Les 10 Commandements de la Vache Laitière selon un médecin nutritionniste

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L’histoire d’une rencontre unique

Je vais vous conter une histoire franchement drôle qui a débuté avant même que je n’ouvre ce blog, au moment où j’étais très actif sur le net. A cette époque, en mai 2012, j’étais présent sur de nombreux forums et j’emmagasinais un maximum d’informations sur la nutrition. C’est là que j’ai découvert le site du médecin nutritionniste M. Gilles Demarque.

Le site s’appelle Nutritionnel.com et offre des informations sur de nombreux aliments, sur les régimes et même sur le propre régime du Dr Demarque. Effectivement, le docteur propose un régime de son cru supporté par un système de coaching en ligne très à la mode en ce moment.

La partie marketing ne nous intéresse pas, mais plutôt la partie « aliments et santé », dans laquelle se trouve une perle de nutrition écrite par notre médecin, et nutritionniste en plus !

Cet article sous forme de questions – réponses s’intéresse à la place des produits laitiers dans notre alimentation, et j’ai eu l’occasion d’échanger personnellement avec M. Demarque au sujet de cet article. Je l’avais même prévenu que je risquais « de lui faire une très mauvaise publicité » qui « impacterais fortement son site ». Il n’a pas peur le petit ! Autant vous dire que l’échange a tourné court, il fallait que je trouve «  un autre défouloir » et que j’arrête « d’’importuner » Mr. Demarque, selon ses mots.

Mais que dit le docteur Demarque pour m’avoir fait autant réagir ?

Les 10 commandements du Dr Demarque

L’avis de Mr. Demarque sur les produits laitiers est assez tranché, son argumentation est claire et lactée. Est-ce que des références scientifiques sont utilisées par le docteur ? Non. Le docteur a utilisé la table de composition des aliments SU.VI.MAX (édition ECONOMICA), le site de l’ANSES et celui de manger-bouger.fr (vous remarquerez en même temps que moi la ô combien puissance et pertinence des sources).

  1. Les produits laitiers contribuent à l’apport nécessaire journalier fixé par l’ANSES
  2. Il est impossible de couvrir ses besoins en calcium avec une alimentation naturelle
  3. Il est impossible de se passer des produits laitiers au quotidien
  4. Il n’est absolument pas dangereux de consommer trop de produits laitiers
  5. Les produits laitiers sont les plus riches en calcium
  6. Les produits laitiers sont attaqués sans preuves scientifiques
  7. Les produits laitiers ne contiennent pas plus d’additifs que les autres aliments
  8. Il faut manger 4 produits laitiers par jour
  9. Les français n’ont pas conscience du manque de produits laitiers
  10. Vous êtes ce que vous mangez

On ne va pas s’arrêter là, j’ai quelques commentaires sur ces 10 commandements… de la vache laitière en personne !

La vérité sur les 10 commandements

Voyons maintenant ces 10 points, ensemble et pas à pas.

1. Les mauvaises recommandations de l’ANSES

L’ANSES recommande 900 mg de calcium (Ca) par jour pour un jeune adulte jusqu’à la ménopause pour les femmes et l’andropause pour les hommes, après les recommandations augmentent !

Hélas pour le docteur Demarque, l’OMS en personne a calculé les apports journaliers recommandés (AJR) d’un jeune adulte qui s’alimente correctement. S’alimenter correctement signifie manger généreusement des légumes, des fruits, avec peu de viandes et de poissons. C’est également limiter les boissons gazeuses, les sirops sucrés et au maximum les produits industriels (beaucoup de bon sens au final).

Donc au final, l’OMS faisait état de 450 à 500 mg de Ca par jour pour un jeune adulte, et non pas 900 comme l’ANSES le conçoit, c’est pratiquement 2 fois moins. Je vous rappelle que les experts en nutrition humaine de l’ANSES ont à plus de 80% des conflits d’intérêts avec l’industrie laitière.

2. Alimentation naturelle et Calcium

Une alimentation naturelle, c’est-à-dire à base de fruits, de légumes, d’un peu de viande, de poisson, de légumineuses, de noix, de graines, d’œufs, ne pourrait pas combler nos besoins en calcium ? Le Dr estime que nos ancêtres du paléolithique (ils ont bon dos ces Hommes des cavernes !), qui ont évolué sur Terre pendant des millions d’années sans une seule goutte de lait, sans une seule cuillère de yaourt et un seul morceau de fromage, avaient du avoir une chance inouïe de grandir, marcher, courir et vivre en parfaite santé.

Je n’ai nul besoin de citer les innombrables sources de calcium autres que les produits laitiers (eaux minérales calciques, sardines, légumes verts, crucifères, amandes, graines germées et les algues) car l’argument évolutif, ou historique fait foi dans le domaine.

Thierry Souccar, dans son ouvrage « Lait, mensonge et propagande » délivre de judicieux conseils pour ceux et celles qui souhaitent vivre sans produits laitiers industriels. Taty, du livre « Qui a peur du grand méchant lait ? », conseille tous les lecteurs qui choisissent un mode de vie sans lait, yaourt ou fromage mais avec du calcium, en quantité suffisante.

3. Les produits laitiers au quotidien, une addiction ?

Selon le Dr Demarque, il serait impossible de se passer des produits laitiers. La transition vers l’arrêt des produits laitiers, à condition qu’elle soit bien menée, est plutôt aisée et parfaitement réalisable.

Certaines personnes sautent ce grand pas du jour au lendemain, en veillant à suivre une alimentation équilibrée, tandis que d’autres choisissent des aliments plus nobles comme du lait cru par exemple.

4. Les dangers d’une surconsommation de produits laitiers

Pour le docteur Demarque, les seuls risques de consommer trop de produits laitiers sont la diarrhée et l’obésité (si les laitages sont pris en excès en dehors des repas lors de grignotage).

Pourtant, deux études ont prouvé qu’à travers la consommation de produits laitiers, des quantités élevées de graisses saturées et trans seraient responsables de diabète et d’obésité chez l’enfant. Chez les nourrissons à risques, une consommation précoce de lait de vache augmente les risques de développer un diabète de type 1, une maladie auto-immune.

Malheureusement, les pays qui affichent les plus fortes consommations de produits laitiers (cf la Suède), affichent également les taux de fractures les plus forts de la planète. Le manque de vitamine D n’est ici nullement responsable de cette observation, car nos amis australiens qui peuplent des contrées ensoleillées souffrent des mêmes maladies.

L’intolérance au lactose n’est pas un mythe, dès lors que les ¾ de la population mondiale n’ont plus les capacités de digérer le lactose, à cause d’une enzyme (la lactase) manquante. Logiquement, il convient de parler des nombreux cas d’otites, rhinites, eczémas, et allergies indéniablement liées à la consommation (excessive ou non) des produits laitiers (surtout du lait de vache industriel).

5. Le lait et le fromage sont les plus riches en calcium

Ce 5ème commandement n’est pas faux. Le lait et certains fromages sont effectivement les sources les plus riches en calcium, mais est-il pour autant assimilable ? Le calcium contenu dans le lait pasteurisé et upérisé est faiblement assimilable par l’organisme, à hauteur de 30 %. Alors que les légumes et autres sources de calcium hors laitages contiennent moins de calcium, mais celui-ci est largement biodisponible, jusqu’à 65% pour certains aliments.

Il convient donc de prendre en compte la biodisponibilité du calcium d’un aliment pour raisonner en terme de source de calcium. Or, les produits laitiers sont loin d’être en tête du classement.

6. Les produits laitiers harcelés sans fondement ?

Selon le Dr, aucune preuve scientifique n’atteste des dangers d’une surconsommation de produits laitiers. Mr. Demarque balaye d’une phrase les centaines et centaines de publications scientifiques qui prouvent chaque jour les risques encourus à cause de cette surconsommation.

Pour plus de preuves scientifiques, référez-vous à ces deux articles généralistes sur les produit laitiers, également cet article sur les yaourts, et celui-ci sur la perte de poids.

7. Les produits les moins transformés

Les produits laitiers ne contiendraient pas plus d’additifs que les autres aliments. Soit, mais que peut encore contenir du lait pasteurisé et upérisé, si ce n’est un liquide blanc « mort » ? Un liquide enrichi d’hormone de croissance, enrichi de tous les contaminants que l’on retrouve dans la nourriture des vaches laitières, un liquide allergisant ? Des réponses ?

8. Il faut manger 4 produits laitiers par jour

A l’image des « 5 fruits et légumes par jour », M. Demarque pense qu’il faut absolument respecter le critère des « 4 portions » sinon les carences en calcium arriveront telle l’épée Damoclès sur chacun d’entre nous.

Au lieu de croire ces mensonges, relisez les points précédents sur la biodisponibilité du calcium et sur les sources de calcium autres que des produits laitiers.

9. La consommation de produits laitiers n’est pas prise au sérieux

Les français n’auraient pas conscience que 2 produits laitiers par jour est insuffisant ? Même 3 ? Les français ne regardent-ils pas la télévision ? Ne vont-ils pas faire leurs courses dans les grandes surfaces, gavées d’espaces publicitaires ?

Lorsque l’on sait que l’industrie laitière investi 1/3 de ces recettes dans les campagnes de publicité afin de valoriser la surconsommation de produits laitiers, peut-on réellement croire que nous n’en avons pas conscience ?

Je pense sincèrement que les français n’ont pas conscience du biberon de lait industriel mis de force dans leurs bouches.

10. Vous êtes ce que vous mangez

Le Dr est-il en train de se tromper d’espèce ? Sommes-nous en train de parler d’Hommes ou de ruminants ? Sommes-nous en train de parler de l’espèce humaine qui n’a nul besoin de lait après sevrage, ou d’un jeune veau fraîchement mis au monde qui aura besoin d’un lait adapté et en quantité suffisante ?

Les conseils du docteur frisent le sensationnel, le mythique à l’image de ces commandements divins. Bravo.

Conclusion

M. Demarque, le temps fut long avant que je n’écrive enfin cet article, comme je vous l’avais promis. N’y voyez aucune agression, aucune haine et aucun propos insultant. Ce n’est que le résultat de l’insolence de la jeunesse, et comme nous ne pouvions plus avoir de conversation par mail, je n’ai d’autre choix que d’utiliser ce blog.

Je tiens à préciser que tous les laits ne doivent pas être mis dans le même panier. Je fais bien la guerre au lait industriel privé, et formaté à l’extrême par la même industrie dont le docteur Demarque encense de bienfaits (voir son interview sur youtube).

Bientôt, un prochain article complet sur les bienfaits du lait cru. Une révolution pour le blog.

37 Commentaires

  1. Thomas

    Le problème est que vous lisez de travers ma chère Janine, l’article n’est pas contre le lait,même le fameux Thierry Souccar (le gars qui vend énormément de bouquins sur les régimes et les compléments alimentaires, un lien non non pas de lien, allez zouhh filez) le dit :

    « Entendons nous bien. Je dis oui au yaourt, au fromage, au bol de lait qui agrémente le repas. (…) Et je ne crois pas qu’il y ait le moindre danger à consommer un laitage par jour, si on peut le digérer.»

    Si vous ne tolérez pas le lait, passez à autre chose…je ne mange pas de banane, ça me fout l’estomac en vrac mais je ne pars pas en guerre contre elles.

    Mettre en exergue les contradictions de l’industrie laitière n’est en rien une preuve, c’est juste jouer avec les peurs des individus, ohlalalal les OGM, la vache folle…mon voisin mange bio, roule en vélo mais fume comme un pompier et bouffe sa saloperie huile de colza et d’olive à tout les repas.

    La thèse du complot dans nos assiettes est fatigante. Réfléchir aux doses.

    PS : Quand je parlais de régime, je parle au sens perte de poids, genre les trucs dans las magazines….

  2. janine benoit

    Ok,ok je suis débile et vous êtes un grand scientifique.
    Si le fait qu’une personne n’a plus d’asthme ou d’eczéma après la suppression des laitages, n’est pas une preuve je me demande où on va la trouver cette preuve!
    Heureusement que l’on ne brûle plus les sorcières, avec vous je n’avais aucune chance!!
    Et pourtant elle est ronde… la terre.

  3. Thomas

    Regardez du coté de Jésus ou Yahvé…(pas sur que l’analogie soit comprise mais je tente)

    Une différence entre être débile et avoir des propos débiles, mais vous voulez jouer la carte du sentimentalisme pour ralier les ptits esprits, une pauvre victime. Faites un effort de ne pas lire diagonalement.

    Avec des gens comme vous, on serait encore entrain de faire des saignées pour éradiquer le malin.

    Jamais eu d’czéma ou d’asthme, vous êtes en mauvaise santé, surement le soleil cuisant qui ramolit l’esprit et le corps :)

  4. Thomas

    Apres 2 ou 3 clics, je viens de voir que vous êtes une de ces gourous de la bouffe donc je m’abstiendrai de continuer à alimenter votre religion.

    Dans 10 ans, on en reparlera avec votre médecine naturelle :) La rigolade.

  5. Olivier Ramirez

    Il y a également régime pour perte de poids et régime pour perte de poids, cependant j’entends bien régime alimentaire dans le sens, choix alimentaire et pas forcément privation et restriction.

  6. janine benoit

    Tout à fait d’accord avec vous Olivier ; les choix alimentaires sont ce qu’il y a de plus important dans tous les domaines de la santé. Le régime alimentaire de Mme Anso me parait bien équilibré et la consommation de beaucoup de légumes et de fruits crus me parait essentielle; ce conseil se retrouve dans le régime Paléo qui, à moi, me convient parfaitement.

  7. janine benoit

    Pour Thomas…
    Je ne sais pas d’où vous sortez que je suis un gourou de la bouffe!
    Pour votre info : Jésus est le fils de Yahvé; et je ne vois pas l’analogie i
    Le malin je connais pas vu que je suis athée et les saignées c’est exactement le contraire de ma médecine.
    Je suis en parfaite santé, merci; je ne parlais pas de moi en ce qui concerne l’asthme ou l’eczéma.
    Vous avez raison l; Brisons là et je vous laisse à vos convictions et à vos médicaments…
    Dans ma famille , je vous l’ai dit, on est centenaire ; donc vive l’huile d’olive et le soleil et surtout la rigolade…

  8. Emma

    Bonjour à tous, et à Jérémy en particulier.

    Tout d’abord, je tiens à dire que j’apprécie les articles que je peux lire sur ce blog. Ils sont intéressants et ne ferment pas la porte au débat.

    En tant qu’ingénieure en biotechnologies dans le domaine de l’agro-alimentaire et particulièrement des produits laitiers, j’ai eu envie d’apporter un peu de ce que je sais sur la digestion du lait. Et uniquement sur ce point. Je ne me risquerai pas à parler de l’influence du gouvernement pour nous faire consommer toujours plus de produits laitiers, je pense que je ne serais pas crédible vu mon métier ^^ Mais je peux dire, puisque c’est ce sur quoi je travaille en ce moment, que les industriels font tout pour rendre le lait digeste et continuer à le faire ainsi consommer au plus grand nombre (Jackpot).

    Je pense qu’il y a 4 choses à savoir avant d’entrer dans le débat de la consommation du lait :

    1. Le principal composant du lait est un sucre : le lactose. Ce sucre, pour pouvoir être assimilé par l’organisme, doit être coupé par une enzyme, la lactase ou bêta-galactosidase, pour pouvoir libérer les deux sucres plus petits qui le composent : le glucose et le galactose.

    2. Comme Jérémy l’a déjà dit dans plusieurs de ses articles, l’Homme, comme tous les mammifères, a vécu des millions d’années sans consommer un autre lait que le sien, jusqu’au sevrage. Cela ne fait que quelques milliers d’années que l’Homme consomme le lait des animaux qu’il a domestiqué à l’âge adulte.

    3. Le sevrage est un phénomène naturel durant lequel le gène responsable de la production de lactase s’inactive. Ceci conduit donc à un arrêt (plus ou moins complet et bien souvent progressif) de la sécrétion de cette enzyme dans l’intestin. L’inactivation progressive du gène commence donc au sevrage et se poursuit tout au long de la vie, entraînant une augmentation de la difficulté à la digestion du lait et ses produits dérivés au cours des années. Au risque de me répéter, c’est un phénomène naturel qui touche tous les mammifères.

    A ce stade et avec ces informations, on est en droit de se demander clairement pourquoi on s’obstine à continuer à consommer du lactose. Ce à quoi je répond par mon 4ème point.

    4. Ce point s’appuie sur un article d’une revue scientifique que j’ai récemment lu dans le cadre de ma profession, je ne l’ai pas sous la main mais je pourrai retrouver la référence pour les plus sceptiques. Ce n’est pas mon avis personnel, et je devrais parler au conditionnel pour ce que je m’apprête à écrire mais je suis sûre que mes doigts vont fourcher donc je m’excuse par avance.
    Les premiers hommes à avoir consommé le lait d’animaux domestiqués après sevrage vivaient vraisemblablement en Europe du nord. La consommation de ce lait leur aurait été bienfaisante (et c’est, d’après moi, facilement envisageable étant donné la richesse du produit qui contient à lui seul protéines, glucides et lipides permettant normalement le développement rapide d’un nouveau-né), les rendant plus résistants et donc plus aptes à se reproduire. Cet avantage sélectif aurait donc naturellement permis aux Hommes consommant du lait à l’âge adulte d’avoir une progéniture plus nombreuse, plus robuste et elle-même plus apte à se reproduire que ceux qui n’en consommaient pas. Cet « avantage sélectif » n’est rien d’autre qu’un énième coup de l’Evolution qui a façonné les êtres vivants pour les rendre tels que nous les connaissons aujourd’hui : une mutation génétique. Elle touche un gène voisin à celui qui code pour la lactase et entraîne (attention c’est tordu) une inactivation de l’inactivation du gène (je vous avais prévenu). En d’autres termes un peu plus clairs : une mutation génétique a rompu le phénomène de sevrage, permettant aux adultes mutants (terme purement scientifique, n’y voyez pas un Alien) de produire la lactase en quantités suffisantes pour continuer à digérer le lactose et donc consommer du lait à l’âge adulte.

    Cette mutation, comme tout caractère génétique, s’est répandue de manière héréditaire. Et étant donné que les déplacements d’un bout à l’autre du monde étaient quand même assez limités à l’époque, ceci expliquerait pourquoi les adultes des populations nord-européennes (scandinaves) ne sont que 2% selon les pays à présenter une intolérance au lactose, contre presque 100% des adultes asiatiques, qui, eux, n’auraient pas consommé de lait à l’âge adulte, il y a de ça 10 000 ans, et n’auraient donc pas cette mutation.

    Voilà pour les explications, je n’entre pas dans le débat de savoir si les mutations apportées par une « modernisation » du mode de vie sont moins bonnes que celles acquises précédemment dans l’Evolution, je n’ai aucun argument pour ou contre, ni même d’avis. Je m’accorde avec pas mal des internautes que j’ai pu lire sous différents articles de ce blog pour dire que l’Homme s’adapte à son environnement. Pour le pire et le meilleur.

    En conclusion de ce (vraiment trop) long commentaire, il est normal que certaines personnes (Janine, je suis du Sud, vive l’huile d’olive) ne puissent pas boire un verre de lait sans être malades, que d’autres le tolèrent en quantité faible, et que d’autres, comme les scandinaves, en boivent un (ou deux) grand(s) verre(s) tous les midis à la cantine (sisi, j’y suis actuellement, je vous jure oO). Quant à savoir si cette consommation est bonne ou pas, on en revient toujours au même point, elle l’a apparemment été il y a 10 000 ans mais peut-on vraiment comparer la qualité et la quantité du produit ingéré avec celles d’aujourd’hui ? La majorité des Hommes adultes n’a pas bénéficié de cette mutation, ne digère pas le lait et continue pourtant de peupler la plus grande partie de la Planète et de se reproduire. En tant que scientifique, je finirai en disant qu’on ne peut pas déterminer si un caractère (la tolérance/intolérance au lactose) est meilleur qu’un autre si les modes de vie, environnements et antécédents ne sont pas strictement identiques.

    Merci à ceux qui m’auront lue jusqu’au bout, et merci à Jérémy pour cet article.

    1. Sylvain

      Merci Emma pour ton commentaire d’une clarté et d’une limpidité, si j’ose dire, foudroyante.

  9. Emma

    Erratum : quand je dis « l’Homme, comme tous les mammifères, a vécu des millions d’années sans consommer un autre lait que le sien, jusqu’au sevrage. » je voulais dire le genre Homo, parce que l’Homme tel qu’on le connaît (Homo Sapiens) il a 200 000 ans ^^

  10. Olivier Ramirez

    My point Here, l’eau est le principal constituant du lait :D. Même si ce n’est pas le principal constituant faisant, que le lait est bel et bien autre chose que de l’eau hehe.

    Enfin, après avoir bien joué là dessus, un autre constituant du lait qui peut poser problème est la caséine et l’albumine en quantité moindre, comme la plupart des protéines, lorsqu’il y a perméabilité intestinale. Et des peptides ont probablement la capacité de passer au travers de cette barrière intestinale chez la plupart des gens qui ont une alimentation moderne.

    L’homme est sensé pouvoir gérer la caséine si il n’y a pas de perméabilité intestinale, vu que le lait de la mère en contient aussi, maintenant est elle exactement similaire à la caséine « humaine », i don’t know…

  11. Thomas

    Merci Emma pour ton retour, ça coïncide avec ma vision, l’homme et son incroyable capacité d’adaptation.

  12. Emma

    Contente de voir que mon post longissime a été lu :)

    Je continue mes recherches sur l’intolérance au lactose dans le cadre de mon étude et je viens de trouver un article éclairant ce que j’ai dit plus haut, du coup j’ai eu envie de partager avec vous.
    Il semblerait que la mutation génétique ne soit pas apparue parce que des hommes se sont mis à consommer du lait. Il semble plutôt, qu’elle ait été présente chez certains individus, un peu partout sur la planète, et ce, de manière aléatoire. Dans les régions où les populations avaient accès à la traite, ceux qui digéraient le lait présentaient donc un avantage sélectif dont j’ai parlé plus haut, ce qui a permis à la mutation de se répandre parmi la descendance. Dans les régions où la traite n’était pas connue, cette mutation ne présentait pas un avantage (elle ne servait à rien) et donc ceux qui en étaient porteurs ne se seraient pas plus reproduits que les autres. Ce qui expliquerait les différences de pourcentage de tolérance au lactose un peu partout sur la planète.

    Voici le lien de cet article (en anglais), il explique notamment comment l’Homme se serait mis à consommer du lait : http://rd.springer.com/article/10.1007%2FBF02235991?LI=true#

  13. Jérémy (Post author)

    @ Emma:

    Je redécouvre tes commentaires dont je devais apporter une réponse il y a fort longtemps ! Merci pour ton éclairage réellement bienveillant sur cette question des produits laitiers.

    Tu as parfaitement raison de mettre en avant la qualité du produit. Je pense qu’effectivement, le lait cru que buvait nos ancêtres n’a probablement rien à voir avec le lait upérisé et stérilisé de nos contrés actuelles.

    En fait, cette consommation de produits laitiers ne seraient pas vraiment un problème si d’une part le produit était toujours de qualité et si d’autre part, les particularités physiologiques de chaque individu étaient prises en compte, et je pense notamment au cas d’intolérance au lactose qui touche principalement les personnes du sud que les personnes du nord.

    Ce qui est impossible mais qui serait l’idéal serait des recommandations générales en fonction des capacités physiologiques (impossible à mettre oeuvre) en essayant de conserver un produit de qualité, de préférence cru.

    Autant se le dire que tout est raté: toute la population devrait boire du lait de vache, du lait qui n’est pas du tout de la même qualité que celui bu jadis.

    Merci encore pour tes messages emma, et à bientôt !

  14. Chamallow

    Bonjour,

    Tout d’abord, merci pour cet article que j’ai parcouru avec beaucoup d’intérêt.
    Si je n’ai strictement rien à redire sur le fond, un petit point a tout de même soulevé mon attention, un petit raccourci un peu trop rapide…

    « Le Dr est-il en train de se tromper d’espèce ? Sommes-nous en train de parler d’Hommes ou de ruminants ? »

    Le lait permet d’alimenter le veau jusqu’au sevrage, c’est à dire jusqu’à ce que l’animal puisse passer à une alimentation solide et à base de fourrages (quand je dis fourrages, l’herbe en fait partie, je ne pense pas qu’aux ensilages).
    Il permet donc d’alimenter un FUTUR ruminant…car le veau, lui, est un monogastrique, c’est à dire que, comme nous autres humains, comme un cheval, comme un chien, il ne dispose que d’un estomac actif. Cet estomac, c’est la partie qu’on appellera ensuite « caillette » chez la vache adulte, qui se caractérise entre autres par un pH faible et qui est très proche de notre estomac de monogastriques.

    Le rumen, lui (c’est à dire le premier estomac, la « panse », qui fait environ 200L chez une vache adulte et est le siège de la rumination), se développe progressivement, tout comme le reticulum et l’omentum, les deux « estomacs » qui suivent le rumen et permettent de contrôler le passage des aliments du rumen vers la caillette.

    En bref, le veau sevré est un ruminant. Mais le veau à la naissance, alimenté par le lait, n’est pas un ruminant, c’est un monogastrique qui va devenir ruminant par la suite. En d’autres termes, quand les veaux deviennent des ruminants, ils arrêtent le lait. Donc, le lait n’a jamais servi à nourrir un « ruminant », mais plutôt un futur ruminant =)

    C’est un petit détail, certes, mais tout de même.

    Cordialement

    1. Jérémy Anso (Post author)

      Salut Chamallow !

      Merci pour ce détail que j’ignorais totalement ! Je me trompe effectivement dans l’article, c’est un détail comme tu le rappelles justement, mais très intéressant.

      Merci à toi d’avoir pris le temps d’expliquer ces mécanismes biologiques. Au plaisir de te lire.

Les commentaires sont fermes.