Cholestérol: ami ou ennemi ?

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Prologue

Voici le 1er article qui traite du cholestérol. Je vous préviens, l’article est long (plus de 2.500 caractères) mais je n’ai pas voulu le scinder en 2 parties pour fluidifier le débat.

La longueur de l’article peut vous décourager de le lire, mais j’ai cependant écrit des paragraphes plutôt courts et clairs. Vous découvrirez dans cet article, la vérité sur le cholestérol (à quoi ça sert), son utilisation par l’industrie pharmaceutique, la mise en place d’un médicament, et les dérives du business sur la santé.
Je vous propose le sommaire de cet article :

  1. Le cholestérol, dangereux pour l’homme ?
  2. Le mauvais cholestérol
  3. La poule aux œufs d’or
  4. L’invention d’une maladie
  5. Un commerce florissant
  6. L’efficacité des statines
  7. Des statines inutiles et dangereuses
  8. La mascarade continue
  9. Comment traiter son cholestérol ?

D’avance, bonne lecture.

 Le cholestérol, dangereux pour l’homme ?

Dans notre société moderne, toutes nos variables biologiques (taux de sucre sanguin, tension artérielle, neurotransmetteur, etc.) sont scrutées par des experts et des médecins qui établissent des valeurs moyennes standards.

Au-delà, ou en deca de ces valeurs moyennes, vous êtes considérés (peut-être à torts) comme malade. Vous devriez donc prendre un traitement, qui est bien entendu disponible sur le marché.

Aujourd’hui, le cholestérol rime avec « artères bouchées », « attaque cardiaque », « accident vasculaire», ou encore avec « gras ». Le mot cholestérol est immédiatement associé négativement dans l’esprit de la population.

Pourtant, le cholestérol rime aussi avec « lipides », « fonctions essentielles », ou « intégrité cellulaire ». Le cholestérol est avant toute chose, une molécule indispensable, vitale pour le fonctionnement du corps humain. Mais pas uniquement pour l’homme. L’ensemble des vertébrés dépendent de ces lipides, et donc du cholestérol pour vivre.

Mais alors, pourquoi le cholestérol est-il autant diabolisé par les Hautes Autorités de Santé et par les spécialistes de la santé ?

Le mauvais cholestérol

Nous l’avons vu, l’organisme a besoin de cholestérol pour fonctionner correctement. Cependant, le cholestérol se décline sous différentes formes et donc, différentes fonctions.

3 formes différentes composent le cholestérol que nous connaissons aujourd’hui :

  1. VLDL (lipoprotéines de très faible densité)
  2. LDL (lipoprotéines de faible densité)
  3. HDL (lipoprotéines de haute densité)

Le HDL et LDL constituent la quasi-totalité du cholestérol présent dans le corps humain. Le VLDL est très minoritaire. Vous avez déjà entendu parler du HDL et LDL, notamment grâce aux publicités télévisées ou à votre médecin.

Techniquement, le HDL est la lipoprotéine qui associe le cholestérol avec une apoprotéine A1, et qui récupère le cholestérol inutilisé des cellules pour le ramener vers le foie. Rien de plus.

Derrière cette réalité physiologique simple, la théorie du « bon cholestérol » suppute que le HDL récupère le cholestérol qui traine dans les artères ou dans les vaisseaux. Les HDL seraient donc les « nettoyeurs » de nos artères, et préviendraient le risque d’attaque cardiovasculaire et d’athérome. Conséquences ultimes de cette théorie ? Il faudrait avoir un taux de HDL élevé pour limiter au maximum les encrassements de nos artères.

Le LDL est quant à lui, le côté obscure du cholestérol ou le fameux « mauvais » cholestérol. Les « Low Density Lipoproteins » ou les lipoprotéines de faibles densités jouent le rôle inverse des HDL. Les LDL doivent transporter le cholestérol du foie vers les cellules qui en ont besoin ou aux cellules entre-elles.

Ce cholestérol circulant serait donc le responsable des épidémies d’attaques cardiovasculaires que nous connaissons actuellement. Un excès de LDL circulant est le synonyme d’un dépôt de cholestérol quelque part dans un vaisseau, et à terme, d’augmenter tous les risques qui y sont liés (attaques cardiaques, athéromes, etc.)

En résumé, le cholestérol est un ensemble de différentes molécules qui sont toutes essentielles et vitales pour assurer le fonctionnement du corps humain. Le cholestérol sert également de précurseur pour la synthèse des hormones stéroïdiennes, de la vitamine D et c’est le principal constituant de la bile.

La poule aux œufs d’or

L’industrie pharmaceutique tient là une véritable poule aux œufs d’or. Le cholestérol comporte toutes les caractéristiques idéales pour Big Pharma (l’industrie pharmaceutique) :

  1. C’est une variable physiologique importante pour notre santé
  2. Cette variable peut être « bonne » ou « mauvaise » (arbitrairement)
  3. Elle est facilement dosable.
  4. Des traitements peuvent être mis au point pour corriger la situation

L’invention d’une maladie

Un comité d’expert décide donc des valeurs moyennes qui définissent les personnes en « bonne santé » des personnes « malades », qui doivent suivre un traitement, et prendre des médicaments précis.

Dans le cas du cholestérol, ces taux ont été établis par un comité d’expert en médecine, ou en nutrition qui sont TOUS en relation directe avec l’industrie pharmaceutique. Première conséquence logique : un grand pourcentage de la population sort des valeurs moyennes arbitraires, et pourrait se voir proposer un traitement contre le « mauvais cholestérol ».

Les médecins, les cardiologues, ou les nutritionnistes sont convaincu par l’industrie pharmaceutique (à grand coups de publicités, de pots de vins, d’études scientifiques, et de recommandations officielles) que l’excès de LDL ou de « mauvais » cholestérol doit être limité, et que le HDL (le « bon «  cholestérol) doit être augmenté, pour éviter les cas cliniques d’attaques cardiovasculaires, et les morts !

Le message passe très bien…

Un commerce florissant

Big Pharma a mis au point ce que l’on appelle des « statines ». Les statines sont des médicaments hypocholestérolémiants. Une fois ingérées, elles vont faire baisser votre taux de mauvais cholestérol et faire grimper le bon.

Le marché des statines est le plus rentable de la planète. Ces médicaments sous brevet sont les plus vendus au monde. Plus d’une centaine de million de personnes consomment, tous les jours, des statines pour faire baisser leur taux de cholestérol. 20 % des américains et 10 % des suisses prennent tous les jours leur fameuse gélule. Ces ventes génèrent des bénéfices colossaux, 30 milliards d’euros par an, près de 20 % du chiffre d’affaire des sociétés pharmaceutiques.

Big Pharma n’est pas la seule à profiter de ce filon béni. L’agroalimentaire se jette dans la brèche, et nous observons l’apparition d’une large gamme de produit riche en oméga-3. Des oméga-3 qui augmente les concentrations de HDL, donc celles du « bon » cholestérol.

L’efficacité des statines

Les statines possèdent donc le double emploi d’abaisser le mauvais cholestérol et d’augmenter le bon. Ces propriétés doivent conférer une meilleure santé cardiovasculaire, en principe.

La santé cardiovasculaire est mesurée selon 3 critères principaux (qui permettent de juger de l’efficacité des statines)

  1. Les infarctus du myocarde non fatal
  2. Les infarctus cérébraux non fatal
  3. Les décès cardiovasculaires

La science confirme l’efficacité des statines pour faire baisser le mauvais cholestérol et également diminuer les risques d’accidents cardiovasculaires.

Toutes les études qui confirment l’efficacité des statines, et je vous le donne en mille, sont financées par les plus grands groupes pharmaceutiques de la planète (1, 2).

Une étude réalisée par 16 médecins, publiée dans l’un des journaux médicaux les plus prestigieux de la planète, indique que les statines testées baissent le taux de LDL et augmentent celui de HDL (3). Les résultats observés ? Après 2 ans de traitement intensif aux statines, on observe une régression de 7 % des athéroscléroses chez les patients malades.

La suite est encore plus intéressante. L’étude a été financée par AstraZeneca, la 5ème société pharmaceutique la plus puissante au monde, qui commercialise le « crestor » et réalise plus de 15 milliards d’eruos de bénéfices tous les ans. Parmi les 16 médecins de l’étude, 5 ont des liens plus ou moins directs avec l’industrie pharmaceutique. Ces 5 médecins ont reçu des compensations financières en tant que consultants, conférenciers et membres de comités scientifiques de la part d’au moins 23 sociétés pharmaceutiques différentes.

L’un d’entre eux est même membre d’une chaire de l’Institut Canadien de la santé de recherche en athérosclérose, directement financé par Pfizer. Pfizer est la société pharmaceutique la plus puissante et la plus riche de la planète. C’est elle qui vend le plus de statines au monde.

Plus grave encore. AstraZeneca, le sponsor de l’étude, a participé à toutes les discussions sur le design de l’étude et sur les protocoles expérimentaux. AstraZeneca a réalisé le suivi de toute l’étude et a conservé toutes les données de l’étude. Les analyses statistiques ont été également réalisées par le sponsor. AstraZeneca avait le droit de suggérer des modifications de l’article avant publication.

Deux autres études attribuent aux statines des propriétés très bénéfiques pour la santé (4, 5). Notamment, une baisse du risque d’attaque cardiaque, d’ischémie et une protection anti-inflammatoire grâce aux statines. Dans tous les cas, les études sont supportées par l’industrie pharmaceutique. Mais plus étonnant encore, les auteurs de ces études détiennent les brevets d’exploitations des traitements qu’ils testent. Dans les histoires de conflit d’intérêt, c’est tout de même un comble.

Des statines inutiles et dangereuses

Aujourd’hui très controversées, les statines ne seraient pas si efficaces que cela dans la prévention des risques cardiovasculaire. Pourtant, c’est leur unique objectif.

Une étude réalisée en 2002 sur plus de 20.000 patients pendant 5 ans a permis de mettre en évidence le rôle des statines dans les risques de morts à cause du cholestérol (6). Les statines ont permis de réduire de 1.8 % le pourcentage de personnes décédées à cause d’un accident cardiovasculaire.

Concrètement, si on traite 10 millions de personnes par des statines pendant 5 ans, pour 2 € par jour (prix moyen d’un comprimé), on sauvera la vie de 50.000 personnes. Par contre, cela coûtera près de 36 milliards d’euros pour la sécurité sociale, soit 7 millions d’euros pour chaque vie sauvé.

Une autre étude réalisée pendant 5 ans sur des diabétiques de type 2 n’a montré aucun résultat significatif dans le traitement des accidents cardiovasculaires grâce aux statines (7). C’est même tout le contraire, le risque de décès par accident cardiovasculaire a augmenté de 38 % chez les femmes !

Un rapport de la célèbre Food and Drug Administration (FDA) des Etats-Unis indique que les statines sont impliquées dans un grand nombre de problèmes de santés annexes. Notamment, la perte de la mémoire, un risque accru de faire un diabète sucré (8), des dommages musculaires, ainsi qu’au foie.

Les statines perturberaient également le système endocrinien des hommes, avec une baisse des sécrétions de testostérones. Entrainant des dysfonctionnements érectiles (impuissance), et une baisse de la libido.

En 2004, une étude prouve que les statines aggravent la maladie de Parkinson chez les patients atteints de cette maladie (9)

La mascarade continue

Les statines sont, comme vous le savez, brevetées. Les brevets ne peuvent excéder 20 ans, et les industriels sont donc condamnés de voir leur produit tomber dans le domaine public.

L’industrie pharmaceutique est en train de tester ces statines chez les enfants. Oui, vous avez bien lu, chez les enfants. La règle est simple, il faut trouver une nouvelle utilisation des statines pour rallonger le brevet d’au moins 6 mois, et continuer de piller ainsi la poule aux œufs d’or.

Le cholestérol est bien entendu aussi essentiel pour l’adulte que pour l’enfant. Sauf pour les rares cas d’hypercholestérolémie familiale (détaillée plus bas), aucun enfant ne devraient faire des prises de sang et ni même recevoir des statines.

Maintenant que vous connaissez bien les rouages de l’agrobusiness. On peut très bien s’attendre à voir cela : Point de départ, des chercheurs grassement payés par l’industrie pharmaceutique réalisent des études complètement biaisées qui prouvent les bienfaits des statines chez les jeunes enfants.

Les experts des comités gouvernementaux et officiels, en relation direct avec Big Pharma, acceptent les résultats de ces études et établissent imméditamment les nouvelles grilles de sélection des « jeunes malades ». La publicité est faite auprès des médecins, des nutritionnistes, et des parents. Les messages passent en boucle dans les médias, dans les salles d’attente… Vos enfants prennent des statines (10 ans plus tard, il y a un scandale et personne n’est inquiété).

Comment traiter son cholestérol ?

Moins d’1% de la population française est atteinte d’une hypercholestérolémie familiale. Les statines ont été inventées, au départ, pour traiter cette maladie qui peut être très grave si non traitée.

Pour toutes les autres personnes qui ont trop de cholestérol, rien ne sert de prendre des statines. Le principal facteur qui permet de contrôler son cholestérol est le mode de vie. Rien d’autre.

  1. L’alimentation
  2. L’activité physique
  3. Le tabagisme
  4. L’alcool

Toutes ces composantes: une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, pas de tabagisme et un peu d’alcool, participent au maintien d’une bonne santé physiologique et donc, un cholestérol dans les normes.

Des lectures pour aller plus loin

Dans l’idée de parfaire mes articles, je vous propose une sélection de deux livres sur le sujet, écrit par le cardiologue Michel de Lorgeril:

Deux ouvrages de référence.


Références

1. Baigent, C., A Keech, Pm Kearney, L Blackwell, G Buck, C Pollicino, A Kirby, T Sourjina, R Peto, R Collins & Simes, J. 2005. Efficacy and safety of cholesterol lowering treatment: prospective meta-analysis of data from 90 056 participants in 14 randomised trials of statins. The Lancet, 366, 1267-1278.
2. Baigent, C., A Keech, Pm Kearney, L Blackwell, G Buck, C Pollicino, A Kirby, T Sourjina, R Peto, R Collins & Simes, J. 2008. Efficacy of cholesterol-lowering therapy in 18 686 people with diabetes in 14 randomised trials of statins: a meta-analysis. The Lancet, 371, 117-125.
3. Nissen, S. E., Nicholls, S. J., Sipahi, I., Libby, P., Raichlen, J. S., Ballantyne, C. M., Davignon, J., Erbel, R., Fruchart, J. C., Tardif, J.-C., Schoenhagen, P., Crowe, T., Cain, V., Wolski, K., Goormastic, M., Tuzcu, E. M. & Asteroid Investigators, F. T. 2006. Effect of Very High-Intensity Statin Therapy on Regression of Coronary AtherosclerosisThe ASTEROID Trial. JAMA: The Journal of the American Medical Association, 295, 1556-1565.
4. Albert, M. A., Danielson, E., Rifai, N., Ridker, P. M. & For The, P. I. 2001. Effect of Statin Therapy on C-Reactive Protein LevelsThe Pravastatin Inflammation/CRP Evaluation (PRINCE): A Randomized Trial and Cohort Study. JAMA: The Journal of the American Medical Association, 286, 64-70.
5. Law, M. R., Wald, N. J. & Rudnicka, A. R. 2003. Quantifying effect of statins on low density lipoprotein cholesterol, ischaemic heart disease, and stroke: systematic review and meta-analysis. BMJ, 326, 1423.
6. Mrc/Bhf, H. P. S. C. G. 2002. Heart Protection Study of antioxidant vitamin supplementation in 20,536 high-risk individualsa randomized placebo-controlled trial. The Lancet, 360, 23-33.
7. Ginsberg, H. N., Elam, M. B., Lovato, L. C., Crouse, J. R., Leiter, L. A., Linz, P., Friedewald, W. T., Buse, J. B., Gerstein, H. C., Probstfield, J., Grimm, R. H., Ismail-Beigi, F., Bigger, J. T., Goff, D. C., Cushman, W. C., Simons-Morton, D. G. & Byington, R. P. 2010. Effects of combination lipid therapy in type 2 diabetes mellitus. The New England journal of medicine, 362, 1563-74.
8. Preiss, D., Seshasai, S. R. K., Welsh, P., Murphy, S. A., Ho, J. E., Waters, D. D., Demicco, D. A., Barter, P., Cannon, C. P., Sabatine, M. S., Braunwald, E., Kastelein, J. J. P., De Lemos, J. A., Blazing, M. A., Pedersen, T. R., Tikkanen, M. J., Sattar, N. & Ray, K. K. 2011. Risk of Incident Diabetes With Intensive-Dose Compared With Moderate-Dose Statin TherapyA Meta-analysis. JAMA: The Journal of the American Medical Association, 305, 2556-2564.
9. Lieberman, A., Lyons, K., Levine, J. & Myerburg, R. 2005. Statins, cholesterol, Co-enzyme Q10, and Parkinson’s disease. Parkinsonism & Related Disorders, 11, 81-84.
*Edit: Merci à Franck Poupi pour sa relecture de l’article, et les corrections des nombreuses coquilles (qui je l’espère, disparaîtront toutes !)

 

37 Commentaires

  1. Jérémy

    @ Axelle:

    Je redécouvre tardivement ton commentaire. Mais j’ai trop envie de réagir ! Au risque d’insiter, j’ai vraiment l’intuition que tu fera une excellente doctoresse avec un libre-arbitre à toutes épreuves ! En tout cas, tu y travailles si j’ai bien lu ton commentaire.

    Je suis d’accord avec toi, j’aimerais vivre dans un monde de « bisounours » où tout le monde veut le bien de tout le monde. Mais bon…trêve de plaisanterie, tout le monde veut se faire des c****** en or, et sur le dos des autres (pas tout le monde heureusement!) !

    Ta démarche est salutaire, et exemplaire pour les autres étudiants en médecine ! T’informer en statistique, lire des articles et te renseigner déjà sur l’indépendance des résultats et sur les conflits d’intérêts de tes professeurs eux-même est une démarche responsable et incroyablement culottée pour une jeune futur doctoresse du 21ème siècle.

    Encore une fois, keep going et n’hésite pas de partager à nouveau ton état d’esprit du moment ! A+++ djé !

    @Laure:

    On se rends bien compte des dérives possibles du traitement des maladies ! Il faut vraiment faire attention !

    (as-tu appréciée le guide sur le miel ? :) )
    A bientôt!

  2. NICOLINI

    je suis convaincu par ton analyse et ton combat
    mais je reste une peu sur ma faim : je fais partie des 1% qui ont un cholesterol dit héréditaire : mon père, moi, mes enfants : je mange sain (bio…) pas de graisse… pas de tab

  3. NICOLINI

    bonjour
    je fais partie des 1% à cholesterol héréditaire : mon père, moi, mes enfants : je mange sain (bio…) pas de tabac, du sport, peu d’alcool et je dépasse les « normes »
    je prends des statines après grande hésitation depuis 1 ans et demi (j’ai 65 ans) et me pose des questions : continuer….
    qu’en pensestu?
    bravo pour l’article
    à bientot te lire
    eric

    1. Jérémy Anso

      Bonjour Eric,

      Je ne suis absolument pas médecin, alors je ne pourrais jamais me risquer à te dire quoi faire à propos des statines.
      Cependant, tu es dans la situation légitime d’utiliser des statines. Je pense que tu prends toujours un risque de prendre des statines, l’arrêt des statines doit faire l’objet d’une longue reflexion avec l’aide de spécialistes éclairés et non influencés par les lobby.

      Je te conseille vivement de poser tes questions à l’un des médecins les plus connu sur ce sujet: michel de lorgeril

      A cet adresse: http://michel.delorgeril.info/

      J’espère que tu auras les réponses à tes questions.
      Par ailleurs, il y a une question qui persiste… D’accord tu as du cholestérol (sachant que les « normes » sont toutes relatives) mais as-tu des problèmes de santé ? Du style arrêt cardiaque, AVC ou autres qui pourraient être relié aux cholestérols ? Il est tout à fait possible que tu sois « hors norme » et pourtant en parfaite santé…

      Je te souhaite bon courage et une excellente continuation,
      merci de ton message

  4. claudisa

    Je commente à mon tour un peu tardivement cet article tout à fait lumineux Jérémy comme le sont nombre de tes posts…. La polémique de l’hypothèse lipidique, vieille de plus de 50 ans repart à plein avec le livre du Dr Even qui fait la une du Nouvel Observateur cette semaine….
    On comprend tous que lorsque ces études improbables ont été validées par le milieu médical aux USA, la population s’est détournée des gras saturés qu’elle consommait en quantité (lait crus, beurre et crème ainsi que saindoux, lard et blanc de boeuf qui a servi a faire les frites chez Mac Do au départ) pour consommer les bonnes céréales tant vantées par les tenants de la diététique saine : du sucre et encore du sucre raffiné, générateur de tryglicérides stockés en graisse de réserveK… on soupoudre tout ça de méchantes graisses végétales esthérisée pour faire des snacks sucrés, généralisation du grignotage puis rapidement de l’addiction aux sucres : obésité, problèmes cardio vasculaire généralisés illustrent tristement ce diktat nutritionniste mis en avant comme « sain » par un corps médical acheté et désinformé par les labos. voir les articles sur le site de la fondation Weston Price…. Va t on enfin prendre conscience du danger des statines ???? Certains médecins et scientifiques « réveillés » parlent même de future pandémie de maladies neuro-cérébrales (Alzheimer et démence en tête) liée au fait que les statines bloquent l’ubiquinone ou co enzime Q10, enzyme vitale pour le fonctionnement et l’énergie cellulaire : ce blocage génère des douleurs musculaires et touche principalement la sphère cardiaque…. Sans parler des dégats causés sur le foie…. C’est un des nombreux problèmes posé par cette classe de médicaments. Par ailleurs, n’oublions pas que le cerveau est fait de 60% de graisses, que toutes nos membranes cellulaires sont aussi composées d’acides gras, que la gaine de myeline qui sert de conducteur nerveux est aussi faites de gras et que toutes nos hormones stéroides (hormones sexuelles et cortisol sont issus des acides gras). Sans cholestérol, pas d’élaboration de la vitamine D et une mauvaise synthèse des vitamines liposolubles en général…. Arretons les dégâts : en paralllèle des travaux de de Lorgeril, un biochimiste ancien salarié des labos pharmaceutiques donnent des explications lumineuses sur le fonctionnement complexe des acides gras : chercherMarcel Arricks dans google. Le problème en gros avec le cholestérol, c’est qu’il n’est que la conséquence et non la cause des problèmes : il est produit par le foie quand il y a trop d’inflammation….
    Bien à vous tous, désolée d’avoir été aussi longue !

  5. Jérémy (Auteur de l'article)

    @ Claudisa:

    Merci pour ton commentaire très positif sur le blog, si mes articles sont lumineux, je dois dire que ton commentaire est incroyablement complet: il résume d’une certaine manière parfaitement bien la situation d’aujourd’hui.

    Merci pour les sources que tu mentionnes, je vais les feuilleter attentivement.
    Au plaisir de te lire prochainement.

  6. D. Fratellini
  7. sima

    merci beaucoup à vous de nous éclairer notamment sur ces enjeux de l’industrie pharmaceutique
    mais je souhaiterai toutefois savoir à part l’activité physique, comment, quels sont les aliments à privilégier dans le cas du cholesterol merci beaucoup à vous

  8. Nathalie K/BIDI

    Bonjour, je viens d’apprendre que mon mari à un taux de cholestérol plus élevé que la « normale »? Je suis au régime paléo depuis six mois, et je cuisine pour toute ma famille (qui eux ne mangent pas paléo) comment faire pour faire baisser le taux de cholestérol de mon mari. Est-ce que les conseils donnés ici sont tous bons ?

  9. Epine

    Merci pour ton article et pour ton site Jérémie.
    Juste une question : Pourquoi les gens ont-ils une confiance (obéissance) quasi religieuse envers les médecins ?
    Et pourquoi respecter (et obéire à) des médecins (la très grande majorité malheureusement) qui sont incapables de penser par eux même ? Je veux bien qu’ils n’aient pas trop le temps mais quand même au delà d’une certaine dose de connerie il faut se poser la question.
    Et d’abord a t-on vraiment besoin d’eux ? Je ne parle pas du chirurgien qui va réparer le type qui s’est viandé sur la route (ou qui a fait un infarctus :)) mais pour le reste, a t-on besoin de ces médecins et de cette médecine ? Le corps humain fonctionne bien en général et a des facultés de récupération et de guérison énormes…

    1. Grossbouff

      Facile de dire cela quand on est en bonne santé.
      Les cancéreux risquent de ne pas partager ton avis éclairé.

  10. Grossbouff

    Bonjour!

    Je me présente, je fais partie des méchants: je suis chercheur depuis 20 ans au moins, pas seulement mais aussi dans ce domaine. J’aimerais émettre plusieurs critiques, si vous le permettez:

    1) La critique est quelque chose de sain, la critique à tout vat ne l’est pas. Quand mon ordi ne fonctionne pas je ne demande pas au boucher de le réparer, je fais appel à un professionnel. Je trouve osé, allez disons-le culotté de critiquer les résultats d’une communauté internationale entière, une communauté composée de dizaines de milliers de personnes, toutes avec un bagage scientifique hors-pair. Et vous, vous arrivez avec vos gros sabots et vous jetez l’opprobre sur leur travail ? A quel titre svp ? A l’heure de l’internet tout le monde peut devenir spécialiste, il suffit de savoir lire. Le problème c’est qu’on trouve n’importe quoi sur le web et le tri, on doit pouvoir le faire en connaissance de cause. Vous avez dit connaissance ?
    2) Pouvez-vous imaginer que Big pharma puisse contrôler des milliers de chercheurs à travers le monde ? Cette idée est tellement ridicule que je n’ai même pas le cœur à rire. En tant que chercheur vous n’avez pas idée à quel point je me fous de Pfizer, Roche et consoeurs, qu’est-ce que j’en tire comme avantage ? Les chercheurs ne sont pas payés par les firmes pharmaceutiques, ils sont payés avec des crédits publiques !! Vous croyez que je touche de l’argent de big pharma pour chaque article que je publie ? Avant de dire des âneries pareilles, prenez la peine de faire les études nécessaires et de faire de la recherche, vous pourrez ensuite parler en connaissance de cause. Ce que vous dites est blessant pour moi et mes collègues.
    3) Les études cliniques sont payées par des crédits publiques, pas par big pharma. Comme nous vivons dans un monde libre, big pharma a aussi le droit de publier des articles scientifiques, mais le financement est clairement indiqué ainsi que l’affiliation des auteurs. Croyez-moi si vous le voulez, mais quand je lis un papier écrit par big pharma je m’en rends compte et j’en tiens compte pour l’analyser.
    4) La normalité dans les paramètres cliniques est un sujet difficile. Ne croyez pas que le corps médical l’ignore. Mais si on veut soigner tous les gens sur un même pied d’égalité, il faut un consensus général. Vous avez mieux ? Si on ne décide pas d’un seuil commun, c’est la foire : toute décision est arbitraire. La normalité n’est pas décidée par big pharma, elle fait l’objet de discussions intenses lors de rencontres (conférences) entre les meilleurs scientifiques de la discipline et est régulièrement remise en question. Vous avez mieux ? Que ces scientifiques soient tous à la solde de big pharma, vous tirez ça d’où ? Vous les avez rencontrés, vous leur avez parlé ou vous avez lu cela sur internet ?
    5) Le cholestérol serait nécessaire pour le bon fonctionnement du corps. Sans blague, vous croyez vraiment que les scientifiques l’ignorent ? Les statines auraient des effets secondaires, sans blague vous croyez vraiment que les scientifiques l’ignorent ? La décision de mettre un médicament sur le marché n’est pas prise à la légère. C’est un procédé extrêmement long, coûteux et complexe. Certes nous sommes tous humains c’est-à-dire imparfaits mais en gros ça ne fonctionne pas trop mal. On ne met pas sur le marché des médicaments parfaits, on regarde les avantages et les inconvénients. Si on sauve plus de personnes qu’on en rend malade (pas 49/51% hein !), alors on a tendance à vouloir l’utiliser. Ça ne veut pas dire que personne n’en souffrira, les médecins et les chercheurs en sont bien conscients mais on n’a pas encore trouvé de baguette magique pour guérir 100% des patients. Vous bien ? Vous pensez qu’en changeant leur mode de vie, vous parviendrez à guérir 100% des patients ?
    6) A propos de patients, c’est bien beau de proposer de changer de mode de vie pour être en meilleur santé. Vous avez raison ! Mais l’homme est faible et le médecin est réaliste : les patients prennent plus facilement une pilule qu’ils ne changent de mode de vie. Une anecdote : je vois un gars qui respire de l’oxygène à la bouteille chez mon médecin. Il sort du cabinet et la première chose qu’il fait : allumer une cigarette ! Allez, mettez-vous 2 secondes dans la peau du médecin, soyez courageux : que faites-vous ? Franchement ? Vous allez leur proposer d’arrêter de fumer ou vous essayez de limiter les dégâts avec des médocs ? Vous êtes certainement capables de changer votre mode de vie, c’est bien, mais tout le monde n’a pas votre force de caractère. Je devrais dire : peu ont votre force de caractère. Sinon plus personne ne fumerait.
    7) Ce qui mine la sécurité sociale, ce n’est pas big pharma ou le corps médical, ce sont les patients. Oups j’ai lâché le mot, c’est tabou, on ne peut pas montrer les gens du doigt. Et pourtant c’est la vérité. Si les gens arrêtaient de bouffer des saloperies, de fumer et commençaient à bouger leur popotin, les médecins ne devraient plus donner de médocs ou en tout cas beaucoup moins. Le diabète galopant, c’est à cause de big pharma ? C’est la faute au corps médical ? NON. C’est la faute à un mode de vie moderne qui ne pense qu’au plaisir immédiat. OUI vous avez raison, il faut changer son mode de vie. Mais on ne le fait pas et il faut bien soigner.
    8) Quand on étudie l’efficacité d’un traitement, on ne regarde pas que son efficacité biologique, on prend aussi en compte le fait que le traitement soit facilement accepté par le patient. Et c’est comme ça qu’on finit avec la pilule à prendre chaque jour au petit déjeuner ! C’est pas pour bourrer les poches de big pharma, c’est parce que si on ne le fait pas, les gens ne prennent pas leur traitement.
    9) Big pharma DOIT être riche pour continuer à sortir de nouveaux traitements. La recherche contre le cancer coûte extrêmement cher donc sans argent plus de nouveaux traitements. Le jour où vous serez atteint du cancer (ce que je ne vous souhaite pas, mais il faut être réaliste : 1/3 de la population en souffre un jour ou l’autre), vous serez content que big pharma soit si riche. Je vous le promets !
    10) Ma réponse risque de ne pas vous plaire. Elle est parfois à la limite de la courtoisie, je l’admets. Ne le prenez pas personnellement, je lutte simplement pour l’honneur de ma profession. J’espère que je n’ai pas perdu mon temps et que vous publierez ma petite prose. Sinon, je suis ouvert à toute discussion en privé.

    1. Jérémy Anso (Auteur de l'article)

      Salut M. Grossbouff !

      Voici ma 1ère réponse:

      http://www.dur-a-avaler.com/polemique-cholesterol-statines-langue-pauvre-ignorant/

      Les autres réponses suivront !

      A bientôt.

  11. Amélie

    Bonjour,

    Je viens d’apprendre que l’on pouvait avoir un cholestérol trop faible…
    De quoi s’agit-il ? A quoi c’est du ? Et quels sons les effets ? Si vous (Jérémy ou d’autres..) connaissez un peu le sujet…
    Ça m’intéresse.
    Merci

    Amélie

  12. Amélie

    Précision : la personne concernée par ma question a un régime alimentaire tout à fait traditionnel, ni végétarien, ni paléo, mange beaucoup de fromage.. D’où mon questionnement….

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