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Certains recommandent de se vermifuger régulièrement pour préserver sa santé en se débarrassant de nombreux parasites qui peuplent notre environnement. Est-ce vraiment pertinent ?

© Ivan Ivanovič | Unsplash

Notre environnement est rempli de micro-organisme, bactéries, virus ou des vers qui n’attendent qu’un milieu propice pour se développer.

Les infestations parasitaires font partie des risques au quotidien qu’il faudrait épuré régulièrement pour maintenir une bonne santé. Certaines personnalités, comme le docteur Jean-Pierre Willem, recommandent de se vermifuger régulièrement, une à deux fois par an.

Car ces parasites (oxyure, giardia, ascaris, amibe, tænia…) nous causeraient des soucis de santé sans trop attirer l’attention, et se développant silencieusement dans notre corps pour mieux nous empoisonner.

Il y a l’idée de régler des problèmes de santé assez diffus. Maux de tête, ballonnement, diarrhée, syndrome du côlon irritable…

On peut à peu près tout mettre sous le dos d’une infestation parasitaire et se rapprocher des traitements pour s’en débarrasser.

Car les traitements nombreux, efficaces sur de très nombreux parasites avec peu d’effets indésirables.

Il n’y a donc pas vraiment de raison de s’en priver ou d’émettre des doutes… sauf que ce n’est pas aussi simple que ça.

Symptômes ou pas ?

Se déparasiter régulièrement en l’absence de symptôme… n’a pas vraiment d’intérêt. La recommandation du Dr Willem de se vermifuger deux fois par an sans donner davantage de précision semble bien superflue.

Pourquoi ? Car il est toujours préférable de commencer un traitement à la suite d’un symptôme évocateur d’une maladie avec un diagnostic précis.

C’est comme si je vous recommandais d’aller une fois par mois voir votre ostéopathe, sans problème de santé… ou bien votre médecin. Cela n’a aucun intérêt thérapeutique, et pourrait même avoir des conséquences négatives sur les patients.

Des travaux ont montré qu’un check-up tous les ans chez son médecin n’apportait aucun bénéfice pour les patients. C’était même plutôt le contraire ! Car à force de chercher, on fini par trouver des détails ou des soucis mineurs qui auront des conséquences bien réelles.

On parle d’incidentalome.

Ce raisonnement avec les parasites pourrait être calqué sur les cancers. Prendriez-vous tous les ans un traitement chimiothérapeutique pour éliminer les éventuels petits cancers qui rôdent dans votre organisme ? Bien sûr que non (les risques ne sont pas les mêmes, on est d’accord).

Mais l’idée est bien là. Vous devez avant toute chose :

  • Avoir des symptômes qui déclenchent une recherche d’un responsable
  • Trouver effectivement une infestation parasitaire et donc la traiter

Les risques d’être infesté

J’ai eu dans mon enfance l’une de ces infestations. Je m’en souviens comme si c’était hier. J’avais joué toute la journée dans le jardin, avec de la terre plein les mains, qui a vraisemblablement permis la contamination.

Les symptômes ne sont pas discrets. Ça démange, ça pique, ça brûle. Bref, on sait qu’il y a un souci et le problème est rapidement résolu. C’était très probablement une oxyurose.

Pour la petite anecdote, mon grand-père aurait sorti un vers aux toilettes dont je n’ai aucune idée de l’origine ni de la véracité. Mais c’était un adorateur d’ail cru, au rythme de plusieurs gousses par jour et connu pour ses effets vermifuges (sans validation scientifique sérieuse à ce jour)

Mais aujourd’hui le risque d’avoir des infestations parasitaires est très faible dans nos pays développés. Grâce à notre hygiène globalement plus élevée que la moyenne, des services d’assaisonnement de l’eau et des déchets, ou encore d’un éloignement certain aux latitudes tropicales qui pullulent de ces charmants parasites.

Autrement dit, nous sommes peut-être les moins bien placés pour recourir à des déparasitages préventifs. Et je dois dire que j’ai peiné pour trouver des chiffres officiels en France. On ne trouve pas réellement d’estimation de la prévalence de ces infestations tellement elles sont faibles.

On retrouve en revanche de telles estimations pour les pays plus proches des tropiques et souvent beaucoup plus pauvres.

Cette prévalence a été estimée autour de 25 % chez près de 30 000 écoliers en Afrique pour les parasites protozoaires. Mais ces chiffres varient beaucoup d’une région à l’autre.

Une synthèse de 83 études et plus de 56 000 échantillons de déjections humaines montrent une prévalence de 48 % des infestations parasitaires en Éthiopie.

Une revue de plus de 140 000 cas en Iran montre une prévalence de l’ordre de 14 % chez préparateurs de denrées alimentaires.

En fait, nous connaissons depuis un moment les deux causes principales de ces fortes infestations parasitaires :

  • La malnutrition
  • La pauvreté

Ces maladies liées à des infestations parasitaires peuvent donc se répandre en fonction des situations… comme aux USA. Des travaux montrent que les états les plus pauvres ont des taux importants d’infections parasitaires.

Car si l’OMS recommande de vermifuger largement la population dans les pays sous-développés, elle précise que ce n’est pas l’unique solution.

«L’amélioration de l’hygiène de base, des services d’assainissement et de l’éducation sanitaire, et l’approvisionnement en eau potable sont également essentiels pour remédier aux problèmes de santé et nutritionnels causés par les vers intestinaux», précise le Dr Francesco Branca, Directeur du Département OMS Nutrition pour la santé et le développement.

L’ivermectine est d’ailleurs un anti-parasitaire extrêmement répandu dans les pays en voie de développement pour lutter contre la cécité des rivières.

Voyage à risque

Voyager dans des pays tropicaux expose à des risques, surtout si ces pays sont en voie de développement avec des assainissements peu nombreux. On peut prendre des mesures de protection, mais il n’y a parfois pas grand-chose à faire pour se « purger » ou se déparasiter.

J’ai par exemple eu la chance de faire quelques sessions d’exploration en forêt guyanaise… avec son lot affolant de parasitoses possibles. Au final, les plus communes étaient le paludisme, la leishmaniose ou encore le vers macaque (une mouche qui pond sa larve dans notre peau)… pour lesquelles il est inutile de ce « déparasiter ».

Il en existe bien sûr beaucoup d’autres, et les militaires français expatriés sur ces terres équatoriales se retrouvent bien souvent contaminés par de multiples parasites.

À retenir

Les infestations parasitaires peuvent sporadiquement apparaître dans la population, surtout chez les groupes défavorisés où l’accès à de l’eau potable n’est pas garantie avec des conditions de vie et d’hygiène délicate.

Mais ces situations peuvent entraîner l’apparition de symptômes, surtout digestifs, qui permettent de se lancer dans un parcours médical avec diagnostic et traitement appropriés.

L’idée de se vermifuger régulièrement dans un pays développé et en vivant dans des conditions d’hygiène convenable n’a pas vraiment d’intérêt. Quand bien même des traitements efficaces et peu dangereux existent, les bénéfices seraient inexistants.

Le naturopathe allemand Andreas Mortiz, aujourd’hui décédé, proposait lui aussi de réaliser des cures de nettoyage du foie ainsi qu’un déparasitage régulier pour se purger. En plus des doutes émis par cet article sur l’intérêt de la pratique en l’absence de symptôme et de diagnostic, les produits proposés n’ont pas vraiment d’utilité pour se « vermifuger ».

N’importe qui peut donc attraper des parasites. On peut attraper les fameux « vers solitaires » ou taenia à cause d’une mauvaise cuisson de viande de bœuf ou de porc.

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5 commentaires
  1. Le fait que nous aurions “tous” (ou presque) des parasites dans les intestins est venue, à ma connaissance de Hulda Clarke, une naturopathe canadienne régulièrement appelée “Dr Clarke”, qui a préconisé pas mal de choses dont la même cure du foie qu’Andréas Mortiz (qui l’a copiée ?).
    Les recommandation du Dr Clark ayant eu un certain succès das l’univers de la naturopathie, cette histoire de parasites a été reprise dans certains discours et des labos de compléments en ont profité pour formuler des produits en associant quelques actifs à vertus vermifuge.
    Cela m’avait pas mal agacé quand j’avais un laboratoire d’analyse médicales, car les parasites en question n’étaient jamais nommés, et je voyais bien en faisant des examens parasitologiques de selles, même en y passant du temps, que sauf situation avec des signes cliniques évocateurs, il n’y avait jamais rien.
    Je me suis dis après que c’était sans doute une manière maladroite de parler de dysbiose…

  2. “L’idée de se vermifuger régulièrement dans un pays développé et en vivant dans des conditions d’hygiène convenable n’a pas vraiment d’intérêt.”. “L’ivermectine est d’ailleurs un anti-parasitaire extrêmement répandu dans les pays en voie de développement pour lutter contre la cécité des rivières.” :
    on se demande pourquoi l’ivermectine a si bien fonctionnée en 2020/2021 !
    Ne sommes nous pas un pays développé ?

  3. Bonjour Dr.
    Vous ecrivez :
    Des travaux ont montré qu’un….. Car à force de chercher, on fini par trouver des détails ou des soucis mineurs qui auront des conséquences bien réelles.
    – Pensez-vous que l annonce d un souci de sante, qui passerait inapercu sans une investigation, peut provoquer la rupture d un équilibre que le corps a su conserver au fil des années. Les consequences seraient principalement causees par l inquiete, la mise en lumiere d un problème… qui n en etait pas un ! Mais à cet instant le doute pourrait nous habiter…..
    Qu en pensez vous
    Merci

    1. Bonjour Laurence,

      Vous faites références à plusieurs choses, mais oui, d’une manière générale, nous savons que les dépistages par exemple vont permettre de trouver des “choses” parfois sans conséquences pour la vie du patient, mais qui pourront avoir des conséquences indirectes sur sa vie. Par exemple, un faux- positif de cancer peut entraîner une vague de stress, une mortalité cardiovasculaire et des suicides chez les concernés. On peut aussi parler des effets indésirables d’un traitement chimiothérapeutique en cas de traitement pour un cancer qui n’aurait jamais fait parler de lui.

      C’est délicat mais oui, les incidentalomes peuvent amener à dégrader inutilement la qualité de vie d’une personne.

      Au plaisir de vous lire.

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