L’ivermectine est toujours au centre d’une intense tractation scientifique et citoyenne pour être utilisé contre la covid-19.

Il ne se passe pas une journée sans un rebondissement scientifique à propos de l’ivermectine.

Et la dernière étude en date n’est pas anodine du tout.

Elle a été publiée par Andrew Hill, précédemment mandaté par Unitaid pour faire le point sur cet antiparasitaire contre le covid, et rapporte une nouvelle des résultats positifs spectaculaires (1).

Sur la base de 24 essais cliniques randomisés (ECR) regroupant plus de 3.300 participants, on observe une réduction de 56 % de la mortalité quand l’ivermectine est utilisé.

Les résultats d’Andrew Hill publiés dans Open Forum Infectious Diseases sont dans la même veine que la quasi-totalité des précédentes méta-analyses.

Des résultats spectaculaires en faveur de l’ivermectine, qu’une bonne partie de la communauté scientifique considère être « trop beaux pour être vrais ».

De l’autre côté, on considère ces résultats « trop beaux pour être ignoré ».

Belotte et rebelote pour Andrew Hill

Le scientifique britannique est un habitué de ce genre de travail. C’est sa seconde méta-analyse ou analyse globale de la littérature sur l’ivermectine, qu’il estime être prometteur pour sauver des vies (2).

Prometteuse, sans le moindre doute, mais sans aller jusqu’à lui accorder le précieux sésame pour être autorisé au-delà des ECR, selon lui.

Lors de son premier travail d’analyse regroupant 18 ECR, Andrew Hill avait fait émerger des résultats positifs spectaculaires enrobés d’une large et importante mise en garde.

Attention nous disait-il, ces résultats viennent d’études de faible qualité, avec peu de participants, tantôt en bonne santé tantôt dans un état grave avec des posologies anarchiques

Andrew Hill nous avertissait que les résultats spectaculaires mis en avant sont peut-être trop beaux pour être vrai.

« Il ne s’agit pas encore d’une base de données suffisamment solide pour justifier l’utilisation ou l’approbation réglementaire de l’ivermectine, déclarait-il dans son étude ».

Il surenchérissait sur « le besoin évident d’essais cliniques supplémentaires, de meilleure qualité et à plus grande échelle, justifiée pour étudier plus avant l’utilisation de l’ivermectine. »

Cette prudence a été immédiatement interprétée comme une trahison de la part de Theresa Lawrie, Paul Marik, France Soir ou encore Pierre Kory à la manœuvre derrière les Front line Doctor qui recommandent l’ivermectine (FLCCC).

Nous avons pu découvrir les hypothèses les plus farfelues d’intimidation et de pression faites sur le Dr Hill pour lui forcer la main sur son étude.

Sa conclusion aurait été écrite de la main de l’OMS, qui finance Unitaid, pour discréditer l’ivermectine. On ne doit pas faire d’ombre au déploiement des vaccins dans le monde chuchote-t-on.

Pourtant aucune de ces affirmations n’a jamais pu être circonstanciée. Aucune preuve n’a jamais été produite si ce n’est le récit confus de Theresa Lawrie.

Andrew Hill avait de son côté purement et simplement nié toute tentative de pression du financeur, me précisant le plaisir d’avoir pu faire ce travail dans un cadre apaisé.

Début juillet, Andrew Hill a donc fait une rebelote sur l’ivermectine.

Une espèce de mise à jour de sa précédente étude, avec cette fois d’avantages d’études, mais qui arrivent aux mêmes conclusions…

Les bénéfices mis en avant sont importants, extrêmement positifs, mais fragiles. Andrew Hill reste ainsi cohérent et consistant dans sa posture sur l’ivermectine, car aucun nouvel essai clinique de grande ampleur n’a pu encore trancher.

La dernière phrase de son étude a remué le couteau dans la plaie des défenseurs de l’ivermectine.

« [Le] bénéfice [de l’ivermectine] doit être confirmé dans des essais de plus grandes ampleurs »

Les essais pour trancher

Nous avons au moins 7 grands essais cliniques en cours sur l’ivermectine à travers le monde.

  • Activ-6 de l’institut national américain de la santé (NIH) avec près de 1.600 participants
  • Together Trial mené au Brésil avec 1.600 participants également
  • Deux études iraniennes avec 2.000 participants hospitalisés et en ambulatoires
  • Iver-303 mené en Espagne sur près de 800 participants
  • Principle Trial mené en Angleterre sur près de 1.500 participants
  • Une étude au Paraguay sous la houlette d’Avila chez près de 400 participants

Car sans ces études de grandes ampleurs qu’on appelle de nos vœux, les méta-analyses se suivent et se ressemblent pour la simple et bonne raison que ce sont toujours les mêmes études qui sont prises en compte.

Et notamment des études controversées qui font systématiquement pencher la balance vers un bénéfice spectaculaire.

On parle de l’étude d’Elgazzar en Égypte, ou encore celle du Dr Niaee en Iran. Des études de qualité méthodologique faible, mais qui proposent les résultats les plus fantastiques.

Mise à part ces deux études, aucune autre n’a montré de différence sur les décès entre les groupes étudiés.

La plus importante étude jamais publiée sur l’ivermectine compte un peu moins de 400 participants. Elle est négative. Elle a été âprement discutée et désossée par les défenseurs de l’ivermectine. On parle de l’étude Lopez-Medina.

Quand l’Argentine souffle sur les braises de la discorde

L’étude de Lopez- Medina était, en réalité, l’étude la plus importante jamais publiée sur l’ivermectine.

Elle a été détrônée par un ECR, en double aveugle et contre placebo, par une équipe d’Argentine qui a mis le feu aux poudres (3).

Pourquoi ? Car elle ne montre, comme la plupart des études de bonne facture avec un échantillonnage correct, aucun effet positif de l’ivermectine. Voire un effet possiblement négatif. On va y revenir.

Cette étude a été publiée par Julio Vallejos de l’institut de cardiologie de Corrientes. Plus de 500 participants non hospitalisés ont été répartis aléatoirement en deux groupes, l’un sous ivermectine, l’autre sous placebo.

Cette étude a été immédiatement accusée d’avoir utilisé un dosage trop faible pour faire émerger un bénéfice. Pourtant, son dosage moyen de l’ordre de 0.192 mg/kg est strictement identique à la majorité des études positives déjà existantes.

Le dosage aurait pu être plus élevé, tout comme la durée du traitement de deux jours uniquement, mais cette méthode rejoint la majorité des études plébiscitées par les défenseurs.

Au final, voici ce qu’on peut dire des critères les plus importants mesurés dans cette étude :

  • Aucune différence sur l’hospitalisation des participants. Avec 14 participants hospitalisés (5.6%) contre 21 (8.4%) dans le groupe contrôle, les participants sous ivermectine ont eu un risque réduit de 35 % d’être hospitalisés. Cette différence n’est pas significative. Même chez les plus de 65 ans
  • Aucune différence sur la mortalité, avec 4 décès dans le groupe sous ivermectine contre 3 dans le groupe sous placebo. Ces résultats montrent un risque augmenté de 35 % de mourir sous ivermectine, mais cette différence n’est pas significative
  • Aucune différence sur la charge virale au 3ème et 12ème jour
  • Un risque statistiquement significatif plus important d’avoir besoin d’une ventilation mécanique plus tôt (5 jours contre 10 jours sous placebo) sous ivermectine.

Malheureusement, et malgré près de 500 participants faisant de cet essai clinique le plus important et robuste à ce jour, l’échantillonnage était sous-dimensionné pour faire émerger une différence statistique.

Qu’est-ce que cela veut dire ? Eh bien que les chercheurs à l’origine de ce travail ont recruté 500 participants sur la base d’un bénéfice estimé de l’ordre de 50 à 70 % de l’ivermectine.

Un choix « trop ambitieux » selon eux, le véritable effet de l’ivermectine, s’il existe, est inférieur à 50 % de bénéfices (du moins sur les hospitalisations).

L’étude de Julio Vallejos n’est pas parfaite, loin de là. Elle n’en demeure pas moins l’une des plus sérieuses jamais publié jusqu’à présent.

Les fondations tremblent…

Les résultats de cet essai clinique avec l’échantillonnage le plus grand jamais conduit risquent de faire trembler et vaciller les prochaines méta-analyses.

Car elle va peser de son poids dans le décompte des morts, mais aussi sur les hospitalisations et la charge virale.

En réalité, elle a déjà fait disparaître le bénéfice de l’ivermectine si on croit les résultats du site partisan C19ivermectin.com qui propose une méta-analyse en temps réel (ivmmeta.com), connu pour être extrêmement favorable à l’antiparasitaire.

Capture d’écran du site ivmmeta.com

Si on se borne à la lecture des résultats globaux des essais cliniques (ECR en français et RCT en anglais) en phase précoce, où l’on est en droit d’attendre les bénéfices les plus importants et significatifs, les bénéfices disparaissent avec l’étude d’Argentine.

Ivmmeta.com rapporte une réduction de près de 51 % de la mortalité sous ivermectine en phase précoce.

Mais problème, ce résultat est non significatif. L’intervalle de confiance nous alerte sur ce résultat à prendre avec précaution.

Car le bénéfice oscille entre une réduction positive extrêmement importante de la mortalité de 86 %, mais en même une augmentation du risque de mourir sous ivermectine de l’ordre de 74 %.

Autrement dit, et devant des écarts aussi importants qui montrent une réduction et une augmentation tout aussi importante de la mortalité, il est impossible de conclure à quoi que ce soit.

Ivermectine : trop beau pour être ignoré ?

Des essais cliniques du monde entier ont rapporté des bénéfices spectaculaires de l’ivermectine, cet antiparasitaire jugé comme un médicament essentiel par l’OMS.

Des bénéfices spectaculaires qui sont inversement proportionnels à la qualité des études.

Au plus on trouve de limites méthodologiques dans ces études, avec peu de participants, des protocoles mal ou pas détaillés, ou sans relecture par les pairs, au plus les résultats sont positifs, et les auteurs catégoriques.

À l’inverse, les études qui s’entourent d’une méthode sérieuse et de prudence, essayant d’enrôler le plus de participants possibles peinent à faire émerger une différence.

Le plus récent, sérieux, et indépendant essai clinique sur l’ivermectine chez des patients légers non hospitalisés n’a montré aucun impact significatif de l’ivermectine sur la charge virale, les hospitalisations et les décès.

Sur la charge virale, un récent ECR de bonne facture, mais sur peu de participants (seulement 32) ne rapportait aucune différence entre le groupe contrôle sous placebo et le groupe sous ivermectine. Un groupe pourtant soumis à un dosage élevé (0.6 mg/kg/jour) pendant 5 jours. Il n’y a également eu aucune différence dans l’évolution de l’état de santé des participants entre les groupes (4).

Ces résultats fragilisent l’hypothèse que le repositionnement de cet antiparasitaire est une bonne idée.

L’ivermectine est peut-être efficace contre le covid. Peut-être permet-il de réduire les hospitalisations. Si c’est bien le cas, alors le bénéfice est si léger qu’il est statistiquement difficile à montrer.

Nous avions eu exactement le même dilemme avec l’hydroxychloroquine.

L’ivermectine n’est à ce jour pas le remède miracle que l’on nous promet depuis le début de cette pandémie. Il est indéniablement prometteur, mais le colosse au pied d’argile se fragilise au rythme des publications négatives les plus robustes.

Les résultats des prochains grands essais cliniques devraient nous permettre de trancher avec plus de certitude sur l’efficacité de l’ivermectine ou non.

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4 commentaires
  1. Salut Jérémy,

    Vais-je commenter ? ne pas commenter ? sans retomber dans les mêmes assertions que pour l’article précédent. Finalement, je n’y résiste pas 🙂 :

    « Andrew Hill avait de son côté purement et simplement nié toute tentative de pression du financeur, me précisant le plaisir d’avoir pu faire ce travail dans un cadre apaisé »
    >Crois-tu sincèrement qu’il t’aurait répondu autre chose que de ne pas avoir subi de pression ?

    « On ne doit pas faire d’ombre au déploiement des vaccins dans le monde chuchote-t-on »
    >Depuis quand là où il y a de l’argent il y aurait des anges ? Je me permets de souligner une des conclusions du rapport du Sénat pour H1N1 qui pourrait très bien coller à la situation et qui est + qu’un chuchotement : “le monde de la recherche est « un monde de compétition extrêmement féroce. Au sein même de chaque institution, dès qu’arrive quelque chose comme une menace de pandémie […], tout le monde se bat pour être le premier, pour faire son test diagnostic, parce qu’à la clé, il y a des publications, la reconnaissance professionnelle et la pérennité de l’activité. […] Une pandémie, c’est l’utilisation de méthodes diagnostiques inventées par les chercheurs sur le virus de la grippe. Il y a un intérêt à espérer, même inconsciemment, que les maladies arrivent ». En l’état actuel de la définition [d’une pandémie], on pourrait par exemple ne pas exclure qu’une « pandémie d’éternuements » déclarée par l’OMS entraîne une campagne de vaccinations”

    « Les bénéfices mis en avant sont importants, extrêmement positifs, mais fragiles »
    >Dans la méta-analyse de Hill, j’y vois ceci :
    >‘For the primary outcome assessment, 6/24 (25%) studies were assessed as high risk of bias’
    >‘In the PCR assessment, 3/15 (20%) of the studies were assessed as high risk of bias’
    >‘In the survival assessment, 1/11 (9%) of the studies were assessed as high risk of bias’
    >Doit-on interpréter que la grosse majorité des études sont orphelines de risque élevé de biais ?

    « Mise à part ces deux études (Elgazzar retirée d’ailleurs et Niaee), aucune autre n’a montré de différence sur les décès entre les groupes étudiés. »
    >C’est simpliste comme exemple mais volontaire : soit un dé dont le but d’une étude est de savoir s’il est pipé. On le lance 36 fois et on obtient 7 fois le numéro 6. On ne peut pas conclure.
    >On refait la même expérience avec le même dé avec un autre lanceur le lendemain; 7 fois le 6. On ne peut pas conclure.
    >On répète l’expérience 100 fois, toujours 7 fois le 6 ressort. Certes, prises isolément, aucune étude n’a montré de différence entre un vrai dé et un dé pipé mais assemblées, est-ce qu’une p-value peut s’avérer statistiquement significative pour certifier que le dé est réellement pipé ou bien n’aura-t-elle aucun poids ?

    « La plus importante étude jamais publiée sur l’ivermectine compte un peu moins de 400 participants. Elle est négative. Elle a été âprement discutée et désossée par les défenseurs de l’ivermectine. On parle de l’étude Lopez-Medina. »
    >Le défenseur de la PRESOMPTION d’EFFICACITE de l’ivermectine que je suis a lu ceci sur cette étude, je cite :
    >”Les pharmaciens ont réalisé que pendant 2 semaines, des participants du groupe placebo avaient reçu… de l’ivermectine, et pas du placebo. Ces patients ont été exclus de l’analyse, mais comment être certain que ça n’est arrivé qu’une fois?
    >On s’interroge d’autant plus quand on remarque que le profil des effets secondaires est très similaire dans les deux groupes, avec certains effets secondaires caractéristiques de l’ivermectine à haute dose (éruptions cutanées, diarrhée, photophobie, vision floue) très bien représentés dans le groupe placebo. Personne n’ayant mesuré le taux sérique de l’ivermectine, on ne le saura jamais.
    >Le placebo utilisé n’était pas adéquat (une solution dont le goût était très différent de celui, amer, de l’ivermectine), donc le double aveugle n’est pas assuré.
    >L’ivermectine était en vente libre en Colombie au moment de l’essai
    >Les investigateurs n’ont pas donné le vrai nom de la molécule utilisée
    >Une autre raison pour laquelle on aurait pu mesurer le taux sérique d’ivermectine, c’est que les auteurs de l’essai ont spécifiquement demandé aux participants de prendre l’ivermectine dans un estomac vide, alors qu’il aurait été recommandé justement de la prendre avec un repas pour optimiser son accumulation (contrairement à ce qui est recommandé quand on l’utilise comme vermifuge).”
    >Tu saurais démentir tout cela ?

    « Pourquoi ? Car elle ne montre, comme la plupart des études de bonne facture avec un échantillonnage correct, aucun effet positif de l’ivermectine. Voire un effet possiblement négatif. On va y revenir. »
    >Je ne souhaitais pas y revenir vu les commentaires du précédent article mais obligé : encore une fois, c’est tel dosage pdt tant de jours d’ivermectine qui permet de dire que ça n’a pas apporté d’effet positif SIGNIFICATIF. J’invite les lecteurs à observer la tendance de l’étude, le fameux “7 fois le numéro 6”.

    « Pourtant, son dosage moyen de l’ordre de 0.192 mg/kg est strictement identique à la majorité des études positives déjà existantes. »
    >As-tu les données brutes de qui a reçu combien pour quel résultat ? Si je donne 0.3 mg/kg à 250 personnes pour qui c’est bénéfique pendant 2 jours et 0.1 mg/kg à 250 personnes pour qui il ne s’est rien passé, on obtient bien une moyenne de 0.2 mg/kg. Pour autant, le bénéfice d’un dosage hypothétiquement correct est noyé dans un nuage de points où il ne ressort pas de différence significative globalement.
    >As-tu le tableau brut ? Comment l’obtenir ?

    « Ivmmeta.com […] Autrement dit, et devant des écarts aussi importants qui montrent une réduction et une augmentation tout aussi importante de la mortalité, il est impossible de conclure à quoi que ce soit. »
    >Je ne peux que te rejoindre sur cet aspect, la pseudo-méta-analyse de comptoir présentée de cette façon est trompeuse, de là à dire malhonnête je ne sais pas, mais elle induit en erreur.

    « L’ivermectine n’est à ce jour pas le remède miracle que l’on nous promet depuis le début de cette pandémie. Il est indéniablement prometteur, mais le colosse au pied d’argile se fragilise au rythme des publications négatives les plus robustes. »
    >J’aurai toujours du mal avec ton assertion négative sur des publications alors qu’elles ne peuvent conclure à autre chose qu’à une limitation de l’étude. On ne pourra jamais prouver que c’est inefficace, ce qui ne veut pas dire que c’est efficace.

    Dommage que tu n’aies pas attendu 24h de + avant de faire paraître ton article, je pense que tu te serais lâché sur Elgazzar, me trompe-je ? 😉

    Bonne journée.
    Greg

    1. Hello Greg,

      Je me doutais bien que tu allais venir commenter, et c’est tant mieux car cela nourrit le débat et la réflexion. Encore merci pour la courtoisie dans les échanges.

      1) Pour Andrew Hill : oui et non. Il aurait bien dit à Theresa Lawrie qu’il avait subi des pressions, donc il aurait très bien pu tenir le même discours. Avec sa réponse, il est impossible de savoir qui ment et qui dit la vérité, mais Hill dément les accusations de pression faites par Unitaid ou l’OMS. C’est tout de même le principal intéressé. Tu peux insinuer qu’il ne dit pas la vérité, mais alors il sera à ta charge de sourcer tes propos et d’en apporter la preuves. Sinon c’est juste une rumeur.

      2) Le passage sur le rapport du Sénat : oui et ce n’est pas franchement nouveau. Pour toutes maladies virales, il y a la possibilité de développement un vaccin. C’est une opportunité économique pour les laboratoires. C’est évident. A la grosse différence qu’ici il ne s’agit pas d’une “pandémie d’éternuements” mais d’une pandémie de décès avec 4 millions de morts, et le compteur continue de monter surtout dans les pays défavorisés. La situation en Tunisie ou aux Philippines est désastreuse.

      3) Concernant les études analysées par Hill et le risque de biais. C’est malheureusement un débat difficile. Par exemple, Andrew Hill a classé l’étude d’ElGazzar comme à “faible risque de biais” donc de haute qualité alors qu’il était de notoriété publique que cette étude était douteuse. Et comme tu le soulignes bien, cette étude a finalement été rétracté pour fraude, alors qu’elle était à tord classé comme de bonne qualité. On peut continuer comme cela pour d’autres études, et notamment celle de Niaee qui ne mérite d’être classé “à faible risque de biais).

      4) Sur ton histoire des dés pipés, je suis désolé mais je ne vois pas bien où tu veux en venir. Si tu pouvais reformuler…

      5) Concernant l’étude de Vallejos et les critiques méthodologiques. Les participants du groupe contrôle n’ont pas reçu d’ivermectine. Il y a eu une sélection des participants pour éviter de choisir des personnes qui auraient pris de l’ivermectine récemment. Un délai de 7 jours a été choisi, c’est une précaution intéressante qu’aucune autre étude n’a prise, surtout dans les pays où l’ivermectine a été largement distribué. On mise sur la confiance, et c’est ainsi pour toutes les études, sauf que parfois, on réalise qu’on nous trompe (Lancet et ElGazzar en sont deux bons exemples).

      Pour les effets secondaires, je ne suis pas vraiment d’accord et je suis étonné que tu parle d’effets secondaires caractéristiques de l’ivermectine à haute dose, alors que c’est l’une des principales critiques de cette étude où la dose serait trop faible. En regardant le profil des effets secondaires, je ne remarque rien d’anormal. Il n’y a d’ailleurs aucune information sur la vision flou ou la photophobie dans cette étude… Je ne sais pas d’où tu sors ces informations…

      Même chose pour la placebo, je ne sais pas où tu a été cherché que c’était une solution buvable avec un goût différent de l’ivermectine… alors que ce sont des cachets à avaler. Il n’y a pas de différence entre les cachets. Il semble que l’aveugle a été plutôt maîtrisé. Encore une fois, d’où sors-tu ces informations que je ne retrouve pas dans l’étude ?

      L’étude a été conduite en Argentine, et pas en Colombie. Je pense que tu te trompes d’étude là…

      Pour le fait que les investigateurs n’ont pas donné le vrai de la molécule… Je ne vois pas du tout en quoi cela est mal ? Ils disent avoir utilisé de l’ivermectine, sans spécifier le médicament. La vaste majorité des études publiées ou non sur ce sujet ont fait exactement pareil. Il n’y a pas vraiment de problème à cela.

      Pour le coup de prendre l’ivermectine l’estomac vide… encore une fois je me demande où tu es allé cherché ça ? Nulle part cette information est mentionné dans l’étude. Et je ne vois pas le problème de prendre les cachets sans repas. Si tu as des études qui montrent un problème en ce sens. Source alors tes informations.

      6) pour la tendance de l’étude sur les hospitalisations, on a aussi une tendance qui montre une surmortalité avec l’ivermectine… Donc je crois qu’il vaut mieux se méfier des tendances non ? ;)

      7) Pour le tableau brut des données, il faut demander aux auteurs.

      8)

      « L’ivermectine n’est à ce jour pas le remède miracle que l’on nous promet depuis le début de cette pandémie. Il est indéniablement prometteur, mais le colosse au pied d’argile se fragilise au rythme des publications négatives les plus robustes. »
      >J’aurai toujours du mal avec ton assertion négative sur des publications alors qu’elles ne peuvent conclure à autre chose qu’à une limitation de l’étude. On ne pourra jamais prouver que c’est inefficace, ce qui ne veut pas dire que c’est efficace.

      Je ne suis pas d’accord. On peut faire des conclusions grâce à des études, en prenant en compte ces limites. Quand les limites sont acceptables, l’étude est plus solide. On ne va pas revenir sur le débat d’une étude qui ne démontre pas l’inefficacité. On sait bien tous les deux qu’une étude ne fait pas ça. Mais si commence à avoir un, deux, trois, quatre et un autre RCT de bonne qualité qui ne montre aucune différence. Et bien à un moment donné, oui, on peut dire que ce traitement est inefficace. Car si le traitement était efficace, avec des méthodes correctes, on devrait voir quelque chose. Et là, ce n’est pas vraiment le cas.

      Dommage que tu n’aies pas attendu 24h de + avant de faire paraître ton article, je pense que tu te serais lâché sur Elgazzar, me trompe-je ?

      Ce sera l’occasion d’en reparler plus tard et de faire une mise à jour :) L’article est déjà suffisamment long pour ne pas trop décourager les lecteurs. Mais lâché, probablement pas, on s’en doutait avec tous ces preprints de mauvaise qualité qui ne seront jamais publié et qui sont en plus frauduleux… Toutes les prochaines méta-analyses vont avoir d’autres allures… :)

      A te lire

    1. Salut Thibaut,

      L’étude de l’Institut Pasteur (IP) est vraiment intéressante. C’est une bonne étude, avec une méthode sérieuse et publiée dans un journal de qualité.

      En revanche, sa portée n’est pas fantastique. On est dans le domaine de l’étude préclinique dans lequel on a comparé deux groupes de hamsters mâles et femelles (18 vs 18), ce qui est peu et ne donne pas vraiment d’indication sur les applications chez l’homme.

      Les résultats principaux montrent une absence d’activité antivirale (avec peut-être un léger effet chez les mâles et encore) ainsi qu’une activité anti-inflammatoire qu’on ne retrouve que chez les femelles.

      L’étude ne nous permet pas du tout de savoir si cette activité sur la réponse inflammatoire va améliorer le tableau clinique des patients, éviter les hospitalisations et les décès.

      D’une manière globale, cette étude bien que présenter relativement positivement par l’équipe de l’IP n’apporte pas de résultats très probant et forcément encourageant pour son utilisation chez l’homme. Les résultats de cette étude arrivent au mauvais moment, où nous avons eu les résultats de Vallejos sur plus de 500 hommes et femmes avec l’absence de bénéfice démontré.

      Entre une étude en double aveugle faites sur 500 personnes avec des critères solides comme les hospitalisations et la mortalité contre une étude sur 36 hamsters où l’on a mesuré que la capacité des animaux à sentir leur nourriture… Il n’y a pas photo.

      Au plaisir de te lire

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