vrai vivant plus de de 45ans) est une erreur de calcul de probabilités.
    en effet, dans le paragraphe intitulé “l’espérance de vie à la naissance” tu nous dis:

    “21 ans pour les vrais chasseurs-cueilleurs.

    Autrement dit, les chasseurs-cueilleurs « moderne » qui s’approchent au plus près des conditions de vie et d’alimentation de nos ancêtres du paléolithique, et qui ne bénéficient d’aucune médecine moderne jouissent d’une espérance de vie d’environ 66 ans.”

    et c’est là que tu fais un raccourci,
    66ans n’est pas l’espérance de vie à la naissance,
    mais l’espérance de vie pour les +45ans
    et ça change tout
    car l’espérance de vie de la population totale est bien inférieur, puisque 64%de la dite population n’atteint pas les 45ans.
    tu es d’accords avec ces calculs?

    en espérant un réponse
    Sam

  9. Bonjour,
    Merci pour vos articles intéressants.
    Cependant je rejoins certains ici : les calculs sont faux, ou en tout cas il y a une erreur quant à la définition des termes, une certaine confusion s’ensuit.
    L’espérance de vie est une moyenne, d’ailleurs discutable du fait qu’elle incorpore les décès en bas-âge.
    Les 66 ans dont vous parlez pour les chasseurs-cueilleurs, c’est un maximum, ce qui n’a rien à voir avec une moyenne d’âge pour les décès.
    Le fait est que tout le mond ne mourait pas super jeune au paléo, mais l’espérance de vie n’était pas non plus de 66 ans.

    1. 66 ans c’est un maximum ? Et comment alors expliquer que des ossements des hommes de +75 ans été retrouvés ???

  10. On a pourtant trouvé un peu partout dans la monde des squelettes d’hommes âgés de 70-75 ans, en parfaite santé et avec tous leurs dents. Il faudrait donc cesse de parler de ces 66 ans comme d’un maximum, mais d’une large probabilité, si l’on survivait à l’enfance.

    C’était un peu différent pour les femmes, la mortalité périnatale était terrible et souvent elles mourraient faute de nutriments, se privant pour nourrir leurs enfants.

    Mais cela était encore vrai à la fin du 19ème siècle où la moyenne d’âge était 30 ans pour une femme. Il n’était pas rare de voir un homme épouser successivement 4 femmes pour avoir un seul héritier mâle vivant.

    Rien que les reines de France, pourtant des nanties, mourraient avant leur 30ème année, en général en couches. (exemple : la Reine Claude à 29 ans après son 11ème accouchement).

    On n’a donc pas gagné grand chose, compte tenu des moyens médicaux et chirurgicaux employés depuis 120 ans, soit seulement 10-15 ans. Si tout le monde adoptait la nutrition paléo, on vivrait largement centenaires et sans médicaments.

    Il est donc inutile de parler statistiques, qui ne veulent rien dire du tout. Il suffit d’observer les squelettes, les restes fossilisés au lieu d’extrapoler.

    1. Faudrait savoir, l’étude des ossements est idéale ou n’est pas idéale ?
      Parce que les ossements donnent des morts très rapides.

      Dans l’article :
      “C’est pour ces raisons que l’estimation de l’espérance de vie de nos ancêtres par l’étude des ossement n’est pas l’idéale, et présente des contraintes évidentes.”

  11. Au mieux vous êtes justement indigné du crime contre l’humanité que sont les impérialismes capitalistes (inhumanisme, fomentation de guerres fratricides, destruction irresponsable des ressources, exploitation et manipulation des peuples, pollution, malbouffe,…), mais au pire vous êtes payé pour désinformer, au profit d’un groupe commercial.

    La mortalité post-partem et avant 1 an étaient énormes. C’est cette donnée qui est déterminante (mortalité avant 1 an). La moyenne sur dix naissances:

    (0+0+1+10+15+20+25+40+55+65)/10=23,1 ans d’espérance moyenne de vie.

    La qualité de vie ne devait pas être mauvaise, et la vie valait bien plus que l’or. Pas comme aujourd’hui.

  12. Bon, ce que je retiens et savais intuitivement est que nos ancêtres avaient le même potentiel interieur et se nourrisaient mieux mais avaient plus d’occasion de mourrir pour d’autres causes externes …Pour nous meme potentiel interieur , moins d’occasions de mourrir par des causes exterieures sauf par la mauvaise nourriture qui nous affaiblit et la medecine qui en ne soignant que les symptomes , peut nuire…

  13. Définition de l’espérance de vie suivant l’INSEE : “L’espérance de vie à la naissance (ou à l’âge 0) représente la durée de vie moyenne – autrement dit l’âge moyen au décès – d’une génération fictive soumise aux conditions de mortalité de l’année. Elle caractérise la mortalité indépendamment de la structure par âge.”

    Les 70 ans évoqués dans cet article ne sont donc pas une espérance de vie !
    En appliquant cette logique défaillante, notre “espérance de vie” actuelle serait de plus de 100 ans !

  14. En imaginant que les 64% morts dans la tranche 0-45 ans aient tous atteint l’âge de 45 ans et que les 36% restant aient tous vécu les 21 ans “d’espérance de vie en plus”, soit 66 ans…
    L’espérance de vie moyenne de ces 100 individus serait de 52 ans 1/2… C’est mathématique !
    ((45*64)+(66*36))/100… On s’éloigne drôlement des 66 ans “d’espérance de vie”…

  15. En faisant le même calcul en prenant en compte les morts de la tranche 0-15 (tous morts à 15 ans…), ça donne :
    ((15*43)+((64-43)*45)+(21*66))/100=39.66, à peine 40 ans, ça baisse… ;o)

    Bref, tous ces chiffres mal interprétés ne prouvent certainement pas que l’espérance de vie de nos ancêtres préhistoriques était meilleure ou équivalente à celle de nos grand-parents !!!

    1. Et pourtant on a trouvé plus d’ossements d’hommes de 70 ans que ceux de 35 ans… On s’en fiche assez de “mathématiques”, restons dans la réalité. La réalité était une forte mortalité à la naissance et avant l’âge de 3 ans. Après, c’est devenu une mortalité “normale” en gros meilleure qu’au 19ème siècle et ceci sans aucun médicament.

      1. Et non, on s’en fiche pas ! Quand on veut être crédible et ne pas desservir la cause qu’on défend, on se doit d’être rigoureux ! Sinon on passe pour un rigolo et tous vos arguments, vrais ou faux, sont mis en doute !

      2. Vous n’avez pas compris ma réponse ? Le humain n’est pas une entité mathématique et n’importe qui peut comprendre ça. Avec vos calculs, par contre on discréditerait n’importe qui….Les données devraient être corrigées sinon effectivement l’espérance de vie moyenne serait de 25 ans… Ce qui est complètement faux.

  16. Ce sont vos calculs erronés et vos approximations qui discréditent complètement la cause que vous défendez !
    L’espérance de vie (“moyenne” comme vous dites) est une donnée objective aux règles de calcul immuables et non “corrigeable”.
    Je vous renvoie au site de l’INED où vous pourrez vous documenter sur la question…
    https://www.ined.fr/fr/tout-savoir-population/graphiques-cartes/graphiques-interpretes/esperance-vie-france/

    Sur ce site vous découvrirez les définitions de nombreux indicateurs et les 70 ans que vous citez en titre de votre article (arrondi de 66 ans…) est bien la longévité maximale atteignable par les chasseurs-cueilleurs… Juste pour info elle est passée à 122 ans avec Jeanne Calmant, soit pratiquement le double ;o) Qu’on puisse tous espérer atteindre cet âge n’en fait pas pour autant notre “espérance de vie” ;o) C’est plutôt le record à battre…

  17. Mais vous mélangez tout, c’est incroyable ! Qu’a à faire Jeanne Calmant dans l’affaire ? Elle qui vivait depuis 35 ans sur les médicaments et aurait été potentiellement morte à 62 ans ?

    Au 19ème siècle espérance de vie était plus basse qu’au paléolithique, figurez vous. Lisez donc le livre de Gilles Deluc et après, discutez….

    http://www.hominides.com/html/dossiers/dossiers.php

  18. Le sujet est assez délicat car s’en tenir à l’espérance de vie pour critiquer ou vanter le régime paléo n’a pour ainsi dire que peu d’intérêt. En effet, la mortalité dans l’histoire de l’humanité qui plombait l’espérance de vie (qui est la durée de vie moyenne d’une population et pas la durée au terme de laquelle la moitié de la population est morte) était avant tout la mortalité néo-natale. C’est un facteur parasite quand on s’intéresse aux avantages du régime paléo comparé au régime actuel (disons néo). Qui plus est, pour la préhistoire, la mortalité qui obérait aussi l’espérance de vie, était liée à des événements (chute de pierre, accidents de chasse, maladies infectieuses qu’aucun régime alimentaire ne pourrait éviter) qui n’ont aussi rien à voir avec la question qui est : le régime paléo est-il le plus adapté à l’humain et celui qui peut le maintenir en bonne santé le plus longtemps. Donc finalement, à part faire des essais sur des cohortes de contemporain·e·s qui testeraient chacun des deux régimes une vie durant (tout au moins une bonne dizaine d’années pour avoir des résultats concluants) on ne saura jamais rien sur le bénéfice du régime paléo. Peut être toutefois, en regardant des marqueurs de santé que l’on sait pouvant être liés à l’alimentation et pouvant encore être observés sur des restes d’humains du paléo d’âge suffisamment avancé.

    1. Didier, tu parles de la mortalité néo-nantale des hommes vivant en paléolithique, c’est ce que j’avais dit au début de la discussion.

      Quand aux marqueurs de santé des hommes paléolithiques que t’évoque, ces marqueurs ont été étudiés sur de nombreux restes dans le monde entier, par des chercheurs et les études scientifiques ont été publiées. Cela ne se discute pas.

      Enfin je me nourris de la façon paléo à 100% (avec juste 2-3 écarts par an) depuis 2001. Ca fait déjà au moins une personne qui a suffisamment de recul pour dire que OUI LE PALEO EST EXCELLENT POUR LA SANTE ;-)

      Je sais que le témoignage d’une seule personne ne serait jamais considéré comme significatif ; cependant :

      – je vais avoir 65 ans, je fais du sport, mes analyses biologiques sont celles d’une personne de 20-30 ans, pas de cholestérol, ma tension est à 12/7, je suis en forme.

      Ceci alors que je suis atteinte d’une maladie auto-immune, potentiellement mortelle, diagnostiquée en 2001.
      Cette maladie ne s’exprime pas. Au contraire, les marques biologiques de cette maladie ont diminué de 2/3 depuis que je suis le régime paléo. Je ne prends aucun traitement pour cette maladie.

  19. Désolé mais dès que je lis “ça ne se discute pas” j’arrête de lire. Rien de personnel, un principe professionnel.
    Cordialement

  20. Vos disputes sur les statistiques me sont absconces , rébarbatives et donc ennuyeuses …
    Vous feriez bien de vous pencher , puisque cela vous passionne, sur les chiffres avancés par les laboratoires pharmaceutiques qui avancent des résultats épatants dans leurs essais d’ efficacité des médicaments qu’ ils veulent nous faire avaler:
    – ils mélangent allègrement valeurs relatives et valeurs absolues ! Bon courage !
    En ce qui concerne le sujet de l’ article , l’ espérance de vie des paléos, il est évident qu’ il mouraient plus d’ infections et d’ accidents , pas de leur régime alimentaire !
    Comment , s’ ils mouraient à 25 ou 35 ans, auraient-ils pu élever les enfants , leur apprendre les techniques de chasse, la différenciation des plantes toxiques ou comestible ? C’ est du simple bon sens !
    Alors que maintenant , nous mourrons à cause de notre alimentation moderne , obèses, diabétiques, coronariens, avec amputations, pontages etc …

  21. En même temps, les femmes “portaient” à 13-14 ans, à 30 ans c’étaient déjà des grands parents…

    Même à Rome antique c’était comme cela, César lui-même était marié pour la 1ère fois à 12 ans avec Cinnilla de 7 ans…

    Ceci dit absolument d’accord avec toi, Marianne

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