Maurice Israël, Laurent Schwartz, ou encore Guy le “Samouraï” de la chaîne Cancer Therapy, ont lancé une alerte contre les dangers du régime cétogène. L’alerte est-elle justifiée ? Avons-nous de la bonne science derrière tout ça ? Voici le dénouement avec le dernier numéro de cette série.

Source : Visualhunt.

Affamer le cancer avec la production de corps cétonique grâce à une diète cétogène pauvre en glucides n’est pas une garantie de réussite, malgré des résultats prometteurs.

Il se passe beaucoup de choses ces derniers temps sur le rôle du régime cétogène dans la croissance tumorale. Des publications, des retraits, des vidéos… Au final, est-il positif, négatif ou sans effet ? Peut-on le recommander sans avertissement ni précaution ?

Pour y voir un peu plus clair, j’ai déjà publié deux articles sur sujet :

  1. Une synthèse des études sur des modèles animaux et humains, qui rapportent des résultats plutôt positifs
  2. Une première analyse de l’alerte lancée par deux personnalités scientifiques et médicales contre le régime cétogène, par Maurice Israël et Laurent Schwartz, dont on pouvait douter de la légitimité

Ce nouvel article est nécessaire pour faire le point sur cette polémique ou controverse scientifique et clarifier l’utilisation du régime cétogène pour aider les patients atteints de cancer.

Le régime cétogène n’est pas la panacée

Dans la bataille contre le cancer et le rôle de la diète très pauvre en glucides, nous avons en gros deux grandes catégories d’études :

  1. Celles qui comparent la diète cétogène uniquement, sans thérapie anti-cancéreuse
  2. Celles qui comparent la diète cétogène avec une thérapie anti-cancéreuse

La différence entre ces deux groupes est fondamentale. Dans le premier cas, on espère démontrer le rôle de cette alimentation dans l’évolution libre du cancer, sans aide médicamenteuse.

Pour être éthiques, ces études sont réalisées chez des patients atteints de cancers incurables ou tellement avancés et/ou métastasés qu’aucun traitement ne peut être proposé (et pour de nombreuses raisons, l’âge, les comorbidités, etc.).

On pourra donc essayer de mesurer uniquement l’effet de cette diète, mais on se rend bien compte que dès le départ les chances de guérisons sont minces (on associe parfois des chimiothérapies palliatives).

Les études de cette première catégorie sont très mitigées, vous vous en doutez bien avec la lecture des précédents articles notamment. Personnellement, je pense que si aucune solution thérapeutique n’existe, alors pourquoi pas essayer ce régime-là. Vous devez savoir que la littérature scientifique ne vous garantit absolument rien.

Elle ne vous garantit absolument rien et confirme même que la diète cétogène est particulièrement peu efficace pour les cancers tardifs, à des stades avancés, contrairement aux tout premiers stades de la formation des tumeurs.

Or la majorité des études réalisées sur la diète cétogène seule se concentrent naturellement chez ces personnes atteintes de cancers bien formés et très développés, montrant bien les limites de la diète cétogène et de l’application de l’effet Warburg.

C’est bien dans le cadre de la seconde catégorie que mes articles et mes recommandations se réfèrent. Dans le cadre d’une thérapie conjointe, médicamenteuse et alimentaire pour traiter le plus précocement un cancer avec l’aide de la diète cétogène.

Dans ce cas-là, les données de la science sont plutôt prometteuses. Prometteuses ne veut pas non plus dire que la garantie de la guérison est assurée ! De nombreux paramètres viennent perturber les conclusions sur le régime cétogène, comme le type de cancer, les mutations génétiques particulières, l’état d’avancement avec métastases ou non, l’état de santé du patient…

On en arrive à la question de l’efficacité de la diète cétogène, en complément d’une thérapie, sur le cancer et l’alerte donnée par deux personnalités scientifiques. On va revenir dessus pour donner des informations exclusives et détailler des résultats scientifiques majeurs et notamment si les cellules cancéreuses peuvent bien se servir des corps cétoniques comme source d’énergie… et donc proliférer.

Les corps cétoniques : un carburant des cellules cancéreuses ?

Le principe du régime cétogène dans la lutte contre le cancer repose sur l’effet Warburg, qui implique que les cellules cancéreuses reposent quasi exclusivement sur une forte consommation de glucose, avec des défaillances pour utiliser les corps cétoniques.

Couper l’approvisionnement en glucose, et suivre une diète cétogène qui permet à l’organisme de se nourrir de corps cétonique est donc une théorie intéressante dans la lutte contre le cancer. Intéressante, mais sûrement pas idéale ni parfaite. Loin de là.

Car les cellules cancéreuses sont capables de tirer parti des corps cétoniques. C’est bien la teneur de l’alerte du Dr Laurent Schwartz dans une vidéo publiée sur le compte de Cancer Therapy, où ce dernier cite la récente publication de Maurice Israël.

Une publication qui pose noir sur blanc que le régime cétogène est dangereux puisqu’il apporte aux cellules cancéreuses du carburant, les fameux corps cétoniques.

Une publication, qui nous l’avons vu, se base sur des études plutôt trompeuses puisqu’elles ont été conduites sur des lignées cancéreuses volontairement modifiées pour se nourrir des corps cétoniques.

Il était donc assez logique d’observer ensuite une prolifération cancéreuse dangereuse, et de blâmer le régime cétogène. Laurent Schwartz s’est jeté sur cette étude comme du pain béni, avec un article en français relatant l’étude sur le site Guérir du Cancer.

J’avais déjà émis des doutes concernant cette étude dans un article précédent, surtout à cause de la nature du journal et de la rapidité de publication. Mes doutes ont été confirmés par l’auteur lui-même, Maurice Israël.

Maurice Israël, Laurent Schwartz, ou encore Guy le "Samouraï" de la chaîne Cancer Therapy, ont lancé une alerte contre les dangers du régime cétogène. L'alerte est-elle justifiée ? Avons-nous de la bonne science derrière tout ça ? Voici le dénouement avec le dernier numéro de cette série.

Affamer le cancer avec la production de corps cétonique grâce à une diète cétogène pauvre en glucides n'est pas une garantie de réussite . . .

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8 commentaires
  1. Belle analyse de la situation. Bravo. Querelles de scientifiques habituelles, chacun a raison et chacun a tord !! A titre personnel je connais pas mal de témoignages positifs dans différents cancers. D’autres témoignages qui ne concernent pas le cancer et pratiqués pendant des années en font état d’aucune contre-indication ni carence. Si vous interrogez certaines nutritionnistes adepte et spécialistes du régime cétogène, tout va bien sur le long terme. Finalement et encore à titre personnel, je pense qu’il est intéressant de tenter ce régime surtout que dans des situations graves on n’a rien à perdre mais au contraire tout à gagner.

    1. Salut Richard, merci du commentaire ! Oui, c’est une “querelles de scientifiques” mais qui je pense va au-delà d’une simple querelle. J’ai l’impression qu’un mouvement anti-cétogène est en train de se créer par des personnalités qui l’ont encensé ! Ce revirement pourrait être justifié par des alertes, mais qui ne me semblent pas aujourd’hui suffisamment solides. L’avenir scientifique nous le dira.

      Je pense personnellement que ce n’est pas la panacée mais que la littérature est encourageante. Il ne faut pas jeter à la poubelle les avis divergent, bien au contraire, je pense qu’ils doivent être encore plus pris au sérieux et évalué. D’autres mises à jour et articles suivront car ce sujet ne fini pas d’avoir des rebonds et des actualités !

  2. Bon, il semble unanimement reconnu que le glucose est le carburant privilégié de toutes les cellules cancéreuses. Si j’avais à choisir, il me semble que je ferais le régime cétogène même si des lignées de cellules cancéreuses peuvent utiliser les corps cétoniques, car ces mêmes cellules utilisent aussi le glucose de préférence. Est-ce que les corps cétoniques sont plus dangereux que le glucose?

    1. C’est là tout le noeud du problème ! Mon avis : je pense que dans la majorité des cas le régime cétogène peut aider. Je pense que ces effets bénéfiques que l’on retrouve peuvent être mis en défaut dans le cadre de cancer différent et capables de tirer partie des corps cétoniques. Et encore, les travaux ne montrent pas non plus une très forte disposition des lignées tumorales à croître fortement, même si elles sont sensible aux corps cétoniques.

      Je pense que l’avenir nous précisera les contours de ces découvertes avec les résultats des essais cliniques en cours !

  3. Bonjour Jérémy,

    Merci pour votre article.

    Une étude intéressante sur l’effet Warburg et les stratégies métaboliques des cellules cancéreuses pour s’approvisionner en énergie.

    https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2018/08/msc180032/msc180032.html

    Connaissez vous Paul Davies et ses recherches sur l’origine du cancer?
    très intéressant comme point de vue!

    https://www.themonthly.com.au/issue/2018/november/1540990800/paul-davies/new-theory-cancer

    Meilleures salutations

    David

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