Les plus grands mensonges sur les produits laitiers (1/2)

Partie 1 / 2

  1. Vous avez des doutes sur les bienfaits du lait de vache ? Ils sont fondés.
  2. Consommer 3 à 4 laitages par jour ne prévient pas l’ostéoporose, c’est tout le contraire !
  3. Vous augmentez vos risques de développer une large gamme de cancers.
  4. Les nourrissons se développent parfaitement sans préparations au lait de vache.
  5. Idem pour les enfants et les adolescents !

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Quand les Hautes Autorités Sanitaires parlent

Nous connaissons tous les recommandations des autorités sanitaires qui nous invitent fortement à faire du sport régulièrement (« pour votre santé pratiquez une activité physique régulière »), à manger certains types d’aliments avec des quantités précises (« Manger 5 fruits et légumes par jour »).

Il existe une recommandation qui conseille de consommer entre 3 et 4 laitages (laits, yaourts, fromages, etc.) par jour pour conserver une bonne santé osseuse et bien plus encore…

  • Mais qu’en est-il vraiment ?

Les polémiques font rage sur le sujet et l’on entend le plus souvent les anti-laitages scander :

On ne donne pas à boire le lait d’une espèce X (en l’occurrence les vaches) à une espèce Y (les hommes).

Dans le règne animal – excepté l’humain – les adultes ne consomment pas de lait, pourquoi en consommerions-nous encore à l’âge adulte ? 

Ces questions sont pertinentes et révèlent à quel point les populations civilisées sont embrouillées et complètement perdues faces aux questions des laitages.

D’une part, les recommandations gouvernementales, les médecins, les nutritionnistes et autres professionnels de la santé conseillent de consommer 3 à 4 laitages par jour.

Et d’autre part, les études scientifiques indépendantes dénoncent une surconsommation des laitages avec des effets nocifs sur la santé, et au mieux aucun bénéfice particulier.

Je vous propose de lire les résultats des méta-analyses scientifiques qui traitent des liens entre consommation de laitage et santé des populations.

Les réponses s’organisent sous deux formes

  1. Les résultats des études scientifiques financées (intégralement ou en partie) par l’industrie laitière avec des auteurs justifiant des relations anciennes et régulières avec cette même industrie laitière.
  2. Les résultats des études scientifiques financées par des programmes de recherche indépendants et des auteurs qui ne justifient d’aucune relation avec l’industrie laitière.

Pourquoi est-ce important de séparer ces deux types d’études ? La question du financement est cruciale dans les conclusions des recherches. Un programme financé par l’industrie augmente de 4 à 8 fois les chances d’obtenir une conclusion favorable pour le sponsor du programme. C’est un biais majeur qui peut fortement fausser les résultats (1).

Dans cet article, le Dr Vidailhet et des médecins du comité de nutrition de la société française de pédiatrie défendent la place essentielle des laitages dans l’alimentation actuelle.

Un bébé élevé sans lait est-il condamné ?

Vidailhet et al. (= collaborateurs) déclarent que des enfants en bas-âge et des nourrissons nourris avec des laits végétaux à la place de préparations à base de lait de vache (ou de lait animal) mettent gravement en danger leur santé, et subissent des problèmes de malnutrition.

Cette déclaration se base sur 3 cas de malnutrition de nourrissons américains qui étaient nourris avec des laits végétaux achetés en supermarché dans les rayons  diététiques » (2).

Mais ces produits, non adaptés pour les nourrissons, sont aussi dangereux pour leur santé que le sont les laits animaux vendu classiquement dans les rayons « lait » des supermarchés.

Des études scientifiques ont suivi plus de 25 millions de bébés américains nourris avec des préparations à base de soja à la place de préparations au lait de vache.  Aucun d’entre eux n’a eu de problème de croissance et de malnutrition.

Les nourrissons peuvent donc se développer parfaitement en consommant des préparations à base de soja conçues spécifiquement selon les besoins pédiatriques (3).

« Gervais, le petit pot des os costauds ! »

Les défenseurs des produits laitiers affirment que l’exclusion de produits laitiers chez l’enfant plus âgé et chez l’adolescent est dangereuse pour la santé osseuse car elle augmente le risque de fractures. Ces résultats se basent sur six études scientifiques qui sont toutes sans exception financées par l’industrie laitière (4-9).

De plus, les protocoles expérimentaux présentent des limitations majeures admises par les auteurs. Egalement, plusieurs auteurs ont des liens directs et réguliers avec l’industrie laitière.

Quatre analyses qualitatives indépendantes ont étudié les relations entre la consommation de calcium (lait et laitages) et la santé osseuse chez l’enfant et l’adolescent. Deux méta-analyses (2005 et 2006) ont montré que les taux de fractures et la densité minérale osseuse n’étaient pas corrélés avec une forte prise de calcium alimentaire (10, 11).

De plus, deux études déclarent qu’il est impossible de conclure que les gains osseux attribués à une forte consommation de produits laitiers protègent contre l’ostéoporose à l’âge adulte (12, 13).

Autrement dit, la consommation accrue de produits laitiers – même si elle peut entrainer un léger gain de masse osseuse – ne protège ni contre l’ostéoporose à l’âge adulte, ni contre les factures, et n’augmente pas la densité minérale osseuse.

En conclusion

Il nous est impossible d’affirmer que la consommation de produits laitiers chez l’enfant et l’adolescent est bénéfique à la santé osseuse (densité minérale et fracture) ni que l’arrêt d’en consommer est dangereux pour la santé.

Et vous alors, est-ce que l’on vous a dit quand vous étiez petit de boire du lait pour avoir des os solides ? Vous y croyez toujours ? Rendez-vous dans la partie 2 de cet article pour des informations essentielles ! 

PS: A propos des 5 fruits et légumes par jour, je vous encourage à lire mon article sur le sujet. 

Références

  1. Lesser, L. I., Ebbeling, C. B., Goozner, M., Wypij, D. & Ludwig, D. S. 2007. Relationship between Funding Source and Conclusion among Nutrition-Related Scientific Articles. PLoS Med, 4, e5.
  2. Carvalho NF, Kenney RD, Carrington PH, et al. Severe nutritional deficiencies in toddlers resulting from health food milk alternatives. Pediatrics 2001;107:E46
  3. Setchell K. Assessing Risks and Benefits of Genistein and Soy. Environ Health Perspect. 2006 June; 114(6): A332–A333
  4. Goulding A, Rockell JE, Black RE, et al. Children who avoid drinking cow’s milk are at increased risk for prepubertal bone fractures. J Am Diet Assoc 2004;104:250–3.
  5. Rockell JE, Williams SM, Taylor RW, et al. Two year changes in bone and body composition in young children with a history of prolonged milk avoidance. Osteoporosis Int 2005;16:1016–23.
  6. Du XQ, Greenfield H, Fraser DR, et al. Milk consumption and bone mineral content in Chinese adolescent girls. Bone 2002;30:521–8.
  7. Du X, Zhu K, Trube A, et al. School-milk intervention trial enhances growth and mineral accretion in Chinese girls aged 10–12 years in Beijing. Br J Nutr 2004;92:159–68.
  8. Zhu K, Du X, Cowell CT, et al. Effects of school milk intervention on cortical bone accretion and indicators relevant to bone metabolism in Chinese girls aged 10–12 y in Beijing. Am J Clin Nutr 2005;81:1168–75.
  9. Matkovic V, Landoll JD, Badenhop-Stevens NE, et al. Nutrition influences skeletal development from childhood to adulthood: a study of hip, spine, and forearm in adolescent females. J Nutr 2004;134:S701–5.
  10.  Lanou AJ, Berkow SE, Barnard ND. Calcium, dairy products and bone health in children and young adults: a re-evaluation of the evidence. Pediatrics 2005;115: 736-43.
  11. Winzenberg T, Shaw K, Fryer J, Jones G. Effects of calcium supplementation on bone density in healthy children: meta-analysis of randomised controlled trials. BMJ 2006 doi: 10.1136/bmj.38950.561400.5.
  12. Bachrach LK. Acquisition of optimal bone mass in childhood and adolescence. Trends Endocrinol 2001;12: 22-8.
  13. Wosje KS, Specker BL. Role of calcium in bone health during childhood. Nutr Rev 2000;58: 253-68.

 


20 Comments

  1. danielle dubus

    Je pose juste une question pour faire réfléchir ceux avec qui je débat de ce sujet et qui sont convaincu que la grande quantité de calcium contenu dans le lait et bon pour nous…

    « C’est en consommant quoi que la vache a eu tant de calcium dans son lait ?
    En buvant du lait ?… » Je vous laisse réfléchir…

    pffff ! ça jette comme une petite tornade… !

    cordialement à vous tous
    Danielle

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