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Les Inuits en très mauvaise santé

Les blogs et sites végétariens (et/ou végétaliens) attaquent régulièrement les mangeurs de viande (ou de cadavre) de ruiner leur santé, celle de la planète mais également celle des animaux bien entendu.

Les végétariens trouvent toujours des arguments contre les omnivores, qui se nourrissent de viandes, de poissons ou d’œufs, mais ils ne résistent bien souvent pas à la force d’un raisonnement rigoureux (voir l’utilisation des outils pour la chasse, et les comparaisons anatomiques entre espèces).

Or, j’ai découvert récemment un nouvel argument d’un très grand site végétarien qui blâme une fois de plus les omnivores, et encore plus les Hommes à tendance carnivores. En réalité, l’argument est déjà connu : les peuplades ancestrales aux régimes alimentaires traditionnels (à base de viandes, de laits, ou de poissons) vivent moins longtemps que les populations contemporaines.

Cet argument me rappelle celui des Hommes préhistorique maigrichons, malades et fortement carencés qui ne pouvaient pas vivre plus de 25 à 30 ans à cause de leurs régimes « paléolithique ». Nous savons que cet exemple est complètement faux, et qu’ils pouvaient atteindre jusqu’à 70 ans d’espérance de vie, une espérance de vie que l’on ne retrouve qu’à partir des années 90.

Ici, les végétariens utilisent le même argumentaire mais en change l’exemple, les Inuits. Selon leur dire, les Inuits qui ne mangent pas de fruits, ni légumes ou légumineuses (la base d’un régime végéta*iens) affichent 10 ans d’espérance de vie en moins (1).

Une étude, 10 ans d’espérance de vie en moins

Les auteurs de cet argumentaire se basent sur une étude publiée en 2001 qui s’intitule « Health expectancy in Greenland » et qui traite de l’estimation personnelle du nombre d’année qu’ils nous restent à vivre. Autrement dit, l’étude en elle-même ne traite pas de l’espérance de vie des Inuits, mise à part une seule phrase tirée de l’introduction de l’article :

« Despite this, a newborn’ s life expectancy has been about 10 years lower in Greenland than in Denmark for the last 30 years.”

Les Inuits du Groenland accusent depuis les 30 dernières années d’une espérance de vie inférieure de 10 ans comparée à celle du Danemark et du Canada. Les auteurs estiment, d’une manière tout à fait logique, que l’alimentation traditionnelle à base de graisses et de protéines animales est responsable de ce piètre état de santé (2).

L’histoire des Inuits, quelle tristesse

L’histoire des Inuits au Groenland remonte à des milliers d’années auparavant, à l’époque où les « paléo-esquimaux » viennent coloniser ces régions froides et hostiles. Des paléo-esquimaux vivaient déjà il y plus 4 000 ans au Groenland, sans fruits, sans légumes, ni légumineuses (3).

Il faut faire un bond de presque 6 000 ans, dans les années 1500, pour observer les premiers explorateurs du Groenland qui établissent un premier contact avec les Inuits qui peuplent les plaines glacées. Au début des années 1700, le Groenland est sous domination danoise et implique des échanges commerciaux réguliers ainsi que l’installation de colons Danois.

La seconde guerre mondiale intensifie les relations à l’internationales, avec notamment la création de bases militaires américaines au Groenland afin d’apporter un soutien logistique aux vieux continent.

Dès lors, un processus de colonisation plus ou moins intense s’est produit au Groenland avec une migration progressive des Inuits dans les villes, et un abandon de la culture traditionnelle, notamment alimentaire.

On comprend mieux qu’à part des années 1700, et de manière exponentielle, les Inuits ont changé du tout au tout leur régime alimentaire à base de graisses (oméga-3) et de protéines animales de bonne qualité pour une alimentation à base de farine, de sucre, de céréale et de lait.

Les Inuits contemporains qui vivent en ville et mangent comme les occidents n’ont plus rien à voir avec leurs ancêtres au mode de vie traditionnel ou aux irréductibles qui refusent d’être « avaler » par la culture étrangère. Il est intéressant, et fort triste, de constater que 20 à 25 % des Inuits du Groenland ont déjà tenté de mettre fin à leur vie. Ce profond mal être touche principalement les jeunes Inuits qui estiment avoir « perdu leur propre vie » (4).

La criminalité et le stress important des villes, la dégradation du régime alimentaire et une perte d’identité sont les nombreux facteurs qui permettent de mieux comprendre la dégradation de la qualité de vie (et donc l’espérance de vie) des Inuits au cours des 30, et 300 dernières années !

Les irréductibles Inuits

Si les végétariens voulaient réellement observer l’impact d’un régime alimentaire sans fruit ni légume sur la santé des Hommes, il valait mieux regarder plus loin dans le passe, avant les colonisations occidentales. Et les données ne manquent pas ! Les Inuits au mode de vie traditionnels ne souffrent quasiment pas d’obésité, de diabète, de maladie coronarienne, d’hypertension et même d’ostéoporose (5).

Dryerberg, ou du Bois ont prouvé que les Inuits qui se nourrissent principalement d’animaux terrestre et marin jouissent d’une santé hors norme, notamment grâce à la présence des oméga-3, très présent dans cette alimentation traditionnelle (6).

En conclusion, l’argument « les Inuits sont en mauvaise santé à cause d’un régime pauvre en fruits et en légumes » est FAUX. La limite de ce raisonnement serait de penser que l’on peut, nous citadins carencés, se passer des fruits et des légumes au quotidien.

Non, nous avons besoin d’une consommation régulière de ces aliments pour apporter son lot de nutriments, d’antioxydants, de fibres, de calories et de tellement d’autre chose.


Références

1. http://www.vegsource.com/articles2/fuhrman_primitive.htm

2. Iburg, K. M., Brønnum-Hansen, H., & Bjerregaard, P. (2001). Health expectancy in Greenland. Scandinavian journal of public health, 29(1), 5-12.

3. http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Groenland#La_d.C3.A9couverte_du_Groenland

4. http://blogs.aljazeera.com/blog/europe/rising-suicide-rate-baffles-greenland

5. http://www.lanutrition.fr/les-news/il-y-a-4000-ans-nos-ancetres-avaient-de-latherosclerose.html

6. http://www.jbc.org/content/87/3/651.full.pdf

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13 commentaires
  1. Bravo Olivier tout est dit clairement et sans agressivité ,

    J’ai fait le même choix que toi il y a 2 ans pour les mêmes raisons et je m’en porte très bien.
    Je pense que c’est la tendance actuelle et qu’elle deviendra obligatoire dans quelques décennies pour des raisons écologiques. Il y a 2 solutions:
    1) Continuer à manger de la viande d’élevage à chaque repas jusqu’à ce qu’il n’y ai plus de terre et d’eau pour la produire . . . et plus d’animaux sauvages à chasser
    2) Anticiper et changer nos habitudes alimentaires pour que les fans de viande puissent encore de temps en temps aller chasser ou pêcher leur repas de Fêtes. . . il est d’ailleurs plus probable, qu’une fois le pas franchi, ils aillent plutôt le cueillir ou le récolter, si on change les habitudes, les goûts changent.

    A vous de jouer

    Jo

  2. Je ne vois pas à quel moment cet article apporte une quelconque preuve quant au fait que la vie écourtée de 10 ans des innuits ne serait pas lié au fait qu’ils mangent uniquement de la viande…

  3. Bonsoir,
    merci Jérémy pour cet article qui me confirme qu’il vaut mieux avoir une alimentation naturelle (bio et proche de son environnement) ou l’on trouve tous les nutriments et plein d’oméga3, plutôt que de suivre les recommandations de tel ou tel régime alimentaire dernier né qu’on veut nous imposer sans tenir aucun compte de là où on vit.

    @ Alain : “Je ne vois pas à quel moment cet article apporte une quelconque preuve quant au fait que la vie écourtée de 10 ans des innuits ne serait pas lié au fait qu’ils mangent uniquement de la viande…”

    je trouve pourtant très claire l’argumentation et les références.

    “Les Inuits contemporains qui vivent en ville et mangent comme les occidents n’ont plus rien à voir avec leurs ancêtres au mode de vie traditionnel ou aux irréductibles qui refusent d’être « avaler » par la culture étrangère. Il est intéressant, et fort triste, de constater que 20 à 25 % des Inuits du Groenland ont déjà tenté de mettre fin à leur vie. Ce profond mal être touche principalement les jeunes Inuits qui estiment avoir « perdu leur propre vie » (4).”

    Si les suicides des jeunes rentrent aussi dans les calculs d’espérance de vie, alors ça fausse les données. L’espérance de vie globale est automatiquement plus basse pour ce peuple avec un haut taux de suicide de jeunes.

    “La criminalité et le stress important des villes, la dégradation du régime alimentaire et une perte d’identité sont les nombreux facteurs qui permettent de mieux comprendre la dégradation de la qualité de vie (et donc l’espérance de vie) des Inuits au cours des 30, et 300 dernières années !”
    “Les Inuits au mode de vie traditionnels ne souffrent quasiment pas d’obésité, de diabète, de maladie coronarienne, d’hypertension et même d’ostéoporose (5).”

    Les références sont là aussi si tu veux les vérifier !
    Cordialement,
    Danielle

Commentaires désactivés.

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