Une étude pilote rapporte des résultats exceptionnels de l’exposition au froid pour mettre de nombreux cancers au silence. Attention, ces résultats spectaculaires s’appliquent uniquement aux souris… pour le moment.

Et si s’exposer au froid pouvait être un traitement contre le cancer ?

Une récente étude parue dans Nature vient poser une pierre incroyablement solide pour soutenir cette piste thérapeutique prometteuse et ô combien attendue face à des maladies qui laissent peu d’espoir.

Le rôle positif du froid sur la santé n’est pas quelque chose de nouveau.

Loin de là.

Si vous me suivez depuis quelques temps sur Dur à Avaler, vous avez déjà découvert les nombreuses enquêtes sur ce sujet passionnant.

Toutes les pistes sont envisagées par les scientifiques !

Parfois de fausses pistes, comme la cryothérapie vantée un peu trop rapidement pour soigner la perte de goût et d’odorat à cause du covid-19.

Au-delà de la sphère scientifique, des personnalités brillent par leurs exploits physiques obtenus grâce… au froid.

Wim Hof aka Iceman est le promoteur d’une méthode unique de renforcement physique et mental qui porte son nom à base d’hyperventilation (découvrez ici les risques et les bénéfices de la privation d’oxygène), de méditation… et de froid !

Mais on est là aujourd’hui pour parler spécifiquement du cancer. Et pas qu’un seul type de cancer !

Le cancer du sein, de la peau (mélanome), du côlon, du pancréas ou encore des fibrosarcomes…

Chez les souris, mais aussi chez l’homme avec une étude incroyablement passionnante et complète qui propose en plus un protocole relativement accessible à base de température basse.

Attention, ce sont des résultats préliminaires obtenus principalement chez des souris de laboratoire. On est encore loin du protocole thérapeutique validé par les pairs chez l’homme avec des bénéfices avérés…

Mais les résultats sont assez spectaculaires.

4°C et des cancers au tapis

C’est toujours plus pratique, facile et économique de travailler sur les souris. C’est aussi une étape fondamentale avant de commencer quoi que ce soit chez l’homme.

On parle d’étude préclinique (lisez cet article pour découvrir l’envers du décor des études scientifiques).

Car si cela ne fonctionne pas chez nos amis les rongeurs… Rien ne sert de perdre du temps et de l’argent chez l’homme.

C’est dans ce cadre qu’une équipe internationale de scientifique en Chine, au Japon et en Suède a expérimenté le froid dans le traitement de plusieurs cancers.

Des dizaines et des dizaines de souris ont été étudiées pour mener à bien cette expérience. On injecte volontairement des cellules cancéreuses soigneusement choisies à l’avance pour mesurer plus tard l’évolution des tumeurs en fonction des traitements.

Dans notre cas, les souris ont été soumises à un froid plutôt extrême4°C pendant plusieurs jours en permanence. Les souris du groupe témoin sont restées dans des chambres à 30°C.

Les différences entre les groupes sont assez exceptionnelles.

Pour tous les types de cancers étudiés (côlon, sein, fibrosarcome, mélanome, pancréas), le froid a permis d’inhiber fortement le développement des masses tumorales… et de prolonger la vie des souris.

Pour le cancer du sein implanté chez les souris, la survie a été quasiment multipliée par deux dans le groupe soumis au froid polaire.

Mais les scientifiques sont allés beaucoup plus loin avec des dizaines d’analyses pour identifier précisément les mécanismes en jeu dans ces effets sur les tumeurs et la survie.

Car la température est importante. Les bénéfices sur les tumeurs disparaissent quand les souris sont soumises à des températures moins froides, à 22°C.

Il y a donc un seuil à franchir.

Les effets du froid sur les tumeurs

Mais comment l’exposition au froid agit-il sur les tumeurs de nos souris ?

Par deux processus principaux :

  1. L’activation des graisses brunes
  2. L’hypoxie des tumeurs

Dans les deux cas, le froid va empêcher la tumeur d’utiliser efficacement le glucose pour se développer.

Autrement dit, on va l’affamer.

Et c’est là que l’on redécouvre ces fameuses graisses brunes dont je vous parlais dans de précédents articles. Le froid stimule leur activité et leur nombre car elles permettent de nous réchauffer plus efficacement !

Dans le détail, la création des graisses brunes est optimale lors d’exposition au froid modérée qui n’entraîne pas de tremblements musculaires.

Mais ce qui rend le tout très intéressant, c’est qu’elles consomment beaucoup plus de glucose.

Ces graisses brunes, à l’inverse des graisses blanches, vont donc court-circuiter l’alimentation préférentielle en glucose des cellules cancéreuses.

Mais le froid va aussi agir directement sur les cellules cancéreuses, avec notamment une hypoxie (une sorte asphyxie de la tumeur avec une baisse d’apport en oxygène) qui va réduire la prolifération de ces cellules.

Les scientifiques ont pu expérimentalement prouver le rôle spécifique et positif des graisses brunes dans l’évolution des cancers. Comment ?

En désactivant des protéines-clés des graisses brunes. En faisant cela, et malgré le froid de canard à 4°C, les cellules cancéreuses ont pu croître à volonté sans différence avec le groupe soumis à une température de 30°C.

La preuve était faite du rôle important des graisses brunes dans l’évolution de ces cancers.

Et si on remonte la température de la pièce chez les souris à 4°C ? Les chercheurs observent une forte augmentation de la masse des tumeurs pour rattraper le groupe à 30°C !

La boucle est ainsi bouclée.

Plus intéressant encore, mais l’ajout de glucose dans l’eau à disposition des rongeurs a aussi annihilé tous les bénéfices du froid. On observe une augmentation régulière du volume des tumeurs avec la concentration en glucose de l’eau, pour atteindre un seuil à 15 %.

Prometteur chez l’homme ?

Point fort de l’étude, les chercheurs ne se sont pas arrêtés aux souris, qui est une importante limite pour l’interprétation et la généralisation des résultats.

Ils ont aussi mené des expériences chez l’homme.

Attention, ces expériences sont encore plus préliminaires et concernent très peu de participants. Seulement 6 dans le premier cas (3 femmes et 3 hommes), tous en bonne santé, et une expérience inédite chez une femme de 18 ans atteinte d’un lymphome Hodgkinien.

L’expérience sur les sujets sains ont uniquement servi à valider le principe d’activation des graisse brunes par le froid.

En soi, ce n’est pas une nouveauté que l’exposition au froid développe ces tissus particuliers.

Mais les chercheurs le confirment de nouveau, avec une exposition raisonnable à 16°C pendant 2 à 6 heures durant 14 jours.

Le plus intéressant repose sur la patiente atteinte d’un cancer. Elle a été soumise à une température plus tolérable, à 22°C pendant 7 jours.

L’équipe montre là aussi que les graisses brunes ont été significativement activées entraînant une baisse importante de l’accès au glucose, le carburant principal, par les masses cancéreuses.

L’expérience s’arrête là. Nous n’avons aucune idée de l’état de santé de cette patiente ni de l’impact de cette courte thérapie expérimentale sur son pronostic vital.

C’est extrêmement préliminaire.

Une piste prometteuse à explorer

Cette équipe de recherche publie une étude passionnante sur l’effet d’une exposition raisonnable au froid sur la santé.

Les résultats les plus spectaculaires viennent cependant des… souris ! Difficile aujourd’hui d’extrapoler chez l’homme malgré les expériences préliminaires qui ont été faites.

Mais ces résultats laissent rêveur.

Car l’exposition constante à 4°C a permis, par exemple, de réduire au silence les cancers du pancréas chez nos rongeurs pourtant connus pour être foudroyants sans aucune option thérapeutique solide.

La force de cette étude est aussi de présenter un protocole facilement accessible par tous les centres hospitaliers et même dans les domiciles. Les températures devront surement être évaluées pour trouver le seuil optimal efficace… et vérifier si l’effet persiste chez l’homme.

Une chose m’étonne cependant.

Dans un précédent article sur ce sujet en lien avec le traitement du diabète, nous savions depuis 2017 qu’une équipe avait découvert qu’on pouvait stimuler l’activité du tissu adipeux brun (les graisses brunes) avec l’injection… d’un simple lipide au nom barbare de 12,13-diHOME.

Il aurait été intéressant de tester chez les souris dans un premier temps l’impact d’un tel lipide sur la croissance des tumeurs… et tenter des expériences chez l’homme ?

Ce sera peut-être une prochaine étape d’une nouvelle équipe.

Mais le froid n’a pas fini de faire parler lui… malgré la chaleur.

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2 commentaires
    1. Bonjour Michel,

      Prometteuse oui, mais contre les cancers, cela reste encore extrêmement préliminaire et ne valident pas les bienfaits des douches froides surtout contre le cancer. J’ai écrit plusieurs articles complet sur ce sujet, et les bienfaits des douches froides sont discutable.

      Concernant l’hyperthermie, je préférerais lire des travaux scientifiques plutôt que le retour d’une clinique qui gagne sa vie avec cela (c’est un conflit d’intérêt patent).

      A vous lire.

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