© Etienne Girardet| Unsplash

Mon billet le plus court sur l’ivermectine. Le faux miraculeux traitement contre le covid-19, torpillé par des intérêts privés, ou plutôt, par ses propres défenseurs.

Méchante humeur

Ce sera mon dernier billet sur l’ivermectine.

Et ce ne sera pas long. Car nous en avons déjà trop dit et redit sur ce sujet.

On a rabâché la même chose, encore et toujours :

« faites attention à la méthode, cette étude est positive, mais elle est moisie. »

Et ça n’a jamais loupé.

On apprend quelques semaines plus tard que l’étude était bidonnée. L’éditeur fait machine arrière.

Trop tard, le mal est fait.

On s’est rendu compte que les mecs ont tout fait pour avoir des résultats positifs.

Publier dans des revues-poubelles, Falsifier des données, inventer des malades, donner des médicaments à l’insu des patients, et combles de l’horreur, cacher des morts.

Pourquoi ? On n’en sait rien.

J’ai eu beau répéter ad nauseam qu’il n’y a pas un seul essai clinique publié qui montre un bénéfice sur la mortalité, rien n’y fait.

« Non mais c’est pas la bonne dose !

Non mais c’est pas assez précoce !

Non mais l’estomac est vide !

Non mais c’est pas avec du zinc !

Non mais c’est pas avec des vieux croulants à deux doigts de mourir !

Non mais c’est pas indépendant !

Non mais l’Afrique !

Non mais l’Inde !

Non mais Bill Gates ! »

Ad nauseam.

L’ivermectine, cet antiparasitaire extrêmement efficace contre la cécité des rivières des pays pauvres, nous en aura fait baver.

Sérieusement baver.

Mais en l’espace de quelques jours, deux grands essais cliniques (Activ-6 et Covid-Out), qu’on attendait depuis un moment, viennent d’annihiler tout espoir thérapeutique.

Anihiler. Et le mot est faible.

Méchant Covid-Out

Je ne doute pas une seule seconde que cette nouvelle grande étude clinique randomisée en double aveugle contre placebo ne changera strictement rien.

Mais elle démontre encore une fois l’absence totale d’efficacité de l’ivermectine :

  • chez des personnes à risque (obèses)
  • de plus de 45 ans
  • traitées avec une dose importante
  • traitées précocement dès l’arrivée des premiers symptômes (dans les trois premiers jours)
  • sur les souches Alpha, Delta ou Omicron
  • chez les vaccinés ou non
  • chez plus de 800 participants
  • sur les décès, les hospitalisations, les arrivées aux urgences et les symptômes

Rien de rien. Nada. Peau de balle.

L’étude n’est pas parfaite, mais elle est à des années-lumière des essais cliniques avec 50 participants fourrés de problèmes méthodologiques sérieux que les auteurs peinent à expliquer.

Méchante réalité

À ce jour, le bilan est très simple (sur les décès) :

– 17 essais cliniques

– 8 000 personnes

– Pas un seul n’a montré un bénéfice pour sauver des vies

Pas un seul.

Ce n’est pas comme si c’était kif kif.

Ce n’est pas comme si on n’avait pas essayé.

Ce n’est pas comme si on n’avait pas mobilisé des moyens importants pour se donner les chances de trouver quelque chose.

Mais oui, plein de scientifiques ont fait plein d’études vacillantes qui montrent des résultats spectaculaires de l’antiparasitaire.

Miraculeux même.

Sauf qu’en médecine, un traitement miraculeux n’existe pas.

Cela n’a jamais existé (sauf, peut-être, au début de l’ère des antibiotiques).

Méchant complot

Mais tout ceci est bien évidemment un complot.

Un complot organisé par les puissants. Les hommes d’affaires. Les banquiers. Les politiciens véreux. Les firmes pharmaceutiques.

Un complot organisé pour faire mourir davantage de personnes.

Nous avons été mal traités. 

L’ivermectine a clivé les échanges.

Elle a anéanti la réflexion, la nuance, la raison.

Nous avions pourtant tous les avertisseurs en train de clignoter en permanence, dès le départ.

Quand les premiers résultats prometteurs sont sortis d’Australie en avril 2020 d’une boîte de pétri, nous avions dit :

« attention, en condition de laboratoire, cela ne veut strictement rien dire, il faut suivre les étapes de la recherche clinique, passer d’abord chez l’ani… »

Et BOOM ! Voilà que tout le monde se jette dessus et lance des essais cliniques chez l’homme.

Adieu la préclinique.

Adieu la logique.

Et bonjour les faux-espoirs.

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2 commentaires
    1. Bonjour Laurent,

      Merci du commentaire.

      Ca ne recommence pas vraiment car cette étude n’est pas nouvelle. Elle est connue depuis février 2022, à l’état de préprint. C’est une étude méthodologiquement faible, qui malheureusement ne permet pas de remettre en cause les résultats des études les plus solides. On retrouve parmi les auteurs les plus ardents défenseurs de l’ivermectine, dont Pierre Kory, mais aussi Flavio Cadiagiani. Ce dernier est sous le coup d’une enquête officielle judiciaire brésilienne pour crime contre l’humanité pour avoir administré des traitements à l’insu des patients (dont ivermectine et HCQ), et aussi caché des décès (voir le scandale de Prevent Senior).

      Les plus mauvaises études, comme d’habitudes, trouvent les résultats les plus extraordinaire, incroyable. Justement, c’est parce qu’ils sont “incroyables” qu’il faut se méfier, car cela n’existe pas en médecine :)

      Au plaisir de vous lire.

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