Le célèbre Youtubeur franco-américain de la chaîne Cancer Therapy décrit sa guérison d’un cancer grave de la prostate incurable en phase terminale avec métastases osseuses… le tout naturellement. Retour sur une extraordinaire expérience parsemée d’interrogations et de doutes.

Capture d’écran de la chaîne Youtube Cancer Therapy. Guy Tenenbaum.

Guy Tenenbaum : le “samouraï” atteint du cancer

L’histoire que je vais vous raconter est celle d’un homme, un franco-américain âgé de presque 70 ans qui affronte l’une des épreuves les plus difficiles d’une vie : le cancer.

Guy Tenenbaum s’est fait connaître il y a plus de 2 ans après avoir ouvert une chaîne YouTube en guise de journal de bord, Cancer Therapy, pour tenir informés ses amis de l’évolution de son cancer.

Guy Tenenbaum ignorait alors qu’il était en train de créer une chaîne d’information influente avec plus de 33 000 abonnés et plus d’un millier de vidéos en ligne aujourd’hui, avec un rythme de publication effréné.

Guy Tenenbaum ignorait probablement à l’époque qu’il serait à l’origine de la création d’une association à but non lucratif Survivre au cancer dans le but de récolter des fonds pour la recherche sur le cancer, notamment pour encourager les pistes alternatives.

Guy Tenenbaum ignorait probablement aussi que son histoire serait aussi suivie et attirerait autant les regards. De citoyens lambda, de professionnels de santé, de journalistes, mais aussi de malades comme lui atteints du cancer.

Guy Tenenbaum ignorait probablement aussi qu’il publierait un ouvrage sur sa croisade contre le cancer (publié sous format e-pub et récemment broché) et comment il serait parvenu au salut ultime : la guérison.

Une guérison qu’il clame haut et fort aujourd’hui dans ses vidéos malgré un cancer dit incurable ayant débuté dans sa prostate, puis dans des ganglions lymphatiques jusqu’aux terribles métastases osseuses.

Une guérison dont Guy Tenenbaum souhaite faire profiter la France et l’ensemble du corps médical français afin de sauver un maximum de malades du cancer.

L’INCa, l’institut national du cancer aura reçu toute l’attention de Guy, avec des demandes de rendez-vous et des réponses qui vous seront détaillées plus tard dans cette enquête.

Le charisme et le bagout de cet homme confronté au drame d’une vie ne laissent pas indifférents dès les premiers visionnages de ces prestations en vidéo. Sa motivation pour survivre et se battre contre son cancer touche énormément.

Si la bataille de Guy Tenenbaum nous concerne tous d’une certaine manière, car de nombreuses personnes se retrouveront malheureusement confrontées au cancer, elle reste néanmoins très mystérieuse, remplie de doutes et d’interrogations.

Car nous allons le voir en détail dans cette enquête, si Guy Tenenbaum promet une transparence assez unique sur son protocole de guérison avec des rapports médicaux accessibles, l’exacte vérité ne se trouve pas aisément dans ses nombreuses prises de paroles publiques.

Plus intéressant, Guy Tenenbaum justifie sa guérison miraculeuse par ses nombreuses thérapies dites naturelles et alternatives, comme le jeûne, l’autophagie, le régime cétogène sans sucre, les compléments alimentaires et la gestion du stress.

La médecine conventionnelle, froide et rigide, ne trouve aucune grâce aux yeux du vidéaste franco-américain et ne reçoit que des qualificatifs peu élogieux. Son rôle dans sa guérison spectaculaire n’aurait eu qu’un rôle minime dans son parcours de santé.

Mais est-ce que tout cela est bien vrai ? Il est relativement difficile de se faire un avis complet et circonstancié sur le personnage vu le nombre étourdissant de vidéos en ligne (plus d’un millier à l’heure où ces lignes sont écrites).

Ce n’est qu’après un recoupement fastidieux d’informations médicales mises en libre accès du public, la lecture de son livre autobiographique et de centaines d’articles scientifiques que l’on peut légitimement mettre en doute une guérison qui ne serait pas si miraculeuse ni naturelle que ça.

Je tiens à préciser que j’ai essayé à de nombreuses reprises d’avoir une interview avec Guy Tenenbaum pour éclaircir de nombreux points de cette enquête. Après de nombreux échanges mails pour organiser un rendez-vous, mes demandes sont dans un premier temps restées lettre morte, puis renvoyées aux calandes grecques.

Capture d’écran de ma première demande d’interview auprès de Guy Tenebaum le 31 juillet 2020. Je n’ai reçu aucune réponse après le 11 septembre 2020, date à laquelle j’ai envoyé une énième fois une demande d’interview.

J’ai visionné des centaines de vidéos produites par Guy, lu des centaines de commentaires pour retracer le plus fidèlement possible toute la chronologie des faits. Cette enquête unique et inédite est la première qui s’intéresse d’aussi près à Cancer Therapy et son auteur.

Du journal de bord à l’organe militant

La chaîne Cancer Therapy n’était à l’origine qu’un journal de bord pour partager avec les amis de Guy Tenenbaum l’évolution de sa situation face au cancer (nommée au départ Cancer Conspiracy). Une situation complexe, car Guy navigue entre la France et les États-Unis où ce dernier profite d’une villa en Floride pour tourner des vidéos.

Les vidéos du « samouraï », un titre choisi par ses fans, sont bruts de coffrage. Pas de montage – ou si peu, des erreurs ou des cafouillages sans reprise, mais la sincérité et la rage de vivre de l’homme touche un lectorat passionné par ce combat pour la vie.

L’authenticité de son témoignage touche et rassemble une communauté de plus en plus grande.

De fil en aiguille, la chaîne du Samouraï devient un organe militant pour la lutte contre le cancer qui amasse des cotisations pour l’association qu’il a lui-même créée : Survivre au cancer. Une association qui souhaite promouvoir la recherche de thérapies alternatives contre le cancer, et faire une différence.

Guy Tenenbaum publie absolument tout sur sa chaîne. Ses doutes, ses pleurs, ses joies et ses victoires jusqu’à ses récentes hospitalisations dans un hôpital américain à la suite d’un malaise.

La chaîne de Guy Tenenbaum devenant de plus en plus populaire, ce dernier s’octroie le passage de ponte dans le domaine de l’oncologie et des médecines alternatives. On retrouvera Laurent Schwartz à de nombreuses reprises au côté de Guy, l’auteur de l’ouvrage sur le traitement métabolique réputée efficace et non toxique contre le cancer.

Le docteur controversé Christian Tal Schaller aura également bénéficié d’une large tribune sur la chaîne, occasionnant des commentaires salés de ces auditeurs (on reviendra dessus). Guy Tenenbaum aura également eu ses moments de gloire, avec des participations à des congrès pour les survivants du cancer, en interviewant notamment de nombreux malades – ou « survivants » plutôt.

Guy Tenenbaum sera aussi passé sous le feu des projecteurs en étant interviewé par Thierry Casasnovas, le célèbre Youtubeur qui prône les jus de légume et de fruit crus, qui est sous le coup d’une procédure judiciaire pour mise en danger de la vie d’autrui, ainsi que d’un célèbre chiropracteur et Youtubeur américain, Eric Berg.

Guy s’est également associé avec d’autres personnalités qui baignent dans le milieu du cancer et de sa prise en charge. C’est le cas de Patrick Louis, administrateur de la page Espoir métabolique sur Facebook, ou encore de Maurice Israël, un chercheur à la retraite connu pour ses prises de positions radicales contre le régime cétogène.

Des vidéos qui sont importantes, car fortement médiatisés et définis par Guy Tenenbaum comme étant le récit complet de ses soins qu’il a suivi. Des vidéos importantes que l’on va mettre en perspective des dossiers médicaux et de nombreuses vidéos beaucoup moins populaires qui font état d’une réalité quelque peu occultée par le Samouraï.

Un récit qui marque par la présence prépondérante des thérapies alternatives et naturelles. Pourtant, de nombreux éléments, pas facilement accessibles, viennent tempérer l’histoire d’une guérison naturelle.

Pour en apprendre d’avantage sur le régime cétogène et son intérêt dans la lutte contre le cancer, lisez ces articles de référence sur le blog :

Une guérison pas si naturelle que ça

C’est l’un des éléments phares de la chaîne Cancer Therapy, une sorte de malentendu sur la nature des traitements qu’aurait suivi le Samouraï pour mettre son cancer et ses métastases au tapis.

Vous imaginez bien qu’il est difficile de regarder plus d’un millier de vidéo – sauf si c’est votre travail comme moi – et donc d’avoir un tableau complet du parcours de santé de Guy. Car si vous découvrez l’expérience de Guy récemment – comme de nombreuses autres personnes – vous apprendrez très rapidement les stratégies thérapeutiques qu’il a mises en place.

Voici la liste des stratégies thérapeutiques mise en place par Guy, qu’il nomme lui-même TCC pour Tenenbaum cancer cure :

  1. Des compléments alimentaires, plus d’une trentaine différents, à différente dose et qui s’empile en fonction des découvertes et des lectures de Guy.
  2. Une alimentation naturelle et vivante, pauvre en sucre (diète cétogène) avec des légumes crus, des jus et des aliments réputés anticancéreux (ails, grenade, curcuma, etc.) et sans produits transformés.
  3. Des jeûnes plus ou moins longs dont la durée et le protocole ne sont pas très clairs (nous y reviendrons).

J’ai voulu vérifier sur ma page Facebook la vision que pouviez avoir les auditeurs du samouraï.

J’ai donc demandé à mes propres abonnés (près de 13 000 personnes) s’il pensait que Guy Tenenbaum avait uniquement suivi des thérapies alternatives ou avait eu des traitements de la médecine conventionnelle pour se guérir.

41% des sondés estiment que Guy Tenenbaum n’a mis en place que des stratégies alternatives naturelles (jeûne, alimentation, complément alimentaire, stress…) tandis que 59% des sondés ont voté pour un parcours de santé mixte, alliant médecine conventionnelle et stratégies alternatives.

Les résultats de ce sondage illustrent une confusion autour du parcours du soin du samouraï. Avec certains internautes qui demeurent convaincu que la guérison a été obtenue par des méthodes naturelles.


Capture d’écran d’un commentaire sous une vidéo de Guy Tenenbaum.

Mais alors, cette guérison est-elle le fruit de stratégies purement naturelles ?

Dans une récente vidéo publiée, Guy nous prévient qu’il partagera incessamment sous peu son interview par Eric Berg, un célèbre Youtubeur américain, où il détaillera l’intégralité de son parcours de soin.

Une vidéo importante, car elle représente un point d’étape récent que tous les nouveaux arrivants verront et pourront prendre comme une référence. Ce serait logique de le penser. Et Guy insiste bien pour nous parler de « l’intégralité de son parcours de santé ».

De retour sur la plateforme YouTube, je découvre l’interview réalisée par Eric Berg sans apprendre grand-chose de nouveaux, à un détail près.

Guy Tenenbaum nous rappelle son changement radical d’alimentation, la prise de nombreux compléments alimentaires, la réalisation de jeûnes et la pratique de l’alimentation cétogène, en plus d’avoir montré une combativité et une rage de vivre hors norme pour affronter sa terrible maladie.

Mais on découvre une petite nouveauté, le samouraï nous parle du zytiga au cours de l’interview. Il ne mentionnera ce mot qu’une seule fois sans en dire plus.

Pourtant le zytiga n’est pas n’importe quoi, c’est le nom de marque pour l’acétate d’abiratérone, le traitement hormonal de référence en oncologie pour les patients atteints de cancer de la prostate.

Guy Tenenbaum aurait-il finalement bénéficié des traitements de référence en oncologie ?

Peut-être bien.

Pourtant, ces interviews les plus populaires sur des chaînes influentes ne laissent transparaître aucune médecine conventionnelle dans son parcours de soin. Bien au contraire.

Nous en avons pour preuve une interview donnée à Thierry Casasnovas, un Youtubeur très célèbre et controversé dans le domaine de la santé, où durant 45 minutes Guy Tenenbaum détaillera l’ensemble de ces actions qui l’on mené à sa guérison.

Une vidéo vue plus de 120.000 fois sans la moindre mention du fameux zytiga, pourtant cité dans l’interview avec l’américain Eric Berg.

Le Samouraï précisera qu’il ne doit son salut qu’aux nombreuses pratiques alternatives (jeûne, compléments, alimentation, réduction du stress…) qu’il a mises en place et comme les seules responsables de son meilleur état de santé et de sa guérison.

En plus d’omettre sa prise de zytiga, Guy Tenenbaum ne sera pas tendre envers la médecine conventionnelle et ses “conneries” dans le traitement des malades.

La médecine conventionnelle nous aurait fait oublier, selon Guy, que nous pouvions nous soigner de toutes les maladies avec le jeûne, le bon état d’esprit et quelques compléments alimentaires. Exactement ce qu’il aurait suivi.

Des propos très forts qui résonnent comme une étonnante contradiction pour un malade qui aurait suivi un traitement hormonal de référence pour son cancer. Un traitement pourtant prit pendant près de 9 mois, tous les jours.

Peut-on faire une croix dessus si facilement et si rapidement ?

Mais est-ce le seul traitement conventionnel dont a bénéficié le samouraï ?

Comment peut-on le savoir ? Difficilement, car il faut faire un imposant travail de relecture et de recoupement de l’information pour découvrir, au final, que Guy Tenenbaum a bénéficié :

  • 6 injections de firmagon, une hormonothérapie de référence pour le traitement du cancer de la prostate qui vise à inhiber la synthèse de testostérone pour limiter la croissance tumorale. Ce médicament est selon le Vidal un équivalent d’une castration médicale
  • Près de 9 mois de traitements au zytiga, la fameuse hormonothérapie de référence pour le traitement d’un cancer de la prostate (dit hormono-naïf), avec une prise quotidienne (en complément avec de la prédnisone).
  • Des mois de traitements d’un autre médicament, le Xgeva (dénosumab) pour renforcer ses os et lutter contre un risque d’ostéoporose (qui est un médicament très controversé et qui n’apporte aucun bénéfice aux malades).
  • Une orchidectomie. Une castration médicale pour couper la production de testostérone. La castration médicale couplée avec la prise de zytiga représente l’un des traitements standard de la prise en charge de ce type de cancer à ce stade.

Ces informations-là ne sont ni facilement accessible ni clairement détaillé dans les nombreuses interventions de Guy, et notamment les plus médiatiques.

Vous n’entendrez pas Guy Tenenbaum parler au cours de ses vidéos les plus récentes des traitements conventionnels, ou alors d’une manière exceptionnelle. Il mentionne d’ailleurs ses prises de zytiga dans moins de 5 vidéos sur plus d’un millier publié à ce jour.

Guy Tenenbaum aura d’ailleurs été interpellé plusieurs fois sous ces vidéos par des internautes qui ont découvert la lourde opération chirurgicale (orchidectomie), et demandent plus de transparence à ce sujet.

Des internautes précisent et défendent Guy Tenenbaum en rappelant qu’il n’a pas caché cette opération (un document est effectivement accessible mentionnant le nom de l’opération) et en parle même dans une vidéo.

La vidéo où Guy Tenenbaum en parle pourrait faire sourire, car il ne prononce même pas son nom.

Pendant une minute, et au cours d’une seule et unique vidéo, le samouraï parlera d’une “solution un peu définitive” pour couper la production de testostérone en faisant allusion à une vasectomie.

Il ne précisera pas que c’est le traitement de référence pour le cas des cancers hormono-naïfs, couplé avec le zytiga (pendant près de 9 mois quotidiennement).

Peut-être que Guy est plus transparent et volubile dans son ouvrage Ma croisade contre le cancer : Survivre pour guérir autrement ?

La castration médicale ne sera mentionnée qu’une seule fois, entre parenthèses, sans apporter d’explication sur la nature du traitement et ses résultats positifs sur les malades (l’espérance de vie notamment).

Guy Tenenbaum ne consacrera donc qu’une seule minute à cette lourde opération sur plus de 1.000 vidéos, et n’en dira mot lors de ses nombreuses interviews en français et en anglais, ni sur ces longs mois au zytiga et ses injections de firmagon.

Pour quelles raisons Guy évite-t-il de parler de son passé pas si lointain où il a pleinement bénéficié des thérapies conventionnelles en oncologie ?

Des thérapies qui font partie des standards en oncologie pour sa maladie et qui ont montré une efficacité pour améliorer la survie des malades.

Crédit vecteur : Freepik.com

PSA : l’arme à double tranchant

Le PSA se retrouve au cœur du discours de Guy Tenenbaum. Impossible d’y échapper, vous avez forcément dû en entendre parler.

Et pour cause. Le PSA est un antigène produit exclusivement par la prostate. On sait que de nombreux facteurs peuvent faire grimper notre taux de PSA : comme une infection urinaire, une inflammation de la prostate, l’heure de la journée, etc, etc.

On sait aussi que le cancer de la prostate peut faire exploser ce taux de PSA. C’est pour cette raison que les autorités de santé ont conseillé pendant un temps de faire doser le PSA chez les hommes pour détecter des cancers précoces.

Mais ce dépistage s’est heurté à un gros problème : si le PSA est bien spécifique de la prostate, il ne l’est absolument pas pour un cancer. Autrement dit, c’est compliqué et c’est pour cette raison que le dépistage du cancer de la prostate par dosage des PSA n’est plus recommandé.

Dans le cas de Guy Tenenbaum, le dosage du PSA à intervalle régulier pour un cancer de la prostate métastatique traité par castration reste la référence. On dose régulièrement cet antigène pour vérifier la réaction du cancer aux traitements.

Un PSA en baisse est plutôt bon signe dans ce cas. Mais il faut bien savoir que pour de nombreux autres cas de cancer, ce dosage n’est pas vraiment utile. Il monte ou baisse d’une manière complètement imprévisible chez des malades en rémission.

Du coup, Guy Tenenbaum a bien raison d’afficher fièrement son taux de PSA au ras des Paquerette qui signifient qu’à ce jour le cancer se stabilise. Mais Guy Tenenbaum n’invoquera pas les mêmes raisons de ce succès.

Pour lui, c’est principalement son jeûne de 20 jours ainsi que ces nombreux compléments alimentaires, les fameux TCC pour « Tenenbaum Cancer Cure », qui sont à l’origine de cette baisse spectaculaire de son PSA. Au passage, les TCC sont devenus « The Cancer Cure » dans l’ouvrage de Guy Tenenbaum.

Tous les chiffres du PSA s’entendent en ng / mL (volontairement retiré pour plus de clarté).

Le PSA de Guy Tenenbaum sera ainsi passé de 87 en septembre 2018 à une concentration quasi indétectable de 0.1 en août 2020. Sachant que la limite normale haute est de 4.

Pourtant, si on regarde avec attention les résultats des analyses sanguines de Guy Tenenbaum et de ses dosages réguliers de PSA, on remarque une chute spectaculaire avant même d’avoir commencé son premier jour de jeûne, en janvier 2019, ni pris son premier complément alimentaire.

Son PSA à l’origine de 87 est passé en l’espace de 4 mois avec 4 injections de Firmagon (une hormonothérapie de référence pour le cancer de la prostate) à 4.34, soit une baisse de plus de 95 %.

Guy Tenenbaum avait déjà atteint la limite haute normale (à 4 ng/mL) le 3 janvier 2019. Sans le moindre complément alimentaire ni jour de jeûne. Grâce à l’hormonothérapie.

Entre janvier et février 2019, le PSA de Guy Tenenbaum s’emballe et reprend de la hauteur jusqu’à 10 lors d’un dosage effectué le 7 février.

Un signal suffisamment inquiétant pour que, malgré la prise de Zytiga (une hormonothérapie de référence pour ce cancer), Guy Tenenbaum accepte de réaliser une orchidectomie avec une rupture définitive des canaux liant les testicules à l’organisme.

À la suite de cette opération chirurgicale, les traitements de référence avec le Zytiga en cancérologie pour son cas, le PSA de Guy Tenenbaum ne fera que chuter pour atteindre 0.88 le 11 juillet 2019.

Guy Tenenbaum aura débuté son premier jour de jeûne en même temps que sa prise quotidienne de Zytiga.

Autrement dit, le PSA de Guy Tenenbaum aura subi une baisse significative de près de 99 % entre la déclaration de son cancer et la prise de firmagon, de zytiga et une orchidectomie, avec la réalisation de deux périodes de jeûnes, allant de 9 à 25 jours.

L’enchaînement des événements montre d’une manière assez éclairante l’effet extrêmement positif des traitements de la médecine moderne sur l’état de Guy Tenenbaum. Des bénéfices mis un peu rapidement aux oubliettes et qu’il sera bien difficile de découvrir sans faire d’importante recherche et de visionner un nombre important de vidéos.

Guy Tenenbaum l’a d’ailleurs une nouvelle fois confirmé dans une vidéo, désormais supprimé par YouTube, mais republié par la suite. Une vidéo dans laquelle la jeûne reste pour lui la seule initiative à l’origine de l’amélioration de son état de santé.

Il est pourtant bien impossible de savoir quelle thérapie (le jeûne ou les traitements de référence) a pu jouer un rôle positif.

C’est bien le problème de tout mélanger : il est impossible d’apprendre quoi que ce soit.

C’est bien pour cette raison que l’on réalise des essais cliniques où un seul traitement (parfois deux, dont l’un d’entre eux est connu) sera testé pour mesurer son effet, et pas autre chose.

La prise quotidienne de zytiga ainsi que l’orchidectomie pourraient à elles seules expliquer les résultats positifs de Guy Tenenbaum. Et la part du jeûne ? Du régime cétogène ? Nous n’en avons aucune idée.

Le Samouraï le dit d’ailleurs très régulièrement dans ses vidéos. Il précise qu’il prend tellement de pilules et compléments qu’il ne sait pas ce qui est réellement efficace.

Comment savoir ? Il aurait fallu refuser catégoriquement tout traitement de référence dès le départ. Chose que je ne conseille bien évidemment pas et que n’a pas faite le samouraï non plus.

Chimiothérapie : un refus en trompe-l’oeil

Forcément, quand on parle de cancer on ne peut pas éviter le sujet de la chimiothérapie. Ce sujet a fait couler beaucoup d’encre sur la chaîne YouTube de Guy Tenenbaum. Principalement des polémiques où le samouraï s’explique tout en longueur qu’il ne déconseille pas les fameuses chimiothérapies.

Il ne déconseille pas les traitements cytotoxiques contre le cancer, mais ne cache pas non plus son désamour profond envers eux.

Il déclarait notamment au cours de son interview par Thierry Casasnovas que les malades préféraient « faire des chimios qui tuent et faire dépenser des milliards à la sécurité sociale » plutôt que de suivre des méthodes plus naturelles, et qui semblent tout aussi efficace pour le vidéaste atteint d’un cancer de la prostate.

Le samouraï n’est donc pas tendre avec la chimiothérapie, et laisse même penser qu’il a refusé ce type de traitement pour soigner son cancer. Une décision qui alimente la défiance vis-à-vis de ces traitements (bien qu’ils soient très discutables en fonction des types de cancer et des molécules) alors que la chimiothérapie n’était pas conseillée pour sa situation.

Dans une vidéo publiée le 10 juin 2020, le titre ne laisse pas vraiment de place au doute.

« Dois je copier le Samouraï et refuser la chimiothérapie ? Comprendre ma pensée. La liberté de choix. »

Pourtant, si on regarde d’un peu plus près les recommandations officielles françaises du comité de cancérologie de l’Association Française d’Urologie, le traitement standard repose sur une suppression des hormones androgènes (on vise la testostérone), chimiquement ou via une castration (Guy Tenenbaum a eu les deux), associé avec de l’acétate d’abiratérone, ou autrement dit du Zytiga.

Dans des cas particuliers, quand l’état du patient le permet et avec une très importante masse tumorale, le traitement anti-testostérone pourra être associé avec une chimiothérapie de type de docétaxel. Ce n’est pas la norme.

Les études sur ces deux options thérapeutiques donnent l’avantage à l’hormonothérapie couplée avec une castration pour les cancers de la prostate d’emblée métastatiques, comme celui de Guy, améliorant la tolérance du traitement.

Autrement dit, Guy Tenenbaum parle d’un refus de chimiothérapie qui n’était pas nécessairement une option viable ou cliniquement justifiée pour son cas.

Il a bénéficié du dernier traitement de référence pour son cancer, associant une castration et du Zytiga (sans compter le firmagon qui a grosso modo le même rôle physiologique).

Le samouraï est-il guéri ?

Rien ne permet de le dire et pourtant, le samouraï clame depuis plusieurs mois (environ septembre 2020) qu’il serait guéri.

Sur quoi se base-t-il ? Principalement son taux de PSA qui reste très bas (< 1), son « espérance de vie » de deux ans annoncés par ses oncologues qui se trouvent être dépassés et une disparition de certaines douleurs (dans l’aine) évocatrices d’une guérison.

Est-ce que Guy Tenenbaum se base sur des analyses, des scanners ou des biopsies ? Non pas vraiment. Les seuls résultats de scanner mis en ligne le 17 juillet 2020 se résume à un seul mot : « stable ».

Capture d’écran d’une vidéo de Cancer Therapy avec les derniers résultats des scanners de Guy.

Ses métastases osseuses seraient stables, tout comme un nodule au poumon ou l’inflammation d’un ganglion proche de la prostate (lymphadénopathie).

Les métastases sont donc toujours bien présentes, mais Guy Tenenbaum n’hésite pas d’affirmer le contraire en parlant de « cicatrices dans ses os », une preuve de sa guérison.

Au cours de son interview accordé par Eric Berg, notre célèbre Youtubeur américain, Guy Tenenbaum s’exprimera en anglais sur son parcours de santé. Il nous précisera « qu’en mars, en France, j’ai fait une scintigraphie osseuse et ils m’ont dit qu’il n’y avait plus rien en moi ».

La déclaration étonne, car aucun document ne vient corroborer les dires du samouraï. La réalité se cache peut-être dans la traduction qui a été faite des propos de Guy Tenenbaum, exprimés en anglais. Car dans les faits, Guy Tenenbaum nous dit réellement ceci : « In march i did a bone scan in france nothing really new, it was the same way »

Traduit en français : « En mars, j’ai fait un scanner des os en France et il n’y a eu rien de nouveau, c’était pareil qu’avant ».

Comment expliquer un décalage aussi flagrant entre la déclaration de Guy Tenenbaum, qui précise dans son interview que rien n’a changé, avec une traduction ajoutée après coup qui parle d’une rémission des métastases ?

C’est relativement édifiant d’un parti pris dans le partage des informations médicales.

Concernant le cancer de la prostate, nous n’avons aucune information objective pour parler de rémission. Le taux de PSA n’étant malheureusement pas un critère de rémission, mais plutôt un indicateur que la thérapie suivie a bien fonctionné et que le cancer se stabilise.

Sur l’espérance de vie, Guy Tenenbaum se félicite d’avoir fait mentir ses oncologues qui l’ont envoyé un peu trop rapidement au cimetière. Il a passé le fameux cap des deux ans, qui soyons réalistes, n’est pas une vérité absolue.

Les oncologues ne sont pas devins et j’ai la faiblesse de croire qu’ils tendent à être davantage pessimistes plutôt que de donner des faux-espoirs.

Car pour les cancers de la prostate métastatiques, les taux de survie à deux ans en bénéficiant des traitements qu’a pu avoir Guy Tenenbaum sont plutôt encourageant : près de 80 % de survie à deux ans, contre moins de 70 % en l’absence du moindre traitement.

Après 3 ans et demi, la survie sous traitement avoisine les 65 % et plutôt 45 % en l’absence du moindre traitement.

D’autres travaux menés en suède montrent des résultats proches. Les chercheurs ont suivi près de 14.000 hommes atteints de cancer de la prostate métastatique et rapportent une survie pour les hommes âgés de 60 à 69 ans 3.5 à 4.2 ans.

Une autre étude, plus très récente, apporte un éclairage différent sur l’espérance de vie des personnes atteintes d’un cancer de la prostate avec métastases. Cette étude s’est intéressé à l’effet d’une castration et d’un traitement anti-testostérone sur la survie des patients.

Si on ne regarde que l’évolution de la survie des patients ayant subi une orchidectomie, sans hormonothérapie, on remarque des survies variant de 80 à 55% en fonction de l’étendue de la maladie à 2 ans. A 4 ans, c’est entre 55 et 30% de survie suivant la gravité du cancer.

Autrement dit, et d’une manière un poil plus crue : Guy Tenenbaum est dans les statistiques.

Faire d’un témoignage un modèle

La motivation et la hargne du samouraï pour vivre et s’en sortir ne laissent pas indifférentes. Les personnes qui suivent Guy Tenenbaum savent qu’il a essayé depuis le départ de contacter l’Institut National du Cancer (INCa) pour faire entendre sa voix.

Pour Guy, son expérience et sa réussite face au cancer doivent servir de modèle pour les futurs malades. Son cas devrait être étudié par les autorités officielles pour valider des voies alternatives aux traitements du cancer, et apporter de nouvelles options aux malades.

Toutes les tentatives de communication avec l’INCa se sont soldées par des échecs. Il a quand même eu la chance d’avoir des réponses à ces sollicitations.

Pour autant, peut-on faire un modèle thérapeutique à partir d’un seul témoignage ? Pas vraiment (voir mon article sur ce sujet).

Et Guy Tenenbaum le reconnaît même à demi-mot dans de nombreuses vidéos. On peut ainsi l’entendre dire qu’il prend tellement de comprimés différents, d’antioxydants, de compléments alimentaires qu’il ne sait pas ce qui fonctionne de ce qui est inutile.

Il le reconnaît bien volontiers, et c’est pour cette raison que son expérience est en réalité une bien mauvaise manière de procéder pour tenter de prouver que quelque chose fonctionne.

Mélanger des hormonothérapies de référence (Zytiga, Firmagon), des traitements pour les os (Xgeva), des opérations chirurgicales lourdes (orchidectomie) avec des méthodes alternatives comme le jeûne, le régime cétogène et les compléments alimentaires est la recette parfaite pour n’apporter aucune information.

La seule chose que l’on pourrait dire aujourd’hui c’est que l’ensemble des actions entreprises par Guy semble porter leurs fruits, deux ans après la détection du cancer.

L’amélioration considérable de son hygiène de vie, avec une alimentation principalement végétale et une perte massive de poids (plus de 30 kg) sont indéniablement des facteurs positifs pour la vie d’un cancéreux ou non.

Si le samouraï avait voulu prouver l’efficacité du régime cétogène ou du jeûne sur son cancer, il aurait fallu d’emblée refuser toutes les options thérapeutiques de référence (qu’il a abondamment suivi) pour n’en choisir qu’une seule.

C’est le principe des essais cliniques qui ont permis de faire émerger des thérapies efficaces. À partir du moment où on mélange ne serait-ce que deux molécules ou deux stratégies thérapeutiques, comment peut-on décemment savoir laquelle fonctionne ? Les deux ? La première ou la seconde ?

Cette idée de vouloir servir de modèle est d’autant plus incompréhensible que le samouraï oublie bien volontiers toutes les options thérapeutiques conventionnelles qu’il a suivi.

Il souhaite donc faire reconnaître comme efficace un modèle tronqué et biaisé, où les options naturelles sont mises en avant et les autres mises aux oubliettes, ou pire en les décrédibilisant, alors que nous n’avons aucune information objective pour vérifier sa guérison.

Dans une vidéo du 10 août 2020, le samouraï n’hésitera pas pour clamer « je me suis guéri tout seul comme un grand, et il y a plein de gens qui n’y croient pas » en parlant des résultats « stable » de son dernier rapport médical.

Dans d’autres vidéos, Guy affirme que ce sont ses 20 premiers jours de jeûne qui lui ont permis d’arrêter la progression de sa maladie, sans préciser qu’au même moment il débutait son hormonothérapie quotidienne (Zytiga) avec prednisone, suivie d’une castration quelques semaines plus tard.

Les 6 injections de firmagon ne trouveront également point de salut pour le samouraï.

En réalité, Guy Tenenbaum dénigre ces traitements de référence contre son cancer, démontré pourtant efficace pour rallonger l’espérance de vie, dans certaines vidéos qu’ils qualifient de soin palliatif pour partir sans souffrir.

D’autres éléments viennent jeter le doute sur la sincérité du samouraï de raconter en toute transparence son parcours de santé. Forcément, avec la popularité grandissante de sa chaîne, les doutes et les interrogations deviennent plus nombreux.

Quand il s’est fait interpeller par une internaute sur la durée de ses prises de médicaments conventionnelles, en parlant du Zytiga et du Xgeva, le samouraï répond laconiquement « Jusqu’en Février 2019 ».

Il a pourtant poursuivi son traitement quotidiennement jusqu’en septembre 2019, soit presque pendant 9 mois. Il tente ainsi de réduire d’une certaine manière l’importance et le rôle de la médecine moderne, ce qui renforce un parti pris plus qu’évident en faveur des options naturelles.

Cancer du foie : les enseignements des guérisons plus médiatiques que naturelles

L’analyse détaillée d’un témoignage d’une guérison naturel d’un cancer du foie au stade terminal révèle que cette guérison n’était pas complètement naturelle (prise d’un médicament chimiothérapeutique) et que nous n’avions pas un stade terminal, mais plutôt intermédiaire ou avancé. Ce témoignage renforce l’importance d’améliorer son hygiène de vie, son alimentation et son niveau de stress pour mettre toutes les chances de son côté dans la prévention des cancers, mais aussi dans le leur traitement.

A lire ici. 

Prévention versus traitement : le grand cafouillage

Dans une récente vidéo publiée le 10 octobre 2020, le samouraï souhaite alerter ses auditeurs sur l’existence de « recettes anti-cancer » qui permettraient selon lui d’éviter 40 % des cancers, voir plus.

Il ne précisera aucune de ces recettes, mais nous savons de quoi il parle : du jeûne, du régime cétogène qui ne possède que des preuves très limitées d’efficacité, et des compléments alimentaires ou autres produits réputés anti-cancer.

Il mélange ainsi les sujets déjà très compliqués de la prévention, c’est à dire avant l’apparition du cancer, avec le traitement d’un cancer déjà établi.

Ce sont pourtant deux choses totalement différentes. Qui n’ont rien à voir.

Oui, nous pourrions éviter un grand nombre de cancers avec une amélioration de l’hygiène de vie de la population. Plus de sport, une meilleure alimentation, moins d’alcool et de cigarette… et nous pourrions fortement réduire le fléau de certains cancers.

Pour autant, si éviter de consommer trop d’alcool ou avoir une bonne alimentation vous permet de réduire votre risque d’avoir de nombreux cancers, cela n’en fera pas des traitements miracles pour des cancers, bien présents et déclarés.

La mécanique et la logique biologique ne sont pas du tout les mêmes. C’est pareil pour la grippe : la prévention (surveiller les carences, maintenir une bonne activité physique et hygiène de vie, etc.) est radicalement différente des traitements (surtout symptomatique, des infusions, du repos, etc)

Cette importante différence est, volontairement ou non, maintenue très floue dans les vidéos et la communication de Guy Tenenbaum.

Cette confusion est palpable dans cette même vidéo où il semble parler de prévention, mais conclura en disant « j’en suis une preuve, j’avais un cancer phase 4 terminale, deux ans après je n’ai plus aucun symptôme de maladie quelconque et je suis en parfaite santé ».

Preuve est en, s’il fallait encore s’en convaincre, que Guy mélange son cas qui fait intervenir la notion de traitement avec la prévention.

La voie du Samouraï malmenée

Le titre de samouraï a été donné par les internautes qui suivent Guy pour sa pugnacité et son combat contre son cancer. Un trait de personnalité que devait impérativement maîtriser les samouraïs d’époque pour mener à bien leurs missions.

Mais la voie du samouraï implique aussi le respect, l’humilité et une forme d’honneur que l’on trouve malmené par Guy Tenenbaum.

Il n’est pas facile de communiquer avec le samouraï de Cancer Therapy quand on pose des questions qui dérangent ou qu’on soulève des contradictions flagrantes.

De nombreux internautes se trouvent pris à partie quand ils posent des questions qui dérangent. Guy n’hésite pas à parler de censure et la suppression de tous les commentaires trop dérangeant ou insultant.

J’ai malheureusement pu en faire les frais, mais seulement un cours un instant. Dans mes articles de vulgarisation sur la prometteuse inhibition de l’enzyme SCOT contre le cancer, je me permettais de rappeler des faits à Guy, en toute transparence.

Manifestement, cela ne lui a pas plu puisqu’il avait alors publié une vidéo diffamatoire et calomnieuse contre moi, m’attaquant sur le titre de mes articles plutôt que sur le fond de mon travail.

Fort heureusement, cette vidéo a été supprimée de son propre chef. J’ai par la suite eu des échanges houleux par mail avec le samouraï, m’attestant qu’il refusait de publier mon droit de réponse à sa vidéo, et assumant une forme de censure qui n’est jamais bon signe.

Je n’ai d’ailleurs plus aucune possibilité de publier le moindre commentaire sur la chaîne de Guy, ils sont tous bloqués, et de fait, jamais publié.

Depuis, de l’eau à coulé sous les ponts et je pensais sincèrement que le samouraï m’accorderait une interview pour que je puisse avoir des réponses à ces nombreuses questions. Malheureusement, je n’ai jamais réussi à avoir un rendez-vous avec Guy, invoquant des plannings très chargés (que je peux parfaitement comprendre) et la nécessité qu’il soit d’abord interviewé par de grands professeurs américains.

Après plusieurs mois de patience et de tentative pour se voir en visioconférence, j’ai dû me résigner à accepter la réalité : Guy ne semble pas vouloir répondre à mes questions. Ma dernière demande remonte au 11 septembre 2020, ci-jointe, à laquelle je n’ai jamais reçu de réponse.

Dommage. Dommage pour la transparence et pour le respect de l’enquête contradictoire, car il est nécessaire d’avoir toutes les facettes d’une même histoire pour en saisir toute la spécificité, les couleurs et ses implications.

Voici ce que l’on peut résumer à ce jour de la situation de Guy Tenenbaum, le Samouraï de Cancer Therapy :

  • Il a suivi de nombreuses thérapies conventionnelles (castration médicale, firmagon, zytiga, xgeva), mais aussi alternatives (jeûne plus ou moins long, régime cétogène, prise de complément alimentaire et amélioration de son hygiène de vie).
  • Dans ses interventions vidéo, Guy insiste sur l’importance des méthodes alternatives, en omettant de parler des traitements standard en oncologie qu’il a reçu.
  • Concernant la guérison, nous n’avons aucune information médicale à notre disposition qui la confirme. Aucune biopsie, seulement un rapport médical qui précise que la maladie serait stable.
  • Guy Tenenbaum donne la parole à des personnes très controversées dans le domaine médical. Notamment Tal Schaller qui a pu dire sur la chaîne de Cancer Therapy qu’aucun traitement médical n’avait jamais guéri personne.
  • Malheureusement pour Guy, si un témoignage ne doit pas être balayé du revers de la main sans considération, il ne peut pas devenir du jour au lendemain un nouveau modèle thérapeutique sans analyse clinique rigoureuse.
  • À ce jour, le récit du parcours de Guy montre l’intérêt majeur de cumuler une approche conventionnelle avec la médecine moderne, mais aussi de prendre soin du terrain avec des stratégies alternatives (mieux manger, faire du sport, perdre des kilos en trop, jeûner de temps en temps, etc.)

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28 commentaires
  1. magnifique travail de decryptage !

    Mais… je pense que cet homme est de “bonne foi”
    je m’explique: j’ai vécu la même chose avec ma femme qui a eu une tumeur cerebrale opérée en 2006 (oligoastrocytome (requalifié en oligodendrogliome) grade III) et dont l’espérance de vie annoncée était de 3 ans maxi- elle a vecu 13 ans et est décédée d’autres chose l’année dernière. Elle a bénéficié d’une exérèse complète (90% du boulot) d’une radiothérapie et d’une chimiothérapie “par sécurité” (une des deux (ou les deux) lui ayant laissé des douleurs neuropathiques qui ne l’ont jamais quitté)

    Malgré la sainte trinité (Chir-Radio-Chimio) l’échéance était donc de 3 ans.
    Je n’ai jamais accepté cet insupportable compte à rebours, et nous avons donc mis en place toutes les stratégies des médecines naturelles , de changement de nutrition et de mode de vie + chasse aux ondes électro magnétiques dans la maison etc

    Bien sur, je serais dingue de penser que que c’est uniquement ça qui a fait la difference mais j’ai quand même une forte présomption …. 13 ans et 3 ans ce n’est pas la même chose.

    Le Samouraï construit sa résistance autour des réseaux sociaux, ça doit l’aider. Effectivement dans ce flot de vidéo il débite immanquablement une flopée de conneries et d’approximations que tu as raison de dénoncer ou de designer plutôt. Mais je pense qu’il “oublie” plus ou moins volontairement ce que big Pharma et blouses blanches ont fait car ça le motive de penser que TOUT le bénéfice lui revient. Je n’ai jamais eu besoin de ça et surtout pas de ces p… de réseaux sociaux mais je dois dire que sans le net et tout ce que j’ai pu y trouver (en triant !) je n’aurais pas pu permettre (ça y est je me transforme en Samourai ! ) à ma femme de vivre 10 ans de plus que l’échéance fatale promise. Après j’ai conscience que tout ce que nous avons mis en place n’est peut être pour rien dans le résultat obtenu mais p…. quel pied (par exemple) de voir la tête des radiologues devant les IRM de contrôle les 2 premières années demandant ” mais qu’est ce que vous faites,? vous prenez quelque chose de particulier ?” en voyant qu’il n’y avait pas d’inflammation autour de la zone opérée :)

    Moi aussi le Samouraï me gonfle par sa logorrhée déversée sur le net mais sa façon de torde la réalité pour la faire rentrer dans son mode de pensée est plutôt touchante et pour le moins très humaine .

    Ceci dit tu as raison de faire ce travail afin que des fans du Samouraï refusent des traitements chimio ou hormono car ils pensent que Lui ne les a pas suivi et que c’est donc la solution.

  2. Je partage totalement votre conclusion mais il faut reconnaître que les stratégies alternatives, complémentaires du traitement conventionnel, sont totalement ignorées par nos oncologues. Pourtant elles peuvent être une aide précieuse à ce traitement.

    Pourriez vous nous dire ce que vous pensez du livre de Jane McLelland: How To starve cancer, et de ses propositions de traitements, bien plus scientifiques que le blog de Guy Tannenbaum?

    1. Bonjour Elisabeth,

      Oui c’est bien malheureux et je suis le premier à le reconnaître. Le traitement des cancéreux doit être une conjugaison de traitement conventionnel efficace, de soutien psychologique, de travail sur les leviers personnels tels que l’alimentation, le surpoids, etc. L’approche devrait indéniablement être multi-disciplinaire en étant à l’écoute des malades.

      Je ne connais pas cet ouvrage mais je vais regarder ça au plus vite !

      A vous lire,

  3. Chaque individu est différent. Chaque cancer même du même type type est différent suivant la personne. Il y a tellement de facteurs différents qui entrent en ligne de compte qu’il est difficile de se faire une idée définitive. Tant mieux si cela a marché sur cette personne. J’ai suis son parcours, franchement chapeau de la façon dont il s’est nourri pendant des mois après un jeune long. Peu de personnes réussissent ce parcours.

    1. Bonjour Richard,

      Difficile de se faire une idée définitive sur quoi ? Je ne te suis pas trop.

      La combativité et la hargne de vie du Samouraï n’est pas à remettre en cause. Ce n’est pas vraiment le sujet. Et cela ne justifie aussi pas vraiment d’oublier un peu rapidement les traitements de référence dont il a pu bénéficier. D’ailleurs en creusant un peu sur ses jeûnes, je trouve d’autres surprises… Le choix des mots est important surtout quand on devient populaire et que nos actions peuvent influencer la vie d’autres personnes.

  4. C’est un mythomane qui cache soigneusement qu’il doit sa rémission à la médecine par hormonothérapie.
    Il trompe ses adeptes et sa mascarade peut tuer des malades en les détournant des soins nécessaires qu’il cache avoir lui-même reçus.

    1. on peut dire ça comme ça mais c’est faire peu de cas du fait qu’un homme qui se bat contre un cancer metastatique peut s’échaper du réel sans mauvaises intentions. D’autre part si ces merveilleux traitements offraient de vraies guerisons pour les cancers à ce stade on pourrait s’inquiéter du fait que certains de ses adeptes s’en détournent, mais nous connaissons la réalité des résultats de la chimio sur les cancers metastatiques: de la survie et encore dans quelles conditions et avec quels effets secondaires (neuropathies à plein temps par exemple).

      alors la question se pose: vivre debout en se battant avec ses armes (et parfois ses “oublis”) ou se laisser empoisonner doucement et subir ? Je ne sais pas si j’en aurais le courage mais je préfererai la première solution quand le crabe se presentera (ou pas). Ceci etant dit ce n’est pas bien de mentir :)

      1. Je mets mon petit grain de sel : derrière le terme “chimio” se cache des centaines de traitements différents, à différents stades et pour lesquels nous avons différent taux de réussite. Parfois très mauvais.

        Dans le cas très précis de ce cancer et du cas de Guy, la chimiothérapie n’est pas vraiment indiqué, surtout pour les cancers hormono-dépendant avec bonne réaction aux anti-androgène et à la castration. Les résultats des études sont plutôt formels dans ce cas-là : sans traitement on vit moins longtemps. Après il y a toute la réflexion sur la qualité de vie et l’ampleur de ce gain de temps.

  5. oui bien sur Jeremy
    j’employais Chimio comme terme generique des traitements anti-cancer et particulierement pour les cancers metastatiques.
    l’hormonothérapie n’est pas de la chimio mais elle a des effets secondaires bien proches (fatigue, nausées, nausées et bien sur dysfonctionnements érectiles …) bref en terme de nuisances on est dans du lourd (je ne rajoute pas la chirurgie / castration !) et donc on est bien en plein dans le débat vivre le plus longtemps possible (ça c’est l’objectif des medecins et de quelques patients parfois surtout de leur famille proche) ou vivre ce qui reste à vivre le mieux possible , même si les études sont formelles :)

  6. Sa rage de vivre est réellement un exemple à suivre et je suis convaincue de son honnêteté.
    Mais je suis choquée par la censure assumée des commentaires dérangeants.
    Il présente sans distinction des scientifiques super intéressants et des pseudo guérisseurs. Il faut faire le tri et récupérer les bonnes informations, mais ne pas croire aveuglément tout ce qui est dit.
    Croisez les informations avec les sites scientifiques et faites le tri.
    Mais j’avoue que, bien qu’imparfait, il donne la pêche et dénonce bien des dérives du traitement actuel du cancer.
    Il devrait se pencher sur le repositionnement des médicaments existants, très prometteur pour trouver des traitements moins agressifs.

    1. Bonjour Elisabeth,

      Je pense que l’on peut légitimement douter de l’honnêteté du personnage. Surtout à la lumière de sa dernière vidéo publiée contre moi où il fait mine de dire qu’il accepte désormais d’être interviewé alors que je lui demande un rendez-vous depuis juillet 2020. C’est de la mauvaise foi. Je suis bien sûr dans l’incapacité de commenter ses vidéos car je suis bloqué, preuve supplémentaire d’une censure et d’une volonté de ne jamais se confronter à des questions qui fâchent.

      Je ne vois pas spécialement quelles dérives des traitements actuels du cancer il a pu dénoncé. Vous avez des exemples précis ?

      Au plaisir de vous lire,

  7. Guy Tenenbaum à suivit un traitement à l’Abiratérone (Zytiga) et au prédnisone puis il à basculé vers un traitement métabolique avec ses tcc’s et l’autophagie ce qui a potentialisé les effets positifs de la castration et de sa courte prise d’anti-androgénes Mais surtout il a subi une ORCHEOCTOMIE début 2019 , il ne s’en pas caché au début mais je crois que pour des raisons psychologiques il ne veut pas trop en parler (ça se comprend) , il a même renommé dans une vidéo son opération “vasectomie” (contrairement à la castration ,la vasectomie est juste une méthode contraceptive irréversible qui n’influe en rien sur le taux de testostérone ni sur l’évolution du cancer de la prostate.) .La castration chirurgicale est une opérations qui statiquement vient à bout de la plus part des cancers de la prostate y compris leurs métastases il a à l’heure actuelle un taux de testostérone de <2.5 ng/dl c'est à dire indétectable (pour rappel le taux minimal de celui d'une femme est de 7.5 ng/dl) , ce taux ne peut être atteint chez l'homme que par la castration ou de la prise d' anti-androgènes (qu'il ne prend plus).. Il semble pour des raisons que j'ignore vouloir attribuer sa guérison uniquement à son jeune et à ses compléments alimentaires alors que c'est un tout . Il continue de dissimuler (dans ses video en français) sa castration et cela constitue donc un mensonge par omission pour ses récents abonnés . Le cancer de la prostate est un cancer hormonodépendant , la testostérone n'est pas la cause du cancer mais sa présence stimule sa croissance voila pourquoi la base des traitements du cancer de la prostate est constituer d'anti-androgènes d'autant plus que certains cancers de la prostate sont sensibles aux androgènes (c.-à-d qu'ils régressent en l'absence de ceux-ci)

    1. Oui, et encore, quand on s’intéresse de plus près aux jeûnes entrepris par Guy, on tombe des nues ! En fait il a mangé et bu (quand il parle de jeûne sec, sans eau) quasiment en permanence.

      Je vais faire une mise à jour ou un nouvel article pour parler de ça, mais on peut le voir très récemment où il mange un poulet quasiment entier pendant son 16ème jour de jeûne. C’est juste incroyable.

  8. Le Samouraï dénonce le “tout chimio” en vigueur pour traiter le cancer malgré les faibles améliorations obtenues depuis 30 ans, les effets secondaires terribles qui pourrissent la vie des malades. Ces chimios finissent toujours par échouer dans le cas d’un cancer stade 4, sans qu’on sache réellement le gain de survie qu’elles apportent puisque ce n’est pas un critère retenu pour les approuver.

  9. Je regarde les vidéos de Guy depuis ses débuts, chaque jour ! Pour cause : Mon père est tombé malade en même temps que lui, mais il nous a quitté cette année…

    Mais effectivement, je n’ai jamais compris pourquoi il n’a jamais parlé des nodules « stable », plutôt que de s’affirmer guéri, j’ai pourtant commenté à ce sujet. Je doute donc depuis son annonce de la guérison de Guy, c’est un fait. Mais une chose que l’on ne peut pas lui enlever, ses nombreux rappels de ne pas le copier sans demander l’avis de son médecin.

    Bref, vous avez fait un article plutôt intéressant, qui pose les bonnes questions, mais j’ai un peu le seum pour le bonhomme Guy !

    1. Bonjour Fred,

      Oui je suis également un peut inquiet. L’objectif n’est pas de faire du mal à quoi que ce soit. Je suis en discussion avec lui et d’autres personnes.

      J’ai écrit cette enquête avec la plus grande des prudences et rigueur. Cela fait 1 an voir plus que je me renseigne, que j’accumule des informations… Et près de 3 mois que j’essaye d’avoir Guy au téléphone pour poser les questions qui dérangent, sans grand succès. Nous verrons la suite.

  10. Je suis Guy depuis longtemps. Je suis sûr qu’il donne beaucoup d’espoir à tant de malades qui se sentent parfois mal compris…

    Je pense avoir entendu plusieurs fois dans ses messages que la médecine traditionnelle n’était pas à supprimer, la médecine naturelle venant en soutien et en complément efficace…. Jeûne et supplements alimentaires permettent à la chimiothérapie d’être mieux supportée et ainsi plus efficace.
    Guy parle aussi avec ses tripes et partage sa rage de vivre qui est elle même thérapeutique aussi !

  11. Analyse intéressante. Bien évidemment le samouraï est un personnage attachant et sa volonté de se battre contre la maladie est remarquable et d’une certaine façon inspirante. Toutefois, malgré l’effort qu’il a conduit pour s’informer et développer son approche personnelle de prise en charge, il ne constitue en rien un patient expert. On voit très bien au fil de ses vidéos que l’émotion et la conviction l’emportent sur la rationalité. Et c’est bien là le problème quand on cherche à s’ériger comme modèle. J’en veux pour preuve sa visite à Thomas Seyfried : quand ce dernier, qui dispose d’un avis d’expert sur la question jeûne/régime céto/métabolisme et cancer, lui conseille de ne pas dépasser les 20 et quelques jours de jeûne, Guy Tenenbaum déclare qu’il passera outre et finit d’ailleurs peu de temps après par faire un malaise. Ses quelques vidéos de commentaires d’articles scientifiques qu’il n’a visiblement pas lu ou compris sont également assez dérangeantes, pourquoi agir de la sorte ? Le problème, comme toujours avec les expériences de ce genre et ce, malgré les garde-fous qu’ils énoncent lui même “ne me copiez pas”, est les conséquences désastreuses qu’elles peuvent avoir sur un public en désarroi après l’annonce d’un diagnostic de cancer ou autre. C’est dommage car les réseaux sociaux, utilisés adéquatement, peuvent constituer un vrai levier d’information et de partage pour les malades qui ont compris qu’ils devaient devenir acteurs de leur maladie. Bien évidemment cette utilisation s’accorde peu de la mise en scène et du “clashage” tels qu’ils sont souvent pratiqués sur “Cancer Therapy” (initialement Cancer Conspiracy). Autre point irritant, le samouraï n’a pas hésité à dire pis que pendre de certaines associations engagées historiquement dans la lutte contre le cancer sans chercher plus avant à comprendre ce qu’elles font pour les malades. C’est juste affligeant, quand on connait vraiment leur engagement sur le terrain.

    1. Bonjour Polybe,

      Merci pour ce commentaire que je partage intégralement. Le combat de Guy est très touchant et vraiment inspirant pour de nombreuses personnes de prendre soin de leur santé et d’améliorer leur hygiène de vie. Je n’ai effectivement pas commenté le côté “expertise” de Guy qui est bien entendu très bas. Tout un chacun peut le voir en écoutant les vidéos d’analyses. J’ai noté beaucoup d’erreurs, de contradictions et de problèmes graves dans les interprétations de résultats scientifiques. Cela aurait rallongé d’autant l’enquête. Le plus dérangeant selon moi est le manque d’exhaustivité dans le rappel de son parcours de santé, couplé avec des attaques en bonne et dû forme sur la médecine conventionnelle, qui n’est pas exempte de nombreuses critiques.

      Je regrette aussi la méthode de clashage et le “faux débat” qu’il m’a proposé alors que cela fait près de 3 mois que j’essaye vainement d’avoir un rendez-vous pour m’entretenir avec lui.

  12. Bonjour,

    à l’image de notre société, je vois beaucoup de critiques sur cet homme, qui n’est ni un scientifique ni un youtubeur professionnel, mais simplement un homme malade qui a commencé à se filmer au quotidien pour évacuer ses émotions et montrer ce qu’il faisait, son objectif étant tout simplement de survivre au cancer.
    Il a son caractère, comme tout à chacun, le juger sur ça est très présomptueux. Il en est de même sur sa communication qui fait belle part du jeûne et de tous les compléments alimentaires, car tout simplement, en temps que simple malade, il attribue sa bonne santé actuelle à cela.
    Rappelons que le cancer est la première cause de mortalité en France (150 000 décès par an), il n’existe aucun traitement réellement efficace.
    Il se bat pour développer le “traitement métabolique”, qui est en fait un ensemble de choses (alimentations, sport, compléments alimentaires ..), et qui sont tirées non pas d’un chapeau, mais de publications scientifiques sur le cancer. Seulement vu que c’est un ensemble de choses, il est très compliqué de faire des essais clinique (puis quid du financement, car pas d’argent à se faire derrière) D’ailleurs on peut trouver des publications de cas de personnes qui se sont guéries de cancers phase terminale un peu de la même manière, même si “le samouraï” pense être le premier.
    L’important ce n’est pas son caractère, ce n’est pas de prendre toute parole comme argent comptant, c’est de voir ce qu’il fait et comprendre pourquoi. Prendre en main son cancer ou prier pour que les traitements conventionnels fonctionnent sans trop nous handicaper?

    J’aurais trouvé plus informatif un article non pas basé sur la critique, mais plutôt sur une analyse point par point de chaque chose qu’il a faite, accompagnée de liens vers des publications, afin d’y voir plus clair sur le pourquoi du comment, et sur l’utilité de chaque chose.
    L’esprit critique à mon sens doit surtout servir à comprendre et acquérir de la connaissance.

    Bonne continuation.

    1. Bonjour Nicolas,

      Merci du commentaire. Cet article est une analyse point par point de nombreux problèmes dans la communication et le parcours de santé de Guy.

      Je ne nie absolument pas que les traitements contre le cancer posent problème, pour certains et pas d’autres. J’ai écrit de nombreux articles sur ce sujet et même un livre pour dénoncer les pratiques de “Big Pharma” et les problèmes de laxisme avec le régulateur européen sur les autorisations de mise sur le marché.

      Oui les essais cliniques coûtent chers à être réalisé, mais je vous rappelle que sur ce blog nous sommes dans une démarche scientifique avec l’utilisation des preuves scientifiques pour définir les meilleurs prises en charges thérapeutiques. J’ai traité d’une certaine manière de nombreux sujets connexes au cancer et ses traitements. Il n’y a aucun essai clinique chez l’homme pour le traitement métabolique, donc il est difficile d’avoir un avis sur la question. J’ai de nombreux articles sur la question du régime cétogène et cancer, prometteur mais là encore avec bien trop peu de donnée clinique robuste chez des hommes pour être une carte thérapeutique de choix et indiscutable.

      L’enquête ci présente sera en tout cas amandé de ces références sur le jeûne notamment. Mais dans ce cas bien précis également, les preuves scientifiques sont très limités et rien ne laisse présager d’un caractère thérapeutique important. C’est d’autant plus perturbant que Guy n’a jamais fait de jeûne bien sérieusement. On peut voir dans quasiment toutes les vidéos qui en parlent qu’il mange et boit (alors qu’il dit faire un jeûne sec) régulièrement des quantités relativement importante. On était plus dans une forme de restriction calorique plutôt que des jeûnes.

  13. Bonjour Jeremy,
    Je comprends votre démarche qui part sans nul doute d’une intention louable d’informer sans nuire à Guy.
    Pour autant au vu de ses dernières vidéos votre article l’a fait beaucoup souffrir.
    Pour avoir également eu un cancer et subi une chirurgie, je peux vous dire que les souffrances psychologiques liées peuvent être extrêmement profondes.
    Dans tous les cas, même si cela n’était pas votre intention initiale et que vous partez d’intentions louables, les résultat est que vous faites indéniablement souffrir par cet article un homme qui a déjà vraisemblablement énormément souffert et cela ne vous grandit pas.
    Je ne vais pas vous dire quoi faire et vous ne pouvez revenir en arrière, mais pensez y. Il a peut être moyen d’informer sur des réalités sans pour autant faire souffrir Guy.
    Encore une fois, vous ne pouvez pas vous mettre à sa place, cela est impossible avant d’avoir eu à subir un diagnostic si terrible et les opérations qui vont avec. Mais de grâce, un peu de pitié pour cet homme !
    Trouvez un moyen de faire passer votre message autrement, à ce stade à mon avis vous avez malgré vous apporté plus de négatif que de positif.

    Enfin j’en profite pour vous poser une petite question, n’attendant pas forcément de réponse : que pensez vous des traitements anti testostérone dans le cadre d’un cancer de la prostate ?
    Indéniablement il semble que cela prolonge la vie.
    Néanmoins, je suis persuadé qu’il s’agit fondamentalement d’une erreur et que la testostérone n’a globalement rien à voir avec ce cancer sinon il toucherait les jeunes et les sportifs dopés majoritairement et non «  les vieux ». Même si je comprends que la testostérone puisse accélérer le développement d’un cancer.

    Bien à vous,

    1. Bonjour Rémi,

      Ma démarche est effectivement d’informer correctement et convenablement l’ensemble des lecteurs et internautes qui pourraient mal interpréter certains messages et vidéos de Guy, dans lesquels il ne raconte pas l’intégralité de son parcours de santé. Un parcours qui a été marqué par une lourde opération chirurgicale que tout le monde connait désormais. Je peux essayer de comprendre bien évidemment la douleur que peut représenter cette opération sur le plan psychologique, et personne n’aurait pu imaginer la réaction de Guy face à ces “révélations”.

      Je dis révélation, car au final, si on écoute ce que dis Guy, c’est qu’il n’a jamais rien caché de son parcours de santé. Je me demande donc pourquoi le fait que j’en parle, d’une manière totalement mesurée et respectueuse puisse avoir cet effet ? Je veux dire, en voulant devenir un modèle et un exemple pour la santé et le traitement des futurs cancéreux, comme il le dit lui-même, cette opération devra nécessairement être discutée longuement, et à de nombreuses reprises. Si Guy n’est pas prêt pour cela, alors je m’interroge sur les raisons profondes de son combat et du partage de son parcours. On évite en général de s’exposer quand on est fragile, se protéger est la base.

      Or Guy est un personnage public avec une certaine influence ou une influence certaine. Ses prises de position sont donc importantes et son témoignage doit être le plus rigoureux et honnête possible. Il y a beaucoup matière pour qu’il s’améliore.

      C’est dans ce contexte que je suis bien sûr sensible à ce que j’ai pu entendre (mais cela n’excuse et ne justifie en rien les propos diffamatoires, calomnieux à mon encontre et les appels ouverts à venir me harceler, ce qui est largement condamnable) au niveau de la détresse. Je suis prêt sous certaines conditions très précises à retirer mon enquête. Chose que je n’ai faite qu’une fois par le passé. Des conditions qu’il découvrira prochainement et dont j’imagine qu’il parlera à tous. Elles sont sérieuses et contraignantes, mais selon moi la seule porte de sortie digne qu’il pourra suivre (dont bien sûr la suppression de la totalité des vidéos faites sur moi, et la publication de nouvelles vidéos en détaillant intégralement son parcours de santé et en toute transparence).

      Les traitements anti-androgènes ont montré leur efficacité pour augmenter l’espérance de vie des malades, avec des effets secondaires bien sûr. Tout cela se discute avec plusieurs professions médicales et selon les cas, l’âge et les cancers respectifs de chaque malade. Les cancers de la prostate sont très sensibles à la testostérone pour progresser. Les castrations se révèlent efficaces pour rallonger l’espérance de vie. Parfois certains cancers sont dits “résistants à la castration” et dans ce cas-là la chimiothérapie devient la stratégie thérapeutique de référence. Dans le cas contraire, comme celui de Guy, la castration et l’immunothérapie sont les traitements standards.

      Au plaisir de vous lire,

  14. Pour avancer dans cet important dossier, ce qui me pose le plus problème, c’est la malhonnêteté de certains laboratoires pharmaceutiques qui vendent tous les TCC de Guy et autres compléments alimentaires:
    En effet, les essais scientifiques sur des cellules in vitro montrent pour de nombreux produits un efficacité anticancéreuse. Mais ils vendent ces compléments alors que beaucoup ne sont pas ou quasiment pas biodisponibles.
    Curcumine, flavonoïdes, vitamine C, etc….
    Donc, commercialiser des produits en sachant quils ne servent à rien, c’est bien une escroquerie.
    Savez vous s’il existe un site où l’on pourrait se renseigner sur cette biodisponibilité?

  15. Bonjour Jérémy, suite à votre enquête, Guy s’est renseigné sur les relations entre testostérone et cancer de la prostate. Il cite dans une de ses vidéos , plusieurs sources d’informations comme quoi la testostérone serait au contraire du dogme courant , protecteur du cancer de la prostate et que son manque favoriserait ce cancer. Je vous donne ci-après les liens sur les sources que Guy a trouvé . Qu’en pensez-vous ?

    Cordialement

    Sources :
    https://www.sciencesetavenir.fr/sante/le-manque-de-testosterone-causerait-le-cancer-de-la-prostate_132431 https://www.voixdespatients.fr/cancer-de-la-prostate-et-testosterone-des-chercheurs-demontent-les-idees-recues.html
    https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/28598-Cancer-prostate-la-testosterone-diminue-risque-de-rechute
    https://www.lci.fr/bien-etre/cancer-de-la-prostate-ce-ne-serait-finalement-pas-un-exces-mais-un-manque-de-testosterone-qui-le-favoriserait-selon-une-nouvelle-etude-de-chercheurs-francais-2117322.html
    https://www.journaldemontreal.com/2019/03/28/le-cancer-de-la-prostate-nest-pas-lie-a-un-exces-de-testosterone https://www.egora.fr/actus-medicales/urologie/46866-cancer-prostatique-remise-en-cause-du-role-de-la-testosterone
    Le Professeur Claude Schulman , urologue, discute et analyse un sujet controversé dans le domaine médical, le lien entre la testostérone et le cancer de la prostate. Le professeur Schulman conteste en se basant sur des preuves scientifiques la croyance infondée qu’un traitement à la testostérone peut favoriser, voir empirer un cancer de la prostate. Si nous observons la situation de manière logique, nous constatons que l’incidence du cancer de la prostate augmente avec l’âge alors qu’inversement, le taux de testostérone diminue à partir de la quarantaine. Il existe donc une corrélation inverse entre un taux de testostérone élevé et le risque de cancer de prostate contrairement au concept datant de 1941. Il est important de remettre les pendules à l’heure et de casser ce mythe. https://youtu.be/Hve_FSHLPI0

    1. Bonjour Jean-Michel,

      J’ai pu voir la vidéo du professeur Claude Schulman où ce dernier confirme sans l’ombre d’un doute que l’orchidectomie ou la castration médicale est bien un traitement efficace contre les cancers de la prostate avancés et métastasiques. Faisant régresser cancer et métastases. Maladie qui touche actuellement Guy Tenenbaum.

      Il le dit clairement dans les premières minutes avec une diapositive dessus.

      Voir ici : https://www.dur-a-avaler.com/orchidectomie/

      Donc cette vidéo confirme ce que l’on sait, et parle d’une relation inverse entre testostérone et cancer pour l’installation des cancers (cancer de novo). Pas pour les traitements. Donc cela est hors sujet dans notre débat car ne représente pas le cas clinique de Guy.

      Je trouve donc cela pour le moins étonnant, ou pas vraiment en fait, que ce dernier utilise une vidéo qui va dans le sens des données médicales actuelles pour son cancer, et invalident de fait ce qu’il dit.

      Au plaisir.

  16. Merci pour votre enquête sérieuse et documentée.
    Sans votre intervention,je me dois de reconnaître que je pouvais penser que cette guerison était uniquement liée à des compléments alimentaires, du jeune,et une perte de poids…..
    Effectivement, ce monsieur a complètement(ou presque) oublié de nous présenter le traitement lourd qu’il a subi, mais qui lui a permis d’être encore en vie et de temoigner à ce jour….
    Même si ces vidéos peuvent porter de l’espoir, elles sont pour moi dangereuses par leur idéalisme et leur lecture pour des malades source de bien des doutes!
    C’est dommage et peut développer certaines croyances certes tres agréables et douces mais malheureusement bien dangereuses.
    Merci

    1. Bonjour Nourri,

      Merci pour ce commentaire. J’ai reçu plusieurs témoignages spontanés après la publication de mon enquête de personnes qui suivent le samouraï depuis plus d’un an et qui n’avaient jamais su qu’il avait fait une orchidectomie par exemple. Ou bien fait des injections de firmagon.

      Vous êtes loin d’être seul dans cette situation.

      Au plaisir de vous lire,

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