Que ce soit le professeur Didier Raoult, Jean-Dominique Michel du blog Anthropo-logiques, Philippe Douste-Blazy ou encore le collectif “Covid-19 laissons les médecins prescrire” (les médias…) : ils publient tous des informations partiales, idéologiques et fallacieuses sur la controverse médicale autour de l’hydroxychloroquine.

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La délicate lecture critique de la science

La controverse scientifique sur le traitement du professeur Raoult contre le nouveau coronavirus est un exemple édifiant de la délicate et difficile analyse critique des résultats de la science.

Jamais je n’avais vu autant de personnes développer un tel intérêt pour des études incompréhensibles, avec des méthodes obscures et dont le processus de validation est inconnue pour une vaste majorité de la population (relecture par les pairs).

Jamais je n’avais vu autant de personnes devenir du jour au lendemain des experts en santé publique , en analyse critique des études cliniques et en statistiques. C’est à la fois très positif, de mon point de vue, de voir un attrait plus marqué pour les résultats de la science, mais aussi négatif, à la lumière des mauvaises interprétations et du manque de rigueur analytique.

Des personnalités avec des audiences très marquées partagent des analyses contestables, dans les deux sens, en faveur ou non du traitement à base d’hydroxychloroquine (HCQ) et d’azithromycine (AZ).

On peut lire absolument tout et son contraire sur ce sujet. La bataille scientifique et médiatique est pratiquement devenue une guerre de religion où s’affrontent les “pro” et les “anti”. Quand on atteint ce stade, c’est que nous sommes déjà allés trop loin. Peu importe la puissance ou la rigueur des analyses et des arguments, les deux camps vont camper sur leur position.

Je vous propose de revenir sur les récentes déclarations et analyses de la presse sur les rebondissements scientifiques du traitement préconisé par le directeur de l’IHU de Marseille.

Une analyse qui va vous montrer, une fois de plus, que la rigueur prend du temps et qu’elle nécessite une certaine bonne foi.

L’étude négative et contestée du Lancet

Elle a été publiée récemment. Elle a déclenché une déferlante d’émissions et de unes tranchantes. Le traitement vanté comme efficace très tôt dans l’épidémie de Covid-19 par le professeur Raoult serait en réalité inefficace et dangereux à en croire les résultats de ce travail.

Ceux qui étaient méfiants, comme moi avec l’absence d’évidences sérieuses et indépendantes, ont trouvé dans cette étude des résultats solides qui font pencher la balance du côté négatif avec une relative bonne certitude.

Ceux qui étaient convaincus de l’efficacité du traitement n’y voient rien de probant. Pire, ils y voient de la mauvaise science, des conflits d’intérêts, des manipulations et au final, la preuve qu’on veut enterrer à tout prix le traitement divin, qui ne coûte pratiquement rien.

L’étude du Lancet publiée par Mehra reste loin d’être parfaite. De nombreuses zones d’ombres existent sur les critères d’inclusions des patients, sur la méthodologie des analyses, sur les pourcentages de certains antiviraux.

L’étude du Lancet reste un travail dit observationnel et rétrospectif. Elle possède donc, malgré l’importance et la solidité de son échantillon (plus de 90 000 personnes sur 6 continents), une force très limitée qui ne permet pas d’établir de lien de cause à effet.

Il faut savoir raison garder. Mais passons à l’analyse des autres analyses.

Comprendre les différents niveaux de preuves scientifiques. En science, toutes les études ne se valent pas et apportent chacun des niveaux de preuve différents. Elles possèdent des structures et des compositions différentes qu’il faut connaître pour mieux maîtriser la valeur d’une étude scientifique. Explications.

Jean-Dominique Michel : une nouvelle salve peu rigoureuse

L’argumentaire le plus insidieux a probablement été écrit par Jean-Dominique Michel (JDM) sur son blog “Anthropo-logiques”. L’auteur de ce blog se définit lui-même comme “anthropologue de la santé et expert en santé publique”, justifiant même d’avoir créé des dispositifs socio-sanitaires “innovants, en particulier en santé mentale, dont certains font encore référence aujourd’hui.”

Pourtant, cette expertise est largement remise en cause par une enquête du docteur en biologie “Acermandax” sur le blog “Menace Théoriste” (de la chaîne La Tronche en Biais sur YouTube) qui démontre l’absence de diplôme ou de référence scientifique de Jean-Dominique Michel. Plus intéressant, Acermandax détaille les nombreux liens de l’anthropologue avec le monde de l’ésotérisme et du chamanisme.

Que ce soit le professeur Didier Raoult, Jean-Dominique Michel du blog Anthropo-logiques, Philippe Douste-Blazy ou encore le collectif "Covid-19 laissons les médecins prescrire" (les médias...) : ils publient tous des informations partiales, idéologiques et fallacieuses sur la controverse médicale autour de l'hydroxychloroquine.

La délicate lecture critique de la science

La controverse scientifique sur le traitement du professeur Raoult contre le nouveau coronavirus . . .

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24 commentaires
    1. Bonjour,

      Oui nécessairement. Les chiffres seront actualisés j’imagine avec les nouvelles données complètes et pas uniquement parcellaires prise sur de petit état ou région du monde comme le suggère l’article.

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