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Suite de la polémique sur la vaccination contre les Papillomavirus

Dans un article précédent, je vous ai exposé la polémique qui sévit actuellement contre les vaccins HPV (Human Papilloma Virus), mais surtout contre le dernier rapport émis par le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP) qui recommande une vaccination dès 9 ans à l’école.

Dans cet article en date du 3 novembre, vous appreniez que le rapport émis par l’HCSP présentait les « données actualisées » sur l’efficacité et l’innocuité des deux vaccins, Gardasil et Cervarix, sur la base de nombreuses études scientifiques.

Malheureusement, je vous ai démontré que l’analyse de la sécurité des vaccins, détaillée sur 3 pages avec 9 références scientifiques, n’était absolument pas indépendante.

Ainsi, les 13 experts à l’origine de cette saisine, dont 5 affichent des liens d’intérêts avec les labos pharmaceutiques qui produisent et/ou commercialisent des vaccins HPV, ont choisi 9 études non indépendantes, bien souvent commanditées et payées par ces mêmes labos.

Comment peut-on croire à l’innocuité de ces vaccins dès lors que les labos pharmaceutiques apportent eux-mêmes les preuves de cette soit-disant innocuité ?

Je pose cette question aux 13 membres à l’origine de cette saisine, mais également aux deux comités compétents en la matière, qui ont validé ce rapport, et dont 2/3 tiers des membres possèdent des liens d’intérêts avec GSK, Sanofi-Pasteur MSD ou Merck.

Quoi qu’il en soit, je vous propose aujourd’hui de découvrir une analyse plus approfondie du rapport de l’HCSP sur les vaccins HPV.

Les vaccins Gardasil et Cervarix sont-ils efficaces contre les HPV ?

Nous allons nous pencher en détail sur un paragraphe précis et majeur du rapport :

« 1.2 – Impact sur la prévalence de l’infection HPV »

Ce paragraphe de la saisine du Haut conseil de la santé publique est majeur car c’est bien lui qui justifie l’utilisation des vaccins Gardasil et Cervarix contre les infections HPV, et donc hypothétiquement contre le cancer du col de l’utérus.

Les experts à l’origine de cette saisine ont choisi 6 références scientifiques qui ont étudié l’effet des vaccins cités sur la prévalence (la fréquence d’apparition) des différentes souches de papillomavirus.

Les experts ont choisi de détailler 3 études, et d’en citer 3 autres brièvement au début du paragraphe.

Nous allons revenir en détail sur ces 6 références, en épluchant :

  • La méthodologie employée
  • Les limitations qui en découlent
  • Les résultats significatifs et non significatifs
  • Les conflits d’intérêts

Vous allez découvrir que toutes les études citées ne sont pas indépendantes, que les méthodes employées entraînent des biais importants, et que certains résultats non significatifs ne sont tout simplement pas mentionnés.

Les 3 études mises en avant par l’HCSP

Analyse étude par étude.

Première étude américaine

D’après la saisine de l’HCSP, « la prévalence des HPV vaccinaux a diminué de 11,5% à 5,1% (-56%) parmi les jeunes filles de 14-19 ans […] »

Les experts précisent « qu’il n’y a pas eu de diminution observée dans d’autres groupes d’âge. »

En effet, si l’on regarde les tableaux fournis par les scientifiques, la fréquence d’apparition des quatre génotypes auraient été réduite de moitié après la vaccination.

Les experts précisent également que le vaccin n’a eu aucun effet sur les autres groupes d’âge, tous les autres !

Ainsi, il n’y a eu aucun changement significatif de la prévalence des HPV chez les 20-24 ans, les 25-29 ans, les 30-39 ans, les 40-40 ans et les 50-59 ans.

Plus intéressant encore, les experts de la saisine ne mentionnent pas le fait que seule la prévalence de 2 souches sur les 4 visées par le Gardasil ont effectivement diminué.

hpv

Le graphique ci-dessus vous présente ces résultats. Ainsi, nous voyons en réalité que seul le génotype 16, à risque, et le 6, à faible risque, ont une prévalence plus faible après la vaccination. Le deuxième génotype à risque, le 18, qui n’avait qu’une prévalence de 1,5% n’a statistiquement pas changé (aucune astérisque noire).

Le génotype 6 jugé à faible risque oncogène (donc promoteur d’un cancer) observe une forte diminution de sa prévalence (de 5,3% à 1,6%) mais c’est bien le génotype 18 qui nous intéresses.

Pour le génotype 18, la prévalence dans l’échantillon est faible. Seulement 6%. L’étude nous montre qu’après la vaccination au Gardasil (contre les 4 souches) la prévalence de ce dernier n’est plus que de 3%, soit une baisse de 50%.

L’analyse fine de cette étude nous montre que les résultats ne sont pas si exceptionnels qu’il n’y paraît.

Sur les quatre génotypes censés être limités par le Gardasil, seulement deux le sont réellement, parmi lesquels un seul à haut risque, et de surcroît, dans une seule classe d’âge sur 6 !

Voilà pourquoi les experts de l’HCSP classe ce niveau de preuve comme une présomption scientifique (niveau 2).

Par ailleurs, cette étude présente de nombreuses limitations assumées et détaillées par les auteurs de la recherche.

Premièrement, le statut sur la vaccination des patients recrutés a été réalisé par les patients eux-mêmes, avec des questionnaires. Selon les auteurs, cela pourrait conduire à des « surestimations ou des sous-estimations » de la vaccination. Les auteurs le disent eux-mêmes :

« Il est probable qu’il y ait eu des erreurs de classification dans le statut vaccinale de l’étude Nhanes, qui auraient pu biaisé nos analyses et nos estimations de l’efficacité du vaccin ».

Une efficacité, qui je vous le rappelle, a été estimée à 82% par les auteurs.

Deuxièmement, les auteurs admettent que la base de données qu’ils ont utilisé (Nhanes) ne leur permet pas de faire des estimations spécifiques de prévalence.

Troisièmement, les auteurs affirment qu’une nouvelle méthode d’échantillonnage a été choisi en cours de route pour recueillir les participantes.

Finalement, les scientifiques concluent que « quelqu’une de leurs analyses ont été limitées par la taille de l’échantillon, et que quelques estimations de prévalence [pour les génotypes] étaient instables. »

Pour terminer, et c’est une bonne nouvelle qu’il faut souligner, l’étude est indépendante.

Référence:

Markowitz LE, Hariri S, Lin C, Dunne EF, Steinau M, McQuillan G, Unger ER. Reduction in human papillomavirus (HPV) prevalence among young women following HPV vaccine introduction in the United States, National Health and Nutrition Examination Surveys, 2003-2010. J Infect Dis. 2013; 208(3): 385-93

Deuxième étude australienne

Cette étude publiée en 2012 nous indique une baisse record de la prévalence des génotypes vaccinaux (encore sur le Gardasil) 6, 11, 16 et 18, passant de 28,7% à 6,7% en post-vaccination.

Sur les 6 études sélectionnées par le groupe de travail de l’HCSP, celle-ci nous montre les résultats les plus encourageants et les plus impressionnants quant à l’efficacité du vaccin sur la prévalence des génotypes visés.

Il est tout de même bon de mentionner que le génotype 11 n’a montré aucune différence significative de prévalence (NS) avant et après l’événement de vaccination.

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Dans cette étude, il est intéressant de préciser que les auteurs ne mentionnent aucune limitation ou biais présent dans l’étude, comme il est pourtant habituel de le faire.

Il est d’autant plus intéressant de mentionner, contrairement aux experts de l’HCSP, que 5 auteurs sur 10 ont des liens d’intérêts majeurs avec l’industrie pharmaceutique en charge de la fabrication et de la revente de vaccins HPV.

Voici la liste des auteurs, par ordre d’apparition dans la publication et donc par ordre d’importance, et l’ensemble des liens d’intérêts déclaré.

Vous devez savoir que la première et la dernière place dans une publication sur les plus importantes. La première place indique l’auteur ayant le plus contribué à la recherche, et la dernière place revient en général au directeur du laboratoire de recherche, une position largement favorable pour orienter une étude dans un sens ou dans un autre.

Conflits d’intérêts:

  1. Sepehr N. Tabrizi: Ce scientifique a reçu des « financements illimités » de la part de GSK et CSL Biotherapies pour faire des études scientifiques similaires. GSK et CSL Biotherapies commercialisent des vaccins HPV.
  2. Julia M. L. Brotherton: Cette chercheuse a également reçu des « financements illimités » de la part de GSK et CSL Biotherapies pour faire des études du même type. Elle fait également parti d’un comité de recherche en partie financé par CLS Biotherapies.
  3. John M. Kaldor: Sans conflit d’intérêt.
  4. Rachel Skinner: Elle a été l’investigatrice de nombreux essais cliniques sur les vaccins HPV financés par GSK. Son institution de recherche a reçu des fonds pour collecter des données pour GSK. Son institution a également reçu des honoraires pour avoir participé à des comités de conseil de GSK. Les déplacements et les frais de participations lors de congrès afin de présenter les résultats de GSK Biological ont été remboursés par GSK Biological. Finalement, son institution a reçu des financements illimités de la part de GSK Australia et CSL Biotherapies.
  5. Eleanor Cummins: Sans conflit d’intérêt
  6. Bette Liu: Elle possède des actions dans une société qui vend des vaccins HPV (le Commonwealth Serum Laboratories)
  7. Deborah Bateson: Sans conflit d’intérêt
  8. Kathleen McNamee: Sans conflit d’intérêt
  9. Maria Garefalakis : Sans conflit d’intérêt
  10. Suzanne M. Garland: Cette scientifique a reçu des compensations financières de CSL Biotherapies et GSK lors de participations à des comités de conseil. Elle a également reçu des honoraires de Merck en tant que conférencière et consultante. Elle possède aussi des actions dans la société CSL Biotherapies qui revend des vaccins HPV. Elle a reçu des fonds de la part de Merck et GSK pour réaliser des études cliniques sur les HPV et sur le cancer du col de l’utérus. Elle est également membre du comité global et scientifique détenu par Merck.

A la lumière de ces liens d’intérêts majeurs, il convient de prendre avec des pincettes l’efficacité du vaccin testé dans cette étude, qui plus est, n’est classé qu’en tant que présomption scientifique (niveau de preuve n°2).

Référence:

Tabrizi SN, Brotherton JM, Kaldor JM, Skinner SR, Cummins E, Liu B, Bateson D, McNamee K, Garefalakis M, Garland SM. Fall in human papillomavirus prevalence following a national vaccination program. J Infect Dis. 2012; 206(11): 1645-51.

3ème étude britannique

Finalement, la dernière étude détaillée dans ce paragraphe « impact sur la prévalence de l’infection HPV », nous indique que « la prévalence des HPV vaccinaux (16 et 18) chez les jeunes filles âgées de 16-18 ans a diminué de 19,1% en 2008 à 6,5% en 2010-2012 […] ».

C’est tout à fait exact, la baisse étant de l’ordre de 66%.

Vous pouvez remarquer que les auteurs du rapport n’ont en réalité cité que la première ligne du tableau des résultats, que j’ai simplifié pour vous.

hpv-vaccin-papillomavirus-mesher-2014

Le vert indiquant toujours une baisse de la prévalence après la vaccination, le rouge l’inverse.

Tout d’abord, il est intéressant de remarquer que cette baisse de 12,6 point (-66%) n’est pas strictement limitée aux génotypes 16 et 18.

En effet, la première ligne indique bien que ces résultats de prévalence sont calculés pour nos génotypes cibles (16 et 18) mais également avec ou sans, on ne sait pas trop, d’autres génotype à risque.

En réalité, cette première ligne établit la prévalence d’au moins 11 génotypes, 13 au maximum, mais encore une fois, nous n’en savons rien.

C’est bien la seconde ligne de ce tableau qui nous indique l’effet de la vaccination sur nos deux génotypes ciblés (16 et 18) et nous observons bien une baisse de la prévalence de ces deux HPV à haut risque.

Cependant, la prévalence de ces deux génotypes apparait faible dans l’échantillon, avec seulement 8,3% des jeunes filles de 16-18 ans échantillonnées.

Quoi qu’il en soit, les experts de l’HCSP ont omis de mentionner l’ensemble des lignes rouges, qui représentent des augmentations de la prévalence des génotypes HPV, et donc des risques potentiels, si j’en crois les laboratoires pharmaceutiques.

Le plus grave se trouve chez les 22-24 ans où tous les génotypes à risques (16, et 18 et les 11 autres à risques) augmentent après l’événement de vaccination.

Plus grave, les génotypes 16 et 18 augmente de près de 60% chez les jeunes filles de 22-24 ans, passant de 6,4% à 10,2%.

Ces résultats, inconsistant au sein des différents groupes d’âge, doivent nous alerter sur la qualité de l’échantillonnage, de la méthodologie, des analyses et des interprétations que l’on peut en tirer.

Cette étude a été classé selon l’HCSP en catégorie 2, soit seulement des présomptions scientifiques (autant valables pour les aspects positifs que négatifs).

Finalement, cette étude est indépendante, tant au niveau des financements que des auteurs de la recherche.

Références:

Mesher D, Soldan K, Howell-Jones R, Panwar K, Manyenga P, Jit M, Beddows S, Gill ON. Reduction in HPV 16/18 prevalence in sexually active young women following the introduction of HPV immunisation in England. Vaccine 2013; 32(1): 26-32.

Les 3 études scientifiques non détaillés dans le rapport de l’HCSP

Maintenant je vais vous détailler les 3 autres études citées, mais non détaillées, par les experts de l’HCSP.

Pourquoi ces études n’ont été que citées ? Nous allons voir ça immédiatement.

4ème étude, non détaillée dans la saisine de l’HCSP

Cette étude a été mentionnée dans le rapport émis par le groupe de travail de l’HCSP mais non détaillée.

Toujours de la même manière, les lignes colorées indiquent les résultats significatifs (c’est-à-dire que les différences sont vraies et prouvées statistiquement) avec le rouge pour une prévalence augmentée et en vert quand elle diminue.

La première ligne peut attirer votre attention. De manière globale, la prévalence de tous les HPV augmente dans l’échantillon visé. L’augmentation est toutefois faible, seulement 12%.

La suite de ces résultats, c’est du mi-figue mi-raisin.

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En effet, nous observons bien une baisse de la prévalence des HPV vaccinaux (de 49 à 69% de baisse), avec les 3 lignes vertes.

Encore plus intéressant, les résultats de prévalence pour les deux génotypes à hauts risques (16 et 18) affichent une prévalence en baisse chez les « Tous », vaccinées et non vaccinées compris.

C’est le but recherché du vaccin, on est donc ravis d’observer ce résultat.

En revanche, et ce sont les aléas du traitement statistique, la population vaccinée par le quadrivalent qui affiche une prévalence en chute libre de 25,6 à 8% (la ligne blanche) n’est pas statistiquement significative.

Cela veut dire que la taille de l’échantillon ou d’autres facteurs ne nous permettent pas de dire qu’il y a une différence avant et après vaccination.

Cette ligne blanche signifie donc que le vaccin Gardasil qui agit sur les génotypes 6, 11, 16 et 18 n’aurait eu aucun effet sur la prévalence des infections de ces 4 génotypes.

Les résultats sont quelque peu étranges, mais j’ai vérifié au moins 3 fois pour en être sûr !

La suite et la fin du tableau ne présente que des lignes rouges ou presque, avec donc une augmentation de la prévalence des certains génotypes dont certains à risques, et seraient notamment mis en cause dans 20 à 30% des cas de cancer du col de l’utérus.

Par ailleurs, les auteurs de cette étude dédient un long paragraphe sur les limitations inhérentes à leurs travaux.

Les scientifiques nous indiquent que l’échantillonnage de l’étude a changé lors de la phase pré et post-surveillance, pouvant entraîner des modifications sur la prévalence des HPV étudiées.

Egalement mis en avant dans cette étude, les auteurs n’excluent pas des erreurs dans le choix des participantes, et notamment sur le statut « vacciné ou non », qui était parfois manquant des registres.

Finalement, cette étude n’est malheureusement pas exempte de conflits d’intérêts. De la même manière que pour les études précédentes, voici la liste détaillée des conflits d’intérêts des auteurs par ordre d’apparition (et donc d’importance, sauf pour le dernier) dans la publication.

Ainsi, sur les 7 auteurs de cette étude, 3 dont les 2 premiers présentent des liens d’intérêts avec les labos pharmaceutiques en charge de vendre ou produire des vaccins HPV.

Conflits d’intérêts:

  1. Jessica A. Kahn: Elle est la co-dirigeante de deux essais cliniques sur des vaccins HPV dont Merck a assuré le stock de vaccins et les tests immunogénicités. Elle a également reçu des fonds de la part d’une société (SAHM), dont le financement a été assuré par Merck, pour assurer la présidence d’un comité d’évaluation de projets médicaux.
  2. Darron R. Brown: Ce scientifique fait partie du comité de conseil sur la santé des femmes de Merck, et son laboratoire reçoit des fonds de la part de Merck. L’université d’Indiana et Merck ont signé un contrat confidentiel qui rémunère l’Université en contre partie du développement d’un vaccin HPV en particulier, le docteur reçoit une partie de cette rémunération en tant que revenu financier.
  3. Lili Ding: Sans conflit d’intérêt
  4. Lea E. Widdice: Sans conflit d’intérêt
  5. Marcia L. Shew: Cette scientifique est l’investigatrice principale d’essai clinique sur les vaccins HPV dont le soutien financier est assuré par Merck.
  6. Susan Glynn: Sans conflit d’intérêt
  7. David I. Bernstein: Sans conflit d’intérêt

Finalement, cette étude présente des limitations (comme toutes les études scientifiques), des conflits d’intérêts et des résultats parfois contradictoires.

On comprend facilement pourquoi les experts n’ont pas détaillé cette étude, et l’on peut décemment se poser la question du risque de cette vaccination sur l’augmentation de la prévalence d’autres HPV (que le 16 et 18) dans la population.

Référence:

Kahn JA, Brown DR, Ding L, Widdice LE, Shew ML, Glynn S, Bernstein DI. Vaccine-type human papillomavirus and evidence of herd protection after vaccine introduction. Pediatrics. 2012; 130(2): e249-56.

5ème étude non détaillée par l’HCSP

Cette 5ème étude présente beaucoup moins de résultats que la précédente.

Ainsi, les deux résultats significatifs nous indiquent que la prévalence des HPV vaccinaux (6, 11, 16 et 18) diminue de 24% à 5,3% après la vaccination, soit une baisse de 78%.

Nous observons des chiffres relativement similaires pour les deux génotypes à hauts risques (16 et 18) avec toutefois un niveau de prévalence déjà bas (seulement 16,7%) avant la vaccination.

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Au niveau des HPV à hauts risques, toutes les souches, aucune différence n’a été observé (première ligne). Idem pour les HPV à bas risque oncogène.

Au niveau des limitations, les auteurs en parlent en ces termes :

« La limitation la plus forte de l’étude était la séparation temporelle des deux cohortes (presque 10 ans) et donc nous ne pouvons pas exclure la possibilité que d’autres facteurs extérieurs non pris en compte ont contribué aux résultats sur la baisse des HPV détectées […] »

Autrement dit, les chercheurs admettent que le vaccin quadrivalent n’est peut-être pas le seul responsable de la baisse de la prévalence observée.

Cette étude n’est également pas épargnée par quelques conflits d’intérêts. Voici la liste, qui vous montre que 3 des 7 auteurs ont des liens avec les labos considérés.

Conflits d’intérêts:

  1. Teresa Cummings: Sans conflit d’intérêt
  2. Gregory D Zimet: Ce scientifique est l’investigateur de nombreux programmes de recherches financés par Merck.
  3. Darron Brown: Ce scientifique fait partie du comité de conseil sur la santé des femmes de Merck, et son laboratoire reçoit des fonds de la part de Merck. L’université d’Indiana et Merck ont signé un contrat confidentiel qui rémunère l’Université en contre partie du développement d’un vaccin HPV en particulier, le docteur reçoit une partie de cette rémunération en tant que revenu financier.
  4. Wanzhu Tu: Sans conflit d’intérêt
  5. Ziyi Yang: Sans conflit d’intérêt
  6. Dennis Fortenberry: Sans conflit d’intérêt
  7. Marcia L Shew: Investigatrice clinique de Merck pour des études sur les vaccins HPV.

Référence:

Cummings T, Zimet GD, Brown D, Tu W, Yang Z, Fortenberry JD, Shew ML. Reduction of HPV infections through vaccination among at-risk urban adolescents. Vaccine. 2012; 30(37): 5496-99.

6ème et dernière étude non détaillée

On va faire simple et court.

Les auteurs de cette étude ont observé la prévalence des génotypes à haut risque 16 et 18 sur un échantillon de jeunes filles, classées dans 3 groupes d’âge (20-21, 22-23 et 24-25 ans).

Comme vous pouvez le voir, un effet bénéfique de la vaccination n’a été observé que chez les 20-21 ans, avec une baisse de 22,4% à 10,2%.

Chez les 22-23 ans et les 24-25 ans, la vaccination ne montre aucun effet sur la prévalence de ces deux HPV à hauts risques.

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Pour être complet, sur les 8 auteurs de l’étude, le dernier, Andreas Kaufmann, présente des conflits d’intérêts. Il a été expert et membre de comité pour GSK et Gen probe. Il a reçu des honoraires en tant que conférencier par Sanofi Pasteur MSD, GSK et Roche.

Référence:

Deleré Y, Remschmidt C, Leuschner J, Schuster M, Fesenfeld M, Schneider A, Wichmann O, Kaufmann AM. Human Papillomavirus prevalence and probable first effects of vaccination in 20 to 25 year-old women in Germany: a population-based cross-sectional study via home-based self-sampling. BMC Infect Dis. 2014; 14:87.

Au final, qu’est-ce que nous avons ? Faut-il oui ou non se faire vacciner ?

Après se déballage un peu rébarbatif sur ces études scientifiques, force est de constater certains points majeurs soulevés :

  • Les conflits d’intérêts sont toujours présents dans la plupart des études sélectionnés, mais il convient de saluer le choix de certaines études complètement indépendante
  • Les résultats des études sur la prévalence des HPV ne sont pas consistant : un coup ça monte, un coup ça descend, un autre coup c’est significatif et après ça ne l’est plus.
  • La plupart des études présentent des biais sérieux qui ont peut-être modifié (positivement ou négativement) la prévalence des HPV testées.
  • Si la plupart des résultats montrent une baisse de la prévalence des génotypes 16 et 18, on observe également une augmentation d’autres HPV à haut risque après la vaccination.

Au-delà de ces points, nous sommes en droit de nous demander…

Mais ça veut dire quoi 50% d’infections en moins après vaccination ?

Oui, concrêtement, quels seraient les impacts d’une baisse de 10 ou de 80% de la prévalence des HPV au sein de la population ?

Allons-nous réellement observer une baisse de l’apparition des cancers du col de l’utérus ?

Selon les labos, c’est oui. Mais selon moi, rien n’est moins sûr, et quand bien même cela arriverait réellement, quel en est le coût pour la société ?

Les probabilités d’avoir un cancer du col de l’utérus

Alors attention, dans ce parapraphe je vais oser me lancer des calculs probabilistes sur l’apparition d’un cancer du col de l’utérus. Je vais utiliser les données publiées, celles choisies par nos experts, mais également des probabilités issues du livre « Traité des infections et pathologies génitales à papillomavirus » par Joseph Monsonego.

Voici l’évolution en image d’une infection aux HPV vers un état grave de cancer invasif.

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Comme vous pouvez le voir, après avoir été infecté par un papillomavirus, vous avez des stades d’agravations de la maladie, dit CIN (de 1 à 3), pour terminer vers le stade cancer.

Avant d’en arrriver au stade cancer, tous les stades précédents possèdent une probabilité de rémission, et qui n’est pas faible.

Ces probabilités de rémission (ou de clairance virale comme on dit dans le jargon) varient de 32 à 57%.

Et vous devez également savoir que les infections HPV disparaissent fortement chez les personnes infectées.

Ainsi, le professeur Duport nous indique dans son chapitre dédié que « 70% des infections dispairassent en 12 mois et 90% en 24 mois ».

Ces chiffres de rémission ou de clairance virale s’appliquent pour tous les génotypes à hauts risques, et pas seulement les 16 et 18.

Je vais maintenant vous faire la démonstration par des calculs de probabilité, de quels sont les risques pour vous d’avoir un cancer du col de l’utérus, selon les chiffres de prévalence de l’étude australienne (avec de nombreux conflits d’intérêts) qui indique une baisse de 27% des HPV à hauts risques après vaccination.

Donc.

Je vais vous détailler la première série de calcul de probabilité, en imaginant que toutes les femmes passent par les 3 stades CIN avant le stade cancer.

Je vais également vous donner les résultats pour les deux autres scénarii : (1) toutes les femmes passent de l’infection au stade CIN2 et (2) toutes les femmes passent de l’infection au stade ultime CIN3 (cas extrême).

1er cas : Infection-CIN1-CIN2-CIN3-Cancer invasif

Sur 10.000 femmes, 47% d’entres-elles, ont un HPV à hauts risques, soit 4.700 femmes avec le virus.

Sur ces 4.700 femmes infectées, 90% d’entres-elles jouieront d’une clairance virale, soit 4.230 femmes sans infection, mais 470 femmes restants toujours infectés au stade CIN1.

Sur ces 470 femmes au stade CIN1, 57% d’entres-elles bénéficeront également d’une clairance virale, soit 268 femmes sauvées. Malheureusement, 5 femmes développeront un cancer invasif, 145 resteront à ce stade et 52 iront au stade CIN2.

Sur ces 52 femmes au stade CIN2, 43% retourne à la case départ «épithélium normal », tandis que 3 cancers invasifs apparaitront, 16 resteront à ce stade et 11 souffriront d’un stade CIN3.

Au stade CIN3, 1 femme sur 11 déclarera un cancer invasif, tandis que 4 s’en remettront et 7 demeureront à ce stade.

Au final, nous avons 9 cas de cancers du col de l’utérus.

Dans le scénario n°2, nous aurons 36 cas de cancers, et 56 cas dans le scénario le plus extrême n°3 (toujours selon le même procédé mathématique).

Maintenant, il est intéressant de noter l’évolution de ces cas de cancers théoriques avec l’efficacité des vaccins démontré scientifiquesment.

Je vous le rappelle, 27% de baisse de la prévalence des infectons HPV de hauts risques.

Ce qui nous donne après avoir vacciné 10.000 femmes :

  • 2 cancers de moins pour le premier scénario
  • 10 cancers de moins pour le second scénario
  • 15 cancers de moins pour le dernier scénario

En terme de coût pour la santé publique, à 350 euros les 3 doses de Gardasil par exemple, cela revient à dépenser 1,75 millions d’euros pour éviter un cas de cancer, dont nous ignorons s’il entrainera la mort.

Dans le 2ème cas, le coût par cancer sauvé est de 350.000 euros, tandis qu’il est de 233.000 euros dans le dernier scénario.

Attention, je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut pas prendre en compte ces cas graves de cancers du col de l’utérus. Je suis en train de replacer le tout dans son contexte, la priorité en terme de santé publique des autorités compétentes.

Est-ce que la mise en place d’un vaccin qui coûte cher, obligatoire à l’école, pour une maladie non épidémique qui se dépiste bien par les frottis est raisonnable ?

A cette question, je répond par la négative.

N’oublions également pas que sur les 10.000 femmes vaccinnées, et selon les statistiques internationales, deux d’entres-elles subiront des effets indésirables (ce qui est relativement peu, nous sommes d’accord).

Au final, et je rejoins l’avis de Martin Winckler sur ce sujet :

Vous n’avez mesdames aucun sentiment de culpabilité à avoir si vous ne vous faites pas vacciner contre les HPV.

Cela est également valable pour les mamans qui se posent des questions pour leurs filles.

A ce jour, les vaccins bivalents et quadrivalents contre les HPV ne protègent pas contre l’intégralité des infections à papillomavirus.

Nous n’avons pas le recul nécessaire pour mesurer l’efficacté réelle de ces vaccins sur la survenue des cancers du col.

Nous n’avons pas le recul nécessaire pour connaître l’efficacté de ce vaccin au-delà de 5 ans.

Nous n’avons pas le recul nécessaire pour connaître la totalité des effets secondaires liés à l’injection de ces vaccins.

Nous n’avons pas suffisamment de preuves scientifiques solides et totalement indépendantes.

En conclusion, force est de contaster que si le Gouvernement optait pour une vaccination obligatoire dans les écoles dès l’âge de 9 ans, cela serait un véritable scandale et absolument pas justifié.

Sur ce dernier point, je rejoins le combat de M. Joyeux.

N’oubliez pas qu’à partir de 25 ans, et jusqu’à 65 ans, un dépistage par frottis tous les 3 ans restent l’une des meilleures options pour lutter contre le cancer du col, 15ème cancer féminin sur le nombre de mort.

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17 commentaires
  1. “C’est en revérifiant tous ces calculs de probabilité que je me suis rendu que tu surestimais extrêmement l’incidence des cancers du col de l’utérus en France. D’après les chiffres officiels de l’INVS, l’incidence est de 8 cancers pour
    100.000 femmes !”

    Vous confondez la notion d’incidence annuelle et de risque à vie… Je ne surestime certainement pas le risque à vie qui est de 6/1000 actuellement en France
    Lisez ici en page 8 : http://www.pasteur.fr/ip/resource/filecenter/document/01s-00004i-00u/cancer-col-uterus-2008.pdf
    ou là: http://lesdonnees.e-cancer.fr/les-indicateurs/1-types-cancer/13-cancer-col-uterus/12-epidemiologie-cancer-col-uterus-france-metropolitaine-essentiel/22-risque-de-developper-un-cancer-du-col-de-luterus-entre-0-et-74-ans-en-france-c.html)

    « Je serais personnellement beaucoup plus favorable à cette vaccination si elle englobait tous les génotypes à haut risque (au moins 14). »

    Surveillez donc l’arrivé possible du « gardasil-9 » dans les mois ou années à venir… :
    http://www.skepticalraptor.com/skepticalraptorblog.php/powerful-cancer-preventing-gardasil-vaccine-cleared-fda/

  2. votre démonstration est sidérante !

    je vous propose d’attendre 20 ans pour voir l’impact ou pas du vaccin sur les cancers du col. au pire quelques milliers de femmes dans le monde auront un cancer du col qu’elles auraient pu éviter…

    vous insister très lourdement sur les conflits d’intérêts, c’est tout à votre honneur et je suis d’accord avec vous… mais, vous perdez toute crédibilté en citant le bon pr joyeux qui est au sommet des conflits d’intérêts avec tous ses potes “natu ô pattes”. renseignez-vous, fouillez un peu plus de ce côté-là aussi ! ne soyez pas sectaire et à charge !

    d’un côté les méchants labos pharmaceutiques et de l’autre les gentils amis de l’homme et de la nature… le monde des bisounours !

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