Vous aimez la Malbouffe ? Vous êtes Lemorexique, consultez d’urgence !

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Première définition d’une vieille maladie

3 français sur 5 en seraient atteints, et personne n’avait jamais mit de nom sur cette maladie grave. La lemorexie, du grec « lemo » pour « de travers » ou « faux » et « orexia » pour « appétit », signifie l’appétit de travers ou bien le comportement obsessionnel pour la malbouffe.

Loin d’être anodine, cette maladie serait en cause dans les épidémies actuelles d’obésités et de surpoids qui touchent près de 25 millions de français. Pire encore, cette maladie augmente les risques de diabète, d’avoir un événement cardiovasculaire (AVC, infarctus du myocarde, etc.) ou de souffrir d’hypertension artérielle (ce ne sont que quelques exemples).

Comment une maladie si commune, qui véhicule de si grands risques pour la santé des français, est-elle passée inaperçue ? Et comment la dépister efficacement ?

L’origine de la « Lemorexie » et pourquoi elle existe

Le terme « lemorexie » est issu du cerveau d’un jeune doctorant, moi-même, suite aux récentes attaques médiatiques subies par toutes les personnes (saines d’esprit) qui s’alimentent sainement.

Ces attaques qualifiaient outrageusement tous les français qui mangent du pain complet ou qui se pressent eux même leur jus de fruit d’orthorexiques (le pendant de la lemorexie), une maladie mentale ou un trouble du comportement alimentaire qui vise à l’obsession de l’alimentation saine.

Malheureusement pour l’inventeur de cette maladie (qui n’est pas reconnue), et pour les reportages qui stigmatisent à tort une partie de la population française, la lemorexie est bien pire que l’orthorexie. Pourquoi ?

La lemorexie est née dans un soupe très complexe où se superpose

– une publicité et un marketing agressifs pour les plus grands produits industriels transformés ;

– des recommandations gouvernementales non adaptées aux besoins réels des français ;

– une manipulation générale des résultats scientifiques en faveur des industriels ;

– une addiction physiologique aux produits les plus néfastes ;

– et finalement à la perte généralisée du libre arbitre et du scepticisme des consommateurs.

Cela fait beaucoup de choses, mais il y a des moyens simples pour piéger un lemorexique.

Qui n’a jamais entendu l’un(e) de ses ami(e)s répondre après une remarque sur son alimentation « Pizza-coca-glace » :

Mais il faut bien mourir de quelque chose ! Regarde toi, tu X [insérer ici un comportement aléatoire qui peut vous tuer] ! »

Un lemorexique est bien souvent un « je m’en foutiste » de premier ordre. Hé oui, malgré le fait qu’une personne atteinte de lemorexie sache qu’il est en train de manger une pure cochonnerie, chère, qui lui donnera soif avec des ballonnements, il s’entêtera à la manger.

Pour résumer brièvement, une personne atteinte de lemorexie souffre généralement de plusieurs addictions physiologiques au goût sucré, salé et gras avec une préférence pour les fritures, les viandes grillées en sauce ou les menus de la restauration rapide.

Pour être encore plus précis dans la description de cette maladie ultra-répandue, il suffit d’observer attentivement un rayon de votre supermarché et de voir les comportements lemorexiques.

Prendre une conserve de sauce de guacamole sans réfléchir, ni au prix ni à la liste des ingrédients, est un comportement lemorexique. Il suffit pourtant de retourner la boîte et de voir avec stupéfaction que l’on ne comprend qu’un seul ingrédient sur les 40 présents, et que l’avocat (en poudre) ne participe qu’à hauteur de 4% de la recette.

Pas de quoi s’affoler. Ce produit ne serait pas là, avec tous ces additifs, exhausteurs de goût, épaississants, colorants, conservateurs, s’il était dangereux. Oui, les personnes atteintes de lemorexie pensent que l’industrie agroalimentaire est parfaitement contrôlée et règlementée, et que toutes les publicités d’incitations à la consommation (comme les 3 à 4 produits laitiers par jour, ou une baguette de pain tous les jours) sont justes, et réfléchies pour le bien des consommateurs.

Une autre composante majeur dans le développement de la lemorexie touche la cuisine avec une très mauvaise volonté pour se cuisiner des plats, préparer des restes pour le lendemain et faire régulièrement les courses pour avoir des produits frais.

Bien souvent une personne atteinte de lemorexie trouvera difficile, compliqué et long de cuire des légumes et de se préparer des menus appétissants et plutôt équilibrés (quand bien même cuire des légumes est extrêmement simple !)

Bref, vous l’aurez compris, les personnes atteintes de cette maladie ne cherchent pas à allier plaisir et santé, mais désirent surtout assouvir rapidement et efficacement une faim tenace et oppressante pour un maximum de plaisir (en succombant à ces addictions). Il suffit généralement de supprimer un aliment dominant du régime pour créer un bazar sans nom.

Plus de pâtes, de riz ou de pain…Fini la viande ou le poisson, terminé le lait de vache… Toutes ces actions entraînent souvent de l’incompréhension et un blocage mental pour continuer de s’alimenter :

Si je ne mange plus de pâtes, il me reste quoi ?!

Malgré les informations et les indices que je vous ai présenté plus haut, vous pouvez toujours avoir des doutes sur votre état de santé. Il n’y a cependant aucun problème, puisqu’un test totalement inédit, complet et tout à fait pertinent avec seulement 11 questions existent pour vous aider. J’ai créé ce test pour vous (Anso 2014).

Comment dépister la lemorexie ? Faites le test

Ne voulant pas m’arrêter en si bon chemin, et suivant les traces de M. Bratman (l’inventeur de l’orthorexie et de son quizz pour la diagnostiquer), j’ai créé mon propre test, une valeur sûre à n’en point douter (ah ah ah).

11 questions…Faites le test.

  1. Vous ne passez pas plus de 20 minutes à vous demander ce que vous allez manger, sauf quand vous hésitez entre une pizza campagnarde ou chèvre-miel.
  2. Vous ne planifiez aucun menu à l’avance, vous allez voir ça demain au snack du coin avec les nombreux sandwichs, grecques, ou pâtisseries proposées.
  3. Le plaisir des aliments passe avant tout, pourquoi manger quelque chose qui ne vous plait pas ?
  4. Vous êtes toujours vivant et en pleine forme malgré votre litre de lait quotidien et vos 5 repas au fast-food par semaine ?
  5. Ces dernières années, avez-vous déjà été moins strict avec votre alimentation ? Plus de fast-food, de sucreries, de glaces, etc.
  6. Les légumes vous dégoûtes-ils souvent ?
  7. Est-ce que les végétariens, végétaliens ou autres personnes qui mangent sainement vous dérangent, vous dégoûtes et vous ne les comprenez pas ?
  8. Manger comme vous le faites ne vous dérange absolument pas, aucune culpabilité ni problème particulier.
  9. Lire les étiquettes et vous renseigner sur les dangers d’un aliment consommé vous paraît inutile ?
  10. Vous sentez-vous en paix avec vous-même et avez-vous le sentiment de bien vous contrôler lorsque vous respectez vos principes alimentaires ?
  11. Votre régime alimentaire, très laxiste et bien adapté à la société de consommation, vous permet-t-il de voire vos amis ?
  • Si vous avez entre 0 et 2 oui, vous êtes normal. C’est bien.
  • Si vous avez entre 3 et 5 oui, alors attention la lemorexie vous guette !
  • Si vous 6 oui ou plus, vous êtes lemorexique. L’alimentation saine n’a que peu d’importance pour vous et vous ne voyez pas pourquoi il faudrait changer, après tout, je suis en bonne santé et il faut bien mourir de quelque chose !

Vous avez fini l’article et fait le test ? Bravo !

Il fallait être courageux pour lire cet article qui est une satire de l’acharnement médiatique que subissent les personnes soucieuses de leur alimentation, de leur bien-être mais également de celui de nombreux animaux d’élevages et de la planète !

Bien entendu, le test que je vous propose est une caricature de celui de Bratman pour diagnostiquer l’orthorexie et doit être prit à sa juste valeur : celui de vous faire réagir.

L’objectif de cet article n’est pas de dénigrer ce trouble du comportement alimentaire grave qu’est l’orthorexie qui n’a rien strictement rien à voir avec le reportage de France 2 sur Marc Menant et sa femme (souvenez-vous).

Le second objectif de cet article est de faire réagir tout le monde. Les personnes qui font attention à leur alimentation de ne pas sombrer dans l’excès et relativiser tous les écarts et les paramètres que l’on ne peut pas toujours contrôler ; mais également à ceux et celles qui n’apportent pas la moindre importance à ce qu’ils mettent dans leur ventre et qui se détraquent les intestins et la santé d’une manière plus ou moins violente.

Tout comme mon chiffre de 3 français sur 5 qui seraient lemorexique est faux et ne repose sur aucune base sérieuse, celui annoncé par France 2 sur les orthorexique, d’un français sur 5, est du même ordre !

PS : Je publie cet article quasiment au même moment que Madmoizelle sur l’orthorexie avec un témoignage poignant d’une jeune femme qui découvre son orthorexie en cours avec le fameux test de Bratman. Vous pourrez lire cet article et vous faire votre propre opinion mais sachez que le test de Bratman est fait de 11 questions, et non 10 comme le laisse entendre l’article, et qu’avec 5 « oui », le test ne conclut pas à de l’orthorexie. Bref, c’est une bonne nouvelle pour notre jeune femme !

33 Commentaires

  1. lililalili

    J’ai 2. Ouf ! Je ne suis pas lemorexique non plus. Une amie végétarienne m’a demandé hier si nous n’étions pas en train de devenir orthorexiques. Je lui ai répondu que je ne pensais pas, que le fait de ne pas s’alimenter n’importe comment parce qu’on voulait nous faire avaler n’importe quoi n’impliquait pas des troubles alimentaires, que ce serait un peu trop facile quand même !… J’ajoute que je suis ce qu’on appelle flexivore, avec quand même une tendance progressive à ne plus consommer de viande. Je viens de m’inscrire sur le site que je trouve passionnant. Bon, ça fait prêt de deux heures que je me balade d’article en article, et pour l’instant, rien qui ne me hérisse. Et tant pis pour les fôtes…

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