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On entend beaucoup de choses sur l’effet placebo, ses effets, ses applications avec beaucoup de folklores et de contre-vérités. On fait le point avec 5 grandes vérités sur l’effet placebo !

© Freepik

L’effet placebo

Effet magique pour certains, exagéré pour d’autres, l’effet placebo fascine le monde médical pour ses applications thérapeutiques possibles. L’effet placebo est par définition un effet positif qu’on associe souvent à une rémission ou l’amélioration d’un état de santé, contrairement à l’effet nocebo, lui négatif et synonyme d’une dégradation.

Pour comprendre l’effet nocebo, nous avons une histoire franco-française très amusante dans une petite ville où certains habitants se sont plaints de maux de tête, vertiges et désorientation après la mise en place d’une antenne-relais.

Si les symptômes étaient bien réels, l’antenne n’était pas en fonctionnement selon l’opérateur, démontrant assez magistralement le fameux effet nocebo. Je ferme cette petite parenthèse et vous invite à lire notre enquête sur l’électrosensibilité.

L’effet placebo est donc intensément débattu dans la communauté scientifique, tant sur la portée des effets que la nature du déclencheur.

  • Comment obtient-on un effet placebo ?
  • L’obtient-on à tous les coups, pour soigner à peu près tout ?
  • Peut-on manipuler les patients pour améliorer la qualité des soins ?
  • Est-ce une pratique éthique ?

On réalise que l’effet placebo repose énormément sur le contexte, et aussi sur des problèmes méthodologiques des études qui évaluent des thérapies contre des placebos.

On va découvrir dans cet article toutes les subtilités et les controverses qui entourent l’effet placebo, avec quelques surprises.

Les surprises et vérités sur l’effet placebo

L’effet placebo est souvent exagéré

On pense parfois que l’effet placebo peut se retrouver partout, mais ce serait loin d’être le cas. En fait, des chercheurs jettent régulièrement des pavés dans la mare avec des études explosives qui défient l’idée d’un effet placebo omniprésent et puissant.

Dans une étude au titre provocateur, « le placebo est-il sans effet ? », deux chercheurs ont voulu mesurer précisément la portée de l’effet placebo et ne trouvent pas vraiment d’effet significatif ni marquée (1, 2).

Vous imaginez la bombe ?

Ces résultats signifient qu’on attribuerait une part bien trop importante à l’effet placebo alors que les rémissions spontanées ou les régressions naturelles des problèmes de santé ont leur part de responsabilité.

Des résultats valable pour le traitement de l’obésité, de l’hypertension, du tabagisme ou encore de l’insomnie.

Le péché originel vient des études qui ont comparé des traitements actifs contre des traitements inertes (des placebos), sans inclure un troisième groupe, qui lui ne reçoit rien. Ces études écrites par Henry Beecher dans les années 50 avançaient ainsi que l’effet placebo pouvait soigner une personne sur trois (3).

Et c’est bien la présence de ce troisième groupe qui permet de mesurer la différence entre l’effet placebo supposé et l’évolution naturelle d’une maladie, sans traitement.

La douleur et les phobies au tapis ?

Mais les études citées dans le paragraphe précédent montrent aussi l’existence d’un effet placebo pour le traitement de la douleur principalement, des phobies et de l’asthme à moindre mesure.

Ces cas en particulier seraient les plus sensibles aux facteurs contextuels qui peuvent entraîner un effet placebo marqué.

Cela signifie que les thérapies qui visent la douleur doivent plus que les autres avoir des groupes contrôles avec placebo pour en évaluer correctement son efficacité.

On retrouve cet effet placebo dans pratiquement toutes les études qui évaluent l’imposition des mains ou les formes de Reiki.

Une petite étude sur des participants atteints d’ostéo-arthrite a montré la puissance d’un « toucher guérisseur » réalisé par des infirmières formées pour réduire de nombreux paramètres lié à la douleur.

Mais cette étude n’avait aucun groupe contrôle avec une intervention placebo où les infirmières auraient fait un toucher de la main aléatoire sans prétention thérapeutique. Plusieurs autres études qui ont pris cette précaution ne trouvent pas de différence entre les deux groupes, dont on relate tous les points dans l’enquête sur le reiki.

Homéopathie : Pas plus que l’effet placebo ?

L’homéopathie déchaîne les passions. Elle serait extrêmement efficace et sans risque selon ses défenseurs, ou alors inutile et potentiellement dangereuses selon ses détracteurs.

On l’accuse de se limiter au seul effet placebo. Que peut-on dire de l’homéopathie ? Est-elle efficace ou inutile ? Enquête.

L’effet placebo fonctionne même en connaissance de cause

C’est peut-être le point le plus surprenant qui entoure l’effet placebo. Mais les chercheurs se sont rendu compte que l’effet placebo se retrouve chez des patients, quand bien même ils savent qu’ils ont bénéficié d’un placebo (4, 5) !

Il fallait penser à faire ce genre de recherche quand même !

C’est pendant des études cliniques « ouvertes » où les participants savent dans quel groupe ils appartiennent qu’on peut évaluer la présence ou non d’un effet placebo alors que les participants sont au courant du subterfuge.

Mais comment est-ce possible ?

Malgré le pot au rose, les participants peuvent toujours nourrir des attentes fortes du traitement inerte pouvant expliquer une différence d’efficacité comparé à des groupes non traités.

Les résultats de la recherche clinique s’affrontent sur ce sujet, avec un effet qui existe, mais qui serait faible (avec des statistiques et d’échantillonnages) et nécessite d’autres recherches pour en comprendre toutes les subtilités.

Mais cette recherche plaide pour une transparence et une éthique dans la relation soignant-soigné. Car pour démultiplier l’effet placebo, le soignant devrait exagérer les bénéfices d’un traitement, au risque de mentir, et donc de dégrader la qualité de cette relation privilégiée.

Un dilemme que ces études essayent d’appréhender.

L’effet placebo fonctionne chez les enfants

Les enfants sont aussi sensibles aux placebos et aux facteurs contextuels qui peuvent déclencher le fameux effet placebo (6, 7, 8).

Quand ces derniers sont en âge de comprendre (on parle des tranches d’âge entre 6 et 14 ans), la science nous prévient qu’ils peuvent bénéficier d’une manière encore plus marquée de l’effet placebo que les adultes.

Mais qu’en est-il chez les très jeunes et les nourrissons ? Ils sont réputés naïfs et donc insensibles à l’effet placebo… à tort.

Car l’effet placebo chez les tout petits est bien souvent le résultat des attentes des parents transposés à l’enfant. Ce n’est pas clair ? Je m’explique.

Quand on évalue l’efficacité d’une thérapie chez des nourrissons, prenons l’exemple d’un rhume, c’est souvent les parents qui doivent effectuer des mesures plus ou moins subjectives à destination des chercheurs.

L’attention différente des parents en cas de maladie, et même avec un placebo, peut favoriser certains comportements (forcément plus empathique et réconfortant) jouant sur l’état physique et émotionnel du nourrisson.

Au passage, on retrouve exactement ce même mécanisme avec les animaux expliquant qu’on observe des effets placebo dans les études vétérinaires. J’en parle en détail dans l’enquête dédiée aux vétérinaires homéopathes notamment.

On peut être non réceptif à l’effet placebo

Toutes les études menées sur les pratiques ou médicaments placebo affrontent à un moment donné le « non répondeur ». Cette personne a la particularité de ne pas réagir aux différents contextuels qui produisent habituellement un effet placebo.

C’est pour cette raison que les travaux scientifiques ont parfois des intervalles de confiance importants qui naviguent entre un effet placebo très marqué (et donc des personnes qui répondent bien aux stimulations extérieures) ou nul avec nos fameux non répondeurs.

Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne ! Ce qui complique en réalité la mission des professionnels de santé qui doivent réussir à identifier quels effets contextuels sont les plus à même de déclencher une telle réaction.

Comment favoriser l’effet placebo

On sait aujourd’hui plus précisément quels facteurs contextuels peuvent entraîner un effet placebo. Voici une liste non exhaustive des effets contextuels les plus communs et qui peuvent être mis en place.

  • L’attente du patient doit être exacerbée (en insistant sur l’efficacité du médicament et son innocuité : « ce médicament est très efficace et va vous soulager »)
  • L’histoire du patient, si elle est positive, va améliorer la réponse à un traitement
  • Le comportement du soignant, ses suggestions verbales et gestuelles, et ses croyances (qui devraient être alignés avec celle du patient) peuvent améliorer ou dégrader l’effet (de placebo à nocebo)
  • Une attitude empathie, réconfortante, attentive avec des encouragements améliore l’effet de la médication et de l’effet placebo
  • Le coût élevé d’un traitement ou d’une séance peut améliorer la réponse à un traitement, tout comme la durée d’une séance (plus c’est long, plus l’effet est marqué)

Kiné vs. Ostéo

C’est avec ces éléments en tête qu’on peut s’amuser à comparer le choix de personnes atteintes de douleurs diverses vers des ostéopathes plutôt que des kinésithérapeutes.
Les premiers proposent des séances 3 à 5 fois plus chères et plus longues que les seconds, avec une attention totale sur un seul patient. Est-ce que cette différence de configuration peut jouer sur le sentiment de satisfaction et d’efficacité des deux pratiques ?

J’ai posé la question sur ma page Facebook pour avoir votre avis. J’ai pu avoir de nombreux retours, et ce sondage ne vaut pas grand-chose disons-le, il montre toutefois la nette préférence pour l’ostéopathie pour soulager des douleurs en tout genre.

Sur les quelques 35 avis, 75% choisissent un ostéopathe plutôt qu’un kinésithérapeute !

À retenir

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis les premiers résultats sensationnels de l’effet placebo sur la santé. De ces études sont sortis des chiffres (souvent celui de 30%) qui mélangent un peu tout (réponse des sujets ou taux de guérison par « l’esprit »).

Il manquait pourtant des contrôles méthodologiques majeurs.

Car ce sujet génère d’intenses discussions qui ont posé une sorte de consensus : l’effet placebo existe bien, surtout dans certaines affections comme la douleur, les phobies et peut-être l’asthme.

On retrouve de nombreuses études qui négligent en revanche l’importance de cet effet pour différentes maladies (obésité, hypertension, etc.)

On trouve des études au cas par cas qui peuvent mettre en évidence un effet placebo, aussi chez des adultes que chez des enfants, mais dont il faut vérifier avec attention la qualité méthodologique.

L’effet placebo se nourrit principalement des attentes des patients qui placent d’importants espoirs thérapeutiques dans un traitement, quand bien même ce dernier serait inerte (un vrai placebo) ou non adapté (un faux-placebo) pour cette pathologie.

Le comportement du professionnel de santé est aussi capital pour obtenir un effet plus marqué (avec de nombreux autres paramètres qu’on classe dans les effets contextuels).

Toutes ces raisons peuvent expliquer pourquoi certaines pratiques, sans contrôle ni mise en aveugle, comme les bains dérivatifs, l’eau enrichie en hydrogène ou le bol d’air Jacquier peuvent avoir des effets positifs retrouvés par les utilisateurs !

En bref, tout est une histoire de contexte et l’effet placebo n’a pas encore révélé tous ses mystères !

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8 commentaires
  1. Que pensez-vous du livre de Joe Dispenza le “Placebo c’est vous” ?
    Une approche par les neurosciences avec pleins d’exemples (essais) fait dans des hopitaux.
    Cdlt

    1. Bonjour, je ne connais pas cet ouvrage. Mais j’ai peur que cet ouvrage fasse un poil trop de sensationnalisme dans la puissance de l’effet placebo. J’ai pu voir des commentaires critiques sur la non présence de référence scientifique. A voir donc.

      1. je suis surpris, dans le livre il y a 10 pages indiquant des références sur les divers références scientifiques

  2. je vais prendre la première référence :
    REEVES, R.R, LADNER, M.E, HART, R.H., et al. “Nocebo Effects with Antipressant Clinical Drug Trial Placebos,”
    General Hospital Psychiatry, vol.29, no 3, 2007, p. 275-277; MEADOR Clifton K. True Medical Detective Stories, North Charleston, SC : CreateSpace, 2012

    1. Merci JB, en effet, la référence est bien “scientifique” mais montre surtout le cas d’un homme chez qui nous avons pu montrer un effet “nocebo” assez marqué, l’inverse de l’effet placebo.

      Après, c’est juste un “case report” d’un seul cas clinique sans contrôle de facteur de confusion ni analyse des différents groupes que je précise dans l’article. Peut-être auriez-vous d’autres référence assorti de forte et importante allégation dans cet ouvrage?

      A vous lire

    1. Bonjour JB,

      Oui, l’homéopathie “fonctionne” pour à peu près tout le monde pour les raisons évoquées dans cet article (et dans d’autres) et notamment l’effet placebo déporté sur le soignant.

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