Les ambrevades ou pois d’angole sont des légumineuses qui possèdent un profil nutritionnel très intéressant. Pratique, la plante pousse facilement, elle est également généreuse : on peut consommer les jeunes pousses, les graines immatures ou sèches, après trempage. Ecologiquement parlant, elle enrichie le sol en azote, et peut servir de fourrage pour les animaux de la ferme. Retrouvez dans cet article tous les bienfaits de cette plante.

  • Mise à jour (02/06/17) : découvrez comment les écosser facilement, avec la méthode illustrée pour rire un coup et remplir ses placards d’ambrevades ! (à lire ici).
ambrevade-graines-pois-angole-legumineuses
Des graines d’ambrevades de mon jardin. Elles se conservent facilement et sont excellente après cuisson ! On peut les cuire façon lentilles ou en faire du houmous maison… délicieux !

Ces fameuses protéines végétales

Dans le grand jeu de l’alimentation, de la nutrition et de la recherche d’une alimentation équilibrée, qui devrait limiter les carences au maximum, les protéines végétales font le contre-pied des protéines animales.

Sans rentrer dans le détail de ce très vieux débat qui oppose la qualité des protéines animales aux protéines végétales, ces dernières cumulent de nombreux avantages, principalement mis en avant dans les dernières études épidémiologiques. Ces dernières études qui comparent d’importants échantillons de la population, végétariens vs omnivores, démontrent bien souvent une meilleure santé et espérance de vie chez les végétariens.

L’ensemble de ces résultats sont discutables, notamment les méthodes employées que j’ai l’habitude de dégommer, mais aussi la qualité de la viande choisie par les omnivores. Eh oui, les résultats ne sont pas les mêmes si l’on mange principalement de la viande transformée (pâté, saucisson, jambon) à la place de viande non transformée. Quoi qu’il en soit, il est clair que notre consommation de protéines animales, à travers les produits animaux, doit être fortement réduite (et je parle pour les gros mangeurs) au profit des protéines végétales.

Remettre en question notre consommation est aussi une question éthique, avec le bien être animal, qu’une question de santé publique, comment rester en bonne santé ? C’est bien à ce titre que je souhaite vous parler dans cet article d’une plante particulière, une légumineuse plus précisément, qui produit des graines d’une qualité inédite mais pas uniquement.

L’ambrevade ou la « viande du pauvre »

jeune-pousse-ambrevade-pois-angole
 illustration: jeune cosse d’ambrevade et sa fleur sur un pied âgé de 8 mois.

Les différentes pages Wikipédia en français et en anglais apportent de nombreuses informations sur cette fameuse ambrevade (ou pois d’angole en français ; ou pigeon pea en anglais), son histoire, sa culture et son utilisation. Cette légumineuse est originaire de l’Asie du sud, il y a 3.500 ans. Elle est aujourd’hui répandue dans les climats tropicaux ou subtropicaux, notamment an Afrique, en Amérique Latine ou dans la région pacifique.

Le pois d’angole est très peu gourmand en eau, et il est à la base de nombreux plats traditionnel de part le monde. Je ne citerais pas les nombreux plats répertoriés sur le net, mais vous avez l’exemple de la République Dominicaine qui propose un plat traditionnel à base de pois d’angole et de riz, et qui s’appelle moro des guandules.

Mais qu’en est-il de la qualité nutritionnelle de cette légumineuse ?

Les apports nutritionnels de l’ambrevade

Je le disais au début de l’article, l’ambrevade est une légumineuse au même titre que les lentilles ou les pois cassés, et apporte donc des quantités importantes de protéines.

D’après l’énorme base de donnée du Département de l’Agriculture des Etats-Unis, les graines matures de pois d’angole contiendraient plus de 21 g de protéines pour 100 g, dont les 9 acides aminés essentiels ! Toujours selon cette même source, les graines matures contiendraient également des concentrations intéressantes en vitamine B9, B1, B5, B6, B3 et B2.

La légumineuse asiatique ne s’arrête pas là, puisqu’elle aurait des concentrations élevées en manganèse, en phosphore, potassium, fer ou magnésium. Cependant, la graine mature contient principalement des hydrates de carbones, au moins 62%, dont 15% de fibres. Pour terminer, 100 g d’ambrevade apportent 343 kcal pour des graines matures, mais seulement 121 kcal pour 100 g de graines bouilles à l’eau !

J’en viens à ces quelques questions:

  • A quoi ressemble cette plante ?
  • comment préparer les graines ?
  • Quel goût ont-elles ?

Mon expérience avec l’ambrevade

Nous avons planter nos premiers pieds d’ambrevade il y a quelques mois maintenant, et nous avons fait véritablement notre première récolte il y a quelques semaines, sur au moins 6 gros pieds.

cosse-seches-pois-angole-ambrevade
Voici un sac de cosses d’ambrevades du jardin. L’étape suivante sera de sortir les graines des cosses. Un article spécial a été écrit pour vous aider.

C’est avec joie que nous avons récolté un sac bien rempli des fameuses cosses de pois d’angole.

Pour extraire les graines, il n’ y pas vraiment de méthode miracle, et on cherche toujours l’alternative la plus efficace, la moins pénible et la plus rapide.

Vous avez donc le choix:

  1. Soit d’écosser une à une chaque cosse, et de séparer les graines du reste. Ce travail est long, parfois pénible, et se délègue très facilement aux enfants, cousins ou toute main d’oeuvre présentes sur les lieux au moment de la récolte.
  2. Soit de broyer grossièrement toutes les cosses dans un gros bacs et trier ensuite les graines des résidus des cosses. Vous pouvez les broyer avec des gants de jardinier ou bien avec des semelles de chaussures.

Dans ce cas là, l’étape de séparation des débris avec les graines est plutôt pénible, long, et fonctionne plutôt bien avec l’aide du vent qui sépare naturellement les débris les plus légers.

Une fois que les graines sont bien récupérées (nous avons fait plus de 600 g pour la première récolte témoin), je vous conseille de les conserver dans des bocaux en verre. Pour manger les graines matures, je vous conseille de les faire tremper une nuit avant la cuisson. Le trempage apporte beaucoup aux légumineuses, en réduisant notamment le temps de cuisson et en améliorant légèrement la densité nutritionnelle de l’aliment.

Le goût est franchement unique, spécial qui diffère fortement de celui des lentilles ou des pois chiches.

Franchement, moi j’adore ces graines, qui passent très bien dans tout type de préparation, autant dans des menus végétariens qu’omnivores. Pour être complet, les cosses peuvent être récoltées vertes et préparer exactement de la même manière en cuisine. La séparation des graines est toutefois différentes, les cosses étant plus tendre, vous serez obligé de les ouvrir une à une pour récupérer les graines.

Les rôles de l’ambrevade en permaculture

fleurs-pois-angole-ambrevade-polinisation
Une fleur d’ambrevade. Elles sont magnifiques et ont peu voir de nombreuses abeilles venir récolter le nectar. Différentes couleurs en fonction des variétés et des régions.

On pourrait se poser la question :

Mise à part produire à manger, à quoi ça peut bien servir ?

Eh bien à de nombreuses choses ! Tout d’abord le pois d’angole est une légumineuse, et pourra donc charger le sol en azote naturellement. Les feuilles peuvent être utilisées pour nourrir le bétail, comme les moutons, les brebis ou bien les bœufs.

Cette plante devient un bel arbuste, pouvant vivre jusqu’à 5 ans, qui produira de l’ombre dans les parties les plus ensoleillées du potager ou du jardin.

Une fois l’arbuste en fin de vie (faible production de cosses) il pourra être coupé, mais non déraciné, et réutilisé broyé pour pailler des buttes en permaculture,  ou nourrir du bétails par exemple. J’aime utiliser les jeunes arbustes d’ambrevades en tant que tuteurs pour faire démarrer mes haricots ou mes pois dans le potager. Cette légumineuse produit également de très belles fleurs qui attirent les abeilles et participent aux nourrissages des colonies, et peuvent de ce fait bénéficier d’une pollinisation majeure assurée par les abeilles (voir mon parti pris sur les abeilles et le travail d’apiculteur).

Pour la réalisation des semis, je conseille de les faire tremper longuement dans un verre d’eau et de replanter les graines qui ont gonflées. Par expérience, les graines d’ambrevades (au moins celle de la maison) gonflent toutes, avec plus ou moins de temps. Une fois bien rondelettes, il suffit de soit les mettre en pleine terre soit dans des bacs à semis. Les deux méthodes fonctionnent très bien.

D’ailleurs, quand vous avez séparé les graines des cosses, utilisez les cosses broyées pour repailler des buttes, et vous observerez de nouveaux semis avec les quelques graines oubliées dans certaines cosses.

Eh hop, la prochaine génération d’ambrevade est assurée !

Bien entendu, vous pouvez récolter les graines d’ambrevades vertes. La composition nutritionnelle varie cependant dans le mauvais sens, sauf pour la vitamine C qui augmente !

graines-germinations-gonfle-imbibition
Expérience d’imbibition des graines d’ambrevade. Il suffit de laisser tremper les graines quelques jours, puis de retirer celles qui ont doublé de volume, et la germination sera -quasiment- assurée !

En conclusion : l’ambrevade est une alliée de choix !

Si vous avez la chance de vivre dans un climat où le pois d’angole pousse, alors vous n’avez plus aucune excuse pour ne pas vous fournir en graines et planter vos premiers pieds !

En plus d’être une légumineuse pratiquement autonome (elle nécessite peu d’eau et d’entretien), la graine contient tous les acides aminés essentiels, et des quantités ma foi intéressantes en minéraux et vitamines.Son rôle dans un système permaculturel est également à prendre en compte. L’arbuste pourra servir, et resservir, dans de nombreux domaines comme la pollinisation, l’élevage, la gestion de l’ensoleillement, l’enrichissement du sol, etc.

Voilà, vous n’avez maintenant plus aucune excuse pour ne pas manger vos propres « lentilles » qui peuvent parfaitement être mangé en houmous, testé la semaine dernière, un régal !

jeune-pousse-paille-semi-ambrevade
Illustration: une jeune pousse d’ambrevade repiquée en plein terre il y a une semaine et bien paillée !

Découvrez la suite de cet article et le côté pratique : Comment récolter et écosser les ambrevades pour que cette tâche ne soit pas trop fastidieuse et ne vous empêche pas de profiter des trésors de votre jardin ! A LIRE ICI !

Et vous, vous en pensez quoi de l’ambrevade ? Vous la cultivez ?

Inscrivez-vous à la newsletter

Rejoignez une communauté de 10.000 abonnés ! Vous recevrez toutes le enquêtes et infos en exclusivité avec un guide offert sur le sucre... Alors arrêtons de chipoter !

23 commentaires
  1. une recette issue de la fiche CPS correspondante http://www.fao.org/wairdocs/X5425F/x5425f0g.htm

    Soupe aux pois cajans (dhal)

    Deux portions

    ½ tasse de pois cassés (pois cajans)
    2 cuillerées à soupe d’huile
    1 petit oignon
    1 gousse d’ail
    ½ cuillerée à café de safran
    2 tasses d’eau

    1. Faire tremper les pois pendant quelques heures ou toute la nuit, puis faire bouillir pour les attendrir.
    2. Chauffer l’huile dans une poêle y faire revenir l’ail et l’oignon.

    3. Ajouter les pois cuits et bien mélanger

    4. Incorporer l’eau et le safran et faire bouillir 10 à 15 minutes de plus.

    5. Servir chaud avec du riz ou des tubercules.

    N.B.: On pourra ajouter à l’ail et l’oignon des épices ou un peu de poudre de cari (1/4 de cuillerée à café) pour relever la saveur de ce plat.

    voir aussi ici p13 du bouquin de lORSTROM ex IRD pour les usages médicinaux : http://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/divers11-11/01771.pdf

    Prési, faut qu’on fasse un bel article didactique pour notre asso Terre de Santé et ramener des graines à distribuer (j’ai perso des rouges géantes tigrées)

    Flo

  2. J’ai lu dans l’article que l’ambrevade les 9 acides aminés essentiels ! Donc tous les acides aminés essentiels. C’est-à-dire que cette plante n’aurait aucun acide aminé limitant.
    Êtes-vous certain de cette information ? Quelles sont les sources SVP. Merci beaucoup.

  3. Une chose est essentielle, l’ambrevade est délicieuse (ou délicieux, je ne sais) et ça, c’est une caractéristique de base. Si elle contient les 9 ou plus acides aminés essentiels, c’est déjà beaucoup, à nous de chercher les compléments!!! J’adore cela et j’en mange chaque fois que possible!!! Les limitants, je déteste les limites, même si elles me sont imposées…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En postant un avis, vous acceptez les CGU du site Dur à Avaler. Si votre avis ne respecte pas ces règles, il pourra être refusé. Les commentaires avec des liens hypertextes sont sujets à modération à priori. Merci d'émettre vos avis et opinions dans le respect et la courtoisie.