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L’éternel conflit « Végé » versus « Omni »

Faut-il continuer à manger de la viande, du poisson, des œufs ou encore à boire du lait ?

Je n’ai pas la prétention de répondre à cela de manière catégorique, dans un simple et unique article avec une réponse qui conviendra à tout le monde car cela est impossible.

Néanmoins nous pouvons tout de même poser une série de constats, de preuves scientifiques médicales ou épidémiologiques, qui mettent à mal notre surconsommation de produits carnés industriels.

De nos jours, une partie de plus en plus importante de la population est aujourd’hui consciente que la modernisation de l’élevage (et également de l’agriculture) a principalement permis de diminuer le coût des produits, jugés luxueux à une certaine époque.

Il est donc aujourd’hui aisé, du moins dans les pays industrialisés, de se procurer quotidiennement de la viande de porc, de bœuf, de volaille ou encore des œufs et de boire du lait de vache à bas coût.

Cette modernisation a certes permis de rendre ces produits plus accessibles mais cela au prix de la qualité d’un système de production désormais perverti. En effet, nous sommes passés des procédés artisanaux à petite échelle (avec l’exemple typique d’élevage extensif dans un pré, avec peu de têtes de bétail) aux procédés industriels à grande échelle (tels que les élevages intensifs en hangars).

Cette perversion du système est malheureusement attestée par les scandales sanitaires à répétition et par l’atteinte indéniable au bien-être de millions d’animaux d’élevages. Il en résulte une dégradation de la qualité du produit fini (perte d’enzymes digestives, de vitamines, présence de produits phytosanitaires ou d’antibiotiques) et ultimement une dégradation flagrante de notre état de santé, nous qui sommes au bout de la chaîne.

Ne parler que de l’élevage industriel, fortement dommageable pour la santé (et de l’environnement) n’est tout de même pas honnête vis-à-vis des élevages artisanaux, certes minoritaires, mais qui produisent des aliments carnés de qualité, dans le respect du bien-être animal et par conséquent du nôtre.

C’est un point important à souligner : tous les élevages ne peuvent être mis dans le même panier de la dégradation systématique de la condition animale.

D’un autre côté, et c’est l’argument le plus efficace et cohérent des adeptes du régime végétarien et végétalien : aujourd’hui nous avons suffisamment des connaissances biochimiques, physiologiques et un recul suffisant qui démontrent les bienfaits de ces types d’alimentations, dès lors qu’ils sont maîtrisés et rondement menés.

Alors que faire ? Continuer comme avant avec son steak de bœuf tous les jours, ou bien passer aux graines, quinoa et lentilles ?

Pour mieux comprendre les recommandations que je développe dans mon article, vous allez découvrir les risques pour votre santé de consommer trop de produits animaux, et notamment trop de viande.

L’excès de produits animaux, un risque pour la santé

Le bon sens transpire de cette phrase, l’excès par principe n’est jamais vraiment bénéfique en soi pour la santé ou pour autre chose, bien qu’il existe des cas particuliers (les légumes…)

En ce qui concerne la viande, et bien que je sois de l’avis qu’elle a toujours fait partie de notre alimentation, la littérature scientifique apporte régulièrement des preuves, plus ou moins tangibles, sur les bienfaits métaboliques d’un régime végétarien versus omnivore. J’avais écrit en février 2013 un pamphlet sur une petite quinzaine d’articles scientifiques qui se proposaient d’étudier la relation entre l’alimentation et la santé.

Il en ressortait que six études obtenaient des résultats favorables pour les végétariens comparés aux omnivores [ref 1, ref 2, ref 3, ref 4, ref 5, ref 6]. Ainsi, la mortalité toutes causes confondues, les cardiopathies ischémiques, les tumeurs malignes, les accidents cardiovasculaires cérébraux, les cancers gastro-intestinaux, les cancers colorectaux ou les cancers du sein étaient augmenteés chez les omnivores.

Une autre étude encore plus récente, publiée l’année dernière, attestait encore une fois des bénéfices d’un régime végétarien et végétalien comparé au régime omnivore classique [ref 7].

De plus, en août dernier, Florian de Naturo-Passion écrivait un article sur les avantages du fer issu des végétaux comparés à ceux des produits animaux. Ainsi, les femmes qui consommaient le plus de végétaux riches en fer avaient un risque réduit de 40% de souffrir du syndrome prémenstruel. Dans une 2ème temps, le fer végétal, bien que moins bien assimilable, réduirait le stress oxydatif subit par l’organisme, traduisant des risques moins élevés pour la santé (maladie cardiovasculaires, cancers, diabète de type 2) [ref 8, ref 9]

Et les exemples ne manquent pas sur la toile, avec cet article du même auteur, sur l’impact du régime alimentaire sur notre santé, ou de celui de Ludivine portant sur les maladies intestinales.

Toutes ces études et articles sont bien évidemment critiquables, autant sur la qualité de l’acquisition des données (avec les fameux questionnaires sur les prises alimentaires) que sur la présence régulière de conflits d’intérêts. Mais il n’empêche que ces preuves sont bien là.

Devenez végétalien 1 jour sur 2 !

Ma première recommandation en la matière, « 300g de viande rouge maximum par semaine », était avec le recul imbuvable, ou difficilement applicable au quotidien.

En revanche, cet article a pour objectif d’être plus clair et de vous dévoiler une démarche simple pour gérer vos apports d’une manière plutôt aisée. Je l’applique personnellement quasi-quotidiennement avec toutefois des exceptions comme toujours !

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Le graphique ci-dessus vous donne le nombre de portions par grande catégorie d’aliments et par jour que vous devriez consommer en moyenne. En vert, la part des légumes, fruits, tubercules, et légumineuses (etc.) devrait être d’au moins 50% (soit 8,5 portions) ; 3 portions de pâtes, de riz complet, ou de céréales complètes, avec les huiles végétales et les graisses animales ; finalement seulement 2,4 portions de produits animaux.

Ces portions émanent directement d’une moyenne des recommandations de Lanutrition.fr et de l’école de santé publique de Harvard, qui maîtrise quelque peu le sujet.

Or, ces portions vous conduisent indirectement à devenir végétalien un jour sur deux. Pourquoi ?

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Dans le tableau ci-dessus, je vous présente le nombre de portions que vous devriez idéalement consommer par semaine, par jour et finalement un rapport qui vous indiquent le nombre de jour pour atteindre une portion (dernière colonne).

En moyenne, et même en prenant en compte les produits laitiers qui peuvent être squeezés, la consommation de produits animaux pourraient s’espacer tous les deux jours et demi !

Si vous êtes intolérants au lactose, ou bien que les produits laitiers ne font tout simplement pas partie de votre alimentation, cette moyenne passe à trois jours.

C’est-à-dire que vous pourriez tout à fait passer deux jours entiers en tant que végétalien et une journée en tant qu’omnivore.

Au final, c’est tout de même plus simple de penser à sa journée « omni » avec des portions complètes de viandes, de poissons ou de crevettes, que d’imaginer vous servir 0,6 portions de poulet, ce qui n’arrive pratiquement jamais !

Jouez sur les étiquettes

Tout cela reviendrait-il à se mettre une étiquette sur le front ? Végétarien, omnivore, végétalien, sans gluten, etc. Au final, manger reste vital et le fait que nous puissions manger différemment implique qu’il nous faut savoir jouer avec les « à priori » et les préjugés des autres.

Pour ma part, c’est avec un réel plaisir que j’explique et revendique à mes amis ou à des inconnus fraîchement rencontrés qu’aujourd’hui j’ai une barquette végétarienne ou végétalienne !.

Pourquoi aujourd’hui ? En général ce genre de jeu sur les étiquettes permet de s’affirmer dans son choix de vie, de se conforter également dans ce choix et de partager ces convictions avec autrui.

Vos jours « omni » avec le meilleur

Reconsidérer ses repas de cette manière induit, selon moi, une remise en question de la qualité de son alimentation. Etant donné que vous n’allez manger de la viande ou des œufs que tous les deux ou trois jours, alors pourquoi ne pas choisir le meilleur ?

Cela tombe franchement sous le sens ! Envisagez désormais du gibier sauvage, de l’extensif dans une ferme respectueuse, ou encore des œufs bio élevés en plein air…

Si vous réduisez mécaniquement la quantité, vous allez pouvoir naturellement augmenter la qualité des produits que vous consommez.

D’autre part, cela pourrait être une étape vers un végétalisme ou végétarisme strict.

« Un repas sans viande n’est pas complet »

Ce cliché est très vivace dans l’esprit de beaucoup de personnes (un clin d’œil à Ced qui se reconnaîtra), mais il doit pourtant être battu en brèche. Pourquoi ?

Premièrement, le régime végétarien, donc sans viande ni poisson, a fait ses preuves sur l’amélioration de la santé humaine (surtout comparé au régime type occidental). Il n’est donc pas dangereux pour votre santé, bien au contraire, de suivre un tel régime et d’éviter la viande (ou de temps à autre).

Deuxièmement, les associations de protéines de végétales rivalisent avec leurs cousines carnées. Des lentilles avec du riz complet, des pois chiches avec du couscous, sont des exemples de plats traditionnels qui apportent un équilibre en acides aminés (ainsi que les essentiels).

Enfin troisièmement, et pour conclure, nous sommes (nous autres vivant dans les pays occidentaux) rarement en déficit de protéines. C’est rarissime et c’est surtout l’inverse que l’on observe. De ce fait, invoquer la viande au titre d’un apport suffisant en protéines n’est pas l’excuse du siècle, surtout si l’on connait les apports des crucifères, des légumineuses, et d’autres légumes.

Ma conclusion personnelle

Manger des produits animaux est un phénomène, naturel selon moi, de plus en plus contesté et décrié dans notre société de consommation moderne. Comme je l’ai rappelé en début d’article, les conditions d’élevages de nos bêtes, mais également nos connaissances scientifiques et nutritionnelles nous permettent aujourd’hui de remettre rationnellement en question cette consommation de produits animaux.

Avant d’arriver jusqu’au végétalisme strict, que je respecte énormément, cet article doit vous apporter suffisamment d’information pour contrôler et si besoin réduire votre consommation de produits animaux. En parallèle, vous allez ressentir le besoin d’en améliorer la qualité, car ces plats qui deviendront exceptionnels dans le temps, mais devront également l’être sur le plan qualité et gustatif.

Je vous confirme que ces journées, sans produits animaux, avec une barquette de quinoa, de riz complet, de salades, crudités et légumes vapeurs sont royales. Très peu de lourdeur, beaucoup plus de confort intestinal, etc.


Notes et références

Un merci tout spécial à M-line, qui se reconnaîtra, pour les corrections apportées à cet article. Elle y a mit beaucoup de son temps ! Merci à elle ! ; )

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42 commentaires
  1. Ca fait à peu près 7-8 mois que je suis à peu près ce qui est marqué dans cet article (viande rouge une fois par semaine maxi, sinon poisson mais pas tous les jours).
    En gros je mange du poisson 2 fois par semaine en plus de la viande une fois par semaine.
    Sinon des oeufs sur le plat une fois par semaine.
    Donc j’ai trois jours de régime végétalien.
    Tous ça est le fruit d’une lente évolution qui a sérieusement commencé pour moi il y a un peu plus d’un an et demi.
    Je pense que le fait de bannir toute alimentation transformée de ma table m’a grandement aidé aussi puisque j’ai perdu 15 kgs, et que je ne me suis jamais senti en aussi bonne forme.
    Deux fruits par jour, des légumes le midi et le soir et féculents une fois par jour maxi (un ou deux jours par semaine sans)
    Tout ça est venu petit à petit mais je ne me vois pas revenir en arrière, c’est trop agréable de se sentir revivre et bien plus libre par rapport à la nourriture :-).

    1. Petite rectification : j’ai trois jours de régime végétaRien par semaine.
      En effet, je consomme toujours un seul produit laitier par jour (avant que je ne m’informe, c’étaient les fameux trois quotidiens soit disant indispensable)

  2. Bonjour et merci de cet article,

    Je mange de la viande une fois par semaine. Les autres jours, je mange parfois des œufs, du poisson, du yaourt ou du fromage.

    Mon opinion est qu’il est difficile de se passer totalement de produits animaux, ces produits contenant beaucoup de nutriments essentiels.

    Dans une démarche de respect de l’environnement et de la vie animale, les résultats seraient meilleurs dans le cas suivant :
    -10 personnes diminuent de moitié leur consommation de viande et de poisson, toute leur vie durant.

    que dans le cas suivant :
    -1 personne arrête totalement de manger de la viande et du poisson, toute sa vie durant.

    D’un point de vue pratique il est plus facile de suivre un régime de diminution qu’un régime d’abstinence totale.

    Il me semble plus facile de convaincre un total de 10 personnes de diminuer de moitié leur consommation de viande, que d’en convaincre une seule d’arrêter à vie de manger de la viande. Je suis partisan de solutions pragmatiques comme celle par exemple d’être végétalien un jour sur deux.

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