S’exposer au froid, volontairement ou non, pourrait être une thérapie prometteuse pour lutter contre des maladies métaboliques graves et fréquentes : l’obésité et le diabète notamment. Plus qu’une arme ultime, la science suggère que le froid serait un outil supplémentaire pour réduire des phénomènes inflammatoires, faire revenir la sensibilité à l’insuline des cellules, et aider à revenir à un état normal, vers l’homéostasie. Plus que jamais, le froid possède des effets incroyables sur notre corps qui méritent qu’on s’y intéresse.


Et si s’exposer au froid pouvait lutter contre des maladies graves comme le diabète et l’obésité ? Une idée que nous avons effleurée du doigt dans l’article sur l’inflammation et l’immunité. Oui, s’exposer au froid pourrait calmer le système anti-inflammatoire, et trouver une utilité pour tous les états de para-inflammation ou d’inflammation chronique de faible intensité, qui impacte négativement notre santé.

Mais il existe un autre mécanisme que nous n’avons pas abordé et une autre cible privilégiée du froid : la graisse. Pas n’importe quelle graisse, on parle de graisse brune ou tissu adipeux brun (brown adiposis tissue en anglais).

Dans les premiers articles de cette série sur le froid, nous avions vu que notre corps possède plusieurs moyens de se réchauffer :

  • les tremblements, qui peuvent multiplier par deux ou cinq la création de chaleur métabolique avec des contractions musculaires rapides ;
  • la vasoconstriction, qui permet de limiter la perte de chaleur du corps dans les zones périphériques et donc maintenir le plus longtemps possible une température physiologique pour les organes vitaux

Mais il existe une 3ème voie : celle du recrutement de graisses brunes, à défaut des graisses dites blanches.

Les importantes graisses “brunes”

Notre arsenal physiologique pour lutter contre le froid se compose donc aussi de graisses spécifiques : les graisses brunes. Elles ont été reconnues dans les années 60 pour leur rôle thermique, car elle possède une configuration différente des graisses blanches.

Les tissus adipeux bruns possèdent plusieurs petites gouttelettes lipidiques composées de triglycérides, contrairement aux graisses blanches qui n’en possèdent généralement qu’une massive qui occupe toute la cellule.

Les graisses brunes contiennent beaucoup plus de mitochondries que les cellules adipeuses blanches, mais aussi davantage de protéines découplantes 1, un protonophore qui peut créer par un mécanisme complexe de la chaleur.

Toutes les conditions sont réunies dans les cellules adipeuses brunes pour en faire des alliés contre le froid, et nous avons d’ailleurs des variations naturelles de notre concentration en graisse brune, qui augmente pendant l’hiver et diminue pendant l’été. Une réaction logique et physiologique par rapport aux variations de température.

Nous savons également que les nouveau-nés ont plus de tissu adipeux brun que les adultes, et que les adultes obèses en possèdent moins que les personnes avec un indice de masse corporelle normale.

En réalité, nous avons deux types de tissus adipeux bruns : le brun, qui est le plus classique et contient une forte concentration de protéines découplantes 1, et le beige, qui contiennent beaucoup moins de protéines découplantes 1 mais qui peuvent être activée par le froid ou des catécholamines (pour atteindre une activité identique que les graisses brunes classiques)1.

Les deux types de tissus adipeux bruns ont une morphologie identique et peuvent produire les mêmes niveaux de chaleurs, mais possèdent des origines différentes. Les brunes sont créées tandis que les beiges sont issus d’un recrutement par l’organisme.

Pour expliquer notamment les variations de concentrations des tissus adipeux bruns avec les saisons, nous savons que si on expose l’organisme à des températures élevées, les cellules adipeuses beiges se transforment en graisses blanches. Les graisses beiges viendraient principalement des réseaux capillaires proches, expliquant d’ailleurs pourquoi les obèses en auraient peu, car les réseaux capillaires sont éloignés de ces réserves de graisse.

Ce qui est encore plus intéressant avec ces fameux tissus adipeux bruns, c’est bien qu’ils ont une consommation d’énergie plus importante que les tissus adipeux blancs. Une consommation plus importante de glucose mais aussi de lipide. Tout cela entraîne aussi une augmentation, légère toutefois, des dépenses énergétiques.

Une aide précieuse pour les diabétiques ?

S'exposer au froid, volontairement ou non, pourrait être une thérapie prometteuse pour lutter contre des maladies métaboliques graves et fréquentes : l'obésité et le diabète notamment. Plus qu'une arme ultime, la science suggère que le froid serait un outil supplémentaire pour réduire des phénomènes inflammatoires, faire revenir la sensibilité à l'insuline des cellules, et aider à revenir à un état normal, vers l'homéostasie. Plus que jamais, le froid possède des effets incroyables sur notre corps qui méritent qu'on s'y int . . .

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