Apprendre la Malbouffe pour 18.000 F par mois avec la Province Sud

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« Apprendre à manger avec 18.000 francs (150 €) par mois [pour 3 personnes, ndlr] »

Tel est le titre du tout nouveau document chaud bouillant (voir le document) émit conjointement par la Direction du Logement (DL) et la Direction Provinciale de l’Action Sanitaire et Sociale (DPASS) de la Province Sud en Nouvelle-Calédonie.

Ce titre, qui surprend l’ensemble des consommateurs calédoniens, s’inscrit dans un contexte explosif de crise contre la vie chère, de protocole d’accord sur la baisse des prix, du gel des prix de denrées alimentaires et non alimentaires. Un climat tendu donc.

A priori, le livret part d’un bon sentiment, celui de diffuser « des informations utiles à l’équilibre alimentaire », mais surtout « pour tordre le cou à l’idée que bien manger coûte forcément cher ».

La DPASS n’est pas très bavarde à ce sujet, nous n’avons aucune précision sur les personnes consultées et leurs compétences pour rédiger ce livret.

  • La DPASS a-t-elle fait appel à des diététiciens nutritionnistes ?
  • Quels sont les besoins caloriques utilisés pour réaliser les calculs journaliers de nourriture ?
  • Quel est l’âge de l’enfant du livret ? Pour quel niveau d’activité physique ? Et les parents ?

Autant de questions qui restent aujourd’hui sans réponses, les services de la DPASS n’ont toujours pas répondu à mes demandes d’informations sur cette brochure, ô combien polémique.

Tellement polémique que le livret « Apprendre à manger avec 18.000 f par mois » fait déjà le tour du web et des réseaux sociaux satiriques. La très populaire page « Radio Cocotier » sur Facebook s’est emparée de l’affaire, et l’a mise en première ligne devant plus de 17.000 internautes.

Si Radio Cocotier en parle, ce n’est jamais très bon signe, pourquoi ?

Le livret de la Province Sud n’est-il qu’une vaste blague ?

Huit chapitres, 16 pages, des informations nutritionnelles, des idées repas, des courses et des menus à la semaine, avec des conseils généraux sur l’alimentation. Voici ce qui vous attend lors de la lecture de la brochure de la Province Sud.

Les 8 premières pages pourraient passer comme une lettre à la poste aux yeux du grand public, mais pas aux yeux d’un professionnel de la santé, tandis que les 8 dernières pages sèment le doute sur la pertinence et le sérieux du document.

Voici point par point, les aberrations du livret écrit par la DL et la DPASS, les erreurs nutritionnelles, les incohérences entre les chapitres, et la méconnaissance de la réalité économique et sociale des consommateurs moyens de la Nouvelle-Calédonie.

1. Des raccourcis improbables dans le 1er chapitre

Au sein de ce chapitre, les auteurs de la brochure ont voulu décrire les 4 familles principales d’aliments, avec:

  • Les fruits et légumes : les aliments « protecteurs » qui luttent contre les maladies
  • Les féculents, tubercules et légumineuses : les aliments « énergétiques » qui nous « maintiennent en vie ».
  • Les produits laitiers, les viandes, les poissons et les œufs : les aliments constructeurs et d’entretien.
  • Les aliments à limiter : les produits « très gras, très sucrés et très salés »

La séparation des groupes d’aliments correspond à la vision très simpliste du :

  • « Féculent = amidon= sucre lent = énergie »
  • « Poissons, viandes, œufs = protéines = construction »
  • « Fruits et légumes = vitamines, nutriments = bon contre les maladies »

Bien heureusement, les fruits et les légumes ne se résument pas aux seules mais pourtant précieuses vitamines et minéraux. Les fruits apportent également de l’énergie à travers les glucides, sous forme de glucose et de fructose.

D’autre part, les légumineuses (ou « légumes secs » dans le livret, p.3) sont injustement classées en tant qu’aliments énergétiques alors qu’elles contribuent activement à l’apport en protéines essentielles pour l’organisme.

Les végétariens jouissent bien souvent d’une meilleure santé que l’omnivore à tendance carnivore, bien qu’ils n’ingèrent aucune protéine de poisson ni de volaille ou autres, mais bien celles provenant des légumineuses.

Finalement, les rédacteurs de la Province Sud s’aventurent imprudemment sur le terrain des produits laitiers et de la santé osseuse. En effet, ils justifient la nécessité des produits laitiers pour « la construction et la solidification des os », probablement un rôle du calcium ?

Ils oublient de faire la distinction entre un jeune enfant, en pleine croissance, qui nécessite des apports en calcium élevé, avec un adulte sevré qui peut fortement réduire sa consommation de produits laitiers avec une alimentation équilibrée, riche en calcium.

Ils oublient de mentionner le rôle majeur des légumes verts à feuilles (les crucifères) qui possèdent des taux d’assimilation du calcium deux fois supérieur à tous les produits laitiers réunis ! (voir ici les taux d’assimilation du calcium alimentaire).

Une alimentation riche en légumes verts variés, avec une eau calcique minérale, et une régulation de l’apport en protéines animales et en sel, comble les besoins en calcium pour maintenir une bonne structure osseuse. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le confirme elle-même, et officiellement, dans un rapport en 2005, intitulé le « paradoxe du calcium ».

2. L’incorrect équilibre alimentaire selon la Province Sud

Selon la DPASS et la DL, une assiette doit être composée de :

  • 1/3 de légumes et de fruits (et la part des légumes et des fruits alors ?)
  • 1/3 de féculents, légumineuses et tubercules
  • 1/3 de viandes, poissons, produits laitiers et œufs

Pour illustrer ce concept moyenâgeux, une assiette prise en photo est censée illustrer l’équilibre idéal d’une ration alimentaire.

Une assiette à peine visible où l’on devine un gros morceau de poisson doré (du Tazar ?), une demi motte de riz basmati, 1 feuille de salade, 3 tranches de tomate et ¼ de citron.

Peut-on réellement se baser sur cette description pour illustrer l’équilibre alimentaire ? Et l’huile dans cette assiette ? Les matières grasses ? La sauce ? Le beurre ?

L’approximation dans la description de l’équilibre alimentaire (1/3, 1/3, 1/3) et des illustrations d’une ration équilibrée traduit le manque de sérieux du travail en diététique de la Province Sud, et propage des vérités parfois fausses, voire dangereuses.

D’après les sites les plus sérieux et indépendants en matière de santé alimentaire, les fruits et les légumes doivent représenter le pilier, la base de toute alimentation équilibrée. Les fruits et les légumes ne bénéficient pour ainsi dire d’aucune restriction sur la consommation et doivent participer à hauteur de la moitié d’une assiette.

Les féculents (pains, patates, tubercules, etc.) peuvent remplir ¼ de cette assiette, le reste étant complété par une viande, un poisson ou des œufs.

3. Des menus immangeables et des calculs mensongers

Les pages 9 et 10 du livret sont probablement les pires, avec des exemples de repas pour toute une semaine pour une famille de 3 personnes (2 adultes et 1 enfant) sachant que le jeune enfant déjeune à la cantine 4 jours dans la semaine.

Remarque: tous les prix sont indiqués en francs pacifique, il suffit de diviser par 120 pour obtenir la valeur en euro !

Si l’on reprend les chiffres annoncés par les auteurs (p.10), nous avons les données suivantes :

  • VPO (viandes, poissons œufs) = 1.263 F
  • Produits laitiers = 415 F
  • Légumes et fruits = 1.225 F
  • Féculents et légumineuses = 1.266 F
  • Autres (sucre, huile, etc.) = 526 F

La première analyse de ces chiffres montre que les 50 g de fromage (75 F) ont été oubliés dans le calcul, mais pire encore, la somme de tout ces ingrédients pour une semaine fait en réalité 4770 F.

Sur 1 mois (28 jours), cela revient à 19.080 F (soit 19.000 F) et non 18.000 F comme le titre l’indique (1ère approximation).

Dans un 2ème temps, il convient de prendre en compte les frais de la cantine du jeune de la famille. D’après les chiffres officiels de la mairie du Mont-Dore pour l’année 2013, une famille non boursière débourse 8.900 F par mois pour les frais de cantine.

En réalité, si les calculs étaient corrects mais surtout honnêtes, le livret de la Province Sud devrait être nommé :

« Apprendre à manger avec 28.000 F par mois »

Et non 18.000 F. Sachant que j’arrondis de 27.980 à 28.000, soit 20 F de plus…

Des menus hilarants et révoltants

Si l’on se plonge dans la grille des menus (p.9), tout le monde pourra découvrir les petits déjeuners les plus monotones et les plus déséquilibrés qui existent.

Le petit déjeuner

7 jours sur 7, ce sera systématiquement 1 bol de café au lait pour les parents, un bol de lait chocolaté pour l’enfant, 1 baguette de pain et du beurre ou de la confiture (parfois accompagné d’un verre de jus de fruit).

Il n’y a aucun fruit frais proposé au petit-déjeuner, aucun petit déjeuner à l’anglaise avec des œufs, de la salade ou des tomates, rien.

Ce petit déjeuner explose les recommandations en sucres, et risque probablement d’indisposer toute la famille, de créer une décharge d’insuline avec une crise de faim (une hypoglycémie réactionnelle) vers 10 heures, et de fortement perturber l’équilibre de la journée, de la semaine et du mois.

Au niveau des déjeuners

Quand les rations ne sont pas misérables au niveau de l’apport calorique pour 2 adultes (dont on ignore à peu près tout), on retrouve 3 jours sur 7 un repas basé sur un sandwich, le modèle de l’équilibre alimentaire.

7 repas sont carrément incohérents et irréalisables avec l’exemple de courses à la semaine et avec le budget utilisé. On notera notamment la présence :

  • d’un steak de cerf (d’où vient-il et combien a-t-il coûté ?) ;
  • d’un gratin de chouchoutes (d’où viennent les chouchoutes et combien ont-elles coûté ?) ;
  • d’un Poé à base de farine et de bananes poingo non incluses dans les courses ;
  • d’un poisson papillote inexistant dans le panier d’achat ;
  • d’un flan impossible à réaliser sans farine ;

3 autres repas sont simplement choquants de simplicité et de déséquilibre alimentaire.

Les auteurs du livret ont jugé équilibré un repas fait uniquement :

  • D’une boîte de raviolis (pour 3 personnes)
  • D’une soupe chinoise par personne (avec un superbe, mais ô combien dégoutant, verre de lait dans la soupe de junior)
  • D’un peu de riz blanc assaisonné de sauce Maggi (à limiter selon eux) et de sardines en boîte
  • Même le poulet carry qui parait être appétissant n’est accompagné ni de légumes ni de fruits.

Au niveau des prix des produits, on frise le ridicule avec des divisions improbables et des prix au kilogramme complètement incorrects.

Les tarifs exceptionnels de la Province Sud

Les employés de la Province Sud bénéficient peut-être de prix plus avantageux dans les commerces que les autres salariés, mais le mystère plane sur les prix au kilogramme relevé pour certains produits.

  • Ainsi, nous apprenons que la baguette de pain blanc ne coûterait que 66 F (pour un total de 660 F pour 10 baguettes) au lieu des 120 F habituels, et donc de 1200 F pour 10 baguettes (soit le double prévu).
  • Nous apprenons également que le riz ne coûte que 93 F/kg, encore moins cher que le moins cher existant sur le territoire.
  • Nous apprenons aussi que les soupes chinoises sélectionnées ne coûtent que 50 F à l’unité. Autrement dit, nous avons affaire au pire de la gamme « instantanée », avec des ingrédients déshydratés, remplis de conservateurs et d’exhausteurs de goût.
  • Nous apprenons, de manière surprenante, qu’un poulet entier à la Province Sud ne coûte que 320 F pour 900 g soit 360 F/kg. A quel poulet avons-nous affaire ? Mystère et poules d’hormones
  • Finalement, nous apprenons que les carottes ne coûtent que 120 F au kg en Calédonie. La Province Sud peut-elle nous fournir les adresses des revendeurs ?

Mais la suite est toute aussi intéressante, notamment les rubriques “conseils”

Des petites perles dans le chapitre « petites économies alimentaires »

La Province Sud conseille judicieusement de faire pousser ses légumes pour faire des économies. Je n’oserais demander l’avis d’un ingénieur agronome et d’un économiste sur l’efficacité d’un potager mal préparé sur le budget d’un ménage.

J’imagine que les auteurs du livret n’ont que faire du prix des pots, des plants, des graines, de l’eau pour l’arrosage, du compost, de l’engrais éventuel et… du temps pour obtenir des légumes dans un appartement à la Vallée des Colons !

Rajoutons à cela l’impact des nuisibles sur la production, et les pertes si le potager est abandonné faute de temps pour préparer son plat au cerf invisible…

  • Etrangement, le livret ne conseille pas d’éviter les boîtes de sardines, de maquereaux, de pâté et de thon qui sont extrêmement chères au kg. Non, c’est même tout le contraire, ils conseillent de s’en fournir toutes les semaines.
  • Etrangement, le livret ne conseille pas de faire ses courses au marché pour y acheter des crevettes du Pays à 1.200 F le kg, qui se marient très bien avec d’autres ingrédients et cumulent les avantages pour la santé.
  • Etrangement, le livret ne conseille pas de réduire sa consommation de pain blanc, potentiellement dangereuse pour la santé, au profit de pain complet ou aux céréales.

Quelles sont les conclusions à tirer de cette brochure ?

Si l’on prend les données strictes du livret, une famille de 3 personnes avec un enfant (inscrit à la cantine) mangera sur 1 mois :

  • 4 carottes
  • 8 tomates
  • 12 concombres
  • 4 oignons
  • 8 pommes
  • 2.8 kg de chou vert
  • 16 pommes lianes

Mais surtout…

  • 15 litres de lait
  • 3.2 kg de raviolis
  • 40 baguettes de pain soit 10 kg
  • 1.2 kg de pommes de terre
  • 1.8 kg de riz blanc

Vous avez compris le but de la manœuvre, ce livret est une erreur nutritionnelle et ne doit en aucun cas être suivi, surtout la grille de menus pour une semaine.

D’une part, le budget alimentaire est sous-évalué d’au moins 40% (comptez 7.600 F de plus pour avoir un minimum de nourriture dans votre assiette, mais d’autre part, les prix choisis ne reflètent absolument pas la réalité calédonienne avec des prix très élevés (rajoutez au moins 20% sur le total))

Comptez au moins 42.000 F pour cette famille de 3 personnes, cantines comprises (soit 24.000 F de plus)

Le pire, c’est que le livret vous incite à rester chez vous, enfermés. Les dépenses dans les restaurants (pouvant monter jusqu’à 3.500 F par tête) ne sont pas prises en compte, ni même l’alcool.

Sachez que selon la Province Sud, le vin rouge aux multiples bienfaits sur la santé cardiovasculaire n’est tout simplement pas compté, oublié, inutile ?

Et qu’en est-il des desserts sucrés ? Des yaourts ? Des glaces qui peuvent s’inscrire dans un menu parfaitement équilibré et agréable pour l’enfant ? Rien, nada. Les auteurs de ce livret conseillent plutôt (p.8) d’offrir un ballon gonflable, un stylo ou un cahier à dessin.

N’est-ce pas là un comble ?

Ce livret, qui je le rappelle a été émit très officiellement par la DPASS et la Direction du Logement, est une insulte aux valeurs culinaires calédoniennes, et orientent dangereusement les calédoniens vers des habitudes alimentaires probablement néfastes sur la santé à court, moyen et long terme.

Si la brochure émise par les services de la Province Sud vous révolte, tout comme elle m’a révolté, alors partagez cet article !


PS : découvrez trois exemples de recettes savoureuses qui peuvent allier judicieusement l’équilibre alimentaire avec la gestion d’un budget équilibré

2PS : voici la fameuse brochure inculpée, je vous conseille d’y jeter un œil par vous-même

3PS : voici les contacts de la Direction du Logement et de la DPASS si vous souhaitez manifester votre étonnement, mécontentement ou votre honte :dl.contact@province-sud.nc (DL) dpass@province-sud.nc (DPASS)

49 Commentaires

  1. Helene

    Polemique interessante.
    En Angleterre, a cause de la recession, les banques alimentaires (food banks) recoivent enormement plus de clients que d’habitude. Les supermarches organisent aussi des collectes a la sortie, avec un gros paneau: ‘aliments non perissables’. Les gens donnent essentiellement des conserves (surtout haricots a la tomate), des pates, des cereales petit dejeuner, du lait UHT et des biscuits/gateaux industriels.
    Le plus drole, c’est les colis de produits d’entretien: pas de tampons periodiques mais des serviettes hygieniques seulement, pas de papier toilette mais des lingettes… A prendre ou a laisser!
    En mai, je preparais un changement de boulot et savais que je devrais passer 2 mois avec un salaire reduit et un budget alimentation de £20 maxi par mois: j’ai achete des legumes en solde (date limite atteinte), les ai blanchis et mis au congelateur :) Evidemment après un mois les reserves diminuent et c’est maintenant courgettes tous les jours: j’attends avec impatience le mois d’aout pour pouvoir manger a nouveau des broccolis et des haricots verts.

  2. Jérémy (Post author)

    @ Laure Detronc:

    Je me suis auto-censuré car j’ai répondu un peu trop violemment hier soir. Je préfère développer mes arguments et te pousser à la réflexion, afin de comprendre ma démarche et la portée d’une telle brochure dans l’esprit de la population calédonienne.

    1er point: Tu stigmatises la population calédonienne

    A mon sens, tu résumes la population calédonienne à des gros bourrins qui ne veulent rien changer, qui ne veulent rien écouter et qui ne sont capables de faire le moindre effort pour améliorer son alimentation (malgré les risques encourus et connus, d’après ton témoignage).

    Même si une partie de la population ne changera jamais ses habitudes alimentaires sur du court ou du long terme, c’est loin d’être la majorité de la population calédonienne. Bien au contraire.

    La majorité de la population calédonienne est plutôt soucieuse de ce qu’elle mange et de ce qu’elle met dans son estomac. Elle est soucieuse d’avoir des légumes dans son assiette au meilleur prix et de limiter la consommation des produits les plus controversés, les plus sucrés, par des aliments plus riches en densité nutritionnelle.

    Pour revenir sur le caldoshe de base, ou sur le Wallisien qui ne troquera jamais son assiette de riz blanc contre une feuille de salade ou son demi litre de coca-cola contre une eau pétillante, à ces personnes, je leur dit “Bonne chance !” et ” Bon vent” !

    Pourquoi devrions-nous nous soucier des personnes bornées, têtues, et qui refuseraient tout changement, même minime, dans son alimentation ? J’espère qu’ils ont conscience des risques, j’espère que ton copain en a conscience, et à partir de là, tant pis ou tant mieux pour eux. Ils vivent leur propre vie comme des grands avec leur bol de riz.

    En revanche, toutes les autres personnes qui s’inquiètent de leur alimentation, et qui veulent connaitre l’impact d’une trop forte consommation de riz blanc, de coca-cola, et de soupe chinoise sur leur santé, à ces personnes, on leur donne une réponse précise, claire et vérifiée.

    Contrairement à la PS qui émet des conseils nutritionnels dangereux, à mon sens et à celui de pratiquement tous les lecteurs de la brochure (sauf toi apparemment).

    Bref, je m’attarde pas plus sur ce point.

    2ème point: Mais il est où ton potager ?

    Tu nous dis que les “citadins zoreils n’ont aucune culture de la terre” alors que les mélanésiens et les polynésiens sont des cultivateurs dans l’âme.

    Mais dis moi, pourquoi avec tous ces terrains, ces tonnes et ces tonnes de terre fertile nous ne sommes pas encore autosuffisant en production de légumes et de fruits, par exemple ?

    Pourquoi est-ce que je ne vois pratiquement personne cultiver son bout de jardin pour faire 2-3 légumes, et ceux, malgré que ce soit des polynésiens ?

    C’est incroyable de penser que les zoreils, comme tu dis, soient incapables de cultiver une terre (c’est insultant et méprisant au passage, mais soit) alors que la plupart des locaux ne cultivent pas eux-mêmes !

    Est-ce que tu ne vois que des “blancs zoreils” dans les supermarchés en train d’acheter des fruits et des légumes ? Laure, dis moi, es-tu aveugle au point de négliger l’évidence ? Tout le monde ne fait pas son potager, qu’il soit blanc, wallisiens, polynésiens, ou autres.

    Un potager c’est un investissement financier d’une part, et un investissement de son temps d’autre part. Malgré le fait que tu penses que tout soit gratuit pour le calédoniens:

    – T’as pas 15 pots pour mes plants ?
    – Au fait, t’as pas 15 plants pour mes pots ?
    – T’as pas 3 sacs de composts ? Allez, c’est famille, paye ton compost !

    Non mais sérieusement ? Tu penses réellement que tout est gratuit parceque c’est “la famille qui paye” ?

    Quelqu’un aura forcément payé quelque part, mais peut-être que tu te fiches bien de savoir qui, tant que c’est “gratuit” pour toi.

    Pour poursuivre sur cette idée de potager. Allez, je vais tout de même essayer de te croire. Les gars d’ici, ils ont la fibre végétale. Ils aiment planter et cultiver. Ils ont des familles “fin généreuses” tout est gratuit pour commencer.

    Et les compétences pour cultiver ? Les associations entre plantes ? Les pesticides ? Les engrais ? Les nuisibles ? C’est gratuit ces connaissances ? Tout le monde les connait tu crois ? Tout le monde à la science infuse de l’agriculture biologique et perenne en calédonie ?

    Si tu penses que oui, monte dans ce cas une association et partage tes connaissances !

    Bon je réagis sur ta phrase:

    “La nouvelle génération ne cultive plus, avec ce document ils peuvent prendre conscience de la nécessité de cultiver « comme les vieux ».”

    Ah ouais ? Franchement. Ce document te donne envie de cultiver ? Wouah. Là, tu m’impressionnes. Ce document ne donne absolument aucune information sur comment, quoi, où pour cultiver et tu penses réellement qu’il donne envie ?

    Cela revient au même que de dire:

    -Vous n’avez pas assez d’argent ? Ben économiser voyons !

    Ouais super, merci du conseil.

    3ème point: Tout est gratuit dans le monde des bisounours de Laure

    Ce point rejoins quelques idées que j’ai déjà développé. Pour toi, le calédoniens, le wallisiens, le polynésiens, il a tout gratuit ! Il a du cerf quand il veut ! il a du poisson quand il veut ! il a de l’aide quand il veut ! Le super monde putain !

    Mais alors pourquoi, et je le répète, on voit autant de toutes les ethnies dans les magasins, dans les grandes surfaces en train d’acheter du poisson et de la viande ?

    Je suis désolé, mais tu ne vis pas dans le même monde que nous. Même si certains congélo peuvent être bien rempli, crois-tu que tout le monde possède un approvisionnement en poisson ou en viande de qualité, mais surtout gratuite ?

    4ème point: Tu fais l’apologie de la malbouffe

    Quoi que tu en dises, tu es en train de défendre une brochure honteuse, qui a été retirée, donc désavouée, par la PS très rapidement.

    1ère question: si la population calédonienne se retrouvait si bien dans cette brochure, pourquoi n’a-t-elle pas été joyeusement accueillie ? Pourquoi n’a-t-elle pas été discutée dans les journaux ?

    Elle a été totalement rejetée, car favorisant les comportements à risques, car comprenant des erreurs nutritionnelles, car comprenant des faux conseils, car stigmatisant une population qui doit se nourrir de soupe chinoise avec un verre de lait ?

    Tu soutiens le fait qu’on puisse convenablement se nourrir d’une soupe chinoise et d’un verre de lait en tant que jeune en Nouvelle-Calédonie. C’est intolérable.

    5ème point: L’incohérence de tes commentaires

    Par dessus tout. je dois signaler aux internautes que nous avons l’habitude tous les deux d’échanger de manière virulente sur les réseaux sociaux. Au fur et à mesure de nos échanges par commentaires interposés, j’ai compris que tu étais bornées, têtues, que tu propageais des idées fausses, des idées reçues foireuses et pire, je t’ai personnellement trouvé raciste.

    A partir de là, les internautes pourront comprendre à quel point tu attaques la personne, moi, au lieu de t’attaquer aux idées que je défends.

    Es-tu capables d’émettre une critique constructive sans insulter, ou mépriser ?

    Personnellement, et te connaissant un peu (au moins sur Facebook), je sais que tu n’en es pas capables. Tu es condamné à être malveillante dès lors que les idées émises ne te plaisent pas, ou ne vont pas dans ton sens.

    Pire encore, je ne trouve que des erreurs dans tes propos. Une preuve ici.

    Tu nous dis dans un commentaire que tu es “pour le changement, l’évolution, les efforts”.

    Mais un peu plus tôt, tu nous disais que tu ne peux pas “supporter plus de 2 repas d’affilé sans riz” ?

    La contradiction chez toi ne me surprends absolument pas, c’est une marque de fabrique j’ai même l’impression.

    Tu es pour les efforts, mais tu es incapable de passer 2 jours sans riz ? As-tu à ce point, si peu de volonté ? Je pense que oui.

    Pour conclure. Tes commentaires sont égales à toi même.

    Ils sont insignifiants, comme tu te définis toi même. Excuse-moi, mais personnellement, je ne pense pas être insignifiants pour la Nouvelle-Calédonie. La preuve est ici même, la PS a retiré sa brochure, grâce au mécontentement général, et à tous les articles de la toile sur ce sujet.

    Mes conseils pour toi, pour évoluer réellement.

    Prends une nuit avec de réagir, et essayes de ne pas être méprisante ou insultante (gros effort)

    Essayes d’apporter des éléments constructifs au débat, en évitant les cas particuliers, et les généralités grostesques du style:

    ‘Tous les calédoniens ont tout gratuit avec la famille, les amis, les collègues” (mais alors que font les banques ici ? Faillite ?)

    C’est déjà pas mal de suivre ça.

    Ah oui, pour vraiment terminer, ta dernière phrase à propos de moi et des mes articles:

    “Et j’ai noté que dans tout ses articles, sa critique est trop facile, on lui trouvera toujours une erreur de jugement. Je pense sincèrement que l’auteur n’a pas les qualités nécessaires pour rédiger ce type d’articles, censés être pertinent.”

    J’ai la critique trop facile ? Je fais toujours une erreur de jugement ? Je n’ai pas les qualités nécessaires pour écrire des articles en nutrition ?

    Mince j’ai du rater quelque chose. Qu’en dites-vous les autres internautes ou lecteurs ?

    On voit bien que tu ne m’aimes pas. Tu n’as aucune idée de la qualité de mes articles et du bien fondé de mes analyses, car tu ne les lis pas vraiment. Tu vis dans la haine et la critique.

    Mais je te rassure, moi aussi je ne t’aime pas vraiment : )

    A bientôt.

    1. kaynane

      Jérémy, tu oublies que tout n’est pas une question de volonté dans l’alimentation… Il y a une grande part psycho-affective… Et savoir n’est pas pouvoir…
      C’est un peu réducteur de ta part de traiter ceux qui n’arrivent pas à se passer de leur riz blanc et ajouter une feuille de salade ou de tomates de bornés ou têtus.
      La première qualité pour un spécialiste de l’alimentation c’est de s’adapter à celui qu’il a en face, et non d’imposer sa vision des choses.

      1. Jérémy (Post author)

        Kaynane:

        Le débat s’éloigne de l’article en lui-même.

        L’article dénonce des incohérences alimentaires, des approximations nutritionnelles, des menus réducteurs, et j’en passe.

        En tout état de cause, l’article n’a pas pour but “d’éduquer” les consommateurs Calédoniens ou autres. C’est le travail de mon Blog, dans son intégralité ça, pas seulement celui d’un article.

        Savoir n’est pas pouvoir, tu as raisons. Mais je ne tiens pas un blog de développement personnel sur la volonté. Moi, je donne les clés, des arguments pour se donner une chance d’améliorer son état de santé, ou simplement l’état de son porte-feuille.

        Si certains lecteurs pensent qu’il est trop difficile de rajouter ne serait-ce qu’une feuille de salade, et bien la solution se trouvera ailleurs que sur mon blog. Heureusement que je n’ai pas la solution pour tout le monde et dans toutes les situations, je n’ai pas cette prétention. Je donne des conseils plus ou moins réalisables pour une majorité, je pense.

        Les cas extrêmes ne m’intéresse pas vraiment, car très peu mobile et souvent réfractaire.

        Il y a tout de même une incroyable exagération de mon message qui dit “améliorer légèrement le profil de votre assiette”, en mangeant un peu moins de riz blanc (si la consommation est exxagérée), en ajoutant une tomate ou une feuille de salade. En quoi j’impose ma vision des choses ? Et d’ailleurs, à qui je l’impose ? Ai-je une quelconque autorité sur les habitants de la Nouvelle-Calédonie, ou d’ailleurs ? Aucune, les gens sont libre d’y croire, de le rejeter, d’essayer. Les gens sont libre.

        Il y a donc une exagération mensongère de mes propos à travers cet article. Il y a une différence entre donner des pistes, des éléments de réflexion que de pondre une brochure entière destiné à des milliers de personnes qui colportent des non sens nutritionnel et économique.

        1. kaynane

          Je ne répondais pas à ton article qui donne effectivement des pistes, mais au commentaires que tu as pu avoir un peu plus haut.

  3. ANSO MONIQUE

    De tout coeur avec Jérémy

    à présent il faudrait que une personne sensée de la Province s’occupe des addictions des êtres humains car est ce la nourriture qui désemplit notre porte monnaie que ce soit en mangeant sainement ou en pratiquant la mal bouffe le cout d’une nourriture bien gérée peut
    être limité et raisonnable sauf cas imprévus, invitation, anniversaire etc…
    mais devant l’achat ininterrompu de par exemple cigarettes il faut trouver une solution, cette addiction à ce poison violent est terrible et ne s’abolit pas avec pacth ou autre solution de fillette!!! on a à faire en majorité à des hommes sensés mais qui fume depuis une éternité, façon de parler et ça coûte très très cher à 40 cigarettes par jour X 40 frs l’une vous voyez à la fin du mois le scandale dans la famille!!!!!!!! donc solution pour cette addiction sans morale car la morale les bonnes paroles ne servent à rien je cherche la solution mais ne la trouve pas
    dans le domaine de la nourriture le compromis semble plus facile pour faire face à des dépenses intempestives.
    Monik de Plum

  4. Romain de PaléoFit

    Concept “moyenâgeux”, j’ai beaucoup aimé le simplisme avec lequel ils définissent une bonne alimentation :).
    J’aimer

  5. alain

    Bonjour,
    merci pour cet article. Pour rebondir sur le dernier post, je rajoute qu’il y a des choix à faire: on fait des économies sur la bouffe, mais il faut absolument avoir un mobilis avec des options chères, une grosse voiture, un forfait internet, des cigarettes, il faut pouvoir se démonter la tête tous les week end au gros rouge. Si quelqu’un ose dire que c’est ça la culture kanake, c’est nauséabond. Mais les petits salaires veulent l’illusion de bien vivre, de faire comme les autres.
    Après, ce sont des questions de priorité: l’être (en bonne santé) ou le paraître!
    Téléphoner ou manger, il faut choisir.
    Certains n’ont pas assez pour acheter un téléphone, et là on parle de grande détresse. Dans ce cas là, la diététique nepeut rien, c’est d’abord la solidarité qui doit parler. La diététique, comme l’écologie, est une préoccupation de gens aisés, ce qui ne les empêche pas de conseiller les autres.
    Après tout, un obèse, un diabétique,… qui le sont devenus par choix ou manque de volonté (c’est choquant, je sais) sont des bombes à retardement, que nous tous contribuables payons pour le désamorçage. Ils bouffent mal, nous payons..
    Mais je m’éloigne du sujet principal.
    Alain

  6. ANSO MONIQUE

    Quelle polèmique absolument incroyable dans ma tête j’essaye de résumer tous les dires des personnes qui ont chacunes leurs idées précises qui essayeront de changer ou pas leur façon de vivre de manger bien ou mal
    pour moi et je suis extrêment feministe malgré les années qui passent c’est la “mama” qui au départ transmet l’impulsion d’un savoir à tous les niveaux
    pour mon cas et donc celui de mes enfants et petits enfants mes parents et surtout ma mère et ma grand mère mangeaient et vivaient exclusivement avec des produits naturels BIO comme on dit maintenant je ne vais pas vous raconter ma vie car il faudrait des tomes et des tomes donc après l’optimisme le pessimisme malgré vie saine sur tous les plans bon nombre de très grave maladie nous a atteint moralité refaire le monde va être très difficille à mon humble avis
    exemple mon père après une journée de travail (12 heures) il prenait une petite collation et puis partait à vélo avec ses outils de jardin son arrosoir etc et allait faire les potagers des autres en plus du sien un petit exemple par contre c’était je crois son sport!!!!!!!!!!! car après il revenait pour le diner et après dodo pour aller au travail dès 4 heure du mat.
    pour en finir avec cette histoire avec un peu de sou on peut bien manger par exemple hier avec donc mon fils Jérémy nous avons mangé un blanc de poulet que j’avais cuit sur un lit avec une moitié d’oignon l’autre moitié je la mange cru car j’adore tous les légumes crus et un filet d’huile d’olive associé à un gratin de citrouille car elles sont bon marché un peu de gruyère rapé je ferme bien l’emballage après et le quart de créme fraiche curcuma et canelle en poudre et le tour est joué un petit verre de vin rouge et nous avons à trois très bien mangé dessert pas nécessaire pain non plus etc pas de riz si ce n’est le complet que j’économise car cher!!!!!!!!!!!!!!!!
    je pense qu’il faut que l’on soit positif et que chacun amène son idée
    je n’admets pas les batailles malgré que je sois encore très baggareuse mais je sais par expérience que ça conduit nulle part, les réponses me font perdre le moral et croyez moi il faut que je le garde car face à la vie il faut rester debout …………..; en mageant peu mais bien !!!!!!!!!!!!!!

  7. nativi

    Et si Jeremy refaisait la plaquette ? Ca donnerait quoi ? même budget ou pas ?

    1. Jérémy (Post author)

      Le budget ne serait pas du tout le même, c’est certain. Après faut voir, j’ai commencé à plancher sur une semaine type avec des recettes locales, des quantités suffisantes, et surtout les bons prix ! On verra bien.

  8. Natacha

    Jérémy, tu dis dans l’un des commentaires que tu es en train de récupérer les menus des cantines scolaires : je pense que c’est une très très bonne chose.
    Mais sais-tu que le goûter existe toujours dans les écoles (en brousse et à Nouméa), alors qu’il a été supprimé il y a plusieurs années déjà en métropole ? Si au moins ce goûter était équilibré. Mais pas du tout : un jour c’est pain pâté, un jour pain et chocolat, un jour pain confiture…
    La PS et la PN ont de gros efforts à faire en terme de santé publique. Et ça commence à l’école…
    Bravo pour tes articles. On ne peut jamais plaire à tout le monde et effectivement je pense comme Kaynane que la part du psycho affectif dans l’alimentation est très très importante… et que les réactions vont avec ;-)

  9. jerômeC

    hello,
    Bravo jérémy pour tes articles, je ne suis pas tout le temps d’accord.
    j’ai passé qques années en calédonie(brousse et nouméa) ça était difficile de manger équilibré, varié à un prix raisonnable pour une famille.
    En brousse , les magasins sont vides pendant les vacances car les blancs becs partent en vacances. je n’ai donc jamais aussi mal manger vu la difficulté de trouver des choses simples (fruits, légumes,poissons).
    cette brochure est une aberration à tous les niveaux, c’est du foutage de gueule; les personnes qui l’ont pondu doivent certainement manger au resto tous les jours et ne regardent pas leurs dépenses dans les grandes surfaces. On se moque des personnes qui ont des petits revenus , en leur proposant de manger de la daube.

    Continue tes articles :-)
    A+
    jérôme

    1. Jérémy Anso (Post author)

      Merci Jérôme !

      Effectivement, les gars de la Province Sud ont rapidement déchanté avec cette brochure, elle a fait plus de mal que de bien et démontre malheureusement l’écart de réalité entre ces personnes qui vivent aisément et ne regardent pas les prix avec la classe moyenne qui lutte au quotidien pour acheter la meilleure qualité au meilleur prix (faut faire pousser ces légumes !)

      A bientôt Jérôme et merci encore !

Les commentaires sont fermes.