© Carissa Gan | Unsplash

Une première étude internationale décrit un lien protecteur entre un régime végétalien et pesco-végétarien contre les formes modérées et sévères de covid-19. Un plaidoyer vers le végétal ?

Notre alimentation est un pilier fondamental de notre santé. Notre corps, ses cellules, nos organes qui filtrent les déchets, notre sang qui permet entre autres de faire circuler l’oxygène et notre cerveau ont besoin d’apports alimentaires.

Or ces apports alimentaires peuvent avoir des impacts diamétralement opposés en fonction de leur origine.

Prenez un régime occidental classique à base de produits industriels classiques transformés et ultra-transformées, et vous allez inexorablement dégrader vos marqueurs biologiques et augmenter votre risque d’avoir des maladies métaboliques graves.

On parle bien sûr du fameux diabète, mais aussi de maladies cardiovasculaires et neurodégénératives avec Alzheimer que l’on nomme pudiquement le diabète de type 3.

Les cancers aussi. Elles sont plutôt nombreuses les études qui associent une fréquence plus élevée de certains cancers avec la malbouffe (1).

À l’inverse, une alimentation plus riche en produits bruts et peu transformés, qui nécessiteront de passer plus de temps à éplucher, râper, couper et cuire en cuisine vous apporteront eux les meilleures chances de rester en bonne santé (2).

On parle de nombreux régimes ou habitudes alimentaires aussi.

La fameuse diète méditerranéenne, le régime végétarien, végétalien qui n’accepte aucun produit animal, ou encore le régime pesco-végétarien qui n’autorise lui que la consommation de poisson.

Un régime contre le virus ?

Aucune étude n’avait vraiment étudié la question au-delà d’émettre des hypothèses sur le rôle protecteur d’une alimentation davantage végétale et pauvre en viande rouge, connu pour limiter le risque inflammatoire et mettre de nombreux marqueurs au vert.

Ce vide scientifique est désormais comblé, du moins légèrement.

Car l’étude en question (3) publiée dans journal scientifique de qualité (le BMJ, mais lisez mon enquête sur ces grands journaux et le respect des bonnes pratiques) se présente sous la forme d’un « cas-contrôle » à l’échelle de la population, dans six pays différents (France, Allemagne, Italie, Espagne, USA et Royaume-Uni).

L’étude de cas-contrôle apporte malheureusement un faible niveau de preuve, et pour plusieurs raisons que je détaille dans cet article.

Les nombreux facteurs de confusion non mesurés, l’impossibilité d’établir des liens de cause à effet, la possibilité d’une association inverse, les problèmes de récolte des informations alimentaires avec des questionnaires annuel ou bisannuel…

Bref, les limites sont nombreuses. Elles doivent être connues pour mieux saisir la portée des résultats.

Car les résultats sont relativement probants.

D’après ce travail scientifique, vous avez 73 % de risque en moins d’avoir une forme modérée et/ou sévère de covid-19 avec une alimentation végétalienne.

Ce risque chute de 59 % pour les adeptes d’une alimentation pesco-végétarienne.

Des résultats sympathiques expliqués en partie par la composition de ces alimentations, plus riches en vitamines (A,C, D et E) et en nutriments importants dans le fonctionnement de l’organisme et du système immunitaire

Comme le zinc, le sélénium dont j’ai dédié un article complet ici que je vous recommande chaudement de lire, le potassium, le magnésium, les fibres alimentaires ou encore les oméga-3 qui viennent énormément des poissons gras.

Près de 2.900 professionnels de santé dans 6 pays ont été inclus dans cette analyse où chacun devait renseigner son régime alimentaire que l’on a ensuite confronté à l’état de santé des participants.

Les limites d’un régime « antiviral »

Biologiquement, les bénéfices d’une alimentation végétale ou pesco-végétarienne peuvent s’expliquer avec des effets sur le système immunitaire, et plus globalement sur l’état d’inflammation et le stress oxydatif de l’organisme.

Mais comme je vous le disais, l’étude doit malheureusement simplifier la réalité en faisant des modèles sur la base des principaux facteurs de risque connu.

On parle de :

  • L’âge
  • du sexe
  • de l’ethnie
  • du pays
  • du tabagisme
  • de l’activité physique
  • de l’indice de masse corporel (IMC)
  • et finalement de la présence d’autres pathologies

Ces paramètres sont bien sûr importants et permettent de limiter le risque d’interactions inconnues, avec d’autres paramètres qui existent pourtant. Comme l’exposition des soignants au virus, le respect des gestes barrière (port du masque, distanciation physique), le niveau de protection personnel des soignants (PPE), et bien d’autres.

Le problème des tests PCR dans cette étude se pose, car toutes les personnes n’ont pu être testées.

Ainsi, quand les auteurs limitent les analyses aux seuls tests PCR et antigéniques positifs, les associations statistiquement significatives disparaissent.

Des résultats qui viennent tempérer l’interprétation stricte de l’étude et ses implications.

Quoi qu’il en soit, adopter un régime davantage riche en végétaux (légumes, fruits, et légumineuses) et produits bruts peu transformés est une stratégie payante manifestement pour sa santé.

Surtout si vous avez un régime alimentaire classique riche en produits transformés (animaux et végétaux) et que vous cumulez plusieurs facteurs de risques (obésité, maladies métaboliques, démence…)

Alors si les études manquent concernant l’alimentation et le Covid-19, et que ce travail scientifique est extrêmement préliminaire et encore bien seul dans le paysage scientifique, vous n’avez pas grand-chose à perdre que de jouer sur le levier-là.

Si en plus cela peut réduire les chances de faire une forme grave.

C’est tout bénéfique.

Mais attention toutefois, on ne parle pas ici d’un comprimé libellé « alimentation équilibrée riche en végétaux » qui agit quasi instantanément sur l’organisme et le système immunitaire.

Les effets d’un changement de régime alimentaire sur la santé sont plus longtemps que l’effet d’un antibiotique ou d’un autre traitement avec des principes actifs à action immédiate.

On est bien évidemment plus dans une démarche préventive qui se travaille sûre du moyen-long terme. Car nous avions déjà vu ensemble la déception de ce genre de supplément, notamment pour le cas du zinc (enquête en deux parties, la première avec Vladimir Zelenko et la seconde ici).

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