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2ème partie de l’article du Nouvel Obs. à charge contre le sans gluten

Souvenez-vous, je publiais récemment une réponse à l’article à charge contre le sans gluten écrit par un médecin nutritionniste fortement lié à l’industrie céréalière française.

Dans mon billet précédent, je dénonçais l’utilisation malhonnête d’une étude scientifique sous couvert d’un expert en nutrition, un médecin nutritionniste en réalité, qui possédait des liens d’intérêts avec l’industrie céréalière depuis 2006, sans les avoir déclaré !

Liens d’intérêts omis de la part d’un professionnel de la santé ? Est-ce illégal ? Cet article récent répond clairement à cette question. Vous serez surpris de la réponse.

Dans cette série d’articles vous allez maintenant découvrir la vérité sur les arguments avancés par l’expert interrogé.

Vous allez découvrir que les attaques perpétrées sur les « sans gluten » ne tiennent pas du tout la route, preuves scientifiques sous le coude.

Pour mémoire, voici les points défendus par M. Robert dans le « Plus » du Nouvel Observateur :

  1. Le régime sans gluten ne fait pas maigrir
  2. Il peut engendrer des déficits nutritionnels
  3. Le pain et les pâtes sont une bonne source de vitamines
  4. Le régime sans gluten n’a rien “de plus sain”

Cet article est dédié au premier point uniquement.

Le régime sans gluten ne fait pas maigrir : FAUX !

Le premier argument de M. Robert porte sur les apports caloriques des féculents, qui sont inférieurs (1g pour 4 kcal) à ceux des matières grasses (1g pour 9 kcal).

Autrement dit, et selon le médecin, arrêter les féculents contenant du gluten (pain, pâtes, etc.) ne permettrait pas de perdre du poids, car ce sont les matières grasses les pires !

Naissance de la « lipophobie »

Cette théorie selon laquelle les matières grasses sont responsables de la prise de poids remonte aux années 70, avec la naissance de la « lipophobie » (la peur des graisses).

Michael Pollan décrit très bien la stigmatisation progressive des matières grasses au détriment des autres macronutriments dans son livre « Nutrition, mensonges et propagande. »

Donc, sur la seule base de l’apport calorique, les allégations « pauvres en matières grasses » sont devenues des arguments de ventes, des arguments de santé !

La contrepartie de cette guerre contre les graisses fut une augmentation flagrante et dramatique de la quantité de glucides, les petits anges, avec seulement 4 kcalories par gramme !

Malheureusement nous avons aujourd’hui assez de recul pour constater que la guerre faites aux matières grasses, au profit des glucides, a dramatiquement dégradé l’état de santé de nos chers occidentaux.

Obésité et diabète ne sont qu’un exemple d’une descendance née de cette guerre injustifiée contre les matières grasses.

Et je ne suis pas le seul à tenir ce discours.

Les chercheurs de l’Ecole de santé publique de Harvard, bien souvent précurseurs dans ce domaine, confirment bien que cette guerre injustifiée pourrait être liée « aux plus graves problèmes de santé auxquels notre société doit faire face aujourd’hui […] »

Pour rentrer maintenant dans le détail de ce paragraphe, M. Robert nous assène que le « pain ne fait pas grossir », mais plutôt « ce qu’on met dessus » et que des études scientifiques montrent que les « mangeurs de pain ont un poids moindre que ceux qui s’en privent. »

La pain fait-il grossir ? Découvrez ma réponse ici.

Voici un argument classique d’autorité :

« Des études scientifiques ont montré que [insérez votre produit à vendre] permettait de [insérez un bienfait sur la santé] »

Si j’en crois cette étude publiée en 2012 par une équipe de Minneapolis, la consommation de céréales prêtes-à-manger améliorerait la qualité de l’alimentation de nos séniors américains.

Mais le fait que les 3 auteurs de l’étude soient des salariés de General Mills, la toute puissante industrie céréalière américaine, me fait fortement douter de la qualité des résultats.

Coincidence ? Je ne pense pas.

Mais M. Robert s’est peut-être appuyé sur cette étude publiée en 2005 qui démontre chez plus de 17.000 personnes que la consommation de céréales, complètes ou non, est associé à une plus faible prise de poids et un indice de masse corporel (IMC) plus faible que ceux ne consommant que très peu de céréales.

Des résultats intéressants, que je croirais bien volontiers si l’étude n’avait pas été financée par l’industrie céréalière américaine, avec l’un des auteurs travaillant pour elle, et un autre payé par elle pour un travail de consultant.

Bon, ok, c’est le moment de passer aux choses sérieuses, qu’en dit la vraie science ? Indépendante et sérieuse ?

Première élément de réponse avec cette étude publiée en 2003 par l’Ecole de santé publique de Harvard qui démontre une association positive entre la consommation de céréales raffinées et la prise de poids.

Autrement dit, le pain blanc, la baguette, les farines blanches et autres seraient associées à une prise de poids.

On commence à s’éloigner de l’allégation de M. Hervé Robert.

En revanche, la consommation de céréales complètes, elle, serait associée a une perte de poids. Nuance.

Cela pourrait nous faire croire qu’il faut consommer des céréales complètes, mais vous verrez par la suite que cela n’est pas forcément vrai.

On y arrive.

Plus récemment, une étude publiée en 2011 par une équipe indépendante italienne nous confirme cette association négative entre les céréales raffinées et le poids corporel.

Autrement dit, et pour enfoncer le clou, consommer des céréales « blanches » est associée à la prise de poids. Rien de nouveau donc.

Egalement énoncé par cette équipe italienne, les céréales complètes seraient quant à elle associées à une perte de poids. Exactement comme le trouve notre équipe de Harvard.

Sauf qu’il y a un hic. Ces résultats proviennent d’études épidémiologiques, qui ne prouvent que des associations et non des relations de cause à effet.

Les auteurs sont donc obligés de citer des essais cliniques dans lesquels nous avons réellement comparés l’efficacité sur le poids d’une diète riche en céréales complètes versus raffinées, et là, on ne trouve plus rien !

Les céréales complètes ne seraient pas plus efficaces pour perdre du poids que les céréales raffinées. Et ces preuves sont plus solides, avec  une relation de cause à effet.

Un mythe s’effondre ?

Pour enfoncer encore un peu plus le clou, une recherche indépendante réalisée sur plus de 130 articles scientifiques (review), financée par le Département américain de l’Agriculture, nous affirme exactement la même chose.

Les essais cliniques n’arrivent pas à démontrer un rôle bénéfique d’une consommation de céréales complètes sur la gestion et la perte de poids.

Et les céréales raffinées sont toujours clouées au pilori : on prend du poids avec !

Pour tenter de vous convaincre définitivement de ne pas croire M. Robert, des études publiées en 2007, 2009 et 2012 ont comparé les bénéfices d’une diète méditerranéenne, jugée excellente pour la santé, avec une diète de type paléolithique ou ancestrale, sans produits céréaliers.

Le résultat est sans appel :

la diète ancestrale sans produit céréalier conduit a une perte de poids plus importante que la diète méditerranéenne (avec des céréales complètes), mais pas uniquement !

Egalement une baisse de la pression artérielle, une meilleure satiété, un meilleur contrôle de la glycémie… Mais ce n’est pas le sujet de l’article.

Je me suis moi-même épanché par le passé de plusieurs articles sur ce pain blanc (fait-il grossir ?) (faut-il le bannir ?) et les céréales raffinées, même l’émission E=M6 y était passé !

Sur ce premier paragraphe, même la simple phrase annonçant que le pain consommé dans un repas aurait « plutôt un effet coupe-faim » et contribuerait « à faire consommer moins de lipides » est fausse.

Cela pourrait même être dangereux pour la santé à en croire les études sur le sujet (en 2009 par Brand-Miller; en 2012 par Romieu; en 2009 par Jakobsen; en 2010 par Siri-Tarino et toujours en 2010 par Jaokobsen).

Au-delà de la science, la réalité du terrain !

Allez, pour vraiment terminer sur ce long premier point, je suis obligé de vous parler de ces blogueurs et docteurs américains qui font maigrir des milliers de personnes à travers le monde, avec une diète sans céréale, et donc sans gluten.

MM. Mark Sisson, avec son régime paléolithique, et William Davis, avec son régime sans céréale, accumulent une liste impressionnante de « success stories » sur la perte de poids avec ces régimes.

Alors oui, on sort du domaine scientifique à proprement parlé, mais n’est-il pas parfois plus intéressant et plus pertinent d’observer comment ça se passe réellement ?

Les études scientifiques, c’est mon kiff, c’est sûr, mais rien ne peut plus me convaincre que les centaines et les centaines de cas qui confirment un comportement bénéfique, et notamment la perte de poids avec l’arrêt des céréales.

La limite du raisonnement

Pour moi, faire un régime sans gluten signifie très explicitement remplacer les produits sans gluten (SABOT) par des produits naturels, peu transformés !

A aucun moment, vous ne devez vous ruer sur les fameux produits estampillés “sans gluten” qui inondent les magasin bio et qui ne sont pas mieux que le confrères avec du gluten.

Ces produits contiennent souvent des farines de riz, avec des index glycémique élevées, des additifs en tout genre et j’en passe.

Faire un régime sans gluten, ou bien simplement diminuer ces apports en gluten, vous engages à manger plus de fruits, plus de légumes, de riz complet, des légumineuses et d’autres produits fermiers ou bio !

C’était un point important à mentionner.

Le prochain article ?

Eh bien dans le prochain article on va traiter le deuxième point soulevé par M. Robert, c’est-à-dire les déficits nutritionnels qui seraient entraînés par un régime sans gluten.

Bien sûr, vous allez découvrir, et encore avec des références à l’appui, que cela est faux.

Du moins, il ne faut pas faire n’importe quoi non plus, même au sans gluten !

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57 commentaires
  1. Le régime sans gluten est devenu comme un phénomène à la mode or c’est un régime très restrictif qui peut être dangereux surtout si on n’est pas allergique au gluten. Il faut faire attention car à force de suivre un régime sans gluten on peut devenir vraiment intolérant.

    1. On peut être intolérant sans être allergique… Et cet argument de phénomène de mode ne tient plus… De plus en plus de gens voient leur vie améliorée voir complètement changée grâce à ce régime. Et c’est ce réel bien être, bien concret, qui fait que les gens arrivent à tenir ce régime dans la durée. Ceux qui ne sont pas concernés craquent rapidement.

      De mon côté, le gluten c’est fini ! Après 15 ans de maux en tous genres étiquetés “stress” par les médecins, je suis maintenant en pleine forme et ne souffre plus de rien (depuis 1 an et demi d’arrêt). Mes tentatives de réintroduction douces ont toutes été des échecs. On ne m’y reprendra plus ! Et ce n’est pas forcément un régime “minceur” car autant on peut perdre du poids, on peut également en prendre. Ce qui fut mon cas d’ailleurs avec 10 kg de pris, et je m’en porte bien mieux ! Le corps perd ou prend du poids selon les gens. Il se rééquilibre en fonction de la physiologie de chacun.
      Et tous les jours j’entends de nouveaux témoignages à ce sujet.

      On ne change pas radicalement sa façon de manger pour le plaisir ! Faut arrêter ! Ce n’est pas l’arrêt du gluten qui est dangereux, mais le gluten lui même…

    2. @allergie au gluten :
      Déjà il faut savoir de quoi on parle, or le gluten ne provoque pas d’allergie (cas rarissimes).
      Médicalement, il s’agit d’intolérance.
      De plus, sur quelles bases affirmer que c’est dangereux un régime sans gluten ? Et si ça l’était dans ce cas, pourquoi je connais personnellement des dizaines (et indirectement des centaines) de personnes qui ne mangent aucune céréales depuis des années et qui se portent très bien, analyses de sang à l’appui. Je ne connais aucun cas de carence provoqué par un régime sans gluten quand ce régime est accompagné d’une alimentation qui fait attention à manger suffisamment de fruits/légumes/viandes et en évitant les cuissons trop fortes.
      Le concept: “les céréales c’est diététique” n’est qu’une manipulation marketing mise au point il y a longtemps par les grands groupes céréaliers… Au point que c’est rentré dans l’inconscient collectif. Mais quand on connaît l’alimentation humaine physiologique on sait que les céréales n’en font pas partie.

  2. Je m’intéresse au gluten depuis quelques mois déjà. Rencontrant pas mal de problèmes de santé depuis quelques temps (2 à 3 ans voire plus) avec notamment une hypothyroïdie avec une prise de poids importante (environ 10 à 15kg), une arthrose, un colon irritable depuis… toujours ou presque, une fatigue qui dure depuis au moins aussi longtemps que mes problèmes de colon, une humeur en dents de scie (idem pour la durée), enfin bref je ne vais pas tout détailler. Mon rhumato m’avait parlé de commencer un régime sans gluten car il est convaincu de ses effets sur les articulations. Je n’ai pas suivi son conseil, mais j’ai commencé à me poser bien des questions et à me renseigner davantage à ce sujet. Et voilà déjà 4 jours que j’ai arrêté le gluten. Bien sûr, je n’ai pas encore le recul nécessaire pour juger des effets mais j’ai déjà constaté un réel changement au niveau intestinal et cela à peine 48h après l’arrêt. Mon intestin était douloureux en permanence dès que je palpais mon ventre, sans parler des gaz (une vraie usine à moi seule), et là plus de douleur, et plus de gaz ! Pour les articulations, j’attends encore avant de tirer des conclusions mais je sens aussi du mieux !
    J’étais allée voir un gastro-entérologue par rapport à mon colon et j’avais évoqué le gluten, sa réponse a été sans appel, il ne fallait pas se lancer dans un régime sans gluten qui était très contraignant alors que je n’avais pas la preuve que mes problèmes pouvaient avoir un lien avec le gluten. En gros, j’avais un colon irritable et c’était en somme une fatalité avec laquelle je devais vivre.
    Mais ce n’est pas cela qui m’a amenée sur cette page, c’est la corrélation qu’il pourrait y avoir entre l’intolérance au gluten et la prise de poids ! Comme chacun le sait, l’hypothyroïdie entraine fréquemment une prise de poids, mais dans mon cas, mon taux de T3 étant maintenant bien remonté, j’aurais du perdre le poids que j’ai pris ! Je ne me nourris pas en excès, j’essaye de faire attention à mes apports et malgré tout je ne décolle pas. Il faut savoir qu’avant mes problèmes de thyroïde, je pesais 48kg pour 1,58m ce qui était mon poids de forme. Je n’ai d’ailleurs jamais été une de ces accros des régimes, j’apprécie trop manger pour me lancer dans ces régimes hyper restrictifs et avec lesquels on regrossit plus vite qu’on a perdu ! Donc, je pense que si mon organisme est en souffrance avec le gluten, cela a pu entrainer un dérèglement qui peut être la cause de ce poids qui stagne.

    1. PolyyPocket, je pense qu’il faut que vous sachiez que dans votre cas, le gluten n’est pas la seule cause. Un certains nombre de toxines encrassent votre corps et provoquent différents troubles dont des états inflammatoires (intestins, articulations, etc.) et certaines glandes se dérèglent dont la thyroïde p.ex.
      Sans parler de régime (en général, je suis contre et je n’en préconise que rarement), il vous faut changer d’alimentation et passer à une alimentation hypotoxique, qui donne de très bons résultats sur toutes les maladies auto-immunes, dont les pbm de thyroïde (sauf si celle-ci est déjà trop endommagée)…
      Cette alimentation n’est pas un “régime”, elle est simplement une autre façon de manger qui est bien plus proche de notre alimentation physiologique naturelle que toutes les autres.
      Elle met en rémission une grande partie des maladies auto-immunes, et joue un rôle préventif face aux maladies dites de “civilisation”. Je la préconise en consultation même pour des personnes n’ayant aucune pathologie car leur état général s’en trouve amélioré (résistance à la fatigue, meilleur sommeil, système immunitaire optimal, meilleures performances intellectuelles et sportives etc.)
      Renseignez-vous sur internet mais vous pouvez aussi me contacter si vous souhaitez-en savoir plus !

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